L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 13)
Ici, le Prêtre cesse d'agir en homme ; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de Jesus-Christ ; elle en a la puissance et l'efficacité. Prosternezvous; car l'Emmanuel, le Dieu avec nous, descend du ciel.
QUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre. Sauveur, Messie tant désiré, si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître , de vous ouvrir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur ? Venez donc, Seigneur Jésus ! venez !
OUI pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas : et elevatis oculis in cœlum, ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias agens, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens: Accipite, et manducate ex hoc omnes.Hoc est enim Corpus meum.
L'Agneau divin est maintenant sur l'autel. Gloire et amour soient à îui ! Mais il ne vient que pour être immolé ; c'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice ces paroles sacrées qui opèrent la mort mystique, par la séparation du Corps et du Sang de la victime. La substance du pain et du vin s'est évanouie : les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, afin que la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux Anges qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
^ cœnalum est, accipiens et hune prœclarum Calicem insanctas aevenerabiles manus suas: item tibi gratias agens, benedixit,deditque discipulis suis, dicens : Accipite et bibite ex eo omnes. Hic est enim Calix
Sang du salut, je vous adore. La vez mes iniquités, et rendezmoi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur. Sanguinis mei. novi et .eterni testamenti : MVSTE-
in remissionem peccatorum. Hsc quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis.
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu ; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que l'Oblation qui est devant lui n'est plus une offrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne tout entière de son divin Fils.
LA voici donc, ô Père saint, l'Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.
Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait
UNDE et memores, Domina, nos servi tui, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae Passionis, nec non etab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosae Ascensionis : offerimus praeclarae majestati tux de tuis donis ac datis Hostiam puram, Hostiam sanctam, Hostiam immaculatam : Panem sanctum vitae aeternae, et Calicem salutis perpétua;. Supra quas propitio ac sereno vultu respicere digneris : et accepta habeL'A vent.
re, sicuti accepta habere dignatus es mimera pucri tui justi Abel, et sacrificium Patriarche nostri Abrahae, et quodtibi obtulit summus Sacerdos tttUS Melchisedech.sanctum sacrificium.immaculatam hostiam,
Abel; le sacrifice au'Abraham vous fit de son fiis Isaac, immolé sans perdre la vie; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous, et une libation à votre gloire.
Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes.
Supplices te rogamus, 1 omnipotens Deus : jubé hœc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divins Majectatis tuaî : ut quotquot ex hac altaris participatione, sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus . omni benedictione cœ- lesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum . Amen.
Mais. 6 Dieu tout-puissant! ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre : ils sont aussi sur lAutel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplir le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.
Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise souffrante. Demandons que le Libérateur qui est descendu, daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire, par un rayon de sa lumière consolatrice, et que, découlant de cet autel,
le sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont chères.
N excluez personne votre visite, ô Jésus ! Votre aspect réjouit la Cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cacher plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyez-leur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.
Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-mêmes pécheurs, qui profitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :
Mémento etiam. Domine, famulorum famularumque tuarum N. et X., qui nos pra?cesseruht cum signo fidei, et dormi un t insomnopacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem ChristumDominum nostrum. Amen.
Nous sommes pécheurs, 6 Père saint l et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre Royaume, par le mérite de ce Sacrifice que nous vous offrons, et non à cause de nos œuvres qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, devos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous
y obis quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus, partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Joanne , Stephano ,
Mathia, Barnaba, Ignatio, Alexandro, Marcellino, Petro, Felicitate, Perpétua, Agatha,Lucia, Agnete, Csecilia, Anastasia, et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos
demandons au nom de JésusChrist notre Seigneur, votie Fils ; c'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification ; par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais.
consortium, non sestimator meriti, sed veniae, quaesumus. largitor admitte : per Christum Dominum nostrum. Per quem hœc omnia, Domine, semper bona créas, sanctitïcas , vivificas , benedicis . et praestas nobis : per ipsum, et cum
Sso, et in ipso, est tibi eo Patri omnipotenti, in unitate Spiritus Sancti, omnis honoret gloria.
En disant ces dernières paroles, le Prêtre a pris l'Hostie sainte qui reposait sur l'autel; il l'a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine victime, arin de montrer qu'elle est maintenant immortelle ; puis élevant à la fois le Calice et l'Hostie, il a présenté à Dieu le plus noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la majesté infinie.
Cet acte sublime et mystérieux met fin au Canon; le silence des Mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications; il sollicite pour ses prières l'acquiescement du peuple fidèle en prononçant à haute voix les dernières paroles :
PER omnia sœcula sae- I P\ans tous les siècles dos /-iilrkfiim