L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 51)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Sit tibi laus, Altissime, Qui natus es ex Virgine ; Sit honor ineftabilis Patri , Sanctoque Flamini. Amen.

vous qui venez visiter un peuple indigne de cet honneur, et qui, par la bouche du bienheureux Jean, accomplissez les oracles prophétiques qui retentirent dans les siècles, en même temps que vous les exécutez par les œuvres qu'il fait paraître au désert ; accordez à votre peuple qui vous en supplie. ta grâce de vous servir sans crainte, afin que , par les entrailles de votre miséricorde, étant remplis de science, nous méritions d'être dirigés par la vérité.

pifex lucis aima;, plebis visitator immeritœ, qui illa prophetalium vaticiniorum oracula , quas sœculis fueruntnuntiata, beati Joannis ore expies, opère perficis, professione peragis ; concède plebi supplici tibi sine formidine famulari ; ut per viscera misericordias repleti

AUDITE me, qui sequimini quod iustum est, et quaeritis Dominum : attendue ad petram unde excisi estis. et ad cavernam laci, de qua pra;cisi estis. Attendue ad Abraham patrem vestrum, et ad Saram quse peperit vos ; quia unum vocavi eum, et benedixi ei, et multiplicavi eum. Consolabitur ergo Dominus Sion, et consolabitur omnes ruinas ejus, et ponet desertum ejus quasi delicias, et solitudinem ejus quasi hortum Domini. Gaudium et laetitîa invenietur in ea, gratiarum actio, et vox laudis. Attendite ad me, popule meus, et tribus mea, me nudité : quia lex a me exiet, et judicium meum in lucem populorum requiescet. Prope est Justus meus, egressus est

Ecoutez-moi, vous qui suivez la justice et qui cherchez le Seigneur. Rappelez-vous la pierre de laquelle vous avez été taillés, et la carrière profonde d'où vous avez été tirés. Jetez les yeux sur Abraham votre père, et sur Sara qui vous a enfantés ; considérez que je l'ai appelé lorsqu'il était seul, et je l'ai béni, et je l'ai multiplié. Ainsi le Seigneur consolera Sion, et il consolera toutes ses ruines ; il changera son désert en un lieu de'délices, et sa solitude en un jardin du Seigneur. On y trouvera la joie et l'allégresse, l'action de grâces et la voix de louange. Ecoute-moi. 6 mon peuple ! nation que j'ai choisie, entends ma voix : car la loi sortira de moi, et ma justice éclairera les peuples, et se reposera parmi eux. Mon Juste est proche, le Sauveur que j'envoie va paraître ; et

mes bras jugeront les peuples : les îles m'attendront, et supporteront les délais de mon bras. Levez vos yeux au ciel, et abaissez-les vers la terre ; car le ciel se dissipera comme une fumée, et la terre s'en ira en poudre comme un vêtement usé, et ses habitants périront comme elle ; mais le Salut que je donnerai sera éternel, et ma justice ne manquera jamais.

Salvator meus, et brachia mea populos judicabunt : me insula: exspectabuot,et brachium meum sustinebunt. Levate in cœlum oculos vestros, et videte sub terra deorsum : quia cœli sicut fumus liquescent, et terra sicut vestimentum atteretur, et habitatores ejus sicut haec interibunt : Salus autem mea in sempiternum erit, et justifia mea non deficiet.

O vous, qui êtes la Fleur des champs et le Lis des vallons, vous venez donc transformer notre terre ingrate et aride en un jardin de délices. Par notre péché, nous avions perdu Eden et toutes ses magnificences; et voilà que cet Eden nous est rendu ; voilà que vous venez l'établir dans notre coeur. O plante céleste ! arbre de vie transplanté du ciel en terre, vous prenez d'abord racine en Marie, cette terre fidèle, et vous viendrez ensuite chercher en nous un sol reconnaissant qui vous garde et vous fasse fructifier. Préparez ce sol, divin agriculteur ! vous que la pécheresse pardonnée aperçut un jour sous la forme d'un jardinier. Vous savez combien il manque encore à nos cœurs, pour être propres à vos desseins. Remuez, arrosez cette terre, la saison est venue; elle ne voudrait pas être stérile, ni se voir privée de posséder cette riche Fleur qui fait la gloire du ciel, et qui daigne venir cacher un moment son éclat ici-bas. O Jésus ! faites que nos âmes

soient fertiles, qu'elles se couronnent de la lîeur des vertus; qu'elles-mêmes deviennent autant de rieurs,* qu'elles soient du nombre de celles qui, croissant autour de la vôtre, préparent à l'œil du Père céleste un jardin digne d'être uni à celui qu'il a plante dans l'éternité. O Fleur céleste ! vous êtes aussi la rosée, gardez-nous de la sécheresse ; vous êtes le soleil, gardez-nous de la froidure ; vous êtes l'odorant parfum, communiquez-nous votre suavité ; vous êtes la souveraine beauté, Fleur blanche et pourprée, faites que nous soyons radieux autour de vous dans l'éternité, comme la couronne que vous avez conquise.

(Composée par saint Ambroise, elle est aux premières Vêpres de Noël au Bréviaire Ambrosienj et dans les anciens Bréviaires Romains- 1 rançais.)

Venu Redemptor gentium. Ostende partum Virginis ; Miretur omne saeculum. Talis decet partus Deum.

Non ex virili semine, Sed mvstico spiramine, Verbum Dei factus est

A vu- tumescit VirginiaVenez , Rédempteur des nations ; montrez-nous l'enfantement d'une Vierge ; que tous les siècles soient dans l'étonnement : cet enfantement sied à un Dieu.

Ce n'est point l'œuvre de l'homme ; c est par le souffle mystique de l'Esprit divin

?|ue le Verbe de Dieu s'est rit chair, que le fruit des entrailles a fkuri.

le sceau de la pudeur est demeuré intact ; l'étendard de la puissance se déploie ; Dieu habite dans son temple.

Il sort de son secret sanctuaire, royal palais de la pudeur ; Géant aux deux natures, il court sa voie à pas de conquête.

Il est sorti du Père ; il est remonté au Père ; il plonge jusqu'aux enfers, il reparait sur son trône de Dieu.

Fils égal à l'éternel Père, revêtez les trophées de la chair ; affermissez par votre vertu toujours vivante les défaillances de notre corps.

Déjà resplendit votre crèche ; dans la nuit s'exhale une lumière nouvelle, que jamais l'ombre n'obscurcira : c'est l'éternelle splendeur de la foi.

Gloire à vous, Se qui êtes né d'une vierge, gloire avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles sans fin !

Claustra pudoris permanent, Vexilla virtutum micant, Versatur in templo Deus.

suo, Pudoris aula regia, Geminœ gigas substantiœ, Alacris ut currat viam.

Egressus ejus a Pâtre, Regressus ejus ad Patrem ; Excursus usque ad inferos, Recursus ad sedem

vEqualis œterno Patri, Carnis trophaeo cingere ; Infirma nostri corporis Virtute firmans perpeti.

Gloria tibi. Domine, Qui natus es de Virgine, Cum Pâtre et Sancto

Domine Deus omnipotens, qui prohumani generis redemptionecoaeternum tibi cooequalemque Filium Angeli annuntiatione per Marias Virginis uterura usque ad nos vo:uisti transmittere ; da nobis hoc terapore Adventus tui Unigeniti eamdem pacis gratiam, quam in praeterita largire dignatus es sascuia, et illis nos in occursum fidei socies numerandos, quos in fidei primordio a Joanne pcenitentiœ undis aquarum abluto*, a te postremo per Filium in Spiritu Sancto et igni cognoscimus baptizatos.

Seigneur, Dieu tout-puissant, qui, pour la Rédemption du genre humain, avez voulu, par le message d'un Ange, faire descendre jusqu'à nous dans le sein de la Vierge Marie, votre Fils, éternel comme vous et égal à vous ; accordez-nous, en ce temps de l'Avènement de ce Fils unique, la même grâce de paix que vous avez daigné octroyer aux siècles pa«- sés, et comptez-nous au nombre de ceux qui allèrent au-devant de lui par la foi, alors que celte foi commençait, et qui, lavés par Jean dans leseauxde la pénitence, furent plus tard baptisés par votre Fils dans l'EspritSaint et dans le feu.

OH ! si vous vouliez ouvrir les cieux et en descendre ! les montagnes fondraient devant votre face : elles se dessécheraient comme dévorées par le feu ; les eaux seraient embrasées, et votre nom se signalerait devant vos ennemis; les nations trembleraient devant votre face. Lorsque vous feriez éclater vos merveilles, nous ne les pourrions soutenir. Vous êtes descendu, et les montagnes se sont écoulées devant vous. Depuis le commencement du monde , les oreilles n'ont point entendu, l'œil n'a point vu, hors vous seul, ô Dieu ! ce que vous avez préparé à ceux qui vous attendent. Vous êtes allé audevant de ceux qui étaient dans la joie et qui vivaient dans la justice : ils se souviendront de vous en marchant dans vos voies. Vous vous êtes irrité , parce que

Utinam dirumperes cœlos, et descenderes ; a facie tua montes defluerent ; sicut exustio ignis tabescerent : aquas ardèrent igni, ut notum fieret nomen tuum inimicis tuis ; a facie tua Gentes turbarentur. Quum feceris mirabilia , non sustinebimus : descendisti. et a facie tua montes defluxerunt. A saeculo non audierunt , neque auribus perceperunt : oculus non vidit, Deus, absque te . quae prasparasti exspcctantibus te. Occurristi laetanti , et facienti justitiam : in viis tuis recordabuntur tui : ecce tu iratus es , et peccavimus , in ipsis fuimus semper, et salvabimur. Et facti sumus ut immundus omnes nos, et quasi pannus menstruatœ uni versa; iustitiae nostra? :

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