L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 43)
Que le peuple des Gentils, qui a pris renaissance par la grâce, triomphant de joie, et fier de son trophée, célèbre tous les ans celte fête de la Naissance.
Que cet Avènementsoit célébré par les vœux solennels de tous ceux qui sont appelés à prendre part au triomphe d'un si grand jour ;
Afin que cette humble démonstration de notre zèle soit pour nous un motif d'espérance, lorsque le second Avènement, éclatant toutà coup, glacer-t le monde de terreur.
A Dieu le Père soit gloire, et à son Fils unique, avec l'Esprit consolateur, dans les siècles éternels.
Xitescat ut cultu novo, Renatus in nato Deo, Factus îovus vêtus homo.
Natalis hinc ob gaudium, Ovans tropha?o, gentium Renata plebs per gratiam, Hœc festa praebet annua.
Adventus hic solemnibus Votis feratur omnibus, Quos sustinere convenit Tanti diei gloriam.
Secundus ut cum cœ- perit, Orbemque terror pressent ; Succurrathœc humillima Susceptionis dignitas.
Deo Patri sit gloria, Ejusque soli Filio, Cum Spiritu Paraclito, In sempiterna saecula.
Cest une chose digne et juste, équitable et salutaire, que nous célébrions en ce saint temps la mémoire de la Bienheureuse Marie, toujours Vierge ; elle qui porta
ère dignum et justum est, asquum et salutare, nos beatae semper Virginis Maria; solemnia celebrare, quœ parvo utero DominumcceliporL'A vent.
tarit : et. Angelo pra?- nuntuinte. Verbum carne mortali edidit salvatorem. Hic est mundi Redemptor, castis conceptus visceribus ; clausa ingrediens, et clausa relinquens.
dans l'enceinte étroite de ses entrailles le Maître du ciel, et qui, après avoir reçu le message prophétique de l'Ange, mit au jour le Verbe luimême, devenu notre Sauveur dans une chair mortelle. C'est lui qui est le Rédempteur du monde, conçu dans un sein virginal, pénétrant ce qui est fermé et le laissant fermé après sa visite.
LE Seigneur attend afin de vous faire miséricorde, et il signalera sa gloire en vous pardonnant ; parce que le Seigneur est un Dieu d'équité : heureux tous ceux qui l'attendent ! Car le peuple de Sion habitera encore dans Jérusalem : toi qui pleures, tu ne pleureras plus ; il aura compassion de toi. Lorsque tu crieras vers lui, à peine aura-t-il entendu ta voix, qu'il te répondra. Et le Seigneur vous donnera du pain en petite quantité, et de l'eau en petite mesure ; et il ne fera plus disparaître de devant toi celui qui t'instruisait, et tes yeux verront ton Docteur. Et le Seigneur répandra la pluie sur tes grains, partout où tu auras semé ; et le pain de tes récoltes sera très abondaut et savoureux. En ce jour-là, l'agneau trouvera dans tes plaines de spacieux pâturages ; et tes taureaux et tes ânons qui labouPrope est jam Dominus : venite.adoremus.
EXSPECTAT Dominus ut misereatur vestri, et ideo exaltabitur parcens vobis : quia Deus judicii Dominus,beati omnes qui exspectant eum. Populus enim Sion habitabit in Jérusalem : plorans nequaquam plorabis : miserans miserebitur tui : ad vocem ciamoris tui statim ut audierit, respondebit tibi. Et dabit vobis Dominus panem arctum, et aquam brevem : et non faciet avolare a te ultra doctorem tuum, et erunt oculi tui videntes prœceptorem tuum. Et dabitur pluvia semini tuo , ubicumque seminaveris in terra : et panis frugum terrse erit uberrimus et pinguis. Pascetur in possessione lata in die illo agnus spatiose, et tauri tui, et pulli asinorum, qui operantur terram, commixL'A vent.
tum migma comedent sicut in area ventilatum est. Et erunt super omnem montem excelsum. et super omnem collem elevatum rivi currentium aquarum in die interfectionis multorum. cum ceciderint turres. Et erit lux Iuqx sicut lux solis, et lux solis erit septempliciter sicut lux septem dierum. in die qua alligaverit Dominus vulnuspopuli sui, et percussuram plagas ejus sanaverit. Êcce nomen Domini venit de longinquo, ardens furor ejus. et gravis ad portandum : labia ejus repleta sunt indignatione, et lingua ejus quasi ignis devorans. Spiritus ejus velut torrens inundans usque ad médium colli , ad perdendas Gentes in nihilum, et froenum erroris quod erat in maxillis populorum.
rent la terre, mangeront toutes sortes de grains mêlés ensemble, comme ils auront été vannés dans l'aire. Et il y aura sur toutes les montagnes les plus hautes et sur toutes les collines les plus élevées, des ruisseaux d'eau courante, au jour où plusieurs auront été tués, au jour où les tours seront tombées. Et la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus éclatante, comme serait la lumière de sept jours ensemble, lorsque le Seigneur aura bandé la plaie de son peuple, et guéri la blessure qu'il avait reçue. Voici le Nom du Seigneur qui vient de loin; sa fureur est ardente et dure à porter. Ses lèvres sont pleines d'indignation, et sa langue est comme un feu dévorant. Son souffle est comme un torrent débordé qui engloutit l'homme jusqu'au cou ; il vient perdre et anéantir les nations, et rompre le frein d'erreur qui retenait les mâchoires des peuples.
Donc, ô Jésus ! nous ne pleurerons plus : vous allez vous rendre à nos cris, et nos yeux vous verront, vous, notre Maître, notre Docteur. Si vous tardez encore, c'est pour nous faire miséricorde ; car vous avez mis votre gloire à pardonner. O félicité de votre Royaume ! ô fertilité de nos champs, c'est-àdire de nos âmes, quand s-otre rosée scia
tombée sur elles ! ô douceur et suavité de notre Pain qui sera vous-même, ô Pain vivant descendu du ciel ! 6 splendeur de la lumière dont vous réjouirez nos yeux mortels, au jour même où vous banderez nos plaies ! qu'il vienne donc bientôt, ce jour fortuné : qu'elle approche cette nuit radieuse où Marie déposera son divin fardeau. Telle est la confiance de nos cœurs dans ce miséricordieux Avènement, que nous éprouvons moins de terreur à l'annonce formidable que nous fait votre Prophète, qui, franchissant les âges avec la rapidité de votre parole, nous dénonce déjà l'approche du jour redoutable où vous arriverez tout à coup, ardent dans votre fureur, les lèvres pleines d'indignation, et la langue semblable à un feu dévorant. Aujourd'hui nous ne faisons qu'espérer, et nous attendons un Avènement tout pacifique : soyez-nous propice au dernier jour; mais présentement laissez-nous vous dire avec un de vos pieux serviteurs, le vénérable Pierre de Celles, dans son premier Sermon de l'A- vent : « Oui, venez, ô Jésus ! mais dans les « langes, non dans les armes ; dans l'humi« lité', non dans la grandeur ; dans la crèche. « non sur les nuées du ciel; dans les bras de « votre Mère, non sur le trône de votre Ma« jesté; sur l'ânesse, et non sur les Chéru« bins ; vers nous, et non contre nous ; pour « sauver, et non pour juger ; pour visiter « dans la paix, et non pour condamner dans a la fureur. Si vous venez ainsi, ô Jésus! au « lieu de vous fuir, c'est vers vous que nous « fuirons. »
Bethlehem , praeparare, omnibus aperitur Eden ; lœtare . Ephrata, quia arborvitae in spelunca effloruit ex Virgine; ejus enim venter paradisus demonstratus est spiritualis , in quo est divina planta, de qua manducantes vivimus ; neque enim amplius sicut Adam moriemur : nam Christus nascitur, lapsam principio relevans imaginem.
Ministraturus Chris:us libemer progreditur. plasmatis iormam plastes accipit ; qui locuples est divinitate, Adam indigenti novam reformationem atque nativitatem ut commiserans elargitur.
Inclinans coelos et in Virgine habitans progreditur carnaliter, Bethlehem in spelunca pariendus , ut scriptum est, videndusque infantulus qui infantes in vulva viviheat : ipsi gaudentes nunc obviemus omnes corde veloci.
Dominus nascens ut hospes, sapienter in propria venit : recipiamus
ethlehem , prepare-toi , Eden est ouvert à tous; réjouis-toi, Ephrata, car dans la grotte l'arbre de vie a fleuri au sein de la Vierge. Ce sein est devenu un Paradis spirituel, où nous trouvons la plante divine, de laquelle ayant mangé nous vivons ; car désormais nous ne mourrons plus comme Adam : le Christ naît pour relever son image tombée aux premiers jours du monde.
Le Christ daigne venir luimême pour servir ; il prend, lui créateur , la forme de l'œuvre de ses mains ; riche de sa divinité et plein de miséricorde , il apporte à Adam misérable une création et une naissance nouvelles.
Il incline les cieux, et, habitant dans la Vierge, il apF roche revêtu de notre chair. 1 va naître en la grotte de Bethlehem, ainsi qu'il a été écrit : il va paraître comme un enfant, celui qui donne la vie aux enfants dans le sein des mères ; allons tous au-devant de lui avec un cœur ardent et joyeux.
Le Seigneur plein de sagesse vient naître comme étranger en son propre domaine ; recevons-le, afin que, devenus les hôtes du Paradis de délices, nous y puissions habiter de nouveau par la miséricorde de celui qui naît dans l'étable.
Déjà les portiques de la divine Incarnation du Verbe s'ouvrent pour tous. Cieux, réjouissez-vous ; Anges, tressaillez d'allégresse ; que la terre et ses habitants se livrent à une joie spirituelle avec les Bergerset les Mages. La Vierge s'avance portant un vase d'albâtre tout rempli d'un parfum spirituel ; elle s'introduitd'une manière mystérieuse en la grotte pour l'y répandre avec prudence, et remplir nos âmes de sa bonne odeur.
Accourez, Vertus angéliques^ ; vous qui habitez Bethléhem. préparez la crèche, car le Christ va naître ; la Sagesse s'avance. Reçois, ô Eglise, les félicitations ; peuples, disons pour réjouir la Mère de Dieu : Béni soit celui qui vient, notre Dieu.
Le Christ notre Dieu paraîtra au grand jour ; il s'avance, il va venir, et ne tardera pas ; il apparaîtra issu d'une Vierge intacte ; dans quelques jours il reposera dans la grotte ; et toi, crèche d'animaux privés de raison, reçois, pour être en toi enveloppé de langes,