Stromates — Livre VI (page 4)

Clément d'Alexandrie · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — stromates6/61/62.htm — trad. de Genoude 1839 · 11 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

« Oui, le Seigneur est juste ; il aime la justice ; son visage est tourné vers ceux qui ont le cœur droit ; mais celui qui chérit l'iniquité se hait lui-même. »

Si donc toute chair qui avait péché périt sous les eaux du déluge, instruite et châtiée à la fois par cette grande leçon, il faut croire d'abord que la volonté divine, qui a pour attribut d'opérer et d'instruire, sauve les hommes qui se convertissent (9). 499 De plus, l'âme, substance dite incorporelle, ne pourrait, à cause de la subtilité de son essence et de l'immatérialité de ses principes, se trouver en aucune sorte affectée par l'eau, élément grossier et palpable. Mais, si quelques parties de l'âme ont pu s'épaissir sous l'action du péché, elle se dépouille de cette rouille étrangère, en même temps que de l'esprit charnel dont les détirs combattent les siens. Le chef de ceux qui professent la communauté en toutes choses (10), Valentin, a dit textuellement, dans son homélie de l'Amitié :

« La plupart des maximes renfermées dans les livres publics, se trouvent dans les Écritures de l'Église de Dieu. Car le cri de la conscience est universel (11). La loi qui est écrite dans le cœur de chaque homme est le Verbe (12) du Bien-Aimé, qui est chéri de ce Bien-Aimé, et qui lui rend sa tendresse. »

Soit donc que Valentin appelle livres publics, les textes sacrés des Juifs, ou les traditions des philosophes, toujours est-il qu'il admet le genre humain indistinctement à la participation de la vérité.

Isidore, aussi, disciple et fils de Basilide, s'exprime comme il suit dans le premier livre de son Exégèse sur le prophète Parchor :

« S'il en faut croire les Athéniens, le génie qui accompagnait constamment Socrate lui révéla plusieurs choses importantes. Aristote veut que chaque homme ait un génie particulier qui ne le quitte jamais pendant toute la durée de son séjour dans le corps mortel. Il a dérobé cette doctrine aux prophètes pour introduire ensuite le larcin dans ses écrits, mais en cachant la source où il avait puisé. »

Dans le second livre du même ouvrage, 500 le même Isidore ajoute :

« N'allons pas nous imaginer que les doctrines particulières aux élus aient été professées d'avance par quelques philosophes. Ils n'ont pas le mérite de l'invention ; ils n'ont fait que les dérober aux prophètes : puis on les met sur le compte de celui qui leur paraissait le plus sage. » Et plus loin :

« Ceux qui aspirent à la philosophie véritable devraient apprendre à mon avis ce que signifient le chêne ailé (13), et le manteau de diverses couleurs qu'il figure, allégories que Phérécyde transporta de la prophétie de Cham (14) dans sa Théologie. »

(2) Bouteille enveloppée d'osier, au dire de Suidas et d'Hésychius ; selon d'autres, petit tonneau en bois de pin. C'était le titre d'une comédie de Cratinus.

(3) Qui arrête le vent. koluo, empêcher, anemos, vent.

(4) Il faut se rappeler ici, comme dans beaucoup de passages prédédents, que barbare signifie proprement étranger. C'est encore le sens de ce mot en sanscrit.

(5) oro, borner, skopeo, examiner.

(6) Pastos, appartement nuptial, voile ; phero, porter.

(07) Apocryphe, ainsi que les passages suivants..

(8) Saint Justin dit formellement : « Le Fils unique, le premier-né de Dieu, est la souveraine raison dont tout le genre humain participe. Tous ceux qui ont vécu conformément à cette raison sont Chrétiens. Tels étaient, chez les Grecs, Socrate, Héraclite, et ceux qui leur ressemblaient; tels étaient, parmi les Barbares, Abraham, Ananias, Azarias, Hisaël, Elie, et beaucoup d'autres dont il serait trop long de rapporter les noms et les actions. » Sans doute nul homme n'a jamais pu parvenir au salut que par l'application et les mérites du sang de Jésus-Christ. Il n'était pas nécessaire néanmoins que tous les hommes avant l'Incarnation eussent une connaissance explicite et parfaite du divin Médiateur. Ecoutons saint Augustin : « Dès le commencement du monde, tous ceux qui ont cru en Dieu, qui l'ont connu autant qu'ils pouvaient, et qui ont vécu, selon ses préceptes, dans la piété et la justice, en quelque temps et en quelque lieu qu'ils aient vécu, ont été sans doute sauvés par lui. Autrefois, par certains noms et par certains signes, maintenant par d'autres signes plus nombreux, d'abord plus obscurément, aujourd'hui avec plus de clarté, une seule et même religion vraie est signifiée et pratiquée. » C'est dans le même sens que l'évéque d'Hippone s'écrie quelque part, en parlant des vérités que le paganisme avait conservées plus ou moins pures, » Cet or vous appartient, ô mon Dieu, en quelque lieu qu'il se rencontre. Tuum est, Domine, aurum illud, ubicumque est. » La doctrine de saint Augustin est conforme à celle de saint Thomas. sans avoir connu la révélation du Médiateur, ils n'ont pas été sauvés néanmoins sans la foi du Médiateur, parce que, bien qu'ils n'eussent pas la foi explicite, ils avaient cependant une foi implicite dans la divine Providence, croyant que Dieu était le libérateur des hommes, les sauvant par les moyens qu'il lui avait plu de choisir, et selon que son esprit l'avait révélé à ceux qui connaissaient la vérité. » Saint Jean-Chrysostôme, et avant lui saint Irénée, ne sont pas moins explicites. Telle a toujours été la doctrine de l'Église, et M. d'Hermopolis est venu dernièrement encore rendre hommage à ces principes, dans ses Conférences. Saint Clément d'Alexandrie ne fournit pas un témoignage moins clair et moins évident en faveur de cette thèse.

(9) Vous avez raison, ô Clément, quand vous plaidez si énergiquement la cause de la bonté divine. Le Gentil avait, pour marcher dans la jiutice, la loi naturelle, la voix de sa conscience, et les révelations successives que le monde païen n'avait pas laissées périr tout entières Si tout cela n'avait pas suffi, Dieu, et il l'a promu quelque part, aurait fait des miracles plutôt que de laisser périr l'âme du juste.

(10) Suivant le docteur Lowth, l'universalité de la révélation. Nous avons préféré le premier sens, comme plus large et n'excluant pas le second. D'ailleurs, la doctrine que les lumières de la révélation, à des degrés divers, ne manquent à personne, a toujours été celle de l'Eglise ; comme on l'a vu dans la note précédente. Pourquoi saint Clément l'attribuerait-il à un chef de sectaires ?

(11) Nous avons koinat, communs, au lieu de kena, vains, frivoles.

(12) Nous avons lu avec Grabius Logos, au lieu de Laos, qui paraît ne donner aucun sens raisonnable.

(13) Qu'est-ce que ce chêne ailé que portent toutes les éditions? que sgnifie ce symbole ? Nous avouons que nos conjectures sont ici en defaut. Grabius propose de lire dryops, au lieu de drys, cbêne. Le dryops, dit-il, est une sorte d'oiseau bigarré dont parle Aristophane, et qui porte sur ses ailes la forme d'un manteau. Cette correction ne nous semble pas heureuse. Avec elle, l'épitbète d'ailé n'est plus qu'une niaiserie : peut-être faudrait-il lire botrys, vigne, qui, avec le manteau, figure dans l'histoire de Cham et de Noé. Dans ce dernier cas, hupoteros, ailé, demeurerait toujours inexplicable.

(14) On croit que cette prophétie apocryphe a été supposée par Basilide ou par quelque autre hérétique.

Quelle est la véritable sagesse et le maître qui nous l'enseigne Nous l'avons déjà déclaré dès le commencement de cet ouvrage, le sujet que nous traitons n'est pas le plan de conduite enseigné par chaque secte particulière, mais bien la philosophie réelle, la sagesse vraiment industrieuse, et d'où naît l'expérience des choses de la vie. La sagesse, telle que nous l'entendons, est la connaissance pleine et solide de ce qui concerne Dieu et l'homme, espèce de compréhension inébranlable qui embrasse le passé, le présent, et l'avenir. Elle remonte au Seigneur qui nous l'a transmise soit par sa présence au milieu des hommes, soit antérieurement par le ministère de ses prophètes, et elle est indestructible de sa nature, parce qu'elle est la fille 501 du Verbe. Voilà pourquoi encore, révélée par le Verbe, elle se confond avec la vérité elle-même. La sagesse a deux aspects divers : ici, incréé, éternelle ; là, bornée à notre utilité pendant le temps. Ici, une et toujours la même ; là, multiple et revêtant plusieurs formes. Ici, immuable dans son impassibilité; là, susceptible d'être agitée par les passions ; ici, parfaite et consommée ; là, incomplète et indigente.

Telle est la sagesse que convoite ardemment la philosophie qui se propose pour but le bien de l'âme, la droiture du langage et la pureté des mœurs, philosophie toujours éprise de la sagesse, et marchant à sa conquête à travers mille efforts. Nous, Chrétiens, nous nommons philosophes, les zélateurs de la sagesse qui a tout créé, qui a tout enseigné, qu'est-ce à dire ? les zélateurs de la connaissance du fils de Dieu. Les Grecs, au contraire, prostituent le nom de philosophes à ceux qui disputent sur la vertu. La philosophie est l'accord d'une vie sans tache avec les dogmes irrépréhensibles qui appartiennent à chaque secte, aux sectes philosophiques bien entendu, et qui, après avoir été dérobés au trésor divin des traditions barbares, ont été recouverts des ornements de la Grèce. Les Grecs, en effet, ont pillé les uns, ont mal compris les autres. Tantôt ils ont parlé sous le souffle d'une inspiration divine, mais sans reproduire la sainte parole dans son intégrité ; tantôt ils ont été soutenus par les conjectures et le raisonnement, mais là encore ils ont failli. A les entendre cependant, ils possèdent la vérité tout entière; nous soutenons, nous, qu'ils n'en possèdent qu'une partie, car au-delà de ce monde présent, que savent-ils ? Rien. Voyez la géométrie et la peinture ! Elles reproduisent l'une et l'autre, la géométrie, les mesures, les grandeurs et les figures dont elle s'occupe bien qu'elle les trace sur âne surface plane ; la peinture, les monuments et les paysages. Cette dernière imite l'aspect des objets extérieurs en disposant ses lignes selon les lois de la perspective. Grâce à d'ingénieux procédés, les éminences, les cavités, les surfaces planes sont fidèlement rendues eu sorte que tel objet semble former une saillie, tel autre s'enfoncer, tel autre se détacher du niveau de la plaine. Il en est ainsi des philosophes : ils imitent la vérité 502 comme la peinture les objets extérieurs. Mais un amour immodéré de soi-même est partout une cause d'erreur et de chute. Il faut donc, au lieu de rechercher la vaine gloire et l'estime des hommes par un égoïsme insensé, travailler à joindre la prudence à la sainteté par amour pour Dieu. Prendre ce qui est particulier pour ce qui est général, accorder le commandement à ce qui doit servir, c'est s'égarer loin de la vérité et ne pas comprendre ces paroles de David quand il confesse son péché :

« Je mangeais la cendre comme du pain. »

L'amour de soi, et l'orgueil, voilà l'erreur qui le captivait, voilà la cendre dont il se nourrissait. Si ces principes sont incontestables, la connaissance et la science s'apprennent ; si elles s'apprennent, il y a nécessité de chercher un maître qui les enseigne. Aussi Cléanthe se déclare-t-il le disciple de Zénon; Théophraste, celui d'Aristote; Métrodore, celui d'Epicure ; Platon, celui de Socrate. Arrivé à Pythagore, à Phérécyde, à Thalès et aux premiers sages, je m'arrête et je me demande quel a été leur instituteur. Vous aurez beau me nommer les Égyptiens, les Indiens, les Babyloniens, ou les mages eux-mêmes, je ne cesserai de vous demander : Quel a été le maître de ces derniers? De chaînon en chaînon je vous conduirai à travers les siècles jusqu'aux premiers hommes, et là, je renouvelle ma question : quel a été leur maitre ? Ils n'ont pas été instruits par des hommes ; on ne leur avait encore rien enseigné. Ils n'ont pas été instruits par des anges : la substance angélique n'est point en harmonie avec l'organisation de l'homme. Les habitants du ciel n'ont point une langue pour parler, comme l'homme a des oreilles pour entendre. Tout ce qui concourt à la formation de la voix, les lèvres et les parties qui les avoisinent, le gosier, la trachée-artère, la poitrine, la respiration, l'air qui est frappé, ils n'ont rien de tout cela. Ne venez pas me dire davantage que Dieu s'exprime par la voix, lui que son impénétrable sainteté sépare des archanges eux-mêmes. D'ailleurs nos traditions nous apprennent que la vérité a été communiquée aux anges et à leurs chefs, par la voie de l'enseignement, puisqu'ils ont été créés comme nous. II nous faut donc 503 planer encore au-dessus des trônes et des dominations pour découvrir quel a été leur maître. Or, comme il n'y a qu'un seul être qui n'ait pas été engendré, à savoir le Dieu tout-puissant, il n'y en a dès lors qu'un seul qui ait été engendré le premier,

« par lequel toutes choses ont été faites, et sans lequel n'a été fait rien de ce qui a été fait. »

— Car il n'y a vraiment qu'un seul Dieu,

« et c'est lui qui a fait le commencement de toutes choses, »

dit Pierre, désignant par le mot de commencement, le fils premier-né, et pénétrant ainsi toute la profondeur de ces paroles :

« Dans le commencement Dieu créa le ciel et la terre. »

Tous les prophètes proclament ce premier-né sous le nom de Sagesse ; il est le docteur de tous les êtres créés ; il est le conseiller du Dieu qui a tout prévu dans sa prescience. Des hauteurs du ciel, et depuis le berceau du monde, il instruit et perfectionne de diverses manières et en diverses occasions. Voilà pourquoi il a été dit si justement :

« N'appelez sur la terre personne votre maître. » Comprenez-vous maintenant d'où sont venus à la véritable philosophie les éléments qui la constituent, bien que la loi ne soit que l'image et l'ombre de la vérité? car la loi n'est qu'à l'ombre de la vérité. Les Grecs, au contraire, dans l'exaltation de leur orgueil, proclament docteurs quelques hommes. Il n'en est rien,

De même que le principe de toute paternité remonte à Dieu le créateur, de même aussi remonte à notre Seigneur l'enseignement de tout ce qui est bon et honnête, la doctrine qui justifie et qui aide en nous, par une assistance non interrompue, le développement de la justification. Qu'il se rencontre des hommes qui, loin de cultiver les semences de la vérité, transmise à leur intelligence d'une manière ou d'une autre, les confient à un sol infécond et sans rosée, on les étouffent sous le luxe des mauvaises herbes, nouveaux Pharisiens indociles à la loi, et mêlent d'une main furtive les doctrines de l'homme aux traditions de Dieu, la faute de cet égarement n'est pas au maître : elle retombe tout entière sur ceux qui ont fermé les oreilles avec une obstination volontaire. Mais ceux qui ont cru à l'avènement du Seigneur et a l'accomplissement 504 des Écritures, possèdent la connaissance de la loi, comme aussi les philosophes sont conduits par l'enseignement du Seigneur à la connaissance de la véritable philosophie.

« Les paroles du Seigneur, en effet, sont des paroles pures, un argent éprouvé par le feu, séparé de la terre qui s'y mêlait, et purifié jusqu'à sept fois ; »

qu'est-ce à dire ? sinon que le juste est éprouvé comme un argent souvent purifié, le juste, monnaie du Seigneur et marqué au coin de la royale effigie. On pourrait adopter aussi le sens de Salomon qui déclare que

« la langue du juste est un argent éprouvé par le feu, »

voulant dire par-là que la doctrine, éprouvée et reconnue sage, doit être acceptée avec éloge, quand elle a été souvent purifiée de tout mélange terrestre, en d'autres termes, quand l'âme, initiée aux mystères de la connaissance, s'est sanctifiée de diverses manières en s'abstenant de toutes les ardeurs de la terre. Le corps dans lequel cette âme, habite reçoit aussi sa sanctification, quand il est consacré spécialement à l'hôte qu'il renferme avec l'inviolable pureté d'un sanctuaire. La première purification par laquelle doit passer l'âme pendant tout le temps qu'elle anime le corps, consiste à s'abstenir de tout mal. Cette purification n'est pas la perfection, comme quelques-uns le prétendent ; elle n'est que la perfection des fidèles vulgaires, qu'ils soient Juifs ou Gentils. Mais la justice du Gnostique, regardant par delà ce que les autres appellent la perfection, s'élève jusqu'à l'accomplissement de tout ce qui est bien; et quand la suréminente justice du Gnostique est parvenue à ce degré, semblable à Dieu, sa perfection demeure établie dans l'immuable habitude du bien. Car les enfants d'Abraham, qui servirent Dieu furent les appelés ; mais les enfants de Jacob sont les élus pour avoir supplanté le mal.

Si donc nous entendons par la sagesse le Christ lui-même, et par son opération, celle qui s'exerça par l'intermédiaire des prophètes, dont les écrits renferment pour nous les Véritables lumières, de même que le Christ les communiqua personnellement aux saints apôtres, assurément la connaissance est dès lors la sagesse, puisqu'elle est la science parfaite et la compré- 505 hension infaillible du passé, du présent et de l'avenir. Parfaite et infaillible, qui le lui contestera ? Elle est transmise et révélée par le fils de Dieu. Et s'il est vrai de dire que la contemplation est le but du sage, ajoutons que cette contemplation secondaire, qui est encore celle des philosophes, aspire, mais inutilement, à la science de Dieu. Elle ne la possède véritablement qu'au jour où elle est introduite par l'initiation chrétienne au sens des oracles prophétiques, qui lui sont annoncés, s'élevant de la sorte à l'intelligence de ce qui est, de ce qui sera, de ce qui a été. Cette même connaissance supérieure est celle qui, transmise par succession et sans le secours d'aucun écrit, à quelques hommes de l'apostolat, est descendue par cette voie jusqu'à nous.

Il faut donc nous exercer à la connaissance, ou, si l'on veut, à la sagesse, pour asseoir notre âme dans une éternelle et immuable contemplation.

La philosophie, quoique l'apôtre la rabaisse en comparaison de la lumière plus parfaite de l'Évangile, ne laisse pas d'être une connaissance donnée par Dieu. Paul aussi, dans ses épitres, parait faire grâce à la philosophie; mais il ne veut pas que le fidèle, élevé jusqu'au faite de la gnose, redescende de ces hauteurs vers la philosophie de la Grèce, qu'il désigne allégoriquement par les éléments de la science de ce monde, science élémentaire, en effet, doctrine préparatoire à celle de la vérité. Écoutons-le parlant aux Hébreux qui abandonnaient la foi pour incliner aux prescriptions de Moïse :

« Est-il encore besoin de vous apprendre quels sont les premiers éléments de la parole de Dieu ? Êtes-vous dégénérés à ce point, qu'il ne faille vous donner que du lait et non une nourriture solide ? »

Il écrit également aux Colossiens, qui se détournaient des Grecs :

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