L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 98)
/"\ CLEFde David, ô sceptre ^-^ de la maison d'Israël ! qui ouvrez, et nul ne peut fermer ; qui fermez, et nnl ne peut ouvrir ; venez et tirez delà prison le captif qui est assis dans les ténèbres et dans l'ombre de 1?. mort.
O Fils de David, héritier de son trône et de sa puissance, vous parcourez dans votre marche triomphale une terre soumise autrefois à votre aïeul, aujourd'hui asservie par les Gentils. Vous reconnaissez de toutes parts, sur la route, tant de lieux témoins des merveilles de la justice et de la miséricorde de Jéhovah votre Père envers son peuple, au temps de cette ancienne Alliance qui tire à sa nn. Bientôt, le nuage virginal qui vous couvre étant ôté, vous entreprendrez de nouveaux voyages sur cette même terre ; vous y passerez en faisant le bien, et guérissant tonte' langueur et tonte infirmité, et cependant n'ayant pas où reposer votre tête. Du moins, aujourd'hui, le sein maternel vous offre encore un asile doux et tranquille, où vous ne recevez que les témoignages de l'amour le plus tendre et le plus respectueux. Mais, ô Seigneur ! il vous faut sortir de cette heureuse retraite; il vous faut, Lumière éternelle, luire au milieu des ténèbres; car le captif que vous êtes venu délivrer languit
dans sa prison. Il s'est assis dans l'ombre de la mort, et il y va périr, si vous ne venez promptement en ouvrir les portes avec votre Clef toute-puissante ! Ce captif, o Jésus, c'est le genre humain, esclave de ses erreurs et de ses vices : venez briser le joug qui l'accable et le dégrade ; ce captif, c'est notre cœur trop souvent asservi à des penchants qu'il désavoue : venez, ô divin Libérateur, affranchir tout ce que vous avez daigné faire iibre par votre grâce, et relever en'nous la dignité de vos frères.
O Gabriel ! nuntius coelorum. qui januis clausis ad me intrasti. et Verbum nuntiasti Concipies et paries ; Emmanuel vocabitur.
O Gabriel ! messager des cieux, qui es entré près de moi les portes fermées, et m'as dit cette parole : Vous concevrez et enfanterez ; on l'appellera Emmanuel!
En l'Office des Laudes, la voix de l'Eglise fait retentir aujourd'hui cet avis solennel :
'•& craignez point : notre Seigneur viendra à vous dans cinq, jours.
Nolite timere : cjuinta enim die veniet ad vos Dominus noster.
^toici ladernièreFête que va célébrer l'Eglise V avant celle de la Nativité de son Seigneur et Epoux. Elle interrompt les Fériés majeures pour honorer Thomas, Apôtre du Christ, et dont le glorieux martyre, consacrant à jamais ce jour, procura au peuple chrétien un puissant introducteur auprès du divin Messie. Il appartenait à ce grand Apôtre de paraître sur le Cycle dans les jours où nous sommes, afin que sa protection aidât les fidèles à croire et à espérer en ce Dieu qu'ils ne voient pas encore, et qui vient à eux sans bruit et sans éclat, afin d'exercer leur Foi. Saint Thomas douta un jour, et ne comprit le besoin de la Foi qu'après avoir passé par les ombres de l'incrédulité : il est juste qu'il vienne maintenant en aide aux enfants de l'Eglise, et qu'il les fortifie contre les tentations qui pourraient leur survenir de la part d'une raison orgueilleuse. Adressons-nous donc à lui avec con58o
fiance; et du sein de la lumière où son repentir et son amour l*ont placé, il demandera pour nous la docilité d'esprit et de cœur qui nous est nécessaire pour voir et pour reconnaître Celui qui tait l'attente des nations, et qui, destiné à régner sur elles, n'annoncera son arrivée que par les faibles vagissements d'un enfant, et non par la voix tonnante d'un maître. Mais lisons d'abord le récit des Actes de notre saint Apôtre. L'Eglise a jugé à propos de nous le présenter sous la forme la plus abrégée, dans la crainte de mêler quelques détails fabuleux aux faits incontestables que les sources authentiques nous fournissent.
Thomas Apostolus, qui et Didymus , galiIseus, post acceptum Spiritum Sanctum, in militas provincias profectus est ad prsedicandum Christi Evangelium. Parthis , Médis, Persis. Hircanis et Bactrischristianasfidei ctvitae prascepta tradidit. Postremo ad Indos se conferens, eos in Christiana religione erudivit. Qui ad extremum, vita; doctrinaeque sanctitate , et miraculorum magnitudine, quum cxteris omnibus sui admirationem, et Jesu Christi amorem commovisset, illius gentis regem, idolorum cultorem, magis ad iram accendit : cujus sententia condemnatus , telisque confossus , Calaminae
Thomas Apôtre , appelé aussi Didyme, était de Galilée. Après" avoir reçu le Saint-Esprit, il alla prêcher l'Evangile en beaucoup de provinces. Il enseigna les préceptes de la foi et de la vie chrétienne aux Harthes , aux Mèdes, aux Perses, aux Hircaniens et aux Bactrieas. Il se dirigea en dernier lieu vers les Indes, dont il instruisit les peuples dans la religion chrétienne. En ce pays, il se 6: admirer de tout le monde par la sainteté desa vie et de sa doctrine et par l'éclat de ses miracles, et il alluma grandement l'amour de Jésus-Christ dans les cœurs Le roi de la contrée s'enflamma de colère ; car il était zélé pour l'idolâtrie ; etj le saint apôtre ayant été condamne à mort par ses ordresJ
fut percé de traits, à Calamine, et rehaussa l'honneur de son apostolat par la couronne du martyre.
O Thomas Didyme ! vous qui avez mérité de voir le Christ, nous faisons monter vers vous nos prières à haute voix ; secourez-nous dans notre misère ; afin que nous ne soyons pas condamnés avec les impies, en l'Avènement du Juge.
Accordez-nous, Seigneur, nous vous en prions, de célébrer avec joie la solennité de votre bienheureux Apôtre Thomas ; afin que nous soyons toujours assistés de sa protection, et que nous suivions avec le zèle convenable la Foi qu'il a professée. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
SEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez placé sur la tête de votre Martyr Thomas l'A- pôtre, une couronne formée de cette pierre précieuse qui est le fondement solide, afin qu'ayant cru en vous il ne fût pas condamné, et qu'ayant donné pour vous sa vie, il fût honoré du diadème : établisO Thomas Didyme ! qui Christum meruisti cernere ; te precibus rogamus altisonis, succurre nobis miseris ; ne damnemur cum impiis, in Adventu Judicis.
Da nobis, quaesumus Domine, beati Apostoîi tui Thomas solemnitatibus gloriari : ut ejussemper et patrociniis sublevemur, et Fidemcongrua devotione sectemur. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Domine Jesu Christe, qui posuisti in capite Martyris tui Thomas Apostoîi coronam de lapide pretioso, in fundamento fundatam ; ut non confundatur, quia in te credidit ; coronetur, quia pro te animam posuit : sit ergo intercessionibus
ejus in nobis famulis tuis F ides vera, qua te etiam coram persecutoribus promptissima devotkrre confiteamur : quatenus interveniente tanto Martyre, coram te et Angelis tuis minime confundamur. Amen.
sez par son intercession, en nous vos serviteurs, une Foi véritable par laquelle nous croyions en vous, une confession pleine de zèle, par laquelle nous vous rendions témoignage, avec un dévouement empressé, devant les persécuteurs, afin que. par le secours d'un si grand Martyr, nous ne soyons pas confondus en présence de vous et de vos Anges. Amen.
L'Eglise grecque traite avec sa solennité ordinaire la tête de saint Thomas ; mais c'est au six octobre qu'elle la célèbre. Nous allons extraire quelques strophes des chants qu'elle lui a consacrés.
DOKIM palpato latere. bonorum assecutus es summitatem • nam velut spongia hincTiausisti lances, fontem bonorum. aeternamque potasti vitam. mentibus expellens ignorantiam . divinaque Dei cognitionis dogmata scaturire faciens.
Tua incredulitate et tua fide stabilisti tentatos. nuntiare incipiens omni creaturae Deum ac Dominum, carne pi bis in terris indutum. crucem mortemque suQUAKD ta main toucha le côté du Seigneur, tu trouvas le comble de tous les biens ; car ainsi qu'une éponge mvstique. tu en exprimas de célestes liqueurs, tu y puisas la vie éternelle, bannissant toute ignorance dans les âmes, et faisant couler comme de source les dogmes divins de la connaissance de Dieu. Par ton incrédulité et par ta foi tu as rendu stables ceux qui étaient dans la tentation, en proclamant le Dieu et Seigneur de toute créature, incarné pour nous sur cette terre, crucifié, soumis à la
mort, percé de clous, et dont le côté fut ouvert par une lance, afin que nous y puisions la vie.
Tu as tait resplendir la terre des Indiens d'un vif éclat, ô très saint Apôtre, contemplateur de la divinité! Après avoir illuminé ces peupies et les avoir rendus enfants de la lumière et du jour, tu renversas les temples de leurs idoles par la vertu de l'Esprit-Saint, et tu les fis s'élever, ô très prudent, jusqu'à la charité de Dieu, pour la louange et la gloire de l'Eglise, ô bienheureux intercesseur de nos âmes '.
O contemplateur des choses divines, tu fus la coupe mystique de la Sagesse du Christ ! ô Thomas Apôtre, en qui se rejouissent les âmes des fidèles 1 tu retiras les peuples de l'abîme de l'ignorance avec les filets du divin Esprit : c'est pourquoi, tu as coulé de Sion, semblable à un fleuve de charité, répandant sur toute créature comme une source d'eau vive les enseignements divins. Percé aussi de la lance en ton propre côté, tu as imité la Passion du Christ, et tu as revêtu l'immortalité : supplie-le d'avoir pitié de nos âmes.
beuntem, clavis perforatum, cujus lancea latus apertum, ex quo vitara haurimus.
Indorum omnem ter» ram fulgere fecisti, sacra* tissime, ac Deum videns Apostole ! Quum enim illuminasses filios luminis et diei, horum, in Spiritu, sapiens, idolica evertisti templa, et sublimasti eos in charitate Dei ad laudem et glo-. riam Ecclesiae, béate intercessor pro animabus nostris.
Divina videns, Christi Sapientiae spiritualis demonstratus es crater mysticus, o Thoma Apostole, in quem fidelium animœ laetantur, et Spî - ritus sagena populoeruisti ex abysso ignorantiae : unde ex bion sicut fluvius devenisti charitatis, tua divina scaturire faciens dogmata in omnem creaturam. Christi passiones imitatus, latere pro ipso perforatus, induisti immortalitatem : illum deprecare misereri animabus nostris.
Glorieux Apôtre Thomas, vous qui avez amené au Christ un si grand nombre de nations inridèles, c'est à vous maintenant que