L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 2)
64 Le Temps après la Pentecôte.
nobis : per ipsum, et cum ipso et in ipso, est libi Dec Patri omnipotenti, in unitate Spiritus Sancti, omnis honor et gloria.
En disant ces dernières paroles, le Prêtre a pris l'Hostie sainte qui reposait sur l'autel; il l'a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine Victime, afin de montrer qu^'elle est maintenant immortelle; puis, élevant à la fois le Calice et l'Hostie, il a présenté à Dieu le plus noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la Majesté infinie.
Cet acte sublime et mystérieux met fin au Canon; le silence des Mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications ; il sollicite pour ses prières l'acquiescement du peuple fidèle, en prononçant à haute voix les dernières paroles :
PER omnia saecula sasculorum.
ANS tous les siècles.
siècles des
Répondez avec foi et dans un sentiment d'union avec la sainte Eglise :
9. Amen. Amen ! je crois le mystère qui s'est opéré, je m'unis à l'offrande qui a été faite et aux demandes de l'Eglise.
Il est temps de répéter la prière que le Sauveur lui-même nous a apprise. Qu'elle s'élève jusqu'au ciel avec le Sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ ! Pourrait-elle n'être pas agréée, en ce moment où celui-là même qui nous l'a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les
Ordinaire de la Messe.
enfants de Dieu, le Prêtre la récite à haute voix, afin que tous puissent s'y unir. Prions, dit-il :
INSTRUITS par un précepte 1 salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :
OREMUS. Praeceptis salutaribus moniti , et divina institutione formati, audemus dicere :
NOTRE Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien ; et pardonne z-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
FATER noster, qu: es m cœlis : Sanctificetur Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua, sicut in coelo. et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : et dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.
Répondons avec l'accent de notre misère : Mais délivrez-nous du ! Sed libéra nos a malo.
Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa prière insiste sur cette dernière demande : Délivrez-nous du mal ; et certes, avec raison : car le mal nous déborde, et c'est pour l'expier et le détruire que nous a été envoyé l'Agneau.
y IBERA, nos, quaesumus
L Domine, ab omnibus malis, praeteritis, praesentibus et futuris : et intercedente beata et gloriosa
TROIS sortes de maux nous désolent. Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire les
f)échés dont notre âme porte es cicatrices, et qui ont for66 Le Temps après la Pentecôte.
semper Virgine Dei Génitrice Maria, cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andréa, et omnibus Sanctis, da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordiae tuae adjuti, et a peccato simus semper liberi, et ab omni perturbatione securi. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus.
tifié ses mauvais penchants ; les maux présents, c'est-àdire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme, sa faiblesse et les tentations qui l'assiègent ; enfin les maux à venir , c'est-àdire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d'agréer, en notre faveur, l'entremise de Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre , Paul et André. Affranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par Jésus-Christ votre Fils, qui vit et régna avec vous.
Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la Paix, et qui l'a obtenue, s'empresse de l'annoncer à l'assistance : il conclut l'Oraison à haute voix :
PER omnia sjccula saîculorum. ^. Amen.
DANS tous les siècles des siècles. E. Amen.
Puis il dit :
Pax Domini sit semper ] Que la paix du Seigneur ■vobiscum. | soit toujours avec vous.
Répondez à ce souhait paternel :
fii. Et cum spiritu tuo. | ^. Et avec votre esprit.
Le Mystère touche à sa fin; Dieu va s'unir à l'homme, et l'homme va s'unir à Dieu par la Communion ; mais auparavant un rite
Ordinaire de la Messe.
imposant et sublime doit s'accomplir dans le silence de l'autel. Jusqu'ici le Prêtre a annoncé l'immolation du Seigneur ; il est temps qu'il annonce sa résurrection. Il divise donc l'Hostie sainte avec révérence, et l'ayant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le Calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang de l'immortelle Victime. Adorez, et dites :
GLOIRE à VOUS, Sauveur du monde, qui avez souffert que , dans votre Passion , votre précieux Sang fût séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu 1
Priez maintenant l'x^gneau toujours vivant que saint Jean a vu sur l'Autel du ciel, debout, quoique immolé i,et dites à ce souverain Roi :
H.EC commixtio et coa secratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi, fiât accipientibus nobis in vitam œternam. Amen.
AGNEAU de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés da monde , ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donnez-nous la Paix.
AGNUS Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi , dona nobis Pacem.
La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde; il est le Prince de la Paix. Le divin Sacrement de l'Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, le lien de l'Unité Catholique ; puisque, comme parle
65 Le Temps après la Pentecôte.
l'Apôtre, nous ne sommes tous qu'un seul Pain et un seul Corps, nous tous qui participons au même Pain K C'est pourc^uoi le Prêtre, au moment de communier a l'Hostie sainte, demande la conservation de la paix fraternelle, principalement dans cette portion de la sainte Eglise qui est là réunie autour de l'autel. Implorez-la avec lui :
ÇEIGNEUR Jésus-Christ, qui O avez dit à vos Apôtres : « Je vous laisse ma paix, je (I vous donne ma paix, » ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.
OMINE Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : ne respicias peccata raea, sed fidem Ecclesiae tuae : eamque secundum voluntatem tuam pacificare et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia saeculasaîculorum. Amen. I
Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de
Eaix, si la Messe est solennelle, donne le aiser fraternel au Diacre qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et pardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre :
DOMINE Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu Sancto,per mortem tuam mundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum CorSEIGNEUR Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, qui par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde : délivrez-moi par ce saint et sacré Corps, et par
Ordinaire de la Messe.
6g
votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.
pus. et Sanguinem tunm, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis malis, et fac me tuis semper inhaerere mandatis, et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sancto vivis et régnas, Deus, in saecula sœculorum. Amen.
Si VOUS devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit ; autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle.
SEIGNEUR Jésus-Christ, faites que la réception de votre Corps que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que, par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu'il me soit un remède salutaire.
PERCEPTio Corporis tui, Domine Jesu Christe, quod ego indignas sumere praesumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis, et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre, in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula sœculorum. Amen.
Quand le Prêtre prend l'Hostie et se dis pose à s'en communier, dites ;
TTENEZ, Seigneur Jésus I
PANEM cœlestem accipiam, et Nomen Domini invocabo.
Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignité, répétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l'Evangile •
'jo Le Temps après la Pentecôte.
OMINE, non sum di- Oeigneur, je ne suis pas
gnus ut intres sub ^ digne que vous entriez en
tectum meum : sed tan- moi ; mais dites seulement
tum die verbo, et sana- une parole, et mon âme sera
bitur anima mea. guérie.
Au moment où il consomme la sainte Hostie, si vous devez vous-même communier, adorez profondément votre Dieu qui s'apprête à descendre en vous, et dites encore avec l'Epouse : Vene:^, Seigyieur Jésus ^ !
Si vous ne devez pas communier sacramentellement, communiez en ce moment spirituellement, et adorant Jésus-Christ qui visite votre âme par sa grâce, dites :
CORPUS Domini nostri TE me donne à vous, ô mon
Jesu Christi custo- J Sauveur, pour être votre
diat animam meam in demeure : faites en moi selon
vitam aeternam. Amen. votre bon plaisir.
Puis, le Prêtre prend le Calice avec actions de grâces, disant :
OUE pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens qu'il m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut, j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.
QXJID retribuam Domino pro omnibus quae retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam, et Nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.
Si VOUS devez communier, au moment où le Prêtre prend le Calice pour s'abreuver du sang divin, adorez encore le Dieu qui s'approche de vous, et dites toujours : Vene:^, Seigneur Jésus!
Ordinaire de la Messe.
7-r
Si vous faites seulement la Communion spirituelle, adorez de nouveau Jésus-Christ, et dites :
JE m'unis à vous, ô mon j C ANGUis Domini nostri Sauveur ! Unissez-vous à K5 Jesu Christi customoi ; que nous ne nous sépa- diat animam meam in rions jamais. | vitam aeternam. Amen.
C'est à ce moment, si vous devez communier, que le Prêtre vous donnera le Corps de Jésus-Christ. Les sentiments que l'on doit apporter à la Communion au Temps après la Pentecôte sont développés ci-après, Chapitre VI.
La Communion étant faite, pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la première fois, dites :
\J ous m'avez visité dans le
' temps, ô mon Dieu !
Faites que je garde les fruits
de cette visite pour l'éternité.
OUOD ore sumpsimus, Domine, pura mente capiamus ; et de munere temporali fiât nobis remedium sempiternum.
Pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la seconde fois, dites :
BENI soyez-vous, ô mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.
CORPUS tuum, Domine, quod sumpsi, et Sanguis, quem potavi, adhaereat visceribus meis : et prassta ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta. Qui vivis et régnas in saecula saeculorum. Amen.
Le Prêtre, ayant lu l'Antienne dite Cornj2 Le Temps après la Pentecôte.
munion, qui est le commencement de l'Action de grâces pour le nouveau bienfait que Dieu vient de nous accorder en renouvelant en nous sa présence, se retourne enfin vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion, qui sont le complément de l'Action de grâces. Joignezvous encore â lui, remerciant Dieu pour le bien inénarrable dont il vous a comblé, en vous admettant à la célébration et â la participation de si augustes Mystères.
Les Oraisons terminées, le Prêtre se tourne de nouveau vers le peuple, et lui envoie le salut, pour se féliciter avec lui de l'insigne faveur que Dieu vient d'accorder à l'assistance ; il dit :
pv OMiNus vobiscum. 1 f e Seigneur soit avec vous.
Répondez-lui :
Et cum spiritu tuo. | Et avec votre esprit.
Le Diacre ensuite, ou le Prêtre lui-même, si la Messe n'est pas solennelle, dit ces paroles :
1 I rv est finie.
Remerciez Dieu de la grâce qu'il vient de vous faire, en répondant :
Dec gratias. 1 Grâces soient rendues à
Le Prêtre prie une dernière fois avant de vous bénir ; priez avec lui :
PLACEAT tibi , sancta 1/^ races vous soient renTrinitas, obsequium |v_J dues, adorable Trinité,
Ordinaire de la Messe.
pour la miséricorde dont vous avez daigné user envers moi, en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.
Le Prêtre étend ses disant :
OUE le Dieu tout-puissant vous bénisse : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
% Amen.
servitutis meae, etpraesta ut sacrificium, quod oculis tuae Majestatis indignus obtuli, tibi sit acceptabile , mihique. et omnibus pro quibus illud obtuli, sit, te miserante, propitiabile. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
nriains et bénit, en
ENEDICAT VOS omnipotens Deus;_ Pater, Filius
Sanctus. E. Amen.
Spi
Il lit enfin la Leçon de l'Evangile selon saint Jean, qui annonce l'éternité du Verbe et la miséricorde qui l'a porté à prendre notre chair et à habiter en nous. Demandez d'être au nombre de ceux qui Vont reçu, quand il est venu dans son héritage, et qui ont été faits enfants de Dieu.
i I E Seigneur soit avec ^ T^ ominus vobis^"L vous; ''•lJ cum;
^. Et avec votre esprit. ^. Et cum spiritu tuo.
Le commencement du saint Evangile selon saint Jean. Chap. I.
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était
Initium sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. I.
IN principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat
7^ Le Temps après la Pentecôte.
Verbum. Hoc erat in principio apud Deutn. Omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso factum est nihil. Quod factum est, in ipso vita erat, et vita erat lux hominum : et lux in tenebris lucet, et tenebrae eam non comprehenderunt. Fuithomo missus a Deo, cui nomen erat Johannes. Hic venit in testimonium, ut testimonium perhiberet de lumine. ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera, quœ illuminât omnem hominem venientera in hune mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est , et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui eum non receperunt. Quotquot autem receperunt eum , dédit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in Nomine ejus : qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis, neque ex voluntate viri , sed ex Deo nati sunt. Et Verbum caro FACTUM EST, et habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus , gloriam quasi Unigeniti a Pâtre, plénum gratiae et veritatis.
Dieu. Il était dans le principe avec Dieu, Toutes choses ont été faites par lui : et rien n'a été fait sans lui. Ce qui a été fait, était vie en lui, et la vie était la lumière des hommes: et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. II n'était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à Celui qui était la lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui. et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu !e pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de de la volonté de Ihomme, mais de Dieu même. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité en nous, et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de grâce et de vérité.
I, dans les premières périodes de l'Année liturgique, au temps de l'Avent, au temps de Noël, dans le cours de la Septuagésime et du Carême, lorsqu'il ne s'agissait encore que de la préparation aux divins mystères par lesquels notre salut s'est opéré, nous avons, au nom de la sainte Eglise, invité les fidèles à recourir au Sacrement du Corps de Jésus-Christ, comme à l'aliment céleste qui devait les soutenir dans leur noble voie : maintenant que l'œuvre est consommée, qu'ils sont ressuscites avec le Rédempteur, qu'ils l'ont suivi jusqu'au plus haut des cieux par le désir et l'attente ; maintenant que l'EspritSaint est descendu pour confirmer en eux l'union avec Dieu, rien ne saurait leur être plus avantageux que de se nourrir plus
7 5 Le Temps après la Pentecôte.
fréquemment encore du Pain vivant descendu du ciel pour apporter la vieau monde ^
Dès l'entrée de la nouvelle période (que nous parcourons en ce moment, la sainte Eglise, par la fête si solennelle du Corps du Seigneur, nous a placés en face de cet auguste mystère, qui est à la fois le Sacrifice par lequel Dieu reçoit l'honneur qui lui appartient, et le Sacrement qui contient l'aliment des âmes. Nous avons dès lors mieux compris le don ineffable que le Sauveur daigna nous faire la veille de sa Passion; nous savons mieux maintenant quelle est la nature et l'étendue de l'hommage que la terre rend au Ciel par l'offrande incessante du saint sacrifice de la Messe ; nous connaissons mieux désormais la relation déifiante qui s'établit entre Dieu et l'âme par la participation à l'Hostie sacrée. L'Esprit-Saint a tout illuminé de ses feux, e* révélé jusque dans ^sa plus intime notion le mystère qui nous a été montré dès le commencement, le mystère de l'Emmanuel, de Dieu avec nous. Initiés maintenant à toute l'œuvre divine, nous entendons mieux le texte de l'Evangéliste, quand il nous disait: « Le Verbe s'est <L fait chair, et il a habité parmi nous. )) Nous serrons de plus près la parole inspirée, et nous traduisons plus littéralement et avec une entière fidélité : « Le Verbe s'est fait « chair, et il a habité en nous. »
L'empressement à assister au saint Sacrifice s'est donc renouvelé chez le fidèle; il dit avec le patriarche : « Vraiment Dieu est là,
La Communion. jj
et jusqu'ici je ne le savais pas i ; ma foi était entière, mais mon œil ne percevait pas l'immensité de l'œuvre que le Seigneur a accomplie dans la dernière Cène. » De même, ayant mieux connu l'union qui s'établit dès ce monde entre la Divinité et l'âme nourrie du Pain vivant par lequel elle est transformée en son principe, il désire toujours plus ardemment jouir de Celui qui, dès les jours de notre vie mortelle, nous donne, dans l'aliment eucharistique, non seulement un avantgoût, mais la réalité de ce que nous attendons au ciel. On peut même dire que le maintien de cet état que nous avons décrit ci-dessus, au Chapitre III, et qui est celui de l'Eglise et de l'âme fidèle dans cette période de l'Année liturgique, est simultanément l'œuvre de l'Esprit-Saint qui demeure en nous, et du don eucharistique dans lequel le Fils de Dieu ne cesse d'agir pour conserver, accroître et développer la vie divine qu'il est venu apporter, et dont il dit : « Je suis venu « pour qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient « plus abondante 2. »
Nous formulerons ici, selon notre usage, les Actes de préparation à la sainte Communion dans ce temps de l'année, pour les personnes qui sentiraient le besoin d'être aidées en cette manière, et nous ajouterons comme complément les Actes qui pourront servir à l'Action de grâces.
I, Gen. xxvni, i6. — 2. Johan. x, io.
■j8 Le Temps après la Pentecôte.
A u moment de m'unir à vous dans le mystère de votre ^*- amour, ô mon Dieu, je m'arrête pour confesser d'abord que c'est bien vous-même, votre corps, votre âme, votre divinité, qui allez vous incorporer à moi. Je sens que l'acte de foi à un si profond mystère est le premier devoir que vous m'imposez à cette heure, et mon intelligence s'incline avec bonheur devant votre parole souveraine. Vous êtes la Vérité, ô Jésus, et vous avez dit à vos disciples en leur présentant le pain transformé : « Ceci est mon corps ». Je crois à votre parole, et j'adore le " Pain vivant descendu du ciel pour don(I ner la vie au monde ». La grâce de votre divin Esprit que vous m'avez envoyé me fait goûter cette merveille de votre tout-puissant amour qui, non content de vous avoir uni à cette nature humaine que vous avez puisée au sein de Marie, a daigné préparer pour chacun de nous, au moyen de l'aliment céleste de votre chair sacrée, une union réelle et mystérieuse que vous seul pouviez concevoir et accomplir. Pour l'opérer, vous aviez bien le droit de nous demander d'abord une confiance illimitée dans la vérité de votre parole. Sur la croix, votre divinité était voilée ; dans l'Hostie sainte, votre humanité même a cessé d'être sensible; je crois, ô mon Dieu, à votre divinité et à votre humanité présentes sous le nuage qui les dérobe à nos regards mortels ; car je sais par votre Apôtre, ô lumière inaccessible, que la foi est pour nous, en cette vie, le moyen d'approcher de vous. Je crois donc. Seigneur, mais daignez aider mon incrédulité.
ACTE d'humilité.
I NSTRUIT par votre parole, ô mon Dieu, je sais, avec
^ une certitude supérieure à celle de la raison et des sens, que, dans peu d'instants, je vais entrer dans la plus intime relation avec votre infinie Majesté. Vous avez dit : 'I Celui qui mange ma chair demeure en moi, et « moi en lui ». Cette parole fait frissonner mon être
tout entier. Moi pécheur, couvert des cicatrices de mes iniquités, luttant encore avec mes passions mal réglées, je vais demeurer en vous ; et vous qui êtes le souverain Etre et la souveraine Sainteté, vous allez demeurer en celui qui n'est que néant et malice 1 Que puis-je faire à cette nouvelle, sinon m'écrier avec le centurion de votre Evangile : <(. Seigneur, je ne suis pas digne que vous « entriez chez moi ». Cependant vous avez dit aussi : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, « vous n'aurez pas en vous la vie ». Je voudrais vivre, ô Jésus ! et n'êtes-vous pas venu, n'avez-vous pas opéré tous vos mystères, « afin que nous eussions la vie, et une i( vie toujours plus abondante ? » Je ne puis donc pas fuir ; mais que me reste-t-il, si ce n'est de me réfugier dans l'abîme de l'humilité, de contempler ma bassesse, de considérer le foyer de péché qui réside en moi, de mesurer la distance infinie qui me sépare de vous, ô mon Rédempteur et mon Juge ? Je sais qu'alors vous compatirez à mon infirmité, que « vous direz seulement une « parole, et mon âme sera guérie ». Oh ! dites-la, Seigneur, cette parole qui raffermira mon cœur. Jusque-là, je n'oserai lever mes regards vers votre autel, et je n'envisagerai qu'avec terreur ce moment redoutable où la créature humaine se trouve unie tout à coup à son Créateur, aux yeux duquel rien n'est caché, et qui juge les justices mêmes.
(EPUIS le jour où votre Esprit est descendu sur nous, Seigneur, afin d'imprimer plus profondément dans nos âmes les mystères divins que vous avez opérés de votre miséricordieuse Incarnation à votre glorieuse Ascension, vous daignez m'appeler plus souvent à votre table. Je sens dès lors qu'il est juste que je me prépare avec un soin particulier à chacune de vos visites. Je viens de renouveler ma foi, en acceptant avec une ardeur toujours plus grande la vérité de votre présence au Sacrement de l'autel; à l'approche de votre Majesté terrible, je me suis anéanti dans une humilité sincère, en reconnaissant ma profonde indignité ; mais ces actes ne m'ont pas encore pleinement rassuré. Je suis pécheur,
8o Le Temps après la Pentecôte.
je vous ai offensé, je me suis révolté contre vous, j'ai tourné contre vous vos propres bienfaits, en6n j'ai causé votre mort sur la croix. L'Esprit-Saint, depuis qu'il daigne m'instruire, m'a révélé la malice du péché ; je comprends mieux mon audace et mon ingratitude. L'ensemble de vos mystères me dévoile de plus en plus tout ce que je vous ai coûté au jour où la justice et la miséricorde se réunirent dans le Sacrifice qui sauva le monde. Plus vous multipliez sur moi vos bienfaits. Seigneur, mieux je sens la responsabilité de mes péchés, et je vous demande, comme une faveur insigne et qui garantit toutes les autres, de maintenir toujours en moi l'esprit de componction et de pénitence. Je vous en oflFre, ô mon Dieu, l'expression, à ce moment où vous allez vous unir à moi, et je répète du fond de mon cœur la prière du Publicain : « Seigneur, ayez pitié de moi, qui ne suis « qu'un pécheur ! »
ACTE d'amour.
MAINTENANT, Ô mon Dieu, qu'il me soit permis de songer à la félicité de l'âme à laquelle vous vous donnez dans le Sacrement de votre amour ! Je redoute la familiarité à laquelle votre ineffable bonté pourrait exposer celui qui s'approcherait de vous en oubliant ce que vous êtes ; mais en même temps j'ai faim de m'unir à vous, et jusqu'à ce que vous soyez venu en moi, mon âme aspire ardemment à votre visite. La série de vos mystères a allumé en moi un feu qui s'accroît toujours, et votre divin Esprit se complaît à l'activer sans cesse. « Vos délices, « avez-vousdit. sont d'être avec les enfants des hommes »\ mais chez les enfants des hommes qui vous connaissent, votre amourn'est-il pas aussi l'aliment deleurcœur ? Afin de les maintenirdanscet amour qui est leur vie, vous vous êtes rendu présent dans l'Hostie sainte ; vous les faites vivre en vous, comme vous vivez en eux, lorsqu'ils se nourrissent de ce Pain vivant descendu du ciel. Cette H charité qui a été répandue dans nos âmes par " l'Esprit-Saint », s'entretient, Seigneur, à votre table sacrée; c'est là qu'elle s'accroît, parce que dans le divin Sacrement que vous avez institué la veille de votre Passion, nous nous trouvons unis à vous. L'amour tend
La Communion. 8i
à l'union avec l'objet aimé, et c'est pour cela que, malgré le sentiment de mon indignité, je soupire après le moment où vous allez descendre en moi. Vous avez tout fait pour que je vous aime, Seigneur ; vous m'avez airoé le premier : il est donc juste que mon cœur ait faim de vous. Un jour, dans le désert, vous eiites compassion de ce peuple qui vous avait suivi : « J'ai pitié de cette « foule », disiez-vous, et bientôt vous l'eûtes rassasiée. « Mon coeur et ma chair vous désirent », Seigneur ; Vous seul pouvez apaiser la faim qui me presse ; car vous êtes le souverain bien, la vraie vie, et c'est pour jouir de ce bien suprême, pour vivre de cette vie céleste, que vous m'avez créé. Autrefois mon coeur était appesanti, les ténèbres m'empêchaient de percevoir la lumière; mais depuis que vos mystères m'ont éclairé et régénéré, j'aspire à vous de toute la puissance de mon être. « Venez donc, Seigneur Jésus ». et ne vous refusez pas plus longtemps à mon âme qui vous attend.
VOTRE présence en moi est douce. Seigneur ; mais, avant de m'abandonner à son charme, j'éprouve le besoin de m'anéantir devant votre souveraine Majesté. Vous êtes le grand Dieu du ciel et de la terre ; je dois vous adorer. Vous n'avez aucun besoin de moi, et vous descendez jusqu'à mon néant. Que dois-je faire tout d'abord, sinon m'abaisser devant vous et reconnaître que vous êtes le Seigneur, le Fils unique et consubstantiel du Père, celui par qui toutes choses ont été faites, l'éternel, l'infini, et le juge suprême des vivants et des morts. Vos Séraphins qui vous contemplent sans nuage et qui goû- i tent à longs traits une éternelle félicité dans votre divine essence, voilent leur face de leurs ailes, nous dit le prophète ; ils tremblent devant vous, nous dit l'E
glise, et le frisson qu'ils éprouvent n'enlève rien à l'ardeur et à la tendresse de leur amour. Je veux, ô mon Dieu, suivre leur exemple, en vous offrant en ce moment le premier devoir de la créature envers son Créateur,
82 Le Temps après la Pentecôte.
l'adoration. Vous êtes si près de moi à cette heure bénie, que mon être renouvelé se perd, pour ainsi dire, dans le vôtre : comment ne serais-je pas accablé du poids de votre gloire 1 Je vous adore, ô éternel, infini, immense, tout-puissant, devant qui tous les êtres créés
I sont comme s'ils n'étaient pas. Je confesse devant vous mon néant, je reconnais votre domaine absolu sur moi, et sur tout ce que votre puissance et votre bonté ont produit dans la création. Roi des siècles, immortel et invisible dans votre essence, gloire à vous I Acceptez ce premier hommage d'une âme à laquelle votre amour a daigné s'unir.
LT N autre hommage que je dois vous offrir, ô mon ^ Dieu, est celui de ma reconnaissance. Souvent vous m'appelez à venir goûter le don divin que vous nous avez laissé en quittant la terre. Quel malheur pour moi si j'en venais à le moins estimer, parce qu'il m'est facile d'y recourir fréquemment ! Préservez -moi de cette familiarité qui éteint la reconnaissance, qui amoindrit la foi et attiédit l'amour. Durant des milliers d'années, le genre humain a attendu le bienfait dont vous venez de me faire part. Abraham, le père des croyants. Moïse, votre ami, David, le chantre inspiré de vos mystères, ne l'ont pas reçu : et ce pain des Anges est descendu du ciel pour moi. O bienfait inouï d'un Dieu qui s'incorpore à sa créature ! Qui pourrait en mesurer la longueur et la largeur, en apprécier la hauteur, en sonder la profondeur ? Ces expressions de votre Apôtre sur le mystère auquel je viens de participer, m'enseignent le prix du merveilleux don que vous avez fait aux hommes. Avec quelle humble et vive gratitude ne doit-il donc pas être reçu ! Vous n'avez été détourné ni par mon néant, ni par la faiblesse de mes sentiments, ni par mes infidélités; soyez donc béni, Seigneur, qui, dans votre désir de vous communiquer à moi, avez franchi toutes les limites et n'avez voulu connaître aucun obstacle. Je vous rends grâces pour cette communion, pour toutes celles que vous avez daigné m'accorder dans le passé. Daignez éclairer de plus en plus mon intelligence et
La Communion. 83
développer en moi le sentiment de l'amour, afin que j'aspire toujours plus ardemment à votre visite, que je sache toujours honorer, comme je le dois, votre présence en moi, et que jamais je n'ose approcher de vous par habitude, et sans m'étre éprouvé moi-même sur le respect profond qui vous est dû.
ACTE d'amour.
JE me reposerai maintenant en vous, ô mon souverain bien, qui êtes descendu en moi afin d'apaiser par votre présence les désirs de mon cœur. Tout à l'heure j'aspirais à vous, et maintenant je me sens rassasié. Que pourrais-je désirer en ce monde ? Vous posséder est le bonheur de l'éternité, et vous m'assurez, Seigneur, que celui qui se nourrit de votre chair sacrée demeure en vous et vous en lui. Elle est donc consommée, celte union à laquelle tend l'amour. Cet heureu-t moment de votre présence en moi unit votre souveraine majesté à ma bassesse ; vous vivez en moi, et je vis en vous. La divine charité a tout aplani, et la vie qui circule en mon être n'est plus celle du temps, mais celle de l'éternité. Je me hâte, Seigneur, d'en profiter pour vous assurer de mon atnour. Ce moment où vous me visitez sera court; bientôt il ne me restera plus que la grâce que laisse votre visite. Mais en ce moment je puis dire : « J'ai trouvé celui qu'aime mon âme ». Agréez donc. Seigneur, l'hommage de mon cœur et de toutes ses affections. Rendez-le fidèle et ardent à vous aimer ; car « la fin de toute la loi est dans l'amour », et lorsque vous daignez vous incorporer à nous par le Pain dévie, votre but est d'y consolider et d'y accroître la charité. Faites, Seigneur, que je perde à votre divin contact cet amour de moi-même qui étouffe ou ralentit trop souvent celui qui vous est dû. Que mon cœur s'épure de plus en plus, que ses affections se dégagent et s'élèvent, qu'elles se concentrent dans l'unité de votre amour qui renferme tout et suffit à tout.
ACTE d'offrande.
EN vous assurant de mon amour, ô mon Dieu, je sens que votre bon plaisir doit être ma règle désormais.
84 -L^ Temps après la Pentecôte.
Je saurai que mes protestations sont vraies, si je renonce à ma volonté, pour suivre en tout la vôtre. Non seulement vous exigerez de moi que je m'éloigne du péché, mais vous voulez me voir marcher résolument dans la voie de l'humilité qui repousse l'orgueil, votre principal ennemi. Vous m'ordonnez de tenir mes sens sous le joug, dans la crainte que la faiblesse de la chair ne triomphe de l'esprit qui est prompt, mais mobile. Pour attacher plus fortement à vous l'âme qui vous est chère, vous employez souvent l'épreuve, et vous avez déclaré que quiconque aspire à vous suivre doit compter sur la croix. 'V^'ous avez averti vos disciples qu'ils eussent à se garder du monde et de ses maximes, sous peine de périr avec lui. Telles sont les conditions de votre milice. Seigneur. Renouvelé comme je viens de l'être par votre puissante visite, je m'offre à vous pour remplir tous les devoirs qu'impose votre service. Assistez-moi, ô mon souverain Roi 1 Votre présence sacramentelle qui va cesser, me laisse votre grâce plus abondante que jamais. Accroissez ma foi et ma docilité aux enseignements de votre sainte Eglise, des mains de laquelle je viens de vous recevoir. Donnez-moi d'user de ce monde comme n'en usant pas, et de vivre déjà par le désir dans le séjour où )'espère vous goûter éternellement, sans ombre et sans voiles.
Reine du ciel, ô Marie, veillez sur votre humble serviteur, que le fils béni de vos chastes entrailles a daigné nourrir de sa chair adorable qu'il a puisée en vous. Présentez-lui l'offrande que je lui fais de moi-même, en retour du don ineffable qu'il vient de m'accorder. Saints Anges, bénissez et secourez cet enfant de la terre qui a goûté de ce Pain dont vous vous nourrissez au ciel. Saints et Saintes de Dieu qui avez mangé ici-bas le Pain céleste du vovageur, obtenez qu'il m'accompagne jusqu'au terme du pèlerinage de cette vie, et qu'il m'introduise auprès de Celui qui continue d'être la nourriture de ses élus dans la gloire. Amen.
!it%
ceux tume
ES limiles que nous nous sommes imposées dans cette Année liturgique ne nous permettent pas" de donner le texte de tous les Offices de l'Eglise; nous devons toutefois reproduire auxquels les simples fidèles ont coude prendre part, et qui, pour cette raison, se célèbrent avec plus de solennité. Aux Vêpres et aux Compiles que nous ne pouvions omettre, nous joignons donc ici les Heures de Tierce, Sexte et None, que l'on chante ordinairement, même dans les églises paroissiales, aux grandes solennités.
La forme liturgique est la même pour Tierce, Sexte et None. Après l'invocation du secours divin, on chante une Hymne et trois Psaumes, suivis d'une Antienne, de la petite Leçon appelée Capitule, d'un Chœur avec refrain, connu sous le nom de Répons bref., pour le distinguer des Répons ordinaires qui
86 Le Temps après la Pentecôte.
sont plus longs; enfin, de l'Oraison, qui renferme comme le résumé de tous les vœux et de toutes les demandes de l'Eglise, dans la fête que l'on célèbre.
Les Psaumes assignés pour ces trois Heures ne sont que des divisions ou fragments du célèbre Psaume cxviii», que l'Eglise récite tout entier chaque jour, et qui est considéré comme le cantique de la prière par excellence. Dans ce Psaume, le prophète s'adresse presque toujours au Verbe incarné, qui est tout à la fois la Loi divine et le Législateur. Il ne sera pas difficile de sentir la beauté particulière de ce cantique, dans ses rapports avec les mystères que l'Eglise célèbre tour à tour, et auxc^uels il fournit une expression toujours inépuisable. La prière liturgique est la manne du désert qui s'accommodait au goût de tous ceux qui étaient appelés à s'en nourrir.
^ pv EUS, in adjuto^* L' rium meum intende.
^. Domine , ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen. Alléluia.
».o
Dieu 1 venez mon aide.
^. Hâtez-vous , Seigneur, de me secourir.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
A Tierce.
(^composée par saint Ambroise).
Esprit-Saint , substance unique avec le Père et le Fils, daignez, à cette heure, descendre en nous et vous répandre dans nos cœurs.
Que notre bouche, notre langue, notre esprit, nos sens, nos forces, publient vos louanges ; que le feu de la charité s'allume ; que son ardeur embrase tousnos frères.
Exaucez-r
Père très
miséricordieu.x. Fils unique égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles. Amen.
Dignare geri
NUNC Sancte nobis Spiritus, Unum Patri cum Filio, promptus inNostro refusus pectori.
Os, lingua, mens, sensus, vigor, Confessionem personent, Flammescat igné charitas, Accendat ardor proximos.
Praîsta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito, Regnans per omne saeculum. Amen.
r^ONNEZ-MOi pour loi, Seigneur,
la
de
volontés pleines de justice, et je ne cesserai point de la rechercher.
Donnez-moi l'intelligence, et je scruterai votre loi, et je la garderai de tout mon cœur.
Conduisez-moi , o mon Pasteur ! dans le sentier de vos préceptes ; c'est lui que je désire.
LEGEM pone mihi, Domine, viam justificationum tuarum : * et exquiram eam semper.
Da mihi intellectum, et scrutabor legem tuam :* et custodiam illam in toto corde meo.
Deduc me in semitam mandatorum tuorum : * quia ipsam volui.
8 s Le Temps après la Pentecôte.
Inclina cor meum in tesiimonia tua :* et non in avaritiam.
Averte oculos meos ne videant vanitatem : * in via tua vivifica me.
Statue servo tuo eloquium tuum : * in timoré tuo.
Amputa opprobrium meum quod suspicatus sum : * quia judicia tua jucunda.
Ecce concupivi mandata tua : * in aequitate tua vivifica me.
Et veniat super me misericordia tua, Domine : • Salutare tuum, secundum eloquium tuum.
Et respondebo exprobrantibus mihi verbum : * quia speravi in sermonibus tuis.
Et ne auferas de ore meo verbum veritatis usquequaque : * quia in judiciis tuis supersperavi.
Et custodiam legem tuam semper : * in sasculum et in saeculum ssculi.
Et ambulabam in latitudine : * quia mandata tua exquisivi.
Et loquebar in testimoniis tuis in conspectu regum : * et non confundebar.
Inclinez mon cœur vers vos commandements , et éloitrnez-le de la cupidité.
Ditournez mes yeux, afin qu'ils ne voient pas la vanité ; vivifiez-moi dans votre voie.
Affermissez votre parole en votre serviteur, par la crainte de vous offenser.
Eloignez de moi l'opprobre que j'appréhende ; car vos jugements sont pleins de dou" ceur.
Voilà que j'ai désiré remplir vos commandements ; dans votre justice, donnezmoi la vie ;
Et que votre miséricorde vienne sur moi, ce Salut que vous avez promis.
Et je répondrai à ceux qui m'outragent, aux ennemis de mon âme, que j'avais espéré dans votre parole.
Et n'enlevez jamais de ma bouche la parole de votre vérité ; car mon espérance en vos justices a été sans bornes.
Et je garderai votre loi toujours, dans les siècles des siècles.
Et je marcherai dans la vie, avec la joie de mon cœur, parce que j'aurai recherché vos commandements.
Et je parlerai de votre loi en présence des rois, et je n'en rougirai point.
A Tierce.
8g
Et je méditerai sur vos préceptes , objet de mon amour.
Et je lèverai mes mains vers vos commandements que j'ai aimés, et je m'exercerai dans la pratique de votre justice.
Gloire au Père, etc.
SOUVENEZ-VOUS de votre parole à votre serviteur, par laquelle vous m'avez donné l'espérance.
C'est elle qui m'a consolé en mon humiliation ; car votre parole m'a donné la vie.
Les esprits de superbe m'ont attaqué de toutes parts avec injustice ; mais je ne me suis point détourné de votre loi.
Je me suis souvenu, Seigneur, des jugements que vous avez exercés dès le commencement du monde, et j'ai été consolé.
La défaillance s'est emparée de moi, à la vue des pécheurs qui désertent votre loi.
Votre loi de justice a été le sujet de mes chants, dans le lieu de mon pèlerinage.
Seigneur, je me suis souvenu de votre Nom durant la nuit, et j'ai gardé votre loi.
Ce bonheur m'est arrivé, parce que j'ai recherché vos justices.
Et meditabar in mandatis tuis : * quas dilexi.
Et levavi manus meas ad mandata tua, qua& dilexi : * et exercebar in justificationibus tuis.
Gloria Patri. etc.
E.MOR esto verbi tui servo tuo : * in quo
mihi spem dedisti.
Haec me consolata est in humilitate mea : " quia. eloquium tuum vivificavit me.
Superbi inique agebant usquequaque : * a lege autem tua non declinavi.
Memor fui judiciorura tuorum a sasculo. Domine : * et consolatussum.
Defectio tenuit me : * pro peccatoribus derelinquentibus legem tuam.
Cantabiles mihi erant justificationes tuae : * in loco peregrinationis mese.
Memor fui nocte Nominis tui. Domine : * et custodivi legem tuam.
Haec facta est mihi : * quia justificationes tuasexquisivi.
Portio mea, Domine : * dixi custodire legem tuam.
Deprecatus sum faciem tuam in toto corde meo : * miserere mei secundum eloquium tuum.
Cogitavi vias meas : * et converti pedes meos in testimonia tua.
Paratus sum et non sum turbatus : ' ut custodiam mandata tua.
Funes peccatorum circumplexi sunt me : * et legem tuam non sum oblitus.
Media nocte surgebam ad confitendum tibi : j * super judicia juslificationis tuae.
Particeps ego sum omnium timentium te : * et custodientium mandata tua.
Misericordia tua, Domine, plena est terra : * justificationes tuas doce me.
Gloria Patri. etc.
BONITATEM fecisti cum servo tuo, Domine : *secundum verbum tuum.
Bonitatem et disciplinam, et scientiam doce me : * quia mandatis tuis credidi.
Priusquam humiliarer «go deliqui : * propterea
J'ai dit : Mon partage, Seigneur, est de garder votre loi.
J'ai imploré votre assistance du fond de mon cœur ; selon votre parole, ayez pitié de moi.
J'ai réfléchi sur mes voies, et j'ai ramené mes pas dans le sentier de vos préceptes.
Je suis prêt ; et je veux, sans trouble, garder désormais vos commandements.
Les filets des pécheurs m'ont environné, et je n'ai point oublié votre loi.
Je me levais au milieu de la nuit, pour vous rendre gloire sur les jugements de votre justice.
Je suis uni à tous ceux qui vous craignent et qui gardent vos commandements.
Toute la terre est pleine de votre miséricorde, Seigneur : enseignez-moi votre justice.
Gloire au Père, etc.
Vous avez signalé votre bonté envers votre serviteur, selon votre parole, Seigneur.
Enseignez-moi la miséricorde , la sagesse et la science ; car j'ai cru à vos préceptes.
Avant que vous m'eussiez humilié , j'ai péché : c'est
A Tierce.
pourquoi, éclairé maintenant, j'observe votre loi.
Vous êtes bon ; dans cette bonté , enseignez-moi vos justices.
Mes ennemis superbes ont multiplié sur moi leur iniquité; mais mon cœur s'attachera tout entier à la recherche de vos commandements.
Leur cœur s'est épaissi comme le lait ; pour moi, j'ai médité votre loi.
Il m'a été bon que vous m'ayez humilié , afin que j'apprisse la justice de vos préceptes.
Votre Verbe qui est la Loi sortie de votre bouche, o Père céleste ! est plus précieux pour rnoi que les monceaux d'or et d'argent.
Vos mains m'ont fait et m'ont façonné ; donnez-moi l'intelligence, et j'apprendrai vos décrets.
Ceux qui vous craignent me verront, et se réjouiront : car j'ai grandement espéré en vos paroles.
J'ai connu, Seigneyr, que vos jugements sont l'équité, et que vous m'avez humilié avec justice.
Que votre miséricorde daigne venir me consoler, selon la promesse que vous fites à votre serviteur.
Viennent sur moi vos miséricordes, et je vivrai : car
eloquium tuumcustodivi.
Bonus es tu: * et in bonitate tua doce me justificationes tuas.
Multiplicata est super me iniquitas superborum : * ego autem in toto corde meo scrutabor mandata tua.
Coagulatum est sicut lac cor eorum : * ego vero legem tuam meditatus sum.
Bonum mihi quia humiliasti me : * ut discam justiHcationes tuas.
Bonum mihi lex oris tui : * super millia auri et argenti.
Manus tuae fecerunt me, et plasmaverunt me: * da mihi intellectum, et discam mandata tua.
Qui tiraent te, videbunt me et laetabuntur : * quia in verba tua supersperavi.
Cognovi, Domine, quia aequitas judicia tua : * et in veritate tua humiliasti me.
Fiat misericordia tua ut consoletur me : * secundum eloquium tuum servo tuo.
Venianl mihi miserationes tuae, et vivam : *
quia lex tua meditatio mea est.
Confundantur superbi, quia injuste iniquitatem fecertint in me : * ego autem exercebor in mandatis tuis.
Convertantur mihi timentes te : * et qui noverunt testimonia tua.
Fiat cor meum immaculatum in justificationibus tuis : * ut non confundar.
votre loi est l'occupation de ma pensée.
Que mes ennemis superbes soient confondus, puisqu'ils m'ont persécuté avec injustice; moi je m'exercerai sur vos préceptes.
Que ceux qui vous craignent et qui entendent vos oracles se tournent vers moi.
Que mon cœur devienne pur par la pratique de vos préceptes, afin que je ne sois pas confondu an jour où vous paraître'^ dans votre justice.
L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de Tierce, se trouvent ci-après, dans leur lieu et place, aux fêtes de plus grande solennité.
^ pv EUS, in adjuto^' \-} rium, etc. Gloria Patri, etc.
Dieu ! venez à mon aide, etc. Gloire au Père, etc.
(^composée par saint Ambroise).
RECTOR potens, verax Deus, Qui temperas rerum vices, Splendore mane illuminas, Et ignibus meridiem.
Exstingue flammas litium,
ARBITRE tout-puissant, Dieu de vérité, qui réglez l'ordre de toutes choses, vous dispensez au matin sa splendeur, et au midi ses feux.
Eteignez la flamme des dis>rdes, dissipez toute ardeur
nuisible ; donnez à nos corps la santé, à nos cœurs la paix véritable.
Exaucez-nous , Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, et vous. Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles.
Amen.
Aufer calorem noxium : Confer salutem corporum, Veramque pacem cordium.
Prassta, Pater pissime,
Patrique compar Unice,
Cum Spiritu Paraclito,
Regnans per omne saeculum.
Amen.
MON âme a défailli dans l'attente du Sauveur que vous avie:^ promis; mais )'ai mis toute mon espérance en votre parole.
Mes yeux se sont lassés à relire vos promesses , et je disais : Quand me consolerezvous ?
Je me suis desséché comme la peau exposée à la gelée ; mais je n'ai point oublié vos justices.
Je disais : Combien de jours restent encore à votre serviteur? quand ferez-vous justice de mes persécuteurs ?
Les impies me racontaient leurs fables ; mais ce qu'ils disent n'est pas comme votre loi.
Toutes vos ordonnances sont vérité ; ils me poursuivent injustement: aidez-moi.
Ils m'ont presque anéanti sur la terre ; mais je n'ai
DEFECIT in Salutare tuum anima mea : * et in verbum tuum supersperavi.
Defecerunt oculi mei in eloquium tuum : * dicentes : Quando consolaberis me ?
Quia factus sum sicut uter in pruina : * justificationes tuas non sum oblitus.
Quot sunt dies servi tui : * quando faciès de persequentibus me judicium ?
Narraverunt mihi iniqui fabulationes : * sed non ut lex tua.
Omnia mandata tua Veritas : * inique persecuti sunt me; adjuva me.
Paulo minus consummaverunt me in terra : *
94 ^^ Temps après la Pentecôte.
ego autem non dereliqui mandata tua.
Secundum misericordiam tuam vivifica me : * et custodiam testimonia oris tui.
In îeternum, Domine : ' verbum tuum perraanet in cœlo.
In generationem et generationem veritas tua :
* fundasti terram et permanet.
Ordinatione tua persévérât dies : " quoniam omnia serviunt tibi.
Nisi quod lex tua meditatio mea est : * tune forte periissem in humilitate mea.
In asternum non obliV i s c a r justificationes tuas : * quia in ipsis vivificasti me.
Tuus sum ego, salvura me fac : * quoniam justificationes tuas exquisivi.
Me exspectaverunt peccatores ut perderent me :
* testimonia tua intellexi.
Omnis consummationis vidi finem : * latum mandatum tuum nimis.
Gloria Patri, etc.
QUOMODO dilexi legem tuam , Domine : * tota die meditatio mea est.
Super inimicos meos prudentem me fecisti
point abandonné vos commandements.
Vivifiez-moi selon votre miséricorde, et je garderai les oracles de votre bouche.
Votre Parole , Seigneur, demeure à jamais dans le ciel.
Votre Vérité passe de génération en génération. C'est vous qui avez affermi la terre, et elle est stable.
Par votre ordre le jour subsiste: car tout vous est assujetti.
Si votre loi n'eiit été le sujet de mes méditations, j'aurais péri dans mon affliction.
. Je n'oublierai jamais vos justices: car c'est par elles que vous m'avez vivifié.
Je suis à vous, sauvez-moi ; car j'ai recherché vos préceptes.
Les pécheurs m'ont attendu pour me perdre ; mais j'avais fixé mon attention sur vos oracles.
J'ai vu venir la fin de toutes choses ; votre loi seule est infinie.
Gloire au Père. etc.
/^UE j'aime votre loi, SeiV^ gneur! toute la journée elle est le sujet de mes méditations.
Vous m'avez rendu plus sage que mes ennemis par
A Sexte.
les préceptes que vous m'avez donnés : je les ai embrassés pour jamais.
J'ai surpassé en intelligence tous mes maîtres, parce que je médite vos oracles.
Je suis devenu plus prudent que les vieillards, parce que j'ai recherché vos commandements.
J'ai détourné mes pieds de toute mauvaise voie, pour garder vos ordonnances.
Je ne me suis point écarté de vos règles, car c'est vousmême qui m'avez prescrit la loi.
Que vos paroles sont douces à ma bouche ! elles sont plus suaves que le miel à mon palais.
Vos préceptes m'ont donné l'intelligence : c'est pourquoi je hais toute voie d'iniquité.
Votre Parole est la lampe qui éclaire mes pas : elle est la lumière de mes sentiers.
J'ai juré et j'ai résolu de garder les décrets de votre justice.
J'ai été réduit, Seigneur, à une extrême humiliation : rendez-moi la vie selon votre parole.
Agréez, Seigneur, le sacrifice volontaire que vous offre ma bouche, et enseignez-moi vos commandements.
Mon âme est toujours entre mes mains, et je n'ai point oublié votre loi.
mandato tuo : * quia in seternum mihi est.
Super omnes docentes me intellexi : "* quia testimonia tua meditatio mea est.
Super senes intellexi : * quia mandata tua quaesivi.
Ab omni via mala prohibui pedes meos : ut custodiam verba tua.
Ajudiciis tuis non declinavi : * quia tu legem posuisti mihi.
Quam dulcia faucibus meis eloquia tua : * super mel ori meo.
A mandatis tuis intellexi : * propterea odivi omnem viam iniquitatis.
Lucerna pedibus meis verbum tuum : * et lumen semitis meis.
Juravi, et statui : * custodire judicia justitiae tuas.
Humiliatus sum usquequaque. Domine : * vivifica me secundum verbum tuum.
Voluntaria oris mei beneplacita fac, Domine ; * et judicia tua doce me.
Anima mea in manibus meis semper : * et legem tuam non sum oblitus.
Posuerunt peccatores laqueum mihi : * et de mandatis tuis non erravi.
Haereditate acquisivi testinionia tua in asternum : * quia exsultatio cordis mei sunt.
Inclinavi cor meum ad faciendas justiticationes tuas in aeternum : * propter retributionem.
Gloria Patri, etc.
INIQUOS odio habui : ' et legem tuam dilexi.
Adjutor et susceptor meus es tu : * et in verbum tuum supersperavi.
Declinate a me, maligni : ' et scrutabor mandata Dei mei.
Suscipe me secundum eloquium tuum, et vivam : * et non confundas me ab exspectatione mea,
Adjuva me, et salvus ero : ' et meditabor in justificationibus tuis semSprevisti omnes discedentes a judiciis tuis : * quia injusta cogitatio eorum,
Praevaricantes reputavi omnes peccatores terrae : * ideo dilexi testimonia tua.
Confige timoré tuo carnes meas : * a judiciis -enim tuis timui.
Les pécheurs m'ont tendu des lacs ; mais je ne me suis point écarté de vos ordonnances.
J'ai pris vos préceptes pour être à jamais mon héritage ; car ils sont la joie de mon cœur.
J'ai incliné mon cœur à l'accomplissement de vos commandements pour jamais, à cause de la récompense.
Gloire au Père, etc.
J'ai haï les méchants, et j'ai aimé votre loi.
Vous êtes mon secours et mon asile ; en votre parole j'ai mis toute mon espérance.
Retirez-vous de moi, méchants, et je rechercherai les préceptes de mon Dieu.
Recevez-moi selon votre parole, et je vivrai ; ne permettez pas que je sois confondu dans mon attente.
Aidez-moi, et je serai sauvé ; et je méditerai continuellement vos ordonnances.
Vous rejetez avec mépris tous ceux qui s'écartent de vos commandements : car leur pensée est injuste.
J'ai regardé tous les pécheurs de la terre comme des prévaricateurs ; et pour cela j'ai chéri vos oracles.
Transpercez ma chair de votre crainte : car vos jugements remplissent mon âme de terreur.
A Sexte,
J'ai pratiqué Téquité et la justice : ne me livrez pas aux ennemis qui me calomnient.
Recevez votre serviteur et affermissez-le dans le bien : que les superbes cessent de m'opprimer.
Mes yeux s'étaient épuisés à attendre le Salut que vous m'apportez, et l'effet des oracles de votre justice.
Faites donc maintenant selon votre miséricorde avec votre serviteur, et enseignezmoi vos commandements.
Je suis votre serviteur : donnez-moi l'intelligence, afin que je connaisse vos préceptes.
Il est temps d'agir, Seigneur ; ils ont dissipé votre loi.
C'est pour cela que j'ai aimé vos commandements plus que l'or et la topaze.
C'est pour cela que je me suis réglé en tout selon vos commandements, et que j'ai haï toute voie injuste.
Feci judicium et justitiara : * non tradas me calumniantibus me.
Suscipe servum tuum in bonum : * non calumnientur me superbi.
Oculi mei defecerunt in Salutare tuum : * et in eloquium justitiae tuse.
Fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam : * et justificationes tuas doce me.
Servus tuus sum ego : * da mihi intellectum, ut sciam testimonia tua.
Tempus faciendi, Domine : * dissipaverunt legem tuam.
Ideo dilexi mandata tua : * super aurum et topazion.
Propterea ad omnia mandata tua dirigebar : * omnem viam iniquam odio habui.
L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de Sexte, se trouvent ci-après, dans leur lieu et place, aux fêtes de plus grande solennité.
g 8 Le Temps après la Pentecôte.
^ p\EUS, in adjutoL' rium, etc. Gloria Patri, etc.
^ (~\ Dieu ! venez ^^ mon aide, etc. Gloire au Père, etc.
{composée par saint Ambroise).
/^ Dieu dont la puissance
>ERUM Deus tenax vigor,
Immotus in tepermanens. Lucis diurnae tempora Successibus determinans,
Largire lumen vespere, Quo vita nusquam décidât : Sed praemium mortis
sacras Perennis instet gloria.
Prassta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito, Regnans per omne sasculum.
Amen.
toujours immuable en votre essence, vous partagez le temps par les révolutions de la lumière du jour.
Versez la lumière sur le soir de nos jours ; que notre vie ne s'éloigne jamais d'elle, et qu'une gloire immortelle soit la récompense d'une mort sainte.
Exaucez-nous, Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles.
Amen.
ilRABlLlA testimonia lua : * ideo scrutata est ea anima mea.
Declaratio sermonum tuorum illuminât : * et întellectum dat parvulis.
Os raeum aperui et atVos témoignages sont admirables, ô Dieu ! c'est pour cela que mon âme les a recherchés avec ardeur.
La révélation de vos promesses a répandu la lumière ; elle donne l'intelligence aux
petits.
J'ai ouvert
la bouche, et
i
A None.
j'ai aspiré le souffle ; car j'ai désiré vos commandements.
Jetez un regard sur moi et ayez pitié de moi, selon votre coutume à l'égard de ceux qui aiment votre loi.
Dirigez mes pas selon votre parole ; que nulle iniquité ne domine en moi.
Délivrez-moi de la calomnie des hommes ; afin que je garde vos commandements.
Faites reluire sur votre serviteur l'éclat de votre visage; enseignez-moi vos justices.
Mes yeux ont répandu des ruisseaux de larmes, parce que les hommes n'ont pas gardé votre loi.
Vous êtes juste, Seigneur, et vos jugements sont droits.
Vos commandements prescrivent la justice ; rien n'en peut altérer la vérité.
Mon zèle m'a desséché dans son ardeur ; car mes ennemis ont oublié vos paroles.
Votre Verbe, ô Père céleste ! est un feu consumant; c'est pourquoi votre serviteur l'aime avec ardeur.
Je suis jeune et méprisé ; mais je n'ai point oublié vos préceptes.
Votre justice est justice à jamais, et votre loi vérité.
traxi spintum : quia mandata tua desiderabam.
Aspice in me, et miserere mei : * secundum judicium diligentium nomen tuum.
Gressus meos dirige secundum eloquium
tuum : * et non dominetur mei omnis injustitia.
Redime me a calumniia hominum : * ut custodiam mandata tua.
Faciem tuani illumina super servum tuum : * et doce me justificationes tuas.
Exitus aquarum deduxerunt oculi mei : * quia non custodierunt legem tuam.
Justus es, Domine : * et rectum judicium tuum.
Mandasti justitiam testimonia tua : * et veritatem tuam nimis.
Tabescere me fecit zelus meus : * quia obliti sunl verba tua inimici mei.
Ignitum Eloquium tuum vehementer : * et servus tuus dilexit illud.
Adolescentulus sum ego et ccntemptus : * justificationes tuas non sum oblitus.
Justitia tua, justitia in aeternum • * et lex tua Veritas.
100 Le Temps après la Pentecôte.
Tribulatio et angustia invenerunt me : * mandata tua meditatio mea est.
jEquitas testimonia tua in aeternum : * intellectum da mihi, et vivam.
Gloria Patri, etc.
CLAMAVi in toto corde meo, exaudi me. Domine : * justificationes tuas requiram.
Clamavi ad te, salvum me fac : * ut custodiam mandata tua.
Praeveni in maturitate, et clamavi : * quia in verba tua supersperavi.
Prœvenerunt oculi mai ad te diluculo : * ut meditarer eloquia tua.
Vocem meam audi secundum misericordiam tuam, Domine : * et secundum judicium tuum vivifica me.
A p p r o p i n quaverunt persequentes me iniquitati : * a lege autem tua longe facti sunt.
Prope es tu, Domine : * et omnes viae tuae Veritas.
Initio cognovi de testimoniis tuis : ' quia in œternum fundasti ea.
Vide h umi 1 ' t ate m meam, et eripe me : * quia legem tuam non sum oblitus.
La tribulation et l'angoisse ont fondu sur moi; vos oracles ont été tout mon entretien.
Vos jugements sont l'équité éternelle; donnez-moi l'intelligence, et je vivrai.
Gloire au Père, etc.
j 'ai crié du fond de mon J cœur : Seigneur, exaucezmoi, et je rechercherai vos justices.
J'ai crié vers vous, sauvezmoi ; et j'accomplirai vos décrets.
J'ai devancé l'aurore, et j'ai poussé des cris ; car j'espérais vivement en vos promesses.
Mes yeux se tournaient vers vous dès le point du jour, pour méditer votre loi. \
Ecoutez ma voix selon | votre miséricorde. Seigneur; [ vivifiez-moi selon votre justice.
Me
es persécuteurs ont embrassé 1 iniquité ; ils se sont c4oignés de votre loi.
Vous êtes près de nous, Seigneur I et toutes vos voies sont vérité.
Dès le commencement j'avais reconnu que vous aviez établi vos témoignages pour durer éternellement.
Vovez mon humiliation, et délivrez-moi ; car je n*ai point oublié votre loi.
A None.
lOI
Jugez ma cause et rachetez-moi, 0 Sauveur des hommes ! rendez-moi la vie, à cause de votre parole.
Le salut est loin des pécheurs; parce qu'ils n'ont pas recherché vos commandements.
Vos miséricordes sont infinies. Seigneur; rendez-moi la vie selon vos oracles.
Ils sont nombreux, ceux qui me persécutent et m'affligent ; mais je ne me suis point écarté de vos préceptes.
J'ai vu les prévaricateurs, et j'en ai séché de douleur; car ils n'ont pas gardé vos ordonnances.
Voyez, Seigneur, que j'ai toujours aimé vos commandements ; rendez-moi la vie, dans votre miséricorde.
Le principe de vos paroles est la vérité : tous les décrets de votre justice demeurent à jamais.
Gloire au Père, etc.
LES princes m'ont persécuté injustement ; mais mon cœur n'a craint que votre parole.
Je me réjouirai dans vos promesses, comme un homme qui a trouvé de riches dépouilles.
J'ai haï l'iniquité, et je l'ai eue en horreur, mais j'ai aimé votre loi.
Judicajudicium meum, et redime me : * propter eloquium tuum vivifica me.
Longe a peccatoribus salus : * quia justificationes tuas non exquisienint.
Misericordiae tuaî multas. Domine : * secundum judicium tuum vivifica me.
Muiti qui persequuntur me, et tribulant me : * a testimoniis tuis non declinavi.
Vidi prasvaricantes, et tabescebam : * quia eloquia tua non custodierunt.
Vide quoniam mandata tua dilexi. Domine : * in misericordia tua vivifica me.
Principium verborum tuorum Veritas : * in aeternum omnia judicia justifias tuœ.
Gloria Patri, etc.
PRINCIPES persecuti sunt me gratis : * et a verbis tuis formidavit cor meum.
Laetabor ego super eloquia tua : ' sicut qui invenit spolia multa.
Iniquitatem odio habui, £t abominatus sum : * legem autem tuam dilexi.
102 Le Temps après la Pentecôte.
Septies in die laudem dixi tibi • * super judicia justitiae tuae.
Pax multa diligentibus leçem tuam : * et non est illîs scandalum.
Exspectabam Salutare tuum, Domine : * et mandata tua dilexi.
Custodivit anima mea testimonia tua : ' et dilexit ea vehementer.
Servavi mandata tua, et testimonia tua : * quia omnes viœ meae in conspectu tuo.
Appropinquet deprecatio mea in conspectu tuo, Domine: * juxta eloquium tuum da mihi intellectum,
Intret postulatio mea in conspectu tuo : * secundum eloquium tuum eripe me.
Éructabunt labia mea hymnum : * cum docueris me justificationes tuas.
Pronuntiabit lingua mea eloquium tuum : * quia omnia mandata tua aequitas.
Fiat manus tua, ut salvet me : * quoniam mandata tua elegi.
Concupivi Salutare tuum, Domine : * et iex tua meditatio mea est.
Sept fois le jour, j'ai chanté vos louanges sur les jugements de votre justice.
Paix abondante à ceux qui aiment votre loi ; il n'y a pas pour eux de scandale.
Comme Jacob, j'attendais votre Salut, ô Seigneur! et dans cette attente, j'ai aimé vos commandements.
Mon âme a gardé vos préceptes ; elle les a aimés d'un amour ardent.
J'ai observé vos lois et vos ordonnances ; car toutes mes voies sont en votre présence.
Que ma prière, Seigneur, monte jusqu'à vous ; donnezmoi l'intelligence, selon votre parole, o Sagesse du Père!
Que mes supplications pénètrent jusqu'en votre présence : délivrez-moi, selon vos promesses.
Mes lèvres éclateront en cantiques, lorsque vous m'aurez enseigné vos justices.
Ma langue publiera vos oracles ; car tous vos commandements sont l'équité.
Etendez votre main, et sauvez-moi ; car j'ai choisi vos préceptes pour mon parSeigneur, Père saint! j'ai désiré avec ardeur votre Salutaire ; et votre loi est tout mon entretien.
A None.
I o3
Maintenant qu'il est venu, mon âme vivra et vous louera ; et vos justices me protégeront.
J'errais comme une brebis perdue ; divin Pasteur^ descende^ du ciel, daignez chercher votre serviteur ; car je n'ai point oublié vos commandements.
Vivet anima mea, et laudabit te : * et judicia tua adjuvabunt me.
Erravi sicut ovis quse periit : * quasre servum tuum, quia mandata tua non sum oblitus.
L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de None, se trouvent ci-après, dans leur lieu et place, aux principales solennités.
'Office des Vêpres, ou O^ce du soir, dans toute l'année, se compose d'abord de cinq Psaumes, accompagnés d'Antiennes. Nous plaçons ici les Psaumes propres aux Vêpres du Dimanche. Lorsqu'il se rencontre une fête, un ou plusieurs sont remplacés par d'autres plus appropriés à la solennité que l'on célèore. Nous avons disposé la rédaction de ce volume de façon à mettre les fidèles à portée de suivre toujours la psalmodie de la sainte Eglise. Cet Office commence par l'invocation ordinaire :
i pvEUS, in adjuto' ■ L/ rium meum intende.
^. Domine, ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicuterat in principio,
Dieu 1 venez mon aide !
Bp:. Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
Comme il était au comDe l'Office des Vêpres.
io5
mencement , maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
et nunc et semper, et in saecula satculorum. A- men. Alléluia.
Le premier de ces Psaumes est prophétique sur les grandeurs du Messie. Le fils de David ira s'asseoir à la droite du Père céleste. Il est Roi, il est Prêtre ; il est fils de l'homme, et il est fils de Dieu. Ses ennemis l'attaqueront, mais il les brisera. Il sera abaissé, mais cet abaissement volontaire le conduira au sommet de la gloire.
CELUI ijiii est le Seigneur a dit à son Fils, mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite et régne^ avec moi ;
Jusqu'à ce que, au jour de votre dernier Avènement, je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.
O Christ , le Seigneur votre Père fera sortir de Sion le sceptre de votre force : c'est de là que vous partirez pour dominer au milieu de vos ennemis.
La principauté éclatera en vous, au jour de votre force, au milieu des splendeurs des Saints, car le Père vous a dit: Je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore.
Le Seigneur l'a juré ; et sa parole est sans repentir ■ // a dit en vous variant : Dieu-Homme, vous êtes Prêtre à jamais, selon l'ordre de Melchisédech.
ixiT Dominus Domino meo: " Sede a dextris meis.
Donec ponam inimicos tuos : * scabellum pedum tuorum.
Virgam virtutis tuae emittet Dominus ex Sion : * dominare in medio inimicorum tuorum.
Tecum principium ïn die virtutis tuae in splendoribus Sanctorum: * ex utero ante luciferura genui te.
Juravit Dominus , et non pœnitebit eum : * Tu es Sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisédech.
io6 Le Temps après la Pentecôte.
Dominus a dextris tuis : " confregit in die ux suae reges.
Judicabit in nationibus, implebit ruinas : * conquassabit capita in terra multorum.
De torrence in via bibet : * propterea exaltabit caput.
O Père ! le Seigneur votre Fils est donc à votre droite : c'est lui qui, au jour de sa colère, viendra juger les rois.
Il jugera aussi les nations; il consommera Le ruine du monde, et brisera contre terre la tête de plusieurs.
// est d'abord venu dans l'humilité; il s'est abaissé pour boire l'eau du torrent des afflictions ; mais c'est pour cela même qu'un jour il élèvera la tête.
Le Psaume suivant célèbre les bienfaits de Dieu envers son peuple : l'Alliance promise, la Rédemption, la fidélité du Seigneur à ses promesses.
/^ ONFITEBOR tibi, Do^ mine, in toto corde meo : * in concilio justorum et congregatione.
Magna opéra Domini : * exquisita in omnes voluntates ejus.
Confessio et magnificentia opus ejus: * et justifia ejus manet in saîculum saeculi.
Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors et miserator Dominus : * escam dédit titnentibus se.
Memor erit in saeculum testamenti sui : * virJE vous louerai. Seigneur, de toute la plénitude de mon cœur, dans l'assemblée des justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ; elles ont été concertées dans les desseins de sa Sagesse.
Elles sont dignes de louange et magnifiques ; et la justice de Dieu demeure dans les siècles des siècles.
Le Seigneur clément et miséricordieux nous a laissé un mémorial de ses merveilles : il est le Pain de vie, et il a donné une nourriture à ceux qui le craignent.
Il se souviendra à jamais de son alliance avec les homDe VOffice des Vêpres.
loy
mes ; il fera éclater aux yeux de son peuple la vertu de ses œuvres.
Il donnera à son Eglise l'héritage des nations : tout ce qu'il fait est justice et vérité.
Ses préceptes sont immuables et garantis par la succession des siècles ; ils sont fondés sur la vérité et la justice.
Il a envoyé à son peuple un Rédempteur ; il rend par là son alliance éternelle.
Son Nom est saint et terrible ; le commencement de la Sagesse est de craindre le Seigneur.
La lumière et l'intelligence sont pour celui qui agit selon cette crainte : gloire et louange à Dieu dans les siècles des siècles.
Le troisième Psaume chante la félicité de l'homme juste et ses espérances au jour de la venue du Seigneur. Il exprime aussi la confusion du pécheur qui aura méconnu les mystères de l'amour du Créateur envers la race humaine.
tutem operum suorum annuntiabit populo suo.
Ut det illis haereditatem gentium : * opéra manuum ejus veritas et judicium.
Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in saeculum sasculi : * facta in veritate et asquitate.
Redemptionem misit populo suo : * mandavit in aeternum testamentum suum.
Sanctum et terribile Nomen ejus : * initium Sapientiae timor Doraini.
Intellectus bonus omnibus facientibus eum : * iaudatio ejus manet in saeculum saeculi.
EUREUX l'homme qui craint le Seigneur, et qui met tout son zèle à lui obéir.
Sa postérité sera puissante sur la terre ; la race du juste sera en bénédiction.
B:iAT De
;atus vir qui timet lominum : * in mandatis ejus volet nimjs.
Potens in terra erit semen ejus ; * generatio rectorum benedicetur.
jo8 Le Temps après la Pentecôte.
Gloria et divitiae in domo ejus: * et justitia ejus manet in sjeculum saeculi.
Exortum est in tenebris lumen rectis : * misericors, et miserator, et justus.
Jucundus homo , qui miseretur et commodat, disponet sermones suos in judicio : * quia in aeternum non commovebitur.
In memoria aeternaerit justus : * ab auditione mala non limebit.
Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmatum est cor ejus : non commovebitur donec despiciat inimicos suos.
Dispersit, dédit pauperibus ; justitia ejus manet in saeculum saeculi : * cornu ejus exaltabitur in gloria.
Peccator videbit , et irascetur, dentibus suis fremet et tabescet : * desiderium peccatorum peribit.
La gloire et la richesse sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.
Une lumière s'est levée sur les justes au milieu des ténèbres : c'est le Seigneur, le Dieu miséricordieux, clément et juste.
Heureux l'homme qui fait miséricorde, qui a prêté au pauvre, qui a réglé jusqu'à ses paroles avec justice ; car il ne sera point ébranlé.
La mémoire du juste sera éternelle: s'il entendune nouvelle fâcheuse . elle ne lui donnera point à craindre.
Son coeur est toujours prêt à espérer au Seigneur ; son cœur est en assurance : il ne sera point ému et méprisera la rage de ses ennemis.
Il a répandu l'aumône avec profusion sur le pauvre : sa justice demeurera à jamais ; sa force sera élevée en gloire.
Le pécheur le verra, et il entrera en fureur : il grincera des dents et séchera de colère ; mais les désirs du pécheur périront
Le quatrième Psaume est un Cantique de louante au Seigneur qui, du haut du ciel, a pris pitié de la nature humaine, et a daigné la relever par l'Incarnation de son propre Fils.
De l'Office des Vêpres.
log
SERVITEURS du Seigneur, faites entendre ses louanges : célébrez le Nom du Seigneur.
Que le Nom du Seigneur soit béni , aujourd'hui et jusque dans l'éternité.
De l'aurore au couchant, le Nom du Seigneur doit être à jamais célébré.
Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nations ; sa gloire est par delà les cieux.
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, dont la demeure est dans les hauteurs ? C'est de là qu'il abaisse ses regards sur les choses les plus humbles dans le ciel et sur la terre.
Il soulève de terre l'indigent, élève le pauvre de dessus le fumier où il languissait.
Pour le placer avec les princes, avec les princes mêmes de son peuple.
C'est lui qui fait habiter pleine de joie dans sa maison celle qui auparavant fut stérile, et maintenant est mère de nombreux enfants.
Le cinquième Psaume rappelle les prodiges de l'ancienne Alliance, figures dont l'accomplissement a eu lieu dans la mission du Fils de Dieu, qui est venu délivrer Israël de
LAUDATE, pueri, Dominum : * laudate Nomen Domini.
Sit Nomen Domini benedictum : * ex hoc nunc, et usque in saeculum.
A solis ortu usque ad occasum : * laudabile Nomen Domini.
Excelsus super omnes gentes Dominus : * et super cœlos gloria ejus.
Quis sicut Dominus Deus noster qui in altis habitat : * et humilia respicit in cœlo et in terra ?
Suscitans a terra inopem : * et de stercore erigens pauperem.
Ut collocet eum cum principlbus : * cum principibus populi sui.
Qui habitare facit sterilem in domo : *matrein filiorum laetantem.
jio Le Temps après la Pentecôte.
l'Egypte, arracher les Gentils à la servitude des idoles, et répandre une bénédiction universelle sur quiconque voudra craindre et aimer le Seigneur.
^ N exitu Israël de
1 iEgypto : * domus
Jacob de populo barba ro :
Facta est Judaea sanctificatio ejus : * Israël potestas ejus.
Mare vidit, et fugit : * Jordanis conversus est retrorsum.
Montes exsultaverunt ut arietes : * et colles sicut agni ovium.
Quid est tibi, mare,
?uod fugisti : * et tu, ordanis. quia conversus es retrorsum ?
Montes exsultastis sicut arietes : * et colles, sicut agni ovium ?
A facie Domini mota est terra : * a facie Dei Jacob.
Qui convertit petram in stagna aquarum : * et rupem in fontes aquarum.
Non nobis. Domine, non nobis : * sed Nomini tuo da gloriam.
Super misericordia tua. et veritate tua : * nequando dicant gentes : Ubi est Deus eorum ?
Deus autem noster in
QUAND Israël sortit d'E- gypte, et la maison de Jacob du milieu d'un peuple barbare ;
La nation juive fut consacrée à Dieu, Israël fut son domaine.
La mer le vit et s'enfuit ; le Jourdain remonta vers sa source.
Les montagnes sautèrent comme des béliers, et les collines comme des agneaux.
O mer, pourquoi fuyais-tu ? Et toi, Jourdain, pourquoi remontais-tu vers ta source ?
Montagnes, pourquoi sautiez-vous comme des béliers ? Et vous, collines, comme des agneaux ?
A la face du Seigneur, la terre a tremblé : à la face du Dieu de Jacob,
Qui changea la pierre en torrents, et la roche en fontaines.
Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à votre Nom donnez la gloire.
A cause de votre miséricorde et de votre vérité • de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?
Notre Dieu est au ciel . il
De l'Office des Vêpres.
j 1 1
a fait tout ce qu'il a voulu.
Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, et l'ouvrage des mains des hommes. ( Elles ont une bouche, et ne j parlent point ; des yeux, et ne j voient point.
Elles ont des oreilles, et n'entendent point ; des narines, et ne sentent point.
Elles ont des mains, et ne peuvent rien toucher ; des pieds, et ne marchent point ; un gosier, et ne peuvent se faire entendre.
Que ceux qui les font leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.
La maison d'Israël a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.
La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur : il il est leur appui et leur protecteur.
Ceux qui craignent le Seigneur ont espéré en lui : il est leur appui et leur prolecteur.
Le Seigneur s'est souvenu de nous, et il nous a bénis.
Il a béni la maison d'Israël ; il a béni la maison d'Aaron.
Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, grands et petits.
ccelo : * omnia quaecuraque voluit fecit.
Simulacra gentium argentum et aurum : * opéra manuum hominum.
Os habent, et non loqtientur : * oculos habent, et non videbunt.
Aures habent, et non audient : ' nares habent, et non odorabunt.
Manus habent, et non palpabunt, pedes habent et non ambulabunt : * nonclamabunt ingutture suo.
Similes illis fiant qui faciunt ea : * et omnes qui confidunt in eis.
Domus Israël speravit in Domino : * adjutor eorum , et protector eorum est.
Domus Aaron speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Qui timent Dominum, speraverunt in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Dominus memor fuit nostri : * et benedixit nobis.
Benedixit domui Israël : * benedixit domui Aaron.
Benedixit omnibus qui timent Dominum : * pusillis cum majoribus.
JJ2 Le Temps après la Pentecôte.
Adjiciat Dominus super vos : ' super vos, et super filios vestros.
Benedicti vos a Domino : • qui fecit cœlum et terram.
Cœlum cœli Domino : * terram autem dédit fiiiis hominum.
Non mortui laudabunt te, Domine : * neque omnes qui descendunt in infernum.
Sed nos qui vivimus, benedicimus Domino : * ex hoc nunc et usque in saeculum.
Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.
Bénis soyez-vous du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre !
Au Seigneur les hauteurs du ciel ; la terre est aux hommes par sa largesse.
Ce ne sont pas les morts qui vous loueront, ô Seigneur ! ni tous ceux qui descendent dans la demeure souterraine des limbes;
Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur, aujourd'hui et à jamais.
Après les cinq Psaumes, l'Eglise place une petite Leçon des saintes Ecritures, désignée sous le nom de Capitule, parce qu'elle est toujours très courte. On trouvera ces Capitules en leur lieu, dans l'Office des diverses solennités. Nous donnons seulement ici celui qu'on lit au Dimanche.
ENEDICTUS Deus et Pater Domini nostri Jesu Christi, Pater aaisericordiarum et Deus totius consolationis, qui consolatur nos in omni tribulatione nostra. ^. Deo gratias.
O ÉNI soit D'
ENI soit Uieu et le Père de notre Seigneur JésusChrist, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations.
1^. Rendons grâces à Dieu.
On chante ensuite l'Hymne. Nous plaçons ici celle qui est particulière au Dimanche. Composée par saint Grégoire le Grand, elle
De VOffice des Vêpres.
ii3
célèbre la création et les avantages de la lumière que Dieu, en ce premier jour, fit sortir du néant.
DIEU bon, créateur de la lumière, qui avez produit le flambeau des jours, vous avez préludé à l'origine de ce monde, en produisant, au premier jour, cette lumière qui jusqu'alors n'avait pas brillé.
O vous, qui nous apprenez à donner le nom de jour à l'espace qui s'étend du matin jusqu'au soir, un noir chaos menace encore de nous envelopper : écoutez nos prières, et voyez nos larmes.
Que notre âme appesantie par le péché ne demeure pas exilée de cette vie immortelle que vous lui avez préparée, cette âme si lâche quand il faut penser à l'éternité, si prompte à tomber dans les liens du péché.
Qu'elle frappe enfin aux portes des cieux ; qu'elle enlève le prix de la vie ; qu'elle évite tout ce qui peut lui nuire; qu'elle se purifie de toute iniquité.
Faites-nous cette grâce, ô Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au
Lucis Creator optime, Lucem dierum profe rens : Primordiis lucis novae, Mundi parans originem.
Qui mane junctum vesperi Diem vocari prœcipis : Illabîtur tetrum chaos, Audi preces cum fletiNe mens gravata crimine, Vitae sit exsul munere : Dum nil perenne cogitât, Seseque culpis illigat.
Cœleste pulset ostium,
Vitale tollat praemium :
Vitemus omne noxium,
Purgemus omne pessimum.
Prassta, Pater piissi- ! me, Patrique compar Unice,
114 Le Temps après la Pentecôte.
Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne saeculum. Amen.
Père, qui, avec l'Esprit consolateur , régnez dans tous les siècles. Amen.
Le Verset qui suit est celui du Dimanche; on trouvera en leur lieu les Versets propres aux fêtes solennelles.
^ /~\ UE ma prière s'élève ^' v^ '^'ers vous, Seigneur!
f^. Comme l'encens monte en votre présence.
mine , oratio
^. Sicut incensum conspectu tuo.
Vient ensuite le Cantique de Marie Mère de Dieu, célébrant sa maternité divine et tous les biens qui en résultent pour le monde. Ce Cantique, si suave dans son ineffable douceur, fait partie essentielle de l'Office des Vêpres. Il est l'encens du soir, comme le Cantique de Zacharie à Laudes est l'encens du matin.
:agnificat : anima mea Dominum ;
Et exsultavit spiritus meus : * in Deo Salutari meo.
Quiâ respexit humilitatem ancillae suas : * ecce enim ex hoc beatam me iicent oranes generatioaes.
Quia fecit mihi magna qui potens est ■ * et sanctum Nomen ejus.
Et misericordia ejus a progenie in progenies * timentibus cum.
ON âme glorifie le Sei gneur ; Et mon espri
tressaille en Dieu mon Sauveur :
Car il a regardé la bassesse de sa servante; et, pour cela, toutes les nations m'appelleront Bienheureuse.
Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant et de qui le Nom est saint;
Et sa miséricorde s'étend de génération en génération, sur ceux qui le craignent.
De l'Office des Vêpres.
ii5
Il a opéré puissamment par son bras, et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur coeur.
Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.
Il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.
Il a reçu en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse
Qu'il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais.
Fecit potentiam in brachio suo : * dispersit superbos mente cordis sui.
Deposuit potentes de sede : * et exaltavit humiles.
Esurientes implevit bonis : * et divites dimisit inanes.
Suscepit Israël puerum suum : * recordatus misericordiaî suje.
Sicut locutus est ad patres nostros : * Abraham et semini ejus in saecula.
L'Oraison ou Collecte qui, à la fin de l'Office des Vêpres, résume tous les vœux de l'Eglise, se trouve plus loin, en son lieu, aux Dimanches et aux diverses fêtes.
Les Vêpres se terminent par les Versets suivants :
ENissONS le Seigneur.
^. Rendons grâces à Dieu. f. Que les âmes des fidèles, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix. ^. Amen.
xJ Domino.
i^. Deo gratias.
jf. Fidelium animas per misericordiam Dei requiescant in pace.
K. Amen.
moyen divine.
ET Office, qui est la conclusion de tous ceux de la journée, s'ouvre par un avertissement sur les périls de la nuit, lequel est bientôt suivi de la Confession générale des péchés, comme un de se rendre favorable la justice avant d'aller courir les hasards du
sommeil, si voisin de la mort. Le Lecteur s'adresse au Prêtre et lui dit :
Le Prêtre répond :
NOCTEM quietam finemperfectum
ON Père, veuillez me bénir.
con cedat nobis Dominus om nipotens.
OUE le Dieu tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une En heureuse.
De l'Office de Compiles.
Le Lecteur lit ensuite ces paroles de la première Epître de saint Pierre :
FRATRES :Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diabolus, tamquam leo rugiens circuit quasrens quem devoret : cui resistite fortes in fide. Tu autem, Domine, miserere nobis.
MES Frères, soyez sobres et vigilants : car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer ; résistez-lui, étant forts dans la foi. Mais vous, Seigneur, ayez pitié de nous !
Le Chœur répond :
Rendons grâces à Dieu. | Deo gratias. Puis le Prêtre :
f. Tout notre secours est 1 i^. Adjutoriumnostrum dans le Nom du Seigneur. | in Nomine Domini.
Le Chœur
'B^. C'est lui qui ciel et la terre.
a fait le
■Ef. Qui terram.
fecit cœlum et
On récite ensuite l'Oraison Dominicale en silence; puis le Prêtre dit le Confiteor, et le Chœur le répète après lui.
Le Prêtre, après avoir prononcé la formule générale d'absolution, s'écrie :
ô Dieu, notre Sauveur !
'Bf. Et détournez votre colère de dessus nous.
f. O Dieu ! venez à mon aide.
F^ Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
Gloire au Père, etc.
Deus, Salutaris rioster.
fi). Et averte iram tuam a nobis.
f. Deus, in adjutorium meum intende.
R|. Domine, ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, etc.
j 1 8 Le Temps après la Pentecôte.
Le premier Psaume célèbre l'espérance avec laquelle le juste s'endort dans la paix, bien ditîérent du pécheur qui s'agite dans l'inquiétude.
CUM invocarem exaudivit me Dcus justitiae meas : * in tribulatione dilatasti mihi.
Miserere mei : * et exaudi orationem meam.
Filii hominum, usquequo gravi corde ? * ut quid diligitis vanitatem, et quaeritis mendacium ?
Et scitote quoniam mirificavit Dominus sanctum suum : * Dominus exaudiet me, cum clamavero ad eum.
Irascimini, et nolite peccare : * quae dicitis in cordibus vestris, in cubilibus vestris compungimini.
Sacrificate sacrificium justitiae, et sperate in Domino : * multi dicunt : Quis ostendit nobis bona ?
Signatum est super nos lumen vultus tui, Domine : * dedisti laetitiam in corde meo.
AU milieu de ma prière, le Dieu de ma justice ma exaucé ; vous m'avez mis au large, quand j'étais dans l'affliction.
Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.
Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti, aimerez-vous la vanité, et chercherez-vous le mensonge ?
Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui est consacré ; le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.
Si vous vous irritez, faitesle sans pécher ; repassez avec componction, dans le repos de votre couche, les pensées de vos coeurs.
Offrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur.
11 en est plusieurs qui disent : Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?
La Lumière de votre visage. votre Verbe, Seigneur, a daigné luire sur nous : c'est vous qui donnez la joie à mon cœur.
De VOffice de Compiles.
Pour eux, leur richesse est dans l'abondance du vin, de l'huile et du froment :
Mais moi je dormirai et me reposerai dans la paix ;
Parce que vous seul, Seigneur, m'avez affermi dans l'espérance.
A fructu frumenti, vini et olei sui : * multiplicati sunt.
In pace in idipsum : * dormiam et requiescam.
Quoniam tu, Domine, singulariter in spe : * constituisti me.
L'Eglise a placé ici les six premiers versets du Psaume trentième, parce qu'ils contiennent la prière du Sauveur mourant : Je remets. Seigneur, mon esprit entre vos mains ! paroles qui viennent si à propos dans l'Office du soir.
EN vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance ; que je ne sois pas confondu : sauvezmoi dans votre justice.
Inclinez votre oreille vers moi, hâtez-vous de me délivrer.
Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, pour me sauver.
Car vous êtes ma force et mon refuge, et vous me conduirez, vous me nourrirez, à cause de votre Nom.
Vous me tirerez du piège qu'on m'a tendu en secret ; car vous êtes mon protecteur.
Je remets mon esprit entre vos mains : c'est vous qui m'avez racheté, Seigneur, Dieu de vérité l
T N te, Domine, speravi, i non confundar in aeternum : * in justitia tua libéra me.
Inclina ad me aurem tuam : * accéléra ut eruas me.
Esto mihi in Deum protectorem, et in domum refugii : * ut salvum me facias.
Quoniam fortitudo mea, et refugium meum es tu : * et propter Nomen tuum deduces me, et enutries me.
Educes me de laqueo hoc, quem absconderunt mihi : * quoniam tu es protector meus.
In manus tuas commendo spiritum meum : * redemisti me, Domine, Deus veritatis.
J20 Le Temps après la Pentecôte.
Le troisième Psaume expose d'abord les motifs de la confiance du juste, au milieu mtime des périls de la nuit. Aucune embûche de la part des démons ne nous est épargnée ; mais les saints Anges veillent sur nous avec une sollicitude toute fraternelle. Dieu intervient lui-même et nous envoie un Sauveur.
OUI habitat in adjutorio Altissimi : * in protectione Dei cœli commorabitur.
Dicet Domino : Susceptor meus es tu, et refugium meum : * Deus meus, sperabo in eum.
Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium : " et a verbe aspero.
Scapulis suis obumbrabit tibi : * et sub pennis ejus sperabis.
Scuto circumdabit te Veritas ejus : * non timebis a timoré nocturne.
A sagitta volante in die, a negotio perambulante in tenebris : * ab incursu, et daemonio meridiano.
Cadent a latere tuo mille, et decem millia a dextris tuis : * ad te autem non appropinquabit.
Verumtamen oculis tuis considerabis : * et retributionem peccatorum videbis.
CELUI qui habite dans l'asile du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.
Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge ! Il est mon Dieu, j'espérerai en lui.
Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs, et des paroles fâcheuses.
Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes.
Sa vérité sera ton bouclier : lu ne craindras ni les alarmes de la nuit.
Ni la flèche qui vole au milieu du jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du Midi.
Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite ; mais la mort n'approchera pas de toi.
Cependant tu jetteras les yeux autour de toi, et tu contempleras le sort de l'impie.
De VOffice de Complies.
Parce que tu as dit : c Seigneur, vous êtes mon espérance I), parce que tu as placé ton refuge dans le TrèsHaut ;
Le mal n'approchera pas de toi, et les fléaux s'éloigneront de ta tente ;
Car le Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.
Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
Dieu dira de toi : Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai : je le protégerai, parce qu'il a connu mon Nom.
Il criera vers moi, et je l'exaucerai : je suis avec lui dans la tribulation; je l'en retirerai et le glorifierai.
Je le rassasierai de longs jours, et je lui montrerai le Sauveur que je lui ai préparé.
Le quatrième Psaume invite les serviteurs de Dieu à faire entendre sans relâche la prière nocturne. Les fidèles doivent le réciter dans un sentiment de reconnaissance envers Dieu, qui suscite dans son Eglise des adorateurs de son Nom, dont la noble vocation est
Quoniam tu es, Domi« ne, spes mea : * Altissimum posuisti refugium tuum.
Non accedet ad te malum : * et flagellum non appropinquabit tabernaculo tuo.
Quoniam Angelis suis mandavit de te : * ut eus» todiant te in omnibus viis tuis.
In manibus portabunt te : * ne forte offendas ad lapidem pedem tuum.
Super aspidem et basiliscum ambulabis : * et conculcabis leonem et draconem.
Quoniam in me speravit liberabo eum : * protegam eum, quoniam cognovit Nomen meum.
Clamabit ad me, et ego exaudiam eum : * eum ipso sum in tribulatione, eripiam eum, et glorificabo eum.
Longitudine dierum replebo eum : ' et ostendam illi Salutare meum.
122 Le Temps après la Pentecôte.
de lever les mains le jour et la nuit pour le salut d'Israël, et sur la prière desquels le monde se repose et accomplit ses destinées.
ECCE nunc bencdicite Dominum : * omnes servi Domini.
Qui statis in domo Domini : * in atriis domus Dei nostri.
In noctibus extollite manus vestras in Sancta : * et benedicite Dominum.
Benedicat te Dominus ex Sion : * qui fecit ccelum et terram.
Ant. Miserere mihi. Domine, et exaudi orationem meam.
BÉNISSEZ maintenant le Seigneur, vous tous qui le servez.
Vous qui êtes dans la maison du Seigneur, sous les portiques de la maison de notre Dieu,
Elevez vos mains durant les nuits vers le Sanctuaire, et bénissez le Seigneur.
Dites à Israïl : Que le Seigneur te bénisse de Sion, le Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Ant. Ayez pitié de moi. Seigneur, et exaucez ma prière.
TE lucis ante terminum, Rerum Creator, poscimus, Ut pro lua clementia, Sis praesul et custodia.
Procul recédant somnia,
Et noctium phantasmata :
Hostemque nostrum comprime.
Ne polluantur corpora.
AVANT que la lumière disparaisse, nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d'être dans votre clémence notre protecteur et notre gardien.
Que les songes et les fantômes de la nuit s'enfuient loin de nous. Comprimez notre ennemi ; qu'il ne profane pas nos corps.
De VOffice de Compiles.
Faites-nous cette grâce, ô Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au Père, vous qui, avec l'Esprit consolateur, régnez dans tous les siècles.
Amen.
Prssta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito Regnans par omne saecu» lum. Amen.
CAPITULE. [Jerem. xiv.)
Vous êtes en nous, Seigneur 1 et votre saint Nom a été invoqué sur nous : ne nous abandonnez pas, Seigneur notre Dieu 1
A inNTRE vos mains, Sei^" t gneur, * Je remets mon esprit. On répète : Entre vos mams. Seigneur, etc.
f. Vous nous avez rachetés. Seigneur, Dieu de vérité. On répète : ' Je remets, etc.
Gloire au Père, etc. Entre vos mains, etc.
j^. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil.
f^. Protégez-nous à l'ombre de vos ailes.
Tu autem in nobis es, Domine, et Nomen sanctum tuum invocatum est super nos : ne derelinquas nos , Domine Deus noster.
1 De manus tuas, •omine : * Commendo spiritum meum. In manus tuas.
f. Redemisti nos, Domine, Deus veritatis. * Commendo.
Gloria. In manus tuas.
f. Custodi nos. Domine, ut pupillam oculi.
^. Sub umbra a'?.rum tuarum protège nos.
Le Cantiquedu vieillard Siméon qui, tenant dans ses bras l'Enfant divin, le proclame la Lumière des nations, et s'endort ensuite du sommeil des justes, convient merveilleusement à l'Office de Complies. La sainte Eglise loue Dieu d'avoir dissipé les ombres de la mort par le lever du Soleil de justice, en l'amour duquel elle travaille tout le jour, et
124 ^e Temps après la Pentecôte.
se repose la nuit, disant : Je dors, mais mon cœur veille K
Ant.
Ant.
NUNC dimittis servum tuum, Domine : * secundum verbum tuum in pace.
Quia viderunt oculi mei : * Salutare tuum.
Quod parasii : * ante faciem omnium populorum.
Lumen ad revelationem Gentium : * et gloriam plebis tuae Israël.
Ant. Salva nos, Domine, vigilantes; custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.
C'ESTmaintenant, Seigneur, que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ;
Parce que mes yeux ont vu le Sauveur,
Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples ;
Pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.
Ant. Sauvez-nous, Seigneur, durant la veille; gardez-nous durant le sommeil : afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.
IjITA, quaesumus Domine, habitationem istam, et omnes insidias iniraici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea, qui nos in pace custodiant : et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrura Jesum
VISITEZ, s'il vous jDlaît, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embîiches de l'ennemi ; que vos saints Anges y habitent, qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant
I. Gant.
De VOffice de Compiles.
Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
Jf. Le Seigneur soit avec vous ;
^. Et avec votre esprit. f. Bénissons le Seigneur.
^. Rendons grâces à Dieu.
Le Seigneur tout-puissant et miséricordieux. Père, Fils et Saint-Esprit , nous bénisse et nous conserve !
fi|. Amen.
Christum Filium tuum, cjui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen. f. Dominus vobiscum,
^. Et cum spiritu tuo.
t. Benedicamus Domino.
^. Deo gratias.
Benedicat et custodiat nos omnipotens et misericors Dominus, Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus.
^. Amen.
QALUT, o Keine,
ô Reine, Mère miséricorde. Notre vie , nos délices , notre espérance, salut 1
Exilés, enfants d'Eve, nous crions vers vous ;
Vers vous nous soupirons, gémissants et pleurants au fond de cette vallée de larmes. Sus donc, ô notre avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants ;
Et montrez-nous, après cet exil, Jésus, le fruit îjéni de votre sein,
O clémente,
O miséricordieuse,
O douce Vierge Marie.
f. Sainte Mère de Dieu, priez pour nous ;
de
SALVE, Regina. Mater misericordias.
Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad teclamamus, exsuies filii Evae.
Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos miséricordes cculos ad nosconverte ;
Et Jesum, benedictura tructum ventris tui, nobis post hoc exsilîum ostende,
O clemens,
O pia,
O dulcis Virgo Maria.
^. Ora pro nobîs, sancta Dei Genitrix :
120 Le Temps après la Pentecôte.
^. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.
^. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.
OMNIPOTENS sempiterne Deus,qui gloriosae Virginis matris Mariae corpus et animam, ut dignum Filii tui habitaculum effici mereretur, Spiritu Sancto coopérante, praeparasti : da ut cujus commemoratione latamur, ejus pia intercessione ab instantibus malis et a morte perpétua liberemur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
f. Divinum auxilium maneat semper nobiscum.
fi|. Amen.
DIEU tout-puissant et éternel qui, par la coopération du Saint-Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie, afin qu'elle devînt le digne séjour de votre Fils; daignez, par sa miséricordieuse intercession, nous accorder, à nous qui fêtons joyeusement sa mémoire, d'être affranchis des maux qui nous assiègent et délivrés de la mort éternelle. Par le même JésusChrist notre Seigneur. Amen.
f. Le secours divin demeure toujours sur nous !
^. Amen.
lous avons vu les saints Apôtres, au jour de la Pentecôte, recevoir l'effusion de l'EspritSaint, et bientôt, fidèles à l'ordre du Maître i, ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la sainte Trinité. Il était donc juste que la solennité qui a pour but d'honorer Dieu unique en trois personnes, suivît immédiatement celle de la Pentecôte à laquelle elle s'enchaîne par un lien mystérieux. CeI. Matth. XXVIII, 19.
I2S Le Temps après la Pentecôte.
pendant, ce n'est qu'après de longs siècles qu'elle est venue s'inscrire sur le Cycle de l'Année liturgique, qui va se complétant par le cours des âges.
Tous les hommages que la Liturgie rend à Dieu ont pour objet la divine Trmité. Les temps sont à elle comme l'éternité; elle est le dernier terme de notre religion tout entière. Chaque jour, chaque heure lui appartiennent. Les fêtes instituées en commémoration des mystères de notre salut aboutissent toujours à elle. Celles de la très sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent à la glorification du Seigneur unique en essence et triple en personnes. Quant à l'Office divin du Dimancne en particulier, il fournit chaque semaine l'expression spécialement formulée de l'adoration et du service envers ce mystère, fondement de tous les autres et source de toute grâce.
On comprend dès lors comment il se fait que l'Eglise ait tardé si longtemps d'instituer une fête spéciale en l'honneur de la sainte Trinité. La raison ordinaire de l'institution des fêtes manquait ici totalement. Une fête est le monument d'un fait qui s'est accompli dans le temps, et dont il est à propos de perpétuer le souvenir et l'influence: or, de toute éternité, avant toute création. Dieu vit et règne. Père, Fils et Saint-Esprit. Cette institution ne pouvait donc consister qu'à établir sur le Cycle un jour particulier où les chrétiens s'uniraient d'une manière en quelque sorte plus directe dans la glorification solennelle du mystère de l'uni'té et de la trinité dans une rnême nature divine.
La Fête de la Très Sainte Trinité. 12g
La pensée s'en présenta d'abord à quelquesunes de ces âmes pieuses et recueillies qui reçoivent d'en haut le pressentiment des choses que l'Esprit-Saint opérera plus tard dans l'Eglise. Dès le vni* siècle, le savant moine Alcuin, rempli de l'esprit de la sainte Liturgie, comme ses écrits en font foi, crut le moment venu de rédiger une Messe votive en l'honneur du mystère de la sainte Trinité. Il paraît même y avoir été incité par un désir de l'illustre apôtre de la Germanie, saint Boniface. Cette Messe, simplement votive, n'était toutefois qu'un secours pour la piété privée, et rien n'annonçait que l'institution d'une fête en sortirait un jour. Cependant la dévotion à cette Messe s'étendit peu à peu, et nous la voyons acceptée en Allemagne par le concile de Seligenstadt, en 1022.
Mais à cette époque déjà, une fête proprement dite de la Sainte-Trinité avait été inaugurée dans Tune des églises de la pieuse Belgique, dans celle-là même qu'une autre grâce prédestinait à enrichir le Cycle chrétien d'un de ses signes les plus resplendissants. Etienne, évêque de Liège, instituait solennellement la fête de la Sainte-Trinité dans son Eglise en 920, et faisait composer un Office complet en l'honneur du mystère. La disposition du droit commun qui réserve aujourd'hui au Siège apostolique l'institution des nouvelles fêtes n'existait pas encore, et Riquier, successeur d'Etienne sur le siège de Liège, maintint l'œuvre de son prédécesseur.
Elle s'étendit peu à peu, et il paraît que l'Ordre monastique lui fut promptement favorable; car nous voyons, dès les prei3o Le Temps après la Pentecôte.
mières années du xi* siècle, Bernon, Abbé de Reichnaw, s'occuper de sa propagation. A Cluny, la fête s'établit d'assez bonne heure dans le cours du même siècle, comme on le voit par l'Ordinaire de cet illustre monastère rédigé en 1091, où elle se trouve mentionnée comme étant instituée depuis un temps déjà assez long.
Sous le pontificat d'Alexandre II, qui siégea de loôi à 1073, l'Eglise Romaine, qui a souvent sanctionné, en les adoptant, les usages des Eglises particulières, fut mise en mesure de porter un jugement sur cette nouvelle institution. Le Pontife, dans une de ses Décrétais, tout en constatant que la fête est déjà répandue en beaucoup de lieux, déclare que l'Eglise Romaine ne l'a pas acceptée, par cette raison que chaque jour l'adorable Trinité est sans cesse invoquée par la répétition de ces paroles : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d'autres formules de louange ^.
Cependant la fête continuait à se répandre, comme l'atteste le Micrologue ; et dans la première partie du xii® siècle, le docte Abbé Rupert, que l'on peut appeler avec raison l'un des princes de la science liturgique, proclamait déjà la convenance de cette institution, s'exprimant à son sujet comme nous le ferions aujourd'hui, dans ces termes rernarquables : c Aussitôt après avoir célébré la « solennité de l'avènement du Saint-Esprit, « nous chantons la gloire de la sainte TriI. De feriis. Cap. Quoniam. Cette décrétale a été attribuée par erreur à Alexandre III.
La Fête de la T?'ès Sainte Trinité. i3i
« nité dans l'Office du Dimanche qui suit, et « cette disposition est très à propos; car « aussitôt après la descente de ce divin Es« prit, commencèrent la prédication et la « croyance, et, dans le baptême, la foi et la « confession du nom du Père, du Fils et du « Saint-Esprit >. )>
En Angleterre, l'établissement de la fête de la Sainte-Trinité eut pour auteur principal le glorieux martyr saint Thomas de Càntorbéry; ce fut en 1162 qu'il l'institua dans son Eglise, en mémoire de sa consécration épiscopale qui avait eu lieu le premier Dimanche après la Pentecôte. Pour la France, nous trouvons, en 1260, un concile d'Arles présidé par l'archevêque Florentin, qui, dans son sixième canon, inaugure solennellement la fête, en y ajoutant le privilège d'une Octave. Dès i23o, l'Ordre de Cîteaux, répandu dans l'Europe entière, l'avait instituée pour toutes ses maisons; et Durand de Mende, dans son Rational, donne lieu de conclure que le plus grand nombre des Eglises latines, dans le cours du xiiie siècle, jouissaient déjà de la célébration de cette fête. Parmi ces Eglises, il s'en trouvait quelques-unes qui laplaçaient, non au premier, mais au dernier Dimanche après la Pentecôte, et d'autres qui la célébraient deux fois : d'abord en tête de la série des Dimanches qui suivent la solennité de la Pentecôte, et une seconde fois au Dimanche qui précède immédiatement l'Avent. Tel était en particulier l'usage des Eglises de Narbonne, du Mans et d'Auxerre.
De divinis Officiis. Lib. xi. Cap. i.
i32 Le Temps après la Pentecôte.
On pouvait dès lors prévoir que le Siège apostolique finirait par sanctionner une institution que la chrétienté aspirait à voir établie partout. Jean XXII, qui occupa la chaire de saint Pierre jusqu'en i334, consomma l'œuvre par un décret dans lequel l'Eglise Romaine acceptait la fête de la Sainte-Trinité et rétendait à toutes les Eglises.
Si l'on cherche maintenant le motif qui a porté l'Eglise, dirigée en tout par l'EspritSaint, à assigner ainsi un jour spécial dans l'année pour rendre un hommage solennel à la divine Trinité, lorsque toutes nos adorations, toutes nos actions de grâces, tous nos vœux, en tout temps, montent vers elle, on le trouvera dans la modification qui s'introduisait alors sur le calendrier liturgique. Jusque vers l'an mille, les fêtes des Saints universellement honorés y étaient très rares. Après cette époque, elles y apparaissent plus nombreuses, et il était à prévoir qu'elles s'y multiplieraient toujours davantage. Un temps devait venir où l'Office du Dimanche, qui est sjDécialement consacré à la sainte Trinité, céderait fréquemment la place à celui des Saints que ramène le cours de l'année. Il devenait donc nécessaire, pour légitimer en quelque sorte ce culte des serviteurs au jour consacrée la souveraine Majesté, qu'une fois du moins dans l'année, le Dimanche offrît l'expression pleine et directe de cette religion profonde que le culte tout entier de la sainte Eglise professe envers le souverain Seigneur, qui a daigné se révéler aux hommes dans son Unité ineffable et dans son éternelle Trinité.
La Fête de la Très Sainte Trinité. i33
L'essence de la foi chrétienne consiste dans la connaissance et l'adoration de Dieu unique en trois personnes. C'est de ce mystère que sortent tous les autres; et si notre foi s en nourrit ici-bas comme de son aliment suprême, en attendant que sa vision éternelle nous ravisse dans une félicité sans tin, cest qu'il a plu au souverain Seigneur de s affirmer tel qu'il est à notre humb'le intelligence, tout en demeurant dans sa « lumière inaccessible i ». La raison humaine peut arriver a connaître l'existence de Dieu comme créateur de tous les êtres, elle peut prendre une idée de ses perfections en contemplant ses œuvres; mais la notion de l'être intime de Dieu ne pouvait arriver juqu'à nous que par la révélation qu'il a daiené nous en faire.
Or, le Seigneur voulant nous manifester misericordieusement son essence, afin de nous unir à lui plus étroitement et de nous préparer en quelque façon à la vue qu'il doit nous donner de lui-même face à face dans l'éternité, nous a conduits successivement de clarté en clarté, jusqu'à ce que nous tussions suffisamment éclairés pour reconnaître et adorer l'Unité dans la Trinité et la Irinite dans l'Unité, Durant les siècles qui précèdent l'Incarnation du Verbe éternel, Dieu semble préoccupé surtout d'inculquer aux hommes l'idée de son unité; car le polythéisme devient de plus en plus le mal du genre humain, et la notion même de la cause spirituelle et unique de toutes choses se fût
i34 Le Temps après la Pentecôte.
éteinte sur la terre, si la bonté souveraine n'eût opéré constamment pour sa conservation.
Ce n'est pas cependant que les livres de l'ancienne alliance soient entièrement muets sur les trois divines personnes, dont les inetfables relations sont éternelles en Dieu; maisces textes mystérieux demeuraient inaccessibles au vulgaire, tandis que, dans l'Eglise chrétienne, l'enfant de sept ans répond à qui l'interroge qu'en Dieu trois personnes divines n'ont qu'une même nature et qu'une même divinité. Lorsque, dans la Genèse, Dieu dit au pluriel : « Faisons l'homme à « notre image et à notre ressemblance i », l'Israélite s'incline et croit, mais sans comprendre; éclairé par la révélation complète, le chrétien adore distinctement les trois personnes dont l'action s'est exercée dans la formation de l'homme, et la lumière de la foi développant sa pensée, il arrive sans effort à retrouver en lui-même la ressemblance divine. Puissance, intelligence, volonté : ces trois facultés sont en lui, et il n'est qu'un seul être.
Salomon dans les Proverbes, le livre de la Sagesse, l'Ecclésiastique, parle avec magnificence de la Sagesse éternelle. Son unité avec l'essence divine et sa distinction personnelle éclatent en même temps dans un langage abondant et sublime; mais qui percera le nuage? Isaïe a entendu la voix des Séraphins retentir autour du trône de Dieu. Ils criaient alternativement dans une jubilaLa Fête de la Très Sainte Trinité. i35
tion éternelle : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur M » Qui expliquera aux hommes ce trois fois Saint dont la louange envoie ses échos jusqu'à notre terrestre région ? Dans les Psaumes, dans les écrits prophétiques, un éclair sillonne tout à coup le ciel; une triple splendeur a ébloui le regard de l'homme; mais l'obscurité devient bientôt plus profonde, et le sentiment de l'unité divine demeure seul distinct au fond de l'àme, avec celui de l'incompréhensibilité de Tètre souverain.
Il fallait que la plénitude des temps fût accomplie; alors Dieu enverrait en ce monde son Fils unique engendré de lui éternellement. Il a accompli ce dessein de sa divine munificence, « et le Verbe fait chair a habité « parmi nous ~ ». En voyant sa gloire, qui est celle du Fils unique du Père ^, nous avons connu qu'en Dieu il y a Père et Fils. La mission du Fils sur la terre, en nous le révélant lui-même, nous apprenait que Dieu est Père éternellement; car tout ce cjui est en Dieu est éternel. Sans cette révélation miséricordieuse qui anticipe pour nous sur la lumière que nous attendons après cette vie, notre connaissance de Dieu serait demeurée par trop imparfaite. Il convenait qu'il y eût enfin relation entre la lumière de la foi et celle la vision qui nous est réservée, et il ne suffisait plus à l'homme de savoir que Dieu est un.
Maintenant nous connaissons le Père, duquel, comme nous dit l'Apôtre, dérive
i36 Le Temps après la Pentecôte.
toute paternité même sur la terre *. Pour nous, le Père n'est plus seulement un pouvoir créateur produisant les êtres en denors de lui; notre œil respectueux, conduit par la foi, pénètre jusque dans le sein de la divine essence, et là nous contemplons le Père engendrant un Fils semblable à lui-même. Mais, pour nous l'apprendre, le Fils est descendu jusqu'à nous. Lui-même le dit expressément : « Nul ne connaît le Père, si ce n'est le Fils, « et celui à qui il a plu au Fils de le révé« 1er 2 )j. Gloire soit donc au Fils qui a daigné nous manifester le Père, et gloire au Père que le Fils nous a révélé !
Ainsi la science intime de Dieu nous est venue par le Fils, que le Père, dans son amour, nous a donné 3 ; et afin d'élever nos pensées jusqu'à sa nature divine, ce Fils de Dieu, qui s'est revêtu de notre nature humaine dans son Incarnation, nous a enseigné que son Père et lui sont un 4, qu'ils sont une même essence dans la distinction des personnes. L'un engendre, l'autre est engendré ; l'un s'affirme puissance, l'autre sagesse, intelligence. La puissance ne peut être sans l'intelligence, ni l'intelligence sans la puissance, dans l'être souverainement parfait; mais l'un et l'autre appellent un troisième terme.
Le Fils, qui a été envoyé par le Père, est monté dans les cieux avec sa nature humaine qu'il s'est unie pour l'éternité, et voici que le Père et le Fils envoient aux hommes
I. Eph. III, l5. — 2. MaTTH. XI, 27. — 3. JOHAN. III,
La Fête de la IVès Sainte Trinité. i3j
l'Esprit qui procède de l'un et de l'autre. Par ce nouveau don, l'homme arrive à connaître que le Seigneur Dieu est en trois personnes. L'Esprit, lien éternel des deux premières, est la volonté, l'amour, dans la divine essence. En Dieu donc est la plénitude de l'être, sans commencement, sans succession, sans progrès, car rien ne lui manque. En ces trois termes éternels de sa substance incréée, il est l'acte pur et infini.
La sainte Liturgie, qui a pour objet la glorification de Dieu et la commémoration de ses œuvres, suit chaque année les phases sublimes de ces manifestations dans lesquelles le souverain Seigneur s'est déclaré tout entier à de simples mortels. Sous les sombres couleurs de l'Avent, nous avons traversé la période d'attente durant laquelle le radieux triangle laissait à peine pénétrer c}uelques rayons à travers le nuage. Le monde implorait un libérateur, un Messie, et le propre Fils de Dieu devait être ce libérateur, ce Messie. Pour que nous eussions l'intelligence complète des oracles qui nous l'annonçaient, il était nécessaire qu'il fût venu. Un petit enfant nous est né ^, et nous avons eu la clef des prophéties. En adorant le Fils, nous avons adoré aussi le Père, qui nous l'envoyait dans la chair, et auquel il est consubstantiel. Ce Verbe de vie, que nous avons vu, que nous avons entendu, que nos mains ont touché 2 dans l'humanité qu'il avait daigné prendre, nous a convaincus qu'il est véritablement une personne, qu'il est distinct du
i38 Le Temps après la Pentecôte.
Père, puisque l'un envoie et que l'autre est envoyé. Dans cette seconde personne divine, nous avons rencontré le médiateur qui a réuni la création à son auteur, le rédempteur de nos péchés, la lumière de nos âmes, l'E- poux auquel elles aspirent.
La série des mystères qui lui sont propres étant consommée, nous avons célèbre la venue de l'Esprit sanctificateur, annoncé comme devant venir perfectionner l'œuvre du Fils de Dieu. Nous l'avons adoré et reconnu distinct du Père et du Fils, qui nous l'envoyaient avec la mission de demeurer avec nous i. Il s'est manifesté dans des opérations toutes divines qui lui sont propres; car elles sont l'objet de sa venue. Il est l'âme de la sainte Eglise, il la maintient dans la vérité que le "Fils lui a enseignée. Il est le principe de la sanctification dans nos âmes, où il veut faire sa demeure. En un mot, le mystère de la sainte Trinité est devenu pour nous, non seulement un dogme intimé à notre pensée par la révélation, mais une vérité pratiquement connue de nous par la munificence inouïe des trois divines personnes, adoptés que nous sommes par le Père, frères et cohéritiers du Fils, mus et habités par l'Esprit-Saint.
Nous commencerons donc cette journée par rendre gloire au Dieu unique en trois personnes, en nous unissant à la sainte Eglise qui, à l'Office de Prime, récite aujourd'hui, et tous les Dimanches qui ne sont pas occupés par quelque fête, le magnifique Symbole
La Fête de la Très Sainte Trinité. i3g
connu sous le nom de Symbole de saint Athanase, dont il reproduit avec tant de majesté et de précision la doctrine résumée des enseignements divins.
UICUMQUE vult salvus esse : * anteomopus est ut teneat
QUICONQUE veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique ;
Et celui qui ne l'aura pas gardée entière et inviolable, périra certainement pour l'éternilé.
Or la foi catholique consiste à révérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité,
Sans confondre les personnes, ni diviser la substance.
Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit.
Mais la divinité du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, est une : la gloire égale, la majesté coéternelle.
Tel qu'est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.
Le Père est incréé, le Fils incréé, le Saint-Esprit incréé.
Immense est le Père immense le Fils, immense le Saint-Esprit ;
Eternel le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit.
catholicam fidem.
Quam nisi quisque integrara inviolatamque servaverit : * absque dubio in aeternum peribit.
Fides autem catholica haec est :* ut unum Deum in Trinitate, et Trinitatem in Unitate veneremur.
Neque confundentes personas : * neque substantiam séparantes.
Alia est enim persona Patris, alia Filii : * alia Spiritus Sancti.
Sed Patris, et Filii, et Spiritus Sancti una est divinitas : * asqualis gloria, coaeterna majestas.
Qualis Pater , talis Filius : * talis Spiritus Sanctus.
Increatus Pater , increatus Filius : * increatus Spiritus Sanctus.
Immensus Pater, immensus Filius : * immensus Spiritus Sanctus.
^Eternus Pater, aeternus Filius • * jeternus Spiritus Sanctus.
140 Le Temps après la Pentecôte.
Et tamen non très xeterni : * sed unus aternus.
Sicut non tresincreati, nec très immensi : * sed unus increatus, et unus immensus.
Similiter omnipotens Pater , omnipotens Filius : * omnipotens Spiritus Sanctus.
Et tamen non très omnipotentes : ' sed unus omnipotens.
Ita Deus Pater, Deus Filius : * Deus Spiritus Sanctus.
Et tamen non très Dii •
* sed unus est Deus.
Ita Dominus Pater , Dominus Filius : * Dominus Spiritus Sanctus.
Et tamen non très Domini : * sed unus est Dominus.
Quia sicut singillatim unamquamque personam Deum ac Dominum confi^eri christiana veritate compellimur : * ita très Deos aut Dominos dicere, catholica religione prohibemur.
Pater a nullo 'est factus : * nec creatus, nec genitus.
Filius a Pâtre solo est :
* non factus, nec creatus, sed genitus.
Spiritus Sanctus a Pâtre et Filio : * non facEt néanmoins il n'y a pas trois éternels, mais un seul éternel ;
Comme aussi ce ne sont pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, un seul immense.
De même tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit;
Et néanmoins il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.
Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ;
Et néanmoins il n'y a pas trois Dieux , mais un seul Dieu.
Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le SaintEsprit est Seigneur^
Et néanmoins il n'y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur.
Car de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chacune des trois personnes prises à part est Dieu et Seigneur : de j même la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.
Le Père n'est ni fait, ni créé, ni engendré d'aucun autre.
Le Fils est du Père seul : ni fait, ni créé, mais engendré.
Le Saint-Esprit est du Père et du Fils : ni fait, ni
La Fête dé la Très Sainte Trinité. 141
créé, ni engendré, mais procédant.
II n'y a donc qu'un seul
Père, et non trois Pères ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul Saint-Esprit, et non trois Saints-Esprits.
Et dans cette Trinité il n'y a ni antérieur, ni postérieur, ni plus grand, ni moindre ; mais les trois personnes sont toutes coéternelles et égales entre elles ;
En sorte qu'en tout et partout, comme il a été dit cidessus, ondoit révérer l'Unité en la Trinité, et la Trinité en l'Unité.
Celui donc qui veut être sauvé doit penser ainsi de la Trinité.
Mais il est nécessaire encore pour le salut éternel. qu'il croie fidèlement l'Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.
Or la droiture de la foi consiste à croire et à confesserque notre Seigneur JésusChrist, Fils de Dieu, est Dieu et homme.
Il est Dieu, étant engendré de la substance de son Père avant les siècles, et il est homme, étant né de la substance d'une mère dans le temps ;
Dieu parfait et homme parfait, subsistant dans une àme raisonnable et un corps d'homme ;
Egal au Père selon la divitus, nec creatus, nec genitus, sed procedens.
Unus ergo Pater, non très Patres unus Filius, non très Filii : * unus Spiritus Sanctus, non très Spiritus Sancti.
Et in hac Trinitate nihil prius aut posterius, nihil majus aut minus . ' sed totae très personx coaeternae sibi sunt, et coaequales.
Ita ut per omnia, sicut jam supra dictum est : * et Unitas in Trinitate, et Trinitas inUnitate veneranda sit.
Qui vult ergo salvus esse : * ita de Trinitate sentiat.
Sed necessarium est ad aîternam salutem : * ut Incarnationem quoque Domini nostri Jesu Christi fideliter credat.
Est ergo fides recta, ut credamus et confiteamur ; ' quia Dominus noster Jésus Christus Dei Filius. Deus et homo est.
Deus est ex substantia Patris ante sîecula geniîus : * et homo est ex substantia matris in saeculo natus.
Perfectus Deus^ perfectus homo : ' ex anima rationali, et humana carne su'tsistens.
yEqualis Patri secunJ42 La Fête de la Très Sainte Trinité.
dum divinitatetn : ' minor Pâtre secundum humanitatein.
Qui licet Deus sit, et homo : * non duo laraen. sed unus est Christus.
Unus autem non conversione divinitatis in carnem : * sed assuraptione humanitatis in Deum.
Unus omnino, non confusione substantiae : * sed unitate personœ.
Nam sicut anima rationalis et caro unus est homo : * ita Deus et homo unus est Christus.
Qui passus est pro salute nostra. descendit ad inferos : * tertia die resurrexit a mortuis.
Asceadit ad cœlos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis : * inde venturus est judicare vivos et mortuos.
Ad cujus adventum omnes homines resurgere habent cum corporibus suis : * et reddituri sunt de factis propriis rationem.
Et qui bona egerunt, ibunt in vitam aeternam : * qui vero mala, in ignem aeternum.
Haec est fides catholica : * quam nisi quisque
nité, moindre que le Père selon l'humanité.
Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'est néanmoins qu'un seul Christ, et non deux.
Il est un, non que la divinité ait été changée en l'humanité ; mais parce que Dieu a pris l'humanité et se l'est unie.
Il est un enfin, non par confusion de substance, mais par unité de personne.
Car de même que l'âme raisonnable et la chair est un seul homme, ainsi Dieu et l'homme est un seul Christ :
Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ;
Qui est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, et de là viendra juger les vivants et les morts ;
A l'avènement duquel tous les hommes ressusciteront avec leurs corps, et rendront compte de leurs actions personnelles :
Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle ; et ceux qui auront fait le mal iront dans le feu éternel.
Telle est la foi catholique, et quiconque ne la gardera
A Tierce. 14^
pas fidèlement et fermement ne pourra être sauvé.
fideliter, firmiterque crediderit, salvus esse non poterit.
T 'Hymne et les trois Psaumes dont se com^ pose l'Office de Tierce, se trouvent cidessus, page 87.
A NT T OUANGE et gloire ^^^- L éternelle, dans les siècles des siècles, à Dieu le Père, et au Fils, et à l'Esprit Paraclet 1
A NT T ^"^ et peren^^^- L nis gloria
Deo Patri, et Filio, Sancto simul Paraclito, in
saeculorum sascula.
/~\ PROFONDEUR des îichesV-/ SCS de la sagesse et de la science de Dieu 1 Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables !
/^ ALTITUDO divitiaV_y rum sapientias et scientias Dei : quam incomprehensibilia sunt judicia ejus, et investigabiles viae ejus 1
^- *'^- D Père, et le Fils, * Avec le Saint-Esprit. Bénissons.
t. Louons-le et glorifionsle dans tous les siècles. * Avec le Saint-Esprit.
Gloire au Père. Bénissons.
^- ^'- B Patrem, et Filium, * Cum Sancto Spiritu. Benedicamus.
f. Laudemus et superexaltemus eum in saecula.* Cum Sancto Spiritu.
Gloria Patri. Benedicamus.
f. Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel ;
^. Digne de louange et de gloire à jamais.
f. Benedictus es. Domine,in firmamentocœli;
^. Et laudabilis, et gloriosus in sœcula.
L'Oraison est la Colle
cte de la Messe, ciaprès, jp^ig-e 145.
144 ^^ F^7e de la Très Sainte Trinité.
BIEN que le Sacrifice de la Messe soit toujours célébré en l'honneur de la sainte Trinité, l'Eglise aujourd'hui, dans ses chants, ses prières et ses lectures, glorifie d'une manière plus expresse le grand mystère qui est le fondement de la croyance chrétienne. On fait mémoire cependant du premier Dimanche après la Pentecôte, afin de ne pas interrompre l'ordre de la Liturgie. L'Eglise emploie dans cette solennité la couleur blanche, en si^ne d'allégresse, et pour exprimer la simplicité et la pureté de l'essence divine.
L'Introït n'est pas tiré des saintes Ecritures. C'est une formule de glorification propre à ce jour, et la sainte Trinité y est représentée comme la source divine des miséricordes qui ont été répandues sur les hommes.
BÉNIE soit la Trinité sainte et rUnité indivisible ; célébrons-la, car elle a agi avec nous dans sa miséricorde.
Ps. Seigneur notre Dieu, combien est admirable votre Nom par toute la terre ! Gloire au Père. Bénie soit.
BENEDICTA sit sancta Trinitas, atque indivisa Unitas : confitebimur ei, quia fecit nobiscum misericordiam suam. Ps. Domine Dominus noster, quam admirabile est Nomen tuum in universa terra ! Gloria Patri. Benedicta sit.
Dans la Collecte, la sainte Eglise demande
Eour nous la fermeté dans la foi qui nous lit confesser en Dieu l'Unité et la Trinité. C'est la première condition du salut, le premier lien avec Dieu. Avec cette foi nous vainA fa Messe.
crons nos ennemis et nous triompherons de tous les obstacles.
DIEU tout-puissant et éternel, qui avez accordé à vos serviteurs de reconnaître, par la confession de la vraie foi, la gloire de l'éternelle Trinité, et d'adorer l'Unité dans votre majesté souveraine ; daignez nous rendre fermes dans cette même foi, et nous protéger toujours dans les adversités. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
OMNIPOTENS sempiterne Deus, qui dedisti famulis tuis in confessione verae fidei aeternae Trinitatis gloriam agnoscere, et in potentia majestatis adorare Unitatem : quassumus, ut ejusdem fidei firmitate, ab omnibus semper muniamur adversis. PerDominum. .
ODiEU qui êtes la force de ceux qui espèrent en vous, soyez propice à nos demandes ; et puisque l'infirmité de l'homme mortel ne peut rien sans vous, accordez-nous le secours de votre grâce, afin qu'en exécutant ce que vous nous commandez, nous puissions vous plaire de volonté et d'action. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
DEUS in te sperantium fortitudo, adesto propitius invocationibus nostris : et quia sine te nihil potest mortalis infàrmitas. praesta auxilium gratiae tuae, ut in exsequendis mandatis tuis, et voluntate tibi et actione placeamus. Per Dominum.
Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Romains. Chap. xi.
O PROFONDEUR des richesses de la sagesse et de la
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Romanos. Cap. xi.
OALTITUDO divitiarum sapientiîe et
146 La Fête de la Très Sainte Trinité.
scientise Dei : <}uam incomprchensibilia sunt judicia ejus, et investigabiles vias ejus ! Quis enim cognovit sensum Domini ? aut quis consiliarius ejus mit ? aut quis prior dédit illi, et retribuetur ei ? Quoniam ex ipso, et per ipsum, et in ipso sunt omnia : ipsi honor et gloria in saecula. Amen,
science de Dieu I Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! Car qui a connu les desseins du Seigneur ? ou qui est entré dans ses conseils ? ou qui lui a donné quelque chose le premier, pour en prétendre récompense ? Car tout est de lui, et par lui, et en lui : à lui la gloire dans les siècles ! Amen.
NOUS ne pouvons arrêter notre pensée sur les conseils divins, sans éprouver une sorte de vertige. L'éternel et l'infini éblouissent notre faible raison, et cette raison en même temps les reconnaît et les confesse. Or, si les desseins de Dieu sur les créatures nous dépassent déjà, comment la nature intime de ce souverain être nous serait-elle connue ? Cependant nous distinguons et nous
f;lorifions dans cette essence incréée le Père, e Fils et le Saint-Esprit. C'est que le Père s'est révélé lui-même en nous envoyant son Fils, objet de son éternelle complaisance; c'est que le Fils nous a manifesté sa personnalité en prenant notre chair, que le Père et le Saint-Esprit n'ont pas prise avec lui; c'est que le Saint-Esprit, envoyé par le Père et le Fils, est venu remplir en nous la mission qu'il a reçue d'eux. Notre œil mortel plonge respectueusement dans ces profondeurs sacrées, et notre cœur s'attendrit en songeant que si nous connaissons Dieu, c'est par ses bienfaits qu'il a formé en nous la notion de ce qu'il est. Gardons cette foi
A la Messe.
avec amour, et attendons dans la confiance le moment où elle s'évanouira pour faire place à la vision éternelle de ce que nous aurons cru ici-bas.
Le Graduel et le Verset alléluiatique respirent l'allégresse et l'admiration, en présence de cette haute majesté qui a daigné faire descendre ses rayons jusqu'au sein de nos ténèbres.
Vous êtes béni, Seigneur, dont l'oeil sonde les abîmes, et qui êtes assis sur les Chérubins.
j^. Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel, et digne de toute louange à jamais.
Alléluia, alléluia.
f. Vous êtes béni, Seigneur Dieu de nos pères, et digne de toute louange à jamais. Alléluia.
mine, qui intueris abyssos, et sedes super Cherubim.
'f. Benedictus es. Domine, in firmamento cœli, et laudabilis in saecula.
Alléluia, alléluia.
f. Benedictus es, Domine Deus patrum nostrorum, et laudabilis in saîcula. Alléluia.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
EN ce temps-là, Jésus dit à ses disciples Toute
puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; leur enseiSequentia sancti Evangelii secundum Matthasum. Cap. xxviii.
IN illo tempore : Dixit Jésus discipulis suis : Data est mihi omnis potestas in cœlo et in terra. Euntes ergo docete omnes gentes : baptizantes ecs in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti :
148 La Fête de la Très Sainte Trinité.
docentes eos servare omnia quaecumque mandavi vobis. Et ecce ego vobiscum sum omnibus diebus, usque ad consummationem saeculi.
gnant à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles.
LE mystère de la sainte Trinité manifesté par la mission du Fils de Dieu en ce monde et par la promesse de l'envoi prochain du Saint-Esprit, est intimé aux hommes dans ces solennelles paroles que Jésus prononce avant de monter au ciel. Il a dit : « Celui qui croira et sera baptisé sera ce sauvé 1 ; » mais il ajoute que le baptême sera donné au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Il faut désormais que l'homme confesse non plus seulement l'unité de Dieu, en abjurant le polythéisme, mais qu'il adore la Trinité des personnes dans l'unité d'essence. Le grand secret du ciel est une vérité divulguée "maintenant par toute la terre.
Mais si nous confessons humblement Dieu connu tel qu'il est en lui-même, nous avons aussi à rendre l'hommage d'une éternelle reconnaissance à la glorieuse Trinité. Non 'seulement elle a daigné imprimer ses traits divins sur notre âme, en la faisant à sa ressemblance; mais, dans l'ordre surnaturel, elle s'est emparée de notre être et l'a élevé à une grandeur imcommensurable. Le Père nous k adoptés en son Fils incarné ; le Verbe illumine notre intelligence de sa lumière ; le Saint-Esprit nous a élus pour son habitation: c'est ce que marque la forme du saint bap1. Marc, xvi.
A la Messe. 14g
tême. Par ces paroles prononcées sur nous avec l'infusion de l'eau, la Trinité tout entière a pris possession de sa créature. Nous rappelons cette sublime merveille chaque fois que nous invoquons les trois divines personnes en imprimant sur nous le signe de la croix. Lorsque notre dépouille mortelle sera apportée dans la maison de Dieu pour y recevoir les dernières bénédictions et les adieux de l'Eglise de la terre, le prêtre suppliera le Seigneur de ne pas entrer en jugement avec son serviteur ; et afin d'attirer sur ce chrétien déjà entré dans son éternité les regards de la miséricorde divine, il représentera au souverain Juge que ce membre de la race humaine « fut marqué durant « sa vie du sceau de la sainte Trinité. » Vénérons en nous cette auguste empreinte ; elle sera éternelle. La réprobation même ne l'effacerait pas. Qu'elle soit donc notre espoir, notre plus beau titre, et vivons à la gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Dans l'Offertoire, l'Eglise prélude au Sacrifice qui se prépare, en invoquant sur l'oblation le nom des trois personnes, et en proclamant toujours la divine miséricorde.
BÉNI soit Dieu, le Père, et le Fils unique de Dieu, et aussi le Saint-Esprit ; car il a agi avec nous dans sa miséricorde.
BENEDICTUS sit DeUS Pater, unigenitusque Dei Filius, Sanctus quoque Spiritus : quia fecit nobiscum misericordiara suam.
La sainte Eglise demande, dans la Secrète,
i5o La Fête de la Très Sainte Trinité.
que l'hommage de nous-mêmes que nous offrons en ce Sacrifice à la divine Trinité, ne lui soit pas présenté seulement aujourd'hui, mais qu'il devienne éternel par notre admission au ciel, où nous contemplerons sans voiles le glorieux mystère de Dieu unique en trois personnes.
SANCTIFICA, quœsumus Domine Deus noster, per tui sancti Nominis invocationem, hujusoblationis hostiam : et per eam nosmetipsos tibi
gerfice munus asternum. 'er Dominum.
DAIGNEZ, Seigneur notre Dieu, sanctifier par l'invocation que nous faisons de votre Nom , l'oblation de cette hostie, et par elle nous transformer nous-mêmes en un hommage éternel à votre Majesté. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
HOSTIAS nostras, quœ- sumus Domine, tibi dicatas placatus assume : et ad perpetuum nobis tribue provenire subsidium. Per Dominum.
ACCEPTEZ, Seigneur, dans votre indulgence , les hosties que nous vous offrons, et daignez par elles faire descendre sur nous votre secours continuel. Par JésusChrist notre Seigneur.
Dans l'Antienne de la Communion, l'Eglise continue d'exalter la miséricorde du grand Dieu qui a fait servir ses propres bienfaits à nous éclairer et à nous instruire sur son essence incompréhensible.
BENEDiciMUS Deumcœ- li, et coram omnibus
Nous 1 ciel
DUS bénissons le Dieu du et nous chanterons
A la Messe.
i5i
sa gloire devant tous ceux | viventibus confîtebimur qui vivent ; car il a agi avec ei : quia fecit nobiscum nous dans sa miséricorde. | misericordiam suara.
Deux choses nous sont nécessaires pour arriver à Dieu : la lumière de la foi qui le fait connaître à notre intelligence, et l'aliment divin qui nous unit à lui. La sainte Eglise, dans la Postcommunion, demande que l'un et l'autre nous conduisent à cette Heureuse fin de notre création.
OUE la réception de ce Mystère profite au salut ae notre corps et de notre âme, Seigneur notre Dieu ; et aussi la confession que nous faisons de la sainte et éternelle Trinité, et de son indivisible Unité. Par JésusChrist notre Seigneur.
PROFiciAT nobis ad salutem corporis et animae, Domine Deus noster, hujus Sacramenti susceptio : et sempiternae sanctas Trinitatis, ejusdemque individuse Unitatis confessio. Per Dominum.
TANTis, Domine, repleti muneribus , prœsta, quassumus : ut et salutaria dona capiamus, et a tua numquam laude cessemus. Per Dominum.
APRÈS nous avoir comblés de si grandes faveurs, daignez faire, Seigneur, que nous profitions, pour notre salut, du don que vous nous avez fait, et que votre louange ne cesse jamais dans notre bouche. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
Le dernier Evangile est celui du premier Dimanche après la Pentecôte, que le prêtre lit en place de celui de saint Jean.
j52 La Fête de la Très Sainte Trinité.
Sequentia sancti Evangeliisecundum Liicam. Cap. VI.
r N illo terapore : Dixit