Stromates — Livre V (page 12)
« A qui avez-vous comparé le Seigneur, dit l'Écriture? quels traits ont formé son image ? L'ouvrier n'a-t-il pas fait vos statues ? l'orfèvre ne les a-t.il pas dorées ? etc. Le poète comique Épicharme désigne clairement dans sa République, le Verbe divin : « La Raison et le Nombre sont absolument nécessaires à la vie de l'homme. » Ailleurs : « Nous ne vivons que par la Raison et le Nombre. Rien autre qui soit capable de nous sauver. » Puis il ajoute avec plus de précision encore : La Raison gouverne les hommes et conserve les mœurs. » Enfin : « Il y a le raisonnement humain et la raison divine. Le raisonnement humain veille aux nécessités matérielles de la vie. Mais la raison divine est la mère et l'inventrice des arts ; c'est elle qui enseigne personnellement à chacun de nous ce qui lui est utile. Car ce n'est pas l'homme qui a inventé l'art : il vient de Dieu, et de Dieu seul ; la raison de l'homme n'a pas d'autre source que la raison divine. » Poursuivons. Vous avez entendu l'Esprit saint s'écrier par la bouche d'lsaïe :
« Quel fruit me revient-il de la multitude de vos victimes ? Je suis rassasié de vos holocaustes et de vos 449 boucs ; je ne veux plus de la graisse de vos agneaux, ni du sang de vos taureaux. »
Puis il ajoute un peu plus bas :
« Lavez-vous, purifiez-vous, et faites disparaître la malice de vos pensées, etc. »
Eh bien ! le comique Ménandre va presque reproduire les mêmes expressions : « Si quelqu'un, ô Pamphile, croit, par de nombreux sacri« fices de taureaux, de chevreaux, et de victimes semblables, ou par quelque précieux ouvrage sorti de ses mains, tel qu'une chlamyde tissue d'or ou de pourpre, ou des statues d'ivoire et d'émeraude, se rendre Dieu favorable, il s'abuse, et son esprit est aveuglé. Le devoir de l'homme, c'est d'être bon, de respecter la pudeur des vierges et des épouses, de s'abstenir du meurtre et du vol, de ne pas même désirer la plus petite partie du bieu d'autrui, ô Pamphile ! Car Dieu est près de vous ; il vous voit. » — « Je suis le Dieu de près et non pas seulement le Dieu de loin. Si quelqu'un agit dans les ténèbres, ne le verrai-je pas, » dit Dieu par la bouche de Jérémie ?
Ménandre va encore commenter cette parole de l'Écriture :
« Offrez à Dieu le sacrifice de justice, et espérez dans le Seigneur. »
Ecoutons le poète :
« O mon ami, ne convoite pas même la plus petite parcelle du bien d'autrui (25) ; car Dieu aime les œuvres justes, il déteste l'iniquité. Il ne permet d'accroître sa fortune que par un travail assidu. Sois donc juste jusqu'à la fin, et sacrifie toujours à Dieu, non point avec la richesse et la pompe des vêtements, mais avec la pureté de l'âme. Le tonnerre vient-il à gronder, ne fuis pas, ô maître ! si ta conscience te rend un bon témoignage. Car Dieu te voit ; il est à tes côtés. »
— « Tandis que tu parleras encore, suivant la promesse de l'Écriture, je dirai : Me voici. »
Le poète comique Diphile mentionne aussi le dernier jugement :
« Pensez-vous, ô Nicérate, que ceux dont la vie s'est écou- 450 lée dans les festins et dans les plaisirs, puissent échapper après leur mort à la justice divine ? L'œil de la justice est là qui voit tout. Nous savons qu'il existe deux chemins à l'entrée des enfers, l'un qui conduit au séjour des justes, et l'autre à la demeure des impies, quoique la terre les recouvre éternellement. Allez donc, dérobez, ravissez, ne respectez rien ; mais ne vous y trompez pas, il y a un jngement dans l'enfer, un jugement qu'exercera Dieu, le maitre souverain de l'univers, dont je n'oserais prononcer ici le nom formidable. Il prolonge quelquefois la vie du méchant : que le méchant ne pense pas pour cela que ses crimes de tous les jours lui soient cachés ou qu'il les regarde avec indifférence ; car cette pensée serait un nouveau crime. La main de la justice retarde la vengeance. Vous qui croyez que Dieu n'est pas, prenez garde ! Il existe, oui, il existe un Dieu ! Si quelqu'un, né mauvais, a fait le mal, qu'il profite du temps qui lui est laissé ; car plus tard il subira des châtiments terribles. »
Même langage de la part de la tragédie.
« Un jour viendra, jour triste et lamentable où l'éther déchainera les tourbillons de feu qui couvaient dans son sein ; alors la flamme dévorera tout ce qui peuple la terre et le ciel, et il n'y aura point de borne à sa fureur.»
Et quelques vers plus bas :
« Et quand tout sera consommé, l'abime de l'océan sera désert; la terre sera désolée : plus de tribus ailées qui s'envolent de sa surface aride vers les hauteurs du ciel ; puis ce qui avait été détruit renaîtra. »
Les poèmes orphiques nous offrent des idées analogues : « Tout ce qu'il avait enseveli dans son cœur sacré, il le rendit à la lumière brillante du soleil, sous une forme plus belle que par le passé. » Si nous vivons dans l'innocence et la justice, nous serons sans doute heureux ici bas, mais nous le serons mille fois davantage au sortir de ce monde, puisque au lieu de la félicité du temps, nous jouirons de l'éternel repos, 451 « Partageant la demeure et la table des immortels, délivrés à tout jamais des maux et des douleurs qui affligent l'humanité,»
comme nous le promet la muse philosophique d'Empédocle. Ainsi donc, même selon la croyance des Grecs, il n'y aura pas d'hommes assez grands pour s'élever au-dessus du tribunal suprême, assez petits pour se dérober aux yeux du juge. Le même Orphée nous parle en ces termes. : « Tiens toujours les regards fixés sur le Verbe divin sans jamais les en détourner ; et attentif à sonder les replis de ton âme, marche d'un pas ferme dans la voie droite, ne contemplant jamais que le roi immortel de l'univers.» Ailleurs, il nomme Dieu l'invisible. Il ne s'est révélé, ajoutet-il, qu'à un seul homme d'origine chaldéenne, soit qu'il désigne ici Abraham, soit qu'il veuille parler de son fils. Citons-le textuellement : « Il ne s'est révélé qu'au descendant d'une famille chaldéenne. Ce sage connaissait le cours du soleil, et la révolution qu'il accomplit autour de la terre, entrainant avec lui la sphère des deux, et roulant sur son axe. Il savait quels sont les esprits qui gouvernent le monde, parcourent les airs et descendent dans les profondeurs de l'abime. » Puis, comme pour expliquer ces paroles des livres saints :
« Le ciel est mon trône, et la terre mon marche-pied », il ajoute : « Inébranlable, éternel, il siège au plus haut des cieux sur un trône dor. La terre est son marche-pied. Sa droite touche aux extrémités de l'océan. Le souffle de sa colère ébranle jusque dans leurs fondements les montagnes qui ne peuvent supporter le poids de sou courroux. Il habite en tout lieu, quoique le ciel soit sa demeure. Rien de ce qui se fait sur la terre ne se fait sans lui ; car il est le commencement, le milieu et la fin de toutes choses. Que dis-je ? Il n'est pas même permis de le nommer. A sa seule pensée, mon corps tremble et frissonne. Des hauteurs où il réside, il gouverne tout ici bat, etc. » Magnifique langage, qui rappelle manifestement ces paroles 452 du prophète :
« Si vous ouvrez le ciel, les montagnes tremblent et se fondent devant votre face, comme la cire devant le feu ; »
« Qui, de sa main étendue a mesuré le ciel ? Qui a pésé l'univers dans le creux de sa main? »
On retrouve le même fonds d'idées dans cet autre fragment d'Orphée:
« Monarque du ciel et des enfers, monarque de la terre et des ondes, toi qui ébranles l'olympe par la voix du tonnerre, toi que redoutent les génies, que craint la foule des dieux ; toi auquel obéissent humblement les Parques, inexorables pour tout autre, Être éternel que nous honorons sous le double titre de Père et de Mère, ta colère secoue le monde entier; tu déchaînes les vents, tu enveloppes la nature d'épais nuages, et tu déchires les airs par les sillons de ta foudre. Les astres accomplissent leurs révolutions suivant tes lois immuables. Auprès de ton trône étincelant est rangée la multitude des anges, dont la tâche est de veiller aux besoins des mortels et à l'exécution de tes commandements. Le printemps, avec les fleurs nouvelles dont il se couronne, est à toi. L'hiver, avec sa ceinture de glaces et de frimats, est à toi. C'est à toi que nous devons et les présents de la vigne et les fruits de l'automne. »
Puis, le poète proclamera en termes non équivoques la toute-puissance de Dieu :
« Inaccessible aux atteintes de la mort, les immortels, eux seuls, ont le droit d'articuler son nom. Descends, ô le plus grand des dieux ! Viens, accompagné de l'inflexible nécessité ; viens, Dieu formidable, invincible, grand, immortel, toi qui as les cieux pour couronne ! » Par cette expression, que nous honorons sous le double nom de Père et de Mère, (en grec Métropator), Orphée désigne la création des êtres que Dieu a tirés du néant. Je ne serais pas étonné que ce passage n'ait fourni aux partisans des Émanations et des Aeons, l'idée de donner uue épouse à Dieu. Au reste, le poète, va commenter les paroles d'Isaïe :
453 « (26) Voici celui qui condense la foudre et qui crée les tempêtes, et dont les mains ont formé la milice du ciel ; »
et les paroles que Dieu prononça par la bouche de Moïse :
« Voyez, voyez que je suis l'Unique et qu'il n'y a point d'autre Dieu que moi. C'est moi qui tue et moi qui fais vivre; moi qui frappe et qui guéris : nul ne peut s'arracher de ma main. »
« Aux douceurs de la joie il fait succéder les angoisses de la tribulation, les horreurs des combats, et les lamentables destinées. » Ainsi chante Orphée. Archiloque de Paros, s'écrie également : « Ô Jupiter, le ciel est ton empire. Mais du haut de ta demeure tu vois ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. » Écoutons encore une fois le chantre de la Thrace ; sa lyre nous répète : « Sa droite touche aux extrémités de l'océan ; la terre est son marche-pied.» L'imitation est ici palpable; elle rappelle les paroles suivantes :
« Le Seigneur préservera de tout danger les villes des nations, et il prendra l'univers tout entier dans sa main comme un nid. »
— « C'est le Seigneur qui a fait la terre par sa puissance, et qui a mis l'univers en équilibre, »
Joignons aux témoignages profanes celui de Phocylide, qui donne aux anges le nom de génies, et les distingue en bons et en mauvais, parce que nos traditions lui ont parlé des anges rebelles. « Des démons différents agissent d'une manière différente sur les hommes ; les uns sont chargés d'éloigner d'eux les maux qui les menacent...» Le poëte comique Philémon battait donc en ruine l'idolâtrie, quand il disait: « La fortune n'est pas un dieu. Non, elle n'est pas un dieu; tout ce qui nous arrive inopinément et par hasard, nous l'appelons du nom de fortune. » 454 Même éloge pour Sophocle : « Tout ne va point au gré des dieux. Jupiter seul a le gouvernement suprême ; il est le principe et la fin de toutes « choses.» Orphée dit aussi : « Il n'y a qu'une puissance, qu'une Divinité suprême dont la lumière rayonne dans les cieux. Tout a été fait par elle, tout se meut dans sou mouvement, la terre, l'eau, le feu. ». Le lyrique thébain, dans l'enthousiasme qui le transporte, s'écrie : « Qu'est-ce que Dieu ? — L'univers. » « Dieu est le créateur de tous les mortels, »
dit-il encore ; et ailleurs : « Homme, pourquoi attends-tu de l'homme un peu de sagesse ? Sonder les conseils des dieux est une entreprise difficile à l'intelligence humaine. L'homme est né d'une mere mortelle. » Cette dernière maxime n'est que l'écho d'Isaïe :
« Qui a « connu la pensée du Seigneur ? qui a été son conseiller ? »
Hésiode parle aussi comme le prophète : « Il n'est aucun devin, parmi les enfants des hommes, qui puisse connaitre la pensée du puissant Jupiter. »
L'athénien Solon a donc raison de dire, après Hésiode, dans ses élégies :
« La pensée des immortels est un profond mystère pour les hommes. »
L'Écriture avait prédit que la femme, en expiation de sa désobéissance, enfanterait dans la douleur et les angoisses. Un poète dont le nom n'est pas sans gloire a dit : « Travailler et pleurer le jour comme la nuit, voilà quel est son triste lot. Jamais les Dieux ne cesseront de lui envoyer de nouvelles douleurs. » Quand Homère nous montre le Tout-Puissant « Tenant dans sa droite la bnlance d'or, »
il nous parle symboliquement de la justice de Dieu. Ménandre va rendre témoignage à sa bonté : 455 « Aussitôt qu'un homme vient à naitre, un bon génie descend auprès de lui, bienveillant initiateur qui l'introduira dans les mystères de l'existence. Que ce soit un génie fatal, chargé de l'enlever à une vie vertueuse, on ne saurait le penser. »
Puis il termine par des mots (27)
qui, dans leur combinaison grammaticale, peuvent signifier à la fois, ou que tout Dieu est bon, ou ce qui est plus probable, que Dieu est bon en toutes choses. Le tragique Eschyle, essayant de définir la puissance divine, ne craint pas d'appeler Dieu le Très-Haut :
« Garde-toi de confondre Dieu avec les mortels, et ne va point t'imaginer qu'il est de chair comme eux. Tu ne le connais pas, dis-tu. Tantôt il éclate sous la forme d'un feu qui ne se laisse pas toucher ; tantôt c'est une vague et tantôt un brouillard. Parfois il prend la ressemblance d'une bête féroce ; c'est le vent qui siffle, le nuage qui passe, l'éclair qui brille, le tonnerre qui gronde, le torrent qui se déchaine. La mer, les rochers, les lacs lui obéissent. Tout tremble sous un de ses regards, et la face de la terre, et les gouffres de l'océan et la cime des montagnes les plus élevées. Car toute-puissante est la gloire du TRES-HAUT. »
Ce passage ne vous semble-t-il pas le commentaire de cette parole :
« Devant la face du Seigneur la terre tremble? » II y a mieux. Apollon lui-même, si célèbre par sa connaissance de l'avenir, rend témoignage à la gloire de Dieu, contraint qu'il est de déclarer que, pendant l'invasion des Mèdes en Grèce, Minerve, divinité suppliante, a invoqué le secours de Jupiter en faveur de l'Attique. Ainsi parle l'oracle : « Les prières et l'habileté de Pallas ont été vaines ; rien n'a pu fléchir la volonté de Jupiter olympien. Il se prépare à livrer aux flammes plusieurs temples consacrés aux immortels, qui déjà tremblent d'épouvanté et se couvrent d'une sueur glacée. » 456 Théaridas écrit dans son Traité de la Nature : « Le principe de cet univers, le véritable principe, est un ; car il est éternel et dès lors unique. » « Rien n'existe sans la volonté du monarque suprême, » dit Orphée.
Le pocte comique Dipbile, marchant sur les traces d'Orphée, écrit avec un sens profond : « Le père de toutes choses, l'auteur et le créateur de tous les biens qui t'environnent, adore-le constamment ; adore-le lui seul. »
C'est donc à bon droit que Platon accoutume les natures d'élite
« à s'approcher de la science que nous avons reconnue déjà pour la plus sublime, à contempler le bien par excellence et à graviter vers lui par un effort soutenu. Il ne s'agit point ici d'une révolution indifférente et passagère (28), comme dans les jeux de l'enfance, mais d'un mouvement régulier qui sorte l'âme de l'espèce de jour nocturne où elle était ensevelie, et la tourne vers la lumière de la vérité par la voie que nous appellerons dès lors la véritable philosophie. » Et ceux qui s'engagent dans ces routes, Platon les regarde comme appartenant à la race d'or.
dit-il. Or, tous ceux qui appartiennent à cette race d'or ont la faculté de juger sainement de toutes choses.
Ainsi donc, tous les êtres possèdent par une force instinctive, et sans le secours de l'éducation, le sentiment de l'existence de leur père et créateur commun. Des rapports de sympathie unissent la nature inorganique à la nature animée. Parmi les êtres vivants, les uns jouissent déjà de l'immortalité, les autres s'agitent et peinent encore tout le long du jour sur la terre. Parmi les mortels, ceux-ci sont livrés à d'aveugles terreurs et enfermés dans le sein qui les porte ; ceux-là se meuvent dans le libre exercice de leur indépendance. Puis la grande famille humaine se divise en Grecs et en Barbares. Dans ce nombre, pas une peuplade de laboureurs, pas une tribu no- 457 made, pas une nation enfermée dans des cités qui puisse vivre et se maintenir sans une foi instinctive à un être supérieur. Aussi, courez de l'orient à l'occident, du nord au midi, partout vous trouverez une seule et même prénotion an sujet du monarque suprême, parce que les effets universels de cette puissance créatrice embrassent également tous les lieux. Les philosophes de la Grèce, avec leur soif d'investigations, soutenus d'ailleurs par leurs communications avec la philosophie barbare, allèrent plus loin que leurs contemporains. Ils attribuèrent les soins providentiels au Dieu invisible et unique, au Créateur suprême et à la cause immédiate des choses les plus belles. Toutefois les conséquences de leurs doctrines leur échappent, si nous ne leur venons en aide pour les leur découvrir ; ils ne savent pas même comment il a été donné à cette nature de connaitre Dieu. Mais, nous l'avons déjà dit, ils le définissent par des circonlocutions voisines de la vérité. L'apôtre a donc eu raison de dire :
« Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? ne l'est-il pas aussi des Gentils ? »
entendant par là, que ceux d'entre les Grecs qui croient parviendront à la connaissance de Dieu. Non ; ce n'est point ici une simple prophétie. Il déclare que sous le point de vue de l'autorité Dieu est le Seigneur de tous les hommes, et qu'il est réellement tout-puissant, tandis qu'envisagé sous le rapport de la connaissance, il n'est pas le Dieu de tous. Les Gentils, en effet, ne connaissent ni ce qui est, ni comment le Seigneur est le père et le créateur, ni les autres mystères qui constituent la vérité chrétienne, s'ils n'ont été formés à son école. La prophétie parle le même langage que l'apôtre. Écoutons Isaïe :
« Nous mettons notre espérance dans le Seigneur notre Dieu, me dites vous ! Et moi, je vous dirai : Rendez-vous donc à mon seigneur, le roi des Assyriens. »
Isaïe ajoute : « Croyez-vous que ce soit sans la volonté du Seigneur que nous avons apporté la guerre dans ce pays ? » Une autre bouche inspirée, Jonas, laisse entendre quelque chose de semblable :
« Et le pilote s'approcha de lui, et lui dit : Pourquoi dors-tu ? Lève-toi ! invoque ton Dieu afin qu'il nous sauve et que nous ne périssions pas. »
Ces mots, ton 458 Dieu, adressés à Jonas, qui avait la connaissance de Dieu, et ceux-ci, afin que Dieu nous sauve, désignent le consentement unanime des nations qui, avant les lumières de la foi, avaient élevé leur intelligence vers le Dieu tout-puissant. Poursuivons avec Jonas :
« Et il leur dit : Je suis le serviteur du Seigneur, et j'adore le Seigneur, le Dieu du ciel. Ils s'écrièrent, c'est encore Jonas qui raconte, nous vous supplions, Seigneur, de ne pas nous faire périr à cause de la vie de cet homme. » Le prophète Malachie fait parler ainsi le Seigneur :