Les Chroniques de Sire Jean Froissart (page 8)

Jean Froissart · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Chroniques de Sire Jean Froissart · 72 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Belle bouche à donner pès,

Et chevelès

A beaus et blons.

S’est sa parolle et ses tons

Ossi plaisans que li sons

Des oiselès

Est à l’oir, quant li més

Vient et la douce saisons

Qu’on les ot sus ces buissons,

Par ces regrès

Au chanter près ;

Et pour ce a tousjours mès

Son servant vrès,

Sans avoir cès.

Je me renc li siens soubjès

Car c’est raisons.

Dans une autre pièce il parle de son amour en vers qui rappellent ceux de Pétrarque sur le même sujet.

Car c’est d’esté et d’yver,

Au levier et au couchier,

Au dormir, au resvillier,

Soit au boire ou au mengier,

À l’aler ou au joquier,

Au sevir ou au drecier,

Ou au reposer cuidier,

Qu’Amours si me représente

Son plaisant corps et legier,

Son maintien gai, friche et chier,

Sa bonté qu’on doit prisier,

Son sens ou n’a qu’ensegnier,

Ses meurs qui sont coustumier

De bien faire, et si entier

Qu’il n’y a que corrigier.

Ne je n’ai aillours entente,

Ne me puis nés apoyer,

Tenir chief sus orillier,

Estre quois ne piétyer,

Ne errer, ne chevaucier,

Ne parler, ne consillier,

Ne moi si ensonnyer,

Estre en hostel n’en moustier,

Aourer Dieu, ne pryer,

Ne compagnie enquier,

Pour moi un peu oublyer

Qu’amours tous jours me dist : « Rente

« Je te tienc mon prisonnier,

« Tu ne me poes eslongier ;

« Je t’ai mis en mon dangier,

« À moi te faut obligier.

« Bien te puis nuire et aidier. »

Là me fault pourpos changier

Sanc muer et fretillier

Trambler, frémir et songnier,

Comment me puisse alegier

Et couvrir mon destourbier.

De tels assauts maint millier

Ai-je nuit et jour de rente.

Il ne fut pas toujours malheureux, à en juger par ce lay et cette ballade.

Douls amie, ta revenue

M’esvertue.

...................

...................

Onques Genèvre, Yseut, Helainne,

Ne Lucresse, qui fu Romainne,

Ne de Vregi la chastelaine,

N’ama cascune tant le sien

Que je fai toi.

Le virelay suivant indique la facilité habituelle de son caractère.

Prendés le blanc, prendés le noir,

Prendés selonc vostre estanoir,

Prendés toutes coulours aussi ;

Mès je vous di

Que dou dimence au samedi

Vous faudrés bien à vo voloir.

Pour moi le di certainnement,

Car j’ai pensé en mon jouvent

Si hautement,

Et en voeil faire amendement

Très grandement.

Peu de chose est de fol espoir

Et s’est assés, au dire voir,

Car le cowart il fait hardi,

Et le joli,

Selon les mours qui sont en li,

Il li fit ordenance avoir.

Prendés le blanc, etc.

Or vodrai vivre liement

En joie et en esbatement,

Veci comment :

Je passerai legièrement

Le temps avenir et présent

Pareillement.

Tout metterai en noncaloir,

Tels pleure au main qui rit au soir

Amours ont maint homme enrichi,

Et resjoy

Dou bien d’autrui, par leur merci.

Encontre eux n’a nuls pooir.

Prendés le blanc, etc.

Ses Chroniques nous donnent des détails plus circonstanciés sur quelques-uns des événemens de sa vie. Je distribue ici, par ordre chronologique, tout ce que j’ai pu y retrouver de faits personnels.

Il commence à écrire son histoire en 1357, à l’âge de vingt ans.

Si ay toujours à mon pouvoir enquis et demandés du fait des guerres justement et des aventures qui en sont avenues, et par espécial depuis la grosse bataille de Poitiers (en 1356), où le noble roi Jean de France fut pris ; car devant ce j’étois encore moult jeune de sens et d’age. Et ce nonobstant, si empris-je assez hardiment, moi issu de l’école, à rimer et à dicter les guerres dessus dictes, et pour porter le livre en Angleterre tout compilé, si comme je fis.

(T. i, p. 1 et 2.)

Et pour vous informer de la vérité, je la commençai jeune, dès l’âge de vingt ans, et si suis venu au monde avec les faits et les avenues, et si y ai toujours pris grand’plaisance, plus que à autre chose.

(T. iii, p. 1.)

Sachez que sur l’an de grâce 1390, je y avois labouré trente-sept ans.

(T. ii, p. 601.)

Jean Le Bel lui sert de guide dans ses premiers travaux, qu’il compléta par ses propres renseignemens.

Je, Jean Froissart, commence à parler après la relation de monseigneur Jean le Bel, jadis chanoine de Saint-Lambert de Liége.

(T. i, p. 3.)

Je me vueil fonder et ordonner sur les vraies chroniques, jadis faites et rassemblées par vénérable homme et discret seigneur monseigneur Jehan le Bel chanoine de Saint-Lambert de Liége, qui grant cure et toute bonne diligence mist en ceste matière ; et la continua tout son vivant au plus justement qu’il pot ; et moult lui cousta à acquerre et à l’avoir. Mais quelques frais qu’il y eust ne féist, riens ne les plaingny, car il estoit riches et puissant, si les povoit bien porter.

(T. i, p. 1.)

Il porte son livre, en 1361, à la reine d’Angleterre.

Et présentai adonc ce livre à très haute et très noble dame, madame Philippe de Hainaut, roine d’Angleterre, qui liement et doucement le reçut de moi, et m’en fit grand profit.

(T. i, p. 2.)

Je vous recorderai à la lettre ce dont je, Jean Froissart, auteur et chroniseur de ces chroniques, en mon jeune âge, ouïs une fois parler, en un manoir qui sied en une ville à trente mille de Londres, quon appelle Berquemestede (Berkhamstead) ; et étoit, pour le temps que je parole, la ville et manoir et seigneurie au prince de Galles ; ce fut l’an de grâce 1361. Je, qui pour lors étois espoir en l’âge de vingt-quatre ans et des clercs de la chambre de ma dite dame la roine, ouïs, séant sur un banc, un ancien chevalier parler et deviser aux dames et damoiselles de la roine et dit ainsi : « Il y a en ce pays un livre qui s’appelle le Brut, etc. »

(T. iii, p, 333.)

Le premier an que je vins en Angleterre et au service du noble roi Édouard et de la noble roine Philippe et tous leurs enfans, qui pour lors avoient été à Berkhamstede, un manoir du prince de Galles séant outre Londres trente milles, et pour prendre congé au prince et à la princesse qui devoient aller en Aquitaine, ainsi qu’ils firent, là ouïs dire un ancien chevalier qui se nommoit messire Betremiens de Bruwes (Burghersh), qui parloit et devisoit aux damoiselles de la roine, lesquelles étoient du Hainaut, et devisoit ainsi : « Nous avons un livre en ce pays qui s’appelle le Brut, et devise, que jà le prince de Galles, ains-né fils du roi, ni le duc de Clarence, ni le duc de Lancastre, ni le duc d’Yorch, ni le duc de Glocestre, ne seront point rois d’Angleterre, mais retournera la couronne en l’hôtel de Lancastre.

(T. iii, p. 369.)

De ma jeunesse j’avois été nourri en la cour et hôtel de noble roi Édouard de bonne mémoire et de la roine Philippe sa femme, et entre leurs enfans et les barons d’Angleterre qui pour ce temps vivoient et y demeuroient ; car tout honneur, amour, largesse et courtoisie j’avois vu et trouvé en eux.

(T. iii, p. 197.)

Il est cinq ans de l’hôtel de la reine Philippe qui paie ses voyages et recherches historiques.

La bonne roine Philippe qui fut en mon jeune temps ma dame et ma souveraine.

(T. ii, p. 544.)

Je fus cinq ans de l’hôtel du roi d’Angleterre et de la roine.

(T. ii, p. 601.)

Le dit roi (Richard II) me fit très bonne chère pour ce que, de ma jeunesse, j’avois été clerc et familier au noble roi Édouard son tayon (aïeul) et à madame Philippe de Hainaut, roine d’Angleterre, sa taye.

(T. ii, p. 368.)

Si m’a Dieu donné tant de grâces que je ay esté bien de toutes parties, et des hôtels des rois, et par espécial de l’hôtel du roi d’Angleterre et de la roine sa femme, madame Philippe de Hainaut, roine d’Angleterre, dame d’Irlande et d’Aquitaine, à laquelle, en ma jeunesse, je fus clerc ; et la servois de beaux ditties et traités amoureux ; et pour l’amour de la noble et vaillante dame à qui j’étois, tous autres grands seigneurs, rois, ducs, comtes, barons et chevaliers, de quelque nation qu’ils fussent, me aimoient et voyoient volontiers et me faisoient grand profit. Ainsi, au titre de la bonne dame et à ses coustages, et aux coustages des hauts seigneurs, en mon temps je cherchai la plus grande partie de la chrétienté, voir qui a chercher fait.

(T. iii, p. 1.)

Il va en Écosse en 1363.

Si trouvai un chevalier et deux écuyers d’Escosse, de l’hôtel du comte de Douglas, lesquels je reconnus, et ils me reconnurent par les vraies enseignes que je leur dis de leur pays ; car de ma jeunesse, je, auteur de cette histoire, je chevauchai tout parmi le royaume d’Escosse ; et fus bien quinze jours à l’hôtel du comte Guillaume de Douglas, père du comte James dont je parle présentement, à un chastel à cinq lieues de Haindebourch, que on dit au pays Dalquest (Dalkeith). Et le comte James je l’avois vu jeune fils et bel damoisel, et une jeune sœur que on appeloit Blanche.

(T. <span class="romain" title="ii">ii, p. 727.)

De ce comte de Douglas n’y a plus ; Dieu lui posdoient ! ni je ne sais à qui la terre de Douglas est tournée ; car quand je, auteur de celle histoire, fus en Escosse et en son château à Dalquest, vivant le comte Guillaume de Douglas son père, ils n’étoient que deux enfans, fils et fille, mais encore y en avoit assez de ceux de Douglas en Escosse, car je en vis jusqu’à cinq, beaux frères, tous écuyers qui portoient le surnom de Douglas, à l’hôtel du roi David d’Escosse.

(T. ii, p. 738.)

Il se lie en Angleterre avec plusieurs chevaliers.

De ma jeunesse j’avois trouvé messire Richard Burlé doux chevalier et de grand sens, à mon semblant.

(T. ii, p. 613.)

Quant le conseil fut esparti, qui dura plus de quatre heures, et ce vint après diner, je me acointai d’un chevalier que jadis de ma jeunesse je avois vu en la chambre du roi Édouard, et étoit nommé messire Richard Stury, lequel me reconnut tantôt.

(T. iii, p. 198.)

Au temps que j’ai travellé par le monde, j’ai vu deux cents hauts princes.

(T. ii, p. 601.)

1364. — Il se trouve à Londres au moment où le roi Jean revient se constituer prisonnier.

Il a composé en faveur du roi Jean une pastourelle sur ce retour. C’est celle qui commence :

Entre Eltem et Westmoustier.

Il resta en Angleterre jusqu’en 1368.

Par lequel héraut à Douvres et aucuns chevaliers d’un lez et d’autre qui furent à la bataille d’Auray (en 1364) je fus informé… Si me semble que le duc de Lancastre et messire Aymon repassèrent alors la mer avec le comte de Flandres.

(T. i, p. 498 et 499.)

Le roy de Chippre laissa le vaissel nommé Catherine à Zandvich, ni point ne l’enmena avec lui ; car depuis, deux ans après (c’est-à-dire en 1365), je le vis là arrêté.

(T. i, p. 467.)

Il séjourne à Bordeaux en 1366 et 1367 près du Prince-Noir.

À savoir est que j’étois en la cité de Bordeaux et séant à table quand le roi Richard fut né (6 janvier 1366 anc. style et 1367 nouv. style) ; lequel vint au monde par un mercredi, sur le point de dix heures. Et, à cette heure que je dis, vint messire Richard de Pont-Chardon, maréchal pour le temps d’Aquitaine, et me dit : « Froissart, escripsez et mettez en mémoire que madame la princesse est accouchée d’un beau fils qui est venu au monde au jour des Rois. Et si est fils de roi, car son père est roi de Galipce. Le roi Dam Piètre lui a donné ; et s’en va conquérir le dit royaume. Si vient l’enfant de royale lignie. Si que par raison il sera encore roi. »

(T. iii, p. 369.)

Après avoir parlé de la querelle entre le sire d’Albret et le prince de Galles, au moment de marcher en Espagne au secours de Pierre-le-Cruel, en 1367, il ajoute :

Si crola le prince la tête et dit en anglois, comme je fus adonc informé, car j’étois lors pour ce temps à Bordeaux.

(T. i, p. 521.)

Je, qui ai dicté ceste histoire, du temps que je fus à Bordeaux et que le prince de Galles alla en Espaigne, l’orgueil des Anglois étoit si grand en l’hôtel du prince, que ils n’avisoient nulle nation fors la leur ; et ne pouvoient les gentilshommes gascons, qui le leur avoient perdu par la guerre, venir à nul office en leur pays ; et disoient les Anglois qu’ils n’en étoient tailliés ni dignes.

(T. ii, p. 447.)

Il veut accompagner le Prince-Noir en Espagne en 1367, mais retourne en Angleterre.

Vu n’avois ce roi Richard depuis qu’il fut tenu sur les fonts en l’église cathédrale de la cité de Bordeaux, car pour ces jours je y étois ; et avois l’intention d’aller au voyage d’Espaigne avec le prince de Galles, et les seigneurs qui en ce voyage furent ; mais quand nous fûmes à la cité de Dax, le prince me renvoya arrière en Angleterre devers madame sa mère.

(T. iii, p. 198.)

Il fut de l’hôtel des rois Jean et Charles.

Si fus bien de l’hôtel du roi Jean de France (mort en 1364) et du roi Charles son fils.

(T. ii, p. 601.)

Il donne les plus grands soins a la vérification des faits historiques.

Vous avez bien ci-dessus ouï recorder comment le duc de Guéries avoit défié le roi de France par défiances impétueuses et dont on parla en plusieurs manières dedans le royaume et dehors aussi, pourtant que les défiances, si comme renommée couroit, n’avoient pas été courtoises, mais hors du stile, usage et ordonnance des autres défiances. Bien est vérité que j’en vis aucunes cédulles jetées et escriptes en papier, et disoit-on que c’en étoit la propre copie. Mais, pourtant que je ne les vis ni scellées ni approuvées, ainsi que telles choses doivent être, qui touchent si grandement que d’un petit prince, au regard du roi de France avoir défié si haut, si noble et si puissant roi que le roi de France, je n’y ajoutai point de foi ni de crédence. Nequedent, on montra bien depuis au royaume que les défiances déplaisoient, et qu’on vouloit qu’il fût amendé, et que ce duc de Guerles s’excusât des impétueuses paroles qui en la défiance étoient contenues.

(T. ii, p. 678.)

En ce temps que ces traités se faisoient et approchoient (en 1387), trépassa de ce siècle à son hôtel à Avesnes en Hainaut, messire Guy de Chastillon, comte de Blois, et fut porté à Valenciennes et ensepveli en une chapelle à Saint-François, église des frères mineurs ; et la chapelle où il fut premièrement mis est nommée la chapelle d’Artois. Vérité est qu’il en faisoit faire une très belle et très noble au pourpris du clos desdits frères, et assez près de là où il cuidoit gésir. Mais ce comte de Blois mourut si endetté de toutes parts, et si petite ordonnance fut de ses biens, que le sien, rentes et revenues, ne purent fournir ses dettes ; et convint la comtesse de Blois sa femme, Marie de Namur, renoncer a tous meubles. Ni elle n’osa accepter le testament, ni point ne le trouva à son conseil ; et se trait la dite dame à son douaire de la terre de Chimay et de Beaumont ; et les héritages allèrent où ils dévoient aller. Le duc d’Orléans eut la comté de Blois ; car il en avoit payé, vivant le comte Guy de Blois, deux cens mille couronnes de France ; et les terres de Hainaut, de Hollande et de Zélande allèrent au duc Aubert de Bavière, comte de Hainaut ; et la terre d’Avesnes, de Landrecies et de Louvion en Thierasche échurent à Jean de Blois que on dit de Bretagne. Et si le dessus dit comte Guy n’eût fait le vendage que il fit, il étoit son droit hoir de la comté de Blois. Considérez le grand dommage que un seigneur peut faire à son hoir par croire mauvais conseil.

J’en ai fait pour tant narration, que le comte Guy de Blois mit grande entente à son temps, à ce que je, sire Jean Froissart, voulsisse dicter et ordonner celle histoire ; et moult lui coûta de ses deniers, car on ne peut faire si grand fait que ce ne soit à peine et à grand coûtage. Dieu en ait l’âme de lui ! Ce fut mon seigneur et mon maître, et un seigneur honorable et de grand’recommandation ; et point ne lui besognoit à faire les povres traités et marchés qu’il fit et à vendre son héritage ; mais il créoit et crut légèrement ceux qui nul bien, ni honneur, ni profit ne lui vouloient. Le seigneur de Coucy, son cousin, qui mourut eu Burse en Turquie, fut moult coupable de ce fait. Dieu lui fasse mercy !

(T. iii, p. 307.)

Et pour chacun mieux informer pourquoi tous ces maux avinrent en Bretagne, j’en conterai aucune partie, ainsi que je sais et que j’ai enquis au pays mêmement, où j’ai été et conversé pour en mieux savoir la vérité, et à ceux qui ont là été où je n’ai mie été, et qui ont vu et sçu ce que je n’ai mie pu voir et concevoir.

(T. i, p. 127.)

Si en vueil parler (de la bataille de Poitiers) au plus justement que je pourrai, selon ce que j’en fus depuis informé par les chevaliers et écuyers qui furent d’une part et d’autre.

(T. i, p. 352.)

Je vous dis, si comme j’ai ouï recorder à ceux qui furent d’un côté et d’autre à la dite bataille de Cocherel, qu’on n’avoit point vu la pareille bataille d’autelle quantité de gens être aussi bien combattue comme elle fut.

(T. i, p. 481.)

Un petit devant prime s’approchèrent les batailles (à Auray) ; de quoi ce fut très belle chose à regarder, comme je l’ouïs dire à ceux qui y furent et qui vues les avoient.

(T. i, p. 494.)

Par lequel héraut (qui avoit apporté au roi Édouard la nouvelle de la bataille d’Auray) et par aucuns chevaliers d’un lez et de l’autre qui furent à la bataille, je fus informé.

(T. i, p. 498.)

Ils avoient une journée arrêtée contre les Gascons Anglois, de laquelle je parlerai plus plainement quand j’en serai mieux informé que je ne suis encore.

(T. ii, p. 1.)

Et je sais, par ceux qui dedans Bayonne (en 1378) furent enclos.

(T. ii, p. 30.)

Or me peut-on demander comment ceux de Gand faisoient leur guerre, et je leur en répondrai volontiers, selon ce que depuis je leur en ai ouï parler.

(T. ii, p. 170.)

Ainsi se passa la nuit (de la bataille de Rosebecque) en l’ost Philippe d’Artevelle ; mais environ mie nuit, si comme je fus adonc informé, etc.

(T. ii, p. 245.)

Je fus adonc informé du seigneur de Sconnevort que quand l’oriflamble fut déployée (à la bataille de Rosebecque) il vit un blanc coulon voler par dessus la bataille du roi.

(T. ii, p. 250.)

Et tant travellai et chevauchai, quérant de tous côtés nouvelles.

(T. ii, p. 369.)

Ce étoit que je désirois à enquerre toutes nouvelles touchans à ma matière ; et je avois prêts à la main barons, chevaliers et écuyers qui m’en informoient, et le gentil comte de Foix aussi. Si vous voudrai éclaircir par beau langage tout ce dont je fus adonc informé.

(T. ii, p. 370.)

Quand je fus en la comté de Foix et de Béarn je passai parmi la terre de Bigorre ; si enquis et demandai de toutes nouvelles passées dont je n’étois pas informé.

(T. ii, p. 376.)

Des paroles que le chevalier me contoit étois-je tout réjoui, car elles me venoient grandement à plaisance, et toutes trop bien les retenois ; et sitôt que aux hôtels sur le chemin que nous faisions ensemble descendu étois, je les escripsois, fut de soir ou de matin, pour en avoir mieux la mémoire au temps avenir, car il n’est si juste retentive que c’est d’escripture.

(T. ii, p. 394.)

Et vous dis acertes que, pour faire ces chroniques, je fus en mon temps moult par le monde, tant pour ma plaisance accomplir et voir les merveilles de ce monde, comme pour enquérir les aventures et les armes, les quelles sont escriptes en ce livre.

(T. ii, p. 458.)

De toutes leurs accointances ne me vueil-je pas trop ensoigner de parler, car je n’y fus pas : je ne le sais, fors par le gentil chevalier messire Jean Ferrant Perceke (Pacheco) qui y fut et qui m’en informa.

(T. ii, p. 561.)

Si je disois : ainsi et ainsi en advint en ce temps, sans ouvrir ni éclaircir la matière, qui fut grande et grosse et horrible, et bien taillée de aller malement, ce seroit chronique et non pas histoire, et si m’en passerois bien si je voulois.

(T. ii, p. 579.)

Qu’on ne dise pas que j’aie la noble histoire corrompue par la faveur que je ai eue au comte Guy de Blois qui la me fit faire et qui bien m’en a payé tant que je m’en contente, pour ce que il fut nepveu et si prochain que fils au comte Louis de Blois, frère germain à saint Charles de Blois, qui tant qu’il vesquit fut duc de Bretagne ! Nennil vraiment ; car je ne vueil parler fors que de vérité, et aller parmi le tranchant sans colorer l’un ni l’autre ; et aussi le gentil sire et comte, qui l’histoire me fit mettre sus et édifier, ne le voulsist point que je la fisse autrement que vraie.

(T. ii, p. 579.)

Et ouïs pour certain recorder à un chevalier d’Angleterre à qui j’en parlai (de la peste de 1387) sur son retour qu’il fit parmi France, et qui s’appeloit messire Thomas Quinebury, que de quinze cens hommes d’armes et bien quatre mille archers que le duc de Lancastre avoit mis hors d’Angleterre, il n’en retourna oncques plus de la moitié, si moins non.

(T. ii, p. 637.)

Il me fut dit au pays même (en Auvergne), qu’ils eurent (les routiers) de profit en ce voyage la valeur de cent mille francs en leurs prisonmers.

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