L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 83)
Réjouissez-vous, très glorieuse Vierge '. Branche embellie de sa rieur. Mère ennoblie de son Fils, vraiment pleine de joie !
Ce qui fut autrefois caché sous l'épais nuage des figures, la Vierge Immaculée, née d'une mère sainte, le manifeste au grand jour : une rosée divine se répand sur elle ; et dans l'étonnement de la nature, les lois de l'enfantement sont suspendues.
Eve, nom lugubre, se terminait en malédiction, vœ ! Eva, par un heureux changement, se transforme en cri de salut, Ave ! Vous qui avez entendu dans votre demeure cette parole de bonheur et de suavité, Vierge Mère, soyeznous favorable, et donneznous de jouir de votre faveur.
Venez tous, ô hommes ! hâtez-vous ; qu'à plein.- voix éclatent ses louanges ; rendez-lui honneur et prière tout le jour, à toute heure ; que le cœur soit suppliant, la voix mélodieuse : ainsi faut-il
O mirandam novitatem, Novam quoque dieniîatem ! Ditat matris castitatem Filii concepfio.
Gaude, Virgo graticsa. Virga Acre speciosa, Mater proie generosa, Vcre plena gaudio.
Quod prœcessit in. figura, Nube latens sub obscura, Hoc declc-rat g«nitura Piae matris : Virgo pura Pariendi vertit jura, Fusa, mirante natura, Deitatis pluvia.
prave ; Intus ferens in conclave Verbum bonum et suave ; Nobis. Mater Virgo, fave Tua frui gratia.
Omnis homo, sine mora, Laude plena solvens ora, Istam colas, ipsam ora : Omni die, omni hora, Sit mens supplex, vox sonora ;
Tu spcs certa miserorum. Vere mater orphanorum, Tu levamen oppressorura. Medicamen infî^morum, Omnibus es omnia.
Te rogamus voto pari, Laude Signa singulari, Ut errantes in hoc mari. Nos in portu salutari Tua sislat gratia.
Sûre espérance des malheureux, vraie mère des orphelins, soulagement des opprimés, baume des infirmes ; vous êtes toute à tous.
Nous vous prions d'un mime vœu, vous, digne de louaage singulière, afin qu'après avoir erré sur cette mer, votre bonté nous fixe au port de salut.
Considérons Marie l'Immaculée venant au monde neuf mois après sa Conception, et confirmant de jour en jour les espérances de la terre. Admirons la plénitude de grâce que Dieu avait mise en elle, et contemplons les saints Anges qui l'environnent de leur respect et de leur amour, comme la Mère future de celui qui doit être le chef de la nature angélique aussi bien que de la nature humaine. Suivons cette auguste Reine au temple de Jérusalem, où elle'est présentée par ses parents, saint Joachim et sainte Anne. Agée' seulement de trois ans, elle est déjà initiée aux secrets du divin amour. « Je « me levais toujours au milieu de la nuit, a« t-elle dit elle-même dans une révélation à « sainte Elisabeth de Hongrie, et j'allais de« vant l'Autel du Temple, "où je demandais à a Dieu d'observer tous les préceptes de sa « Loi, et je le suppliais de m'accorder les «. grâces dont j'avais besoin pour lui être « agréable. Je lui demandais surtout qu'il me oc fît voir le temps où vivrait cette Vierge « très sainte qui devait enfanter le Fils de ce Dieu. Je le priais de conserver mes yeux « pour la voir, ma langue pour la louer, a mes mains pour la servir, mes pieds pour
« marcher à ses ordres, mes genoux pour « adorer le Fils de Dieu entre ses bras. »
Cette Vierge à jamais digne de louanges, c'était vous-même, ô Marie ! Mais le Seigneur vous le cachait encore ; et votre céleste humilité ne vous eût jamais permis d'arrêter un instant la pensée sur une si haute dignité comme pouvant vous être réservée. D'ailleurs, vous aviez engagé votre foi au Seigneur; dans la crainte que l'heureuse prérogative de Mère du Messie ne portât une atteinte, si légère qu'elle pût être, au vœu de virginité qui vous unissait à Dieu seul, vous aviez, la première et la seule entre les filles d'Israël, renoncé pour jamais à l'honneur de prétendre à une si haute faveur. Votre mariage avec le chaste Joseph fut donc un triomphe de plus pour votre incomparable virginité, en même temps qu'il était, dans les'décrets de la souveraine Sagesse, un ineffable moyen de vous assurer un appui dans les sublimes nécessités que bientôt vous alliez connaître. Nous vous suivons, ô épouse de Joseph, dans la maison de Nazareth où va s'écouler votre humble vie ; nous vous y contemplons comme la Femme forte de l'E- criture, vaquant à tous vos devoirs, et l'objet des complaisances du grand Dieu et de ses Anges. Xousrecueillons^vos prières pour la venue du Messie, vos hommages à sa Mère future ; et vous suppliant de nous associer au mérite de vos désirs vers le divin Libérateur, nous osons vous saluer comme la Vierge prédite dans Isaie, à laquelle, et non à une autre, appartient louange et amour de la part de la Cité rachetée.
Vénérons la Vierge, la mère de la Grâce, la douceur du Salut, la fontaine de Sapience.
C'est la Cour du grand Roi, la Reine de prudence, la Vierge pleine de grâce, l'Aurore de liesse.
O fontaine admirable ! principe de notre foi ; ô Mère admirable ! précieux vase de vertu.
Vous êtes du plus beau des rois la plus chaste des mères: parfum du nard le plus pur, rose très odorante.
Arbre de vie digne de louange, Etoile très éclatante, noble Mère, réjouissez-vous, ô la plus sainte des Vierges !
Remède des pécheurs,Reine de bon conseil, vous avez mis au jour la fleur des fleurs. Jésus, source de toute joie.
Branche de Jessé, flambeau des Saints, secourable protectrice , souvenez-vous
Veneremur Virginem Genitricem gratiae, Salutis dulcedinem, Fontem Sapientias.
Haec est aula regia, Regina prudentiae, Virgo plena gratia, Aurora laetitiae.
Haec est melle dulcior, Castitatis lilium ; Jaspide splendidior, Mœroris solatium.
O fons admirabilis, Fidei principium, Mater admirabilis, Vas virtutis pretium.
Tu es régis speciosi Mater honestissima, Odornardi pretiosi. Rosa suavissima.
Arborvitae dignalaude, Stella fulgentissima, Generosa Mater, gaude, Virginum sanctissima.
Tu medela peccatorum, Regina consilii, Peperistî florem florum, Christum fontem gaudii.