Les Martyrs (page 47)

François-René de Chateaubriand · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Martyrs · 53 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Confesseur de la foi.

Ce morceau achève la peinture du christianisme. Il fait voir la suite et les conséquences de l’action ; il montre Eudore récompensé, les persécuteurs punis, et les nations modernes se faisant chrétiennes sur les débris du monde ancien et les ruines de l’idolâtrie.

61e. — page 163.

Grande rébellion tentée par leurs pères.

C’est la révolte d’Adam et la chute de l’homme. Le reste du passage touchant la morale écrite, les révolutions de l’Orient, etc., n’a pas besoin de commentaires. Je suppose, avec quelques auteurs, que l’Égypte a porté ses dieux dans les Indes, comme elle les a certainement portés dans la Grèce. Toutefois, l’opinion contraire pourroit être la véritable, et ce sont peut-être les Indiens qui ont peuplé l’Égypte. « Mundum tradidit disputationibus eorum. »

62e. — page 163.

Vous avez vu le christianisme pénétrer, etc.

Ceci remet sous les yeux le récit et le but du récit.

63e. — page 164.

Le grand dragon d’Égypte.

« Ecce ego ad te, Pharao rex Ægypti, draco magne, qui cubas in medio fluminum tuorum, et dicis : Meus est fluvius. » (Ezechiel, XXIX.)

64e. — page 164.

Les démons de la volupté, etc.

Allusion aux tentations des saints dans la solitude et aux miracles que Dieu fit en faveur des pieux habitants du désert.

65e. — page 165.

La pyramide de Chéops jusqu’au tombeau d’Osymandué.

La pyramide de Chéops est la grande pyramide près de Memphis ; le tombeau d’Osymandué étoit à Thèbes. On peut voir dans Diodore (liv. i, sect. ii) la description de ce superbe tombeau ; elle est trop longue pour que je la rapporte ici.

66e. — page 165.

La terre de Gessen.

« Dixit itaque rex ad Joseph… In optimo loco fac eos habitare, et trade eis terram Gessen. »

67e. — page 165.

Ils se sont remplis du sang des martyrs, comme les coupes et les cornes de l’autel.

« Fecit et altare holocausti… Cujus cornua de angulis procedebant… Et in usus ejus paravit ex ære vasa diversa. » (Exod., cap. xxvii.)

68e. — page 165.

D’où viennent ces familles fugitives, etc.

Saint Jérôme étant retiré dans sa grotte à Bethléem, survécut à la prise de Rome par Alaric, et vit plusieurs familles romaines chercher un asile dans la Judée.

69e. — page 165.

Enfants impurs des démons et des sorcières de la Scythie.

Jornandès raconte que des sorcières chassées loin des habitations des hommes, dans les déserts de la Scythie, furent visitées par des démons, et que de ce commerce sortit la nation des Huns.

70e. — page 165.

Leurs chevaux sont plus légers que les léopards ; ils assemblent des troupes de captifs comme des monceaux de sable !

« Leviores pardis equi ejus… Et congre abit quasi arenam captivitatem. (Habac., chap. i, v. 8 et 9.)

71e. — page 165.

La tête couverte d’un chapeau barbare.

C’est encore Jornandès qui forme ici l’autorité. Il donne ce chapeau à certains prêtres et chefs des Goths.

72e. — page 165.

Les joues peintes d’une couleur verte.

« Le Lombard se présente : ses joues sont peintes d’une couleur verte, on diroit qu’il a frotté son visage avec le suc des herbes marines qui croissent au fond de l’Océan, dont il habite les bords. » (Sidoin. Apoll., lib. viii, Epist. ix, ad Lampr.)

73e. — page 165.

Pourquoi ces hommes nus égorgent-ils les prisonniers ?

(Voyez la note 69e du liv. vi.)

74e. — page 165.

Ce monstre a bu le sang du Romain qu’il avoit abattu.

Gibbon cite ce trait dans son Histoire de la Chute de l’Empire Romain.

75e. — page 165.

Tous viennent du désert d’une terre affreuse.

« Onus deserti maris. Sicut turbines ab Africo veniunt, de deserto venit, de terra horribili. » (Is., cap. XXI, v. 4.)

76e. — page 166.

Il vient couvrir ce pauvre corps.

« Mais parce que l’heure de mon sommeil est arrivée… Notre-Seigneur vous (Antoine) a envoyé pour couvrir de terre ce pauvre corps, ou, pour mieux dire, pour rendre la terre à la terre. » (Vie des Pères du désert, traduction d’Arnauld d’Andilly, t. I, p. 12.)

77e. — page 166.

Il tenoit à la main la tunique d’Athanase.

« Je vous (Antoine) supplie d’aller quérir le manteau que l’évêque Athanase vous donna, et de me l’apporter pour m’ensevelir. » (Vie des Pères du désert, traduction d’Arnauld d’Andilly, t. I, p. 12.)

78e. — page 166.

J’ai vu Élie, etc.

« J’ai vu Élie, j’ai vu Jean dans le désert ; et, pour parler selon la vérité, j’ai vu Paul dans un paradis. » (Vie des Pères du désert, traduction d’Arnauld d’Andilly, t. I, p. 13.)

79e. — page 166.

Je vis, au milieu d’un chœur d’Anges.

« Il (Antoine) vit au milieu des troupes des anges, entre les chœurs des prophètes et des apôtres, Paul, tout éclatant d’une blancheur pure et lumineuse, monter dans le ciel… Il y vit le corps mort du saint qui avoit les genoux en terre, la tête levée et les mains étendues vers le ciel. Il crut d’abord qu’il étoit vivant et qu’il prioit. » (Vie des Pères du désert, traduction d’Arnauld d’Andilly, t. I, p. 14.)

80e. — page 166.

Deux lions.

(Voyez ci-dessus note 49e.)

81e. — page 166.

Ptolémaïs.

(Saint-Jean-d’Acre.)

82e. — page 166.

Je m’arrêtai aux Saints Lieux, où je connus la pieuse Hélène.

Préparation au voyage de Cymodocée à Jérusalem.

83e. — page 166.

Je vis ensuite les sept Églises.

Complément de la peinture de l’Église sur la terre. « Angelo Ephesi Ecclesiæ scribe… Scio opera tua, et laborem, et patientiam tuam. » Smyrne : « Scio tribulationem tuam. » Pergame : « Tenes nomen meum, et non negasti fidem meam. » Thyatire : « Novi… charitatem tuam. » Sardes : « Scio opera tua quia nomen habes quod vivas, et mortuus es. » Laodicée : « Suadeo tibi emere a me aurum… ut vestimentis albis induaris. » Philadelphie : « Hæc dicit sanctus et verus qui habet clavem David… Ego dilexi te. » (Apocal., cap. ii et iii.)

84e. — page 167.

J’eus le bonheur de rencontrer à Byzance le jeune prince Constantin, qui… daigna me confier ses vastes projets.

Regard jeté sur la fondation de Constantinople, que saint Augustin appelle magnifiquement la compagne et l’héritière de Rome. (De Civ. Dei.)

LIVRE DOUZIÈME.

L’action recommence dans ce livre au moment où le lecteur l’a laissée à la fin du livre de l’Enfer : l’amour dans Hiéroclès, l’ambition dans Galérius, la superstition dans Dioclétien, sont réveillés à la fois par les esprits des ténèbres ; et ces esprits conjurés, ignorent qu’il ne font qu’obéir aux décrets de l’Éternel et concourir au triomphe de la foi.

1re Remarque — page 168.

La mère de Galérius, etc.

(Voyez pour tout ceci le 1er livre du récit, ou le ive de l’ouvrage. Voyez aussi les notes de ce même livre.)

2e. — page 169.

Enivré de ses victoires sur les Parthes, etc.

(Voyez livre v et la note 25e du même livre.)

3e. — page 169.

Votre épouse séduite.

(Voyez livre v, à l’aventure des catacombes.)

4e. — page 169.

Voilà les trésors de l’Église, etc.

J’attribue à Marcellin la touchante histoire de saint Laurent. Celui-ci, sommé par le gouverneur de Rome de livrer les trésors de l’Église, rassembla tous les malheureux de cette grande ville, les aveugles, les boiteux, les mendiants : « Tous, dit Prudence, étoient connus de Laurent, et ils le connoissoient tous. » Tel fut le trésor qu’il présenta au persécuteur des fidèles. (Voyez Prud., in Coron., et Act. Mart.)

5e. — page 170.

Dans la vaste enceinte, etc.

Καλῇ ὑπὸ πλατανίστῳ ὅθεν ῥέεν ἀγλαὸν ὕδωρ·

Ἔνθ’ ἐφάνη μέγα σῆμα· δράκων ἐπὶ νῶτα δαφοινὸς,

Σμερδαλέος, τόν ῥ’ αὐτὸς Ὀλύμπιος ἧκε φόωςδε,

Βωμοῦ ὑπαΐξας πρός ῥα πλατάνιστον ὄρουσεν.

Ἔνθα δ’ ἔσαν στρουθοῖο νεοσσοί, νήπια τέκνα,

Ὄζῳ ἐπ’ ἀκροτάτῳ πετάλοις ὑποπεπτηῶτες

Ὀκτώ, ἀτὰρ μήτηρ ἐνάτη ἦν ἣ τέκε τέκνα·

Ἔνθ’ ὅ γε τοὺς ἐλεεινὰ κατήσθιε τετριγῶτας·

Μήτηρ δ’ ἀμφεποτᾶτο ὀδυρομένη φίλα τέκνα·

Τὴν δ’ ἐλελιξάμενος πτέρυγος λάβεν ἀμφιαχυῖαν.

(Iliad., ii, v. 307.)

6e. — page 170.

Les balances d’or.

(Voyez Homère et l’Écriture.)

7e. — page 170.

Il veut que les officiers, etc.

Dioclétien commença en effet la persécution par forcer les officiers de son palais, et même sa femme et sa fille, à sacrifier aux dieux de l’empire.

8e. — page 170.

Du Tmolus.

Montagne de Lydie. Elle étoit célèbre par ses vins et par la culture du safran :

.... Nonne vides croceos ut Tmolus odores, etc.

(Georg., I, 56.)

9e. — page 170.

Fils de Jupiter, etc.

Les formes de l’adulation la plus abjecte étoient en usage à cette époque : on le verra dans les notes du livre xvie. Eudore a déjà parlé, livre ive, du titre d’Éternel que prenoient les empereurs.

10e. — page 171.

Il franchit rapidement cette mer qui vit passer Alcibiade, etc.

Ce fut dans la fatale expédition de Nicias contre Syracuse.

11e. — page 171.

Les jardins d’Alcinoüs.

Dans l’île de Schérie, aujourd’hui Corfou. (Odyssée, liv. vii.)

12e. — page 171.

Les hauteurs de Buthrotum.

Aujourd’hui Butrento, en Épire, en face de Corfou.

........ Portuque subimus

Chaonio, et celsam Buthroti accedimus urbem.

(Æneid., III, v. 292.)

13e. — page 171.

Où respirent encore les feux de la fille de Lesbos.

Vivuntque commissi calores

Æoliæ fidibus puellæ.

(Horat. Od., ix, lib. iv.)

14e. — page 171.

Zacynthe couverte de forêts.

Nemorosa Zacynthos.

(Æneid., III, v. 270.)

15e. — page 171.

Céphallénie aimée des colombes.

C’est l’épithète qu’Homère donne à Thisbé (Iliad., liv. ii). Je l’ai donnée à Céphallénie parce qu’en passant près de cette île j’y ai vu voler des troupes de colombes.

16e. — page 171.

Il découvre les Strophades, demeure impure de Céléno.

..... Strophades Graio stant nomine dictæ

Insulæ Ionio in magno, quas dira Celano

Harpyiæque colunt.

(Æneid., III, v. 210.)

17e. — page 171.

Il rase le sablonneux rivage où Nestor, etc.

Οἱ δὲ Πύλον, Νηλῆος ἐϋκτίμενον πτολίεθρον,

Ἷξον, τοὶ δ' ἐπὶ θινὶ θαλάσσης ἱερὰ ῥέζον,

Ταύρους παμμέλανας, ἐνοσίχθονι κυανοχαίτῃ.

(Odyss., lib. iii, v. 4.)

18e. — page 172.

Sphactérie.

Île qui ferme le port de Pylos, et fameuse, dans la guerre du Péloponèse, par la capitulation des Spartiates, qui furent forcés de se rendre aux Athéniens. (Voyez Thucydide.)

19e. — page 172.

Mothone.

Aujourd’hui Modon. C’est à Modon que j’ai abordé pour la première fois les rivages de la Grèce.

20e. — page 173.

Les hauts sommets du Cyllène.

Voyez le livre ii et les notes. Il n’y a rien ici de nouveau, excepté l’histoire de Syrinx. Syrinx étoit la fille du Ladon ; Pan l’aima et la poursuivit au bord du fleuve. Elle échappa aux embrassements du dieu de l’Arcadie, par le secours des nymphes. Elle fut changée en roseau. Le Zéphyr, en balançant ces roseaux, en fit sortir des plaintes ; Pan, frappé de ces plaintes, arracha les roseaux, et en composa cette espèce de flûte que les anciens appeloient syrinx.

21e. — page 173.

Elle se retrace vivement la beauté, le courage, etc.

Multa viri virtus animo, multusque recursat

Gentis honos : hærent infixi pectore vultus

Verbaque.

(Æneid., IV, v. 3.)

22e. — page 175.

Les désirs, les querelles amoureuses, les entretiens secrets, etc.

Ἦ, καὶ ἀπὸ στήθεσφιν ἐλύσατο κεστὸν ἱμάντα

Ποικίλον, ἔνθα δέ οἱ θελκτήρια πάντα τέτυκτο·

Ἔνθ’ ἔνι μὲν φιλότης, ἐν δ’ ἵμερος, ἐν δ’ ὀαριστὺς,

Πάρφασις, ἥ τ’ ἔκλεψε νόον πύκα περ φρονεόντων.

(Iliad., liv. xiv, v. 214.)

Teneri sdegni, e placide e tranquille

Repulse, cari vezzi, eliete paci,

Sorrisi, parolette, e dolci stille

Di pianto, e sospir tronchi, e molli baci.

(Gerusal., canto xvi, st. 25.)

23e. — page 175.

La colère de cette déesse, etc.

Ô haine de Vénus, ô fatale colère !

(Racine, Phèdre, acte I, sc. 3.)

24e. — page 175.

À chercher le jeune homme dans la palestre.

Βασεῦμαι ποτὶ τὰν Τιμαγήτοιο παλαίστραν

Αὔριον.

(Théocr., Idylle ii, v. 8.)

25e. — page 175.

La langue embarrassée.

Je sens de veine en veine une subtile flamme

Courir par tout mon corps sitôt que je te vois ;

Et dans les doux transports où s’égare non âme,

Je ne saurois trouver de langue ni de voix.

(Boileau, Traduction de Sapho.)

Mes yeux ne voyoient plus, je ne pouvois parler ;

Je sentis tout mon corps et transir et brûler.

(Racine, Phèdre, acte I, sc. 3.)

26e. — page 175.

À recourir à des philtres.

Πᾷ μοι ταὶ δάφναι ; φέρε, Θέστυλι. Πᾷ δὲ τὰ φίλτρα ;

............. Αλλά, Σελάνα,

Φαῖνε κακόν· τὶν γὰρ ποταείσομαι ἄσυχα, δαῖμον, etc.

(Théocr., Idylle ii, v. 1 et 10.)

27e. — page 175.

Qu’il s’assied sur le dos du lion, etc.

(Voyez les mythologues et sculpteurs antiques.)

28e. — page 175.

Quelle religion est la vôtre ?

Voilà ce qui explique l’espèce de contradiction que l’on remarque entre le commencement et la fin du discours de Cymodocée.

29e. — page 175.

Lorsque le Tout-Puissant, etc.

« Formavit igitur Dominus Deus hominem de limo terræ. »

« … Plantaverat autem Dominus Deus Paradisum voluptatis a principio, in quo posuit hominem… » (Genes., cap. ii, v. 7 et 8.)

30e. — page 175.

L’Éternel tira du côté d’Adam, etc.

« Et ædificavit Dominus Deus costam, quam tulerat de Adam, in mulierem. »

« … Hoc nunc, os ex ossibus meis, et caro de carne mea. » (Genes., cap. ii, v. 22 et 23.)

31e. — page 176.

Adam étoit formé pour la puissance, etc.

Not equal, as their sex not equal seem’d;

For contemplation he, and valour form’d;

For softness she, and sweet attractive grace.

(Milt., Parad. lost.)

32e. — page 176.

Je tâcherois de vous gagner à moi, au nom de tous les attraits, etc.

« In funiculis Adam traham eos, in vinculis charitatis. » (Osée, cap. xi, v. 4.)

33e. — page 176.

Je vous rendrois mon épouse par une alliance, etc.

« Et sponsabo te mihi in sempiternam, et sponsabo te mihi in justitia, et judicio, et in misericordia, et in miserationibus. » (Osée, cap. II, v. 19.)

34e. — page 176.

Ainsi le fils d’Abraham, etc.

« Qui introduxit eam in tabernaculum Saræ matris suæ, et accepit eam uxorem : et in tantum dilexit eam, ut dolorem qui ex morte matris ejus acciderat temperaret. » (Genes., cap. xxiv, v. 67.)

35e. — page 176.

Avant que tu n’aies achevé de m’enseigner la pudeur.

C’est ordinairement la fille vertueuse et innocente qui peut enseigner la pudeur à un jeune homme passionné : la religion chrétienne prouve ici sa puissance, puisqu’elle met le langage chaste dans la bouche d’Eudore, et l’expression hardie dans celle de Cymodocée. Cela est nouveau et extraordinaire sans doute, mais naturel, par l’effet des deux religions, et c’eût été blesser la vérité que de présenter des mœurs contraires.

36e. — page 177.

Elle promet aisément de se faire instruire dans la religion du maître de son cœur.

C’est ici la simple nature, et cela ne blesse point la religion, parce que Cymodocée n’est plus demandée comme une victime immédiate. (Voyez le livre du Ciel.)

37e. — page 177.

La tombe d’Épaminondas et la cime du bois de Pelagus.

« En sortant de Mantinée par le chemin de Pallantium, vous trouverez, à trente stades de la ville, le bois appelé Pelagus… Épaminondas fut tué dans ce lieu. Ce grand homme fut enterré sur le champ de bataille. » (Pausan., in Arcad., cap. ii.)

Ce livre offre le contraste de tout ce que la mythologie nous a laissé de plus riant et de plus passionné sur l’amour, et de tout ce que l’Écriture a dit de plus grave et de plus saint sur la tendresse conjugale. Lequel de ces deux amours l’emporte ? C’est au lecteur à prononcer.

LIVRE TREIZIÈME.

1re Remarque — page 178.

Le temple de Junon Lacinienne, etc.

C’est Plutarque qui raconte cette fable dans ses Morales. Ce temple étoit d’ailleurs très-célèbre, et bâti sur le promontoire appelé Lacinius, au fond du golfe de Tarente en Italie. Tite-Live et Cicéron ont parlé de ce temple.

2e. — page 179.

Le mont Chélydorée.

Montagne d’Arcadie, particulièrement consacrée à Mercure. Ce dieu trouva sur cette montagne la tortue dont l’écaille lui servit à faire une lyre. (Pausan., in Arcad., cap. xvii.)

3e. — page 179.

Eudore, comme un de ces songes brillants, etc.

Sunt geminæ somni portæ, quarum altera fertur

Cornea, qua veris facilis datur exitus umbris ;

Altera candenti perfecta nitens elephanto.

(Æneid., VI.)

4e. — page 180.

Eudore, pressé par l’ange des saintes amours.

J’ai retranché ici une comparaison qui m’a paru commune et superflue.

5e. — page 180.

Et comme épouse de leur frère.

Encore une phrase inutile retranchée.

6e. — page 181.

Un temple qu’Oreste avoit consacré aux Grâces et aux Furies.

Oreste, revenu de sa frénésie, sacrifia aux Furies blanches. Les Arcadiens élevèrent un temple à l’endroit où s’étoit accompli le sacrifice, et ils le dédièrent aux Furies et aux Grâces. Pausanias place ce temple près de Mégalopolis, sur le chemin de la Messénie. Je n’ai pas suivi son texte. (Pausan., in Arcad., cap. xxxiv.)

7e. — page 181.

Par un des descendants d’Ictinus.

Ictinus avoit bâti le Panthéon à Athènes.

8e. — page 182.

Les Zéphyrs agitent doucement la lumière du flambeau.

Après cette phrase, il y avoit une comparaison, je l’ai retranchée ; elle surchargeoit le tableau.

9e. — page 182.

Dansent avec des chaînes de fleurs autour du démon de la volupté.

Ce tableau est justifié par une grande autorité, celle du Tasse. Ces effets de magie se retrouvent dans le palais d’Armide, où l’on voit des démons nager dans les fontaines sous la forme de nymphes ; des oiseaux chanter dans un langage humain, la puissance de la volupté, etc. Un rossignol, qui ne fait que soupirer, est bien loin de l’oiseau des jardins d’Armide. J’ai donc suivi aussi les traditions poétiques : si j’ai tort, j’ai tort avec le Tasse et même avec Voltaire, qui dans un sujet tout à fait chrétien n’a pas laissé que de décrire une Idalie et un temple de l’Amour.

10e. — page 183.

Et quand ta mère te donna le jour au milieu des lauriers et des bandelettes.

On couvroit le lit des femmes nouvellement accouchées, de fleurs, de lauriers, de bandelettes et de divers présents.

11e. — page 183.

Ne pourroit-elle devenir ton épouse sans embrasser la foi, etc.

Idée fort naturelle dans Démodocus. La réponse d’Eudore est d’un vrai chrétien : il s’est montré foible pour la vie de Cymodocée, l’héroïsme chrétien reparoît ici ; car Eudore, qui pas la force d’exposer les jours d’une femme aimée, a la force, beaucoup plus grande, de renoncer à l’amour de cette femme. Ce morceau suffisoit seul pour mettre hors de doute l’effet religieux de l’ouvrage et les principes qui l’ont dicté.

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