La Farce de Maître Pathelin (page 3)
Tant de langaiges, et barbouille.
Il ne vivra pas demye heure.
Par ceste ame ! je ris et pleure
Ensemble.
Le Drappier.
Ensemble. Je ne sçay quel rire.
Ne quel pleurer. A brief vous dire.
Il faut que je soye payé.
Guillemette.
De quoy ? Estes-vous desvoyé ?
Recommencez-vous vostre verve ?
Le Drappier.
Je n’ay point apprins qu’on me serve
De tels mots en mon drap vendant.
Me voulez vous faire entendant
De vessies que sont lanternes ?
Pathelin.
Sus tost ! la royne des guiternes !
A coup, qu’ell’me soit approuchée !…
Je sçay bien qu’elle est accouchée
De vingt et quatre guiterneaux,
Enfans de l’abbé d’Iverneaux.
Il me fault estre son compere.
Guillemette.
Helas ! pensez à Dieu le pere,
Mon amy, non pas à guiternes.
Le Drappier.
Ha ! quels bailleurs de balivernes
Sont-ce cy ?… Or tost, que je soye
Payé, en or ou en monnoye,
De mon drap que vous avez prins !
Guillemette.
Hé, dea, se vous avez mesprins
Une foys, ne souffit-il mye ?
Le Drappier.
Sçavez-vous qu’il est, belle amye ?
M’aist Dieu, je ne sçay quel mesprendre !…
Mais, quoy ! il convient rendre ou pendre,
Quel tort vous fais je, se je vien
Ceans pour demander le mien ?
Quel ? Bon gré sainct Pierre de Romme !
Guillemette.
Helas ! tant tormentez cest homme !
Je voy bien, à votre visaige,
Certes, que vous n’estes pas saige…
Par ceste pecheresse lasse,
Si j’eusse ayde, je vous lyasse !
Vous estes trestout forcené.
Le Drappier.
Helas ! j’enraige que je n’ay
Mon argent !
Guillemette.
Mon argent ! Ha ! quel niceté !
Seignez-vous. Benedicite !
Faites le signe de la croix.
Le Drappier.
Or, regnie-je bieu se j’accrois,
De l’année, drap !… Hen ! quel malade !
Pathelin.
Mere de Diou, la Coronade,
Par fyé, y m’en voul anar,
or renague biou, outre mar !
Ventre de Diou ! zen dict gigone,
Castuy carrible, et res ne donne.
Ne carillaine, fuy ta none ;
Que de l’argent il ne me sone.
Au Drapier.
Avez entendu, beau cousin ?
Guillemette.
Il eut ung oncle Lymosin,
Qui fut frere de sa belle ante :
C’est ce qui le faict, je me vante,
Gergonner en lymosinois.
Le Drappier.
Dea, il s’en vint en tapinois
A-tout mon drap soubz son aisselle.
Pathelin.
Venez ens, doulce damizelle…
Et que veut ceste crapaudaille ?
Allez en arriere, mardaille !
Cha tost, je veuil devenir prestre.
Or cha, que le deable y puist estre
En chelle viele prestrerie !
Et faut-il que le preste rie
Quand il deust canter sa messe ?
Guillemette.
Helas ! helas ! l’heure s’appresse
Qu’il fault son dernier sacrement !
Le Drappier.
Mais comment parle-il proprement
Picard ? D’ond vient tel coquardie ?
Guillemette.
Sa mere fut de Picardie ;
Pour ce, le parle maintenant.
Pathelin.
D’ond viens-tu, caresme prenant ?
Wacarme liefve, Gonedman,
Tel bel bighod gheueran.
Henriey, Henriey, conselapen
Ich salgned, ne de que maignen ;
Grile, grile, schole houden,
Zilop, zilop, en nom que bouden,
Disticlien unen desen versen
Mat groet festal ou truit den herzen.
Hau, Wattewille ! come trie.
Cha, à dringuer, je vous en prie !
Tantost, qui me confessera ?
Le Drappier.
Qu’est cecy ? Il ne cessera
Huy de parler divers langaige ?
Au moins, qu’il me baillast ung gaige
Ou mon argent, je m’en allasse !
Guillemette.
Par les angoisses Dieu ! moy lasse !
Vous estes ung bien divers homme !
Que voulez-vous ? Je ne sçay comme
Vous estes si fort obstiné.
Pathelin.
Les playes Dieu ! Qu’est-ce qui s’ataque
A men cul ? Est-che or une vaque,
Une mousque ou ung escarbot ?
Hé dea, j’ay le mau sainct Garbot !
Le Drappier.
Comment peut-il porter le fés
De tant parler ? Ha ! il s’affole !
Guillemette.
Celuy qui l’apprint à l’escole
Estoit Normand : ainsi avient
Qu’en la fin il luy en souvient.
Il s’en va !
Le Drappier.
Il s’en va ! Ah ! saincte Marie !
Vecy la plus grand’resverie
Où je fusse oncques-mais bouté.
Jamais ne me fusse douté
Qu’il n’eust huy esté à la Foire !
Guillemette.
Vous le cuydez ?
Le Drappier.
Vous le cuydez ? Saint Jacques ! voire :
Mais j’apperçoy bien le contraire.
Pathelin.
Sont-il ung asne que j’os braire ?
Huiz oz bez ou dronc noz badou
Digaut an can en ho madou
Empedit dich guicebnuan
Quez que vient ob dre donchaman
Men ez cachet hoz bouzelou
Eny obet grande canou
Maz rechet crux dan holcon,
So ol oz merveil gant nacon,
Aluzen archet episy,
Har cals amour ha courteisy.
Le Drappier.
Helas ! pour Dieu, entendez y !
Il s’en va ! Comment il gargouille ?
Mais que dyable est-ce qu’il barbouille ?
Saincte Dame ! comme il barbote !
Par le corps bien ! il barbelote
Ses mots, tant qu’on n’y entent rien.
Il ne parle pas chrestien.
Ne nul langaige qui apere.
Guillemette.
Ce fut la mere de son pere,
Qui fut attraicte de Bretaigne…
Il se meurt : cecy nous enseigne
Qu’il faut ses derniers sacremens
Pathelin.
Hé, par sainct Gignon, tu ne mens !
Et bona dies sit vobis,
Magister amantissime,
Pater reverendissime.
Quomodò brûlis ? Quæ nova ?
Parisius non sum ova.
Quid petit ille mercator ?
Dicat sibi quod trufator
Ille, qui in lecto jacet,
Vult ei dare, si placet,
De ocâ ad comedendum :
Si sit bona ad edendum,
Pete sibi sine morâ.
Guillemette.
Par mon serment, il se mourra,
Tout parlant ! Comment il escume !
Veez-vous pas comment il fume ?
A haultaine divinité,
or s’en va son humanité !
Or demourray-je povre et lasse !
Le Drappier.
Il fust bon que je m’en allasse,
Avant qu’il eust passé le pas.
Je doute qu’il ne voulsist pas
Vous dire à son trespassement,
Devant moy, si priveement,
Aucuns secrez, par aventure ?
Pardonnez-moy ; car je vous jure
Que je cuydoie, par ceste ame,
Qu’il eust eu mon drap. Adieu, dame.
Pour Dieu, qu’il me soit pardonné !
Guillemette.
Le benoist jour vous soit donné !
Si soit à la povre dolente !
Le Drappier.
Par saincte Marie la gente !
Je me tiens plus esbaubely
Qu’onques !… Le dyable, en lieu de ly,
A prins mon drap pour moy tenter.
Benedicite ! Attenter
Ne puist-il jà à ma personne !
Et, puis qu’ainsi va, je le donne.
Pour Dieu, à quiconques l’a prins.
Scène VI.
PATHELIN, GUILLEMETTE.
Pathelin.
Avant ! Vous ay-je bien apprins ?
Or s’en va-il, le beau Guillaume !
Dieux ! qu’il a dessoubz son heaulme
De menues conclusions !
Moult luy viendra d’avisions
Par nuyt, quant il sera couchié.
Guillemette.
Comment il a esté mouchié !
N’ay-je pas bien faict mon devoir ?
Pathelin.
Par le corps bieu ! à dire voir,
Vous y avez très-bien ouvré.
Au moins, avons-nous recouvré
Assez drap pour faire des robes.
fin du deuxième acte.
ACTE III
Scène I
LE DRAPPIER, puis LE BERGIER.
Le Drappier, seul.
Quoy ! dea chascun me paist de lobes !
Chascun m’emporte mon avoir,
Et prent ce qu’il en peut avoir !
Or suis-je roy des meschéans ?
Mesmement, les bergers des champs
Me cabassent, ores le mien,
A qui j’ay tousiours faict du bien.
Il ne m’a pas pour rien gabé :
Il en viendra au pied levé.
Par la Benoiste couronnée !
Thibault Aignelet, bergier.
Dieu vous doint benoiste journée
Et bon vespre, mon seigneur doulx !
Le Drappier.
Ha ! es-tu là, truant merdoux !
Quel bon varlet ! Mais à quoy faire ?
Le Bergier.
Mais qu’il ne vous vueille desplaire ;
Ne sçay quel vestu de royé.
Mon bon seigneur, tout desvoyé,
Qui tenoit ung fouet sans corde,
M’a dict… Mais je ne me recorde
Point bien, au vray, ce que peut estre.
Il m’a parlé de vous, mon maistre,
Et ne sçay quelle ajournerie.
Quant à moy, par saincte Marie !
Je n’y entends ne gros, ne gresle
Il m’a brouillé de pesle mesle,
De brebis et de relevée,
Et m’a faict une grant levée
De vous, mon maistre, de boucher…
Le Drappier.
Se je ne te fais emboucher
Tout maintenant devant le juge,
Je prie à Dieu que le deluge
Courre sur moy et la tempeste !
Jamais tu n’assommeras beste,
Par ma foy, qu’il ne t’en souvienne !
Tu me rendras, quoy qu’il advienne.
Six aulnes… dis-je, l’assommaige
De mes bestes et le dommaige
Que tu m’as faict depuis dix ans.
Le Bergier.
Ne croyez pas les mesdisans.
Mon bon seigneur, car, par ceste ame…
Le Drappier.
Et, par la Dame que l’en reclame !
Tu rendras, avant samedy,
Mes six aulnes de drap… Je dy
Ce que tu as prins sur mes bestes.
Le Bergier.
Quel drap ? Ah ! mon seigneur, vous estes,
Ce croy, courroucé d’autre chose.
Par sainct Leu ! mon maistre, je n’ose
Rien dire quand je vous regarde.
Le Drappier.
Laisse m’en paix, va t’en, et garde
Ta journée, se bon te semble !
Le Bergier.
Mon seigneur, accordons ensemble,
Pour Dieu ! que je ne plaide point.
Le Drappier.
Va, ta besongne est en bon poinct ;
Va t’en ! Je nen accorderay,
Par Dieu, je n’en appointeray
Qu’ainsi que le juge fera.
Ha, quoy ! chacun me trompera
Mesouen, se je n’y pourvoie.
Le Bergier.
A Dieu, sire, qui vous doint joie !
Il faut donc que je me defende.
Il frappe à la porte de Pathelin.
A-il ame là ?
Scène II.
PATHELIN, GUILLEMETTE, LE BERGIER.
Pathelin.
A-il ame là ? On me pende,
S’il ne revient, parmy la gorge !
Guillemette.
Et non faict, que bon gré sainct George !
Ce seroit bien au pis venir.
Le Bergier, entrant.
Dieu y soit ! Dieu puist advenir !
Pathelin.
Dieu te gard, compains ! Que te fault ?
Le Bergier.
On me piquera en defaut
Se je ne voys à ma journée.
Monseigneur, à de relevée.
Et, s’il vous plaist, vous y viendrez,
Mon doulx maistre ; et me defendrez
Ma cause, car je n’y sçay rien.
Et je vous payeray très-bien,
Pourtant, se je suis mal vestu.
Pathelin.
Or vien çà ? Parles ! Qui es-tu ?
Ou demandeur ? ou defendeur ?
Le Bergier.
J’ay affaire à ung entendeur
(Entendez-vous bien, mon doulx maistre ?)
A qui j’ay longtemps mené paistre
Ses brebis, et les luy gardoye.
Par mon serment ! je regardoye
Qu’il me payoit petitement…
Diray-je tout ?
Pathelin.
Diray-je tout ? Dea, seurement :
A son conseil doit-on tout dire.
Le Bergier.
Il est vray et vérité, sire,
Que je les luy ay assommées ;
Tant que plusieurs se sont pasmées
Maintesfois, et sont cheutes mortes,
Tant feussent-elles saines et fortes.
Et puis, je luy fesoye entendre,
Afin qu’il ne m’en peust reprendre,
Qu’ilz mouroient de la clavelée.
« Ha ! faict-il ; ne soit plus meslée
Avec les autres : gette-la !
— Voulentiers ! » fais-je. Mais cela
Se faisoit par une autre voye :
Car, par sainct Jean ! je les mangeoye,
Qui sçavoye bien la maladie.
Que voulez-vous que je vous die ?
J’ay cecy tant continué,
J’en ay assommé et tué
Tant, qu’il s’en est bien apperçeu.
Et quand il s’est trouvé deçeu,
M’aist dieu ! il m’a fait espier :
Car on les ouyt bien crier
(Entendez-vous ?) quand on le sçait.
Or, j’ay esté prins sur le faict :
Je ne le puis jamais nier.
Si vous voudroye bien prier
(Pour du mien, j’ay assez finance)
Que nous deux luy baillons l’avance.
Je sçay bien qu’il a bonne cause ;
Mais vous trouverez bien tel clause,
Se voulez, qu’il l’aura mauvaise.
Pathelin.
Par ta foy, seras-tu bien aise ?
Que donras-tu, si je renverse
Le droit de ta partie adverse,
Et si je t’en envoye absoulz ?
Le Bergier.
Je ne vous payeray point en soulz,
Mais en bel or à la couronne.
Pathelin.
Donc auras-tu ta cause bonne.
Et, fust-elle la moytié pire,
Tant mieulx vault, et plustost l’empire,
Quand je veulx mon sens aplicquer.
Que tu m’orras bien descliquer,
Quand il aura fait sa demande !
Or, vien çà : et je te demande,
Par le sainct sang bien précieux !
Tu es assez malitieux
Pour entendre bien la cautelle.
Comment est-ce que l’en t’appelle ?
Le Bergier.
Par sainct Maur ! Thibault l’Aignelet.
Pathelin.
L’Aignelet, maint aigneau de laict
Tu as cabassé à ton maistre ?
Le Bergier.
Par mon serment ! il peut bien estre
Que j’en ay mangé plus de trente
En trois ans.
Pathelin.
En trois ans. Ce sont dix de rente.
Pour tes dez et pour ta chandelle.
Je croy que luy bailleray belle !…
Penses-tu qu’il puisse trouver
Sur piez, par qui ces faicts prouver ?
C’est le chief de la playderie.
Le Bergier.
Prouver, sire ! Saincte Marie !
Par tous les saincts de paradis !
Pour ung, il en trouvera dix,
Qui contre moy deposeront.
Pathelin.
C’est ung cas qui bien fort desrompt
Ton faict… Vecy que je pensoye :
Je faindray que point je ne soye
Des tiens, ne que je te visse oncques ?
Le Bergier.
Ne ferez, dieux !
Pathelin.
Ne ferez, dieux ! Non, rien quelconques.
Mais vecy qui te conviendra :
Se tu parles, on te prendra,
Coup à coup, aux positions ;
Et, en telz cas, confessions
Sont si très-prejudiciables,
Et nuysent tant, que ce sont dyables !
Et, pour ce, vecy qu’il faudra :
Jà tost, quand on t’appellera
Pour comparoir en jugement,
Tu ne respondras nullement,
Fors Bée, pour riens que l’on te die,
Et, s’il advient qu’on te mauldie,
En disant : « Hé, cornart puant ;
Dieu vous mette en mal an, truant !
Vous mocquez-vous de la justice ? »
Dy : Bée. « Ha ! feray-je, il est nice ;
Il cuide parler à ses bestes. »
Mais, s’ilz devoient rompre leurs testes,
Que autre mot n’ysse de ta bouche :
Garde-t’en bien !
Le Bergier.
Garde-t’en bien !Le faict me touche.
Je m’en garderay vrayement,
Et le feray bien proprement,
Je vous promets et afferme.
Pathelin.
Or t’en garde ; tiens-toy bien ferme,
A moy-mesme, pour quelque chose
Que je te die, ne propose,
Si ne respondz point autrement.
Le Bergier.
Moy ! nenny, par mon sacrement !
Dictes hardiment que j’affolle,
Se je dy huy autre parolle,
Vous ne à autre personne,
Pour quelque mot que l’on me sonne,
Fors Bée, que vous m’avez apprins.
Pathelin.
Par sainct Jean ! ainsi sera prins
Ton adversaire par moe.
Mais, aussi, fais que je me loe,
Quand ce sera faict, de ta paye.
Le Bergier.
Monseigneur, se je ne vous paye
A vostre mot, ne me croyez
Jamais. Mais, je vous pry’, voyez
Diligemment à ma besongne.
Pathelin.
Par Nostre Dame de Boulogne !
Je tiens que le juge est assis.
Car il se siet tousjours à six
Heures, ou illec environ,
Or vien après moy : nous n’iron
Pas tous les deux par une voye.
Le Bergier.
C’est bien dit : afin qu’on ne voye
Que vous soyez mon advocat ?
Pathelin.
Nostre Dame ! moquin, moquat,
Se tu ne payes largement !…
Le Bergier.
Dieux ! à vostre mot vrayment,
Monseigneur, n’en faictes nul doubte.
Pathelin, seul.
Hé dea, s’il ne peult, il desgoute.
Au moins, auray-je une espinoche :
J’auray de luy, s’il chet en coche,
Ung escu ou deux, pour ma paine.
Scène III.
PATHELIN, LE JUGE.
Pathelin, au Juge.
Sire, Dieu vous doint bonne estraine,
Et ce que vostre cueur desire !
Le Juge.
Vous soyez le bien venu, sire !
Or vous couvrez. Çà, prenez place.
Pathelin.
Dea, je suis bien, sauf vostre grace :
Je suis icy plus à delivre.
Le Juge.
S’il y a riens, qu’on se delivre
Tantost, affin que je me lieve ?
Scène IV.
LES MÊMES, LE DRAPPIER, puis LE BERGIER.
Le Drappier.
Mon advocat vient, qui achieve
Ung peu de chose qu’il faisoit.
Monseigneur ; et, s’il vous plaisoit,
Vous feriez bien de l’attendre.
Le Juge.
Hé dea ! j’ay ailleurs à entendre.
Se vostre partie est presente,
Delivrez-vous, sans plus d’attente.
Et n’estes-vous pas demandeur ?
Le Drappier.
Si suis.
Le Juge.
Si suis. Où est le defendeur ?
Est-il cy present en personne ?
Le Drappier.
Ouy : veez-le là qui ne sonne
Mot ; mais Dieu scet qu’il en pense !
Le Juge.
Puisque vous estes en presence
Vous deux, faites vostre demande.
Le Drappier.
Vecy doncques que luy demande,
Monseigneur. Il est verité
Que, pour Dieu et en charité.
Je l’ay nourry en son enfance ;
Et, quand je vy qu’il eut puissance