Partage de midi

Paul Claudel · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Partage de midi (1949) · 8 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

ACTE PREMIER

Le pont d’un grand paquebot.

Le milieu de l’Océan Indien entre l’Arabie et Ceylan.

MESA, AMALRIC

AMALRIC

Vous vous êtes laissé enguirlander.

MESA

La chose n’est pas faite encore.

AMALRIC

Alors ne la faites pas. Croyez-moi, je vous aime bien : ne la faites pas.

MESA

L’affaire ne me paraît pas mauvaise.

AMALRIC

Mais l’homme qui la fait ?

MESA

Eh bien, il a ses qualités.

AMALRIC

Je déteste les faibles et j’en ai peur.

Laissez-vous faire seulement. Prenez-le seulement avec vous !

Et vous voilà comme avec de l’eau de seltz débouchée, avec une bouteille de soda pointue que l’on ne sait plus où poser.

Je vous le dis, prenez garde à vous, mon petit Mesa.

Et que dites-vous de sa femme ?

Les voici.

‌

☆

Ysé, de Ciz apparaissent sur le pont, montant de l’escalier des premières.

Huit coups sur la cloche.

YSÉ

Midi.

DE CIZ

On va afficher le point.

La sirène brait.

MESA

Quel cri dans ce désert de feu !

DE CIZ

Sss ! regardez !

Il ouvre la toile du doigt.

YSÉ

N’ouvrez pas la toile, au nom du Ciel !

AMALRIC

Je suis aveuglé comme par un coup de fusil ! Ce n’est plus du soleil, cela !

DE CIZ

C’est la foudre ! Comme on se sent réduit et consumé dans ce four à réverbère !

AMALRIC

Tout est horriblement pur. Entre la lumière et le miroir

On se sent horriblement visible, comme un pou entre deux lames de verre.

MESA

Que c’est beau ! Que c’est dur !

La mer à l’échine resplendissante

Est comme une vache terrassée que l’on marque au fer rouge.

Et lui, vous savez, son amant comme on dit, eh bien, la sculpture que l’on voit dans les musées,

Baal,

Cette fois ce n’est plus son amant, c’est le bourreau qui la sacrifie ! Ce ne sont plus des baisers, c’est le couteau dans ses entrailles !

Et face à face elle lui rend coup pour coup.

Sans forme, sans couleur, pure, absolue, énorme, fulminante,

Frappée par la lumière elle ne renvoie rien d’autre.

YSÉ

Ah qu’il fait chaud ! Combien de jours encore jusqu’au feu de Minnicoï ?

MESA

Je me rappelle cette petite veilleuse sur les eaux.

DE CIZ

Savez-vous combien de jours encore, Amalric ?

AMALRIC

Ma foi non ! Et combien de jours au juste depuis que l’on est parti ? Je n’en sais rien.

MESA

Les jours sont si pareils qu’on dirait qu’ils ne font qu’un seul grand jour blanc et noir.

AMALRIC

J’aime ce grand jour immobile. Je suis bien à mon aise. J’admire cette grande heure sans ombre.

J’existe, je vois,

Je ne sue pas, je fume mon cigare, je suis satisfait.

YSÉ

Il est satisfait ! Et vous aussi, Monsieur Mesa ?

Est-ce que vous êtes satisfait ? Moi, moi, je ne suis pas satisfaite ! — Il faut que j’aille voir les enfants.

Restez ici !

Je vous défends d’aller au fumoir. Il faut que vous restiez ici tous les deux

Pour causer avec moi et pour m’amuser.

Ciz, allez me chercher ma chaise longue, et aussi mon éventail, et les coussins,

Et aussi l’onglier, et aussi mon livre, et aussi mon flacon de sels. C’est tout.

Ils sortent tous deux.

‌

☆

AMALRIC

Voilà. N’est-ce pas qu’elle est charmante ?

MESA

Vous savez que je ne connais rien aux femmes.

AMALRIC

Cela est vrai. Et les femmes ne connaîtront jamais rien à vous.

Moi, je vous aime et je vous connais. — Elle m’aime, c’est un fait.

Pourtant vous lui plaisez, et elle a peur de vous, et elle veut savoir ce que vous pensez d’elle.

MESA

Je pense que c’est une effrontée coquette.

AMALRIC

Si vous le voulez. Vous n’y entendez rien. Mon cher, c’est une femme superbe.

MESA

Voilà ce que vous ne cessez de me rabâcher depuis que nous avons quitté Marseille.

AMALRIC

Mais c’est que cela est vrai. Avec ça que vous ne le savez pas ! Eh eh ! si distrait que vous soyez, je crois que je vous ai mis la chose dans la tête !

Cette scène que vous lui avez faite l’autre soir ! Et cette cigarette que l’on vous a donnée,

Vous qui ne fumez pas, comme vous l’avez achevée avec dévotion ! Allons, ne soyez pas confus.

MESA

Vous êtes stupide.

AMALRIC

Mon cher, je n’aime que les blondes.

Ce n’est pas une coquette, méfiez-vous-en ! c’est une guerrière, c’est une conquérante !

Il faut qu’elle subjugue et tyrannise, ou qu’elle se donne

Maladroitement comme une grande bête piaffante !

C’est une jument de race et cela m’amuserait de lui monter sur le dos, si j’avais le temps.

Mais elle n’a pas de cavalier, avec ses poulains qui la suivent.

Elle court comme un cheval tout nu.

}e la vois s’affolant, brisant tout, se brisant elle-même.

Elle est étrangère, parmi nous

Elle est hors de son lieu et de sa race.

C’est une femme de chef ; il lui fallait de grands devoirs pour l’attacher, une grande housse d’or.

Mais ce mari qu’elle a, ce beau fils,

Ce maigre Provençal aux yeux tendres, cette espèce d’ingénieur à la manque,

Vous voyez bien que c’est un vice pour elle. Il n’a su que lui faire des enfants.

Il est effrayant de les voir tous, en route pour la Chine !

Ils seront avec vous. Méfiez-vous-en, mon petit gars !

— La voici.

‌

☆

Rentre Ysé.

Rentre de Ciz, tramant et portant les différents objets qu’on lui a demandés et qu’il dispose sur le pont.

YSÉ, riante, les regardant tous les trois l’un après l’autre.

Moi, je ne suis pas satisfaite !

(Montrant Mesa.) Et voilà un autre qui n’est pas satisfait. (Montrant De Ciz.) Et un autre qui n’est pas satisfait !

Ça l’ennuie d’aller me chercher ma chaise. Justement je n’en ai pas besoin.

Pourquoi est-ce qu’il n’est pas content ? Il a toujours l’air de faire semblant de sourire. Mais moi, je suis contente !

Elle rit aux éclats.

MESA

Vous êtes contente, et Amalric est satisfait.

DE CIZ

Parce qu’il réussit.

AMALRIC

Moi ? j’ai été nettoyé l’an dernier,

Rincé comme un verre à bière ! Maski ! je recommence.

MESA

Parce qu’il est nécessaire.

AMALRIC

Parce qu’il est occupé.

Beaucoup de choses qui me sont nécessaires, beaucoup de choses à qui je suis nécessaire.

YSÉ

Amalric, vous réussirez. Vous êtes adroit de vos mains. Vous faites bien ce que vous faites.

MESA

Il a des mains agréables. (Car les choses sont comme une vache

Qui sait ne pas se laisser traire quand elle veut.)

DE CIZ

Il est bien assis sur ses propres ressorts. Il est sûr de sa place en tout lieu.

YSÉ

Et moi je n’ai de place nulle part. Une chaise longue ficelée sur une malle, un paquet de clefs dans mon sac,

Voilà mon ménage et mon foyer !

MESA, montrant le soleil.

Le voilà, notre foyer, troupe errante ! Ne le trouvez-vous pas allumé comme il faut ?

Satisfaits ou pas, qu’est-ce que cela fait ?

Regardez le soleil avec un milliard de rayons tout occupé après la terre

Comme une vieille femme aux mailles de son crochet.

YSÉ

Il me tue ! Je ne puis en supporter la force !

AMALRIC

La pleine force du soleil, la pleine force de ma vie.

C’est bon que l’on puisse voir la mort en face et j’ai force pour lui résister.

MESA

Midi au ciel. Midi au centre de notre vie.

Et nous voilà ensemble, autour de ce même âge de notre moment, au milieu de l’horizon complet, libres, déballés,

Décollés de la terre, regardant derrière et devant.

YSÉ

Derrière  de l’eau  et devant nous de l’eau encore.

DE CIZ

Que c’est amer d’avoir fini d’être jeune !

MESA

Qu’il est redoutable de finir d’être vivant !

AMALRIC

Qu’il est beau de ne pas être mort, mais d’être vivant !

YSÉ

Le matin était plus beau.

MESA

Le soir le sera plus encore.

Avez-vous bien vu hier

Comme du cœur de la grande substance de la mer

Il naissait, feuillages verts

Et lacs roses et tabac, et traits de feu rouge dans le grouillant chaos clair,

Couleur huileusement de la couleur, la couleur de toutes les couleurs du monde. Ainsi

Que le jeune homme avec la jeune fille

Se réjouisse de la couleur la plus verte. Mais le saint

Triomphe à son dernier jour, quand se rompt enfin

Le parfum longuement mûri dans son profond cœur.

AMALRIC

L’heure  est la

Meilleure qui est celle-ci. Je ne demande qu’une

Chose : voir clair,

Bien voir

Les choses comme elles sont,

Ce qui est bien plus beau, et non comme je les désire ; ce que je fais et ce que j’ai à faire.

DE CIZ

Il n’y a plus de temps à perdre.

MESA

Ce n’est point le temps qui manque, c’est nous qui lui manquons.

AMALRIC

Laissez faire. Que ma chance me passe à main,

Je ne la manquerai pas.

YSÉ

Que c’est drôle tout de même !

Les oiseaux et les poissons gris

Ont un endroit pour y faire leur ménage, une haie, un trou sous le chicot de saule.

Mais nous autres tous les quatre nous n’avons pu nous arranger d’aucune place.

Nous voilà ballants sur ce pont de bateau, au milieu d’une mer absurde !

Vous autres, vous êtes libres ! Mais moi, pauvre femme avec ces enfants dans mon tablier, quatre membres chacun !

Et il me faut vivre comme un garçon avec ces trois hommes qui ne me lâchent point ! Et ma maison

C’est cette chaise longue et huit colis sur le bulletin de bagages,

Trois malles de cabine, trois malles et deux caisses dans la soute, une valise et une malle à chapeaux. Mes pauvres chapeaux !

MESA

Voici l’âge où il est inquiétant d’être libre.

AMALRIC

Point de mauvais présages. Examinons nos figures comme quand on joue au poker, les cartes données.

Nous voilà engagés ensemble dans la partie comme quatre aiguilles, et qui sait la laine

Que le destin nous réserve à tricoter ensemble tous les quatre ?

DE CIZ

Il n’y a plus de temps à perdre. Il n’y a plus à faire le difficile.

— Mesa, un mot encore, je vous prie.

Ils passent à tribord.

‌

☆

Ysé s’étend sur une chaise longue et prend son livre. Amalric s’assoit à quelque distance d’elle, fumant et la regardant. Au bout d’un moment il jette son cigare. Ysé lève les yeux vers lui et pose son livre.

YSÉ

Ainsi vous ne saviez pas que nous étions à bord ?

AMALRIC

Nous étions déjà partis quand je vous ai reconnue.

Ils restaient tous à l’arrière. Il n’y avait que nous deux à l’autre bout. Cette grande femme qui s’épaulait contre le vent.

YSÉ

Ainsi vous m’avez reconnue tout de suite ? Ainsi je ne suis pas tant changée depuis dix ans ?

AMALRIC

La même, vous-même,

Mieux. Un regard m’a suffi.

La même que je connaissais. La même stature.

Le même noir tout à coup sur l’air. Libre et droite, hardie, souple, résolue.

YSÉ

Toujours jolie ?

Elle le regarde, rit, rougit. Pause.

AMALRIC

Je vous ai bien reconnue.

YSÉ

Je me souviens. J’avais mon grand manteau et mon chapeau de feutre.

AMALRIC

C’est elle. C’était vous.

YSÉ

J’étais contente ! Dites,

Malgré tout, dans le fond, on est toujours content

De partir, de laisser toute la boutique derrière soi. Hein ? point de chapeau, point de mouchoir que l’on agite pour nous autres !

AMALRIC

Non.

YSÉ

Pas une pauvre petite femme quelque part qui chigne de tout son cœur ?

Quelque veuve bien aimable, quelque petite vierge droite comme une verge d’osier et ronde comme un sifflet.

Elle rit.

C’est bien. Cela ne fait rien.

— J’étais contente !

Comme tout était salé ! Un de ces ciels méchants, ravagés,

Comme je les aime. Et la mer, comme elle sautait sur nous, la païenne ! Voilà une mer !

Mais ça, ici,

C’est un parquet sur qui nous patinons ennuyeusement. Et c’est si rétamé

Que ça gêne, comme vous dites. Quelle souillasse magnifique

Nous faisons là-dessus ! Mais vous dites que vous aimez ces eaux dormantes.

AMALRIC

Je les aime. J’aime sentir qu’on fait son trou dedans.

Et je déteste d’être ainsi manié, berné, bercé, brossé, crossé, culbuté,

Comme là-haut près de la Crète, oh là là ! par ce fou de vent dont on ne sait ni qui ni pourquoi.

Ici tout est fini, à la bonne heure ! Tout est résolu pour de bon.

La situation

Réduite à ses traits premiers, comme aux jours de la Création :

Les Eaux, le Ciel, moi entre les deux comme le héros Izdubar.

YSÉ

Amalric ! vous n’avez pas toujours autant détesté

Ce fou de vent dont on ne sait ni qui ni pourquoi.

Silence.

AMALRIC

Ysé, pourquoi n’avez-vous pas voulu à ce moment ?

YSÉ

Vous n’aviez pas d’argent.

AMALRIC

Et puis quoi ?

YSÉ

Vous me sembliez trop fort, trop assuré.

Trop sûr de vous-même. Cette manière de serrer les dents !

Je veux que l’on ait besoin de moi ! Vous voyez que l’on peut se passer de vous.

AMALRIC

Et puis quoi ?

YSÉ

Et puis

Je me sentais trop faible auprès de vous. Cela me vexait.

AMALRIC

Et c’est pour cela que vous l’avez épousé ?

YSÉ

Je l’aime, je l’ai aimé.

AMALRIC

Dame, de vous deux, ce n’est point lui qui est le plus fort !

YSÉ

Quand il me regarde d’une certaine façon, j’ai honte.

Quand il me regarde de ses grands yeux aux longs cils, (il a des yeux de femme tout à fait),

De ses grands yeux noirs, (on ne peut rien voir dans ses yeux),

Le cœur me tourne, ah, j’ai plus tôt fait de lui laisser faire ce qu’il veut. J’ai essayé, je ne puis lui résister  pas.

AMALRIC

Et voilà de quoi vous êtes en colère contre lui. Il vous aime cependant.

YSÉ

Il ne m’aime pas !

Il m’aime à sa manière Il n’aime que lui. Je me souviens de notre nuit de noces.

Et tous ces enfants que j’ai eus coup sur coup ! Car il y en a un que j’ai perdu.

Les fuites, les craintes, les aventures ! Tant d’années de ma jeunesse que voilà passées !

AMALRIC

Et cependant Ysé, Ysé, Ysé,

Cette grande matinée éclatante quand nous nous sommes rencontrés ! Ysé, ce froid Dimanche éclatant, à dix heures sur la mer !

Quel vent féroce il faisait dans le grand soleil ! Comme cela sifflait et cinglait, et comme le dur mistral hersait l’eau cassée,

Toute la mer levée sur elle-même, tapante, claquante, ruante dans le soleil, détalant dans la tempête !

C’est hier sous le clair de lune, dans le plus profond de la nuit

Qu’enfui, engagés dans le détroit de Sicile, ceux qui se réveillaient, se redressant, effaçant la vapeur sur le hublot,

Avaient retrouvé l’Europe, tout enveloppée de neige, grande et grise,

Sans voix, sans figure, les accueillant dans le sommeil.

Et ce clair jour de l’Épiphanie, nous laissions à notre droite derrière nous,

La Corse, toute blanche, toute radieuse, comme une mariée dans la matinée carillonnante !

Ysé, vous reveniez d’Égypte, et moi, je ressortais du bout du monde, du fond de la mer,

Ayant bu mon premier grand coup de la vie et ne rapportant dans ma poche

Rien d’autre qu’un poing dur et des doigts sachant maintenant compter.

Alors un coup de vent comme une claque

Fit sauter tous vos peignes et le tas de vos cheveux me partit dans la figure !

Voilà la grande jeune fille

Qui se retourne en riant ; elle me regarde et je la regardai.

YSÉ

Je me rappelle ! vous laissiez pousser votre barbe à ce moment, elle était roide comme une étrille !

Comme j’étais forte et joyeuse à ce moment ! comme je riais bien ! comme je me tenais bien ! Et comme j’étais jolie aussi !

Et puis la vie est venue, les enfants sont venus,

Et maintenant vous voyez comme me voilà réduite et obéissante

Comme un vieux cheval blanc qui suit la main qui le tire,

Remuant ses quatre pieds l’un après l’autre.

Elle rit aux éclats.

AMALRIC

Allons ! je vois que l’on sait rire encore !

YSÉ

On m’a tenue en prison, et maintenant je suis libre et l’air de la mer me monte au nez !

— Il ne fallait pas me croire si vite, il ne fallait pas me prendre cruellement au mot.

J’étais si folle à ce moment ! C’est drôle ! je me sens si petite fille encore !

Voilà, je n’ai point eu de parents pour m’élever, Amalric. Une étrangère, je n’emploie pas tous les mots comme il faut.

J’ai poussé toute seule, à ma façon. Il ne faut point me juger mal.

Avec un autre tout cela aurait pu être autrement.

AMALRIC

Ces beaux yeux brillants ! À présent vous voilà les larmes aux yeux ! Quelle bête vous faites.

Ils rient tous deux.

YSÉ

Et me voilà repartie de nouveau, comme cela, pour où je n’en sais rien.

AMALRIC

Comment ? votre mari n’a-t-il pas ses affaires en Chine ?

YSÉ

Rien du tout, que sa chance en qui il se confie.

AMALRIC

Bah ! c’est une plante à caoutchouc toujours prête à gagner et à foisonner ! c’est une liane gloutonne ! il trouvera son arbre.

J’ai vu qu’il cause beaucoup

Avec notre compagnon, Mesa.

Pause.

Mesa

M’a parlé de ce chemin de fer que l’on fait

Vers le Siam, ces lignes télégraphiques vers les états Shan, vous savez ?

YSÉ

Je ne sais pas du tout. Maski ! Nous nous sommes toujours arrangés !

AMALRIC

Mesa. J’aime à causer avec lui. Il ne regarde rien. S’il fait attention,

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