Salammbô (page 27)
(*) Page 54.
LXVIII. Quand les Carthaginois comprirent leur erreur, il était déjà trop tard. Ils avaient commis une première faute en laissant s’amasser dans une même région une telle multitude de Barbares, alors qu’ils ne pouvaient espérer, en cas de conflit, aucun secours sérieux de leurs troupes nationales ; et, faute plus grave encore, ils avaient laissé échapper les femmes, les enfants, les bagages des Mercenaires, au lieu de s’en servir comme d’autant d’otages, pour envisager la situation avec plus de calme et peser avec plus de poids sur la détermination des Barbares.
Voilà que le camp ennemi était à leurs portes : ils en furent effrayés.
Comment essayer de calmer la fureur de ces hordes déchaînées ? On s’y employa par tous les moyens. Les Mercenaires demandaient des vivres, on leur en envoya à profusion (*),
(*) Page 72, § 4. Les soldats demandèrent des vivres… on leur envoya des bœufs, des moutons, des pintades…
pour des prix dérisoires, fixés au pur caprice des rebelles (*).
(*) Page 72, ligne 33. Ils offraient pour un bélier la valeur d’un pigeon, pour trois chèvres, etc.
À maintes reprises, on leur dépêcha en ambassade des sénateurs (*) avec promesse de satisfaire à leurs réclamations, aussitôt que possible.
(*) Page 72, § 2. Enfin des membres du Grand Conseil, etc.
Tous les jours, les Mercenaires imaginaient de nouvelles prétentions (*) :
(*) Page 75, § 2 et 3. Ils demandaient tout ce qui leur semblait beau, etc… ils réclamèrent des tentes, etc.
elles croissaient avec leur audace, et avec la crainte qu’ils sentaient peser sur Carthage. D’ailleurs, leurs anciens succès, les souvenirs de la guerre qu’ils avaient soutenue, en Sicile, contre les légions romaines, les grisaient ; ils s’imaginaient que personne n’oserait se mesurer avec eux, pas plus Carthage qu’aucun autre peuple.
C’est pourquoi, après avoir obtenu ce qu’ils voulaient sur la question de la solde, ils avancèrent de nouvelles exigences : Carthage devait leur rembourser la valeur des chevaux qu’ils avaient perdus à la guerre (*).
(*) Page 75, ligne 3. Il était juste, prétendaient les cavaliers que la République les indemnisât de leurs chevaux, etc.
Carthage ayant cédé sur ce nouveau point, ils demandèrent, en argent, le prix du blé qu’ils auraient dû recevoir depuis longtemps, au taux le plus élevé où il s’était vendu pendant la guerre (*).
(*) Page 76, § 2. Puis ils demandèrent qu’on leur payât en argent tout le blé qu’on leur devait, et au plus haut prix où il s’était vendu pendant la guerre.
Enfin, chaque invention nouvelle en amenait une autre, et, poussés par un tas d’intrigants et d’hommes sans aveu, les Barbares exigeaient pour leur soumission des sacrifices de moins en moins acceptables. Les Carthaginois étaient néanmoins résignés à toutes les concessions : ils proposèrent de s’en remettre à l’arbitrage des généraux qui avaient commandé en Sicile. Ils allèrent même plus loin ; les Barbares ne voulaient pas entendre parler d’Hamilcar Barca, leur ancien chef ; ce général, qui ne daignait même pas se présenter en député auprès d’eux, et qui avait abandonné leur commandement, ils le tenaient pour le principal responsable de leur situation ; au contraire, leur sympathie allait à Giscon, qui, durant son commandement en Sicile et surtout pendant le retour, s’était montré en mainte circonstance plein de bienveillance à leur endroit : c’est Giscon qui fut donc désigné comme arbitre (*).
(*) Page 78, § 2. Il fallut bien recourir à Giscon, etc.
LXIX. Giscon arriva à Tunis, par mer, avec de l’argent (*).
(*) Page 78, § 2. Un matin, ils virent les chaînes du port s’abaisser… etc.
Il réunit d’abord les capitaines, puis les soldats, nation par nation. Il commença par des reproches sur leur conduite passée (*),
(*) Page 78, § 6. Puis il blâma les torts de la République et ceux des Barbares, etc.
puis il leur exposa la situation présente, mais c’est surtout de l’avenir qu’il leur parla ; et il les suppliait de se montrer cléments pour une République, qui, depuis si longtemps, avait recours à leurs bras. Ensuite, il se mit à la paye de la solde, en procédant nation par nation (*).
(*) Page 79, ligne 1. Et Giscon se mit à la paye, en commençant par les Libyens.
Mais il y avait parmi les Mercenaires un Campanien, ancien esclave déserteur de Rome, d’une force merveilleuse et d’une astuce incroyable à la guerre : il s’appelait Spendius (*).
(*) Page 8, § 3. On le nommait Spendius, etc.
Cet homme redoutait de retomber au pouvoir de son ancien maître, qui le recherchait (*),
(*) Page 31, § 4, On l’avait pris, il s’était échappé… Comme on devait rendre aux Romains…
et d’aller, selon la loi romaine, mourir sur la croix ; c’est pourquoi il n’était discours ni manœuvres qu’il n’employât pour faire échouer l’arrangement projeté entre les rebelles et Carthage. Il avait avec lui un Libyen, du nom de Mathos, homme de naissance libre, qui avait servi en Sicile, et était alors l’âme de tous les troubles (*).
(*) Cf. page 32.
Mathos avait peur de payer pour les autres, et il entrait ainsi dans les desseins de Spendius (*).
(*) Page 32. [On voit que le « roman » de Mâtho, son amour pour Salammbô, sa haine, ses tourments, ne trouvent pas place dans le récit de Polybe.]
Il (*) alla donc trouver les Libyens (*) et leur dit :
(*) Dans Salammbô, c’est Spendius. Cf. page 79.
(*) Page 79, ligne 28 … il alla réveiller les Libyens, etc.
« Quand les autres Mercenaires seront rentrés dans leurs foyers, après avoir touché leur solde (*), vous autres vous resterez en Afrique (*) ;
(*) Page 79. Il leur dit : quand les Ligures, les Grecs, les Balèares seront payés, ils s’en retourneront.
(*) Page 79. Mais vous autres, vous resterez en Afrique, etc.
et c’est sur vous que Carthage fera tomber toute sa haine, cherchant, par quelque horrible vengeance, à terrifier toutes les tribus africaines. »
Ces paroles soulevèrent les Libyens ; sous le fallacieux prétexte que Giscon, en acquittant la solde, remettait à plus tard le remboursement du blé et des chevaux (*), ils se déchaînèrent aussitôt.
(*) Page 83, ligne 17. Alors les Africains réclamèrent le blé…
Toutes les calomnies, toutes les accusations de Spendius et de Mathos contre Giscon et contre Carthage portaient leurs fruits : quiconque demandait la parole était lapidé et avant même que l’on sût si c’était en faveur de Spendius qu’il parlait ou contre lui (*)·
(*) Page 82, § 4. Quelques-uns montaient à ses côtés… ils étaient immédiatement lapidés, etc.
Les hommes, soldats ou capitaines, qui périrent de la sorte furent nombreux. Un seul mot était compris de tous : frappe ! tant le geste leur était habituel (*).
(*) Page 83, ligne 9. Le mot « frappe », différent dans chaque langue, était compris de tous.
Mais c’est surtout après le repas que leur fureur était terrible (*) ;
(*) Page 83, ligne 3. Ils devenaient terribles après le repas…
à peine le mot fatal, frappe, avait-il été dit, les meurtriers surgissaient de toute part, et avec une telle rapidité, que leur victime ne pouvait échapper à leurs coups. Finalement, nul ne se risqua à prendre part aux délibérations ; Mathos et Spendius furent nommés généraux (*).
(*) Page 116, § 4. et passim.
LXX. Dans l’anarchie et le tumulte universels, Giscon comprit toute la gravité du danger que courait la République ; et comme l’intérêt de Carthage passait, à ses yeux, avant tout, il ne désespéra pas de son œuvre : il continua à lutter contre la tempête (*) ;
(*) Page 83, § 3. Giscon savait bien que la Patrie l’abandonnait, etc.
tantôt c’est aux capitaines qu’il s’adressait, et tantôt il réunissait les hommes de chaque tribu et les exhortait au devoir. Un jour même que les Libyens réclamaient impétueusement leur argent, « demandez-le à Mathos », répondit Giscon pour les braver (*).
(*) Page 84. § 1. Comme ils criaient : « L’argent, l’argent », Giscon à la fin répondit : « Que votre général vous en donne ! »
À ces mots, leur fureur ne connut plus de bornes : ils se jetèrent sur l’argent (*) et arrêtèrent Giscon et sa suite(*).
(*) Page 84, § 1. Ils brisèrent la caisse de sycomore…
(*) Page 84, § 3. Giscon écarta les bras. Avec un nœud coulant, etc.
Mathos et Spendius, espérant que la guerre allait éclater enfin, si les Barbares se portaient à des actes réprouvés par le droit des gens, se mirent à les exciter encore, et non contents d’avoir pillé l’argent, les Barbares saccagèrent tous les bagages des Carthaginois (*).
(*) Page 84, § 4. Ils saccagèrent sa tente…
Enfin, Giscon et les siens furent ignominieusement garrotés et jetés en prison (*).
(*) Page 84, § 5. On les précipita dans la fosse, etc.
Dès lors, par une entente criminelle et au mépris de toutes les lois humaines, les Barbares portèrent contre Carthage une guerre ouverte. Tels furent les débuts de cette lutte, que l’on a appelée la guerre d’Afrique.
Mathos, tous ces exploits accomplis, expédia des hommes en ambassade à toutes les villes de la Libye, pour les appeler à la révolte et réclamer leur appui (*).
(*) Page 114, ligne 7. Spendius, Narr’Havas et Mâtho expédièrent des hommes à toutes les tribus, etc.
La plupart se joignirent ardemment à lui et lui envoyèrent à l’envi des vivres et des renforts (*).
(*) Page 115, lignes 23 et 28. On expédia des bestiaux et de l’argent. En même temps, les secours d’hommes affluaient…
Alors les Barbares divisèrent leurs forces en deux armées ; l’une irait attaquer Utique et l’autre Hippone (*),
(*) Page 116, § 4. Il fut décidé que Spendius irait attaquer Utique, Mâtho Hippo-Zarytce…
car, seules parmi toutes les autres, ces deux villes avaient refusé leur alliance aux rebelles (*).
(*) Page 116, § 2. Utique et Hippo-Zaryte refusèrent leur alliance. Colonies phéniciennes, etc.
LXXI.
LXXII. De toutes ces calamités si terribles, Carthage portait une lourde part de responsabilité. Durant la campagne précédente, s’autorisant des nécessités de la guerre pour se montrer exigeante, la République avait durement traité les Africains : elle leur avait pris la moitié de leurs récoltes ; elle avait frappé les villes d’impôts deux fois plus lourds qu’auparavant ; insensible et sourde aux supplications des pauvres, elle donnait ses encouragements et son estime non pas aux gouverneurs humains envers le peuple et bienveillants, mais à ceux qui, comme Hannon, par de douloureuses exactions, faisaient rendre le plus d’argent et savaient accroître les ressources de la République (*).
(*) Page 114, ligne 9. Carthage exténuait ces peuples ; elle en tirait des impôts exorbitants… Les gouverneurs étaient estimés comme des pressoirs, d’après la quantité qu’ils faisaient rendre…
Aussi, il ne fut pas besoin de longues exhortations pour faire prendre les armes à ces populations irritées : la seule nouvelle de la guerre suffit à les leur faire prendre (*) ;
(*) Page 115, ligne 11. Les courriers n’étaient pas encore partis que, dans les provinces, une joie universelle éclata…
les femmes, qui jadis avaient vu en silence leurs maris et leurs pères jetés en prison pour avoir résisté aux exacteurs, firent, dans toutes les villes, le serment de ne rien dissimuler de ce qu’elles possédaient de précieux : on les vit donner leurs bijoux, afin de subvenir à l’entretien des troupes (*).
(*) Page 115, ligne 18. Les femmes donnèrent leurs colliers, etc.
Grâce à cette générosité, Mathos et Spendius purent payer aux Mercenaires la solde qu’ils leur avaient promise pour les inciter à la résistance et firent face, en outre, à toutes les exigences de la guerre (*).
(*) Page 115, ligne 24. Mâtho paya vite aux Mercenaires l’arrérage de leur solde…
Ainsi Carthage apprenait que le sage ne doit pas seulement songer au présent : c’est surtout à l’avenir qu’il doit penser.
LXXIII. Tant de calamités épuisaient la République. Cependant, elle investit du commandement de ses forces Hannon, le conquérant des campagnes d’Hécatompyle, en Libye (*) ;
(*) Page 119, § 2. On décida de s’en remettre à Hannon, le vainqueur d’Hécatompyle.
elle enrôla des Mercenaires, arma tous les citoyens valides (*),
(*) Page 120, ligne 3. Il décréta l’enrôlement de tous les citoyens valides…
organisa et instruisit des cavaliers. Enfin, elle arma ce qui lui restait de sa flotte, quelques galères, des navires à cinquante rames, ses plus gros vaisseaux (*).
(*) Page 120, ligne 5. Il ordonna même la construction de quatorze galères, etc.
Cependant l’armée de Mathos, grossie d’environ soixante-dix mille Africains et divisée en deux corps, assiégeait tranquillement Utique et Hippone. Son camp, établi devant Tunis (*),
(*) Page 123, ligne 1.
était à l’abri d’une surprise et Carthage se trouvait coupée du reste de la Libye. La ville en effet, est située au fond d’un golfe, sur un promontoire en forme de presqu’île ; enserrée presque complètement entre un lac et la mer, elle communique avec le continent par un isthme, large d’environ vingt-cinq stades. Du côté de la mer, à une faible distance, c’est Utique ; du côté du lac, Tunis. De sorte que, sur chacun de ses flancs, la ville avait une armée de Barbares ; leurs attaques, de jour ou de nuit, les portaient jusqu’aux murailles et jetaient les Carthaginois dans une anxiété et une terreur sans bornes.
LXXIV. Hannon excellait aux préparatifs de la guerre ; il les poussa énergiquement. Mais dès qu’il se mettait en campagne, c’était un tout autre homme : il ne savait pas profiter des circonstances, et les événements le trouvaient désarmé et sans ressort. On le vit tout de suite : ayant marché au secours d’Utique (*),
(*) Page 120, ligne 27. Utique avait déjà réclamé plusieurs fois les secours de Carthage…
il avait commencé par jeter l’effroi parmi les ennemis, par le nombre de ses éléphants (il n’en avait pas moins de cent) (*) ;
(*) Page 120, § 3. Il perdit encore trois lunes à équiper les cent douze éléphants.
et il touchait à la victoire, lorsqu’il laissa échapper la fortune et manœuvra si mal, qu’il faillit, du même coup, faire écraser son armée et entraîner les gens d’Utique dans son désastre. Il avait fait descendre de la vile des traits, des catapultes, tout un matériel de siège (*) et, adossé aux murailles, il avait attaqué les retranchements des Barbares.
(*) Page 127, ligne 20. Enfin apparurent les échafaudages des hautes machines, etc. …
À peine les éléphants se furent-ils avancés (*)
(*) Page 129, ligne 17. Aussitôt la terre s’ébranla, etc.
que les ennemis, incapables de résister à la masse et à l’impétuosité des bêtes, prirent la fuite et abandonnèrent le camp ; un grand nombre moururent écrasés (*) ;
(*) Page 129.
les survivants se réfugièrent sur une colline escarpée et boisée (*),
(*) Page 130, ligne 4. Ils se cachaient dans les collines, etc.
qui, par sa position, semblait leur offrir un abri assuré. Quant à Hannon, habitué à combattre les Numides et les Africains, qui, lorsqu’ils sont battus, se mettent à fuir sans arrêt pendant deux et trois jours, Hannon s’imagina que c’en était fait des Barbares, qu’il ne lui en restait plus à vaincre ; il laissa là les soldats et le camp, et, retournant dans la ville, il alla faire donner des soins à sa personne (*).
(*) Page 130, ligne 18. Il se fit conduire aux étuves et appela ses cuisiniers. Trois heures après, il était encore enfoncé dans l’huile, etc.
Mais les Mercenaires réfugiés sur la colline avaient été formés à l’audace par Barca ; dans la campagne de Sicile, ils avaient pris l’habitude des multiples retraites, suivies, dans la même journée, de multiples et brusques retours offensifs : ils n’eurent pas plutôt vu le général rentrer dans la ville, et la plupart de ses hommes, grisés par leur succès, se répandre à l’abandon hors du camp, qu’ils se réunirent, tombèrent sur les retranchements, massacrèrent un grand nombre de Carthaginois, et rejetèrent honteusement le reste jusqu’aux murs et aux portes d’Utique (*).
(*) Page 134, ligne 10. Les Carthaginois n’avaient point cherché à poursuivre les Barbares, etc.
Ils s’emparèrent de tous leurs bagages, des machines de guerre et des munitions qu’Hannon avait laissées hors des murs, exposées à un coup de mains de l’ennemi(*).
(*) Page 136, § 4. On avait perdu… un bagage considérable et toutes les machines de guerre…
Ce ne fut d’ailleurs pas la seule occasion où Hannon fit preuve d’une telle impéritie : peu de jours après, devant la ville de Gorza (*),
(*) Page 135, ligne 32. Quatre jours après, il était à Gorza…
face à face avec les Barbares, deux fois, s’il avait su profiter des circonstances, il aurait pu les anéantir par une bataille rangée, et deux fois par un assaut : mais malgré la proximité de l’ennemi et l’occasion si favorable, il laissa passer la fortune (*).
(*) Page 136, ligne 2.
LXXV. Voyant la tournure que prenaient les choses entre les mains d’Hannon, les Carthaginois appelèrent de nouveau au commandement Hamilcar Barca (*) ;
(*) Cf. chap. VII.
ils l’envoyèrent contre les Barbares avec soixante-dix éléphants (*),
(*) Page 189, ligne 23. Il organisa une phalange de soixante-douze éléphants.
tout ce qu’ils avaient pu recruter comme Mercenaires (*),
(*) Page 188. Il envoya dans la Ligurie acheter des soldats…
tous ceux qui avaient déserté le parti de l’ennemi, des cavaliers et des fantassins de Carthage ; en tout, dix mille hommes (*).
(*) Cf. le détail, page 190.
Dès sa première campagne, Hamilcar fondit sur les Barbares, les étourdit, jeta la confusion dans leurs âmes et délivra Utique ; il apparut alors, digne à la fois de ses anciens exploits et des espérances du peuple. Voici comment les choses se passèrent. Les collines qui enserrent le défilé par lequel Carthage communique avec l’Afrique sont d’un abord difficile, et ne permettent l’accès de la plaine que par quelques chemins tracés de main d’homme.
Les positions les plus avantageuses, Mathos avait eu soin de les faire toutes garder par ses troupes (*).
(*) Page 194.
De plus, il occupait l’unique pont du Makar (*),
(*) Page 194, ligne 15. Spendius, avec quinze mille hommes, se porta jusqu’au pont bâti sur le Macar, etc.
fleuve qui en plusieurs points coupe toute communication entre Carthage et la campagne et dont la profondeur est telle qu’il n’est presque jamais guéable. Mathos avait même bâti une ville à la tête de ce pont ; de sorte que les Carthaginois ne pouvaient ni se porter en masse vers la campagne, ni sortir isolément de Carthage, sans tomber sous les regards de l’ennemi. Mais Hamilcar savait tirer parti de toute chose et de toute circonstance, et voici l’expédient qu’il imagina :
Il avait remarqué qu’à l’endroit où le Makar se jette dans la mer les sables s’y amoncelaient sous l’influence de certains vents et formaient ainsi une chaussée naturelle, recouverte par une mince couche d’eau (*).
(*) Page 197, ligne 25. Il avait remarqué que le vent d’ouest, en poussant les sables, obstruait le fleuve et formait dans sa longueur une chaussée naturelle…
Il ordonna donc à ses hommes de se tenir prêts à partir, et, sans s’ouvrir à personne de son dessein, il guetta l’occasion favorable (*).
(*) Page 195, ligne 29… tous se demandaient ce qui retardait Hamilcar.
Aussitôt qu’elle se présenta, il sortit de Carthage pendant la nuit (*),
(*) Page 196, § 2. Au coucher du soleil, l’armée sortit, etc.
et le jour commençait à peine à poindre que, sans que personne s’en fût douté, le Malcar était franchi (*).
(*) Pages 196-197.
Ce coup de génie étonnant encore, par son audace, Carthaginois et Barbares (*),
(*) Page 197, ligne 33. Ce tour de génie enthousiasma les soldats…
que déjà Hamilcar était dans la plaine et marchait sur les Mercenaires qui gardaient le pont (*).