L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 30)
Parce que Jérusalem penche vers sa ruine, la force de l'intelligence s'éteint en elle avec toutes les autres forces. Elle ne sait plus où elle va, et elle ignore l'abîme qui doit l'engloutir. Ainsi sont les hommes qui ne méditent point l'Avènement du souverain Juge, ceux dont Moïse a dit dans le Cantique : Race sans conseil et sans prudence ; si du moins ils avaient la sagesse et V intelligence pour prévoir la fin des choses! Le Fils de Dieu vient présentement dans les langes de la faiblesse, dans l'humilité du serviteur, et, pour parler avec les Prophètes, comme la rosée qui tombe goutte à goutte et sans bruit ; mais il n'en sera pas toujours ainsi. Cette terre, qui supporte nos péchés et notre insensibilité, s'écroulera aussi en présence du Juge terrible. A quoi nous rattacherons-nous, si nous n'avons aimé qu'elle? « Une mort subite ar« rivée sous vos yeux, dit saint Jean Chrysosr tome, une secousse de tremblement de « terre, la seule menace d'une calamité im« prévue vous consterne et vous abat : que « sera-ce alors que la terre tout entière man« quera sous vos pieds; que vous verrez le « bouleversement de la nature; que vous « entendrez le son de la trompette fatale; « que le souverain Maître de l'univers se « montrera à vos regards dans la plénitude
« de sa Majesté ? Vous avez vu des malheu« reux traînés au supplice : combien de « morts n'ont-ils pas eu à subir avant d'arri« ver au lieu de l'exécution ! Anéantis par « l'épouvante, plusieurs n'ont plus à livrer « au bourreau qu'un cadavre » O terreur de ce dernier moment! Comment ose-t-on t'affronter, quand, pour t'éviter, il suffit d'ouvrir aujourd'hui son âme à celui qui vient doux et désarmé, demandant un asile à nos cœurs, et promettant, s'ils veulent le recevoir, de les sauver de la colère à venir ! O Jésus ! nous ne sommes pas de force à lutter contre vous au* dernier jour ; maintenant vous êtes notre frère, notre ami, un petit Enfant qui va naître pour nous ; nous voulons donc faire alliance avec vous ; et quand nous vous aurons aimé dans votre premier Avènement, nous ne vous craindrons plus dans le dernier. Puissions-nous alors entendre retentir à notre oreille cette parole que vos Anges diront aux justes : Tout est bien!
Verbe souverain qui sortez du sein éternel du Père, et qui. par une naissance temporelle, venez au secours de l'univers,
Illuminez aujourd'hui nos cœurs, embiasez-les de votre amour : qu'ils se détachent des choses qui passent, et deviennent sensibles aux célestes jouissances :
VERBUMsupernumpro' diens E Patris asterni sinu, Qui natus orbi subvenis, Labente cursu temporis:
Illumina nunc pectora, Tuoqueamoreconcrema, Ut cor caduca deserens Cceli voluptas impleat.
Ut cum tribunal Judicis Damnabit igni noxios, El vox arnica debitum Vocabit ad cœlum pios,
Patri, simulque Filio, Tibique,Sancte Spiritus, Sicut fuit sit jugiter Saeclum per omne gloria.
Afin qu'au jour où le Juge, du haut de son tribunal, condamnera les coupables aux flammes, et, d'une voix amie, conviera les justes au ciel,
Nous ne soyons pas du nombre de ceux qui, voués à des feux éternels, seront lancés dans un noir tourbillon ; mais que, favorisés de la vue de Dieu, nous soyons admis à goûter les délices du Paradis.
Au Père, au Fils, et à vous, Esprit-Saint, soient à jamais, dans tous les siècles, gloire et honneur, comme il fut toujours. Amen.
C'est une chose digne et juste, et vraiment avantageuse pour nous, de faire retentir sans relâche vos louanges, ôPère tout-puissant ! vous qui nous ayant créés dans un état de sainteté et de noblesse, daignâtes, par une miséricorde insigne, après que nous eûmes été séduits par la fraude de l'ancien serpent, nous arracher à la mort. Vous annonçâtes longtemps d'avance que " Votre Fils, que vous deviez nous envoyer dans la chair, vienpaGNUM et justum est, LJ vere et nobis per omnia expedibile, tuam nos clementiam, omnipotens Pater, quibus possumus semper laudibus praedicare ; qui bonitate nos ingenuitateque condidisti, ac serpentis antiqui fraude decepti, gratuita miseratione a morte velis eripere ; qui Filium tuum, quem pro nobis in carne missurus eras, ad terras venturum nasciturumque de Virgine longe
drait sur cette terre et naîtrait d'une Vierge : et vous chargeâtes vos Saints de proclamer d'une voix éclatante l'A- vènement de ce Messie, afin que le monde, préparé par une longue attente, conçût une plus grande joie au jour où, la plénitude des temps étant accomplie, le Sauveur lui serait enfin donné. Donc, nous vous prions et supplions que, de même que, dans votre clémence et miséricorde, vous n'avez pas voulu souffrir que votre créature pérît entièrement, mais l'avez rappelée à la vie par l'humble Avènement de votre Fils notre Seigneur ; de même, aujourd'hui, vous daigniez protéger, conserver, guérir, défendre et délivrer ce qu'une première fois vous avez retrouvé, réparé, rappelé à la vie ; afin qu'en ce terrible Avènement où il doit reparaître pour juger ceux par lesquels et pour lesquels il a été jugé lui-même, il retrouve ceux qu'il a rachetés en tel état de fidélité, qu'il puisse les posséder éternellement. lui qui les a acquis au prix de son sang.
prastonantibus sanctis prasnuntiasti ; ut exspectatus diu qui fuerat repromissus, magnum mundo faceret gaudium in plenitudine temporum praesentatus. Unde petimus et rogamus ut qui plasma tuum, sicut vere pius et misericors, perire non passus es : sed per humilem adventum Filii tuiDomini nostri,quod perierat revocasti ; quod jam inventum et reparatum ac revocatum est, sic protegas, sic custodias, sic sanes, sic defendas, sic libères : ut in illo adventu terribili quo iterato illos venturus est judicare, a quibus et pro quibusest judicatus, taies inveniat quos redemit, ut in aeternum possideat quos pretio sui sanguinis acquisivit.
Cntabo dilecto meo canticum patruelis mei vineae suae. Yinea facta est dilecto meo in cornu filio olei. Et sepivit eam, et lapides elegit ex i Lia. et plantavit eam electam. et aedificavit turrim in medio ejus et torcular exstruxit in ea : et exspectavit ut faceret uvas, et feeit labruscas. Nunc ergo, habitatores Jérusalem et viri Juda. judicate inter me et vineam meam. Quid est quod debui ultra facere vineae mes, et non feci ei ? an quod exspectavi ut faceret uvas, et fecit labruscas ? Et nunc ostendam vobis quid ego faciam vineae meae : auferam sepem ejus, et erit in direptionem ; diruam maceriam ejus, et erit in conculcationem. Et ponam eam de^ertam : non putabitur,
JE chanterai à mon BienAimé le Cantique de mon proche parent sur sa vigne. Mon Bien-Aimé avait une vigne plantée sur un lieu élevé et fertile. Il l'environna d'une haie : il en ôta les pierres, il la planta d'une espèce choisie ; il bâtit une tour au milieu, et il y fit un pressoir. Il s'attendait qu'elle porterait de bons fruits : et elle n'en a porté que de sauvages. Maintenant donc, vous habitants de Jérusalem, et vous, hommes de Juda, soyez juges entre moi et ma vigne. Qu'ai-je dû faire de plus à ma vigne que je n'aie point fait? Est-ce parce que j'attendais d'elle de bons raisins, qu'elle n'en a produit que de mauMaintenant je vous montrerai ce que je vais faire à ma vigne. J'arracherai la haie qui l'entoure, et elle sera exposée au pillage : je détruirai le mur qui la défend, et elle sera foulée aux
et non fodietur, et ascendent vêpres et spinae,et nubibusmandabo ne pluant super eam imbrem. Vinea enim Domini exercituum domus Israël est, et vir Juda germen ejus delectabile : et exspectavi ut faceret judicium, et ecce iniquitas ; et justitiam, et ecce clamor.
pieds. Je la rendrai déserte : elle ne sera plus ni taillée. ni labourée : les ronces et les épines pousseront dessus, et je commanderai aux nuages de ne pleuvoir plus sur elle. Or, la maison d'Israël est la vigne duSeigneur des armées, et la race de Juda le plant qu'il aimait. J'ai attendu qu'ils rissent des actions justes, et voilà des iniquités ; qu'ils portassent des fruits de justice, et voilà des cris.
Nous attendons la Naissance d'un Enfant qui doit paraître sept siècles après Isaïe ; et cet Enfant sera le Sauveur du monde. Or, les hommes le persécuteront, l'accableront de calomnies et d'injures; et à la veille du jouroù ils le crucifieront, il leurproposera cette parabole : // y avait un homme qui était père de famille, et il planta une vigne, Ventoura d'une haie, y creusa un pressoir, y bâtit une tour et la loua à des laboureurs ; après quoi il partit pour un pays étranger. Or, quand le temps de la vendange fut venu, il envoya ses serviteurs vers les laboureurs pour recueillir ses fruits. Et les laboureurs ayant pris ses serviteurs, frappèrent Vun, tuèrent l'autre, lapidèrent celui-ci. Il envoya donc de nouveaux serviteurs en plus grand nombre que la première fois ; et ils leur firent de même. En dernier lieu, il leur envoya son fils, disant: Au moins, ils respecteront mon fils. Chrétiens, le voici qui vient, ce Fils. Le respecterezvous ? Le traiterez- vous comme le Fils de Dieu, avec l'honneur et l'amour qui lui sont
dus .'Voyez quelle progression dans la malice des hommes ! Au temps d'Isaïe, les Juifs ont méprisé les Prophètes ; mais les Prophètes, quoique envoyés de Dieu, n'étaient que des hommes. Le Fils de Dieu est venu lui-même, et ils l'ont méconnu; et c'était là un bienplus grand crime que de lapider les Prophètes. Quel serait donc le crime des chrétiens qui connaissent celui qui vient ; bien plus, qui sont ses membres par le Baptême, de ne pas lui ouvrir leur coeur, quand il va venir envoyé par son Père ? Quel châtiment ne mériterait pas la vigne ingrate plantée avec tant d'amour, si elle persistait à ne donner que des fruits sauvages ? O Sauveur, hàtez-vous de nous fertiliser : couronneznous de rieurs et de fruits pour le jour prochain de votre Avènement.
NE irascaris, Domine, ne ultra memineris iniquitatis : ecce civitas Sancti facta est déserta, Sion déserta facta est, Jérusalem desolata est, domus sanctificationis nostra; et gloriœ tua;, ubi laudaverunt te patres nostri.
Cieux. répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.
NE vous irritez plus, Seigneur, ne vous souvenez plus désormais de notre iniquité. Voilà que la cité du Saint est devenue déserte, Sion est dans la solitude, Jérusalem est désolée, cette maison consacrée à votre culte et à votre gloire, où nos pères ont chanté vos louanges.
Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.
Nous avons péché, et nous sommes devenus comme le lépreux ; et nous sommes tous tombés comme la feuille ; et comme un vent impétueux, nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre face à nos regards, et vous nous avez brisés par la main de notre iniquité.
Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.
Voyez, Seigneur, l'affliction de votre peuple, et envoyez celui que vous devez envoyer. Faites sortir l'Agneau qui doit dominer sur la terre ; qu'il s'élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu'il enlève lui-même le joug de notre captivité.
Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.
Console-toi, console-toi, ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut : pourquoi te consumes-tu dans la tristesse ? Pourquoi la douleur s'est-elle emparée de toi ? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Rédempteur.
Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.