L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 44)
eum, ut hospites factos paradisi deliciarum iterum habitare facial natus in spelunca.
Jam divinae Verbi Incarnationis omnibus aperitur propylasun ; cœli, gaudete ; Angeli, exsultate ; lastetur terra cum hominibus. una cum Pastoribus et Magis in spiritu.
Fert sicut unguentum spirituale non vacuum Virgo alabastrum, et illud gestat in spelunca in spiritu ad evacuandum sapienter illud, ut bono odore repleat animas nostras.
Angelicaî accurrîte Virtutes ; qui in Bethléhem estis, prasparate praesepium, Christus enim nascitur ; Sapientia progreditur. Accipe salutationem, ticclesia ; in gaudium Dei Matris dicamus, populi : Benedictus qui venit, Deus noster.
Christus Deus noster manifeste gradiens veniet, et non tardabit ; ex nuptinescia nympha videbitur ; in spelunca autem requiescet ; et tu.. prœsepe alogorum, quem cœlum non continet, accipe fasciis in te involvendum, qui uno verbo
Chorum âge , Isaia , Verbum Dei demonstra, prophetiza puellœ Mariœ rubum incendiari, et igné non consumi. Splendore Deitatis , Bethlehem , adornare ; aperi januam, o Eden : atque iter capite Magi, Salutem visuri in praesepio fasciatam ; quem sidus designavit desuper speluncam, vitœ datorem Dominum salvantem genus nostrum.
celui que le ciel ne peut contenir, qui d'une parole réparc nos coupables folies.
Mène le chœur, ô Isaïe ! signale-nous le Verbe de Dieu ; prophétise-nous comment le buisson de la Vierge Marie est en feu sans se ;onsumer. Orne-toi, Bethlehem, d'une splendeur de Divinité ; Eden , ouvre tes portes ; Mages, mettez-vous en chemin pour voir le Salut enveloppé de langes en la crèche : c'est lui qu'a désigné l'astre mystérieux s'arrètant au-dessus de l'étable, l'auteur de la vie , le Seigneur qui vient sauver le genre humain.
ubique semper gratias agere , Domine sancte , Pater omnipotens, aeterne Deus, cui proprium est veniam delictis impendere , quam pœnaliter imminere. Qui fabricam tui operis per eumdem rursus lapidem es dignatus erigere , ne imago, quas ad similitudinem tui facta fuerat vivens, dissimilis haberetur ex morte. Munus venialis indulgentine prœstitisti : ut unde mortem peccato
C'est une chose digne et juste, que nous vous rendions grâces en tout temps et en tous lieux, ô vous, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, dont la nature est plutôt d'accorder le pardon du péché que de sévir par de juste» châtiments. C'est vous qui avez daigné employer à relever l'édifice que vos mains avaient bâti, la même pierre qui était entrée dans sa construction ; afin que cette image vivante que vous aviez formée à votre ressemblance ne fût pas rendue dissemblable à son prinLe Troisième Mardi de l'A vent. 24-i
cipe par la mort. Vous avez accordé une remise pleine d'indulgence, en sorte que la cause même qui avait produit la mort par le péché servît à réparer la vie , par votre immense miséricorde. La voix des Prophètes fit plus d'une fois retentir l'oracle, et vint l'Ange Gabriel annoncer à Marie que les temps étaient arrivés. La Vierge crut, et dans son sein s'accomplit la conception tant désirée du Verbe fidèle aux promesses : et il fut soumis aux lois de la naissance humaine, celui par la volonté duquel tous les êtres sont produits. Le sein de la Vierge prenait accroissement, et, malgré la fécondité de ses entrailles , son corps ne perdait rien de sa merveilleuse pureté. Un recontraxerat, inde vitam pietas repararet immensa. Ha?c postquam Prophetica sœpius vox praedixit ; et Gabriel Angélus Mariae jam prœsentia nantiavit , mox puellœ credentis in utero, fidelis Verbi mansit aspirata conceptio ; et illa proies nascendi sub lege latuit, quœ cuncta suo nasci nutu concessit. Tumebatur Virginis sinus ; et fœcunditate suorum viscerum corpus mirabatur intactum. Grande mundo spondebatur auxilium , fœminae partus sine viro mysterium ; quando nullius maculae nebula fuscata tenso nutriebat ventre prœcordia, mox futura genitrix genitoris.
pureté mède puissant était promis au monde, par ce mystère de l'enfantement d'une femme sans le secours de l homme ; de cette femme dont le plus léger nuage n'obscurcit jamais la pudeur, et qui pourtant, Mère future de son créateur, sentait croître en elle le fruit que nourrissaient ses entrailles.
iROPE est jam Do- i t ESeigneurest déjà proche: minus : venite, ado- *- venez, adorons-le.
L'Eglise commence à pratiquer en ce jour le jeûne appelé des Quatre- Temps, lequel s'étend aussi au Vendredi et au Samedi suivants. Cette observance n'appartient point à l'économie liturgique de l'Avent : elle est une des institutions générales de l'Année Ecclésiastique. On peut la ranger au nombre des usages qui ont été imités de la Synagogue par l'Eglise; car le prophète Zacharie parle du Jeûne du quatrième, du cinquième, du septième et du dixième mois. L'introduction de cette pratique dans l'Eglise chrétienne semble remonter aux temps apostoliques ; c'est du moins le sentiment de saint Léon, de saint Isidore de Séville, de Rhaban Maur et de plusieurs autres écrivains de l'antiquité chrétienne : néanmoins, il est remarquable que les Orientaux n'observent pas ce jeûne.
Dès les premiers siècles, les Quatre-Temps ont été fixés, dans l'Eglise romaine, aux époques où on les garde encore présentement; et si l'on trouve*" plusieurs témoignages des temps anciens dans lesquels il est parlé de Trois Temps et non de Quatre, c'est parce que les Quatre-Temps du printemps, arrivant toujours dans le cours de la première Semaine de Carême, n'ajoutent rien aux
observances de la sainte Quarantaine déjà consacrée à une abstinence et à un jeûne plus rigoureux que ceux qui se pratiquent dans tout autre temps de l'année.
Les intentions du jeûne des Quatre-Temps sont les mêmes dans l'Eglise que dans la Synagogue : c'est-à-dire de consacrer par la pénitence chacune des saisons de l'année. Les Quatre-Temps de l'Aventsont connus, dans l'antiquité ecclésiastique, sous le nom de Jeûne du dixième mois; et saint Léon nous apprend, dans un des Sermons qu'il nous a laissés sur ce jeûne, et dont l'Eglise a placé un fragment au second Nocturne du troisième dimanche de l'Avent, que cette époque a été choisie pour une manifestation spéciale de la pénitence chrétienne, parce que c'est alors que la récolte des fruits de la terre étant terminée, il convient que les chrétiens témoignent au Seigneur leur reconnaissance par un sacrifice d'abstinence, se rendant d'autant plus dignes d'approcher de Dieu, qu'ils sauront dominer davantage l'attrait des créatures ; « car, ajoute le saint Docteur, le « jeûne a toujours été l'aliment de la vertu. « Il est la source des pensées chastes, des « résolutions sages, des conseils salutaires. « Par la mortification volontaire, la chair « meurt aux désirs de la concupiscence, l'es« prit se renouvelle dans la vertu. Mais .« parce que le jeûne seul ne nous suffit pas « pour acquérir le salut de nos âmes, sup« pléons au reste par des oeuvres de miséri« corde envers les pauvres. Faisons servir à « la vertu ce que nous retrancherons au plai« sir ; et que l'abstinence de celui qui jeûne
« devienne la nourriture de l'indigent. » Prenons notre part de ces avertissements, nous qui sommes les enfants de la sainte Eglise ; et puisque nous vivons à une époque où le jeûne de l'Avent n'existe plus, portonsnous avec d'autant plus de ferveur à remplir le précepte des Quatre- Temps, que ces trois jours, en y joignant la Vigile de Noël, sont les seuls auxquels la discipline actuelle de l'E- glise nous enjoigne d'une manière précise, en cette saison, l'obligation du jeûne. Ranimons en nous, à l'aide de ces légères observances, le zèle des siècles antiques, nous souvenant toujours que si la préparation intérieure est surtout nécessaire pour l'Avènement de Jésus-Christ dans nos âmes, cette préparation ne saurait être véritable en nous, sans se produire à l'extérieur par les pratiques de la religion et de la pénitence.
Le jeûne des" Quatre-Temps a encore une autre fin que celle de consacrer, par un acte de piété, les diverses saisons de l'année; il a une liaison intime avec l'Ordination des Ministres de l'Eglise, qui reçoivent le samedi leur consécration, et dont la proclamation avait lieu autrefois devant le peuple à la Messe du Mercredi. Dans l'Eglise Romaine, l'Ordination du mois de Décembre fut longtemps célèbre ; et il paraît, par les anciennes Chroniques des Papes, que, sauf les cas tout à fait extraordinaires, le dixième mois fut, durant plusieurs siècles, le seul où l'on conférât les saints Ordres à Rome. Les fidèles doivent s'unir aux intentions de l'Eglise, et présenter à Dieu l'offrande de leurs jeûnes et de leurs abstinences, dans le but d'obtenir
de dignes Ministres de la Parole et des Sacrements, et de véritables Pasteurs du peuplechrétien.
En l'Office des Matines, l'Eglise ne lit rien aujourd'hui du prophète Isaïe ; elle se contente de rappeler le passage de l'Evangile de saint Luc dans lequel est racontée l'Annonciation de la Sainte Vierge, et lit ensuite un fragment du Commentaire de saint Ambroise sur ce même passage. Le choix de cet Evangile, qui est le même que celui de la Messe, selon l'usage de toute l'année, a donné une célébrité particulière au Mercredi de la troisième semaine de l'Avent. On voit, par d'anciens Ordinaires à l'usage de plusieurs Eglises insignes, tant Cathédrales qu'Abbatiales, que l'on transférait les. fêtes qui tombaient en ce Mercredi; qu'on ne disait point ce jour-là, à genoux, les prières fériales ; que l'Evangile Missus est, c'est-à-dire de l'Annonciation, était chanté à Matines par le célébrant revêtu d'une chape blanche, avec la croix, les cierges et l'encens, et au son de la grosse cloche ; que, dans les Abbayes, l'Abbé devait une homélie aux Moines, comme aux fêtes solennelles. C'est même à cet usage que nous sommes redevables des quatre magnifiques Sermons de saint Bernard sur les louanges de la Sainte Vierge, et qui sont intitulés : Super Missus est .
Comme il est rare que la Messe des Quatre-Temps soit chantée hors des Eglises où l'on célèbre l'Office Canonial, et aussi, pour ne pas grossir ce volume outre mesure, nous n'avons pas jugé à propos de donner ici le texte des Messes des Mercredi, Vendredi et
Samedi des Quatre-Temps de l'Avent. Nous nous contenterons d'indiquer la Station. Le Mercredi, elle a lieu à Sainte-Marie-Majeure, à cause de l'Evangile de l'Annonciation qui, comme on vient cïe le voir, a fait pour ainsi dire attribuer à ce jour les honneurs d'une véritable Fête de la Sainte Vierge.
Comme nous devons toucher quelque chose de ce mystère ci-après, dans le Propre des Saints de l'Avent, nous nous contenterons d'insérer ici une Prose du moyen âge, en l'honneur de la glorieuse Vierge saluée
ANGELUS ad Virginem Subintrans in conclavi, Virginis formidinem Demulcens, inquit ei :
Ave, Regina virginum, Coeli terraeque Dominum Concipies et paries,
Intacta, Salutem hominum ; Tu porta cœli facta, Medela criminum.
Q u o mo do conciperem. Quaevirum non cognovi ? Qualiter infringerem Quœ firma mente vovi ?
SUR le seuil de la demeure virginale, l'Ange apparaît à Marie, et, pour rassurer son effroi, lui dit avec douceur :
Salut, Reine des vierges ! vous concevrez le Maître du ciel et de la terre, et sans cesser d'être vierge, vous enfanterez le Salut des hommes, 6 vous, la porte du ciel, le baume de nos iniquités 1