L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 25)
ous comprenons ici, sous le titre de Propre du Temps, l'Office mobile des Dimanches et des Fériés de l'Avent. Dans notre désir de faire goûter aux fidèles la plus pure fleur Liturgie de ce saint temps, nous éprouvé quelque embarras sur la En effet, si nous eussions
Voici le plan auquel nous nous sommes arrêté. Nous donnons en entier la Messe et
les Vêpres des quatre Dimanches de l'Avent. Aux jours de Férié, nous produisons au moins une des Leçons d'Isaïe assignées dans l'Office des Matines; nous plaçons ensuite une Hymne, une Séquence, ou toute autre pièce poétique. Ces pièces ont toutes été empruntées aux sources les plus graves, savoir aux Bréviaires Romain et Mozarabe, à l'Anthologie et aux Menées des Grecs, aux Missels français et étrangers du moyen âge, etc. A la suite de cette Hymne ou Séquence, nous avons placé une Prière éloquente et pleine d'onction, tirée des Missels Ambrosien, Gallican ou Mozarabe ; en sorte que les fidèles trouveront dans notre collection une abondance de formules liturgiques jusqu'ici sans exemple, et dont l'autorité sera d'autant plus grande, que toutes ces pièces sont empruntées à des sources anciennes et approuvées.
Nous n'avons pas jugé à propos de joindre un commentaire à chacune des formules liturgiques que nous réunissons ici. Il nous a paru suffisant d'en donner la clef d'une manière générale, en rédigeant l'ouvrage entier sous la forme d'un commentaire affectif qui suffit pour lier les diverses parties, et pour éclairer le lecteur, sans le fatiguer par des redites ou des banalités.
Nous avons réservé, pour le Propre des Saints, les grandes Antiennes et l'Office de la Vigile de Noël, parce que ces célèbres Antiennes et cette Vigile sont à jour fixe au Calendrier comme les fêtes des Saints, et que pour les insérer au Propre du Temps, en la place qu'elles occupent dans les BréPropre du Temps.
viaires, il eût été nécessaire d'introduire dans ce livre destiné aux laïques, de véritables Rubriques dont la complication eût effrayé plusieurs personnes.
^2^£?vl Ie Dimanche, le premier de l'Année Ecclésiastique, est appelé, dans les chroniques et les chartes du moyen âge, le Dimanche Adtelevavi, à cause des premiers mots de l'Introït, ou encore le Dimanche Aspiciens a longe, à cause des premières paroles d'un des Répons à l'Office de Matines.
c'est sous les auspices de Marie, dans l'auguste Basilique qui garde la Crèche de Bethléhem, et qui pour cela est appelée
I. Les Stations marquées au Missel romain, pour certains jours de l'année, étaient autrefois des Processions dans lesquelles tout le Clergé et tout le peuple se rendaient à une église désignée pour cet effet, et y célébraient l'Office et la Messe. Cet usage, qui remonte aux premiers temps de l'Eglise romaine, et dont saint Grégoire le Grand n'a été que le restaurateur, existe encore aujourd'hui, dans un certain degré; et les Stations continuent de s'accomplir, quoique avec moins dj pompe et de concours, à tous les jours marqués au Missel.
dans les anciens monuments Sainte-Marie ad Prœsepe, que l'Eglise Romaine recommence chaque année le Cycle sacré. Il était impossible de choisir un lieu plus convenable pour saluer l'approche du divin Enfantement qui doit enfin réjouir le ciel et la terre, et montrer le sublime prodige de la fécondité d'une Vierge. Transportons-nous par la pensée dans ce temple auguste, et unissons-nous aux prières qui s'y font entendre ; ce sont les mêmes que celles qui vont être exposées ici.
A l'Office de la nuit, l'Eglise commence aujourd'hui la lecture du Prophète Isaïe, celui de tous qui a prédit avec le plus d'évidence les caractères du Messie, et elle continue cette lecture jusqu'au jour même de Noël inclusivement. Efforçons-nous de goûter les enseignements du saint Prophète, et que l'œil de notre foi découvre avec amour le Sauveur promis, sous les traits tantôt gracieux, tantôt terribles, à l'aide desquels Isaïe nous le dépeint.
Les premières paroles de l'Eglise, au milieu de la nuit, sont celles-ci :
egem venturum Dominum, venite, adoreE Roi qui doit venir, le . Seigneur,venez, adoronsAprès avoir rempli ce devoir suprême d'adoration, écoutons l'oracle d'Isaïe qui nous est transmis par la sainte Eglise.
le livre du Incipit liber Isaias Prophète. Cap. I. Visio Isaiœ filii Amos, quam vidit super
Judam et Jérusalem, in diebus Oziae , Joathan, Achaz. et Ezechiasregum Juda. Audite, cœli, et auribus percipe, terra; quoniam Dominus locutus est : Filios enutrivi, et exaltavi : ipsi autem spreverunt me. Cognovit bos possessorem suum, et asinus praesepe domini su! : Israël autem me non cognovit, et populus meus non intellexit. Vae genti peccatrici. populo gravi iniquitate, semini nequam, filiis sceleratis. Dereliquerunt Bominum. blasphemaverunt Sanctum Israël, abalienatisunt retrorsum. Super quo percutiam vos ultra, addentes prœvaricationem ? Omne caput languidum, et omne cor mœrens. A planta pedis usque ad verticem non est in eo sanitas : vulnus. et livor et plaga tumens non est circumligata, nec curata medicamine. neque fota oleo.
Jérusalem dans les jours d'Ozias, Joathan, Achaz, et Ezéchias, rois de Juda. Cieux, écoutez ; terre, prête l'oreille ; car le Seigneur a dit . J'ai nourri des enfants et je les ai élevés; mais eux. ils m'ont méprisé. Le bœuf connaît son maître, et l'âne la crèche de son seigneur ; mais Israël ne m'a point connu , et mon peuple a été sans intelligence. Malheur à la nation pécheresse . au peuple charge d'iniquités, à la race mauvaise, aux fils scélérats. Ils ont abandonné le Seigneur, ils ont blasphémé le Saint d'Israël, ils sont retournés en arrière. Où vous frapperai-je de nouveau, vous qui ajoutez sans cesse de nouvelles prévarications ? Toute tête est languissante, et tout cœur désolé. De la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, il n'y a rien de sain dans mon peuple. Ce n'est que blessure, que contusion. qu'une plaie enflammée, qui n'a point été bandée , ni pansée avec un médicament, ni adoucie avec l'huile.
Ces paroles du saint Prophète, ou plutôt de Dieu qui parle par sa bouche, doivent faire une vive impression aux enfants de l'Eglise, à l'entrée de la sainte carrière de l'Avent. Qui ne tremblerait en entendant ce cri du Seigneur méprisé, méconnu, au
jour même où il est venu visiter son peuple ? Il a dépouillé son éclat dans la crainte d'effrayer les hommes ; et, loin de sentir la divine force de celui qui s'abaisse ainsi par amour, ils ne l'ont point connu ; et la crèche qu'il a choisie pour y reposer après sa naissance n'a d'abord été visitée que par deux animaux sans raison. Sentez-vous, chrétiens, combien sont amères les plaintes de votre Dieu ? combien son amour méprisé souffre de votre indifférence ? Il prend à témoin le ciel et la terre, il lance l'anathème à la nation perverse, aux fils ingrats. Reconnaissons sincèrement que jusqu'ici nous n'avons point connu tout le prix de la visite du Seitneur, que nous avons trop imité l'insensiilité des Juifs, qui ne s'émurent pas quand il apparut au milieu de leurs ténèbres. Ce fut en vain que les Anges chantèrent au milieu de la nuit, que les bergers furent conviés à l'adorer et à le reconnaître ; en vain que les Mages vinrent d'Orient demander où était son berceau. Jérusalem fut troublée un instant, il est vrai, à la nouvelle qu'un Roi lui était né ; mais elle retomba bientôt dans son insouciance, et ne s'enquit même pas de la grande nouvelle.
C'est ainsi, ô Sauveur ! que vous vene\ dans les ténèbres, et que les ténèbres ne vous comprennent pas. Oh ! faites que nos ténèbres comprennent la lumière et la désirent. Un jour viendra où vous déchirerez les ténèbres insensibles et volontaires, par l'éclair effrayant de votre justice. Gloire à vous en ce jour, ô souverain Juge ! mais gardez-nous de votre colère, durant les jours de cette
vie mortelle. — Où frapperai-je maintenant? dites-vous. Mon peuple n'est déjà plus qu'une plaie. — Soyez donc Sauveur, ô Jésus ! dans l'A- vènement que nous attendons. Toute tête est languissante et tout cœur désolé : venez relever ces fronts que la confusion et trop souvent aussi de viles attaches courbent vers la terre. Venez consoler et rafraîchir ces cœurs timides et flétris. Et si nos plaies sont graves et invétérées, venez, vous qui êtes le charitable Samaritain, répandre sur elles V huile qui fait disparaître la douleur et rend la santé.
Le monde entier vous attend, ô Rédempteur ! venez vous révéler à lui en le sauvant. L'Eglise, votre Epouse, commence en ce moment une nouvelle année ; son premier cri est un cri de détresse vers vous ; sa première parole est celle-ci : Vene\l Nos âmes, ô Jésus ! ne veulent pas non plus cheminer sans vous dans le désert de cette vie. Il se fait tard : le jour incline au soir, les ombres sont descendues : levez-vous, divin Soleil; venez guider nos pas, et nous sauver de la mort.
Pendant que le Prêtre se rend à l'autel pour célébrer le Sacrifice, l'Eglise débute par ce beau chant qui montre si bien sa confiance d'épouse; repétons-le avec elle, du fond de notre cœur; car le Sauveur viendra à nous dans la mesure que nous l'aurons désiré, et fidèlement attendu.
Vers vous, 6 mon Dieu ! j'ai élevé mon âme. En vous j'ai mis ma confiance, et je sais que je n'aurai point à en rougir : car vous viendrez au temps marqué. En vain les ennemis de mon salut riront de ma patience : quiconque vous attend ne sera point confondu.
Ps. Seigneur, venez me montrer la voie qui conduit à vous ; venez m'apprendre vos divins sentiers.
au Père, et au au Saint-Esprit : était au commenet maintenant el et dans les siècles
AD te levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non eruhescam : neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui te expectant non confundentur.
Ps. Vias tuas, Domine, demonstra mihi : et semitas tuas edoce me.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in sœcula sœculorum.Amen.
Après le Kyrie eleison, le Prêtre recueille les vœux de toute l'Eglise dans les Oraisons suivantes, appele'es pour cela Collectes.
Réveillez, s'il vous plaît, Seigneur, votre puissance, et venez, afin que nous méritions d'être arrachés, par votre protection, aux imminents périls où nos péchés nous engagent, et d'en être sauvés par votre secours libérateur ; vous qui, étant Dieu, vivez et régnez