Nicomède (page 6)
Eux, qui pour gouverner sont les premiers des hommes
1520Veulent que sous leur ordre on soit ce que nous sommes,
Veulent sur tous les rois un si haut ascendant
Que leur empire seul demeure indépendant.
Je les connois, madame, et j’ai vu cet ombrage
Détruire Antiochus et renverser Carthage.
1525De peur de choir comme eux, je veux bien m’abaisser,
Et cède à des raisons que je ne puis forcer.
D’autant plus justement mon impuissance y cède,
Que je vois qu’en leurs mains on livre Nicomède.
Un si grand ennemi leur répond de ma foi ;
1530C’est un lion tout prêt à déchaîner sur moi.
ARSINOÉ.
C’est de quoi je voulois vous faire confidence ;
Mais vous me ravissez d’avoir cette prudence.
Le temps pourra changer ; cependant prenez soin
D’assurer des jaloux dont vous avez besoin.
Scène II.
FLAMINIUS, ARSINOÉ, ATTALE.
ARSINOÉ.
1535Seigneur, c’est remporter une haute victoire
Que de rendre un amant capable de me croire.
J’ai su le ramener aux termes du devoir,
Et sur lui la raison a repris son pouvoir.
FLAMINIUS.
Madame, voyez donc si vous serez capable
1540De rendre également ce peuple raisonnable.
Le mal croît ; il est temps d’agir de votre part,
Ou quand vous le voudrez, vous le voudrez trop tard.
Ne vous figurez plus que ce soit le confondre
Que de le laisser faire et ne lui point répondre.
1545Rome autrefois a vu de ces émotions,
Sans embrasser jamais vos résolutions.
Quand il falloit calmer toute une populace,
Le sénat n’épargnoit promesse ni menace,
Et rappeloit par là son escadron mutin
1550Et du mont Quirinal et du mont Aventin,
Dont il l’auroit vu faire une horrible descente,
S’il eût traité longtemps sa fureur d’impuissante
Et l’eût abandonnée à sa confusion,
Comme vous semblez faire en cette occasion.
ARSINOÉ.
1555Après ce grand exemple en vain on délibère :
Ce qu’a fait le sénat montre ce qu’il faut faire ;
Et le Roi… Mais il vient.
Scène III.
PRUSIAS, ARSINOÉ, FLAMINIUS, ATTALE.
PRUSIAS.
Et le Roi… Mais il vient.Je ne puis plus douter,
Seigneur, d’où vient le mal que je vois éclater :
Ces mutins ont pour chefs les gens de Laodice.
FLAMINIUS.
1560J’en avois soupçonné déjà son artifice.
ATTALE.
Ainsi votre tendresse et vos soins sont payés !
FLAMINIUS.
Seigneur, il faut agir ; et si vous m’en croyez…
Scène IV.
PRUSIAS, ARSINOÉ, FLAMINIUS, ATTALE, CLÉONE.
CLÉONE.
Tout est perdu, Madame, à moins d’un prompt remède :
Tout le peuple à grands cris demande Nicomède ;
1565Il commence lui-même à se faire raison,
Et vient de déchirer Métrobate et Zénon.
ARSINOÉ.
Il n’est donc plus à craindre, il a pris ses victimes :
Sa fureur sur leur sang va consumer ses crimes ;
Elle s’applaudira de cet illustre effet,
1570Et croira Nicomède amplement satisfait.
FLAMINIUS.
Si ce désordre étoit sans chefs et sans conduite,
Je voudrois, comme vous, en craindre moins la suite :
Le peuple par leur mort pourroit s’être adouci ;
Mais un dessein formé ne tombe pas ainsi :
1575Il suit toujours son but jusqu’à ce qu’il l’emporte ;
Le premier sang versé rend sa fureur plus forte ;
Il l’amorce, il l’acharne, il en éteint l’horreur,
Et ne lui laisse plus ni pitié ni terreur.
Scène V.
PRUSIAS, FLAMINIUS, ARSINOÉ, ATTALE, CLÉONE, ARASPE.
ARASPE.
Seigneur, de tous côtés le peuple vient en foule ;
1580De moment en moment votre garde s’écoule ;
Et suivant les discours qu’ici même j’entends,
Le Prince entre mes mains ne sera pas longtemps ;
Je n’en puis plus répondre.
PRUSIAS.
Je n’en puis plus répondre.Allons, allons le rendre,
Ce précieux objet d’une amitié si tendre.
1585Obéissons, Madame, à ce peuple sans foi,
Qui las de m’obéir, en veut faire son roi ;
Et du haut d’un balcon, pour calmer la tempête,
Sur ses nouveaux sujets faisons voler sa tête.
ATTALE.
Ah ! Seigneur.
PRUSIAS.
Ah ! Seigneur.C’est ainsi qu’il lui sera rendu :
1590À qui le cherche ainsi, c’est ainsi qu’il est dû.
ATTALE.
Ah ! seigneur, c’est tout perdre, et livrer à sa rage
Tout ce qui de plus près touche votre courage ;
Et j’ose dire ici que Votre Majesté
Aura peine elle-même à trouver sûreté.
PRUSIAS.
1595Il faut donc se résoudre à tout ce qu’il m’ordonne,
Lui rendre Nicomède avecque ma couronne :
Je n’ai point d’autre choix ; et, s’il est le plus fort,
Je dois à son idole ou mon sceptre ou la mort.
FLAMINIUS.
Seigneur, quand ce dessein auroit quelque justice,
1600Est-ce à vous d’ordonner que ce prince périsse ?
Quel pouvoir sur ses jours vous demeure permis ?
C’est l’otage de Rome et non plus votre fils :
Je dois m’en souvenir quand son père l’oublie.
C’est attenter sur nous qu’ordonner de sa vie ;
1605J’en dois compte au sénat, et n’y puis consentir.
Ma galère est au port toute prête à partir ;
Le palais y répond par la porte secrète :
Si vous le voulez perdre, agréez ma retraite ;
Souffrez que mon départ fasse connaître à tous
1610Que Rome a des conseils plus justes et plus doux ;
Et ne l’exposez pas à ce honteux outrage
De voir à ses yeux même immoler son otage.
ARSINOÉ.
Me croirez-vous, Seigneur ? et puis-je m’expliquer ?
PRUSIAS.
Ah ! rien de votre part ne sauroit me choquer :
Parlez.
ARSINOÉ.
1615Parlez.Le ciel m’inspire un dessein dont j’espère
Et satisfaire Rome et ne vous pas déplaire.
S’il est prêt à partir, il peut en ce moment
Enlever avec lui son otage aisément :
Cette porte secrète ici nous favorise ;
1620Mais pour faciliter d’autant mieux l’entreprise,
Montrez-vous à ce peuple, et flattant son courroux,
Amusez-le du moins à débattre avec vous :
Faites-lui perdre temps, tandis qu’en assurance
La galère s’éloigne avec son espérance.
1625S’il force le palais, et ne l’y trouve plus,
Vous ferez comme lui le surpris, le confus ;
Vous accuserez Rome, et promettrez vengeance
Sur quiconque sera de son intelligence.
Vous envoierez après, sitôt qu’il sera jour,
1630Et vous lui donnerez l’espoir d’un prompt retour,
Où mille empêchements que vous ferez vous-même
Pourront de toutes parts aider au stratagème.
Quelque aveugle transport qu’il témoigne aujourd’hui,
Il n’attentera rien tant qu’il craindra pour lui,
1635Tant qu’il présumera son effort inutile.
Ici la délivrance en paraît trop facile ;
Et s’il l’obtient, seigneur, il faut fuir vous et moi :
S’il le voit à sa tête, il en fera son roi ;
Vous le jugez vous-même.
PRUSIAS.
Vous le jugez vous-même.Ah ! j’avouerai, Madame,
1640Que le ciel a versé ce conseil dans votre âme.
Seigneur, se peut-il voir rien de mieux concerté ?
FLAMINIUS.
Il vous assure et vie, et gloire, et liberté ;
Et vous avez d’ailleurs Laodice en otage ;
Mais qui perd temps ici perd tout son avantage.
PRUSIAS.
1645Il n’en faut donc plus perdre : allons-y de ce pas.
ARSINOÉ.
Ne prenez avec vous qu’Araspe et trois soldats :
Peut-être un plus grand nombre aurait quelque infidèle.
J’irai chez Laodice, et m’assurerai d’elle.
Scène VI.
ARSINOÉ, ATTALE, CLÉONE.
ARSINOÉ.
Attale, où courez-vous ?
ATTALE.
Attale, où courez-vous ?Je vais de mon côté
1650De ce peuple mutin amuser la fierté.
À votre stratagème en ajouter quelque autre.
ARSINOÉ.
Songez que ce n’est qu’un que mon sort et le vôtre,
Que vos seuls intérêts me mettent en danger.
ATTALE.
Je vais périr, Madame, ou vous en dégager.
ARSINOÉ.
1655Allez donc. J’aperçois la reine d’Arménie.
Scène VII.
ARSINOÉ, LAODICE, CLÉONE.
ARSINOÉ.
La cause de nos maux doit-elle être impunie ?
LAODICE.
Non, Madame ; et, pour peu qu’elle ait d’ambition,
Je vous réponds déjà de sa punition.
ARSINOÉ.
Vous qui savez son crime, ordonnez de sa peine.
LAODICE.
1660Un peu d’abaissement suffit pour une reine :
C’est déjà trop de voir son dessein avorté.
ARSINOÉ.
Dites, pour châtiment de sa témérité,
Qu’il lui faudroit du front tirer le diadème.
LAODICE.
Parmi les généreux il n’en va pas de même :
1665Ils savent oublier quand ils ont le dessus,
Et ne veulent que voir leurs ennemis confus.
ARSINOÉ.
Ainsi qui peut vous croire aisément se contente.
LAODICE.
Le ciel ne m’a pas fait l’âme plus violente.
ARSINOÉ.
Soulever des sujets contre leur souverain,
1670Leur mettre à tous le fer et la flamme en la main,
Jusque dans le palais pousser leur insolence,
Vous appelez cela fort peu de violence ?
LAODICE.
Nous nous entendons mal, Madame ; et je le voi,
Ce que je dis pour vous, vous l’expliquez pour moi.
1675Je suis hors de souci pour ce qui me regarde ;
Et je viens vous chercher pour vous prendre en ma garde,
Pour ne hasarder pas en vous la majesté
Au manque de respect d’un grand peuple irrité.
Faites venir le Roi, rappelez votre Attale,
1680Que je conserve en eux la dignité royale :
Ce peuple en sa fureur peut les connoître mal.
ARSINOÉ.
Peut-on voir un orgueil à votre orgueil égal ?
Vous, par qui seule ici tout ce désordre arrive ;
Vous, qui dans ce palais vous voyez ma captive ;
1685Vous, qui me répondrez au prix de votre sang
De tout ce qu’un tel crime attente sur mon rang,
Vous me parlez encore avec la même audace
Que si j’avois besoin de vous demander grâce !
LAODICE.
Vous obstiner, Madame, à me parler ainsi,
1690C’est ne vouloir pas voir que je commande ici,
Que quand il me plaira, vous serez ma victime.
Et ne m’imputez point ce grand désordre à crime :
Votre peuple est coupable, et dans tous vos sujets
Ces cris séditieux sont autant de forfaits ;
1695Mais pour moi, qui suis reine, et qui, dans nos querelles,
Pour triompher de vous, vous ai fait ces rebelles,
Par le droit de la guerre il fut toujours permis
D’allumer la révolte entre ses ennemis :
M’enlever mon époux, c’est vous faire la mienne.
ARSINOÉ.
1700Je la suis donc, Madame ; et quoi qu’il en avienne,
Si ce peuple une fois enfonce le palais,
C’est fait de votre vie, et je vous le promets.
LAODICE.
Vous tiendrez mal parole, ou bientôt sur ma tombe
Tout le sang de vos rois servira d’hécatombe.
1705Mais avez-vous encor parmi votre maison
Quelque autre Métrobate ou quelque autre Zénon ?
N’appréhendez-vous point que tous vos domestiques
Ne soient déjà gagnés par mes sourdes pratiques ?
En savez-vous quelqu’un si prêt à se trahir,
1710Si las de voir le jour, que de vous obéir ?
Je ne veux point régner sur votre Bithynie :
Ouvrez-moi seulement les chemins d’Arménie ;
Et pour voir tout d’un coup vos malheurs terminés,
Rendez-moi cet époux qu’en vain vous retenez.
ARSINOÉ.
1715Sur le chemin de Rome il vous faut l’aller prendre ;
Flaminius l’y mène, et pourra vous le rendre :
Mais hâtez-vous, de grâce, et faites bien ramer,
Car déjà sa galère a pris le large en mer.
LAODICE.
Ah ! si je le croyois…
ARSINOÉ.
Ah ! si je le croyois…N’en doutez point, madame.
LAODICE.
1720Fuyez donc les fureurs qui saisissent mon âme :
Après le coup fatal de cette indignité,
Je n’ai plus ni respect ni générosité.
Mais plutôt demeurez pour me servir d’otage,
Jusqu’à ce que ma main de ses fers le dégage.
1725J’irai jusque dans Rome en briser les liens,
Avec tous vos sujets, avecque tous les miens ;
Aussi bien Annibal nommoit une folie
De présumer la vaincre ailleurs qu’en Italie.
Je veux qu’elle me voie au cœur de ses États
1730Soutenir ma fureur d’un million de bras ;
Et sous mon désespoir rangeant sa tyrannie…
ARSINOÉ.
Vous voulez donc enfin régner en Bithynie ?
Et dans cette fureur qui vous trouble aujourd’hui,
Le Roi pourra souffrir que vous régniez pour lui ?
LAODICE.
1735J’y régnerai, Madame, et sans lui faire injure.
Puisque le roi veut bien n’être roi qu’en peinture,
Que lui doit importer qui donne ici la loi,
Et qui règne pour lui des Romains ou de moi ?
Mais un second otage entre mes mains se jette.
Scène VIII.
ARSINOÉ, LAODICE, ATTALE, CLÉONE.
ARSINOÉ.
1740Attale, avez-vous su comme ils ont fait retraite ?
ATTALE.
Ah ! Madame.
ARSINOÉ.
Ah ! Madame.Parlez.
ATTALE.
Ah ! Madame.Parlez.Tous les Dieux irrités
Dans les derniers malheurs nous ont précipités.
Le Prince est échappé.
LAODICE.
Le Prince est échappé.Ne craignez plus, Madame :
La générosité déjà rentre en mon âme.
ARSINOÉ.
1745Attale, prenez-vous plaisir à m’alarmer ?
ATTALE.
Ne vous flattez point tant que de le présumer.
Le malheureux Araspe, avec sa foible escorte,
L’avait déjà conduit à cette fausse porte ;
L’ambassadeur de Rome était déjà passé,
1750Quand dans le sein d’Araspe un poignard enfoncé
Le jette aux pieds du Prince. Il s’écrie, et sa suite,
De peur d’un pareil sort, prend aussitôt la fuite.
ARSINOÉ.
Et qui dans cette porte a pu le poignarder ?
ATTALE.
Dix ou douze soldats qui sembloient la garder.
Et ce prince…
ARSINOÉ.
1755Et ce prince…Ah ! mon fils, qu’il est partout de traîtres !
Qu’il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres !
Mais de qui savez-vous un désastre si grand ?
ATTALE.
Des compagnons d’Araspe, et d’Araspe mourant :
Mais écoutez encor ce qui me désespère.
1760J’ai couru me ranger auprès du roi mon père ;
Il n’en étoit plus temps : ce monarque étonné
À ses frayeurs déjà s’étoit abandonné,
Avoit pris un esquif pour tâcher de rejoindre
Ce Romain, dont l’effroi peut-être n’est pas moindre…
Scène IX.
PRUSIAS, FLAMINIUS, ARSINOÉ, LAODICE, ATTALE, CLÉONE.
PRUSIAS.
1765Non, non ; nous revenons l’un et l’autre en ces lieux
Défendre votre gloire, ou mourir à vos yeux.
ARSINOÉ.
Mourons, mourons, Seigneur, et dérobons nos vies
À l’absolu pouvoir des fureurs ennemies ;
N’attendons pas leur ordre, et montrons-nous jaloux
1770De l’honneur qu’ils auroient à disposer de nous.
LAODICE.
Ce désespoir, Madame, offense un si grand homme
Plus que vous n’avez fait, en l’envoyant à Rome :
Vous devez le connoître ; et puisqu’il a ma foi,
Vous devez présumer qu’il est digne de moi.
1775Je le désavouerois, s’il n’étoit magnanime,
S’il manquoit à remplir l’effort de mon estime,
S’il ne faisoit paroître un cœur toujours égal.
Mais le voici : voyez si je le connois mal.
Scène X.
PRUSIAS, NICOMÈDE, ARSINOÉ, LAODICE, FLAMINIUS, ATTALE, CLÉONE.
NICOMÈDE.
Tout est calme, Seigneur : un moment de ma vue
1780A soudain apaisé la populace émue.
PRUSIAS.
Quoi ? me viens-tu braver jusque dans mon palais,
Rebelle ?
NICOMÈDE.
Rebelle ?C’est un nom que je n’aurai jamais.
Je ne viens point ici montrer à votre haine
Un captif insolent d’avoir brisé sa chaîne :
1785Je viens en bon sujet vous rendre le repos
Que d’autres intérêts troubloient mal à propos.
Non que je veuille à Rome imputer quelque crime :
Du grand art de régner elle suit la maxime ;
Et son ambassadeur ne fait que son devoir,
1790Quand il veut entre nous partager le pouvoir.
Mais ne permettez pas qu’elle vous y contraigne :
Rendez-moi votre amour, afin qu’elle vous craigne ;
Pardonnez à ce peuple un peu trop de chaleur
Qu’à sa compassion a donné mon malheur ;
1795Pardonnez un forfait qu’il a cru nécessaire,
Et qui ne produira qu’un effet salutaire.
Faites-lui grâce aussi, Madame, et permettez
Que jusques au tombeau j’adore vos bontés.
Je sais par quel motif vous m’êtes si contraire :
1800Votre amour maternel veut voir régner mon frère ;
Et je contribuerai moi-même à ce dessein,
Si vous pouvez souffrir qu’il soit roi de ma main.
Oui, l’Asie à mon bras offre encor des conquêtes ;
Et pour l’en couronner mes mains sont toutes prêtes.
1805Commandez seulement, choisissez en quels lieux ;
Et j’en apporterai la couronne à vos yeux.
ARSINOÉ.
Seigneur, faut-il si loin pousser votre victoire,
Et qu’ayant en vos mains et mes jours et ma gloire,
La haute ambition d’un si puissant vainqueur
1810Veuille encor triompher jusque dedans mon cœur ?
Contre tant de vertu je ne puis le défendre ;
Il est impatient lui-même de se rendre.
Joignez cette conquête à trois sceptres conquis,
Et je croirai gagner en vous un second fils.
PRUSIAS.
1815Je me rends donc aussi, Madame ; et je veux croire