L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 81)
Après le chant triomphal du Symbole de la foi, le chœur entonne l'Offertoire; il est formé des paroles de la Salutation de l'Ange. Disons à Marie avec Gabriel- Vous êtes véritablement pleine de toute grâce.
Salut, ô Marie, pleine de I a ve. Maria, gratia grâce : le Seigneur est I -t\ plena : Dominus teavec vous; vous êtes bénie cum, benedicta tu in entre les femmes. Alléluia. ! mulieribus. Alléluia.
Recevez. Seigneur, l'hostie de notre salut que nous vous offrons dans la solennité de la Conception immaculée de la bienheureuse Vierge Marie ; et de même que nous confessons qu'elle a été exempte de toute tache par votre grâce prévenante, ainsi daignez, par son intercession, nous délivrer de tous nos péchés commis. Par JésusChrist notre Seigneur. Amen.
Salutarem hostiam. quam in solemnitate immaculatae Conceptionis beatae Virginis Maria; tibi, Domine, offerimus. suscipe et pra?sta : ut sicut illam. tua gratia praeveniente. ab omni labe immunem profitemur : ita ejus intercessione a culpis omnibus liberemur. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
On fait ici mémoire- de l'Avent, par la Secrète du Dimanche précédent.
Dans son enthousiasme, l'Eglise ne se contente pas de la forme ordinaire de l'Action
de Grâces; elle mêle aux accents de sa joie la mémoire glorieuse de la Mère de Dieu, dont la Conception est le principe de son espérance, et annonce le lever prochain de la Lumière éternelle.
C'est une chose digne et juste, équitable et salutaire, Seigneur saint. Père tout-puissant, Dieu éternel, de vous rendre grâces en tout temps et en tout lieu, spécialement de vous louer, de vous bénir, de vous célébrer, en la Conception immaculée de la bienheureuse .Marie, toujours vierge. C'est elle qui a conçu votre Fils unique par l'opération du Saint-Esprit, et qui, sans rien perdre de la gloire de sa virginité, a donné au monde la Lumière éternelle, Jésus-Christ notre Seigneur: par qui les Anges louent votre Majesté, les Dominations l'adorent, les Puissances la révèrent en tremblant, les Cieux et les Vertus des Cieux, et les heureux Séraphins la célèbrent avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unir à leurs voix, afin que nous puissions dire dans une humble confession : Saint ! Saint ! Saint !
Vere dignum et justum est, aequum et salutare, nos tibi semper. et ubique gratias agere : Domine sancte, Pater omnipotens,aeterne Deus: Et te in Conceptione immacuiata beatae Maris semper virginis collaudare, bened'icere. et praedicare. Quœ et Unigenitum tuum Sancti Spiritus obumbratione concepit : et virginitatis gloria permanente,Lumen œternum mundo effudk. Jesum Christum Dominum nostrura. Perquem Majestatem tuam laudant Angeli, adorant Dominationes, tremunt Potestates. Cœli. cœlorumque Virtutes. ac beata Seraphim, socia exsultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces, ut admitti jubeas deprecamur.supplici confessione dicentes: Sanctus ! Sanctus ! Sanctus !
Pendant la Communion, l'Eglise s'unit à David qui proclame dans un saint enthousiasme les gloires et les grandeurs de la Cite mystique de Dieu.
ON a dit de vous des choses glorieuses, ô Marie ; car celui qui est puissant a fait de grandes choses en votre faveur.
Gloriosa dicta sunt de te, Maria, quia fecit tibi magna qui potens est.
Daignez faire, Seigneur notre Dieu, que les mystères auxquels nous venons de participer, guérissent en nous les blessures de ce péché dont vous avez si efficacement préservé la Conception immaculée de la bienheureuse Marie. ParJésus-Christ notre Seigneur. Amen.
On fait ici mémoire de l'Avent, par la Postcommunion du Dimanche précédent.
psimus, Domine Deus noster,illius in nobis culpa? vulnera reparent ; a qua immaculatam beatae Maria; Conceptionem singulariter prasservasti. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Les Antiennes, les Psaumes, le Capitule, l'Hymne et le Verset sont les mêmes qu'aux premières Vêpres, ^ag^s 447-455.
AUJOURD hui un rameau est sorti du tronc de Jessé : aujourd'hui Marie a été conçue sans aucune tache : aujourd'hui la tète de Tancien serpent a été brisée par elle. AUeluia.
HODIE egressa est virga de radice Jesse : hodie sine ulla peccati labe concepta est Maria : hodie contritum est ab ea caput serpentis antiqui. AUeluia.
Nous couronnerons cette journée par les poésies liturgiques que le mystère de l'Immaculée Conception de Marie a inspirées. Au premier rang, nous devons placer les belles strophes que Prudence a consacrées, dans son Hymne Ante cibum, à célébrer le triomphe dé la femme sur le serpent. Dès le commencement du ve siècle, ce chantre divin glorifiait Marie d'avoir vaincu tous les poisons du dragon infernal, parce qu'à elle était réservé l'honneur de la Maternité divine.
Hoc odium vêtus illud erat, Hoc erat aspidis, atque hominis
UNE nouvelle race est au moment de naître ; c'est un autre homme venu du ciel, non du limon de la terre comme le premier ; c'est un Dieu même revêtu de la nature humaine, mais exempt des imperfections delà chair.
Le Verbe du Père s'est fait chair vivante ; rendue féconde par l'action divine, et non par les lois ordinaires de l'union conjugale, une jeune fille l'a conçu sans souillure, et va l'enfanter.
Une haine antique et violente régnait entre le serpet et l'homme ; elle avait pour cause la victoire future de la
femme. Aujourd'hui la promesse s'accomplit : sous le pied de la femme, la vipère se sent écrasée.
La Vierge qui a été digne d'enfanter un Dieu triomphe de tous les poisons. Repliant sur lui-même avec rage sa croupe tortueuse, le serpent désarmé revomit son virus impuissant sur le gazon verdâtre comme ses impurs anneaux.
Comment notre ennemi ne tremblerait-il pas, effrayé de la faveur divine envers l'humble troupeau ? Ce loup maintenant parcourt avec tristesse les rangs des brebis rassui ées: oublieux du carnage, il contient désormais sa gueule fameuse par tant de ravages.
Par un changement merveilleux, c'est désormais l'A- gneau qui commande aux lions ; et la Colombe du ciel, dans son vol vers la terre, met en fuite les aigles cruels, en traversant les nuages et les tempêtes.
Digladiabile discidium, Quod modo cernua femineis Vipera proteritur pedibus.
trépidât, Territa de grege candidulo ? Impavidas lupus inter
Agnus enim vice mirifica Ecce leonibus imperitat, Exagitansque truces aquilas Per vaga nubila, perque