L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 87)
« ment ; cette famille d'un-: » si illustre noblesse se désoie « de te voir périr à la fleur de « tes ans, à la veille des pomi pea nuptiales.
« La splendeur d'un hyméa née opulent n'est-elle donc u rien pour toi ? Dans ta pré» somption, veux-tu donc «i ébranler la pieté filiale ? Eh ( bien ! considère ces instru« ments d un cruel trépas.
« Ou ta tête tombera sous c le glaive, ou tes membres « seront déchirés par la dent « des bétes féroces, ou les i torches embrasées les ccn<i sumeront à petit feu. ou ie a bûcher te réduira en cena dres. au milieu des cris et « des larmes de tes parents.
« Et quel si gran. <r as-tu à faire pour éviter un « sort si affreux ? Da._
lement, jeune fille, toucher « du bout de tes doigts un « peu de sel et quelques grains a d'encens ; et ces supplices a terribles ne te regardent « plus. »
La martyre garde le silence, mais elle frémit à un tel di>- C'iurs : dans son inJ:^ elle crache aux yeux du tyran,
renverse d'un coup de pied les idoles, les gâteaux sacrés et l'encens.
Aussitôt deux bourreaux déchirent la chair délicate de la vierge ; ses flancs sont sillonnés jusqu'aux os par les ongles de fer ; Eulalie compte ses glorieuses blessures.
« C'est votre nom. Sei« gneur, que l'on trace sur « mon corps ; que j'aime a « lire ces caractères qui ra« content vos victoires, ô « Christ! La pourpre de mon « sang sert à écrire votre « nom sacré. j>
C'est ainsi qu'elle chantait dans sa joie, la vierge intrépide ; pas une larme, pas un soupir ; de si crueiles souffrances sont pour elle comme si elles n'étaient pas; et cependant sesmembres sontarrosés à chaque instant par un nouveau jet de son sang qui jaillit tiède sous les ongles de fer.
Mais ce n'est pas la dernière de ses tortures; il ne leur suffit pas d'avoir labouré tout
gemini Juncea pectora dilacerant, Et latus ungula virgineum Puisât utrinque, et ad
gemitu Lœta canebat et intrepida. Dirus abest dolor ex animo, Membraque picta cruore
Crinis odorus et in jugulos Fluxerat, involitans humeris, Quo pudibunda pudicitia, Virgineusque lateret honos. Tegmine verticis opposito.
repens, Martyris os nive candidior Visa relinquere, et astra
sequi : Spiritus hic erat Eulaiœ Lacteolus, celer, innocuus.
son corps de sillons cruels : c'est maintenant le tour de la flamme ; des torches ardentes parcourent avec fureur ses flancs et sa poitrine.
La chevelure embaumée d'Eulalie s'était détachée ; flottant sur les" épaules, elle était venue descendre comme un voile appelé à protéger la pudeur de la vierge.
Mais la flamme pétillante des torches est montée jusqu'au visage : en un instant, elle prend à la chevelure, elle parcourt la tète et s'élève audessus du visage. La vierge, avide de mourir, ouvre ses lèvres, et aspire ce feu qui l'environne.
On vit soudain une colombe plus blanche que la neige s'élancer de la bouche de la martyre, et monter vers les cieux: c'était l'âme d'Eulalie. toute pure, toute vive, tout innocente.
La tête s'incline au moment où l'âme b'est enfuie; le feu des
torches s'éteint tout à coup; les membres endoloris ont cessé de souffrir; le souffle qui animait la vierge, monte joyeux à travers les airs et se dirige, semblable à l'innocent oiseau, vers les temples du ciel.
Le bourreau l'a vu s'élancer de la bouche de la jeune fille ; saisi de terreur, il s'est enfui loin du théâtre de sa barbarie; le licteur lui-même a disparu tremblant.
Tout à coup une neige inattendue se forme dans l'air glacial et descend sur le forum ; comme un blanc linceul, elle vient couvrir le corps d'Eulalie qui demeurait exposé aux injures de la saison.
Les larmes humaines accompagnent les funérailles d'un être chéri ; ici, ces témoignages de regret sont dépassés ; les éléments euxmêmes, ô vierge, ont reçu de Dieu l'ordre d'accomplir envers toi les devoirs suprêmes.
Aujourd'hui, Mérida, ville célèbre de la Vettonie, s'hotiore de posséder son sépulcre ;
Et rogus igneus emoritur ; Pax daturartubus exanimis, Flatus in asthere plaudit
palam, Obstupefactus et attonitus Prosilit et sua gesta fugit, Lictor et ipse fugit pavidus.
Hic. ubi marmoreperspicuo Atria luminat aima nitor Et peresrinus, et indigena, Relliquias, cineresque
- -]ue parcourt la fleuve Ana qui, dar.s - rapide et ombrage d'arbre toujours verts, vient baigner son élégante enceinte.