L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 53)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

alliance humaine ; paraissez, Médiateur, en votre double nature.

Bien que sorti dans le temps de la bouche du Père, et incarné à la parole de l'Ange, toutefois au sein du Père déjà vous habitiez, ô Sagesse éternelle!

Cette Sagesse apparut en créant le ciel, la lumière et toutes choses : par la puissance du Verbe tout a été fait ; car le Verbe est Dieu.

Mais' ayant ordonné les siècles , et fixé les lois de l'univers, ce Verbe, fondateur , artisan des êtres , demeura au sein du Père ;

Tant qu'enfin, les années par milliers déroulant leurs révolutions, il daigna visiter ce globe depuis longtemps pécheur.

Car la tourbe aveugle des mortels, prosternée devant d'abjectes vanités, proclamait Dieu l'airain, le bois, le marbre glacé.

Ex ore quamlibet Patris Sis ortus, et verbo editus, Tamen paterno in pectore Sophia callebas prius.

Quas prompta cœlum condidit, Cœlum, diemque et caetera ; VirtuteVerbi effectasunt Usée cuncta : nam Verbum Deus.

Sed ordinatis soeculis, Rerumque digesto statu, Fundator ipse et artifex Permansit in Patrissinu.

Donec rotata annalium Transvolverentur millia, Atque ipse peccantera

Nam cœca vis mortalium, Venerans inanes naenias, Vel sera, vel saxa algida, V e 1 ligna credebat

Praedonis in jus vénérant. Et mancipatam fumido Yitam barathro immcrserant.

tulit Christus cadenlum gentium împune ; ne forsan sui Patris periret fabrica.

Mortale corpus induit. Ut. excitato corpore, Mortis catenam frangeHominemque portaret Patri.

Sentisne. Vir^o nobilis. Matura per fastidia. Pudoris intactum decus Honore partus crescere ?

O quanta rerum gaudia Alvus pudica ccntinet ! Ex qua novellum sasculum, Procedit et lux aurea.

du tyran perfide ; et leur vie esclave s'engloutissait dans l'abîme ténébreux.

Mais le Christ ne put souffrir la chute des nations tombant sans vengeur , ni la ruine de l'œuvre de son Père.

Il revêtit un corps mortel, afin qu'en ressuscitant ce corps, il brisât les chaînes de la mort et transportât l'homme au sein du Père.

Sentez-vous , ô noble Vierge ! malgré de douloureux pressentiments, croître par un enfantement glorieux l'honneur intact de votre pudeur ?

Oh ! quelles joies pour le monde sont contenues en ce sein très pur. d'où va partir une ère nouvelle, un autre âge d'or !

ère dignum et justum est, nos tibi hic et ubique semper gratias agere, omnipotens Deus, per Christum Dominum

C'est une chose digne et juste que nous vous rendes en tous temps et en tou.- lieux, ô vous. Dieu tout-puis>ant , par JésusLe Quatrième Vendredi de VA vent. 2gg

Christ notre Seigneur, que Jean, le fidèle ami, précéda dans la naissance , précéda dans la prédication du désert, précéda dans l'administration du Baptême, préparant ainsi la voie à celui qui est en même temps Juge et Rédempteur. Jean convoqua les pécheurs à la pénitence, et gagnant un peuple au Sauveur, il baptisa dans le Jourdain ceux qui confessaient leurs péchés. Il ne conférait pas cette grâce qui renouvelle l'homme pleinement ; il avertissait seulement d'attendre l'arrivée du Sauveur miséricordieux ; il ne remettait pas les péchés de ceux qui venaient à lui, mais il promettait cette rémission à ceux qui croiraient , et qui , descendant dans les eaux de la Pénitence, espéreraient le remède du pardon de la part de celui qu'ils apprenaient devoir venir bientôt, tout rempli du don de la Vérité et de la Grâce, Jésus-Christ , notre Seigneur.

La Vigile de Noël se trouve ci-après, au Propre des Saints, au 24 décembre.

nostrum, quem Joannes fidelis amicus, praecessit nascendo , praecessit in desertis eremi prsedicando, prœcessit baptizando, viam quoque praeparans Judici ac Redemptori. Convocavit peccatores ad pœnitentiam ; et populum Salvatori acquirens , baptizavit in Jordane peccata propria confitentes : non hominis innovandi plenam conferens gratiam , sed piissimi^Salvatorisadmonens exspectare praesentiam : non remittens ipse peccata ad se venientibus, sed remissionem peccatorum ad futurum pollicens esse credentibus : ut descendentes in aquam pœnitentiae ab illo sperarent remedium indulgentiae , quem venturum audiebant plénum dono Veritatis et Gratiae, Dominum nostrum Jesum Christum.

ous donnons, dans cet ouvrage, le titre de Propre des Saints à la partie qui renferme les fêtes des Saints, et généralement tout ce qui, dans l'Office du temps de l'Avent, se trouve tomber à jour fixe, comme les Grandes Antiennes, la Vigile de Noël, etc. Cette division de Propre du Temps et de Propre des Saints est adoptée par l'Eglise dans le Bréviaire et le Missel, et elle est familière à toutes les personnes qui fréquentent le Service divin.

Dans le Propre du Temps de l'Avent, nos lecteurs ont été à même de voir avec quel zèle la sainte Eglise s'occupe de la préparation à la grande fête de la Nativité du Sauveur;

dans le Propre des Saints, ils verront cette même Eglise employer toutes les ressources de sa religion à fêter les Amis de Dieu dont la mémoire se rencontre dans le même temps. Nos frères séparés prétendent que le culte des Saints usurpe, dans la Liturgie Catholique, une place qui ne devrait être remplie que par Dieu seul ; mais ils sont victimes d'une déplorable erreur : d'abord, en ce qu'ils ne voient pas que l'hommage rendu au Seigneur dans ses Saints tourne, en dernier ressort, à la gloire de celui par lequel seul ils sont saints : en second lieu, parce qu'ils ne s'aperçoivent pas qu'en outre des hommages que l'Eglise Catholique rend aux Saints, elle pratique envers la souveraine et incommunicable majesté de Dieu, dans le cours d'une seule semaine, plus d'actes religieux que le Protestantisme ne lui en peut offrir dans une année tout entière.

Attachons-nous donc, enfants de l'Eglise, au culte des Saints, et comprenons que si Dieu réclame nos hommages, il veut aussi que nous l'honorions en ceux qu'il a couronnés. Or, le premier hommage que nous puissions rendre à Dieu dans ses Saints, c'est de travailler à les connaître; et l'un des grands malheurs du temps où nous vivons, c'est que nous ne connaissons plus assez les Saints. Le rationalisme protestant, déguisé sous le nom de Critique, a battu en brèche, durant près de trois siècles, la foi des fidèles de France, à Fe'ndroit du culte des Saints ; et un catholique sincère a souvent lieu d'être surpris autant que choqué de l'ignorance et des préjugés qui régnent à ce" sujet chez des

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