L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 52)
etcecidimus quasi folium universi , et iniquitates nostrœ quasi ventus abstulerunt nos. Non est qui invocet nomen tuum , qui consurgat, et teneat te : abscondisti faciem tuam a nobis, et allisisti nos in manu iniquitatis nostne. Et nunc. Domine, pater noster es tu . nos vero lutum : et fîctor noster tu. et opéra manuum tuarum omnes nos. Ne irascaris , Domine , satis. et ne ultra memineris iniquitatis nostras : eccf respice , populus tuus omnes nos. Civitas sancti tui facta est déserta, Sion déserta facta est, Jérusalem desolata est. Domus sanctificationis nostra?. et gloriae nostra?, ubi laudaverunt te patres nostri, facta est in cxustionem ignis : et omnia desiderabilia nostra versa sunt in ruinas.
nous avons pèche : nou;; avons toujours été dans les péchés , et néanmoins nous serons sauvés. Et nous sommes tous devenus comme un homme impur, et toutes nos justices sont comme le linceul le plus souillé ; et nous sommes tous tombés comme la feuille, et, comme un vent impétueux , nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Il n'est personne qui invoque votre nom. qui se lève et qui se tienne attaché à vous. Vous avez caché votre face à nos regards , et vous nous avez brisés par la main de notre iniquité. Et cependant. Seigneur , vous êtes notre Père, et nous ne sommes que de l'argile ; c'est vous qui nous avez formés , et nous sommes tous l'ouvrage de vos mains. Ne vous irritez plus, Seigneur: c'est assez, et ne vous souvenez plus de notre Jetez
iniquité. Jetez les yeux sur nous, et considérez que nous sommes tous votre peuple. La cité de votre Sanctuaire est devenue déserte: Sion est changée en solitude, Jérusalem est désolée. La maison de notre culte et de notre gloire, où nos pères chantèrent vos louanges, est devenue la proie des flammes, et tout ce que nous aimions a été converti en ruines.
O Dieu de nos pères! paraissez bientôt. La cité que vous aimez est dans la désolation! Venez relever Jérusalem et venger la gloire de son temple. C'est le cri du Prophète : et vous l'avez entendu, et vous êtes venu déliLe Quatrième Jeudi de l'A vent. 28g
vrer Sion de la captivité, et ouvrir pour elle une ère de gloire et de sainteté. Vous êtes venu, non détruire la loi, mais l'accomplir; et, par votre visite, Sion transformée est maintenant l'Eglise votre Epouse. Mais, o Sauveur ! ô Epoux ! pourquoi avez-vôusdétourné votre face ? Pourquoi cette Eglise qui vous est chère est-elle assise au désert, pleurant comme Jérémie sur les ruines du Sanctuaire, comme Rachel sur ses enfants, parce qu'ils ne sont plus ? Pourquoi son héritage a-t-il été livré aux nations ? Mère devenue" féconde par votre vertu, elle avait allaité d'innombrables enfants ; elle leur avait enseigné en votre nom les choses de la vie présente et les choses de la vie future ; et voilà que ces enfants ingrats l'ont délaissée. Chassée de pays en pays, elle s'est vue contrainte de transporter d'un lieu dans un autre le flambeau de la divine Foi ; ses mystères ont cessé d'être célébrés dans les lieux mêmes où autrefois ils étaient l'amour des peuples ; et du haut du ciel, 6 Verbe créateur de l'univers, vous apercevez par toute la terre des autels brisés, des temples profanés. Oh ! venez donc ranimer la Foi qui s'éteint.
Souvenez-vous de vos Apôtres et de vos Martyrs ; souvenez-vous de vos Saints qui ont fondé les Eglises, qui les ont honorées par leurs vertus'et leurs miracles ; souvenezvous enfin de votre Epouse, et soutenez-la dans le pèlerinage qu'elle accomplit ici-bas. jusqu'à ce que le nombre des de vos élus soit complet. Sans doute, elle aspire, cette Epouse, à vous voir à jamais dans la lumière du jour éternel ; mais le cœur de mère que vous lui
avez donné ne peut se résoudre à laisser ses enfants au milieu de tant de périls, tant que l'heure n'a pas sonné, après laquelle il n'y aura pius d'Eglise militante, mais la seule Eglise triomphante, enivrée de votre présence, ô Jésus, et de vos caresses éternelles. Mais, ô SauveurI cette heure fatale n'est pas venue ; pendant qu'il est temps encore, abaissez les cieux, descendez, venez à nous. Retenez aux rameaux de l'arbre ces feuilles que le vent de l'iniquité en avait détachées. Qu'il pousse de nouvelles branches, cet arbre que vous aimez ; que celles qui sont tombées par leur faute, et qui étaient déjà préparées pour le feu, soient de nouveau, par votre puissance, rattachées à ce tronc maternel qui se sentit déchiré cruellement au jour de la scission. Venez pour votre Eglise, ô Jésus ! Elle vous est plus chère encore que ne fut l'ancienne Jérusalem.
ACERvus arese utérus . tuus, Dei Mater, dignoscitur ; spicam inexcultam, omnem sensum superantem , Yerbumferens ineffabiliter : quod in spelunca Bethlehem paries eum qui omnem creaturam divina agnitione aliturus est in charitate.et a famé lethifera humanum genus liberaturus.
Votre sein, ô Mère de Dieu ! est le monceau de froment qui, d'une manière ineffable, porte l'épi non semé, le Verbe de Dieu que vous enfanterez dans la grotte de Bethléhem ; lequel, par sa divine apparition, doit nourrir toute créature en la charité, et délivrer le genre humain d'une mortelle famine.
O Vierge intacte , d'où venez -vous ? Qui vous a engendrée ? Quelle est votre mère ? Comment pouvez-vous porter le Créateur en vos bras ? Comment votre sein n'a-t-il éprouvé aucune souillure ? Nous voyons s'accomplir en vous de grandes grâces, de redoutables mystères, ô vous toute sainte ! Nous préparons , suivant notre devoir , la grotte de votre enfantement; nous demandons au ciel l'étoile mystérieuse. Voici que les Mages s'avancent de la terre d'orient à l'occident , pour voir le Salut des mortels briller comme un flambeau lumineux dans vos bras.
O vous qui êtes le brillant palais du Maitre , comment venez-vous dans une chétive étable, mettre au monde le Roi , le Seigneur incarné pour nous, o Vierge toute sainte, épouse du grand Dieu!
Eve, par le péché de désobéissance, introduisit ici-bas la malédiction ; mais vous, o Vierge Mère de Dieu ! par l'excellence de votre fécondité, vous avez fait fleurir au monde la bénédiction ; c'est pourquoi nous vous célébrons tous.
Ne t'attriste point, ô Joseph, en regardant mon sein; car tu verras celui qui doit naître de moi . et tu seras dans la joie ; tu l'adoreras
Innupta Virgo, unde venis ? Quis te genuit ? Quas mater tua ? Quomôdo Creatorem fers in brachiis ? Quomodo non corrupta fuisti utero ? Magnas in te gratias, in terra stupenda adimpleta cernimus mvsteria , o Omnisancta. Prout decet speluncamadornamus, et a ccelo petimus sidus ; Magi progrediuntur ab oriente orbis usque ad occidentem, Salutem visuri mortalium, tuis in brachiis sicut facem praslucentem.
Lucidum Magistri palatium, quomodo venis in exiguissimam speluncam , Regem paritura Dominum , Omnisancta, Virgo Dei sponsa.
Eva quidem per inobedientiae nocumentum exsecrationem subintroduxit ; tu autem, Virgo Dei Mater, per tua; gestationis germinationem mundo florere fecisti benedictionem ; unde omnes te magnificamus.
Ne contristeris , Joseph, meum intuens uterum ; videbis enim qui ex me nasciturus est atque gaudebis , eumque sicut
Deum adorabis. aiebat Dei Mater suo sponso , dum Christum paritura veniret. Illam commerrîoremus dicentes : Gaude, gratia plena , Dominus tecum, et per te nobiscum.
comme un Dieu . disait !a divine Mère à son époux . comme elle allait pour enfanter le Christ. Célébrons s-a douce mémoire et disons : Réjouissez-vous, ô pleine de grâces ! le Seigneur est avec vous, et par vous, avec nous.
P\eus , qui Unigenito *-' tuo novam creaturam nos tibi esse fecisti, respice propitius in opéra misericordiae tuas, et in ejus Adventu ab omnibus nos maculis vetustatis emunda. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
f~\ Dieu , qui , par votre ^-"^ Fils unique, avez fait de nous des créatures nouvelles, regardez avec bonté les œuvres de votre miséricorde, et daignez, dans 1 Avènement de ce divin Fils , nous purifier de toutes nos anciennes taches. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
ECOCTEZ la parole du Seigneur , vous qui l'entendez avec tremblement. Vos frères qui vous haïssent et vous rejettent à cause de mon nom, vous ont dit: Que le Seigneur fasse paraître sa gloire en vous, et nous le reconnaîtrons dans votre joie ; mais eux-mêmes seront couverts de confusion. Voix du peuple dans la cité ! Voix qui vient du temple ! Voix du Seigneur qui rend à ses ennemis ce qu'ils méritent \ Sion a enfanté avant d'être en travail : elle a mis au monde un enfant mâle avant le jour de l'enfantement. Qui jamais entendit chose semblable ? Qui jamais vit rien de pareil ? La terre produitelle son fruit en un seul jour ? Tout un peuple est-il engendré en même temps? Et cependant Sion, dans un même instant, a été en travail, et a enfanté ses hls. Moi qui fais enfanter les autres, n'enfanterai-je point !
AUDITE verbum Domini . qui tremitis ad verbum ejus. Dixerunt fratres vestri odientes vos , et abjicientes propter nomen meum : Glorificetur Dominus, et videbimus in laetitia vestra : ipsi autem confundentur. Vox populi de civitate, vox de templo, vox Domini reddentis retributionem inimicis suis. Antequam parturiret, peperit : antequam venerit partus ejus, peperit masculum. Quis audivit unquam taie ? Et quis vidit huic simile ? jsumquid parturiet terra in die una ? aut parietur gens simul, quia parturivit et peperit Sion filios suos ? Numquid ego qui alios parère facio , ipse non pariam, dicit Dominus ? Si ego, qui generationem casteris tribuo, sterilis ero , ait Dominus Deus tuus ? Laetamini
cum Jérusalem, et exsultate in ea. omnes qui diligitis eam : gaudete cum ea gaudio universi, qui lugetis super eam : ut sugatis et repleamini ab uhere consolationis eius: ut mulgeatis, et deliciis affluatis ab omnimoda gloria ejus. Quia hjec dicit Dominus : Ecce ego declinabo super eam quasi fluvium pacis, et quasi torrentem inundantem gloriam Gentium. quam sugetis : ad ubera portabimini, et super genua blandientur vobis. Quomodo si cui mater blandiatur, ita ego consolabor vos , et in Jérusalem consolabimini. Videbitis . et gaudebit cor vestrum, et ossa vestra quasi herba germinabunt : et cognoscetur manus Domini servis ejus, et indignabitur inimicis suis. Quia ecce Dominus in igné veniet, et quasi turbo quadrigœ ejus : reddere in indignatione furorem suum. et increpationem suam in flamma ignis : quia in igné Dominus dijudicabit : et in gladio suo ad omnem carnem, et multiplicabuntur interfecti a Domino, son char sera comme
autres la fécondité, demeurerai-je stérile . dit le Seigneur, ton Dieu ? Réjouissezvous avec Jérusalem, soyez dans l'allégresse avec elle , vous tous qui l'aimez : unissez votre joie à la sienne, vous tous qui pleuriez sur elle : et vous sucerez, et vous tirerez de ses mamelles le lait de ses consolations : vous trouverez une abondance de délices dans la gloire qui l'environne de toutes parts. Car le Seigneur a parlé et a dit : Voici que j'épancherai sur ;lle comme un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations comme un torrent qui se déborde. Vous sucerez son lait ; on vous portera à la mamelle, et on vous caressera sur les genoux , comme une mère caresse son enfant ; ainsi je vous consolerai , et vous trouverez votre consolation dans Jérusalem. Vous verrez ces choses . et votre cœur sera dans la joie, et vos os reprendront une nouvelle vigueur comme l'herbe qui repousse ; et le Seigneur fera connaître sa main à ses serviteurs , et il répandra sa colère sur ses ennemis ; car voici que le Seigneur va paraître dans les feux . et tempête. Il vient répandre
des flammes. Le Seigneur viendra environné de feux et armé de son glaive, pour juger toute chair ; et le nombre de ceux que le Seigneur tuera sera grand.
Votre présence, ô Jésus! va donner la fécondité à celle qui était stérile, et l'étroite Sion va tout d'un coup enfanter un peuple pour qui la terre ne sera plus assez vaste. Mais la gloire de cette fécondité est toute à vous, 6 Verbe divin ! Le Psalmiste l'avait annoncé. « O Jérusalem ! ô Reine ! avait-il dit, il te ce naîtra des enfants à la place de tes pères ; (( tu les établiras princes sur toute la terre : « ils se souviendront de ton nom dans lasucc< cession des âges, et les peuples qui sauront a qu'ils sont sortis de toi, te loueront à jamais ce dans les siècles des siècles. » (Psaume xliv.) Mais, pour cela, il était nécessaire que le Seigneur descendît en personne. Lui seul a pu rendre féconde une Vierge ; lui seul pourra, avec des pierres, produire des enfants d'Abraham. « Encore un peu de temps, dit« il par un Prophète, et j'ébranlerai le ciel c et la terre, et je remuerai toutes les nations. « (Aggée, ii, 8.) Et par un autre : c( De l'aurore c( au couchant, mon nom est grand parmi les ce nations; et voici qu'en tout lieu on va offrir c( et sacrifier à mon nom une victime pure. » (Malach. i, ii.) Bientôt donc il n'y aura plus qu'un seul Sacrifice ; car l'Agneau de ce Sacrifice va naître dans peu d'heures. Or, le sacrifice est le lien des peuples ; quand le Sacrifice sera unique, il n'y aura plus aussi qu'un seul peuple.
O Eglise ! qui allez nous unir tous, hâte^- vous de naître Et puisque déjà vous êtes née pour nous, nous qui sommes nés de vous,
que l'Agneau, votre Epoux, épanche sur vous ce fleuve de paix annoncé par le Prophète ; qu'il répande sur vous la gloire des nations comme un torrent qui se déborde; qu'il donne un lait abondant à vos mamelles, et que les peuples reviennent autour de cette Mère commune qui les pressera sur son coeur et les caressera sur ses genoux. O Christ ! c'est vous qui inspirez cette tendresse à notre Mère; c'est vous qui nous consolez, qui nous illuminez par elle. Venez la visiter: venez renouveler en elle la vie, dans cette nouvelle Naissance que vous allez prendre. Donnez-lui, cette année comme toujours, la fermeté de la Foi, la Grâce des Sacrements, l'efficacité de la Prière, le Don des Miracles, la Succession Hiérarchique, la puissance du Gouvernement, la Force contre les Princes du siècle, l'amour de la Croix, la victoire contre Satan, la couronne du Martyre . Qu'elle soit belle comme votre Epouse, en cette nouvelle année qui va s'ouvrir ; qu'elle soit fidèle à votre amour, et toujours plus heureuse dans le grand œuvre que vous lui avez imposé ; car, d'année en année, approche le jour où vous viendrez pour la dernière fois, non plus dans les langes, mais sur un char de feu, briser ceux qui n'ont point aimé votre Eglise, ou qui l'ont méconnue, et l'enlever avec vous dans votre Royaume éternel.
Euergf, dulcis Pusio, I paraissez, doux enfant, né Quem Mater edit cas- | l d'une Mère, la chasteté