L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 47)
Frifiez , Seigneur Dieu tout-puissant, les secrets de nos cœurs; et dans votre miséricorde, lavez toutes les taches de nos péchés. Faites, Seigneur, que par votre clémence à jamais bénie, étant dégagés de nos crimes, nous puissions attendre sans frayeur le redoutable et terrible Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ.
Purifica , Domine Deus Pater omnipotens , pectorum arcana nostrorum, cunctasque propitius maculas ablue peccatorum : ac praesta, Domine, ut benedictione pietatis tua; a nostris criminibus mundati, metuendum terribilemque Adventum Domini nostri Jesu Christi exspectemus interriti.
Pope est jam Domi- I t e Seigneur est déjà promis : venite, adore- L che : venez, adorons-le. mus.
La lecture du Prophète ïsaïe est encore suspendue en ce jour, et remplacée à Matines par une Homélie sur l'Evangile de la Messe. Cet Evangile se trouvant répété à la Messe du IVe Dimanche de l'Avent, qui est demain, nous ne nous en occuperons pas aujourd'hui. Nous donnerons seulement ici la raison pour laquelle le Missel n'assigne qu'un seul Evangile, à ces deux Messes.
L'usage fut d'abord, dans l'Eglise romaine, de céléferer l'Ordination dans la nuit du Samedi au Dimanche, en la même manière qu'on administrait le Baptême aux catéchumènes dans la nuit du Samedi-Saint au jour de Pâques. La cérémonie avait lieu vers minuit, et se prolongeait toujours d'une manière notable sur le Dimanche, en sorte que la Messe de l'Ordination comptait pour celle du Dimanche lui-même. Plus tard, la discipline s'adoucit, et ces veilles pénibles furent supprimées; on avança la Messe de l'Ordination, comme on a avancé aussi celle du Samedi-Saint ; en sorte que le quatrième Dimanche de l'Avent et le deuxième de Carême n'ayant point eu jusqu'alors d'Evangile propre, puisqu'ils n'avaient pas de Messe propre, il fut réglé, vers les x9 ou xi* siècles, qu'on répéterait l'Evangile de la Messe de
La Station est à Saint-Pierre, le Samedi, à cause de l'Ordination. Cette Basilique convenait mieux que toute autre pour réunir le peuple, ayant toujours été une des plus vastes de la ville de Rome.
Honorons Marie en ce jour du Samedi qui lui est consacré, en nous unissant aux cantiques de l'Eglise Orientale , toujours inépuisable dans les louanges de la Mère de Dieu.
Comme un trône empourpré, vous portez le créateur ; comme une couche vivante, vous entourez le roi, ô pleine de divines grâces !
Tige vigoureuse, vous avez produit comme un rejeton le Christ notre appui : car elle était votre figure, la Verge d'Aaron bourgeonnant autrefois sans culture ; ô chaste colombe ! ô toujours vierge !
Chanter la manière admirable de votre étonnante et incompréhensible maternité, est chose impossible aux mortels ; car elle dépasse toute intelligence , toute pensée, toutes les conceptions de l'esprit, toute la force des paroles.
Virga virtutis germinasti Christum in quo stabilimur ; te enim figurabat virga Aaron, olim germinans inculta ; casta columba, semper virgo.
Hymnificare roodum superadmirabilem, et omnem sensum superantem extraordinariae tuae graviditatis nesciunt omnium hominum catervae ; omnem enim mentem et cogitationem prastergreditur, ac intelligentias omnium et verborumvirtutcm.
Miraculum incnarrabile conceptionis atque immemorandum gestationis tua; prodigium videns Isaias, divina voce clamabat : Spirilus Sanctus supervenit in te, Dei Mater ! rubum te serrans ut olim incombustum ; et ideo cum Angelo clamamusrGaude, Dei tabernaculum.
Isaïe voyant votre indicible, votre ineffable maternité, s'écriait dans son accent divin : L'Esprit-Saint est survenu en vous, ô Mère de Dieu 1 il vous a conservée comme autrefois le buisson ardent, sans vous consumer ; c'est pourquoi nous aussi , nous crions avec les Anges: RéKuissez-vous, ô tabernacle de ieu !
DIGNUM et justum est nos tibi gratias agere, Domine sancte, Pater anerne.omnipotens Deus, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum. Ejus incarnatio salus facta est mundi, et passio extitit redemptio hominis procreati. Ipse igitur nos . omnipotens Pater, quaesumus, perducat ad praemium, qui redemit de tene'rris infernorum. Ipse carnem nostram a delictis emaculet, qui eam suscepit ex virgine. Ipse nos laesos tua; restituât majestati . qui nos tibi per sanguinem suum reconciliavit. Ipse nos secundi Adventus examinatione justificet , qui in primo contulit donum gratis; sus. Ipse ad
C'est une chose digne et juste que nous vous rendions grâces, Seigneur saint, Père éternel, Dieu tout-puissant, par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, dont llncarnation a été le salut du monde, comme sa Passion en a été la rédemption. Que celui-là donc, ô Père tout-puissant ! nous fasse parvenir à la récompense, qui nous a retirés des ténèbres infernales; qu'il purifie notre chair de ses pèches, celui qui a pris cette chair dans la Vierge ; qu'il nous fasse rentrer en grâce avec votre majesté, clui qui par son sang nous a réconciliés avec vous; qu'il nous rende justes pour le jugement qu'il exercera au second Avènement, celui qui, dans le premier, nous a accorde le don de M
qu'il soit pour nous un juge plein de douceur, celui qui autrefois daigna apparaître dans l'humilité ; qu'il se montre envers nous clément dans sa sentence, celui qui ne se manifesta que dans le secret de ses abaissements.
judicandum veniat mitis, qui olim apparuit humilis. Ipse in judicium ostendatur nobis mitissimus, qui dudum venit occultus.
(Si ce Dimanche tombe le 24 Décembre, on l'omet cette année-là, et on fait VOffice de la Vigile de Noél, ci-après au Propre des Saints, 24 Décembre.)
ous voici entrés dans la Sej maine qui précède immédiatement la Naissance du Messie : dans sept jours au plus tard, il viendra; et selon la longueur du temps de l'Avent, laquelle varie chaque année, il se peut que l'Avènement tant désiré ait lieu dans six jours, dans trois jours, demain même. L'Eglise compte les heures d'attente; elle veille "jour et nuit, et ses Offices ont pris une solennité inaccoutumée depuis le 17 décembre. A Laudes, elle varie chaque jour les Antiennes ; à Vêpres, elle exprime avec tendresse et majesté ses désirs d'Epouse par de brûlantes exclamations vers le Messie, dans lesquelles elle lui donne chaque jour un titre magnifique emprunté au langage des Prophètes.
Aujourd'hui • elle veut frapper le dernier coup pour émouvoir ses enfants. Elle les transporte dans la solitude; elle leur montre Jean-Baptiste, de la mission duquel elle les a déjà entretenus au troisième Dimanche. La voix de cet austère Précurseur ébranle le désert, et se fait entendre jusque dans les cités. Elle prêche la pénitence, la nécessité de se purifier en attendant celui qui va paraître. Retirons-nous à l'écart durant ces jours ; ou si nous ne le pouvons faire à raison de nos occupations extérieures, retirons-nous dans le secret de notre cœur et confessons notre iniquité, comme ces vrais Israélites qui venaient, pleins de componction et de foi dans le Messie, achever, aux pieds de JeanBaptiste, l'œuvre de leur préparation à le recevoir dignement, lorsqu'il allait paraître.
Or, voici la sainte Eglise qui, avant d'ouvrir le livre du Prophète, nous dit à l'ordinaire, mais avec une solennité de plus enplus grande:
LE Seigneur est déjà proche : venez, adorons-le. Du Prophète Isaïe.
LA terre déserte et sans chemin se réjouira, et la solitude tressaillera et fleurira comme le lis. Elle poussera et germera de toutes parts ; et elle sera dans une effusion de joie et de louange. La gloire
LJETABITUR déserta et invia, et exsultabit solitudo, et florebit quasi lilium. Germinans germinabit, et exsultabit laetabunda et laudans ; gloria Libani data est ei, deI . Le quatrième Dimanche de l'Avent est appelé Rorate à cause de l'Introït ; mais plus souvent on le nomme Canite tuba, qui sont les premiers mots du premier Répons de Matines, et de la première Antienne de Laudes et de Vêpres.
cor Carmeli et Saron. Ipsi videbunt gloriam Domini, et decorem Dei nostri. Confortate manus dissolutas, et genua debilia roborate. Dicite pusillanirais : Confortamini, et nolite timere. Ecce Deus vester ultionem adducet rétributions : Deus ipse veniet et salvabit vos. Tune aperientur oculi caecorum, et aures surdorum patebunt.Tunc saliet sicut cervus claudus, et aperta erit lingua mutorum : quia scissae sunt in deserto aquae, et torrentes in solituJine. Et quas erat arida, erit in stagnum. et sitiens in fontes aquarum. In cubilibus, in quibus prius dracones habitabant , orietur viror calami et junci. Et erit ibi semita et via, et via sancta vocabitur, non transibit per eam pollutus ; et naec erit vobis directa via, ita ut stulti non errent per eam. Non erit ibi leo, et mala bestia non ascendet per eam. nec invenietur ibi. Et redempti a Domino convertentur, et venient in Sion cum laude, et laetitia sempiterna super caput eorum ; gaudium et Icetitiamobtinebunt, et fugiet dolor et gemitus.
du Liban lui a été donnée, la beauté du Carmel et de Saron. Ils verront eux-mêmes la gloire du Seigneur et la beauté éclatante -Je notre Dieu. Fortifiez les mains languissantes et raffermissez les genoux tremblants. Dites à ceux qui ont le cœur abattu : Prenez courage, et ne craignez point : voici votre Dieu, qui vient vous venger et rendre à vos ennemis ce qu'ils méritent. Dieu viendra luimême , et il vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s'ouvriront, et les oreilles des sourds seront accessibles. Alors le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée ; parce que des sources d'eau couleront au désert, et des torrents dans la solitude. Et la terre qui était desséchée sera un étang, et celle qui était altérée une fontaine d'eau vive. Dans les cavernes où les dragons habitaient auparavant, naitra la verdure du roseau et du jonc. Et il y aura là un sentier et un chemin battu, et cette voie sera appelée sainte ; celui qui est impur n'y passera point. Elle sera pour vous une voie drotie, en sorte que les ignorants y marcheront sans s'égarer. Il n'y aura point là de lien, et la bête farouche n'y montera point, ni ne s'y renc lu ceux qui auront été déli»
vrés y marcheront, et ceux que le Seigneur aura rachetés retourneront et viendront en Sion avec des cantiques de louange ; ils seront couronnes d'une allégresse éternelle ; le ravissement de leur joie ne les quittera point ; la douleur et le gémissement fuiront loin d'eux.
Elle sera donc bien grande, ô Jésus ! la joie de votre venue, si elle doit briller sur notre front à jamais comme une couronne! Mais comment n'en serait-il pas ainsi? Le désert même, à votre approche , fleurit comme un lis, et des eaux vives jaillissent du sein de la terre la plus altérée. O Sauveur ! venez vite nous donner de cette Eau dont votre Cœur est la source, et que la Samaritaine, qui est notre image à nous pécheurs, vous demandait avec tant d'instances. Cette Eau est votre Grâce : qu'elle arrose notre aridité, et nous fleurirons aussi ; qu'elle désaltère notre soif, et nous courrons la voie de vos préceptes et de vos exemples, ô Jésus ! avec fidélité, sur vos pas. Vous êtes notre Voie, notre sentier vers Dieu ; et Dieu, c'est vous-même : vous êtes donc aussi le terme de notre route. Nous avions perdu la voie, nous nous étions égarés comme des brebis errantes : que votre amour est grand de venir ainsi après nous ! Pour nous apprendre le chemin du ciel, vous ne dédaignez pas d'en descendre, et vous voulez faire avec nous la route qui y conduit. Non, désormais nos bras ne sont plus abattus; nos genoux ne tremblent plus; nous savons que c'est dans l'amour que vous venez. Une seule chose nous attriste : c'est de voir que notre préparation n'est pas parfaite. Nous avons encore des liens à rompre; aideznous, ô Sauveur des hommes ! Nous vouL'A vent.
Ions écouter la voix de votre Précurseur, et redresser tout ce qui offenserait vos pas sur le chemin de notre cœur, ô divin Enfant! Que nous soyons baptisés dans le Baptême d'eau de la pénitence ; vous viendrez ensuite nous baptiser dans le Saint-Esprit et dans l'amour.