La Farce de Maître Pathelin (page 2)

Anonyme · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — La Farce de Maître Pathelin, trad. Fournier, 1872 · 8 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Ce denier-là, si bon leur semble ;

Car c’est tout ce qu’ilz en auront,

Jà si bien chanter ne sçauront,

Ne pour crier, ne pour brester.

Guillemette.

Comment l’a-il voulu prester,

Luy, qui est homme si rebelle ?

Pathelin.

Par saincte Marie la belle !

Je l’ay armé et blasonné,

Si qu’il me l’a presque donné.

Je luy disoye que feu son pere

Fut si vaillant, « Ha ! fais-je, frere,

Qu’estes-vous de bon parentaige !

Vous estes, fais-je, du lignaige

D’icy entour plus à louer ! »

Mais je puisse Dieu avouer,

S’il n’est attrait d’une peautraille

La plus rebelle villenaille

Qui soit, ce croy-je, en ce royaume ;

« Ha ! fais-je, mon amy Guillaume,

Que vous ressemblez bien de chere

Et du tout à vostre bon pere ! »

Dieu sçait comment j’eschaffauldoye,

Et, à la fois, j’entrelardoye.

En parlant de sa drapperie !

« Et puis, fais-je, saincte Marie !

Comment prestoit-il doucement

Ses denrées si humblement ?

C’estes-vous, fais-je, tout craché ! »

Toutesfois, on eust arraché

Les dents du villain marsouin

Son feu pere, et du babouin

Le fils, avant qu’ilz en prestassent

Cecy, ne que ung beau mot parlassent.

Mais, au fort, ay-je tant bresté

Et parlé, qu’il m’en a presté

Six aulnes ?

Guillemette.

Six aulnes ? Voire, à jamais rendre.

Pathelin.

Ainsi le devez-vous entendre.

Rendre ? On luy rendra le dyable !

Guillemette.

Il m’est souvenu de la fable

Du corbeau, qui estoit assis

Sur une croix, de cinq à six

Toyses de hault ; lequel tenoit

Un formage au bec : là venoit

Un renard qui vit ce formaige.

Pensa à luy : « Comment l’auray-je ? »

Lors se mist dessoubz le corbeau :

« Ha ! fist-il, tant as le corps beau,

Et ton chant plein de melodie ! »

Le corbeau, par sa conardie,

Oyant son chant ainsi vanter,

Si ouvrit le bec pour chanter,

Et son formaige chet à terre ;

Et maistre renard vous le serre

A bonnes dents, et si l’emporte.

Ainsi est-il (je m’en fais forte)

De ce drap : vous l’avez happé

Par blasonner, et attrapé,

En luy usant de beau langaige.

Comme fist renard du formaige :

Vous l’en avez prins par la moe.

Pathelin.

Il doit venir manger de l’oe :

Mais voicy qu’il nous faudra faire.

Je suis certain qu’il viendra braire,

Pour avoir argent promptement.

J’ay pensé bon appoinctement :

Il convient que je me couche,

Comme un malade, sur ma couche ;

Et, quand il viendra, vous direz :

« Ha ! parlez bas ! » et gemirez,

En faisant une chiere fade :

« Las ! ferez-vous, il est malade

Passé deux moys, ou six semaines ! »

Et, s’il vous dit : « Ce sont trudaines !

Il vient d’avec moy tout venant. »

« Helas ! ce n’est pas maintenant

(Ferez-vous) qu’il faut rigoller ! »

Et le me laissez flageoller ;

Car il n’en aura autre chose.

Guillemette.

Par l’ame qui en moy repose !

Je feray très-bien la maniere.

Mais, si vous rencheez arriere,

Que justice vous en reprengne,

Je me doubte qu’il ne vous prengne

Pis la moitié, qu’à l’autre fois !

Pathelin.

Or, paix : je sçay bien que je fais.

Il faut faire ainsi que je dy.

Guillemette.

Souviengne vous du samedy,

Pour Dieu, qu’on vous pilloria :

Vous sçavez que chascun cria

Sur vous, pour vostre tromperie ?

Pathelin.

Or laissez ceste baverie.

Il viendra ; nous ne gardons l’heure.

Il faut que ce drap nous demeure.

Je m’en voys coucher.

Guillemette.

Je m’en voys coucher. Allez doncques.

Pathelin.

Or ne riez point !

Guillemette.

Or ne riez point ! Rien quiconques,

Mais pleureray à chaudes larmes.

Pathelin.

Il nous fault estre tous deux fermes,

Affin qu’il ne s’en apperçoive.

Ils sortent.

Scène II.

LE DRAPPIER, seul. .

Le Drappier

Je crois qu’il est temps que je boive

Pour m’en aller. Ha ! non feray :

Je doy boire, et si mangeray

De l’oe, par sainct Mathelin,

Cheux maistre Pierre Pathelin,

Et là recevrai-je pécune.

Je happeray là une prune,

A tout le moins, sans rien despendre.

J’y voys ; je ne puis plus rien vendre.

Il frappe à la porte de Pathelin.

Hau ! maistre Pierre ?

Scène III.

LE DRAPPIER, GUILLEMETTE. .

Guillemette

Hau ! maistre Pierre ? Helas ! sire,

Par Dieu ! se vous voulez rien dire,

Parlez plus bas !

Le Drappier.

Parlez plus bas ! Dieu vous gard, dame !

Guillemette.

Ha ! plus bas !

Le Drappier.

Ha ! plus bas ! Et quoy ?

Guillemette.

Ha ! plus bas ! Et quoy ? Bon gré, m’ame...

Le Drappier.

Où est-il ?

Guillemette.

Où est-il ? Las ! où doit-il estre ?

Le Drappier.

Le qui ?

Guillemette.

Le qui ? Ha ! c’est mal dit, mon maistre :

Où est-il ? et Dieu, par sa grace,

Le sache ! Il garde la place

Où il est, le povre martir,

Unze semaines, sans partir…

Le Drappier.

De qui ?

Guillemette.

De qui ? Pardonnez-moy, je n’ose

Parler haut ; je croy qu’il repose :

Il est un petit aplommé.

Helas ! il est si assommé,

Le povre homme…

Le Drappier.

Le povre homme… Qui ?

Guillemette.

Le povre homme… Qui ? Maistre Pierre.

Le Drappier.

Ouay ! n’est-il pas venu querre

Six aulnes de drap maintenant ?

Guillemette.

Qui, luy ?

Le Drappier.

Qui, luy ? Il en vient tout venant,

N’a pas la moytié d’ung quart d’heure.

Delivrez-moy ; dea ! je demeure

Beaucoup. Ça, sans plus flageoller,

Mon argent ?

Guillemette.

Mon argent ? Hé ! sans rigoller ?

Il n’est pas temps que l’en rigolle.

Le Drappier.

Çà, mon argent ? Estes-vous folle !

Il me fault neuf francs.

Guillemette.

Il me fault neuf francs. Ha ! Guillaume !

Il ne fault point couvrir de chaume

Icy, ne bailler ces brocards.

Allez sorner à vos coquardz,

A qui vous vous voudrez jouer !

Le Drappier.

Je puisse Dieu désavouer,

Si je n’ay neuf francs !

Guillemette.

Si je n’ay neuf francs ! Helas ! sire,

Chascun n’a pas si faim de rire

Comme vous, ne de flagorner.

Le Drappier.

Dictes, je vous pry’, sans sorner :

Par amour, faites-moy venir

Maistre Pierre ?

Guillemette.

Maistre Pierre ? Mesavenir

Vous puist-il ! Et est-ce à meshuy ?

Le Drappier.

N’est-ce pas ceans que je suy

Cheuz maistre Pierre Pathelin ?

Guillemette.

Ouy. Le mal sainct Mathelin,

Sans le mien, au cueur vous tienne !

Parlez bas !

Le Drappier.

Parlez bas ! Le dyable y avienne !

Ne le oseray-je demander !

Guillemette.

A Dieu me puisse commander !

Bas, se ne voulez qu’il s’esveille ?

Le Drappier.

Quel bas ? Voulez-vous en l’oreille,

Au fons du puys ou de la cave ?

Guillemette.

Hé Dieu ! que vous avez de bave !

Au fort, c’est tousjours vostre guise.

Le Drappier.

Le dyable y soit ! quand je m’avise :

Se voulez que je parle bas,

Payez-moy sans plus de debas ;

Telz noises n’ay-je point aprins.

Vray est que maistre Pierre a prins

Six aulnes de drap aujourd’huy.

Guillemette.

Et qu’est-ce cecy ? Est-ce à meshuy ?

Dyable y ait part ! Aga ! quel prendre ?

Ha ! sire, que l’en le puist pendre,

Qui ment ! Il est en tel party,

Le povre homme, qu’il n’est party

Du lict y a unze semaines !

Nous baillez-vous de vos trudaines ?

Maintenant en est-ce raison ?

Vous vuiderez de ma maison,

Par les angoisses Dieu, moy lasse !

Le Drappier.

Vous disiez que je parlasse

Si bas, saincte benoiste Dame ?

Vous criez !

Guillemette.

Vous criez ! C’estes vous, par m’ame,

Qui ne parlez, fors que de noise !

Le Drappier.

Dictes, afin que je m’en voise :

Baillez-moy ?

Guillemette.

Baillez-moy ? Parlez bas ! Ferez ?

Le Drappier.

Mais vous-mesmes l’esveillerez ;

Vous parlez plus hault quatre fois,

Par le sang bieu ! que je ne fais.

Je vous requier qu’on me delivre ?

Guillemette.

Et qu’est cecy ? Estes-vous yvre,

Ou hors de sens ? Dieu nostre pere !

Le Drappier.

Yvre ! Maugré en ait sainct Pere !

Voicy une belle demande !

Guillemette.

Helas ! plus bas !

Le Drappier.

Helas ! plus bas ! Je vous demande

Pour six aulnes, bon gré saint George,

De drap, dame…

Guillemette.

De drap, dame… On le vous forge !

Et à qui l’avez-vous baillé ?

Le Drappier.

A luy-mesme.

Guillemette.

A luy-mesme. Il est bien taillé

D’avoir drap ! Helas ! il ne hobe !

Il n’a nul besoin d’avoir robe :

Jamais robe ne vestira

Que de blanc, ne ne partira

D’ond il est que les piedz devant !

Le Drappier.

C’est doncq depuis soleil levant ?

Car j’ay à luy parlé sans faute.

Guillemette.

Vous avez la voix si très-haute :

Parlez plus bas, en charité !

Le Drappier.

C’estes-vous, par ma verité,

Vous-mesme, en sanglante estraine

Par le sang bieu ! veez-cy grant paine !

Qui me payast, je m’en allasse !

Par Dieu ! oncques que je prestasse,

Je n’en trouvay point autre chose !

Pathelin.

Guillemette ? Un peu d’eaue rose !

Haussez-moy, serrez-moy derriere !

Trut ! à qui parlay-je ? L’esguiere ?

A boire ? Frottez-moy la plante ?

Le Drappier.

Je l’oy là ?

Guillemette.

Je l’oy là ? Voire.

Pathelin.

Je l’oy là ? Voire. Ha, meschante !

Vien çà ? T’avoye-je fait ouvrir

Ces fenestres ? Vien moy couvrir !

Ostez ces gens noirs !… Marmara,

Carimari, carimara.

Amenez-les-moy, amenez !

Guillemette.

Qu’est-ce ? Comment vous demenez !

Estes-vous hors de vostre sens ?

Pathelin.

Tu ne vois pas ce que je sens :

Vela un moine noir qui vole ?

Prens-le, baille-luy une estole…

Au chat, au chat ! Comment il monte !

Guillemette.

Et qu’est cecy ? N’a’ vous pas honte ?

Et, par Dieu ! c’est trop remué.

Pathelin.

Ces physiciens m’ont tué

De ces brouilliz qu’ilz m’ont fait boire :

Et toutesfois les faut-il croire,

Ilz en oeuvrent comme de cire.

Guillemette.

Helas ! venez-le voir, beau sire :

Il est si très-mal patient.

Le Drappier.

Est-il malade, à bon escient,

Puis orains qu’il vint de la foire l

Guillemette.

De la foire ?

Le Drappier.

De la foire ? Par sainct Jehan, voire !

Je cuide qu’il y a esté.

Du drap que je vous ay presté,

Il m’en fault l’argent, maistre Pierre !

Pathelin.

Prendray-je ung autre cristere ?

Le Drappier.

Et que sçay-je ! Qu’en ay-je à faire ?

Neuf francs m’y fault, ou six escus.

Pathelin.

Ces trois petis morceaulx becuz,

Les m’appellez-vous pilloueres ?

Ilz m’ont gasté les machoueres.

Pour Dieu ! ne m’en faites plus prendre,

Maistre Jehan : ilz m’ont fait tout rendre.

Ha ! il n’est chose plus amere !

Le Drappier.

Non ont, par l’ame de mon pere !

Mes neuf francs ne sont point rendus.

Guillemette.

Parmy le col soient-ilz pendus

Tels gens qui sont si empeschables !

Allez-vous-en, de par les dyables,

Puis que de par Dieu ne peult estre !

Le Drappier.

Par celuy Dieu qui me fist naistre,

J’auray mon drap, ains que je fine,

Ou mes neuf francs !

Pathelin.

Ou mes neuf francs ! Et mon orine

Vous dit-elle point que je meure ?…

Bas à Guillemette.

Pour Dieu ! faites qu’il ne demeure.

Haut.

Que je ne passe point le pas !

Guillemette.

Allez-vous-en ! Et n’est-ce pas

Mal faict de luy tuer la teste ?

Le Drappier.

Dame ! Dieu en ait male feste !

Six aulnes de drap maintenant,

Dictes, est-ce chose avenant,

Par vostre foy, que je les perde ?…

Il me fault neuf francs rondement,

Que, bon gré sainct Pierre de Romme…

Guillemette.

Helas ! tant tourmentez cest homme !

Et comment estes-vous si rude ?

Vous voyez clerement qu’il cuide

Que vous soyez physicien ?

Helas ! le povre chrestien

A assez de male meschance :

Unze semaines, sans laschance,

A esté illec, le povre homme…

Le Drappier.

Par le sang Dieu ! je ne sçay comme

Cest accident luy est venu,

Car il est aujourd’huy venu

Et avons marchandé ensemble,

A tout le moins, comme il me semble,

Ou je ne sçay que ce peult estre !

Guillemette.

Par Nostre Dame ! mon doulx maistre,

Vous n’estes pas en bon memoire.

Sans faute, si me voulez croire.

Vous yrez un peu reposer :

Car moult de gens pourroient gloser

Que vous venez pour moy ceans.

Allez hors ! Les physiciens

Viendront icy tout en presence,

Je n’ay cure que l’en y pense

A mal, car je n’y pense point.

Le Drappier.

Et maugrebieu ! suis-je en poinct ?

Par la feste Dieu ! je cuidoye

Encor… Et n’avez-vous point d’oye

Au feu ?

Guillemette.

Au feu ? C’est très-belle demande !

Ah, sire ! ce n’est pas viande

Pour malades. Mangez vos oes,

Sans nous venir jouer des moes !

Par ma foy, vous estes trop aise !

Le Drappier.

Je vous pry’ qu’il ne vous desplaise,

Car je cuidoye fermement…

Encor’, par le sainct sacrement

Dieu !… Dea ! or voys-je sçavoir.

Je sçay bien que je dois avoir

Six aulnes, tout en une piece ;

Mais ceste femme me despiece

De tous poinctz mon entendement…

Il les a eues vrayement ?…

Non a, dea ! il ne se peut joindre !

J’ay veu la mort qui le vient poindre ;

Au moins, ou il le contrefaict…

Et si a ! il les print de faict,

Et les mist dessoubz son aisselle,

Par saincte Marie la belle !…

Non a ! Je ne sçay si je songe.

Je n’ay point aprins que je donge

Mes drapz, en dormant, ne veillant ?

A nul, tant soit mon bien vueillant,

Je ne les eusse point accrues…

Par le sang bieu ! il les a eues…

Et, par la mort ! non a, ce, ce tiens-je,

Non a !… Mais à quoy donc en viens-je ?

Si a, par le sang Notre-Dame !

Meschoir puist-il de corps et d’ame,

Si je sçay qui sçauroit à dire

Qui a le meilleur ou le pire

D’eux ou de moy ! Je n’y voy goute !…

Scène IV.

PATHELIN, GUILLEMETTE.

Pathelin, à Guillemette.

S’en est-il allé ?

Guillemette.

S’en est-il allé ? Paix ! J’escoute

Ne sçay quoy qu’il va flageollant.

Il s’en va si fort grumelant,

Qu’il semble qu’il doive desver.

Pathelin.

Il n’est pas temps de se lever ?

Comme il est arrivé à poinct !

Guillemette.

Je ne scay s’il reviendra point.

Nenny dea, ne bougez encore !

Nostre fait seroit tout frelore,

S’il vous trouvoit levé.

Pathelin.

S’il vous trouvoit levé. Sainct George !

Qu’il est venu à bonne forge,

Luy qui est si très-mescreant !

Il est en luy trop mieux seant

Qu’ung crucifix en ung monstier.

Guillemette.

En ung très-ord vilain bronstier,

Onc lard ès pois n’escheut si bien !

Et, quoy, dea, il ne faisoit rien

Aux dimenches !

Pathelin.

Aux dimenches ! Pour Dieu ! sans rire !

S’il venoit, il pourroit trop nuyre.

Je m’en tiens fort qu’il reviendra.

Guillemette.

Par mon serment, il s’en tiendra,

Qui vouldra ; mais je ne pourroye !

Scène V.

LE DRAPPIER, GUILLEMETTE, PATHELIN.

Le Drappier, seul, chez lui.

Et, par le sainct soleil qui roye,

Je retourneray, qui qu’en grousse,

Cheuz cest advocat d’eaue douce.

Hé, Dieu ! quel retrayeur de rentes

Que ses parens ou ses parentes

Auroient vendu ! Or, par sainct Pierre,

Il a mon drap, le faux tromperre !…

Je luy baillay en ceste place.

Guillemette, chez elle.

Quand me souvient de la grimace

Qu’il faisoit en vous regardant,

Je ris ! Il estoit si ardant

A demander…

Pathelin.

A demander… Or, paix, riace !

Je regnie bieu, que jà ne face :

S’il advenoit qu’on vous ouist,

Autant vaudroit qu’on s’enfouist.

Il est si très-rebarbatif.

Le Drappier, chez lui.

Et cest advocat portatif,

A trois leçons et trois pseaumes !

Et tient-il les gens pour Guillaumes ?

Il est, par Dieu ! aussi pendable

Comme seroit un branc prenable.

Il a mon drap, ou je regnie bieu !

Et il m’a joué de ce jeu…

Il va frapper à la porte de Pathelin.

Hola ! Où estes-vous fouye ?

Guillemette.

Par mon serment, il m’a ouye !

Il semble qu’il doye desver.

Pathelin.

Je feray semblant de resver.

Allez là ?

Guillemette, ouvrant au drappier.

Allez là ? Comment, vous criez !

Le Drappier.

Bon gré en ayt Dieu ! Vous riez ?

Çà, mon argent !

Guillemette.

Çà, mon argent ! Saincte Marie !

De quoy cuidez-vous que je rie ?

Il n’a si dolente en la feste !…

Il s’en va : oncques tel tempeste

N’ouystes, ne tel frenaisie :

Il est encore en resverie ;

Il resve, il chante, et puis fatrouille

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