L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 37)
Soulevez-nous jusqu'aux brillantes étoiles des cieux, vous qui effacez les souillures des siècles ;
Afin que, sauvés ici-bas par votre miséricorde, nous puissions, après cette vie, monter joyeux aux célestes royaumes :
Tua nos salva, Christe, clementia propter quos passus es dira.
Ut hic tua salvi misericordia : laeti régna post adeamus supera.
Qui régnas saecula per I Vous qui régnez dans les infinita. Amen. | siècles infinis. Amen.
Misericors ac piissime Deus, eu jus voluntate ac munere Dorainus noster Jésus Christus ad hoc se humil.*ivit, ut totura genus exaltaret humanum. et ideo ad ima descenderit, ut humilia sublimaret : ac propterea Deus homo nascitur per Virginem. ut in homine perditam cœlestem reformaret imaginem : da ut plebs hœc tibi adhaereat, ut quam redemisti tuo munere, tibi semper devota placeat servitute.
DIEU miséricordieux et clément, par la volonté et la munificence duquel JésusChrist notre Seigneur s'est humilié, pour élever le genre humain tout entier, et est descendu au plus bas pour exalter ce qui était misérable, en sorte que Dieu est né homme au moyen d'une Vierge, afin que la ressemblance céleste que l'homme avait perdue fût rétablie en lui ; faites que vôtre peuple s'attache à vous, et qu'après que vous l'avez racheté par votre bienfait, il vous soit toujours agréable par sa dévote servitude.
Envoyez, Seigneur, l'A- gneau qui doit régner sur la terre ; qu'il s'élance de la pierre du désert jusqu'à la montage de la fille de Sion : et comme l'oiseau qui s'enfuit, comme les petits qui s'envolent de leur nid, ainsi seront les filles de Moab au passage d'Arnon. Prends conseil, forme une assemblée, prépare en plein midi une ombre aussi noire que la nuit même ; cache les fuyards et ne trahis point les vagabonds ; ô Moab ! sois leur asile, devant la face du tyran. Mais la poussière se dissipe, le misérable n'est plus ; celui qui foulait la terre a disparu. Un trône sera préparé dans la miséricorde, et VA- gneati Dominateur s'asseyera dessus dans la vérité, sous la tente de David; il jugera et cherchera l'équité, et il rendra promptement ce qui est juste.
Emitte Agnum, Domine, dominatorem terne, de petra deserti ad montem filiae Sion. Et erit : sicut avis fugiens, et pulli de nido avolantes, sic erunt filîae Moab in transcensu Arnon. Ini consilium, coge concilium, pone quasi noctem umbram tuam in meridie : absconde fugientes. et vagos ne prodas. Habitabunt apud te profugi mei : Moab, esto latibulum eorum a facie vastatoris. Finitus est enim pulvis, consummatus est miser, defecit qui conculcabat terram. Et prœparabitur in misericordia solium, et sedebit super illud in veritate, in tabernaculo David, judicans et quaerens judicium, et velcciter reddens quod justum est.
Seigneur, envoyez-nous l'Agneau: « c'est a l'Agneau qu'il nous faut, et non le Lion, u s'écrie Pierre de Celles dans son m" Ser« mon de l'Avent, l'Agneau qui ne s'irrite « point, et dont la mansuétude ne se trouble « jamais ; l'Agneau qui nous donnera sa laine -t blanche comme la neige pour réchauffer « ce qui en nous est froid, pour couvrir ce « qui en nous est nu; l'Agneau qui nous donm nera sa chair à manger, de peur que nous « ne périssions de faiblesse dans le chemin. « Envoyez-le plein de sagesse, car dans sa « divine prudence il vaincra l'esprit superbe; « envoyez-le plein de force, car il est dit « que le Seigneur est fort et puissant dans le « combat; envoyez-le plein de douceur, car « il descendra comme la rosée sur la toison; « envoyez-le comme une victime, car il doit « être vendu et immolé pour notre rachat; « envoyez-le, non pour exterminer les pé« cheurs, car il doit venir les appeler, et non « les justes ; envoyez-le enfin digne de rece« voir la puissance et la divinité, digne de « délier les sept sceaux du livre scellé, sa« voir l'ineffable mystère de l'Incarnation. » Vous êtes donc Roi, 'divin Agneau ! Vous êtes, dès le sein de votre Mère, le souverain Dominateur. Ce sein virginal est un trône de miséricorde sur lequel vous siégez dans l'humilité, prêt à nous rendre justice et à confondre notre cruel ennemi. O Roi chéri ! si nos yeux ne vous aperçoivent pas encore, notre cœur vous a senti. Il sait que c'est pour lui que vous revêtez une si étonnanteroyauté. Laissez-le s'approcher de vous, et vous rendre foi et hommage, pendant que le
nuage vous voile encore. Bientôt les bras de Marie seront un second trône pour votre Majesté, et toute la terre verra le Salut qui lui est envoyé.
G pot TE, prepare-toi voici venir la Brebis qui porte le Christ en son sein ; Crèche, reçois celui qui d'une parole ineffable nous délivre, nous enfants de la terre ; Bergers, qui veillez la nuit, publiez le prodige ; Mages, accourez de la Perse, apportez au Roi l'or, l'encens et la myrrhe ; car le Seigneur est apparu, né d'une Vierge-mère qui s abaisse comme une humble servante, toute mère qu'elle est, l'adore et dit, le tenant en ses bras : Comment as-tu été produit, comment as-tu été engendré dans mes entrailles, mon Sauveur et mon Dieu?
Ecoute, ô ciel 1 terre, prête l'oreille ; car voici le Fils et le Verbe du Dieu Père, qui s'avance pour naître d'une Vierge qui n'a pas connu l'homme, et qui enfante sans douleur par la vertu du Saint-Esprit. Bethléhem, prépare-toi ; Eden, ouvre tes portes : Celui qui Est devient celui qui n'était pas ;
Spelunca, parare : Agna enim venit fœtum gerens Christum : recipe, praesepium, illum qui nos terr gênas verbo solvit ineffabili modo : pastores de nocte vigilantes, prodigiosum confitemini miraculum ; magique, e Perside aurum, thus et myrrham Régi afferte ; quia visus est e Virgine matre Dominu", quem et ipsa prona servili modo, mater adoravit, et ei quem in brachiis suis tenebat dixit: Quomodo in me inseminatus es : vel quomodo in me ingeneratus es, Salvator meus et Deus?
Audi, cœlum, et intellige, terra; ecce enim Filius Verbumque Dei Patris progreditur ad nascendum ex Virgine inexperta virum, iine dolore illum pariente et virtute Spiritus Sancti. Bethléhem, parare : aperi januam, Eden : nam qui Est fit qui non
erat. et plasturgus omnis creaturae plasmatur ipse, afferens mundo magnam misericordiam.
Natura immense, Christe Rex, quomodo parva te recipiet spelunca ? Quomodo praesepe te poterit continere, Jesu, ex Matre nesciente virum, advena facfs in propria, ut hospites ipse salves ?
Novum facta cœlum, Domina, e vulva tua, sicut e nebula Christum solem gloriae oriri facere festines in spelunca carnaliter, omnes terrae fines suis splendoribus fulgentissime irradiaturum. per incommensurabilem misericordiam.
Noscis nostrum dolorem et miseriam, misericors Christe, et nos non despicis ; sed exinanis temetipsum, non adhuc egressus ex tua génitrice ; tabernaculumque figens in matrice nuptinescia, quae sine dolore te pariet in spelunca caro factum.
Montes et colles, valles et campi, populi et tribus, gentes ac omnis spiritus, alalagmum agite : laetitiae divinœ venit plenitudo, omnium advenit
celui qui du limon forma toute créature reçoit luimême une forme, apportant au monde une grande miséricorde.
Nature immense, Christ Roi, comment pourra vous recevoir une chétive étable ? comment la crèche vous pourra-t-elle contenir, ô Jésus ! fils d'une mère intacte, qui vous êtes fait étranger dans votre propre domaine, pour sauver ceux qui vous donneraient l'hospitalité !
Auguste Princesse, nouveau ciel, de votre sein, ainsi que d'un nuage, hâtez-vous de faire sortir le Christ, Soleil de gloire : que dans la grotte il apparaisse avec notre chair, et répande jusqu'aux extrémités du monde le vif éclat de ses splendeurs par une immense miséricorde.
Vous savez nos douleurs et nos misères, ô Christ débonnaire ! et vous ne nous dédaignez pas ; mais vous vous anéantissez avant même de sortir de votre mère, fixant votre demeure au sein virginal de celle qui, dans la grotte, vous enfantera sans douleur, revêtu de notre chair.
Monts et collines, vallées et plaines, peuples et tribus, nations de la terre et tout ce qui respire, poussez des cris de victoire : voici venir la plénitude de joie divine,
la Rédemption de tous approche, le Verbe de Dieu qui ne connaît point de temps, soumis au temps par sa miséricorde.
Elle approche, la vigne céleste sur laquelle a mûri la grappe incorruptible ; elle vient enfanter le vin d'allégresse qui, comme une vive source, étanchera notre soif, à nous qui lui chanterons : Vous êtes béni, ô notre Dieu !
Le vase de divins parfums qui renferme le parfum d'excellence, s'avance pour répandre en la grotte de Bethléhem celui qui remplit de sa mystique odeur ceux qui lui chantent : Vous êtes béni, ô le Dieu de nos pères !
Marie, vous êtes semblable à l'instrument que vit autrefois Isaïe entre les mains de l'Ange : comme lui vous portez en vous le divin charbon, le Christ qui consume toute matière de péché, et illumine les âmes des fidèles.
Les chants des Prophètes ont cessé : car celui qu'ils ont annoncé devoir venir en la plénitude des temps, va paraître ; il est présent, avant pris un corps dans la chaste Vierge : allons le recevoir avec des cœurs purs.