L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 36)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

y. Quand le Dieu, fils [de la Vierge, viendra juger le monde, il dira aux justes placés à sa droite: Approchez, mes fils bien-aimés ; c'est à vous que j'ai résolu de donner mon Royaume. O heureuse parole ! heureuse promesse ! Heureux bienfaiteur ! heureux bienfait !

y. Ensuite, il dira à ceux qui seront à la gauche : Sectateurs du péché, je ne vous connais pas. La gloire du siècle vous a séduits : descendez au fond des enfers, avec

y. Vox de cœlis : O vos mortui qui jacetis in sepulcris, surgiteet occurrite ad judicium Salvatoris;

y. Lauda, anima mea, Dominum ; laudabo Dominum in vita mea, et in carne mea videbo Deum ;

Yirginis Judicare saeculum venerit, Dicet justis ad dextram

positis : Accedite, dilecti filii, Vobis dare regnum disposui. O felix vox ! felix promissio ! Felix dator et felix datio ! <* * Quando cœli movendi sunt et terra.

y. Posthaec dicet ad laevam positis : Xescio vos, cultores criminis : Vos decepit gloria saeculi ;

ministris. O proh dolor ! quanta tristitia ! Quantus luctus ! quanta

suspiria! " Dumveneris judicare sa?culum per ignem. r. Jam festinat Rex ad

judicium. Dies instat horrenda nimium ; Et quis erit nobis refugium ? Nisi Mater Yirgo, spes

omnium, Quae pro nobis exoret Filium. O Jesu rex, exaudi poscimus Preces nostras. et salvi

p. Creator omnium rerum Deus , qui me de limo terra; formasti, et mirabiliter proprio sanguine redemisti, corpusque meum , licet modo putrescat , de sepulcro faciès in die judicii resuscitari ; exaudi, exaudi me. ut animam meam in sinu Abrahae patriarchœ tui jubeas collocari ;

le diable et ses ministres. O douleur ! ô tristesse 1 ô deuil ! ô soupirs !

f. Déjà le Roi se préparî pour le jugement ; le jour affreux va éclater ; dans cette extrémité, quel sera notre refuge ? Nous n'en avons point d'autre que la Vierge Mère, l'espoir universel : qu'elle daigne pour nous supplier son fils ! O Roi Jésus ! exaucez nos prières, et nous serons sauvés ;

7. Créateur de toutes choses, ô Dieu ! qui m'avez formé du limon de la terre, et m'avez racheté de votre propre sang , par un admirable amour ; vous qui devez, au jour du Jugement, faire sortir du sépulcre mon corps qui est à la veille de tomber en pourriture , exaucez - moi . exaucez-moi, et daignez ordonner que mon âme soit placée au sein du patriarche Abraham ;

Christ tout-puis6ant, Fils de Dieu , vecsz , dans votre miséricorde , sauver votre peuple, au jour de votre Nativité, et daignez , avec votre bénignité accoutumée. nous délivrer de toute inquiétude et de toute crainte temporelle. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.

OMNIPOTENS Christe, Fili Dei , in die Nativitatis tuae propitius ad salvandum in tepopulum veni : ut benignitate solita ab omni dubietate, et metu temporis nos jubeas liberari. Quivivis et régnas, etc.

Prope est ut veniat tempus ejus, et dies ejus non elongabuntur. Miserebitur cnira Dominus Jacob, et eliget adhuc de Israël, et requiescere eos faciet super humum suam : adjungetur advena ad eos, et adhaerebit domui Jacob. Et tenebunt eos populi, et adducent eos in locum suum : et possidebit eos domus Israël super terrain Domini in servos et ancillas : et erunt capientes eos qui se ceperant. et subjicient exactores suos. Et erit in die illa, cum requiem dederit tibi Deus a labore tuo et a concussione tua , et a servitude dura, qua ante Fervisti: sûmes parabolam istam contra regem Babylonis, et dices : Quomodo cessavit exactor , quievit tributum ? ConLE Roi qui doit venir, le Seigneur : venez , adorons-le.

Le temps ou il doit venir est proche, et les jours n'en sont pas éloignés. Car le Seigneur aura pitié de Jacob, et il choisira des hommes dans Israël, et il les fera demeurer paisiblement dans leur terre. L'étranger se joindrai eux et s'unira à la maison de Jacob. Et les peuples les prendront et les introduiront dans leur pays : et la maison d'Israël aura ces peuples pour serviteurs et pour servantes dans la terre d'Israël. Ceux qui les avaient assujettis seront leurs captifs, et ils s'assujettiront ceux qui les avaient dominés. En ce jour-là, quand le Seigneur aura mis fin à tes travaux, à l'oppression et à la dure servitude que tu souffrais auparavant, tu entonneras ce Cantique contre le roi de Babylone , et tu diras : « Comment a disparu le ty« ran ? Comment a cessé le a tribut qu'il nous imposait?

« Le Seigneur a brisé le bâ« ton des impies, la verge des « dominateurs, qui, dans son « indignation , frappait les « peuples d'une plaie incura« ble, s'assujettissait les na« tions dans sa fureur, les « persécutait avec cruauté. « Comment es-tu tombé du « ciel, ô Lucifer ! toi qui te « levais le matin avec tant « d'éclat ? Tu as été renversé « sur la terre, toi qui coude vrais de plaies les nations ; a qui disais dans ton cœur : « Je monterai au ciel, j'élè« verai mon trône au-dessus « des astres de Dieu, je m'as« seyerai sur la montagne de « l'alliance, aux côtés de l'ait quilon ; je monterai au« dessus des nuées, je serai « semblable au Très-Haut. « Et te voilà précipité dans < l'enfer, jusqu'au plus pro« fond de ses abîmes. »

Ta ruine est en effet consommée, ô Lucifer ! Tu refusas de Rabaisser devant Dieu et tu fus précipité. Ton orgueil ensuite cherchant a s'étourdir sur l'humiliation d'une chute si profonde, tu causas la ruine du genre humain, en haine de Dieu et de son œuvre. Tu réussis à inspirer au fils de la poussière ce même orgueil qui avait été cause de ta dégradation. Par toi, le péché entra dans ce monde, et par le péché la mort; le genre humain semblait une proie dévouée à ta rage éternelle. Forcé de renoncer à tes espérances d'une royauté céleste, tu pensais du

trivit Dominus baculum impiorum, virgam dominantium, caedentem populos in indignatione , plaga insanabili, subjicientem in furore Gentes, persequentem crudeliter. Quomodo cecidisti de coelo , Lucifer , qui mane oriebaris ? corruisti in terram, qui vulnerabas gentes : qui dicebas in corde tuo : In cœlum conscendam ; super astra Dei exaltabo solium meum, sedebo in monte testamenti, in lateribus Aquilonis : ascendam super altitudinem nubium, similis ero Altissimo. Verumtamen ad infernum detraheris in profundum laci.

moins régner sur l'Enfer et dévorer la création à mesure qu'elle sortirait des mains de Dieu. Mais tu es vaincu aujourd'hui. Ton règne était dans l'orgueil ; à lui seul tu aurais dû ta cour et tes sujets ; or, voici que le souverain Seigneur de toutes choses vient saper ton empire par les fondements, en enseignant luwnême l'humilité à sa créature; et il vient l'enseigner, non par des lois promulguées avec l'appareil éclatant du Sinaï,mais en la pratiquant lui-même sans bruit, cette divine humilité qui seule peut relever ceux qui sont tombés par la superbe. Tremble, Lucifer ! ton sceptre va se briser entre tes mains.

Dans ta fierté, tu dédaignes cette humble et douce Vierge de Nazareth, qui garde silencieuse le mystère de ta ruine et de notre salut. Tu dédaignes par avance l'Enfant qu'elle porte dans son sein et qu'elle mettra bientôt au jour. Sache que Dieu ne le dédaigne pas; car il est Dieu aussi, cet Enfant qui n'a pas vu le jour encore ; et un seul des actes d'adoration et de dévouement qu'il pratique à l'égard de son Père, au sein de Marie, apporte plus de gloire à la Divinité, que tout ton orgueil, croissant à jamais dans l'éternité, ne lui en pourrait ravir. Instruits désormais parles leçons d'un Dieu sur la puissance du grand remède de l'humilité, les hommes sauront y avoir recours. Au lieu de s'élever comme toi, dans un fol et criminel orgueil, ils s'abaisseront avec joie et amour ; et plus ilsseront humbles, plus Dieu prendra plaisir à les élever ; plus ils se confesseront pauvres, plus il aimera à les rassasier. C'est la Vierge

divine qui nous le dit dans son beau Cantique. Gloire à elle, si douce mère à ses enfants, et si terrible à toi, Lucifer! qui te débats en vain sous son pied victorieux.

(Composée au xi° siècle, et tirée des anciens Missels Romains- Français.)

Peuple chrétien, chante-le dévotement , rends hommage à ton Créateur.

C'est lui que bénissent avec jubilation les milices céiesies, enivrées de sa vue.

C'est lui qu'attendent toutes les choses terrestres, pour comparaître devant lui,

O Christ ! sauvez-nous par votre clémence, vous qui souffrîtes pour nous une cruelle passion.

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