La Farce de Maître Pathelin (page 2)
Ce denier-là, si bon leur semble ;
Car c’est tout ce qu’ilz en auront,
Jà si bien chanter ne sçauront,
Ne pour crier, ne pour brester.
Guillemette.
Comment l’a-il voulu prester,
Luy, qui est homme si rebelle ?
Pathelin.
Par saincte Marie la belle !
Je l’ay armé et blasonné,
Si qu’il me l’a presque donné.
Je luy disoye que feu son pere
Fut si vaillant, « Ha ! fais-je, frere,
Qu’estes-vous de bon parentaige !
Vous estes, fais-je, du lignaige
D’icy entour plus à louer ! »
Mais je puisse Dieu avouer,
S’il n’est attrait d’une peautraille
La plus rebelle villenaille
Qui soit, ce croy-je, en ce royaume ;
« Ha ! fais-je, mon amy Guillaume,
Que vous ressemblez bien de chere
Et du tout à vostre bon pere ! »
Dieu sçait comment j’eschaffauldoye,
Et, à la fois, j’entrelardoye.
En parlant de sa drapperie !
« Et puis, fais-je, saincte Marie !
Comment prestoit-il doucement
Ses denrées si humblement ?
C’estes-vous, fais-je, tout craché ! »
Toutesfois, on eust arraché
Les dents du villain marsouin
Son feu pere, et du babouin
Le fils, avant qu’ilz en prestassent
Cecy, ne que ung beau mot parlassent.
Mais, au fort, ay-je tant bresté
Et parlé, qu’il m’en a presté
Six aulnes ?
Guillemette.
Six aulnes ? Voire, à jamais rendre.
Pathelin.
Ainsi le devez-vous entendre.
Rendre ? On luy rendra le dyable !
Guillemette.
Il m’est souvenu de la fable
Du corbeau, qui estoit assis
Sur une croix, de cinq à six
Toyses de hault ; lequel tenoit
Un formage au bec : là venoit
Un renard qui vit ce formaige.
Pensa à luy : « Comment l’auray-je ? »
Lors se mist dessoubz le corbeau :
« Ha ! fist-il, tant as le corps beau,
Et ton chant plein de melodie ! »
Le corbeau, par sa conardie,
Oyant son chant ainsi vanter,
Si ouvrit le bec pour chanter,
Et son formaige chet à terre ;
Et maistre renard vous le serre
A bonnes dents, et si l’emporte.
Ainsi est-il (je m’en fais forte)
De ce drap : vous l’avez happé
Par blasonner, et attrapé,
En luy usant de beau langaige.
Comme fist renard du formaige :
Vous l’en avez prins par la moe.
Pathelin.
Il doit venir manger de l’oe :
Mais voicy qu’il nous faudra faire.
Je suis certain qu’il viendra braire,
Pour avoir argent promptement.
J’ay pensé bon appoinctement :
Il convient que je me couche,
Comme un malade, sur ma couche ;
Et, quand il viendra, vous direz :
« Ha ! parlez bas ! » et gemirez,
En faisant une chiere fade :
« Las ! ferez-vous, il est malade
Passé deux moys, ou six semaines ! »
Et, s’il vous dit : « Ce sont trudaines !
Il vient d’avec moy tout venant. »
« Helas ! ce n’est pas maintenant
(Ferez-vous) qu’il faut rigoller ! »
Et le me laissez flageoller ;
Car il n’en aura autre chose.
Guillemette.
Par l’ame qui en moy repose !
Je feray très-bien la maniere.
Mais, si vous rencheez arriere,
Que justice vous en reprengne,
Je me doubte qu’il ne vous prengne
Pis la moitié, qu’à l’autre fois !
Pathelin.
Or, paix : je sçay bien que je fais.
Il faut faire ainsi que je dy.
Guillemette.
Souviengne vous du samedy,
Pour Dieu, qu’on vous pilloria :
Vous sçavez que chascun cria
Sur vous, pour vostre tromperie ?
Pathelin.
Or laissez ceste baverie.
Il viendra ; nous ne gardons l’heure.
Il faut que ce drap nous demeure.
Je m’en voys coucher.
Guillemette.
Je m’en voys coucher. Allez doncques.
Pathelin.
Or ne riez point !
Guillemette.
Or ne riez point ! Rien quiconques,
Mais pleureray à chaudes larmes.
Pathelin.
Il nous fault estre tous deux fermes,
Affin qu’il ne s’en apperçoive.
Ils sortent.
Scène II.
LE DRAPPIER, seul. .
Le Drappier
Je crois qu’il est temps que je boive
Pour m’en aller. Ha ! non feray :
Je doy boire, et si mangeray
De l’oe, par sainct Mathelin,
Cheux maistre Pierre Pathelin,
Et là recevrai-je pécune.
Je happeray là une prune,
A tout le moins, sans rien despendre.
J’y voys ; je ne puis plus rien vendre.
Il frappe à la porte de Pathelin.
Hau ! maistre Pierre ?
Scène III.
LE DRAPPIER, GUILLEMETTE. .
Guillemette
Hau ! maistre Pierre ? Helas ! sire,
Par Dieu ! se vous voulez rien dire,
Parlez plus bas !
Le Drappier.
Parlez plus bas ! Dieu vous gard, dame !
Guillemette.
Ha ! plus bas !
Le Drappier.
Ha ! plus bas ! Et quoy ?
Guillemette.
Ha ! plus bas ! Et quoy ? Bon gré, m’ame...
Le Drappier.
Où est-il ?
Guillemette.
Où est-il ? Las ! où doit-il estre ?
Le Drappier.
Le qui ?
Guillemette.
Le qui ? Ha ! c’est mal dit, mon maistre :
Où est-il ? et Dieu, par sa grace,
Le sache ! Il garde la place
Où il est, le povre martir,
Unze semaines, sans partir…
Le Drappier.
De qui ?
Guillemette.
De qui ? Pardonnez-moy, je n’ose
Parler haut ; je croy qu’il repose :
Il est un petit aplommé.
Helas ! il est si assommé,
Le povre homme…
Le Drappier.
Le povre homme… Qui ?
Guillemette.
Le povre homme… Qui ? Maistre Pierre.
Le Drappier.
Ouay ! n’est-il pas venu querre
Six aulnes de drap maintenant ?
Guillemette.
Qui, luy ?
Le Drappier.
Qui, luy ? Il en vient tout venant,
N’a pas la moytié d’ung quart d’heure.
Delivrez-moy ; dea ! je demeure
Beaucoup. Ça, sans plus flageoller,
Mon argent ?
Guillemette.
Mon argent ? Hé ! sans rigoller ?
Il n’est pas temps que l’en rigolle.
Le Drappier.
Çà, mon argent ? Estes-vous folle !
Il me fault neuf francs.
Guillemette.
Il me fault neuf francs. Ha ! Guillaume !
Il ne fault point couvrir de chaume
Icy, ne bailler ces brocards.
Allez sorner à vos coquardz,
A qui vous vous voudrez jouer !
Le Drappier.
Je puisse Dieu désavouer,
Si je n’ay neuf francs !
Guillemette.
Si je n’ay neuf francs ! Helas ! sire,
Chascun n’a pas si faim de rire
Comme vous, ne de flagorner.
Le Drappier.
Dictes, je vous pry’, sans sorner :
Par amour, faites-moy venir
Maistre Pierre ?
Guillemette.
Maistre Pierre ? Mesavenir
Vous puist-il ! Et est-ce à meshuy ?
Le Drappier.
N’est-ce pas ceans que je suy
Cheuz maistre Pierre Pathelin ?
Guillemette.
Ouy. Le mal sainct Mathelin,
Sans le mien, au cueur vous tienne !
Parlez bas !
Le Drappier.
Parlez bas ! Le dyable y avienne !
Ne le oseray-je demander !
Guillemette.
A Dieu me puisse commander !
Bas, se ne voulez qu’il s’esveille ?
Le Drappier.
Quel bas ? Voulez-vous en l’oreille,
Au fons du puys ou de la cave ?
Guillemette.
Hé Dieu ! que vous avez de bave !
Au fort, c’est tousjours vostre guise.
Le Drappier.
Le dyable y soit ! quand je m’avise :
Se voulez que je parle bas,
Payez-moy sans plus de debas ;
Telz noises n’ay-je point aprins.
Vray est que maistre Pierre a prins
Six aulnes de drap aujourd’huy.
Guillemette.
Et qu’est-ce cecy ? Est-ce à meshuy ?
Dyable y ait part ! Aga ! quel prendre ?
Ha ! sire, que l’en le puist pendre,
Qui ment ! Il est en tel party,
Le povre homme, qu’il n’est party
Du lict y a unze semaines !
Nous baillez-vous de vos trudaines ?
Maintenant en est-ce raison ?
Vous vuiderez de ma maison,
Par les angoisses Dieu, moy lasse !
Le Drappier.
Vous disiez que je parlasse
Si bas, saincte benoiste Dame ?
Vous criez !
Guillemette.
Vous criez ! C’estes vous, par m’ame,
Qui ne parlez, fors que de noise !
Le Drappier.
Dictes, afin que je m’en voise :
Baillez-moy ?
Guillemette.
Baillez-moy ? Parlez bas ! Ferez ?
Le Drappier.
Mais vous-mesmes l’esveillerez ;
Vous parlez plus hault quatre fois,
Par le sang bieu ! que je ne fais.
Je vous requier qu’on me delivre ?
Guillemette.
Et qu’est cecy ? Estes-vous yvre,
Ou hors de sens ? Dieu nostre pere !
Le Drappier.
Yvre ! Maugré en ait sainct Pere !
Voicy une belle demande !
Guillemette.
Helas ! plus bas !
Le Drappier.
Helas ! plus bas ! Je vous demande
Pour six aulnes, bon gré saint George,
De drap, dame…
Guillemette.
De drap, dame… On le vous forge !
Et à qui l’avez-vous baillé ?
Le Drappier.
A luy-mesme.
Guillemette.
A luy-mesme. Il est bien taillé
D’avoir drap ! Helas ! il ne hobe !
Il n’a nul besoin d’avoir robe :
Jamais robe ne vestira
Que de blanc, ne ne partira
D’ond il est que les piedz devant !
Le Drappier.
C’est doncq depuis soleil levant ?
Car j’ay à luy parlé sans faute.
Guillemette.
Vous avez la voix si très-haute :
Parlez plus bas, en charité !
Le Drappier.
C’estes-vous, par ma verité,
Vous-mesme, en sanglante estraine
Par le sang bieu ! veez-cy grant paine !
Qui me payast, je m’en allasse !
Par Dieu ! oncques que je prestasse,
Je n’en trouvay point autre chose !
Pathelin.
Guillemette ? Un peu d’eaue rose !
Haussez-moy, serrez-moy derriere !
Trut ! à qui parlay-je ? L’esguiere ?
A boire ? Frottez-moy la plante ?
Le Drappier.
Je l’oy là ?
Guillemette.
Je l’oy là ? Voire.
Pathelin.
Je l’oy là ? Voire. Ha, meschante !
Vien çà ? T’avoye-je fait ouvrir
Ces fenestres ? Vien moy couvrir !
Ostez ces gens noirs !… Marmara,
Carimari, carimara.
Amenez-les-moy, amenez !
Guillemette.
Qu’est-ce ? Comment vous demenez !
Estes-vous hors de vostre sens ?
Pathelin.
Tu ne vois pas ce que je sens :
Vela un moine noir qui vole ?
Prens-le, baille-luy une estole…
Au chat, au chat ! Comment il monte !
Guillemette.
Et qu’est cecy ? N’a’ vous pas honte ?
Et, par Dieu ! c’est trop remué.
Pathelin.
Ces physiciens m’ont tué
De ces brouilliz qu’ilz m’ont fait boire :
Et toutesfois les faut-il croire,
Ilz en oeuvrent comme de cire.
Guillemette.
Helas ! venez-le voir, beau sire :
Il est si très-mal patient.
Le Drappier.
Est-il malade, à bon escient,
Puis orains qu’il vint de la foire l
Guillemette.
De la foire ?
Le Drappier.
De la foire ? Par sainct Jehan, voire !
Je cuide qu’il y a esté.
Du drap que je vous ay presté,
Il m’en fault l’argent, maistre Pierre !
Pathelin.
Prendray-je ung autre cristere ?
Le Drappier.
Et que sçay-je ! Qu’en ay-je à faire ?
Neuf francs m’y fault, ou six escus.
Pathelin.
Ces trois petis morceaulx becuz,
Les m’appellez-vous pilloueres ?
Ilz m’ont gasté les machoueres.
Pour Dieu ! ne m’en faites plus prendre,
Maistre Jehan : ilz m’ont fait tout rendre.
Ha ! il n’est chose plus amere !
Le Drappier.
Non ont, par l’ame de mon pere !
Mes neuf francs ne sont point rendus.
Guillemette.
Parmy le col soient-ilz pendus
Tels gens qui sont si empeschables !
Allez-vous-en, de par les dyables,
Puis que de par Dieu ne peult estre !
Le Drappier.
Par celuy Dieu qui me fist naistre,
J’auray mon drap, ains que je fine,
Ou mes neuf francs !
Pathelin.
Ou mes neuf francs ! Et mon orine
Vous dit-elle point que je meure ?…
Bas à Guillemette.
Pour Dieu ! faites qu’il ne demeure.
Haut.
Que je ne passe point le pas !
Guillemette.
Allez-vous-en ! Et n’est-ce pas
Mal faict de luy tuer la teste ?
Le Drappier.
Dame ! Dieu en ait male feste !
Six aulnes de drap maintenant,
Dictes, est-ce chose avenant,
Par vostre foy, que je les perde ?…
Il me fault neuf francs rondement,
Que, bon gré sainct Pierre de Romme…
Guillemette.
Helas ! tant tourmentez cest homme !
Et comment estes-vous si rude ?
Vous voyez clerement qu’il cuide
Que vous soyez physicien ?
Helas ! le povre chrestien
A assez de male meschance :
Unze semaines, sans laschance,
A esté illec, le povre homme…
Le Drappier.
Par le sang Dieu ! je ne sçay comme
Cest accident luy est venu,
Car il est aujourd’huy venu
Et avons marchandé ensemble,
A tout le moins, comme il me semble,
Ou je ne sçay que ce peult estre !
Guillemette.
Par Nostre Dame ! mon doulx maistre,
Vous n’estes pas en bon memoire.
Sans faute, si me voulez croire.
Vous yrez un peu reposer :
Car moult de gens pourroient gloser
Que vous venez pour moy ceans.
Allez hors ! Les physiciens
Viendront icy tout en presence,
Je n’ay cure que l’en y pense
A mal, car je n’y pense point.
Le Drappier.
Et maugrebieu ! suis-je en poinct ?
Par la feste Dieu ! je cuidoye
Encor… Et n’avez-vous point d’oye
Au feu ?
Guillemette.
Au feu ? C’est très-belle demande !
Ah, sire ! ce n’est pas viande
Pour malades. Mangez vos oes,
Sans nous venir jouer des moes !
Par ma foy, vous estes trop aise !
Le Drappier.
Je vous pry’ qu’il ne vous desplaise,
Car je cuidoye fermement…
Encor’, par le sainct sacrement
Dieu !… Dea ! or voys-je sçavoir.
Je sçay bien que je dois avoir
Six aulnes, tout en une piece ;
Mais ceste femme me despiece
De tous poinctz mon entendement…
Il les a eues vrayement ?…
Non a, dea ! il ne se peut joindre !
J’ay veu la mort qui le vient poindre ;
Au moins, ou il le contrefaict…
Et si a ! il les print de faict,
Et les mist dessoubz son aisselle,
Par saincte Marie la belle !…
Non a ! Je ne sçay si je songe.
Je n’ay point aprins que je donge
Mes drapz, en dormant, ne veillant ?
A nul, tant soit mon bien vueillant,
Je ne les eusse point accrues…
Par le sang bieu ! il les a eues…
Et, par la mort ! non a, ce, ce tiens-je,
Non a !… Mais à quoy donc en viens-je ?
Si a, par le sang Notre-Dame !
Meschoir puist-il de corps et d’ame,
Si je sçay qui sçauroit à dire
Qui a le meilleur ou le pire
D’eux ou de moy ! Je n’y voy goute !…
Scène IV.
PATHELIN, GUILLEMETTE.
Pathelin, à Guillemette.
S’en est-il allé ?
Guillemette.
S’en est-il allé ? Paix ! J’escoute
Ne sçay quoy qu’il va flageollant.
Il s’en va si fort grumelant,
Qu’il semble qu’il doive desver.
Pathelin.
Il n’est pas temps de se lever ?
Comme il est arrivé à poinct !
Guillemette.
Je ne scay s’il reviendra point.
Nenny dea, ne bougez encore !
Nostre fait seroit tout frelore,
S’il vous trouvoit levé.
Pathelin.
S’il vous trouvoit levé. Sainct George !
Qu’il est venu à bonne forge,
Luy qui est si très-mescreant !
Il est en luy trop mieux seant
Qu’ung crucifix en ung monstier.
Guillemette.
En ung très-ord vilain bronstier,
Onc lard ès pois n’escheut si bien !
Et, quoy, dea, il ne faisoit rien
Aux dimenches !
Pathelin.
Aux dimenches ! Pour Dieu ! sans rire !
S’il venoit, il pourroit trop nuyre.
Je m’en tiens fort qu’il reviendra.
Guillemette.
Par mon serment, il s’en tiendra,
Qui vouldra ; mais je ne pourroye !
Scène V.
LE DRAPPIER, GUILLEMETTE, PATHELIN.
Le Drappier, seul, chez lui.
Et, par le sainct soleil qui roye,
Je retourneray, qui qu’en grousse,
Cheuz cest advocat d’eaue douce.
Hé, Dieu ! quel retrayeur de rentes
Que ses parens ou ses parentes
Auroient vendu ! Or, par sainct Pierre,
Il a mon drap, le faux tromperre !…
Je luy baillay en ceste place.
Guillemette, chez elle.
Quand me souvient de la grimace
Qu’il faisoit en vous regardant,
Je ris ! Il estoit si ardant
A demander…
Pathelin.
A demander… Or, paix, riace !
Je regnie bieu, que jà ne face :
S’il advenoit qu’on vous ouist,
Autant vaudroit qu’on s’enfouist.
Il est si très-rebarbatif.
Le Drappier, chez lui.
Et cest advocat portatif,
A trois leçons et trois pseaumes !
Et tient-il les gens pour Guillaumes ?
Il est, par Dieu ! aussi pendable
Comme seroit un branc prenable.
Il a mon drap, ou je regnie bieu !
Et il m’a joué de ce jeu…
Il va frapper à la porte de Pathelin.
Hola ! Où estes-vous fouye ?
Guillemette.
Par mon serment, il m’a ouye !
Il semble qu’il doye desver.
Pathelin.
Je feray semblant de resver.
Allez là ?
Guillemette, ouvrant au drappier.
Allez là ? Comment, vous criez !
Le Drappier.
Bon gré en ayt Dieu ! Vous riez ?
Çà, mon argent !
Guillemette.
Çà, mon argent ! Saincte Marie !
De quoy cuidez-vous que je rie ?
Il n’a si dolente en la feste !…
Il s’en va : oncques tel tempeste
N’ouystes, ne tel frenaisie :
Il est encore en resverie ;
Il resve, il chante, et puis fatrouille