L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 10)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Quoniam tu solus sanctus, tu solus Dominus. tu solus Altissimus, Jesu Christe, cumSancto Spiritu, in gloria Dei Patris. Amen.

Le Prêtre salue encore le peuple, comme pour s'assurer de sa persévérance dans l'attention religieuse que réclame l'Action sublime qui se prépare. Les paroles de ce salut ont une beauté particulière au temps de l'Avent : Le Seigneur soit avec vous ! Isaïe l'avait prédit, et l'Ange du Seigneur le confirme à saint Joseph : 77 sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire, Dieu avec nous.

Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l'Eglise expose à Dieu, d'une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s'unir à cette prière en récitant avec le Prêtre les Oraisons qui se trouvent ci-après, au Propre du Temps, ou au Propre des Saints, et surtout en répondant Amen, avec le ministre qui sert la Messe.

On lira ensuite l'Epître, qui est, pour l'ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres, ou quelquefois un passage des livres de l'Ancien Testament. En faisant cette lecture, en recevant avec respect et soumission la parole des Envoyés de Dieu, on soupirera après Celui qui est la parole éternelle, et qui

s'apprête à naître parmi les hommes pour converser avec eux.

Le Graduel est un intermède entre la lecture de l'Epître et celle de l'Evangile. Il remet sous nos yeux les sentiments qui ont déjà été exprimes dans l'Introït. On doit le lire avec dévotion, pour s'en bien pénétrer et développer en soi, de plus en plus, l'esprit de préparation, à mesure que le Sauveur approche.

V Alléluia est comme un éclair de joie qui traverse l'àme de la sainte Eglise et la tait tressaillir, en songeant que l'Epoux qu'elle attend est toujours avec elle ; mais bientôt elle reprend son attitude de suppliante ; car elle sent qu'elle a besoin qu'il vienne encore.

En attendant qu'il paraisse en personne, le voici qui s'apprête à venir par sa parole qui est esprit et vie. L'Evangile va être proclamé dans l'assemblée ; les pauvres vont être évangélisés. Si c'est une Messe solennelle que l'on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère, qui consiste à annoncer la Bonne Nouvelle du Salut. Il prie Dieu de puriher son cœur et ses lèvres ; puis il demande à genoux la bénédiction du Prêtre, et l'ayant obtenue, il se rend au lieu d'où il doit chanter l'Evangile.

Pour préparation à le bien entendre, on peut dire en union avec le Prêtre et avec le Diacre :

MUNDA cor meum. ac labia mea, omnipotens Deus. qui labia Isaiae Prophetce calcule mundasti ignito : ita me

Seigneur, purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle

et que je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur. Amen.

Donnez à vos ministres la grâce d'être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous à jamais.

tua grata miseratione dignare mundare, ut sanctum Evangelium tuum digne valeam nuntiare. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Dominus sit in corde meo, et in labiis meis : ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum : Innomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

On se tiendra debout, comme dans l'attente, pendant la lecture de l'Evangile ; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prêtre, ou du Diacre. Que le cœur donc soit prêt et qu'il se montre docile. L'Epouse du Cantique dit : Mon âme s'est fondue en moi comme la cire, pendant que le Bien- Aimé me parlait. Mais tous n'ont pas cet amour. Disons-lui du moins, avec l'humble soumission de Samuel : Farle^, Seigneur ; votre serviteur écoute.

Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La Foi est le don suprême de Dieu. C'est par elle que nous sommes dans l'attente du Rédempteur que nous ne voyons pas encore; c'est elle qui nous vaudra les grâces de son ineffable visite. La Foi est la marque des vrais Israélites qui cherchent le Messie et qui le trouveront. Disons donc avec l'Eglise Catholique :

JE crois en un seul Dieu, le I /""» redo in unum Deum, Père tout-puissant, qui a | ^-* Patrem omnipotenL'A vent.

tem. factorem cceli et terne, visibilium omnium et invi-ibilium.

Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia saecula, Deuin de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum, non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt. Qui propter noshomines et propter nostram salutem, descendit de cœ- lis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria virgine : Et horao factus iam pro io Pilato, passus, et sepultus e^t. Et resurrexit tertia die. secundum Scripturas. Et ascendit in cœ- lum : sedet ad dexteram Patris. Et iterum venîurus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.

Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivincantem, qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filiosimul adoratur, et conglorificatur : qui locutus est per Piv.phetas. Et Unam, Sanctam, Catholicam et Ap..stolicam Ecclesiam. Confiteur unum Bapfait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur, Jesus-Christ, Fils unique de Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, qui n'a pas été fait, mais engendré, consubstantiel au Pèro : Ear qui toutes choses ont été lites. Qui est descendu des cieux pour nous autres hommes, et pour notre salut. Et qui a pria chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit ; et qui s'est fait homme. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce-Pilate : qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel, qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts ; et dont le règne n'aura point de fin.

Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des pèches;

et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

tisma in remissionem peccatorum. Et expecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi saeculi. Amen.

Le cœur du Prêtre et celui du peuple doivent maintenant être prêts ; il est temps de préparer l'offrande elle-même. Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation, et qui fait suite à celle qu'on désigne sous le nom de Messe des Catéchumènes, parce qu'elle était autrefois la seule à laquelle les aspirants au Baptême eussent le droit de prendre part.

Voici donc que le pain et le vin vont être offerts à Dieu, comme les plus nobles éléments de la création matérielle, puisqu'ils sont destinés à la nourriture de l'homme ; mais ce n'est là qu'une figure grossière de leur destination dans le sacrifice chrétien. Leur substance va bientôt s'évanouir; il n'en demeurera plus que les apparences. Heureuses créatures qui cèdent la place au Créateur ! Nous aussi, nous sommes appelés à éprouver une ineffable transformation, lorsque, comme dit l'Apôtre, ce qui est mortel en nous sera absorbé par la vie1. En attendant, offrons-nous à Dieu, pendant que le pain et le vin lui vont être présentés ; préparonsnous pour la venue de celui qui nous transformera, en nous rendant participants de la nature divine^.

l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l'Offertoire ; et quand il présente à Dieu l'Hostie , joignons-nous à lui et disons :

TOUT ce que nous avons, Seigneur, vient de vous et est à vous : il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité ! Ce pain que nous vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps ; recevez, dans une même oblation, nos cœurs qui voudraient vivre de vous, et non plus d'eux-mêmes.

SUSCIPE, sancte Pater, omnipotens asterne D^us, hanc îmmaculatam hostiam, quam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibus peccatis et offensionibuset negliirentiis meis, et pro omnibus circumstantibus. sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis : ut mihi et iflis proficîat ad salutem in vilam aeternam. Amen.

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