Les Martyrs (page 52)

François-René de Chateaubriand · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Martyrs · 53 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

9e. — page 291.

Remarquez bien mon visage, etc.

Ce mot d’Eudore étoit tiré des Machabées, mais un critique m’a fait l’honneur de le croire de mon invention : ce mot se retrouve dans le martyre de sainte Perpétue. N’est-il pas aussi bien étrange qu’on ait ignoré que la torture précédoit toujours la mort des chrétiens accusés ? Il y a tel confesseur qui fut appliqué trois et quatre fois à la question avant d’être condamné à mort. Que penser de ceux qui, prenant contre moi la défense de la religion, montrent à la fois leur ignorance et leur impiété dans de honteuses plaisanteries sur les souffrances des martyrs ?

10e. — page 291.

Eudore, dans le cours de ses actes glorieux, etc.

Là commence l’épisode du purgatoire. Je n’ai point eu d’appui pour ce travail, et il a fallu tout tirer de mon fonds. Le purgatoire du Dante ne m’a pas offert un seul trait dont je pusse profiter.

11e. — page 293.

Que les anges ont appelée Belle, etc.

Toutes ces saintes femmes sont trop connues pour qu’on ait besoin d’un commentaire.

12e. — page 293.

L’enfer étonné crut voir entrer l’Espérance.

Le Dante a dit :

Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate.

13e. — page 293.

À mesure qu’on s’élève, etc.

Après cette phrase se trouvoit la description de la demeure des sages. Bien des personnes ont pensé que j’aurois pu, même théologiquement, être moins rigoureux, et conserver le morceau ; mais il ne faut point discuter avec la religion.

14e. — page 294.

Les mondes divers, etc.

« Benedicite omnia opera Domini. » (Ps.)

15e. — page 294.

Ouvrez-vous, etc.

« Attollite portas… Et elevamini, portæ æternales. » (Ps. xxiii, 7), que Milton a si bien imité :

Open ye everlasting doors !

16e. — page 294.

Je vous salue, Marie, etc.

« Ave, Maria, etc. »

17e. — page 294.

Vous qui êtes bénie entre toutes les femmes, refuge des pécheurs, etc.

« Benedicta tu in mulieribus, consolatrix afflictorum, refugium peccatorum. »

Et toujours nos simples prières fournissent les traits les plus nobles, les plus sublimes ou les plus touchants !

LIVRE VINGT-DEUXIÈME.

1re Remarque — page 296.

D’une main il prend une des sept coupes d’or pleines de la colère de Dieu.

On ne me contestera pas cet ange, les coupes d’or, etc., fors qu’on n’ait pris encore tout cela pour mes vaines imaginations. N’est-il pas honteux que des hommes qui se mêlent de critique ignorent pourtant la religion au point de ne pas connoître les choses les plus communes ? Qu’ils imitent Voltaire ; et s’ils ne lisent pas la Bible comme chrétiens, qu’ils l’étudient du moins comme littérateurs.

« Et unum de quatuor animalibus dedit septem angelis septem phialas aureas plenas iracundiæ Dei. » (Apocal., cap. xv, v. 7.)

2e. — page 296.

De l’autre, il saisit le glaive, etc.

« Factum est autem in noctis medio : percussit Dominus omne primogenitum in terra Ægypti…

« Et ortus est clamor magnus in Ægypto. » (Exod., cap. XII, v. 29 et 30.)

« … Venit Angelus Domini et percussit in castris Assyriorum centum octoginta quinque millia. » (Reg., lib. IV, cap. XIX, v. 35.)

3e. — page 296.

La faux qui vendange et la faux qui moissonne.

« Et alius angelus exivit de templo, clamans voce magna ad sedentem super nubem : Mitte falcem tuam, et mete, quia venit hora ut metatur, quoniam aruit messis terræ.

« Et alius angelus exivit de altari, et clamavit…

« Mitte falcem tuam acutam, et vindemia botros vineæ terræ… » (Apocal., cap. xiv, v. 15 et 18.)

4e. — page 297.

L’édit te permet de la livrer aux lieux infâmes…

On sait trop que l’effroyable perversité des païens les porta jusqu’à faire déshonorer des vierges chrétiennes, dont la première vertu étoit la chasteté. Cette espèce de martyre fut employée plusieurs fois, comme on le voit dans l’Histoire ecclésiastique. Nous avons une tragédie entière de Corneille fondée sur ce sujet. Je ne me suis servi de ce moyen que pour jeter Eudore dans la plus grande tentation et dans le plus grand malheur qu’un homme puisse éprouver.

5e. — page 297.

Rendit compte en ces mots de son entrevue avec Dioclétien, etc.

Ce fut Maximien qui engagea Dioclétien à reprendre l’empire, et ce fut aux députés de Maximien que Dioclétien fit la belle réponse que tout le monde connoît : « Plût aux dieux que ceux qui vous envoient vissent les légumes que je cultive ! etc. »

6e. — page 298.

Le jardinier sidonien, etc.

Abdolonyme : les beaux vers de M. Delille, connus de tout le monde, rendent tous les détails superflus.

Dans cette entrevue de Dioclétien et du messager d’Eudore, il n’y a d’historique que la réponse : « Plût aux dieux, etc. »

7e. — page 298.

Les évêques craignoient que vous n’eussiez réussi.

Telle est la résignation et la fidélité chrétiennes.

8e. — page 300.

Le repas libre.

« Or, le soir qui précède immédiatement le jour des spectacles, la coutume est de faire à ceux qui sont condamnés aux bêtes un souper qu’on nomme le souper libre. Nos saints martyrs changèrent, autant qu’il leur fut possible, ce dernier souper en un repas de charité. La salle où ils mangeoient étoit pleine de peuple ; les martyrs lui adressoient la parole de temps en temps… Ces paroles… jetèrent de l’étonnement et de la frayeur dans l’âme de la plupart… Plusieurs restèrent pour se faire instruire, et crurent en Jésus-Christ. » (Act. Mart., in sancta Perpetua.)

9e. — page 302.

Au milieu de cette scène touchante, on voit accourir un esclave, etc.

J’ai tâché de tracer mon tableau de manière qu’il put être transporté sur la toile sans confusion, sans désordre, et sans changer une seule des attitudes : le peuple romain à genoux ; les soldats présentant les aigles ; les vieux évêques assis, la tête couverte d’un pan de leur robe ; Eudore debout, soutenu par les centurions, et laissant tomber la coupe au moment où il prononce ce mot « Je suis chrétien ! » ; la diversité des costumes ; l’agape servie sous le vestibule de la prison, etc. : tout cela pourroit peut-être s’animer sous le pinceau d’un plus grand peintre que moi.

LIVRE VINGT-TROISIÈME.

1re Remarque — page 305.

À ces mots, le prince des ténèbres disparoît du milieu de la foule.

Rien n’est plus commun dans les poëtes que cette machine d’une divinité qui prend la forme d’un personnage connu pour produire ou diriger un événement : je ne crois pas devoir citer.

2e. — page 305.

Son triomphe sur les Perses.

Crevier pense que Galérius célébra en effet son triomphe sur les Perses. Cela souffre pourtant des difficultés en critique, mais j’ai adopté l’opinion qui me convenoit le mieux.

3e. — page 305.

Rétablit les fêtes de Bacchus.

L’an 568 de Rome, le sénat découvrit de telles abominations dans les fêtes de Bacchus, qu’il fit supprimer ces fêtes.

4e. — page 305.

Des courtisanes nues, rassemblées au son de la trompette, etc.

Cette description n’est que trop historique : j’ai seulement omis les infamies les plus révoltantes. Il y eut deux Flores : la première, épouse de Zéphyre, reine des fleurs, nymphe des îles Fortunées ; la seconde, courtisane romaine, qui légua sa fortune au peuple, et dont le culte criminel se confondit bientôt avec le culte innocent que l’on rendoit à la première Flore.

« Pantomimus a pueritia patitur in corpore, ut artifex esse possit. Ipsa etiam prostibula publicæ libidinis hostiæ in scena proferuntur ; plus miseræ in præsentia feminarum, quibus solis latebant, perque omnis ætatis, omnis dignitatis ora transducuntur, locus, stipes, elogium, etiam quibus opus non est, prædicatur. Taceo de reliquis, etiam quæ in tenebris et in speluncis suis delitescere decebat, ne diem contaminarent. » (Tertull., de Spect., cap. xvii.)

« Celebrantur ergo illi ludi (Florales) cum omni lascivia, convenientes memoriæ meretricis. Nam, præter verborum licentiam, quibus obscænitas oannis effunditur, exuuntur etiam vestibus, populo flagitante, meretrices, quæ tunc mimorum funguntur officio, et in conspectu populi usque ad satietatem impudicorum luminum cum pudendis motibus detinentur. » (Lactan., Div. Inst., lib. i, cap. xx.)

Saint Augustin (Epist. ccii) parle encore de ces jeux pour les anathématiser. Personne n’ignore l’histoire de Caton : un jour qu’il étoit présent aux fêtes de Flore on n’osoit, par respect pour sa vertu, commencer les orgies ; il se retira, afin de ne pas interrompre les plaisirs du peuple. Quel éloge des mœurs de Caton, et en même temps quelle déplorable foiblesse de la morale païenne ! Caton approuve moralement ces jeux, puisqu’il y assiste ; et les mœurs de ce même Caton empêchent de commencer ces jeux ! (Senec., Epist. XLVII.)

5e. — page 305.

Des outres et des amphores, etc.

J’ai suivi pour tous ces détails les dessins des vases grecs et les bas-reliefs antiques. On peut consulter Catulle, Noces de Thétis et de Pélée ; Tacite, sur Claude, au sujet de Messaline ; et Euripide, dans les Bacchantes.

6e. — page 306.

Chantons Évohé, etc.

Ce n’est point ici un chant connu : ce n’est ni l’ode d’Horace, ni l’hymne d’Homère ; c’est un chant composé de diverses histoires qui ont rapport à Bacchus, et de l’éloge de l’Italie par Virgile. J’ai déjà dit que, faute d’attention, un critique peu versé dans l’antiquité pourroit se méprendre à ces passages des Martyrs, et tomber dans des erreurs désagréables pour lui : au moyen de ces notes, on saura à qui parler. Je ne citerai point les imitations, laissant au lecteur le plaisir de les chercher dans les poëtes que j’ai indiqués, Pindare d’abord ; ensuite l’Hymne à Bacchus, attribué à Homère ; Euripide, Catulle, Horace, Ovide et Virgile, in Georg.

7e. — page 306.

Qu’il étoit touchant, dans le délire de Rome païenne, de voir les chrétiens, etc.

De bonne foi, le christianisme n’a-t-il pas ici l’avantage sur le paganisme ? Ces larmes du malheur ne sont-elles pas préférables, même poétiquement, à ces cris de la joie ? Y a-t-il quelque lecteur qui se sente plus intéressé par l’hymne à Bacchus et les fêtes de Flore que par les prières des chrétien infortunés ?

8e. — page 307.

Festus avoit d’ailleurs été frappé des réponses et de la magnanimité d’Eudore.

Il y a mille exemples de juges, de geôliers, de bourreaux même convertis par les paroles et les souffrances des chrétiens qu’ils persécutoient.

9e. — page 308.

Les chrétiens, dont la charité, etc.

Ce ne sont point des vertus imaginaires : les chrétiens ont été les premiers à secourir les lépreux qu’on abandonnoit au coin des rues ; ils bâtirent pour cette affreuse maladie des hôpitaux connus sous le nom de Léproseries.

10e. — page 309.

Il expire.

Cette scène terrible d’une âme qui comparoît au jugement de Dieu, retracée par les sermonnaires, n’avoit point encore, que je sache, été transportée dans l’épopée chrétienne. En faisant condamner Hiéroclès, je n’ai pas été plus loin que le Dante, qui trouve aux enfers ses contemporains et même un prélat qui vivoit encore.

11e. — page 310.

Il est dans le ciel une puissance, etc.

Fiction en contraste avec la scène précédente, et qui forme la transition pour revenir du ciel sur la terre. On a souvent peint l’Espérance ; j’ai hasardé d’en faire un portrait nouveau.

12e. — page 310.

C’étoit une tunique bleue, etc.

Saint Chrysostome décrit ainsi l’habit des vierges de son temps : « Une tunique bleue serrée d’une ceinture, des souliers noirs et pointus, un voile blanc sur le front, un manteau noir qui couvroit la tête et tout le corps. Les peintures que l’on fait de la sainte Vierge semblent en être venues. » (Fleury, Mœurs des Chrétiens, chap. LII.)

13e. — page 311.

Telle Marcie, etc.

C’est un des plus beaux morceaux de Lucain :

Sicut erat, mœsti servans lugubria cultus,

Quoque modo natos, hoc est amplexa maritum.

Obsita funerea celatur purpura lana.

Non soliti lusere sales, nec more sabino

Excepit tristis convicia festa maritus.

Pignora nulla domus, nulli coiere propinqui :

Junguntur taciti, contentique auspice Bruto.

(Lucan., Phars., lib. II, v. 365.)

14e. — page 311.

Légers vaisseaux de l’Ausonie, etc.

Ce chant est peut-être le morceau que j’ai le plus soigné de tout l’ouvrage. On peut remarquer qu’il ne s’y trouve qu’un seul hiatus, encore glisse-t-il assez facilement sur l’oreille. J’aurois désiré que la chanson de mort de ma jeune Grecque fut aussi douce que sa voix et aussi harmonieuse que la langue dans laquelle Cymodocée est censée parler. Cette espèce d’hymne funèbre est dans le goût de l’antiquité homérique. Comment Cymodocée eût-elle soupiré ses regrets sur la lyre chrétienne ? Seule, plongée au fond d’un cachot, sans maître, sans instruction, sans guide, elle porte de nécessité dans ses sentiments les erreurs de sa première éducation ; mais elle s’aperçoit pourtant qu’elle pèche, et elle se reproche innocemment un langage que son ignorance excuse.

15e. — page 313.

Je vous salue, robe sacrée, etc.

Après avoir vu la femme, on retrouve la chrétienne.

16e. — page 314.

Les confesseurs… ne désiroient point voir couler le sang de leurs frères.

Loin de vouloir qu’on s’exposât au martyre, l’Église condamnoit ceux qui s’y livroient inutilement, et conseilloit la fuite dans la persécution. (Voyez saint Cyprien.)

17e. — page 315.

S’élevoit une retraite qu’avoit habitée Virgile.

On m’a montré à Rome les prétendues ruines de cette maison.

18e. — page 315.

Un laurier, etc.

J’ai mis à la porte de la maison de Virgile le laurier qui croît à Naples sur son tombeau.

19e. — page 316.

Abjure des autels, etc.

Voilà le plus rude assaut que Cymodocée ait eu à soutenir. On doit tout lui pardonner, puisqu’elle ne succombe pas aux prières de son père ; elle est assez forte. Sainte Perpétue passe par la même épreuve.

20e. — page 317.

Il tient à la main son sceptre d’or, etc.

Comme mon jugement particulier n’oblige personne à trouver bon ce que j’écris, je dirai que cet ange du sommeil est de toutes les fictions des Martyrs celle que je préfère et celle que j’ai composée avec le plus de plaisir. Je ne puis m’empêcher de croire qu’un homme avec plus de talent que moi pourroit tirer de l’action des anges et des saints un genre de beautés qui balanceroit pour le moins les créations mythologiques. Ce n’est point condamner celles-ci, c’est seulement ajouter aux richesses des poëtes.

LIVRE VINGT-QUATRIÈME.

1re Remarque — page 320.

Depuis la ceinture jusqu’à la tête, etc.

Les détails de cette maladie de Galérius sont historiques, et je n’ai fait que traduire Lactance (de Mort. Persecut.). La réponse du médecin, rapportée dans mon texte un peu plus bas, est également vraie.

2e. — page 321.

Cette franchise plonge Galérius dans des transports de rage.

Il n’en fut pas toujours ainsi : Galérius, dompté par la colère céleste, donna des édits en faveur des chrétiens, mais il étoit trop tard, et la main de Dieu ne se retira point de dessus la tête du persécuteur.

3e. — page 321.

Les monts lointains de la Sabine, etc.

Cette belle couleur des montagnes de la Sabine a pu être remarquée par tous ceux qui ont fait le voyage de Rome.

4e. — page 321.

Portant sur la tête une ombelle.

Espèce de chapeau romain pour se garantir du soleil.

5e. — page 321.

La foule vomie par les portiques, etc.

Les ouvertures par où la foule débouchoit sur le théâtre s’appeloient vomitoires. J’ai fait cette description d’après la connoissance que j’ai du Colisée à Rome, des arènes à Nîmes et de l’amphithéâtre à Vérone. Pour les grilles d’or, les eaux parfumées, les statues, les tableaux, les vases précieux, on peut consulter la plupart des historiens latins ; et Gibbon (Fall of the Roman Empire) a réuni les autorités. On fit paroître quelquefois des hippopotames et des crocodiles dans des canaux creusés autour de l’arène. Je n’aurois pas osé fixer le nombre des cinq cents lions, si je ne l’avois pas trouvé rapporté dans une description des jeux. Les cavernes où l’on renfermoit les bêtes féroces avoient deux issues, l’une s’ouvrant en dehors et l’autre s’ouvrant en dedans de l’édifice. Certaines voûtes (fornix) servoient de lieux de prostitution. (Horace.)

6e. — page 322.

Comme aux jours de Néron, etc.

Dans une fête donnée par Tigellin à Néron, les premières dames romaines parurent mêlées dans les loges avec les courtisanes toutes nues.

7e. — page 322.

On vous a donné un front de diamant, etc.

Écriture. Ce verset se lit encore aujourd’hui dans la Fête des Martyrs.

8e. — page 322.

Composé à Carthage par Augustin, ami d’Eudore.

J’ai suivi une tradition qui attribue le Te Deum à saint Augustin. Ainsi, des deux amis de la jeunesse d’Eudore, l’un lui envoie son épouse chrétienne pour mourir avec lui, et l’autre compose un hymne pour sa mort.

9e. — page 323.

Eudore, chrétien.

« On lui fit faire le tour de l’amphithéâtre, ayant devant lui un écriteau où on lisoit ces paroles en latin : « Attale, chrétien. » (Martyre de saint Pothin, Actes des Martyrs, t. I, p. 88.)

10e. — page 323.

Ô Rome ! j’aperçois un prince, etc.

Voilà, ce me semble, le règne de Constantin et le triomphe de la religion bien annoncés ; et cette prophétie est convenablement placée dans la bouche d’Eudore.

11e. — page 323.

Vous ne serez point obligés, etc.

Allusion à la mort de Vitellius. Les soldats lui piquoient le menton avec la pointe de leur épée, pour le forcer à lever la tête.

12e. — page 323.

Une seule étoit restée.

Petite circonstance préparée depuis longtemps dans le livre ixe.

13e. — page 324.

Les gladiateurs, selon l’usage, etc.

« Comme ils furent arrivés aux portes de l’amphithéâtre, on voulut leur faire prendre des habits consacrés par les païens à leurs cérémonies sacriléges aux hommes, la robe des prêtres de Saturne, etc. » Act. Mart., in sanct. Perpet.)

14e. — page 324.

Il se souvient du pressentiment qu’il eut jadis dans ce même lieu.

(Voyez le ive livre, à la fin.)

15e. — page 324.

L’empereur n’étoit point encore arrivé.

Ceci donne le temps de retourner à Cymodocée et de montrer l’accomplissement de la scène dans le ciel pendant qu’elle s’achève sur la terre.

16e. — page 325.

Et vous, honneur de cette pieuse et fidèle cité.

Saint Pothin et saint Irénée, à Lyon.

17e. — page 325.

Ils y mêlèrent trois rayons de la vengeance éternelle, etc.

On voit qu’il n’y a point de beautés dans la mythologie des anciens qu’on ne puisse transporter dans le merveilleux chrétien. (Voyez Virgile sur les foudres de Jupiter.)

18e. — page 325.

L’archange met un pied sur la mer et l’autre sur la terre.

« Et vidi alium angelum fortem descendentem de cœlo… Et posuit pedem suum dextrum super mare, sinistrum autem super terram. » (Apocal., cap. x, v. 1 et 2.)

19e. — page 325.

Rentre dans le puits de l’abîme, où tu seras enchaîné pour mille ans.

« Et vidi angelum descendentem de cœlo, habentem clavem abyssi et catenam magnam in manu sua, et apprehendit draconem, serpentem antiquum, qui est diabolus et Satanas, et ligavit eum per annos mille. » (Apocal., cap. xx, v. 1 et 2.) Voilà l’action surnaturelle finie : Satan, Astarté, le démon de la fausse sagesse et de l’homicide sont replongés dans l’abîme. Le lecteur connoît le sort de tous les personnages surnaturels et humains qu’il a vus figurer dans l’ouvrage.

20e. — page 326.

Il lève la tête et voit l’armée des martyrs, etc.

L’original de ce tableau est dans Homère, lorsqu’il peint les dieux détruisant la muraille des Grecs. Virgile l’a imité dans le iie livre de l’Énéide. Énée voit les dieux sapant les fondements de Troie et du palais de Priam. Le Tasse vient ensuite, et montre les milices célestes donnant le dernier assaut à Jérusalem, avec les Croisés vainqueurs. Enfin, je me suis servi de la même image pour représenter la chute des temples de l’idolâtrie.

21e. — page 326.

Une échelle merveilleuse.

« J’aperçus une échelle toute d’or, d’une prodigieuse hauteur, qui touchoit de la terre au ciel… Asture y monta le premier… Étant heureusement arrivé au haut de l’échelle, il se tourna vers moi, et me dit : Perpétue, je vous attends. » (Act. Mart., in sancta Perpetua.)

22e. — page 326.

Elle peut à peine étouffer les sanglots de la piété filiale.

Une jeune fille de seize ans mise à une pareille épreuve, et qui la surmonte, ne peut être accusée de foiblesse. J’avoue que je n’aurois pas une opinion bien grande du jugement ni même du courage des chrétiens qui demanderoient plus d’héroïsme ; l’exagération en tout annonce la foiblesse.

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