Poésies (page 3)
Et toi, jeune épouse, garde-toi de te montrer rébelle aux désirs de ton époux, ou crains qu’il n’aille chercher ailleurs les plaisirs que tu lui refuses. Vive, vive à jamais Hyrmen, dieu d’hyménée !
Devant toi s’ouvre l’heureuse et puissante maison de ton époux ; permets-lui de prévenir tous tes vœux. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée !
Jusqu’à ce que vienne la vieillesse aux cheveux blancs, à la tête tremblante, qui nous enlève à tous tous nos biens. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée !
Franchis, sous d’heureux auspices, la porte de ta nouvelle demeure, et que tes pieds n’en effleurent pas le seuil. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée !
Vois, dans la chambre nuptiale, ton époux qui, du haut de son lit de pourpre, tend vers toi ses bras caressans. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée !
Pareil au tien, et plus ardent encore, est le feu qui brûle au fond de son âme. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée !
Jeune guide de l’épousée, quitte son bras blanc et poli ; qu’elle s’approche, sans toi, du lit de son époux. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée !
Et vous, chastes matrones, dont l’éloge est dans la bouche de tous les vieillards, placez la jeune épouse dans la couche nuptiale. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée !
Heureux mari ! maintenant tu peux venir ; dans ton lit est ta jeune épouse ; la fleur de la jeunesse brille sur son visage, semblable à la blanche pariétaire ou au pavot pourpré.
Mais l’époux (les dieux m’en sont témoins), l’époux n’a pas moins de charmes : pour lui, Vénus ne fut pas moins prodigue de ses faveurs. Mais le jour fuit ; hâte-toi, Manlius, que rien ne t’arrête.
Tu ne t’es pas fait long-temps attendre : te voici. Que Vénus te soit propice ! car aujourd’hui tu peux sans mystère jouir de l’objet de tes vceux ; tu n’as point à cacher un amour légitime.
Qui pourrait compter toutes vos caresses ? on compterait plutôt les grains de sable se la mer d’Erythrée, ou les astres qui brillent à la voûte étoilée.
Livrez-vous sans contrainte à vos joyeux ébats, et que bientôt de vous naissent des enfans qui propagent une race trop illustre pour s’éteindre faute de rejetons ; que, par vous, d’elle-même elle se renouvelle.
Je veux qu’un jeune Torquatus, du sein d’une mère adorée, tende ses faibles mains vers son père, et que sa bouche entr’ouverte l’accueille par un doux sourire ;
Que vivante image de son père, les étrangers mêmes, au premier aspect, reconnaissent en lui le fils de Manlius, et que ses traits rendent témoignage de la chasteté de sa mère ;
Que les vertus de sa mère, garans de la noblesse de sa race, fassent rejaillir sur lui une gloire aussi pure que celle dont Pénélope dota son fils Télémaque.
Jeunes filles, fermez la chambre nuptiale ; nos chants doivent cesser. Et vous, nobles époux, vivez heureux ; que votre jeunesse vigoureuse se livre sans relâche aux travaux de Vénus.