Manuel et Entretiens (page 5)

Épictète · Philosophie

Texte français, domaine public · Source : remacle.org · 25 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

[xli] On prédisait l'avenir d'après l'inspection des entrailles des victimes, principalement du foie.

[xlii] Deux amis se rendant à Delphes rencontrèrent des brigands : l'un fut tué, l'autre s'enfuit. Quand il vint consulter l'oracle, le dieu répondit : Tu n'es pas venu au secours de ton ami quand on allait le tuer ; tu n'est pas pur : sors du sanctuaire (Simplicius, Commentaire sur le Manuel d'Épictète).

[xliii] Suivant Simplicius, dans le serment, on prend la divinité à témoin et en garantie de ses paroles, et c'est lui manquer de respect, que de mêler son nom à des choses de peu d'importance.

[xliv] Du temps d'Épictète, les auteurs lisaient leur prose ou leurs vers en public. Voyez M. Nisard, Étude sur les poètes latins de la décadence, Stace, § 3.

[xlv] Zénon, fondateur du stoïcisme, était né à Citium, dans l'île de Cypre, vers l'an 320 avant J. C.

[xlvi] Ces deux propositions servaient souvent d'exemples dans la logique stoïcienne.

[xlvii] Une proposition disjonctive est une proposition composée, dont les deux membres sont précédés de ou : ou il fait jour, ou il fait nuit. Les propositions qui la composent étant contraires : une des deux est fausse.

[xlviii] Une proposition copulative est une proposition composée dont les deux membres sont précédés de et : et il fait jour, et le soleil luit. Les propositions qui la composent doivent être vraies toutes les deux.

[xlix] Prendre la plus forte part répond à la proposition disjonctive, parce que cela désunit d'avec les autres convives ; observer les préceptes qui règlent la manière dont on doit se conduire dans un repas, répond à la proposition copulative, parce que cela vous unit avec les autres.

[l] En grec Κυρια, en latin Domina, proprement la maîtresse de la maison.

[li] Qui est vraie, comme celle qui est citée plus haut, n. 48.

[lii] De même il n'y a pas de dommage pour celui sur le compte de qui on se trompe, mais pour celui qui est dans l'erreur.

[liii] On voit par Sextus Empiricus (Hypotyposes pyrrhoniennes, II, 137) qu'un raisonnement était pour les stoïciens concluant, συναχτιχος, quand, étant donné le raisonnement suivant : « Si je suis plus riche que toi, ma fortune est supérieure à la tienne ; or je suis plus riche que toi : donc ma fortune est supérieure à la tienne, » on peut le mettre sous la forme suivante : « Si je suis plus riche que toi, et si, en ce cas, ma fortune est supérieure à la tienne, ma fortune est supérieure à la tienne. » Le raisonnement suivant n'est pas concluant (ασυναχτος) : « Si je suis plus riche que toi, je te suis supérieur ; or je suis plus riche que toi ; donc je te suis supérieur. » En effet, si on le met sous la forme : « Si je suis plus riche que toi et si, en ce cas, je te suis supérieur, je te suis supérieur, » il sera faux; car il n'est pas vrai que, parce qu'un homme est supérieur à un autre en richesse, il lui soit supérieur en général, sous tous les autres rapports.

[liv] Comment il en juge, c'est-à-dire quels sont ses motifs pour en agir ainsi.

[lv] Avoir des idées évidentes de certaines choses, comme, par exemple, voir que quelqu'un boit beaucoup de vin ; acquiescer à d'autres sans en avoir une idée évidente, comme juger qu'il a tort de boire beaucoup de vin.

[lvi] Ainsi Platon (Protagoras, ch. II, p. 340 E, édition d'H. Estienne) représente Hippocrate, fils d'Apollodore, priant Socrate de le présenter à Protagoras.

[lvii] Cependant on voit, par le passage du Protagoras que nous venons de citer, que Socrate ne prenait pas au sérieux les sophistes auprès desquels il menait les jeunes gens, et qu'il les confondait précisément en faisant profession de ne rien savoir.

[lviii] Ne tiens pas les statues embrassées, comme Diogène, qui tenait des statues embrassées, en plein hiver, pour s'exercer à supporter le froid.

[lix] Chrysippe, successeur de Cléanthe comme chef de l'école stoïcienne ; dont les anciens le considéraient comme le second fondateur, était né à Soles, en Cilicie, vers 280 avant J. C., et mourut vers 206. Il avait composé un grand nombre d'ouvrages sur toutes les parties de la philosophie stoïcienne.

[lx] Il passait pour avoir écrit dans un style négligé, incorrect, sec et obscur.

[lxi] La grammaire comprenait, chez les anciens, la science du langage et l'explication mythologique, géographique, grammaticale et même littéraire des poètes.

[lxii] Homère était le poète expliqué principalement par les grammairiens grecs.

[lxiii] Il faut sous-entendre ici : plutôt que de ne pas pouvoir l'expliquer.

[lxiv] Ce qu'il y a de meilleur, c'est-à-dire être philosophe.

[lxv] S'engager, c'est-à-dire prendre l'engagement de les pratiquer, se promettre da les pratiquer. La métaphore est tirée d'une dette que l'on contracte avec quelqu'un.

[lxvi] Épictète fait ici allusion à ce que Socrate dit dans Platon (Criton, ch. VI, p. 46 B, éd. H. Estienne)

[lxvii] Pour les stoïciens, une démonstration (αποδειξις) était un raisonnement concluant qui tire de prémisses évidentes une conclusion qui ne l'était pas. Ainsi le raisonnement suivant n'est pas une démonstration : « S'il fait jour, le soleil luit ; or il fait jour, donc le soleil luit. » La conclusion « le soleil luit » était tout à fait évidente, mais le raisonnement suivant est une démonstration : « S'il y a des suintements à travers la surface des corps, il y a des pores inaccessibles aux sens ; or il y a des suintements à travers la surface des corps ; donc il y a des pores inaccessibles aux sens. » La conclusion « il y a des pores, » etc., n'était pas évidente.

[lxviii] Pour les stoïciens, il y a conséquence quand, dans une proposition conditionnelle, comme « S'il fait jour, le soleil luit », la vérité de la seconde proposition ou du conséquent, « le soleil luit », résulte de la première ou de l'antécédent « il fait jour ».

[lxix] Pour les stoïciens, il y a incompatibilité entre les propositions contraires qui composent une proposition disjonctive, comme « ou il fait jour, ou il fait nuit ».

[lxx] Les stoïciens distinguaient le vrai qui ne se rencontre que dans l'expression d'un jugement, dans ce que les logiciens appellent proposition, de la vérité qui est un certain état particulier de l'esprit qui aperçoit le vrai. Suivant les stoïciens, ce qui est (υπαρχει) et s'oppose contradictoirement à quelque chose est vrai.

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