Nicomède
ACTEURS.
PRUSIAS, roi de Bithynie.
FLAMINIUS, ambassadeur de Rome.
ARSINOÉ, seconde femme de Prusias.
LAODICE, reine d’Arménie.
NICOMÈDE, fils aîné de Prusias, sorti du premier lit.
ATTALE, fils de Prusias et d’Arsinoé.
ARASPE, capitaine des gardes de Prusias.
CLÉONE, confidente d’Arsinoé.
La scène est à Nicomédie.
NICOMÈDE.
TRAGÉDIE.
ACTE I.
Scène PREMIÈRE.
NICOMÈDE, LAODICE
LAODICE
Après tant de hauts faits, il m’est bien doux, seigneur</ref>
De voir encor mes yeux régner sur votre cœur ;
De voir, sous les lauriers qui vous couvrent la tête,
Un si grand conquérant être encor ma conquête,
5Et de toute la gloire acquise à ses travaux
Faire un illustre hommage à ce peu que je vaux.
Quelques biens toutefois que le ciel me renvoie,
Mon cœur épouvanté se refuse à la joie :
Je vous vois à regret, tant mon cœur amoureux
10Trouve la cour pour vous un séjour dangereux.
Votre marâtre y règne ; et le roi votre père
Ne voit que par ses yeux, seule la considère,
Pour souveraine loi n’a que sa volonté :
Jugez après cela de votre sûreté.
15La haine que pour vous elle a si naturelle
À mon occasion encor se renouvelle :
Votre frère son fils depuis peu de retour…
NICOMÈDE.
Je le sais, ma princesse, et qu’il vous fait la cour.
Je sais que les Romains, qui l’avaient en otage,
20L’ont enfin renvoyé pour un plus digne ouvrage ;
Que ce don à sa mère était le prix fatal
Dont leur Flaminius marchandoit Annibal ;
Que le roi par son ordre eût livré ce grand homme,
S’il n’eût par le poison lui-même évité Rome,
25Et rompu par sa mort les spectacles pompeux
Où l’effroi de son nom le destinoit chez eux.
Par mon dernier combat je voyois réunie
La Cappadoce entière avec la Bithynie,
Lorsqu’à cette nouvelle, enflammé de courroux
30D’avoir perdu mon maître et de craindre pour vous,
J’ai laissé mon armée aux mains de Théagène,
Pour voler en ces lieux au secours de ma reine.
Vous en aviez besoin, madame, et je le voi,
Puisque Flaminius obsède encor le Roi.
35Si de son arrivée Annibal fut la cause,
Lui mort, ce long séjour prétend quelque autre chose ;
Et je ne vois que vous qui le puisse arrêter,
Pour aider à mon frère à vous persécuter.
LAODICE.
Je ne veux point douter que sa vertu romaine
40N’embrasse avec chaleur l’intérêt de la Reine :
Annibal, qu’elle vient de lui sacrifier,
L’engage en sa querelle, et m’en fait défier.
Mais, Seigneur, jusqu’ici j’aurois tort de m’en plaindre ;
Et, quoi qu’il entreprenne, avez-vous lieu de craindre ?
45Ma gloire et mon amour peuvent bien peu sur moi,
S’il faut votre présence à soutenir ma foi,
Et si je puis tomber en cette frénésie
De préférer Attale au vainqueur de l’Asie ;
Attale, qu’en otage ont nourri les Romains,
50Ou plutôt qu’en esclave ont façonné leurs mains,
Sans lui rien mettre au cœur qu’une crainte servile
Qui tremble à voir une aigle et respecte un édile !
NICOMÈDE.
Plutôt, plutôt la mort, que mon esprit jaloux
Forme des sentiments si peu dignes de vous.
55Je crains la violence, et non votre foiblesse ;
Et si Rome une fois contre nous s’intéresse…
LAODICE.
Je suis reine, seigneur ; et Rome a beau tonner,
Elle ni votre roi n’ont rien à m’ordonner :
Si de mes jeunes ans il est dépositaire,
60C’est pour exécuter les ordres de mon père :
Il m’a donnée à vous, et nul autre que moi
<poem>
N’a droit de l’en dédire, et me choisir un roi.
Par son ordre et le mien, la reine d’Arménie
Est due à l’héritier du roi de Bithynie,
65Et ne prendra jamais un cœur assez abjet
Pour se laisser réduire à l’hymen d’un sujet.
Mettez-vous en repos.
NICOMÈDE.
Mettez-vous en repos.Et le puis-je, Madame,
Vous voyant exposée aux fureurs d’une femme,
Qui, pouvant tout ici, se croira tout permis
70Pour se mettre en état de voir régner son fils ?
Il n’est rien de si saint qu’elle ne fasse enfreindre :
Qui livroit Annibal pourra bien vous contraindre,
Et saura vous garder même fidélité
Qu’elle a gardée aux droits de l’hospitalité.
LAODICE.
75Mais ceux de la nature ont-ils un privilége
Qui vous assure d’elle après ce sacrilége ?
Seigneur, votre retour, loin de rompre ses coups,
Vous expose vous-même, et m’expose après vous.
Comme il est fait sans ordre, il passera pour crime ;
80Et vous serez bientôt la première victime
Que la mère et le fils, ne pouvant m’ébranler,
Pour m’ôter mon appui se voudront immoler.
Si j’ai besoin de vous de peur qu’on me contraigne,
J’ai besoin que le Roi, qu’elle-même vous craigne.
85Retournez à l’armée, et, pour me protéger,
Montrez cent mille bras tout prêts à me venger.
Parlez la force en main, et hors de leur atteinte :
S’ils vous tiennent ici, tout est pour eux sans crainte ;
Et ne vous flattez point, ni sur votre grand cœur,
90Ni sur l’éclat d’un nom cent et cent fois vainqueur ;
Quelque haute valeur que puisse être la vôtre,
Vous n’avez en ces lieux que deux bras comme un autre ;
Et fussiez-vous du monde et l’amour et l’effroi,
Quiconque entre au palais porte sa tête au Roi.
95Je vous le dis encor, retournez à l’armée,
Ne montrez à la cour que votre renommée ;
Assurez votre sort pour assurer le mien ;
Faites que l’on vous craigne, et je ne craindrai rien.
NICOMÈDE.
Retourner à l’armée ! ah ! sachez que la Reine
100La sème d’assassins achetés par sa haine.
Deux s’y sont découverts, que j’amène avec moi
Afin de la convaincre et détromper le Roi.
Quoiqu’il soit son époux, il est encor mon père ;
Et quand il forcera la nature à se taire,
105Trois sceptres à son trône attachés par mon bras
Parleront au lieu d’elle, et ne se tairont pas.
Que si notre fortune à ma perte animée
La prépare à la cour aussi bien qu’à l’armée,
Dans ce péril égal qui me suit en tous lieux,
110M’envierez-vous l’honneur de mourir à vos yeux ?
LAODICE.
Non ; je ne vous dis plus désormais que je tremble,
Mais que, s’il faut périr, nous périrons ensemble.
Armons-nous de courage, et nous ferons trembler
Ceux dont les lâchetés pensent nous accabler.
115Le peuple ici vous aime et hait ces cœurs infâmes ;
Et c’est être bien fort que régner sur tant d’âmes.
Mais votre frère Attale adresse ici ses pas.
NICOMÈDE.
Il ne m’a jamais vu ; ne me découvrez pas.
Scène II.
LAODICE, NICOMÈDE, ATTALE.
ATTALE.
Quoi ! Madame, toujours un front inexorable ?
120Ne pourrai-je surprendre un regard favorable,
Un regard désarmé de toutes ces rigueurs,
Et tel qu’il est enfin quand il gagne les cœurs ?
LAODICE.
Si ce front est mal propre à m’acquérir le vôtre,
Quand j’en aurai dessein, j’en saurai prendre un autre.
ATTALE.
125Vous ne l’acquerrez point, puisqu’il est tout à vous.
LAODICE.
Je n’ai donc pas besoin d’un visage plus doux.
ATTALE.
Conservez-le, de grâce, après l’avoir su prendre.
LAODICE.
C’est un bien mal acquis que j’aime mieux vous rendre.
Vous l’estimez trop peu pour le vouloir garder.
LAODICE.
130Je vous estime trop pour vouloir rien farder :
Votre rang et le mien ne sauroient le permettre.
Pour garder votre cœur je n’ai pas où le mettre ;
La place est occupée : et je vous l’ai tant dit,
Prince, que ce discours vous dût être interdit :
135On le souffre d’abord, mais la suite importune.
ATTALE.
Que celui qui l’occupe a de bonne fortune !
Et que seroit heureux qui pourroit aujourd’hui
Disputer cette place, et l’emporter sur lui !
NICOMÈDE.
La place à l’emporter coûteroit bien des têtes,
140Seigneur : ce conquérant garde bien ses conquêtes ;
Et l’on ignore encor parmi ses ennemis
L’art de reprendre un fort qu’une fois il a pris.
ATTALE.
Celui-ci toutefois peut s’attaquer de sorte
Que, tout vaillant qu’il est, il faudra qu’il en sorte.
LAODICE.
Vous pourriez vous méprendre.
ATTALE.
145Vous pourriez vous méprendre.Et si le roi le veut ?
LAODICE.
Le Roi, juste et prudent, ne veut que ce qu’il peut.
ATTALE.
Et que ne peut ici la grandeur souveraine ?
LAODICE.
Ne parlez pas si haut : s’il est roi, je suis reine ;
Et vers moi tout l’effort de son autorité
150N’agit que par prière et par civilité.
ATTALE.
Non ; mais agir ainsi, souvent c’est beaucoup dire
Aux reines comme vous qu’on voit dans son empire ;
Et si ce n’est assez des prières d’un roi,
Rome, qui m’a nourri, vous parlera pour moi.
NICOMÈDE.
Rome ! Seigneur.
ATTALE.
155Oui, Rome ; en êtes-vous en doute ?
NICOMÈDE.
Seigneur, je crains pour vous qu’un Romain vous écoute ;
Et si Rome savait de quels feux vous brûlez,
Bien loin de vous prêter l’appui dont vous parlez,
Elle s’indigneroit de voir sa créature
160À l’éclat de son nom faire une telle injure ;
Et vous dégraderoit peut-être dès demain
Du titre glorieux de citoyen romain.
Vous l’a-t-elle donné pour mériter sa haine,
En le déshonorant par l’amour d’une reine,
165Et ne savez-vous plus qu’il n’est princes ni rois
Qu’elle daigne égaler à ses moindres bourgeois ?
Pour avoir tant vécu chez ces cœurs magnanimes,
Vous en avez bientôt oublié les maximes.
Reprenez un orgueil digne d’elle et de vous ;
170Remplissez mieux un nom sous qui nous tremblons tous,
Et, sans plus l’abaisser à cette ignominie
D’idolâtrer en vain la reine d’Arménie,
Songez qu’il faut du moins, pour toucher votre cœur,
La fille d’un tribun, ou celle d’un préteur ;
175Que Rome vous permet cette haute alliance,
Dont vous auroit exclu le défaut de naissance,
Si l’honneur souverain de son adoption
Ne vous autorisoit à tant d’ambition.
Forcez, rompez, brisez de si honteuses chaînes ;
180Aux rois qu’elle méprise abandonnez les reines,
Et concevez enfin des vœux plus élevés,
Pour mériter les biens qui vous sont réservés.
ATTALE.
Si cet homme est à vous, imposez-lui silence,
Madame, et retenez une telle insolence.
185Pour voir jusqu’à quel point elle pourroit aller,
J’ai forcé ma colère à le laisser parler ;
Mais je crains qu’elle échappe, et que, s’il continue,
Je ne m’obstine plus à tant de retenue.
NICOMÈDE.
Seigneur, si j’ai raison, qu’importe à qui je sois ?
190Perd-elle de son prix pour emprunter ma voix ?
Vous-même, amour à part, je vous en fais arbitre.
Ce grand nom de Romain est un précieux titre ;
Et la Reine et le Roi l’ont assez acheté
Pour ne se plaire pas à le voir rejeté,
195Puisqu’ils se sont privés, pour ce nom d’importance,
Des charmantes douceurs d’élever votre enfance.
Dès l’âge de quatre ans ils vous ont éloigné
Jugez si c’est pour voir ce titre dédaigné,
Pour vous voir renoncer, par l’hymen d’une reine,
200À la part qu’ils avaient à la grandeur romaine.
D’un si rare trésor l’un et l’autre jaloux…
ATTALE.
Madame, encore un coup, cet homme est-il à vous ?
Et pour vous divertir est-il si nécessaire,
Que vous ne lui puissiez ordonner de se taire ?
LAODICE.
205Puisqu’il vous a déplu vous traitant de Romain,
Je veux bien vous traiter de fils de souverain.
En cette qualité vous devez reconnoître
Qu’un prince votre aîné doit être votre maître,
Craindre de lui déplaire, et savoir que le sang
210Ne vous empêche pas de différer de rang,
Lui garder le respect qu’exige sa naissance,
Et loin de lui voler son bien en son absence…
ATTALE.
Si l’honneur d’être à vous est maintenant son bien,
Dites un mot, Madame, et ce sera le mien ;
215Et si l’âge à mon rang fait quelque préjudice,
Vous en corrigerez la fatale injustice :
Mais si je lui dois tant en fils de souverain,
Permettez qu’une fois je vous parle en Romain.
Sachez qu’il n’en est point que le ciel n’ait fait naître
220Pour commander aux rois et pour vivre sans maître :
Sachez que mon amour est un noble projet
Pour éviter l’affront de me voir son sujet ;
Sachez…
LAODICE.
Sachez…Je m’en doutois, Seigneur, que ma couronne
Vous charmoit bien du moins autant que ma personne ;
225Mais, telle que je suis, et ma couronne et moi,
Tout est à cet aîné qui sera votre roi :
Et s’il étoit ici, peut-être en sa présence
Vous penseriez deux fois à lui faire une offense.
ATTALE.
Que ne puis-je l’y voir ! mon courage amoureux…
NICOMÈDE.
230Faites quelques souhaits qui soient moins dangereux,
Seigneur ; s’il les savoit, il pourroit bien lui-même
Venir d’un tel amour venger l’objet qu’il aime.
ATTALE.
Insolent ! est-ce enfin le respect qui m’est dû ?
NICOMÈDE.
Je ne sais de nous deux, Seigneur, qui l’a perdu.
ATTALE.
235Peux-tu bien me connoître et tenir ce langage ?
NICOMÈDE.
Je sais à qui je parle, et c’est mon avantage,
Que, n’étant point connu, Prince, vous ne savez
Si je vous dois respect ou si vous m’en devez.
ATTALE.
Ah ! Madame, souffrez que ma juste colère…
LAODICE.
240Consultez-en, seigneur, la Reine votre mère ;
Elle entre.
Scène III.
NICOMÈDE, ARSINOÉ, LAODICE, ATTALE, CLÉONE
NICOMÈDE.
Elle entre.Instruisez mieux le Prince votre fils,
Madame, et dites-lui, de grâce, qui je suis.
Faute de me connoître, il s’emporte, il s’égare ;
Et ce désordre est mal dans une âme si rare :
J’en ai pitié.
ARSINOÉ.
245J’en ai pitié.Seigneur, vous êtes donc ici ?
NICOMÈDE.
Oui, madame, j’y suis, et Métrobate aussi.
ARSINOÉ.
Métrobate ! ah ! le traître !
NICOMÈDE.
Métrobate ! ah ! le traître !Il n’a rien dit, madame,
Qui vous doive jeter aucun trouble dans l’âme.
ARSINOÉ.
Mais qui cause, seigneur, ce retour surprenant ?
Et votre armée ?
NICOMÈDE.
250Et votre armée ?Elle est sous un bon lieutenant ;
Et quant à mon retour, peu de chose le presse.
J’avois ici laissé mon maître et ma maîtresse :
Vous m’avez ôté l’un, vous, dis-je, ou les Romains ;
Et je viens sauver l’autre, et d’eux, et de vos mains.
ARSINOÉ.
C’est ce qui vous amène ?
NICOMÈDE.
255C’est ce qui vous amène ?Oui, Madame ; et j’espère
Que vous m’y servirez auprès du Roi mon père.
ARSINOÉ.
Je vous y servirai comme vous l’espérez.
NICOMÈDE.
De votre bon vouloir nous sommes assurés.
ARSINOÉ.
Il ne tiendra qu’au Roi qu’aux effets je ne passe.
NICOMÈDE.
260Vous voulez à tous deux nous faire cette grâce ?
ARSINOÉ.
Tenez-vous assuré que je n’oublierai rien.
NICOMÈDE.
Je connois votre cœur, ne doutez pas du mien.
ATTALE.
Madame, c’est donc là le prince Nicomède ?
NICOMÈDE.
Oui, c’est moi qui viens voir s’il faut que je vous cède.
ATTALE.
265Ah ! Seigneur, excusez si vous connaissant mal…
NICOMÈDE.
Prince, faites-moi voir un plus digne rival.
Si vous aviez dessein d’attaquer cette place,
Ne vous départez point d’une si noble audace ;
Mais comme à son secours je n’amène que moi,
270Ne la menacez plus de Rome ni du Roi :
Je la défendrai seul ; attaquez-la de même,
Avec tous les respects qu’on doit au diadème.
Je veux bien mettre à part avec le nom d’aîné,
Le rang de votre maître où je suis destiné ;
275Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme,
Des leçons d’Annibal ou de celles de Rome.
Adieu, pensez-y bien, je vous laisse y rêver.
Scène IV.
ARSINOÉ, ATTALE, CLÉONE.
ARSINOÉ.
Quoi ! tu faisois excuse à qui m’osoit braver !
ATTALE.
Que ne peut point, Madame, une telle surprise ?
280Ce prompt retour me perd et rompt votre entreprise.
ARSINOÉ.
Tu l’entends mal, Attale ; il la met dans ma main.
Va trouver de ma part l’ambassadeur romain ;
Dedans mon cabinet amène-le sans suite,
Et de ton heureux sort laisse-moi la conduite.
ATTALE.
Mais, Madame, s’il faut…
ARSINOÉ.
285Mais, Madame, s’il faut…Va, n’appréhende rien,
Et, pour avancer tout, hâte cet entretien.
Scène V.
ARSINOÉ, CLÉONE.
CLÉONE.
Vous lui cachez, madame, un dessein qui le touche !
ARSINOÉ.
Je crains qu’en l’apprenant son cœur ne s’effarouche :
Je crains qu’à la vertu par les Romains instruit
290De ce que je prépare il ne m’ôte le fruit,
Et ne conçoive mal qu’il n’est fourbe ni crime
Qu’un trône acquis par là ne rende légitime.
CLÉONE.
J’aurois cru les Romains un peu moins scrupuleux,
Et la mort d’Annibal m’eût fait mal juger d’eux.
ARSINOÉ.
295Ne leur impute pas une telle injustice ;
Un Romain seul l’a faite et par mon artifice.
Rome l’eût laissé vivre, et sa légalité