Stromates — Livre II (page 10)

Clément d'Alexandrie · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — stromates2/21/22/23.htm — trad. de Genoude 1839 · 11 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Les disciples d'Aristote prétendent que la fin de l'homme est de vivre conformément aux lois de la vertu; mais la félicité et le repos absolu, ajoutent-ils, sont impossibles ici-bas. Persécuté, ballotté par des fortunes contraires qui se jouent de sa volonté, sans autre désir que de s'en délivrer en quittant cette vie, le sage n'est ni heureux ni tranquille. Il faut d'ailleurs du temps à la vertu qui n'atteint pas en un jour aux derniers degrés de la perfection; car, il n'est jamais, dit-on, d'enfant heureux. Le temps nécessaire à cette consommation est la vie humaine. Le comble du bonheur se compose donc de trois sortes de biens. L'homme pauvre, obscur, valétudinaire ou condamné à l'esclavage, ne peut prétendre au bonheur, selon ces philosophes.

Zénon, le stoïcien, estime que le but de l'homme est de vivre 191 conformément à la vertu ; Cléanthe, conformément à la nature, en obtempérant aux conseils de la raison; c'est-à-dire, il nous l'explique ainsi : Tout consiste dans le choix des choses conformes à la nature. Antipater, l'ami de Cléanthe, est d'avis que la fin de l'homme est de choisir, toujours et sans se tromper, les choses qui sont selon la nature, et de rejeter avec la même fermeté celles qui lui sont opposées. Archimède exposait ainsi la fin de l'homme : Choisir entre les objets conformes à la nature les plus élevés et les plus importants ; dans l'impuissance, passer outra Après eux vient Panœtius : Vivre selon les désirs que nous a donnés la nature. Posidonius, enfin, nous prescrit de vivre dans la contemplation de l'ordre et de la vérité universelle, et de gouverner notre conduite de manière que jamais elle ne paraisse subordonnée à la partie irraisonnable de l'âme. Plusieurs des modernes stoïciens veulent que le but de l'homme soit de vivre conformément a l'organisation humaine. Que vous dirai-je d'Ariston ? Il établissait notre fin dans l'indifférence. Or, évidemment, ce qui est indifférent laisse de côté ce qui est indifférent. Vous mettrai-je sous les yeux la doctrine d'Hérille? Il demande à l'homme de vivre selon la science qui est son but. Plusieurs des nouveaux rejetons de l'Académie veulent que le but de l'homme consiste à se garder des illusion et des apparences. Lycus le péripatéticien nous dit comme Leucime, que le but de l'homme est la véritable joie de l'âme, celle qui provient de l'honnêteté. Critolaus, qui fut aussi péripatéticien, demande que l'homme s'abandonne doucement aux instincts de la nature, perfection qui se compose, selon lui, de trois sortes de biens, et nous a été transmise par nos ancêtres.

Mais sans nous arrêter ici, contents du chemin déjà parcouru, efforçons-nous, au contraire, autant qu'il nous est possible, de rappeler les opinions des physiciens sur la question qui nous occupe. Il parait qu'Anaxagore de Clazomène voulait que le but de la vie fût la contemplation et la liberté qu'elle enfante ; Héraclite d'Éphèse, la sérénité d'esprit. Selon Héraclide du Pont, Pythagore professait que la félicité suprême 192 est la science complète des facultés de l'âme. Les Abdéritains ont aussi leurs principes sur cette matière; Démocrite, dans son livre sur la fin de l'homme, veut que cette fin soit la tranquillité de l'âme ou le bon état. Il répète souvent que

la délectation et la non délectation sont le but de l'homme parvenu à la vigueur de l'âge.

Hécatée le place dans la modération; Apollodore de Cyzique, dans la joie du cœur; Nausiphane, dans l'intrépidité, que Démocrite nomme athambie. Outre ces philosophes, Diotime encore nous parle de la perfection de tous les biens qu'il décore du nom de bon état. Antisthène opine pour l'absence de tout orgueil. Ceux que l'on nomme Annicéréens, héritiers de l'école cyrénaïque, n'ont assigné aucun but spécial à l'ensemble de la vie. Selon eux, chaque action porte en elle, comme but, la volupté qui nait de l'action même. Ces Cyrenaïtes rejettent la définition qu'Épicure donne de la volupté : son chimérique équilibre, disent-ils, n'est que l'impassibilité du cadavre, et la volupté, l'amitié , les honneurs éveillent en nous des impressions agréables. Mais Épicure affirme que toute joie de l'âme dérive d'une sensation éprouvée dans la chair. Métrodore, dans le livre qu'il a écrit pour démontrer que la cause la plus active de la félicité vient de nous, et non des choses, dit : Le bien de l'âme, qu'est-ce autre chose qu'une complexion vigoureuse, et l'espoir fondé qu'elle ne se démentira pas?

à Dieu. Les écrivains sacrés sont d'accord avec lui sur ce point. Le philosophe Platon dit que le but de l'homme est double : l'un, communicable et au premier rang des idées elles-mêmes ; il le nomme le bien ; l'autre, participant du premier, dont il est la ressemblance ; il se trouve chez les hom- 193 mes qui prétendent à la vertu et à la vraie philosophie. C'est pourquoi Cléanthe, dans son deuxième traité sur la volupté, dit que Socrate enseignait habituellement, que l'homme juste et l'homme heureux ne sont qu'un; et qu'il maudissait le premier qui avait séparé le juste de l'utile, comme ayant fait une chose impie. En effet, ils sont réellement impies, ceux qui séparent l'utile du juste, selon la loi. Platon lui-même dit que le bonheur est d'avoir le génie pour favorable ( eu, bien, daimôn, génie), qu'on appelle génie la partie supérieure de notre âme, et que le bonheur est le bien le plus parfait et le plus entier. Tantôt il l'appelle une vie réglée en toutes choses, et d'accord avec elle-même; et quelquefois, ce qu'il y a de plus parfait selon la vertu. Or, il fait consister cette perfection dans la science du bien et dans la ressemblance avec Dieu ; et cette ressemblance, il veut qu'elle s'accomplisse dans la justice, la sainteté et la prudence. Quelques philosophes chrétiens ne disent-ils pas avec lui que, dès sa naissance , l'homme a reçu le privilège d'être à l'image de Dieu, et que plus tard, il doit arriver par la perfection à la ressemblance de Dieu? Eu outre, quand Platon enseigne que cette ressemblance se rencontrera unie à I humilité dans l'homme vertueux, ne semble-t-il pas commenter cette parole : Quiconque s'abaisse sera élevé? Aussi dit-il dans ses Lois : « Dieu, suivant l'ancienne tradition (3) est « Le commencement, le milieu et la fin de tous les êtres; il marche toujours en ligne droite, conformément à sa nature, en même temps qu'il embrasse le monde; la justice le suit, vengeresse des infractions faites à la loi divine. »

Vous voyez comment Platon, lui-même, associe la circonspection à la loi divine. Il ajoute donc :

« Quiconque veut être heureux doit s'attacher à la justice, marchant humblement et modestement sur ses pas. »

Puis, après avoir tiré de ces paroles les conséquences qui en dérivent, et avoir fait de la crainte un 194 avertissement, Platon poursuit en ces termes :

« Quelle est la conduite agréable à Dieu et qui lui ressemble? Une seule, fondée sur ce principe ancien, que le semblable plaît à son semblable, quand l'un et l'autre sont dans le juste milieu; car toutes choses qui sortent de ce milieu ne peuvent ni se plaire les unes aux autres, ni à celles qui ne s'en écartent point. Dieu étant donc pour nous la juste mesure de toutes choses, il n'est point d'autre moyen de s'en faire aimer que de travailler de tout son pouvoir à être ainsi soi-même. Suivant ce principe, l'homme tempérant est ami de Dieu, car il lui ressemble. L'homme intempérant, loin de lui ressembler, lui est entièrement opposé (4). »

En disant que ce dogme est déjà vieux, Platon désigne la doctrine qui, de la loi de Moïse, est parvenue jusqu'à lui. Et dans le Théétète, après avoir exposé que le mal gravite nécessairement autour de la nature mortelle et de cette région terrestre, il ajoute :

« C'est pourquoi il faut nous efforcer de sortir au plus tôt de cet exil « pour nous rendre ailleurs. »

Or, il veut dire par là qu'il faut nous hâter de ressembler à Dieu autant qu'il est en nous, et cette ressemblance consiste dans la justice et la pureté, jointes à la prudence. D'après Speusippe, neveu de Platon, le bonheur est une manière d'être, parfaite dans les choses qui se gouvernent selon la nature, ou un état de choses bonnes; tous les hommes aspirent à cette situation ; mais les hommes de bien touchent seuls au but de la tranquillité d'âme, et les vertus fout le bonheur. Xénocrate de Chalcédoine définit le bonheur la possession de la vertu en nous-mêmes, et de la puissance qui est à ses ordres. Puis, cherche-t-il quel est le siège de ce bonheur? l'âme, répond-il; quels en sont les fondements? les vertus; d'où dérive-t-il? des manières d'être, des affections, des mouvements et des habitudes honnêtes. Sans quoi, rien ne peut exister, ou des biens du corps, ou des biens extérieurs. En effet, Polémon, un des disciples de Xénocrate, paraît vouloir que le bonheur consiste dans la jouissance de tous les 195 biens, ou au moins de quelques biens et des meilleurs. Aussi enseigne-t-il qu'il n'y a point de bonheur possible sans la vertu, tandis que sans les biens du corps et les biens extérieurs, la vertu suffit à donner le bonheur. Voilà ce qui a été dit là-dessus. Quant aux réfutations des principes que nous venons d'exposer, elles viendront en leur temps. Mais ce que nous nous proposons, nous, c'est d'atteindre à la fin qui ne doit pas finir, en obéissant aux préceptes, c'est-à-dire à Dieu : en vivant conformément à leurs prescriptions, sans reproche et selon la science, par la connaissance de la volonté divine. Ressembler autant que possible à la droite raison, au Verbe, voilà notre fin; et cette ressemblance qui nous rétablit par l'intermédiaire du fils, dans l'adoption finale et parfaite, glorifie toujours le père, par le grand pontife qui n'a pas dédaigné de nous appeler ses frères et ses cohéritiers. L'apôtre décrit en peu de mots la fin de l'homme dans l'épitre aux Romains :

« Mais maintenant que vous êtes affranchis du péché, et devenus esclaves de Dieu, le fruit que vous en tirez est votre sanctification, et la fin sera la vie éternelle. »

Puis sachant que l'espérance est double ; l'une, que nous attendons ; l'autre, dont nous sommes en possession, il enseigne encore que la fin de l'homme est son rétablissement dans l'espérance.

« Car, dit-il, la patience produit l'épreuve, et l'épreuve l'espérance. Et cette espérance n'est pas vaine, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. L'amour nous rétablira dans l'espérance qui nous est réservée comme un repos, » dit ailleurs l'apôtre. On trouve des paroles semblables dans Ézéchiel :

« L'âme qui a péché mourra elle-même. Si un homme est juste, s'il agit selon l'équité et la justice, s'il ne mange point sur les montagnes, et s'il ne lève point les yeux vers les idoles de la maison d'Israël, s'il ne souille pas la femme de 'son prochain, s'il ne s'approche point de sa femme au jour de sa souffrance; (car Dieu ne veut pas que la semence de l'homme soit entachée), s'il ne centriste personne, s'il rend son gage à son débiteur, s'il ne ravit rien par violence, s'il donne de son pain à celui qui 196 a faim, s'il couvre de ses vêtements ceux qui sont nus, s'il ne prête point à usure et ne reçoit pas plus qu'il n'a donné, s'il détourne la main de l'iniquité et s'il prononce un jugement équitable entre un homme et le prochain, s'il marche dans la voie de mes préceptes et garde mes jugements pour accomplir la vérité; celui-là est Juste, et il vivra de la vie, dit le Seigneur Dieu. »

Et Isaïe conviant à une vie honnête celui qui a cru, et le gnostique, à l'application de l'esprit; montrant du reste que la vertu de l'homme n'est pas la même que celle de Dieu, s'exprime en ces termes :

« Cherchez le Seigneur, et en le trouvant, invoquez-le; quand il sera près de vous, que l'impie abandonne ses voies, l'homme inique les siennes, et qu'ils retournent au Seigneur, et il aura pitié, etc. etc., jusqu'à ces mots : et mes pensées au-dessus de vos pensées. »

« Nous donc, selon les paroles de l'illustre apôtre, c'est en vertu de la foi que nous espérons recevoir la justice; car, eu Jésus-Christ, ni la circoncision ni l'incirconcision ne servent, mais la foi qui agit par la charité. Or, nous souhaitons que chacun de vous montre jusqu'à la fin le même zèle, afin que votre espérance soit accomplie, etc. etc., jusqu'à ces mots : lui, le pontife éternel, selon l'ordre de Melchisédech. »

La sagesse, qui est toute vertu, parle aussi comme Paul :

« Celui qui m'écoute, plein de confiance, habitera dans l'espérance. »

Car la réintégration dans l'espérance s'appelle aussi espérance. La sagesse a donc eu raison d'ajouter à ces mots : il habitera, ceux-ci plein de confiance; montrant ainsi que le fidèle, animé de cette disposition, s'est reposé dans la réalisation de sou espérance. Aussi la sagesse ajoute-t-elle encore :

« Et libre de crainte, il se reposera loin de tout mal. »

L'apôtre dit formellement dans la première des épîtres aux Corinthiens :

« Soyez mes imitateurs, comme je le suis de Jésus-Christ ; afin que ceci arrive : Si vous êtes à moi, je suis moi-même au Christ; soyez donc les imitateurs du Christ ; le Christ est l'imitateur de Dieu. »

Donc, ressembler à Dieu pour être, autant que possible, juste et saint avec prudence, voilà, selon l'apôtre, le but de la foi ; et la fin est 197 l'accomplissement de la promesse par la foi. De ces paroles, comme d'une source, jaillissent les différentes définitions du bonheur, données par ceux qui ont traité du but final de l'homme, et rapportées plus haut. Mais c'en est assez sur cette matière.

Des avantages du mariage, et des préceptes qui en doivent diriger l'usage; matières qu'il traite plus au long dans le livre III. Comme le désir et la volupté semblent appartenir au mariage, abordons aussi ce point. Le mariage est la première union légale de l'homme et de la femme, pour la procréation d'enfants légitimes. C'est pourquoi Ménandre le comique fait dire à un de ses personnages :

« Je te donne ma fille pour engendrer des enfants légitimes. »

Mais faut-il se marier? Cette question est de celles dont la solution est subordonnée aux circonstances. Il faut que cet homme se marie; il faut que cette femme se marie; c'est dire : si cet homme, si cette femme se trouvent dans une certaine position. En effet, le mariage n'est une nécessité, ni pour tout individu, ni en tout temps; mais à telle époque, à telle personne, jusqu'à un certain âge, il est convenable. Tout homme ne peut donc se marier avec une femme quelconque, ni en tout temps, ni même à toute fin et sans retenue ; mais celui-là qui se trouve dans telle donnée, qui a des vues sur telle personne, dont l'âge est tel, qui ' se marie en temps convenable et pour avoir des enfants ; mais celle-là qui est en tout semblable à l'homme dont elle est aimée, et qui ne le chérit ni par force ni par nécessité. C'est de là qu'Abraham, se défendant d'avoir sa sœur pour femme, dit :

« Elle est ma sœur de père, mais non de mère, et je l'ai prise aussi pour femme, »

nous enseignant qu'il ne faut point épouser les filles nées de notre mère.

Poursuivons brièvement nos recherches. Platon range le mariage parmi les biens extérieurs; par le mariage se renouvelle 196 sans cesse l'immortalité du genre humain; par lui se prolonge dans l'éternité une chaîne perpétuelle de générations qui, de main en main, se transmettent la vie comme on se passe un flambeau. Mais Démocrite repousse le mariage et les enfants à cause des mille encombres de la paternité, et parce qu'elle détourne de fonctions beaucoup plus nécessaires. Épicure est du même sentiment, et avec lui tous ceux qui placent le bien dans la volupté et dans un calme que ne troublent ni les soucis ni la douleur. Selon les Stoïciens, Je mariage et les enfants sont choses indifférentes; selon les Péripatéticiens, ils sont un bien. Bref, ces philosophes, dont la doctrine n'allait pas plus loin que de vaines paroles, se firent esclaves des voluptés. Les uns eurent des concubines, les autres se livrèrent aux courtisanes, la plupart se souillèrent avec de jeunes garçons. Ces quatre ordres de philosophes, en se prostituant dans les jardins avec des femmes sans pudeur, honoraient par des actes la volupté. La malédiction, qui est portée par la loi sur l'attelage du bœuf et de l'âne, atteindra inévitablement ces hommes qui, tout en s'abstenant eux-mêmes de certaines choses qu'ils regardent comme nuisibles, les recommandent pourtant aux autres, et réciproquement. L'Écriture nous le déclare en peu de mots :

« Prends garde de faire à un autre ce que tu serais fâché qu'on te fit. »

Ceux qui approuvent le mariage disent : La nature nous a faits propres au mariage, comme le montre évidemment la distinction des sexes ; et ils répètent continuellement :

« Croissez et multipliez-vous. »

Quoiqu'il en soit, il leur paraît honteux à eux-mêmes que l'homme, ouvrage de Dieu, soit plus intempérant que les animaux privés de raison, qui ne s'accouplent pas au hasard et avec plusieurs femelles, mais avec une seule et d'une même espèce. Tels sont les pigeons noirs, les colombes, les tourterelles et les autres oiseaux semblables. Ils disent encore :

« Celui qui n'a pas d'enfants s'éloigne de la perfection selon la nature; car, il n'a pas de successeur de son sang à mettre eu sa place. Or, celui-là est parfait, qui a tiré de lui-même un être semblable à lui, ou plutôt il le sera, lorsqu'il aura vu son fils faire de même; 199 c'est-à-dire, lorsque le fils sera parvenu à la même perfection que le père. »

Le mariage est donc absolument nécessaire, et dans l'Intérêt de la patrie, et pour avoir des héritiers de son propre sang, et pour coopérer au perfectionnement du monde, autant qu'il est en notre pouvoir. Car les poètes déplorent un mariage incomplet et sans enfants, et ils déclarent heureux le mariage dont la fécondité fleurit de toutes parts autour de nous. Les maladies du corps attestent encore mieux la nécessité du mariage; les soins dont la femme entoure son mari, et sa persévérance assidue me semblent autant l'emporter sur la constance des amis et des parents, qu'elle-même s'élève au-dessus d'eux, par son affection sympathique ; au-dessus de tous, par son empressement volontaire auprès du malade. Elle est vraiment, selon l'Écriture, une aide nécessaire. Aussi Ménandre, le poète comique, après avoir fait quelques reproches an mariage, met en regard les avantages qu'on y trouve, et répond ainsi à ces plaintes : Je ne suis pas heureux en ménage. — C'est que tu t'y prends mal. Pais, il ajoute :

« Tu ne vois que les soucis et les chagrins de l'union conjugale sans jeter les yeux sur les biens qu'elle procure, etc. etc. » Le mariage vient également en aide à ceux qui sont avancés en âge, puisqu'il place auprès d'eux une femme pour les soigner, et qu'il élève les enfants issus d'elle, afin qu'à leur tour ils nourrissent la vieillesse de leurs parents. Car, selon le poète tragique Sophocle :

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