Stromates — Livre III (page 11)

Clément d'Alexandrie · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — stromates3/31/32.htm — trad. de Genoude 1839 · 11 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

« Pour ceux qui sont dans le mariage, ce n'est pas moi, mais le Seigneur qui leur a fait ce commandement : que la femme ne se sépare point de son mari; si elle s'en sépare, qu'elle reste sans se marier, ou qu'elle se réconcilie avec son mari ; que le mari de même ne quitte point sa femme ; quant aux autres, ce n'est pas le Seigneur, mais c'est moi qui leur dis: si quelqu'un de mes frères,...»

jusqu'à ces mots : « au lieu que maintenant ils sont saints.» Que répondent à ces paroles ceux qui décrient la loi et le mariage, comme si la loi seule eût autorisé l'union conjugale, et que l'alliance nouvelle se fût mise là-dessus en contradiction avec la loi? Qu'ils réfutent donc de semblables autorités, les impies qui ont en horreur l'union de la chair et la génération! L'évêque même qui a bien gouverné sa propre famille, l'apôtre ne l'établit-il pas chef de l'Église; et la maison de celui qui ne s'est marié qu'une fois ne devient-elle pas, selon lui, la maison du Seigneur? Aussi poursuit-il en ces termes :

« Tout est pur pour ceux qui sont purs; et rien n'est pur 266 pour ceux qui sont impurs et infidèles. Mais leur raison et leur conscience sont pleines de souillures. »

Écoutez maintenant comme il condamne les voluptés déréglées :

« Ne vous y trompez pas ! ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les abominables, ni les avares, ni les voleurs, ni les ivrognes, ni les médisants, ni les ravisseurs du bien d'autrui, ne seront héritiers du royaume de Dieu. »

Mais nous avons été purifiés, nous qui vivions autrefois dans les mêmes impuretés. Quant à ceux qui croient se justifier par les désordres de la vie, ils détruisent la tempérance pour baptiser dans la fornication ; misérables ! dont la doctrine est de tout accorder aux désirs et aux voluptés, apprenant à l'homme à déserter la continence pour l'incontinence, concentrant leurs affections et leur espoir dans les parties honteuses d'eux-mêmes». Mais ils ne préparent a leurs disciples d'autre fin que d'être déshérités du royaume de Dieu, au lieu de voir leur nom inscrit dans le ciel. Vainement ils couvrent leur doctrine du titre usurpé de Connaissance; ils marchent par les larges voies qui conduisent aux ténèbres extérieures.

« Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai, tout ce qui est honnête, tout ce qui est saint, tout ce qui est aimable, tout ce qui a une bonne réputation, tout ce qui est vertueux, tout ce qui est louable dans les mœurs, que ce soit là ce qui occupe vos pensées. Mettez en pratique ce que je vous ai enseigné, ce que vous avez entendu dire de moi, et ce que vous avez vu en moi, et le Dieu de paix sera avec vous. »

Pierre dit également dans sa première épitre :

« Afin que votre foi et votre espérance reposent en Dieu, purifiez vos âmes par une sincère obéissance, évitant, comme des enfants dociles, de devenir semblables à ce que vous étiez autrefois, lorsque, dans votre ignorance, vous vous abandonniez à vos désirs. Mais soyez saints dans tout le cours de votre vie, comme celui qui vous a appelés est saint, selon qu'il est écrit : Soyez saints parce que je suis saint. » Mais la réfutation par laquelle il fallait confondre les im- 267 posteurs qui usurpent sans titre le nom de la connaissance (gnose), en nous menant trop loin, a jeté notre discours au-delà de ses limites. Terminons donc ici notre troisième livre des Stromates, consacré aux recherches gnostiques d'après la véritable philosophie.

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