Les Chroniques de Sire Jean Froissart (page 15)

Jean Froissart · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Chroniques de Sire Jean Froissart · 72 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

II. Autre manuscrit de la même bibliothèque, in-folio, sur vélin à deux colonnes, caractères gothiques qui paraissent être du même temps que le précédent, relié en bois couvert d’une grosse panne jadis violette. En dehors de la couverture, sur une bande de parchemin encadrée d’un petit galon d’or usé et recouverte d’un morceau de corne transparente est écrit : Le premier volume de Froissart.

Sur le verso d’un feuillet de parchemin qui précède le texte est un écusson palé d’argent et de gueule de six pièces, ayant pour support deux sauvages. Ce manuscrit n’est orné d’aucune miniature ; la moitié de la première page, où le copiste comptait vraisemblablement en placer une, est restée vide. On n’y trouve aucun titre de chapitre, pas même le titre général de l’ouvrage, mais le commencement de chaque chapitre est marqué par une lettre grise, et la division est à peu près la même que dans le manuscrit précédent. Le prologue et les premiers chapitres jusqu’à celui qui commence ainsi : Adonc s’espandirent nouvelles de sa venue (de la reine d’Angleterre) par le pays, etc., ont été abrégés par le copiste, qui s’est même permis quelquefois de déranger l’ordre des événemens. Le reste du manuscrit est assez correct et fournit de bonnes leçons. Il contient à peu près le tiers du premier volume de Froissart et finit avant le récit de la bataille de Crécy, à ces mots du chapitre 287, vous devez savoir que ces seigneurs, roys, ducs, contes et barons françois ne vindrent mie jusques là tous ensemble, etc.

III. No 6760. Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, très gros volume in-folio en vélin, écriture qui paraît être du quinzième siècle.

On voit à la tête une assez belle miniature qui représente un combat. Dans le coin gauche du grand tableau, le peintre en a fait un autre qui n’a nul rapport avec la première, dont elle est séparée par une bordure. Ce second tableau représente une chambre ornée d’un dais sous lequel Froissart, en habit ecclésiastique, et assis une plume à la main devant un pupitre, paraît occupé à écrire son histoire. On voit sur un coffre auprès de lui son aumusse et son surplis. On avait eu le projet d’orner ce manuscrit d’un grand nombre de miniatures ; mais elles n’ont point été exécutées, et les places sont restées vides.

Ce manuscrit ne contient que le premier des quatre livres de Froissart, et ce livre y est divisé en quatre parties.

Les titres et les divisions des chapitres diffèrent souvent des imprimés.

J’ai dit que ce manuscrit ne contenait que le premier livre de Froissart et qu’il y était divisé en quatre parties : il est probable qu’il ne présenta que la première à la reine d’Angleterre en 1361, car dans la deuxième partie il parle de l’amour qu’Édouard III avait conçu pour la comtesse de Salisbury, ce qui ne pouvait être agréable à la reine.

Après ces mots : Aimé du roy de Navarre et de ceux d’Évreux, qui finissent le chapitre 220 dans Sauvage, page 289, et qui finissent aussi un chapitre dans les trois éditions gothiques, on lit dans le manuscrit :

« Cy fine la tierce partie et commence la quatrième et derrenière partie. »

On lit au commencement du chapitre suivant, qui est le premier de cette quatrième partie :

« Auques en ce temps retourna en France le Roy de Cippres ; »

ce qui, au mot d’environ près, fait le commencement du chapitre 221 de l’édition de Sauvage, et d’un nouveau chapitre dans les trois éditions gothiques.

À ces mots, gastant et exilant tout le pays, finit le manuscrit. C’est à peu près à ces mêmes mots que finit le chapitre 263 de l’édition de Sauvage, p. 365 : ils finissent aussi, à quelques mots près, un chapitre dans les trois éditions gothiques.

Comme on ne voit à la fin de ce manuscrit ni Explicit ni Cy fine, etc., il paraît n’avoir point été achevé.

Le style de ce manuscrit n’est pas toujours le même que celui des plus anciens : outre la licence que le copiste s’est donnée de tourner les phrases à sa manière et de changer les mots, il a pris quelquefois celle d’abréger considérablement le récit, en supprimant des détails qu’il jugeait sans doute peu intéressans.

No 8317. Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, relié en veau fauve, écrit à deux colonnes sur vélin, de deux mains différentes, dont l’une paraît être du commencement du quinzième siècle, et l’autre du milieu.

Il contient 361 folios chiffrés d’une main moderne.

On lit au premier folio, ro, ce titre :

« Ci commencent les nouvelles Croniques de France et d’Angleterre faites et compilées par honourable et discrete personne Jehan Froissart, à la prière et requeste de M. Robert de Namur, seigneur de Beaufort, lesquelles commencent au roy Édouart d’Angleterre, lequel fut couronné roy l’an de grace 1326. »

Ce manuscrit comprend le premier volume de l’édition de Sauvage. La division des chapitres qui ne sont point chiffrés est souvent différente de l’imprimé, aussi bien que les titres. Ces titres et les premières lettres des chapitres sont écrits en rouge ; mais il en manque près de la moitié. Ce manuscrit diffère des autres en ce que le copiste a fait quelquefois des additions assez longues et peu intéressantes au texte de l’historien.

Le tiers du folio 298 a été coupé en long.

Ce manuscrit et ceux des numéros qui suivront contiennent beaucoup de choses différentes des imprimés ; mais ces différences ne fournissent guère que des mots changés, ajoutés ou retranchés, quelques transpositions dans l’ordre des événemens, des récapitulations inutiles à la fin des chapitres de ce qui avait été dit plus haut, des transitions vagues et communes par lesquelles les chapitres commençaient très souvent et de certains tours de phrases qui étaient comme des formules qu’on trouvait presque à chaque feuillet, et qui ont été sagement retranchés dans les imprimés.

Pour en donner quelques exemples, on lit au folio 21, vo : La bonne royne d’Angleterre, au lieu que Sauvage, vol. Ier, p. 26, et tous les autres manuscrits, mettent seulement : La royne d’Angleterre. À ces mots qu’on lit dans Sauvage, vol. Ier, p. 95, comme dans tous les manuscrits : Si le ferit tantost une estincelle de fine amour ou cœur, ce manuscrit ajoute folio 83, vo, que madame Vénus luy envoya par Cupido le Dieu d’Amours. Il serait cependant possible que parmi ce grand nombre d’inutilités on trouvât des additions importantes : celle qui suit me le ferait soupçonner. La comtesse de Salisbury en parlant de son mari au roi Édouard III, lui dit dans l’édition de Sauvage, vol. Ier, p. 94, et dans tous les manuscrits, qui est pour vous emprisonné ; le manuscrit que j’examine ajoute, à Paris.

Nota. Au folio 21, vo, on lit, conformément aux autres manuscrits et aux imprimés, ces mots : En ostèrent (du royaume de France) la bonne royne d’Angleterre et le roy son fils, etc. Ce qui répond à la page 26 du premier volume de Sauvage. On a ajouté à la marge de ce manuscrit d’une main presque aussi ancienne que le manuscrit :

« Ils ne les en ostèrent oncques, car la dite dame ne son fils n’y orent onques droit ; mais Froissart monstre qu’il favorisoit les Anglois. »

No 8318. Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, in-folio sur vélin à deux colonnes, écriture de la fin du quatorzième siècle. Il contient 352 fol. chiffrés d’une main moderne, ce qui fait 704 pages ; il est relié en veau rouge.

Il contient le premier livre imprimé de Froissart, de l’édition de Sauvage ; mais il est divisé en huit livres et a pour titre :

Cy commencent les Croniques que fist maistre Jehan Froissart, qui parlent des nouvelles guerres de France et d’Angleterre, de Bretaigne et d’Espaigne, lesquelles sont divisées eu VIII livres. »

Voici le rapport de ces huit livres avec le premier livre imprimé.

MANUSCRIT.

IMPRIMÉ.

Livres.

Pages.

Chapitres.

Pages.

2

69,

ro

265

81.

3

177,

vo

126

147.

4

161.

157

181.

5

203,

vo

201

226.

6

241,

ro

219

266.

7

263,

ro

230

293.

8

296,

ro

246

340.

Ce manuscrit finit au tiers du chapitre 309, au milieu de la page 426 de l’imprimé : la phrase n’est pas même achevée, et il finit par ces mots, et espérons encore, après lesquels il y a dans l’imprimé, avoir en nuit la bataille.

La division des chapitres n’est pas toujours la même dans le manuscrit et dans l’imprimé, et les titres sont différens. Ces titres sont en rouge, et les premières lettres des chapitres sont avec des ornemens d’or et d’azur. On trouve sur une feuille de parchemin qui est collée en dedans de la couverture, que ce manuscrit avait appartenu à G. Boisratier de Bourges. Ce Boisratier qui était conseiller du duc de Berry (frère de Charles V), en fit présent à son maître, ainsi qu’il paraît par cette inscription écrite au verso d’une feuille de parchemin qui est avant la première page du manuscrit.

« Cy est une partie des chroniques de France faites par maitre Jehan Froissart Haynuyer, depuis le temps du roy Charles le quart, des guerres qui furent entre France et Angleterre : lesquelles chroniques maître Guillaume Boisratier, maistre des requestes de l’ostel du roy et son conseillier, et conseillier de monseigneur le duc de Berry son seigneur, donna à mon dit seigneur le duc, en son hostel de Neelle, le 8e jour de novembre l’an 1407. »

« Flamel. »

Au recto de la dernière feuille, après la dernière ligne du manuscrit il y a :

« Ce livre est au duc de Berry. »

« Jeanh. »

Ces mots sont de la main du duc de Berry, ainsi que M. de Sainte-Palaye l’avait appris de M. l’abbé Lebœuf, qui était dans l’habitude de voir des manuscrits et qui avait vu plusieurs signatures du duc de Berry dans la bibliothèque de la sainte chapelle de Bourges, où était conservée, avant la révolution, une partie des manuscrits qui étaient à ce prince.

M. Le Laboureur a inséré à la tête de la traduction qu’il a donnée de la vie de Charles VI, par un moine anonyme de Saint-Denys, une histoire du duc de Berry, dans laquelle il a placé un inventaire des livres de ce duc ; et on y trouve, p. 82 :

« Un livre des chroniques de France fait par M. Jehan Froissart, lequel fut donné à monseigneur le 8e jour de novembre l’an 1407, par messire Guillaume Boisratier, à présent archevêque de Bourges, prisé trente deux livres parisis. »

M. Le Laboureur ajoute :

« Je crois que c’est celui là même qui m’a été donné par M. de Chaudenier, premier capitaine des gardes du roi, avec les figures enluminées des principaux événemens des règnes qu’il traite, et fort enrichi d’or et d’azur : et ce livre est d’autant plus estimable qu’il est différent des imprimés où l’on a changé le style et altéré les noms et principalement en l’édition de Denys Sauvage qui l’a plutôt obscurci qu’illustré. »

On ne peut douter que le manuscrit dont il est parlé dans cet inventaire, ne soit le manuscrit no 8318 de la Bibliothèque du Roi : mais ce n’est certainement pas celui qui avait été donné par M. Chaudenier à M. Le Laboureur : car celui-ci dit qu’il a des figures enluminées des principaux événemens des règnes qu’il traite. Or, dans le manuscrit 8318, il n’y a pas une figure : on y trouve seulement à la première page une place laissée vide, apparemment pour en mettre une, et cette place est entourée d’une bordure, au bas de laquelle sont les armes de France.

Le manuscrit no 8318 qui était de la bibliothèque du duc de Berry, appartint dans la suite à madame de Beaujeu, sœur de Charles VIII et femme du duc de Bourbon : car à la fin du manuscrit, un peu au-dessus de la signature du duc de Berry, on lit :

« Ce livre est à madame Anne de France, duchesse de Bourbonnois et d’Auvergne, »

et au recto d’une feuille de parchemin, qui est à la fin du manuscrit, on lit :

« Ce livre est au duc de Bourbonnois et d’Auvergne. »

Raminagrobis.

N. B. Ce duc se nommait Pierre II. C’était le mari de madame de Beaujeu : il devint duc de Bourbonnais et d’Auvergne par la mort de Jean II, son frère, arrivée le 1er avril 1488. (Voy. l’Hist. générale de la maison de France, t. 1, p. 311 et 313.)

Ce manuscrit est le plus authentique de tous ceux que j’ai vus et le plus certainement ancien ; car on voit par la signature de G. Boisratier qui se trouve à la fin, que ce livre lui avait appartenu plusieurs années avant qu’il le donnât au duc de Berry en 1407.

No 8319. Premier volume. Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, in-folio sur vélin, écriture de la fin du quatorzième siècle, ou tout au moins du commencement du quinzième siècle. Il contient 396 feuillets chiffrés d’une main moderne. Il est relié en bois couvert de veau, aux armes de France couronnées avec des F et des fleurs de lis, ce qui fait juger qu’il appartenait à François Ier.

Ce manuscrit est orné de miniatures très-bien faites et de vignettes de bon goût. La première miniature est divisée en deux tableaux ; dans l’un est représentée une bataille des Français contre les Anglais, c’est vraisemblablement la bataille de Crécy. On voit dans l’autre un combat des Anglais contre les Écossais : rien ne désigne quel est ce combat. Les titres des chapitres qui sont à peu près les mêmes que dans les manuscrits 8318, et les premières lettres des chapitres sont enluminées et rehaussées d’or. Les premiers feuillets contiennent une table générale des chapitres, après laquelle se trouve ce titre :

« Cy commencent les chroniques que fist maistre Jehan Froissart, qui parlent des nouvelles guerres de France et d’Angleterre, de Bretaigne, Escoce, Espaigne, lesquelles sont divisées en quatre parties. »

Ce manuscrit ne renferme que le premier volume de Froissart imprimé : il est divisé en quatre livres, dont voici le rapport avec l’édition de Sauvage.

MANUSCRIT.

IMPRIMÉ.

Livres.

Pages.

Chapitres.

Pages.

2

90,

vo

165

81.

3

186,

ro

156, vers la fin

174.

4

219.

121, au milieu

270.

Ce manuscrit finit par les mêmes mots que le manuscrit 8318, auquel il et parfaitement conforme, à quelques leçons près qui montrent que ces deux manuscrits n’ont point été copiés l’un sur l’autre. Ces manuscrits sont les plus anciens et les plus authentiques que nous ayons du premier livre de Froissart ; ils sont aussi les plus corrects.

No 8320. Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, gros volume in-folio relié en bois couvert de velours bleu très usé, écriture du quinzième siècle, sur vélin, à deux colonnes, très gros caractères.

Ce manuscrit, composé de 433 feuillets cotés en rouge, contient le premier volume de Froissart. Il est précédé d’une table des chapitres, avec ce titre :

« Cy commence la table des rubriches des Croniques sire Jehan Froissart, de la guerre et l’occasion d’icelle qui fut longuement entre le roy de France et le roy Édouard d’Angleterre et plusieurs autres leurs successeurs. »

On lit au bas du dernier feuillet qui termine ce volume :

« Cy fine le premier volume de Froissart ; »

et sur un feuillet de vélin collé à la tête du manuscrit en dedans de la couverture : Bloys, et au dessous, Des histoires et livres en francois, Pulto (pulpitre) 6o contre la muraille de devers la court.

Les titres des chapitres sont écrits en lettres rouges, et les lettres initiales dorées et enluminées.

Le grand nombre de miniatures dont ce manuscrit est orné le rendent infiniment précieux : elles sont en général de bon goût, d’un dessin assez correct pour le temps, d’une grande fraîcheur de coloris et de la plus belle conservation. Les vignettes qui les accompagnent sont assez bien peintes, mais surchargées d’ornemens : le peintre y a souvent représenté des singes, des grotesques, des figures plus bizarres les unes que les autres. On voit dans quelques-unes des rouleaux chargés de cette devise : Plus est en vous. Les armes de France, pleines, qu’on trouve au bas de la plupart des vignettes font juger que ce manuscrit appartenait à quelqu’un des rois de France ; mais l’épaisseur et la grossièreté des couleurs, l’or mat des fleurs de lis, très différent de celui des miniatures et des lettres capitales, me portent à croire que ces armes ont été peintes après coup ; et qu’ainsi ce manuscrit pourrait bien n’avoir pas été originairement destiné pour le roi. Quoi qu’il en soit, les miniatures qu’il renferme sont extrêmement curieuses, parce qu’elles donnent une idée très nette du costume des hommes et des femmes des différens états dans le quinzième siècle, des habits de guerre, des armes, des machines, etc. Aussi le P. Montfaucon en a fait graver plusieurs dans les Monumens de la Monarchie française, t. 2 et 3, tels que l’entrevue d’Isabelle de France, reine d’Angleterre avec son frère Charles-le-Bel, la réception que firent les bourgeois de Nantes à Jean de Montfort et à sa femme, la bataille navale de Guernesey, la prise de Charles-le-Mauvais dans le château de Rouen, la bataille de Poitiers, le sacre du roi Charles V, etc.

Je n’ai pu voir sans surprise que le savant bénédictin qualifie ce manuscrit, le plus ancien manuscrit de Froissart de la Bibliothèque du Roi (t. 2, p. 256, 259 et al.). Il n’avait sans doute point examiné les autres qui étaient indifférens pour son objet ; car ils en auraient trouvé plusieurs qui sont incontestablement plus anciens, sans parler du no 8318, qui fut donné au duc de Berry en 1407, et dont l’écriture, comme nous l’avons dit plus haut, paraît être antérieure de quelques années à cette date. Quant à celui-ci on ne peut guère le faire remonter plus haut que 1450 ; et les connaisseurs qui l’ont vu l’estiment même postérieur à cette époque.

Une autre observation, de pure curiosité, c’est que l’écriture ressemble si bien à celle du manuscrit no 6760, qu’ils paraissent être de la même main.

Mais ce manuscrit n’est pas seulement un des moins anciens, il est aussi un des moins corrects. On y rencontre un grand nombre d’omissions et de chapitres abrégés ; de sorte qu’assez souvent il semble être plutôt un extrait qu’une copie de Froissart. Il faut en conclure qu’il est beaucoup plus précieux par la beauté des peintures que par la pureté du texte.

No 8321. Manuscrit du Roi, même format, même reliure, même écriture, mêmes ornemens, etc. que le no 8320, dont il est la suite ; mais il lui est très supérieur par la pureté du texte qui n’est presque jamais tronqué ni abrégé ; et ce serait un des meilleurs manuscrits du second volume, si le copiste ne s’était pas quelquefois permis de rajeunir le style. Il contient 356 folios cotés en rouge et est précédé d’une table des chapitres avec ce titre :

« Cy commence la table du 2e volume des Croniques de France, d’Angleterre et d’autre part, jadis compilées par Sire Jehan Froissart en son temps chanoine et trésorier de Chimay en Haynaut. »

On trouve, comme dans le no 8320, ces mots écrits sur un feuillet de parchemin collé en dedans de la couverture : Des histoires et livres en François, pulto 6o contre la muraille de devers la court, et au-dessous, Bloys.

Les miniatures et les vignettes y sont moins nombreuses que dans le volume précédent. Le P. de Montfaucon a fait graver d’après ce manuscrit dans le t. 3 des Monument de la Monarchie française, la bataille de Rosebecque et la sortie des Parisiens en armes au devant de Charles VI, lorsque ce prince revint vainqueur des Flamands.

Colbert, no 258 ; du Roi, 8323. Manuscrit in-folio, maroquin rouge, d’une très belle écriture, sur vélin, qu’on peut estimer de la fin du quinzième siècle. Il contient 155 folios, cotés au bas des pages, d’une main moderne.

Ce manuscrit, fait avec le plus grand soin et orné de quelques miniatures, renferme exactement le même abrégé que le manuscrit 8343 et les mêmes traités d’alliances indiqués dans la notice de ce manuscrit. On trouve de plus à la fin de celui-ci une pièce intitulée : La teneur des lettres passées des alliances de France et d’Escosse. Cette pièce est datée du dernier juillet 1371, la huitième année du règne de Charles V. Elle est suivie d’une liste de morts et de prisonniers, tant Français qu’Écossais, sans aucune indication de la bataille où ces chevaliers perdirent la vie ou la liberté.

No 8324. Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, in-folio, relié en parchemin, écriture du commencement du quinzième siècle, sur vélin. Il contient 417 folios chiffrés d’une main moderne, et qui paraissent avoir été chiffrés auparavant, peut-être de la même main que l’écriture du manuscrit.

Il y a plusieurs miniatures mal faites, un peu effacées, entourées de vignettes. La première est divisée en quatre tableaux. Dans le premier de ces tableaux est un chanoine vêtu de pourpre, l’aumusse sur l’épaule (c’est sans doute Froissart), qui présente son livre à un prince qui a sur la tête une couronne aux léopards, dont on aperçoit quelques traces sur la robe écarlate du prince ; on reconnaît que c’est le roi d’Angleterre.

Le second tableau, au-dessous du précédent, représente un vaisseau voguant à pleines voiles : on distingue à bord de ce vaisseau Isabelle de France, reine d’Angleterre, et son fils Édouard, qui depuis fut Édouard III.

Dans le troisième, en haut, on voit cette reine présentant son fils à Charles-le-Bel, son frère.

Le quatrième représente la ville de Bristol, dans laquelle Isabelle, accompagnée du jeune Édouard, assiège son mari Édouard II.

Les titres des chapitres sont en rouge et les premières lettres enluminées.

On voit au haut de la première page Cl. Puteanus de la main même de M. Dupuy.

Le manuscrit est intitulé :

« Cy commencent les Croniques de sire Jehan Froissart, contenans les nouvelles guerres de France, d’Angleterre, d’Escoce, d’Espaigne, d’Alemaigne, de Navarre de Bretaigne, et sont divisées en quatre parties. »

Ces quatre parties sont divisées comme dans le manuscrit 8319, mais il faut remarquer que le cahier qui devait commencer au folio 73 a été mis à l’envers, et qu’au lieu de 8 folios qu’il devait contenir, comme les autres, il n’en contient que 7. Le feuillet qui manque est celui qui devait suivre le soixante-dix-septième, où commençait le second livre.

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