Nicomède (page 5)
1215Cependant, puisqu’enfin l’apparence est si belle,
Elle a parlé pour moi, je dois parler pour elle,
Et, pour son intérêt, vous faire souvenir
Que vous laissez longtemps deux méchants à punir.
Envoyez Métrobate et Zénon au supplice.
1220Sa gloire attend de vous ce digne sacrifice :
Tous deux l’ont accusée ; et s’ils s’en sont dédits
Pour la faire innocente et charger votre fils,
Ils n’ont rien fait pour eux, et leur mort est trop juste
Après s’être joués d’une personne auguste.
1225L’offense une fois faite à ceux de notre rang
Ne se répare point que par des flots de sang :
On n’en fut jamais quitte ainsi pour s’en dédire.
II faut sous les tourments que l’imposture expire ;
Ou vous exposeriez tout votre sang royal
1230À la légèreté d’un esprit déloyal.
L’exemple est dangereux, et hasarde nos vies,
S’il met en sûreté de telles calomnies.
ARSINOÉ.
Quoi ? Seigneur, les punir de la sincérité
Qui soudain dans leur bouche a mis la vérité,
1235Qui vous a contre moi sa fourbe découverte,
Qui vous rend votre femme et m’arrache à ma perte,
Qui vous a retenu d’en prononcer l’arrêt,
Et couvrir tout cela de mon seul intérêt !
C’est être trop adroit, Prince, et trop bien l’entendre.
PRUSIAS.
1240Laisse là Métrobate, et songe à te défendre.
Purge-toi d’un forfait si honteux et si bas.
NICOMÈDE.
M’en purger ! moi, Seigneur ! vous ne le croyez pas !
Vous ne savez que trop qu’un homme de ma sorte,
Quand il se rend coupable, un peu plus haut se porte ;
1245Qu’il lui faut un grand crime à tenter son devoir,
Où sa gloire se sauve à l’ombre du pouvoir.
Soulever votre peuple, et jeter votre armée
Dedans les intérêts d’une reine opprimée ;
Venir, le bras levé, la tirer de vos mains,
1250Malgré l’amour d’Attale et l’effort des Romains,
Et fondre en vos pays contre leur tyrannie
Avec tous vos soldats et toute l’Arménie,
C’est ce que pourroit faire un homme tel que moi.
S’il pouvoit se résoudre à vous manquer de foi.
1255La fourbe n’est le jeu que des petites âmes,
Et c’est là proprement le partage des femmes.
Punissez donc, seigneur, Métrobate et Zénon ;
Pour la Reine ou pour moi, faites-vous-en raison.
À ce dernier moment la conscience presse ;
1260Pour rendre compte aux Dieux tout respect humain cesse ;
Et ces esprits légers, approchant des abois,
Pourroient bien se dédire une seconde fois.
ARSINOÉ.
Seigneur…
NICOMÈDE.
Seigneur…Parlez, Madame, et dites quelle cause
À leur juste supplice obstinément s’oppose ;
1265Ou laissez-nous penser qu’aux portes du trépas
Ils auroient des remords qui ne vous plairoient pas.
ARSINOÉ.
Vous voyez à quel point sa haine m’est cruelle :
Quand je le justifie, il me fait criminelle ;
Mais sans doute, Seigneur, ma présence l’aigrit,
1270Et mon éloignement remettra son esprit ;
Il rendra quelque calme à son cœur magnanime,
Et lui pourra sans doute épargner plus d’un crime.
Je ne demande point que par compassion
Vous assuriez un sceptre à ma protection,
1275Ni que pour garantir la personne d’Attale,
Vous partagiez entre eux la puissance royale ;
Si vos amis de Rome en ont pris quelque soin,
C’étoit sans mon aveu, je n’en ai pas besoin.
Je n’aime point si mal que de ne vous pas suivre,
1280Sitôt qu’entre mes bras vous cesserez de vivre ;
Et sur votre tombeau mes premières douleurs
Verseront tout ensemble et mon sang et mes pleurs.
PRUSIAS.
Ah ! Madame !
ARSINOÉ.
Ah ! Madame !Oui, Seigneur, cette heure infortunée
Par vos derniers soupirs clora ma destinée ;
1285Et puisqu’ainsi jamais il ne sera mon roi,
Qu’ai-je à craindre de lui ? que peut-il contre moi ?
Tout ce que je demande en faveur de ce gage,
De ce fils qui déjà lui donne tant d’ombrage,
C’est que chez les Romains il retourne achever
1290Des jours que dans leur sein vous fîtes élever ;
Qu’il retourne y traîner, sans péril et sans gloire,
De votre amour pour moi l’impuissante mémoire.
Ce grand prince vous sert, et vous servira mieux
Quand il n’aura plus rien qui lui blesse les yeux ;
1295Et n’appréhendez point Rome ni sa vengeance ;
Contre tout son pouvoir il a trop de vaillance :
Il sait tous les secrets du fameux Annibal,
De ce héros à Rome en tous lieux si fatal,
Que l’Asie et l’Afrique admirent l’avantage
1300Qu’en tire Antiochus, et qu’en reçut Carthage.
Je me retire donc, afin qu’en liberté
Les tendresses du sang pressent votre bonté ;
Et je ne veux plus voir ni qu’en votre présence
Un prince que j’estime indignement m’offense,
1305Ni que je sois forcée à vous mettre en courroux
Contre un fils si vaillant et si digne de vous.
Scène III.
PRUSIAS, NICOMÈDE, ARASPE.
PRUSIAS.
Nicomède, en deux mots, ce désordre me fâche.
Quoi qu’on t’ose imputer, je ne te crois point lâche ;
Mais donnons quelque chose à Rome, qui se plaint,
1310Et tâchons d’assurer la Reine, qui te craint.
J’ai tendresse pour toi, j’ai passion pour elle ;
Et je ne veux pas voir cette haine éternelle,
Ni que des sentiments que j’aime à voir durer
Ne règnent dans mon cœur que pour le déchirer.
1315J’y veux mettre d’accord l’amour et la nature,
Être père et mari dans cette conjoncture…
NICOMÈDE.
Seigneur, voulez-vous bien vous en fier à moi ?
Ne soyez l’un ni l’autre.
PRUSIAS.
Ne soyez l’un ni l’autre.Et que dois-je être ?
NICOMÈDE.
Ne soyez l’un ni l’autre.Et que dois-je être ?Roi.
Reprenez hautement ce noble caractère.
1320Un véritable roi n’est ni mari ni père ;
Il regarde son trône, et rien de plus. Régnez ;
Rome vous craindra plus que vous ne la craignez.
Malgré cette puissance et si vaste et si grande,
Vous pouvez déjà voir comme elle m’appréhende,
1325Combien en me perdant elle espère gagner,
Parce qu’elle prévoit que je saurai régner.
PRUSIAS.
Je règne donc, ingrat ! puisque tu me l’ordonnes.
Choisis, ou Laodice, ou mes quatre couronnes ;
Ton roi fait ce partage entre ton frère et toi ;
1330Je ne suis plus ton père, obéis à ton roi.
NICOMÈDE.
Si vous étiez aussi le roi de Laodice
Pour l’offrir à mon choix avec quelque justice,
Je vous demanderois le loisir d’y penser ;
Mais enfin pour vous plaire, et ne pas l’offenser,
1335J’obéirai, seigneur, sans répliques frivoles,
À vos intentions, et non à vos paroles.
À ce frère si cher transportez tous mes droits,
Et laissez Laodice en liberté du choix.
Voilà quel est le mien.
PRUSIAS.
Voilà quel est le mien.Quelle bassesse d’âme !
1340Quelle fureur t’aveugle en faveur d’une femme ?
Tu la préfères, lâche ! à ces prix glorieux
Que ta valeur unit au bien de tes aïeux !
Après cette infamie es-tu digne de vivre ?
NICOMÈDE.
Je crois que votre exemple est glorieux à suivre :
1345Ne préférez-vous pas une femme à ce fils
Par qui tous ces États aux vôtres sont unis ?
PRUSIAS.
Me vois-tu renoncer pour elle au diadème ?
NICOMÈDE.
Me voyez-vous pour l’autre y renoncer moi-même ?
Que cédai-je à mon frère en cédant vos États ?
1350Ai-je droit d’y prétendre avant votre trépas ?
Pardonnez-moi ce mot, il est fâcheux à dire.
Mais un monarque enfin comme un autre homme expire ;
Et vos peuples alors, ayant besoin d’un roi,
Voudront choisir peut-être entre ce prince et moi.
1355Seigneur, nous n’avons pas si grande ressemblance,
Qu’il faille de bons yeux pour y voir différence ;
Et ce vieux droit d’aînesse est souvent si puissant,
Que pour remplir un trône il rappelle un absent.
Que si leurs sentiments se règlent sur les vôtres,
1360Sous le joug de vos lois j’en ai bien rangé d’autres ;
Et dussent vos Romains en être encor jaloux,
Je ferai bien pour moi ce que j’ai fait pour vous.
PRUSIAS.
J’y donnerai bon ordre.
NICOMÈDE.
J’y donnerai bon ordre.Oui, si leur artifice
De votre sang par vous se fait un sacrifice :
1365Autrement vos États à ce prince livrés
Ne seront en ses mains qu’autant que vous vivrez.
Ce n’est point en secret que je vous le déclare ;
Je le dis à lui-même, afin qu’il s’y prépare ;
Le voilà qui m’entend.
PRUSIAS.
Le voilà qui m’entend.Va, sans verser mon sang,
1370Je saurai bien, ingrat ! l’assurer en ce rang ;
Et demain…
Scène IV.
PRUSIAS, NICOMÈDE, ATTALE, FLAMINIUS, ARASPE, Gardes.
FLAMINIUS.
Et demain…Si pour moi vous êtes en colère,
Seigneur, je n’ai reçu qu’une offense légère :
Le sénat en effet pourra s’en indigner ;
Mais j’ai quelques amis qui sauront le gagner.
PRUSIAS.
1375Je lui ferai raison ; et dès demain Attale
Recevra de ma main la puissance royale :
Je le fais roi de Pont, et mon seul héritier.
Et quant à ce rebelle, à ce courage fier,
Rome entre vous et lui jugera de l’outrage.
1380Je veux qu’au lieu d’Attale il lui serve d’otage ;
Et pour l’y mieux conduire, il vous sera donné,
Sitôt qu’il aura vu son frère couronné.
NICOMÈDE.
Vous m’envoirez à Rome !
PRUSIAS.
Vous m’envoirez à Rome !On t’y fera justice.
Va, va lui demander ta chère Laodice.
NICOMÈDE.
1385J’irai, j’irai, Seigneur, vous le voulez ainsi ;
Et j’y serai plus roi que vous n’êtes ici.
FLAMINIUS.
Rome sait vos hauts faits, et déjà vous adore.
NICOMÈDE.
Tout beau, Flaminius ! je n’y suis pas encore :
La route en est mal sûre, à tout considérer ;
1390Et qui m’y conduira pourrait bien s’égarer.
PRUSIAS.
Qu’on le ramène, Araspe, et redoublez sa garde.
(à Attale.)
Toi, rends grâces à Rome, et sans cesse regarde
Que comme son pouvoir est la source du tien,
En perdant son appui tu ne seras plus rien.
1395Vous, Seigneur, excusez si, me trouvant en peine
De quelques déplaisirs que m’a fait voir la Reine,
Je vais l’en consoler, et vous laisse avec lui.
Attale, encore un coup, rends grâce à ton appui.
Scène V.
FLAMINIUS, ATTALE.
ATTALE.
Seigneur, que vous dirai-je après des avantages
1400Qui sont même trop grands pour les plus grands courages !
Vous n’avez point de borne, et votre affection
Passe votre promesse et mon ambition.
Je l’avouerai pourtant, le trône de mon père
Ne fait pas le bonheur que plus je considère :
1405Ce qui touche mon cœur, ce qui charme mes sens,
C’est Laodice acquise à mes vœux innocents.
La qualité de roi qui me rend digne d’elle…
FLAMINIUS.
Ne rendra pas son cœur à vos vœux moins rebelle.
ATTALE.
Seigneur, l’occasion fait un cœur différent :
1410D’ailleurs, c’est l’ordre exprès de son père mourant ;
Et par son propre aveu la reine d’Arménie
Est due à l’héritier du roi de Bithynie.
FLAMINIUS.
Ce n’est pas loi pour elle ; et, reine comme elle est,
Cet ordre, à bien parler, n’est que ce qu’il lui plaît.
1415Aimerait-elle en vous l’éclat d’un diadème
Qu’on vous donne aux dépens d’un grand prince qu’elle aime ?
En vous qui la privez d’un si cher protecteur ?
En vous qui de sa chute êtes l’unique auteur ?
ATTALE.
Ce prince hors d’ici, Seigneur, que fera-t-elle ?
1420Qui contre Rome et nous soutiendra sa querelle ?
Car j’ose me promettre encor votre secours.
FLAMINIUS.
Les choses quelquefois prennent un autre cours ;
Pour ne vous point flatter, je n’en veux pas répondre.
ATTALE.
Ce seroit bien, Seigneur, de tout point me confondre ;
1425Et je serois moins roi qu’un objet de pitié,
Si le bandeau royal m’ôtoit votre amitié.
Mais je m’alarme trop, et Rome est plus égale :
N’en avez-vous pas l’ordre ?
FLAMINIUS.
N’en avez-vous pas l’ordre ?Oui, pour le prince Attale,
Pour un homme en son sein nourri dès le berceau ;
1430Mais pour le roi de Pont, il faut ordre nouveau.
ATTALE.
Il faut ordre nouveau ! Quoi ? se pourroit-il faire
Qu’à l’œuvre de ses mains Rome devînt contraire ?
Que ma grandeur naissante y fît quelques jaloux ?
FLAMINIUS.
Que présumez-vous, Prince ? et que me dites-vous ?
ATTALE.
1435Vous-même, dites-moi comme il faut que j’explique
Cette inégalité de votre république.
FLAMINIUS.
Je vais vous l’expliquer, et veux bien vous guérir
D’une erreur dangereuse où vous semblez courir.
Rome qui vous servoit auprès de Laodice,
1440Pour vous donner son trône eût fait une injustice :
Son amitié pour vous lui faisoit cette loi ;
Mais par d’autres moyens elle vous a fait roi ;
Et le soin de sa gloire à présent la dispense
De se porter pour vous à cette violence.
1445Laissez donc cette reine en pleine liberté,
Et tournez vos desirs de quelque autre côté.
Rome de votre hymen prendra soin elle-même.
ATTALE.
Mais s’il arrive enfin que Laodice m’aime ?
FLAMINIUS.
Ce serait mettre encor Rome dans le hasard
1450Que l’on crût artifice ou force de sa part :
Cet hymen jetteroit une ombre sur sa gloire.
Prince, n’y pensez plus, si vous m’en pouvez croire ;
Ou, si de mes conseils vous faites peu d’état,
N’y pensez plus du moins sans l’aveu du sénat.
ATTALE.
1455À voir quelle froideur à tant d’amour succède,
Rome ne m’aime pas : elle hait Nicomède ;
Et, lorsqu’à mes desirs elle a feint d’applaudir,
Elle a voulu le perdre et non pas m’agrandir.
FLAMINIUS.
Pour ne vous faire pas de réponse trop rude
1460Sur ce beau coup d’essai de votre ingratitude,
Suivez votre caprice, offensez vos amis :
Vous êtes souverain, et tout vous est permis ;
Mais puisqu’enfin ce jour vous doit faire connoître
Que Rome vous a fait ce que vous allez être,
1465Que perdant son appui vous ne serez plus rien,
Que le Roi vous l’a dit, souvenez-vous-en bien.
Scène VI.
ATTALE.
Attale, était-ce ainsi que régnaient tes ancêtres ?
Veux-tu le nom de roi pour avoir tant de maîtres ?
Ah ! ce titre à ce prix déjà m’est importun ;
1470S’il nous en faut avoir, du moins n’en ayons qu’un.
Le ciel nous l’a donné trop grand, trop magnanime,
Pour souffrir qu’aux Romains il serve de victime.
Montrons-leur hautement que nous avons des yeux,
Et d’un si rude joug affranchissons ces lieux.
1475Puisqu’à leurs intérêts tout ce qu’ils font s’applique,
Que leur vaine amitié cède à leur politique,
Soyons à notre tour de leur grandeur jaloux,
Et comme ils font pour eux faisons aussi pour nous.
FIN DU QUATRIÈME ACTE.
ACTE V.
Scène PREMIÈRE.
ARSINOÉ, ATTALE.
ARSINOÉ.
J’ai prévu ce tumulte et n’en vois rien a craindre :
1480Comme un moment l’allume, un moment peut l’éteindre,
Et si l’obscurité laisse croître ce bruit,
Le jour dissipera les vapeurs de la nuit.
Je me fâche bien moins qu’un peuple se mutine,
Que de voir que ton cœur dans son amour s’obstine,
1485Et d’une indigne ardeur lâchement embrasé,
Ne rend point de mépris à qui t’a méprisé.
Venge-toi d’une ingrate, et quitte une cruelle,
À présent que le sort t’a mis au-dessus d’elle.
Son trône, et non ses yeux, avoit dû te charmer.
1490Tu vas régner sans elle ; à quel propos l’aimer ?
Porte, porte ce cœur à de plus douces chaînes.
Puisque te voilà roi, l’Asie a d’autres reines,
Qui loin de te donner des rigueurs à souffrir,
T’épargneront bientôt la peine de t’offrir.
ATTALE.
Mais, madame…
ARSINOÉ.
1495Mais, madame…Eh bien ! soit, je veux qu’elle se rende :
Prévois-tu les malheurs qu’ensuite j’appréhende ?
Sitôt que d’Arménie elle t’aura fait roi,
Elle t’engagera dans sa haine pour moi.
Mais, ô Dieux ! pourra-t-elle y borner sa vengeance ?
1500Pourras-tu dans son lit dormir en assurance ?
Et refusera-t-elle à son ressentiment
Le fer ou le poison pour venger son amant ?
Qu’est-ce qu’en sa fureur une femme n’essaie ?
ATTALE.
Que de fausses raisons pour me cacher la vraie !
1505Rome, qui n’aime pas à voir un puissant roi,
L’a craint en Nicomède, et le craindroit en moi.
Je ne dois plus prétendre à l’hymen d’une reine,
Si je ne veux déplaire à notre souveraine ;
Et puisque la fâcher ce serait me trahir,
1510Afin qu’elle me souffre, il vaut mieux obéir.
Je sais par quels moyens sa sagesse profonde
S’achemine à grands pas à l’empire du monde.
Aussitôt qu’un État devient un peu trop grand,
Sa chute doit guérir l’ombrage qu’elle en prend.
1515C’est blesser les Romains que faire une conquête,
Que mettre trop de bras sous une seule tête ;
Et leur guerre est trop juste, après cet attentat
Que fait sur leur grandeur un tel crime d’État.