Partage de midi (page 2)
Ce n’est pas à vous, mais seulement à ce que vous dites, comme si cela raisonnait tout seul. Et si la chose lui dit,
Ou pas, son visage s’éclaire ou s’assombrit. On voit tout ce qu’il pense, cela fait pitié !
Il est rude comme ceux qui ont en eux (déclamant)
« Une grande semence à défendre ».
Je le crois intact.
YSÉ
Ne vous moquez pas.
AMALRIC
Moi ? Je ne me moque pas. Voilà que vous êtes en colère. Je l’aime. Ne vous fâchez pas.
YSÉ
J’aime ce garçon et je voudrais qu’il m’aime et m’estime.
Pourquoi est-ce que vous êtes toujours avec moi et ne me lâchez-vous pas d’un pied ?
Qu’est-ce que les gens pensent ? Je le vois qui nous regarde.
Et je suis sûre qu’il nous a vus l’autre jour
Lorsque vous m’avez embrassée.
AMALRIC
Je vous laisserai donc.
YSÉ
Le voyant tout seul, je suis allée auprès de lui cette autre nuit,
Vous savez, quand nous avions fait venir ce pauvre bonhomme,
Léonard, qui nous chantait ces choses de café-concert ; il n’était pas resté avec nous.
Vous vous rappelez ? j’avais ma robe de crêpe de Chine
Noir ; vous trouvez qu’elle me va bien.
Et j’étais allée m’accouder près de lui, et il m’injuriait de tout son cœur à voix basse,
Eh bien, me traitant
Comme traitée je ne fus jamais !
Et je lui demandais bien pardon, et je pleurais à chaudes larmes comme une petite fille !
AMALRIC
Pauvre Ysé !
YSÉ
Oui, vous avez raison, pauvre Ysé ! Ysé, Ysé, pauvre, pauvre Ysé !
AMALRIC
Pauvre Mesa !
YSÉ
Et l’on dit qu’il a une grande position à la Chine.
AMALRIC
Il a été fait Commissaire de la Douane tout jeune. Il parle tous les dialectes. C’est le conseiller des Vice-Rois du Sud.
C’est lui qui peut le plus en ces lieux.
Il est sombre. Il est las. Il a « d’autres idées ». Il dit
Que c’est la dernière fois qu’il revient. La manie religieuse.
Cette affaire dont lui parle votre mari, je ne sais ce que c’est,
L’a frappé. Moi, je lui dis de se méfier. Il cherche
Quelqu’un pour ses lignes. C’est une très grosse affaire.
Une très grosse affaire. Dire que le climat est bon, bon, bon,
Ce ne serait pas vrai. Mais votre mari
A l’habitude de ces pays chauds.
YSÉ
Je sais qu’il s’est toujours occupé d’électricité.
AMALRIC
Comme cela va bien ! Nous allons donc les laisser ensemble, Mesa et lui,
Et je m’en vais, prenant Ysé, tenant Ysé, emmenant Ysé avec moi où je vais.
YSÉ
Vraiment ?
Pensez-vous que l’on me prend, pensez-vous que l’on m’emmène ainsi ?
AMALRIC
Si je le voulais, pourtant !
Quand je le voudrai, ma guerrière, je vous mettrai la main sur l’épaule.
Je prendrai Ysé, je tiendrai Ysé, j’emmènerai Ysé.
Avec cette main que voici, avec cette main que vous voyez, et qui est une grosse et vilaine main.
YSÉ
Tant pis pour vous en ce cas. Je ne porte pas où je vais le bonheur.
AMALRIC
Ysé, cela est vrai, pourquoi attendre ?
J’ai les mains agréables.
Vous savez très bien que vous ne trouverez pas ailleurs qu’avec moi
La force qu’il vous faut et que je suis l’homme.
YSÉ
Laissez-moi.
Il la regarde, réfléchissant. Elle tient les yeux sur son livre. Il prend un cigare et s’éloigne.
☆
Rentre Mesa, qui se dirige gauchement vers Ysé, et, voyant qu’elle ne le regarde pas, il reste hésitant.
MESA
Qu’est-ce que vous lisez là qui est défait et déplumé comme un livre d’amour ?
YSÉ
Un livre d’amour.
MESA
Page 250. Vous avez eu raison de l’éplucher de ses feuilles extérieures.
Le difficile est de finir, c’est toujours la même chose,
La mort ou la sage-femme.
YSÉ
C’est toujours trop long. Un écrit d’amour, cela devrait être si soudain
Qu’une fleur, par exemple, un parfum, vous voyez bien que l’on a tout eu, qu’on a tout, que l’on aspire tout
D’un seul trait, que cela vous fit faire ah ! seulement ;
Un parfum si droit, si prompt que cela vous fit
Sourire seulement, un petit peu : ah ! et voilà que l’on est parti !
MESA
Ce n’est pas une fleur que l’on respire.
YSÉ
L’amour ? Nous parlions d’un livre. Mais l’amour même,
Ça, je ne sais ce que c’est.
MESA
Eh bien, ni moi non plus. Cependant je puis comprendre…
YSÉ
Il ne faut pas comprendre, mon pauvre monsieur !
Il faut perdre connaissance. Moi, je suis trop méchante, je ne puis pas.
C’est une opération à subir. C’est le tampon d’éther que l’on vous fourre sous votre nez.
Le sommeil d’Adam, vous savez ! c’est écrit dans le catéchisme. C’est comme ça que l’on a fait la première femme.
Une femme, dites, songez un peu ! tous les êtres qu’il y a en moi ! Il faut se laisser faire,
Il faut mourir
Entre les bras de celui qui l’aime, et est-ce qu’elle se doute, l’innocente,
Rien du tout ! ce qu’il y a en elle et ce qu’il en va sortir ? Elle ne sait rien ! Une mère de femmes et d’hommes !
MESA
Qu’est-ce qu’il y a à demander à une femme ?
YSÉ
Beaucoup de choses, il me semble. Entre autres, cet enfant qui se met à naître.
MESA
Il s’agit bien d’enfants ! Vous avez mal compris ce que je voulais dire l’autre jour.
Je suppose que c’est une telle atteinte,
Une telle commotion de sa substance…
Il essaye de parler, bafouille, bégaie, ferme la bouche et la regarde avec des yeux étincelants, les lèvres frémissantes.
Elle se met à rire aux éclats.
YSÉ
Parlez, professeur, je vous écoute ! Il ne faut pas vous mettre en colère.
MESA
C’est tout
En lui qui demande tout en une autre !
Voilà ce que je voulais dire ; ce n’est pas la peine de rire bêtement.
Il ne s’agit pas d’un enfant ! c’est lui pour naître, on ne sait comment,
Qui profite de ce moment que nous trouvons de l’éternité.
Mais tout amour n’est qu’une comédie
Entre l’homme et la femme ; les questions ne sont pas posées.
YSÉ
La comédie est amusante quelquefois.
MESA
Je n’ai point d’esprit.
YSÉ
Cependant vous parlez mieux que mon livre,
Quand vous le voulez. Comme vos yeux brillent, professeur,
Lorsque l’on vous fait parler
Philosophie. Vous avez de beaux yeux gris.
J’aime vous regarder entendre, tout bouillonnant ! J’aime
Vous entendre parler, même ne comprenant pas.
Soyez mon professeur !
Ne vous effarouchez point ! je suis sans instruction, je suis sotte,
Ne me jugez point mal. Je ne suis point si mauvaise que vous croyez, je ne réfléchis pas.
Personne ne m’a appris.
Personne ne m’a parlé comme vous, l’autre soir. Je le sais, vous avez raison, je suis mauvaise.
MESA
Je n’ai point à vous juger.
Pause.
YSÉ
Restez. Ne vous en allez pas.
MESA
Je ne veux pas m’en aller.
YSÉ
Avec ça que l’on ne sait point ce que vous pensez !
Nous voici donc tous les deux. Vous et moi, comme cela est triste !
Il y a entre nous un tel suspens, un état d’exclusion si fin
Que la plus mauvaise petite pensée le dérange.
Pauvre Mesa, je vous vois si malheureux ! Ne me croyez point joyeuse.
MESA
Je ne suis pas malheureux.
YSÉ
Il faut prendre soin de vous. On m a dit que vous ne mangez plus. — Pourquoi cet air farouche ?
MESA
Qui « vous a dit » ? Je ne suis point malheureux. Je n’ai rien à vous dire.
Allez causer avec Amalric ! Vous ne ferez point la maman, vous ne ferez point la coquette avec moi.
Si j’ai quelque peine elle est à moi ! Cela du moins est à moi !
Cela du moins est à moi.
YSÉ
Ne soyez point brutal.
MESA
Vous voudriez me faire parler ! dites, cela vous amuserait de me voir faire le veau !
Vous le savez très bien que ces pauvres diables d’hommes, ces gros garçons,
Cela n’aime rien tant que parler, mentir, montrer son noble cœur,
Combien j’ai souffert, combien je suis beau.
Je n’ai rien à vous dire. Vous, vous êtes heureuse, cela suffit.
YSÉ
Croyez-vous que je sois heureuse ?
MESA
Vous devez l’être. Vous devriez l’être.
YSÉ
Ah ? Eh bien, si je tiens à ce bonheur, quoi que ce soit que vous appeliez ainsi,
Que je sois une autre ! Un blâme sur moi si je ne suis prête à le secouer de ma tête
Comme un arrangement de ses cheveux que l’on défait !
MESA
Gardez bien serré ce fourrage horrible !
Et que le sage enfant tenant dans son bras la sage maman
Relisse avec affection près de la petite oreille
La mèche folle qui veut s’échapper.
Vous riez, vous rougissez. Niez que vous soyez heureuse !
YSÉ
Ne me faites point de reproche.
MESA
J’aime à vous regarder. Vous êtes belle.
YSÉ
Vous le trouvez vraiment ? Je suis contente que vous me trouviez belle.
MESA
Comme cela me fait peur de vous voir ainsi,
Si belle, si fraîche, si jeune, si folle, avec cet homme qui est votre mari ;
Connaissant le pays où vous allez.
YSÉ
Amalric m’a dit la même chose.
MESA
(Un geste.)
YSÉ
Ne nous abandonnez pas !
Vous savez que nous allons rester quelque temps à Hong-Kong,
Où vous vivez, je crois.
Silence.
Eh bien, cela ne vous plaît pas ?
MESA
Je ne suis pas pour longtemps en Chine. Le temps que j’y règle mes intérêts.
YSÉ
Un an, peut-être, deux ans ?
MESA
Oui…, peut-être…, plus ou moins.
YSÉ
Et puis ?
MESA
Rien !
YSÉ
Un an, deux ans, peut-être, plus ou moins, et puis rien ?
MESA
Et puis rien ! Oui. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Votre vie est arrangée, je suis un chien jaune ! que vous importe la mienne ? Chacun vous aime.
YSÉ
En êtes-vous fâché ?
MESA
Vivez votre vie ! Mais pour moi je n’ai rien voulu
Avoir. J’ai quitté les hommes.
YSÉ
Bah !
Vous emportez toute la collection avec vous.
MESA
Riez ! Vous êtes belle et joyeuse, et moi, je suis sinistre et seul.
Et je ne veux rien de vous ; qu’auriez-vous à faire de moi ? Qu’y a-t-il entre vous et moi ?
Pause.
YSÉ
Mesa, je suis Ysé, c’est moi.
MESA
Il est trop tard.
Tout est fini. Pourquoi venez-vous me rechercher ?
YSÉ
Ne vous ai-je pas trouvé ?
YSÉ
Tout est fini ! Je ne vous attendais pas.
J’avais si bien arrangé
De me retirer, de me sortir d’entre les hommes, c’était fait !
Pourquoi venez-vous me rechercher ? pourquoi venez-vous me déranger ?
YSÉ
C’est pour cela que les femmes sont faites.
MESA
J’ai eu tort, j’ai eu tort
De causer et de… et de m’apprivoiser ainsi avec vous,
Sans méfiance comme avec un aimable enfant dont on aime à voir le beau visage,
Et cet enfant est une femme, et voilà que l’on rit quand elle rit.
— Qu’ai-je à faire avec vous ? qu’avez-vous à faire de moi ? Je vous dis que tout est fini.
C’est vous ! Mais pas plus vous qu’aucune autre !
Qu’est-ce qu’il y a à attendre, qu’est-ce qu’il y a à comprendre chez une femme ?
Qu’est-ce qu’elle vous donne après tout ? et ce qu’elle demande,
Il faudrait se donner à elle tout entier !
Et il n’y a absolument pas moyen, et à quoi est-ce que cela servirait ?
Il n’y a pas moyen de vous donner mon âme, Ysé.
C’est pourquoi je me suis tourné d’un autre côté.
Et maintenant pourquoi est-ce que vous venez me déranger ? pourquoi est-ce que vous venez me rechercher ? Cela est cruel.
Pourquoi est-ce que je vous ai rencontrée ? Et voici que, faisant attention à moi,
Vous tournez vers moi votre aimable visage. Il est trop tard !
Vous savez bien que c’est impossible ! Et je sais que vous ne m’aimez pas.
D’une part, vous êtes mariée, et d’autre part, je sais que vous avez goût
Pour cet autre homme, Amalric.
Mais pourquoi est-ce que je dis cela et qu’est-ce que cela me fait ?
Faites ce qu’il vous plaira. Bientôt nous serons séparés. Ce que j’ai du moins est à moi. Ce que j’ai du moins est à moi.
YSÉ
Que craignez-vous de moi puisque je suis l’impossible ?
Avez-vous peur de moi ? Je suis l’impossible. Levez les yeux,
Et regardez-moi qui vous regarde avec mon visage pour que vous me regardiez !
MESA
Je sais que je ne vous plais point.
YSÉ
Ce n’est point cela, mais je ne vous comprends pas,
Qui vous êtes, qui ce que vous voulez, qui
Ce qu’il faut être, comment il faut que je me fasse avec vous. Vous êtes singulier.
Ne faites point de grimace ! Oui, je crois que vous avez raison, vous n’êtes pas
Un homme qui serait fait pour une femme,
Et en qui elle se sente bien et sure.
MESA
Cela est vrai. Il me faut rester seul.
YSÉ
Il vaut mieux que nous arrivions et que nous ne restions pas ensemble davantage.
Pause.
MESA
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce que cela arrive ? Et pourquoi faut-il que je vous rencontre
Sur ce bateau, à cet instant que ma force a décru, à cause de mon sang qui a coulé ?
— Est-ce que vous croyez en Dieu ?
YSÉ
Je ne sais. Je n’y ai jamais pensé.
MESA
Mais vous croyez en vous-même et que vous êtes belle,
Avec une conviction profonde.
YSÉ
Si je suis belle, ce n’est pas ma faute.
MESA
Du moins, vous, l’on sait qui vous êtes et à qui l’on a affaire.
Mais supposez quelqu’un avec vous
Pour toujours ; en soi-même et qu’il faille tolérer en soi-même un autre.
Il vit, je vis ; il pense et je pèse en mon cœur sa pensée.
Lui qui fait mes yeux, est-ce que je ne puis point le voir ? lui-même qui a fait mon cœur.
Je ne puis m’en débarrasser. Vous ne me comprenez pas ! Mais il ne s’agit pas de comprendre !
Est-ce qu’une parole, elle peut se comprendre soi-même ? mais afin qu’elle soit,
Il faut un autre qui la lise.
Ô la joie d’être pleinement aimé ! ô le désir de s’ouvrir par le milieu comme un livre !
Et soi-même, ceci seulement, eh quoi,
Que l’on est totalement clair, lisible, mais que l’on se sente actuellement
Prononcé
Comme un mot supporté par la voix et par l’intonation de son verbe !
Ô le tourment de se sentir épelé comme de quelqu’un qui n’en vient pas à bout ! Il ne me laisse pas de repos !
J’ai fui à cette extrémité de la terre !
Me voici à cette autre position sur le diamètre, comme quelqu’un qui mesure une base pour prendre une distance astronomique,
Loin de la vieille maison dans la paille, pareille à un œuf cassé.
Moi qui aimais tellement ces choses visibles, ô j’aurais voulu tout voir, avoir avec appropriation,
Non point avec les yeux seulement, ou les sens seulement, mais avec l’intelligence de l’esprit,
Et tout connaître afin d’être tout connu.
Mais il ne me laisse point de temps. Me voici au milieu de ces peuples païens et il m’y a retrouvé,
Et je suis comme un débiteur que l’on presse et qui ne sait point même ce qu’il doit.
YSÉ
C’est alors que vous êtes rentré en France ?
MESA
Que pouvais-je faire ? où est ma faute ?
Je suis sommé de donner
En moi-même une chose que je ne connais pas. Eh bien, voici le tout ensemble ! Je me donne moi-même.
Me voici entre vos mains. Prenez vous-même ce qu’il vous faut.
YSÉ
Vous avez été repoussé ?
MESA
Je n’ai pas été repoussé. Je me suis tenu devant Lui
Comme devant un homme qui ne dit rien et qui ne prononce pas un mot.
— Les choses ne vont pas bien à la Chine. On me renvoie ici pour un temps.
YSÉ
Supportez le temps.
MESA
Je l’ai tellement supporté ! J’ai vécu dans une telle solitude entre les hommes ! Je n’ai point trouvé
Ma société avec eux.
Je n’ai point à leur donner, je n’ai point à recevoir la même chose.
Je ne sers à rien à personne.
Et c’est pourquoi je voulais Lui rendre ce que j’avais.
Or je voulais tout donner,
Il me faut tout reprendre. Je suis parti, il me faut revenir à la même place.
Tout a été en vain. Il n’y a rien de fait. J’avais en moi
La force d’un grand espoir ! Il n’est plus. J’ai été trouvé manquant. J’ai perdu mon sens et mon propos.
Et ainsi je suis renvoyé tout nu, avec l’ancienne vie, tout sec, avec point d’autre consigne
Que l’ancienne vie à recommencer, l’ancienne vie à recommencer, ô Dieu ! la vie, séparé de la vie,
Mon Dieu, sans autre attente que vous seul qui ne voulez point de moi,
Avec un cœur atteint, avec une force faussée !
Et me voilà bavardant avec vous ! qu’est-ce que vous comprenez à tout cela ? qu’est-ce que cela vous regarde ou vous intéresse ?
YSÉ
Je vous regarde, cela me regarde.
Et je vois vos pensées, confusément comme des moineaux près d’une meule lorsque l’on frappe dans ses mains,
Monter toutes ensemble à vos lèvres et à vos yeux ?
MESA
Vous ne me comprenez pas.
YSÉ
Je comprends que vous êtes malheureux.
MESA
Cela du moins est à moi.
YSÉ
N’est-ce pas ? Il vaudrait mieux que ce fût Ysé qui fût à vous ?
Pause.
MESA, lourdement.
Cela est impossible.
YSÉ
Oui, cela est impossible.
MESA
Laissez-moi vous regarder, car vous êtes interdite.
Pourquoi est-ce que vous me regardez ainsi ?
YSÉ
Pauvre Mesa ! — C’est curieux, je ne vous avais jamais vu.
J’aime chacun de vos traits, et cependant l’on ne vous trouvera jamais beau.