Partage de midi (page 3)

Paul Claudel · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Partage de midi (1949) · 8 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Peut-être que vous n’êtes pas assez grand. Je ne vous trouve pas beau.

MESA

Ysé,

Répondez-moi, que je le sache. Bientôt nous serons séparés. Cela n’a pas d’importance.

Supposez

Que nous soyons libres tous les deux, est-ce que vous consentiriez à m’épouser ?

YSÉ

Non, non, Mesa.

MESA

Vous êtes Ysé. Je sais que vous êtes Ysé.

YSÉ

C’est vrai. Pourquoi est-ce que j’ai dit cela tout à l’heure ?

Je n’en, sais rien. Je ne sais ce qui m’a pris tout à coup.

C’est quelque chose de nouveau tout à coup,

Quelque chose de tout nouveau,

Qui m’a poussée. À peine dit

Le mot, j’en ai été choquée. Est-ce que vous savez toujours ce que vous dites ?

MESA

Je sais que vous ne m’aimez pas.

YSÉ

Mais voilà, voilà ce qui m’a surprise ! Voilà ce que j’ai appris tout à coup !

Je suis celle que vous auriez aimée.

MESA

Laissez-moi donc vous regarder. Comme cela est amer

De vous avoir ainsi avec moi. Si j’étends la main,

Je puis vous toucher, et si je parle,

Vous me répondez et vous entendez ce que je dis.

YSÉ

Je ne m’y serais pas attendue. Je ne faisais pas attention à vous. Je vous respecte. Je n’ai pas été coquette avec vous. Cela ne m’est pas agréable à penser.

MESA

Pourquoi est-ce maintenant que je vous rencontre ? Ah, je suis fait, je suis fait pour la joie,

Comme l’abeille ivre comme une balle sale dans le cornet de la fleur fécondée !

Il est dur de garder tout son cœur. Il est dur de ne pas être aimé. Il est dur d’être seul. Il est dur d’attendre,

Et d’endurer, et d’attendre, et d’attendre toujours,

Et encore, et me voici à cette heure de midi où l’on voit tellement ce qui est tout près

Que l’on ne voit plus rien d’autre. Vous voici donc !

Ah, que le présent semble donc près et l’immédiat à notre main sur nous

Comme une chose qui a force de nécessité.

Je n’ai plus de forces, mon Dieu ! Je ne puis, je ne puis plus attendre !

Mais c’est bien, cela passera aussi. Soyez heureuse !

Je reste seul. Vous ne connaîtrez pas une telle chose que ma douleur.

Cela du moins est à moi. Cela du moins est à moi.

YSÉ

Non, non, il ne faut point m’aimer. Non, Mesa, il ne faut point m’aimer.

Cela ne serait point bon.

Vous savez que je suis une pauvre femme. Restez le Mesa dont j’ai besoin,

Et ce gros homme grossier et bon qui me parlait l’autre jour dans la nuit.

Qui y aura-t-il que je respecte

Et que j’aime, si vous m’aimez ? Non, Mesa, il ne faut point m’aimer !

Je voulais seulement causer, je me croyais plus forte que vous

D’une certaine manière. Et maintenant c’est moi comme une sotte

Qui ne sais plus que dire, comme quelqu’un qui est réduit au silence et qui écoute.

Vous savez que je suis une pauvre femme et que si vous me parlez d’une certaine façon,

Il n’y a pas besoin que ce soit bien haut, mais que si vous m’appelez par mon nom,

Par votre nom, par un nom que vous connaissez et moi pas, entendante,

Il y a une femme en moi qui ne pourra pas s’empêcher de vous répondre.

Et je sens que cette femme ne serait point bonne

Pour vous, mais funeste, et pour moi il s’agit de choses affreuses ! Il ne s’agit point d’un jeu avec vous. Je ne veux point me donner tout entière.

Et je ne veux pas mourir, mais je suis jeune

Et la mort n’est pas belle, c’est la vie qui me paraît belle ; comme la vie m’a monté à la tête sur ce bateau !

C’est pourquoi il faut que tout soit fini entre nous. Tout est dit, Mesa. Tout est fini entre nous. Convenons que nous ne nous aimerons pas.

Dites que vous ne m’aimerez pas. Ysé, je ne vous aimerai pas.

MESA

Ysé, je ne vous aimerai pas.

YSÉ

Ysé, je ne vous aimerai pas.

MESA

Je ne vous aimerai pas.

Ils se regardent.

YSÉ, à voix basse

Répétez-le encore que j’entende.

MESA

Je ne vous aimerai pas.

‌

☆

Rentre Amalric.

AMALRIC

Vous auriez dû venir pour voir tuer notre bœuf. On est en train de l’écorcher. C’est très beau à voir.

Cela est rose et bleu, cela est iridescent et nacré, mais ah bien ! c’est la mer qui est encore plus tapée !

On la sent qui s’arrange, qui se prépare pour le soir. Oh ! il n’y a presque aucun ton encore,

Mais comme elle est bien en chair, que l’on la sent comme un épais velours et comme un dos de femme !

Vous allez voir sa toilette ! Rien de vos fades haillons. Les femmes ne savent plus s’habiller.

Voilà ce que me disait Mesa.

YSÉ

Est-il vrai ?

AMALRIC

Je mens. Ne l’accusez pas.

Mais de quoi donc pouvez-vous bien parler tous les deux ? Il ne vous quitte pas.

Je ne le reconnais plus. Vous m’avez changé notre Mesa.

YSÉ

Il me fait la morale. Il est mon professeur.

AMALRIC

Vous êtes le sien aussi.

YSÉ

Il y a à apprendre avec lui. Il connaît les femmes. Il est prompt à vous donner conseil.

Un de ces hommes toujours prêts à offrir leur vie et qui vous la donneraient

À condition d’être débarrassés de vous. Extrême, extrême ; quinteux, point de mesure ;

Toujours plus qu’il ne faut. Est-il vrai ? C’est pour cela, que j’aime mon petit Mesa.

C’est ainsi que je suis aussi.

MESA

Cela est vrai. Il fait bon près d’une femme ;

On est comme assis à l’ombre et j’aime à l’entendre parler avec une grande sagesse,

Et me dire des choses dures, malignes,

Pratiques, bassement vraies, comme les femmes savent en trouver.

Cela me fait du bien.

AMALRIC

Des choses comme votre mari en entend ?

Il sourit et l’on voit bien qu’il va parler, mais il ne dit rien.

Il est tranquille et content.

YSÉ

Pauvre garçon !

AMALRIC

Est-ce que vous l’aimez ?

YSÉ

Je suis un homme ! je l’aime comme on aime une femme !

Elle rit aux éclats.

MESA

On ne rit pas aux éclats.

YSÉ

Mais cela me va bien, professeur ! Je ne suis pas Française.

Elle rit.

AMALRIC

Regardez-le quand vous riez ! Cela l’agace et le ravit.

YSÉ

J’aime un homme qui est un seul homme et qui a dans le dos un gros os dur.

AMALRIC

L’ordinaire admiration des femmes : le nègre et le pompier.

MESA

J’aime les nôtres, les touilleurs de feu, quand ils remontent de dessous nous, au soir,

Avec rien que les dents de blanc pour prier dans cette Arabie de la mer !

Quand on a bêché tout le jour dans le poussier, nourrissant le Sultan jaune,

Avec quelle dignité on peut attraper sobrement son quart d’eau !

Et nous autres, les blancs, bavards, cyniques, juponnés, enculottés, les boit-sans-soif, les mangeurs de cochon !

AMALRIC

Le fait est que nous ne gagnons pas à cet emparquement.

MESA

Quel dégoût de s’asseoir à table avec tout le reste

De ce troupeau de bêtes sans poils !

YSÉ

Quel caractère ! Moi, cela m’amuse, c’est si gentiment ajusté,

C’est si net, c’est si drôle de voir tout cela marcher, parler,

S’asseoir, se retourner, enfoncer une main dans la poche de son pantalon. Il y a de quoi rire.

Et un bateau, avec tous ses compartiments, avec toutes ces portes que l’on peut ouvrir et fermer,

Quel beau joujou ! C’est comme une boîte de naturaliste avec sa récolte,

Toutes les espèces ensemble !

Dites, c’est drôle de voir comment ils s’approchent et se reconnaissent,

De voir comment ils sont costumés, peignés, chaussés, cravatés,

Le livre qu’ils tiennent à la main, leurs ongles,

Le bout de la langue qui paraît entre les deux lèvres comme une grosse amande !

Rien qu’une main

Qui s’ouvre et s’agite, comme c’est affairé avec ses petits doigts ! comme je comprends ce quelle dit.

MESA

Ils m’ennuient. Je ne les supporte pas.

YSÉ

Et eux, que pensent-ils de vous ?

MESA

Je ne sais. Je ne m’en occupe pas. Je ne pense pas aux autres.

YSÉ

Mesa ! Mesa !

MESA

Tiens, c’est vrai ! C’est donc que je pense qu’à moi-même ?

YSÉ

Voilà que vous le découvrez ? Niez que les femmes servent à quelque chose.

Vous vous occupez de vous seul, vous seul vous occupez. Il est plus facile, Mesa, de s’offrir que de se donner.

MESA

Cela est vrai.

YSÉ

Apprenez une chose des femmes ! Ah, qui se donne comme il faut, il forcera bien qu’on l’accepte !

Heureuse

La femme qui a trouvé à qui se donner ! Et voilà que le sot homme se trouve bien surpris avec lui de cette personne absurde, de cette grande chose lourde et encombrante ! Tant d’habits, tant de cheveux, quoi faire ?

Il ne peut plus, il ne veut plus s’en défaire.

Heureuse la femme qui trouve à qui se donner ! celle-là ne demande point à se reprendre !

Mais qui est

Celui qui a besoin d’elle pour de bon ? d’elle toute seule, et tout le temps, et non pas d’une autre aussi bien ?

Elle se donne à vous, et qu’est-ce qu’elle reçoit en échange ?

AMALRIC

Tout cela est trop fin pour moi. Diable ! s’il fallait qu’un homme tout le temps

Se tracassât précieusement de sa femme, pour savoir si vraiment il a bien mesuré

L’affection que mérite Germaine ou Pétronille, vérifiant l’état de son cœur, quel coton !

Tout le sentiment, c’est le petit ménage des femmes, comme ces boîtes où elles rangent un tas de fils, et de rubans, et toute espèce de boutons, et des baleines de corsets.

Et ce qui est dégoûtant, c’est qu’elles sont tout le temps malades.

Enfin elle est là, n’est-ce pas ? Elle manquerait si elle n’y était pas. C’est gentil à avoir de temps en temps.

Que dites-vous, Mesa ? Soyez franc, mon garçon. Ai-je raison ou pas ?

YSÉ

Amalric,… Comment donc dit-il, notre ami le voyageur en cuirs ?

« Vous êtes un lapin. » Amalric, vous êtes un lapin.

Elle rit aux éclats.

AMALRIC

Voici votre mari qui vient se joindre à nous.

Toujours distingué et silencieux.

‌

☆

Entre de Ciz.

AMALRIC, l’interpellant.

De Ciz, nous deviendrons tous riches !

DE CIZ

Ainsi soit-il !

AMALRIC

Aucun doute à ce sujet ! Et d’abord est-ce qu’il ne nous faut pas de l’argent à tous ?

Demandez à cette dame que voilà. Et ce Mesa qui est comme un homme sans poches ? Pour ne pas parler de vous et de moi.

Je vous dis que je sens la fortune dans l’air ! Et allez donc, je m’y connais ! Je reconnais cette odeur ! Est-ce que vous ne sentez pas comme une haleine ?

Ah, je le sais, mon cœur se dilate, nous avons passé une certaine ligne !

Je reconnais mon vieil Est ! Il est pour moi ce qu’est pour la dame d’Épinal ou de Vassy-sur-Blaise

Tout à coup le Grand Magasin du Louvre bondé d’étoffes et de savons !

C’est l’Inde qui est devant nous. Ne l’entendez-vous pas, si pleine

Qu’on entend le bruissement de ce milliard d’yeux qui clignent ?

Hein ! quelle chance de ne plus être en France ! nous ne reviendrons plus en arrière ! Que tout ce fourrage me paraissait fade et aqueux !

Quel dégoût que cette verdouillade ! et pas de soleil,

Que ce pâle fourneau de chauffe-bain !

DE CIZ

Encore une fois nous avons passé Suez.

MESA

On ne le passe qu’une fois pour de bon. Je pense que nous l’avons tous passé cette fois.

AMALRIC

Nous ne le repasserons plus jamais, hourra ! nous ne reviendrons plus en arrière, hourra ! mais nous serons tous morts l’année prochaine, hourra !

YSÉ

Voilà une belle prière.

AMALRIC

En tout cas, il faut tous devenir riches ! ou sinon, c’est bien de notre faute ! Nous voilà à même. Je veux faire un tas énorme !

Je reconnais mon brave Levant, hourra ! « I’m wild and woolly and full of fleas ! »

Là le soleil est du soleil, à la bonne heure !

Le vert est du vert, et de la chaleur à en crever, et foutre, quand c’est rouge il fait rouge !

On est comme un tigre au milieu des bêtes plus faibles.

Évidemment au lieu de ce commerce ignoble,

Il vaudrait mieux entrer le sabre au poing épouvantablement

Dans les vieilles villes toutes fondantes de chair humaine,

Résolu de revenir avec quatre tonneaux pour sa part tout remplis de bijoux avec par-ci par-là quelques oreilles d’infidèles et doigts coupés de dames et demoiselles,

Ou de périr avec honneur au milieu de ses compagnons !

Cela vaudrait mieux que de transpirer en pyjama devant son ledger !

YSÉ

Et vous me garderez les perles !

AMALRIC

Ça ne fait rien ! espérez seulement que je trouve de la main-d’œuvre pour ma plantation de caoutchouc !

Les temps n’y changent rien, c’est toujours le même soleil,

C’est toujours mon Indien, cultivé par les deux moussons, le vieux païen cuisant !

Le dixième degré pour un marin à l’endroit qu’il coupe le soixantième,

Cela veut dire autant que la Belgique et le Labrador et la vingt-cinquième rue de New-York, qui est une belle rue.

Et bien plus ! La terre, c’est bête, c’est solide, mais ce pays d’eau, l’homme de la barre sent bien ses façons comment il bouge !

Ça reste la même chose toujours. Dites, est-ce que vous savez où nous sommes ? est-ce que vous comprenez les conditions du commerce ?

Écoutez, je vais vous faire de l’économie politique.

MESA

Vous êtes ivre, Amalric.

DE CIZ

Jamais autant qu’il en a l’air. C’est un vrai « voyageur ». Regardez son petit œil qui cligne.

AMALRIC

À gauche, Babylone, et tout le bazar, les fleuves qui descendent de l’Arménie,

À droite l’Équateur, l’Afrique,

Eh bien, vous voyez tout de suite le commerce ?

Les gros boutres à la mousson du Nord, cinglant de Saba, cinglant des ports de Salomon,

Cinglant de Mascate et d’Inde, cinglant de la bouche des Deux-Fleuves,

Pleins de fer, pleins de tissus, et ce qu’il faut de chaînes et de menottes pour en avoir assez,

Vers la Cimbébasie et les Villes Ovales !

Et revenant à la mousson du Sud avec une pleine pochée de la chair de Cham,

Nègres, négresses, négrillons, criant, mangeant, dansant, chantant, pleurant, pissant !

Et parfois au matin les fesses noires de la grosse barque immobile

Au milieu des plumes de poulet et des peaux de bananes sur la mer qui crache des poissons volants !

Voilà ce qui serait commode pour le caoutchouc !

MESA

Voilà le soleil qui se couche ! Voilà la mer qui est comme un paon, et comme Lakshmi qui est bleue dans le milieu d’un prisme vert !

YSÉ

Ah, nous avons passé Suez pour de bon !

MESA

Nous ne le repasserons plus jamais.

Vous avez raison, voici le plus vieux lieu de la mer ! voici le plus riche réservoir,

La plus grande cuve de teinture, le profond vitre,

La plus puissante poche à vin sur qui se lève la lune d’ocre claire et le soleil écarlate !

Mais regardez cela maintenant que le soleil s’abaisse ! C’est des roses !

C’est pur comme un cou de petite fille ! c’est doux comme une femme ! c’est luisant comme l’émail ! c’est fin comme ces vieux cachemirs qui coiffent les docteurs-de-la-loi !

Ah, il est indigne de souiller un sein si beau ! et de troubler avec notre Marie-salope ces eaux sacrées toutes pleines du frai des dieux !

YSÉ, à demi-voix.

Voilà le soleil qui se couche, voilà un petit air de vent qui se lève !

Pause.

MESA, à demi-voix.

Voici le soleil qui se couche, voici la mer qui fait un mouvement,

Voici le cœur coupable un moment

Qui frémit sous le soupir du ciel. Voici la mer tout en or,

Comme un œil vers la lampe. (Récitant :)

« Ses yeux ont une autre couleur. La mer change de couleur comme les yeux d’une femme que l’on saisit entre ses bras. »

Une très juste comparaison. Si délicate que soit la chair, par exemple près de la saignée du bras,

Avec ce mélange de tous les tons, depuis le soufre jusqu’à l’azur et au vermillon,

Elle ne s’empare point comme l’œil de la lumière, ses eaux comme d’une autre source.

Cloche du dîner.

DE CIZ

Voilà la cloche. Il est temps d’aller nous habiller pour le dîner.

AMALRIC

Une femme ! Voilà une citation que je n’aurais pas attendue

Du Mesa de mon premier voyage. Eh, eh ! il a passé Suez, lui aussi !

Eh, Mesa ! c’est notre âge ! Voilà l’âge où il convient de réaliser !

MESA

Impossibilité de l’arrêt en aucun lieu.

DE CIZ

Allons dîner.

Ils se lèvent tous.

AMALRIC, le dernier, déclamant.

« La mer comme les yeux d’une femme qui a compris ! la mer comme les yeux d’une femme que l’on saisit entre ses bras ! »

ACTE DEUXIÈME

Hong-Kong. Le cimetière plein d’arbres touffus de Happy Valley. De là on découvre plusieurs routes, un champ de courses, une usine, un petit port, la mer, et, derrière, la côte de Chine.

Une sombre après-midi d’avril. Un lourd ciel orageux.

MESA

C’est bien ici.

Il lit l’inscription d’une tombe.

C’est le nom, Smith. C’était un tout jeune homme. Voilà l’arbre.

Il le considère comme s’il ne le voyait pas.

C’est ici

Qu’elle m’a dit de l’attendre,

Chez Smith : Comme on vous enjoint de vous trouver à cinq heures chez le pâtissier.

Tous les livres