L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 82)
L'Hymne suivante appartient au vme siècle. Elle a pour auteur le célèbre Paul Diacre, d'abord secrétaire de Charlemagne, ensuite moine au Mont-Cassin. Nous y trouvons
aussi l'énergique expression de la croyance à la Conception immaculée. Le virus originel, y est-il dit, a infecté la race humaine tout entière ; mais le Créateur a vu que le sein de Marie n'en avait pas été souillé, et il est descendu en elle.
Hausto maligni primus ut occidit Virus chelydri terrigenum parens ; Hinc lapsa pestis per
01 jamais possédera un langage assez sublime pour célébrer dignement les grandeurs de la V ierge, par laquelle fut rendue la vie au monde qui languissait dans les liens de l'antique mort ?
Elle est la branche de l'arbre de Jessé, la Vierge qui devait être Mère, le jardin qui recevra le germe céleste, la fontaine sncree sur laquelle le ciel a mis son sceau, cette femme dont la virginité a produit le bonheur du monde.
Le père des humains tomba dans la mort, pour avoir aspiré les poisons du serpent ennemi ; le virus qui l'atteignit a infecté sa race tout entière, et l'a frappée d'une plaie profonde.
Mais !e Créateur, plein de compassion pour son œuvre, et voyant du haut du ciel le sein de la Vierge exempt de cette souillure, veut s'en servir pour donner au monde
Gabriel, envoyé des cieux, vient apporter à la chaste Vierge le message éternel11 prépa fille, comme un ciel, contient tout à coup celui qui remplit le monde.
Elle demeure vierge, elle devient mère ; le Créateur de la terre vient de naître sur la terre ; le pouvoir du redoutable ennemi de l'homme est brisé ; une lumière nouvelle éclaire tout 1 univers.
Gloire, honneur, puissance à la royale Trinité, Dieu unique ! qu'elle règne à jamais dans les siècles des siècles ! Amen.
La Prose suivante n'est pas un des moindres ornements des Missels dont se servaient nos Eglises, il y a trois siècles, au jour de la Conception de Marie.
/"Vu'il soit fêté, ce jour, v^ dans lequel l'Eglisecélèbre la Conception de Marie.
Une Vierge Mère est enDIES iste celebretur, Inquo pie recensetur Conceptio Maria.
Ads vêtus exilium. Et Joachim opprobrium. Hinc habet remedium.
Hoc Prophetae praeviderunt. Patriarcbse praesenserunt. Inspirante gratia.
Virga prolera conceptura, Stella solem paritura, Hodie concipitur.
O quam felix et prœ- clara. Nobis grata, Deo chara. Fuit hoec Conceptio !
Terminaturmiseria; Datur misericordia ; Luctus cedit gaudio.
Nova mater novam prolem. Nova Stella novum solem. Nova profert gratia.
Genitorem genitura, Creatorem creatura. Patrem parit filia.
gendrée ; elle est conçue, elle est créée, la douce et féconde source de miséricorde.
L'antique exil d'Adam et l'opprobre de Joachim ont ici leur terme heureux.
Les Prophètes l'ont prévu : les Patriarches en ont tressailli, inspirés parla grâce.
La Branche sur laquelle doit éclore un fruit, l'Etoile qui enfantera le Soleil, est conçue aujourd'hui.
Dans la fleur qui doit sortir de la Branche, dans le Soleil qui naîtra de l'Etoile, déjà s'entrevoit le Christ.
Oh! qu'elle fut heureuse et triomphale, ravissante pour nous et cbère à Dieu même, la Conception immaculée !
Notre misère a son terme ; miséricorde nous est faite ; au deuil succède la joie.
C'est une Mère nouvelle qui enfantera un Fils nouveau; une Etoile nouvelle d'où sortira un nouveau Soleil, par une grâce incomparable.
Un enfant donne la vie à l'auteur de ses jours; de la créature naît le Créateur ; la tille engendre le Père.
O étonnante nouveauté ! nouveau privilège ! la conception d'un fils ajoute à la virginité de la mère.