L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15)
[près la solennité de la Pentecôte et son Octave, la marche de l'Année liturgique nous introduit dans une période nouvelle, qui diffère totalement de celles ::; que nous avons parcourues jusqu'ici. Depuis l'ouverture de l'Avent, qui est le prélude de la fête de Noël, jusqu'à l'anniversaire de la descente du divin Esprit, nous avons vu se dérouler toute la suite des mystères de notre salut. La série des temps et des solennités retraçait un drame sublime qui nous tenait en haleine et qui vient de
2 Le Temps après la Pentecôte.
se consommer. Nous ne sommes cependant parvenus encore qu'à la moitié de l'année. Cette dernière partie du temps n'est pas pour cela dépourvue de m^'stères ; mais, au lieu d'exciter notre attention par l'intérêt toujours croissant d'une action qui se précipite vers son dénouement, la sainte Liturgie va nous otfrir une succession presque continuelle d'épisodes variés, les uns glorieux, les autres touchants, apportant chacun son élément spécial pour le développement des dogmes de la foi, ou pour l'avancement de la vie chrétienne, jusqu'à ce que le Cycle étant achevé, il s'évanouisse, pour faire place à un nouveau, qui retracera les mêmes événements, et répandra les mêmes grâces sur le corps mystique du Christ.
Cette période de l'Année liturgique, qui embrasse un peu plus ou un peu moins de six mois, selon le mouvement de la Pâque, a toujours conservé la forme qu'elle garde aujourd'hui. Mais, quoiqu'elle n'admette c^ue des solennités et des têtes détachées, l'mfluence du Cycle mobile s'y fait cependant sentir encore. Le nombre des semaines qui la composent peut s'élever jusqu'à vingthuit, et descendre jusqu'à vingt-trois. Le point de départ est déterminé par la fête de Pâques, qui se meut dans l'intervalle du 22 mars au 25 avril, et le point de conclusion par le premier dimanche de l'Avent, qui ouvre un nouveau Cycle, et qui est toujours le dimanche le plus proche des calendes de décembre.
Dans la Liturgie romaine, les dimanches dont se compose cette série sont désignés
Historique du Temps après la Pentecôte. 3
sous le nom de Dimanches après la Pentecôte. Cette appellation est la plus convenable, ainsi que nous le ferons voir au chapitre suivant, et elle a sa base dans les plus anciens Sacramentaires et Antiphonaires ; mais elle ne s'est établie que progressivement dans les Eglises au sein desquelles régnait cependant la Liturgie romaine. C'est ainsi que nous voyons sur Te Cornes d'Alcuin, qui nous reporte au viiie siècle, la première série Je ces dimanches désignée sous le nom de Dimanches après la Pentecôte ; la deuxième, intitulée Semaines après la fête des Apôtres ipost Natale Apostolorum) ; la troisième, appelée Semaines après la SaintLaurent [post Sancti Laurentii) ; la quatrième, indiquée sous le nom de Semaines du septième mois (septembre) ; la cinquième enfin portant l'appellation de Semaines après la Saint-Michel (post Sancti Angeli) : cette dernière série allant jusqu'à l'Avent. Beaucoup de Missels des Eglises de l'Occident présentent, jusqu'au xvi* siècle, ces divers partages du Temps après la Pentecôte, exprimes d'une manière variée selon les fêtes des Saints qui servaient comme de date dans les divers diocèses en cette partie de l'année. Le Missel romain publié par saint Pie V s'étant répandu successivement dans les Eglises latines, a fini par rétablir l'antique dénomination, et le temps de l'Année liturgique auquel nous sommes parvenus n'est plus désigné désormais que sous le nom de Temps après la Pentecôte (post Pentecosten).
|ouR bien saisir l'intention et la portée de cette saison de l'Année liturgique à laquelle nous sommes parvenus, il est nécessaire de se rendre compte de toute la série des mystères que la sainte Eglise a célébrés devant nous et avec nous. La célébration de ces mystères n'a point été un vain spectacle étalé sous nos yeux. Ils ont apporté avec eux chacun une grâce spéciale qui produisait dans nos âmes ce que signifiaient les rites de la Liturgie. A Noël, le Christ naissait en nous; au temps de la Passion, il nous incorporait ses souffrances et ses satisfactions ; dans la Pâque, il nous communiquait sa vie glorieuse et dégagée; dans son Ascension, il nous entraînait à sa suite jusque dans les hauteurs du ciel; en un mot, pour nous servir de l'exprèsMystique du Temps après la Pentecôte. 5
sion de l'Apôtre, « le Christ se formait en nous 1 ».
Mais la venue de l'Esprit-Saint était nécessaire pour accroître la lumière, pour échauffer nos âmes d'un feu permanent, pour consolider et retenir en nous l'image du Christ. Ce divin Paraclet est descendu, il s'est donné à nous, et il veut résider dans nos âmes et dominer notre vie régénérée. Or, cette vie qui doit s'écouler conlforme à celle du Christ et sous la direction de son Esprit, est figurée et exprimée par la période que la sainte Liturfie désigne sous le nom de Temps après la *entecôte.
Ici deux objets de considération se présentent à nous : la sainte Eglise, et l'âme chrétienne. Remplie du divin Esprit qui s'est répandu en elle et qui l'anime désormais, l'Epouse du Christ, la sainte Eglise, s'avance dans sa carrière militante, et elle y doit cheminer jusqu'au second avènement de son céleste Epoux. Les dons de la vérité et de la sainteté sont en elle. Munie de l'infaillibilité de la foi, de l'autorité du gouvernement, elle paît le troupeau du Christ, tantôt dans la liberté et dans la tranquillité, tantôt au milieu des persécutions et des épreuves. Son Epoux divin demeure avec elle jusqu'à la consommation des siècles par sa grâce et par l'efficacité de ses promesses; elle est en possession de toutes les faveurs qu'il lui a départies, et l'Esprit-Saint demeure en elle et avec elle pour toujours. C'est ce qu'exprime cette partie de l'Année liturgique, où nous
6 Le Temps après la Pentecôte.
n'allons plus rencontrer les grands événements qui ont signalé la préparation et la consommation de l'œuvre divine. En retour, la sainte Eglise y recueille les fruits de sainteté et de doctrine que ces ineffables mystères ont produits et produiront durant sa marche à travers les siècles. On voit aussi se préparer et arriver en leur temps les derniers événements qui transformeront la vie militante de notre mère en une vie triomphante dans les cieux. Telle est, pour ce qui concerne la sainte Eglise, la signification de la partie du Cycle où nous entrons.
Quant à l'âme fidèle, dont la destinée est comme l'abrégé de celle de l'Eglise, sa marche durant la période qui s'ouvre pour elle après les fêtes de la Pentecôte doit être analogue à celle de notre mère commune. Elle doit vivre et a^ir selon le Christ qui s'est uni à elle dans la série de ses mystères, et sous l'action de l'Esprit divin qu'elle a reçu. Les sublimes épisodes qui marqueront cette nouvelle phase accroîtront en elle la lumière et la vie. Elle ramènera à l'unité ces rayons épars d'un même centre, et s'élevant de clarté en clarté *, elle aspirera à la consommation en Celui
Qu'elle connaît désormais et dont la mort la oit mettre en possession. Que si le Seigneur ne juge pas à propos de la retirer encore à lui, elle recommencera un nouveau Cycle, et repassera par les éléments qu'elle a expérimentés dans la première moitié de l'Année liturgique ; après quoi elle se retrouvera encore dans la période qui s'accomplit sous
I. II Cor. m, i8.
Mystique du Temps après la Pentecôte. 7
la direction de l'Esprit-Saint ; enfin le Seigneur l'appellera au jour et à l'heure qu'il a marqués de toute éternité.
Il y a donc cette différence entre la sainte Eglise et l'âme chrétienne durant l'intervalle qui s'étend depuis la descente du divin Paradât jusqu'à la consommation, que l'Eglise ne
le parcourra qu'une fois, tandis que l'âme S
chrétienne le retrouve chaque année en son |
temps. A part cette différence, l'analogie est !
complète. Nous devons donc bénir Dieu qui j
vient au secours de notre faiblesse, renou- 1
vêlant en nous successivement, au moyen de \
la sainte Liturgie, les secours par lesquels !;
nous sommes mis à même d'atteindre l'heu- ^
reuse fin à laquelle nous avons été destinés. î
La sainte Eglise a disposé la lecture des |
livres de la sainte Ecriture durant la période l
actuelle, de manière à exprimer tout ce qui |
s'opère en son cours, soit dans l'Eglise elle- |
même, soit dans l'âme chrétienne. Durant i
rintervalle qui s'étend depuis le premier di- i
manche après la Pentecôte jusqu'à l'ouverture j
du mois d'août, elle nous donne à lire les i
quatre livres des Rois. C'est l'abrégé prophé- |
tique des annales de l'Eglise. On y voit la |
monarchie d'Israël inaugurée par David, |
figure du Christ victorieux dans les combats, ;j
et par Salomon, le roi pacifique, qui élève |j
le temple à la gloire de Jéhovah. Le mal ■!
lutte contre le bien durant cette traversée |
des siècles. Il y a de grands et saints rois |
comme Asa, Ezéchias, ïosias, et des rois infi- 5
dèles comme Manassès. Le schisme se 3
déclare à Samarie, les nations infidèles réu- | nissent leurs forces contre la Cité de Dieu.
Le peuple saint, trop souvent sourd à la voix des prophètes, s'adonne au culte des faux dieux et aux vices de la gentilité, et la justice de Dieu anéantit dans une ruine commune le temple et la ville infidèle. Image de la destruction de ce monde, lorsque la foi y fera tellement défaut que le Fils de l'homme, à son second avènement, en retrouvera à peine la trace i.
Au mois d'août, nous lisons les livres Sapientiaux, ainsi nommés parce qu'ils contiennent les enseignements de la Sagesse divine. Cette Sagesse est le Verbe de Dieu qui se manifeste aux hommes par l'enseignement de l'Eglise rendue infaillible dans la vérité, grâce à l'assistance de TEsprit-Saint qui réside en elle d'une manière permanente.
La vérité surnaturelle produit la sainteté, qui ne pourrait ni subsister ni fructifier sans elle. Afin d'exprimer ce lien qui existe entre l'une et l'autre, l'Eglise lit dans le mois de septembre les livres appelés Hagiographes, Tobie, Judith, Esther et Job, dans lesquels on voit la Sagesse en action.
Comme l'Eglise, sur la fin de sa durée en ce monde, doit être soumise à de violents combats, on lit dans le courant du mois d'octobre les livres des Machabées, où sont retracés le courage et la générosité des défenseurs de la loi divine qui succombent avec gloire, ainsi qu'il arrivera dans les derniers temps, lorsqu'il sera donné à la bête de faire la guerre aux saints et de les vaincre 2.
Le mois de novembre est rempli par la
I. Luc. xvni, 8.
Apoc. xin, 7.
Mystique du Temps après la Pentecôte, g
lecture des Prophètes annonçant les jugements de Dieu qui s'apprête à en finir avec le monde. On voit passer tour à tour : le terrible Ezéchiel ; Daniel dont l'oeir, après avoir parcouru la succession des empires, plonge jusqu'à la fin des te»mps; enfin, les petits Prophètes^ qui la plupart annoncent les vengeances divines, et dont les derniers proclament en même temps l'avènement prochain du Fils de Dieu.
Telle est la Mystique du Temps après la Pentecôte sur le Cycle liturgique. Elle se complète par l'usage de la couleur verte pour les vêtements sacrés. Cette couleur exprime l'espérance de l'Epouse gui sait que son sort a été confié par l'Epoux à l'Esprit-Saint, sous la conduite duquel elle accomplit en sécurité son pèlerinage. Saint Jean exprime tout d'un seul trait : « L'Esprit et l'Epouse disent : Vene:{ i ! »
I. Apoc. xxn, 17.
E but que se propose la sainte Eglise dans TAnnée liturgique est d'amener l'âme chrétienne à l'union avec le Christ par le Saint-Esprit. Ce but n'est autre que celui que Dieu luimême s'est proposé en nous donnant son propre Fils pour être notre médiateur, notre docteur et notre rédempteur, et en nous envoyant l'Esprit-Saint pour demeurer en nous. Telle est la fin vers laquelle tend tout cet ensemble de rites et de prières que nous avons suivi, et qui n'est pas seulement
I la commémoration des mystères que la bonté j divine a opérés pour notre salut, mais qui apporte avec lui les grâces correspondantes à chacun de ces mystères, afin de nous faire arriver, comme dit l'Apôtre, « à l'âge de la
plénitude du Christ
Pratique du Temps après la Pentecôte. 1 1
Ainsi que nous l'avons exprimé précédemment, la communion aux mystères du Christ qui se sont succédé sur le Cycle opère dans le chrétien ce que la théologie mystique appelle la Vie illuminative, clans laquelle l'âme s'éclaire toujours plus de la lumière du Verbe incarné qui, par ses exemples et ses enseignements, la renouvelle dans toutes ses puissances, et l'accoutume à n'avoir que le point de vue de Dieu en toutes choses. Cette préparation la dispose à s'unir à Dieu, non plus seulement d'une manière imparfaite et plus ou moins fugitive, mais de cette manière intime et permanente qui est appelée la Vie unitive. Cette vie est l'œuvre propre de l'Esprit-Saint qui a été envoyé à l'àme pour la maintenir en possession du Christ, et pour développer en elle l'amour par lequel elle s'unit a Dieu.
Dans cet état, l'âme est préparée pour goûter et assimiler tout ce que les nombreux épisodes dont abonde le Temps après la Pentecôte, offrent de substantiel et de nourrissant. Le mystère de la Trinité, celui du Saint-Sacrement, la miséricorde et la puissance du Cœur de Jésus, les grandeurs de Marie et son action sur l'Eglise et sur les âmes, lui sont manifestés avec plus de plénitude, et produisent en elle des effets nouveaux. Elle sent plus intimement dans les fêtes des Saints, si variées et si riches en ce temps, le lien qui l'unit à eux en Jésus-Christ par le Saint-Esprit. La félicité éternelle, à laquelle cette vie d'épreuve doit faire place, se révèle à elle dans la fête de la Toussaint, et elle perçoit plus avant l'essence de ce
12 Le Temps après la Pentecôte.
bonheur mystérieux qui consiste dans la lumière et dans l'amour. Unie toujours plus étroitement à la sainte Eglise qui est l'Epouse de Celui auquel elle adhère, elle suit toutes les phases de son existence dans la durée des temps, elle compatit à ses souffrances, elle prend part à ses triomphes, elle voit sans faiblir ce monde pencher vers son déclin ; car elle sait que le Seigneur est proche. Pour ce qui est d'elle-même, c'est sans regret qu'elle sent sa vie corporelle s'affaisser lentement, le mur qui l'isole encore de la vue et de la possession immuable du souverain bien s'écrouler peu à peu; car ce n'est pas en ce monde qu'elle vit, et son cœur est déjà rendu là où est son trésor i.
Ainsi éclairée, ainsi attirée, ainsi fixée par l'incorporation des mystères dont la sainte Liturgie l'a nourrie, et par les dons que l'EspritSaint a répandus en elle, l'âme se livre sans effort au souffle de ce divin moteur. Le bien lui est devenu d'autant plus aisé qu'elle aspire comme d'elle-même à ce qui est plus parfait; le sacrifice qui l'effrayait autrefois l'attire aujourd'hui ; elle use de ce monde comme n'en usant pas 2, car les véritables réalités pour elle sont hors de ce monde; enfin, elle aspire d'autant plus à la possession inamissible de ce qu'elle aime, que, dès cette vie, comme l'enseigne l'Apôtre, par cela même qu'elle adhère de cœur à Dieu, elle est déjà un seul esprit avec lui 3,
Tel est le résultat qu'est appelé à produire
2. I Cor. VII, 3i. — 3. Ibid.
Pratique du Temps après la Pentecôte. i3
dans l'àme l'influence douce et sûre de la sainte Liturgie. Que si, après en avoir suivi les phases successives, il nous semble que cet état de dégagement et d'aspiration n'est pas encore le nôfre, que la vie au Christ n'a pas encore absorbé en nous la vie personnelle, gardons-nous d'en être découragés. Le Cycle de la Liturgie, avec ses rayons de lumière et les grâces qu'il répand dans les âmes, ne paraît pas une fois seulement au ciel de la sainte Eglise ; chaque année le voit se renouveler. Telle est l'intention de Celui « qui a tant aimé le monde qu'il lui a « donné son Fils unique i », de Celui «c qui « est venu, non pour juger le monde, mais « afin que le monde fût sauvé par lui 2 » ; intention à laquelle la sainte Eglise ne fait que se conformer, en mettant sans cesse à notre disposition, dans sa maternelle prévoyance, le plus puissant des moyens pour ramener l'homme à Dieu et pour l'unir à lui. Le chrétien que la première moitié du Cycle n'a pas encore conduit au terme que nous venons d'exposer, trouvera néanmoins dans la seconde de précieux secours pour développer sa foi et pour accroître son amour. L'Esprit-Saint, qui règne plus particulièrement sur cette portion de l'année, ne manquera pas d'agir sur son intelligence et sur son cœur, et lorsqu'un nouveau Cycle s'ouvrira, l'œuvre ébauchée déjà par la grâce pourra recevoir le complément que la faiblesse humaine avait suspendu.
ANS cette seconde partie de l'année, le chrétien, à son réveil, s'unira à la sainte Eglise qui, chaque jour, dans l'Office des Laudes, salue le retour de la lumière en empruntant ces
paroles du Roi-Prophète :
DEUS, Deus meus, te de luce vigilo.
mon Dieu, veille vers vous dès point du jour.
Il adorera profondément la Majesté divine, et rendant grâces au souverain Seigneur qui l'a protégé sous les ombres de la nuit, il se dévouera à son service pour toute cette journée qui commence, désirant l'employer dans l'amour et l'obéissance, comme il convient à celui que le Christ s'est uni par ses mystères et que l'Esprit-Saint veut conduire et gouverner. Le moment étant venu de faire la
Prière du Matin.
iS
Prière du matin, il pourra puiser en cette manière, dans les prières de l'Eglise ellemême, la forme de ses sentiments.
D'abord la louange et l'adoration à la très sainte Trinité :
^ TQ ÉNISSONS le Père, le '• D Fils et le SaintEsprit ;
i^. Louons-le et exaltons-le dans tous les siècles.
j^. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
]^. Comme il était au commencement , maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
D tremet Filium, cum Sancto Spiritu ;
^. Laudemus et superexaitemus eum in saecula.
f. Gloria Patri , et Filio, et Spiritui Sancto;
^. Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in sascula sjeculorum. Amen.
Puis la louange à Jésus-Christ, notre Sauveur :
^ Kl ous vous adorons, ô IN Christ, et nous vous bénissons;
^, De ce que, par votre sainte croix, vous avez racheté le monde.
'^' r\ Christe, et benedicimus tibi ;
^. Quia per sanctam crucem tuara redemisti mundum.
Ensuite, l'invocation au Saint-Esprit
•I ^ENEZ, Esprit-Saint, rem\ plissez les cœurs de vos
fidèles, et allumez en eux le
feu de votre amour.
\7ENI, Sancte Spiritus, reple tuorum corda fidelium, et tui amoris in
eis ignem accende. Après ces actes fondamentaux, on récitera
i6 Le Temps après la Pentecôte.
rOraison Dominicale, en s'unissant aux intentions qu'a eues le Seigneur lorsqu'il nous l'a donnée, élevant d'abord nos pensées et nos désirs jusqu'aux intérêts de sa gloire dans les trois prennières demandes, et nous révélant les besoins que nous devons lui exposer pour nous-mêmes, dans les quatre suivantes
l'oraison dominicale.
PATER noster qui es in cœlis, sanctificetur Nomen tuum : adveniat regnum tuum : fiât voluntas tua sicut in cœlo et in terra.
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : et dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : et ne nos inducas intentationem : sed libéra nos a malo. Amen.
NOTRE Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il !
On adressera ensuite la Salutation Angélique à Marie, se souvenant de la part qu'elle a eue aux mystères qui nous ont sauvés et unis à Dieu, du pouvoir immense que son divin Fils lui a contié, et de l'amour maternel qu'elle porte aux hommes.
AVE Maria, gratia plena : Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jésus.
JE vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Prière du Matin.
n
Sancta Maria , Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il 1
Il faut réciter ensuite le Symbole de la foi qui contient les dogmes que nous devons croire et que nous avons vus en action dans toute la suite des mystères de la Liturgie. La foi est le premier lien qui nous rattache à Dieu ; c'est elle qui nous le fait connaître, et nous révèle l'objet de notre espérance et de notre amour. Nous devons tenir à notre foi plus qu'à notre vie, et en demander sans cesse l'accroissement.
JE crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus-Christ , son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du SaintEsprit, est né de la Vierge Alarie, a souffert sous Ponce Pilate , a été crucifié , est mort et a été enseveli ; est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ; est monté aux cieux, et est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ; d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint-Esprit, la sainte Eglise catholique, la communion des Saints, la rémission des péchés , la
Pair
V-/ trem omnipotentem, creatorem coeli et terra .
Et in Jesum Christura Filium ejus unicum, Dominum nostrum : qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, passus sub Pontio Pilato , crucifixus , mortuus et sepultus : descendit ad inferos, tertia die resurrexit a morluis : ascendit ad cœlos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis : inde venturus est judicare vivos et mortuos.
Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, Sanctorum commiinionem ,
i8 Le Temps après la Pentecôte.
remissionem peccatorum, carnis resurrectionem , vitam œternam. Amen.
résurrection de la chair, la vie éternelle. Amen.
Après la Profession de foi, on s'unira à la sainte Eglise qui salue chaque matin le lever de l'astre du jour, en s'unissant à Jésus, lumière du monde ' et soleil de justice, et l'on récitera cette belle Hymne composée par saint Ambroise.
SPLENDOR Paternaeglorise, De iuce lucem pr&ferens, Lux lucis, et fons luminis, Diem dies illuminans.
Verusque sol illabere, Micans nitorc perpeti : JubarqueSancti Spiritus Infunde nostris sensibus.
Votis vocemus et Patrem,
Patrem perennis gloriae,
Patrem potentis gratia?,
Culpam releget lubricam.
Confirmet actus strenuos,
Dentés retundat invidi :
Casus secundet asperos,
Donet gerendi gratiam.
Vous qui êtes la splendeur de la gloire du Père, qui jaillissez lumière de Celui qui est lumière, source de toute clarté, vous êtes le jour qui illuminez ce jour.
Soleil véritable, qui brillez d'un éternel éclat, lancez vos rayons sur nous, répandez dans nos âmes la splendeur de l'Esprit-Saint.
Faites-nous invoquer ardemment le Père, celui qui est Père de l'éternelle gloire, Père de la grâce puissante; qu'il daigne chasser loin de nous le péché et ses attraits.
Qu'il donne l'énergie à nos actes, qu'il brise la dent de l'envieux serpent, qu'il nous soutienne dans les heures pénibles, qu'il nous donne la grâce pour agir.
Prière du Matin.
Qu'il gouverne et dirige notre âme dans un corps chaste et fidèle ; que la foi soit ardente en nous, qu'elle ignore le poison du mensonge.
Que le Christ soit notre nourriture , que la foi soit notre breuvage, que la sage ivresse de l'Esprit-Saint produise en nous une douce allégresse.
Que ce jour s'écoule dans la joie ; la pureté sera son aurore , la foi son midi *, que pour notre âme il n'ait point de couchant.
L'aurore s'avance dans le ciel : daigne briller à nos yeux comme elle le Père, le Fils tout entier dans le Père, et le Père tout entier dans son Verbe.
Gloire à Dieu le Père, gloire à son Fils unique , gloire à l'Esprit consolateur, maintenant et toujours.
Amen.
xMentem gubernet et regat, Casto, fideli corpore : Fides calore ferveat, Fraudis venena nesciat.
Christusque nobis sit cibus, Potusque noster sit fides : Lceti bibamus sobriam Ebrietatem Spiritus.
Laetus dies hic transeat, Pudor sit ut diluculum, Fides velut meridies, Crepusculum mens nesciat.
Aurora cursus provehit, Aurora totus prodeat, In Pâtre totus Filius, Et totus in Verbo Pater.
Deo Patri sit gloria, Ejusque soli Filio, Cum Spiritu Paraclito, Et nunc, et in perpetuum. Amen.
Après avoir ainsi rendu l'hommage au divin Médiateur, le chrétien confessera'humblement ses péchés, en se servant de la formule générale usitée dans l'Eglise.
GONFITEOR Deo omnipotenti, beats î>lariae semper V'irgini, beato Michaeli Archan^lo, beato Johaani Bapustœ, sanctis Apostolis Pairo et Paulo, et omnibus Sanctis , quia peccavi nimis, cogitatione, verbo et opère : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.
Ideo precor beatam Mariam semper Virginera, beatum Michaelem Archangeium, beatum Johannem Baptistam, sanctos Apostolos Petrum et Pauîum, et omnes Sanctos, orarepro me ad Dominum Deum nostrum.
MISEREATUR nostri omnipotens Deus, et dimissis peccatis nostris , perducat nos ad vitam aeternam. Amen. Indulgentiam, absolutionem et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobis omnipotens et misericors Dominas. Amen.
JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste , aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, et à tous les Saints, que j'ai beaucoup péché, en pensées , en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute.
C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge , saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste , les Apôtres saint Pierre et saint Paul, et tous les Saints, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
QUE le Dieu tout-puissant ait pitié de nous, qu'il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Ainsi soit-il 1
Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés. Ainsi soit-il 1
Ici on pourra faire la Méditation, si l'on est dans l'usage de ce saint exercice. Il se peut même que l'application recueillie aux mystères de la Liturgie qui ont successivePrière du Matin.
ment influé sur 1 ame, lui ait ouvert la voie de l'Oraison proprement dite. Qu'elle traite donc avec Dieu sous l'influence de l'F^spritSaint. Durant cette longue période, qui dure jusqu'à six mois et plus, le chrétien est à même de choisir le sujet de ses entretiens avec Dieu, ayant été éclairé sur toutes choses par les paroles et les œuvres du Seigneur qui est descendu du ciel en terre pour nous enseigner toute vérité. Soit donc qu'il s'arrête à contempler les mystères qui lui ont apparu, selon l'attrait qu'il en ressentira; soit qu'il porte son œil renouvelé sur les perfections qui reluisent dans le modèle divin en lequel éclatent tous les caractères du second Adam venu du ciel i ; soit que le Seigneur lui ouvre la vue sur la misère et l'imperfection de l'àme, si éloignée encore de son modèle : tout servira à l'éclairer, à l'échauffer et à l'unir à Dieu. L'âme étant sans cesse ranimée par le contact avec l'Eglise dans la sainte Liturgie, il est impossible que l'esprit d'oraison ne se développe pas en elle, et n'opère pas, soit insensiblement, soit d'une manière plus rapide, la transformation en Celui qui, étant Dieu, s'est uni à notre nature afin que par lui nous fussions unis à Dieu. La Méditation ou l'Oraison étant achevée, et même dans le cas où l'on n'eût pas eu le loisir de s'y livrer à ce moment, on demandera à Dieu, par la prière ci-après, la grâce d'éviter, dans cette journée, toute sorte de péchés et d'accomplir toute sorte de bien, disant toujours avec l'Eglise :
OMiNE , exaiidi o r a t i o n e m meam ;
i^. Et clamor meus ad te veniat.
EIGNEUR exaucez ma prière ;
A;. Et que mon cri parI vienne jusqu'à vous.
DOMINE, Deus omnipotens, qui ad principium hujus. dlei nos pervenire fecisti , tua nos hodie salva virtute, ut in hac die ad nullum declinemus peccatum ; sed semper ad tuam justitiam faciendam nostra procédant eloquia, dirigantur cogitationes et opéra. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sascula saeculorum. Amen.
SEIGNEUR Dieu tout-puissant, qui nous avez fait parvenir au commencement de ce jour, sauvez-nous aujourd'hui par votre puissance, afin que , durant le cours de cette journée, nous ne nous laissions aller à aucun péché ; mais que nos paroles, nos pensées et nos œuvres tendent toujours à l'accomplissement de votre justice.. Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous , en l'unité du SaintEsprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
Dans le cours de la journée, on aura recours aux lectures et prières qui sont assignées ci-après, tant au Propre du Temps qu'au Propre des Saints. Le soir étant arrivé, on pourra faire la prière en la manière suivante.
Prière du Soir.
APRÈS le signe de la Croix, à cette heure qui précède le sommeil, on pourra rendre ses hommages au Dieu qui, à la suite des labeurs de la journée, nous a préparé le repos, en implorant son secours pour la nuit, par cette belle Hymne de saint Ambroise que saint Augustin, son disciple, récitait lui-même avec tant de charme ^ :
ODiEU créateur de l'univers, Roi des cieux, le jour reçoit de vous sa parure de lumière ; par vous la nuit nous offre le bienfait du sommeil. ,
Le repos va détendre nos membres, pour les rendre à de nouveaux labeurs ; il va soulager la fatigue de notre esprit, et mettre fin aux soucis qui nous pressent,
A cette heure où le jour finit et la nuit commence, nous vous offrons une Hymne d'action de grâces, vous suppliant d'aider de votre secours ceux qui sont engagés à votre service.
Que cette Hymne s'élève du fond de notre cœur, que notre
I. Confession. Lib. ix, c. 12.
DEus Creator omnium Polique rector, vestiens Diem decoro lumine, Noctem soporis gratia.
Artus solutos ut quies Reddat laboris usui, j
Mentesquc fessas allevet, Luctusque solvat anxios ;
peracto jam
Grateg, die. Et noctis exortu, preces, Voti reos ut adjuves, Hymnum canentes solvimus.
Te cordis nant.
2 4 Le Temps après la Pentecôte.
Te VO.X sonora concrevoix vous chante avec méloi
pet,
die, que notre amour purifié
Te diligat castus amor.
vous recherche , que notre
Te mens adoret sobria.
esprit réglé par la sobriété vous adore.
Ut, cum profunda clauLorsque la profonde obscurité de la nuit aura anéanti
serit
Diem caligo noctium,
jusqu'aux dernières lueurs du
Fides tenebras nesciat
jour, que du moins notre foi
Et nox fide reluceat.
ignore les ténèbres, qu'elle éclaire la nuit comme un flambeau.
• Dormire mentem ne
Ne laissez pas s'endormir
sinas.
notre âme, mais faites que le
Dormire culpa noverit :
pouvoir de pécher sommeille
Castos fides refrigerans
en nous ; que la foi, comme
Somni vaporem tempeun chaste rafraîchissement,
ret.
purifie l'atmosphère de la nuit. .
Exuta sensu lubrico
Que notre cœur dégagé de
Te cordis alta somnient :
la funeste influence des «ens
Nec hostis invidi dolo
songe à vous intimement ;
Pavor quietos suscitet.
que l'envie de notre ennemi n'inquiète pas notre repos par de trompeuses terreurs.
Christum rogemus et
Prions le Christ et le Père,
Patrem,
prions lEsprit du Père et
Christi Patrisque Spiridu Christ : Trinité, essence
tum :
unique, puissance sans borne.
Unum, potensper omnia.
accueillez nos vœux.
Fove precantes, Trinitas.
Amen.
Amen.
Après cette Hymne, on récitera l'Oraison
Dominicale, la Salutation Angélique et le
Symbole des Apôtres, en la manière qui a
Prière du Soir. 2 5
été marquée ci-dessus pour la Prière du Matin.
On fera ensuite l'Examen de conscience, en repassant dans son esprit toutes les fautes de la journée, reconnaissant humblement que le péché nous ferait déchoir de l'adoption divine, et prenant la résolution ferme de l'éviter à l'avenir, d'en faire pénitence et d'en fuir les occasions.
L'Examen étant terminé, on récitera le Confiteor avec une componction sincère, et on ajoutera un Acte explicite de Contrition, pour lequel on pourra se servir de cette formule, que nous empruntons à la Doctrine Chrétienne ou Catéchisme du Vénérable Cardinal Bellarmin :
MON Dieu, je suis grandement affligé de vous avoir offensé, et je me repens de tout mon cœur de mes péchés ; Je les hais et les déteste au-dessus de tout autre mal, parce qu'en péchant, non seulement j'ai perdu le Paradis et mérité l'Enfer, mais bien plus encore parce que je vous ai offensée, Bonté infinie, digne d'être aimée par-dessus toutes choses. Je fais un ferme propos de ne jamais plus vous offenser à l'avenir, moyennant votre divine grâce, et de fuir l'occasion du péché.
On pourra ajouter les Actes de Foi, d'Espérance et de Charité, à la récitation desquels Benoît XIV a attaché sept ans et sept quarantaines d'indulgence pour chaque fois.
MON Dîeu, je crois fermement tout ce que la sainte Eglise Catholique-Apostolique-Romaine m'ordonne de croire, parce que vous le lui avez révélé, vous qui êtes la Vérité même.
2 6 Le Temps après la Pentecôte.
ON Dieu, connaissant que vous êtes tout-puissant, infiniment bon et miséricordieux, j'espère que, par \c% mérites de la Passion et de la mort de Jésus-Christ, notre Sauveur, vous me donnerez la vie éternelle que vous avez promise à quiconque fera les œuvres d'un bon Chrétien, comme je me propose de faire avec votre secours.
MON Dieu, connaissant que vous êtes le souverain Bien, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses ; je suis disposé à tout perdre plutôt que de vous offenser ; et aussi, pour votre amour, j'aime et veux aimer mon prochain comme moi-même.
On s'adressera ensuite à la très sainte Vierge, récitant la solennelle Antienne que l'EgHse lui consacre désormais jusqu'à l'Avent.
SALVE, Regina, Mater misericordiae. Vita. dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules filii Hevœ.
Ad te suspiramus, gementes et fientes in hac lacrymarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos miséricordes oculos ad nos converte ;
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exsilium ostende ;
SALUT, ô Reine, Mère de miséricorde.
Notre vie , nos délices , notre espérance, salut !
Exilés, enfants d'Eve, nous crions vers vous;
Vers vous nous soupirons, gémissants et pleurants au fond de cette vallée de larmes.
Sus donc, ô notre avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants ;
Et montrez-nous, après cet exil, Jésus le fruit béni de votre sein •
Prière du Soir
O clémente,
O miséricordieuse,
O douce Vierge Marie !
f. Sainte Mère de Dieu, priez pour nous ;
■B}. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.
O cleraens,
O pia,
O dulcis Virgo Maria 1
f. Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix ;
R). Ut digni efficiamur promissionibus Christi.
DIEU tout-puissant et éternel, qui, par la coopéra tion du Saint-Esprit, ave;
OMNIPOTENS sempiterneDeus, qui gloriosae Virginis matris Marias corpus et animam, ut dignum Filii tui habitaculum effici mereretur, Spiritu Sancto coopérante, praeparasti : da, ut cujus commemoratione laetamur, ejus pia intercessione ab instantibus mails et a morte perpétua liberemur. Per eumdemChristam Dominura nostrum. Amen.
préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie, afin qu'elle devînt le digne séjour de votre Fils ; daignez, par sa miséricordieuse intercession, nous accorder , à nous qui fêtons joyeusement sa mémoire, d'être affranchis des maux qui nous assiègent et délivrés de la mort éternelle. Par le même JésusChrist notreSeigneur. Amen.
Il sera convenable d'ajouter ici les Litan de la Sainte Vierge, à la récitation descquelles les Souverains Pontifes ont accordé trois cents jours d'indulgence pour chaque fois.
SEIGNEUR, ayez pitié de nous. Christ, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous. Christ, écoutez-nous. Christ, exaucez-nous. Dieu Père, du haut des cieux, ayez pitié de nous.
YRIE, eleison.
Christe, eleison. Kyrie, eleison, Christe, audi nos. Christe, exaudi nos. Pater de cœlis, Deus, miserere nobis.
2 8 Le Temps après la Pentecôte.
Fili, Redemptor mundi, Deus, miserere nobis.
Spiritus Sancte, Deus, miserere nobis.
Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis.
Sancta Maria, ora pro nobis.
Sancta Dei Genitrix, ora, etc.
Sancta Virgo virginum.
Mater Christi.
Mater divinœ gratiae.
Mater purissima.
Mater castissima.
Mater inviolata.
Mater intemerata.
Mater amabilis.
Mater admirabilis.
Mater boni consilii.
Mater Creatoris.
Mater Salvatoris.
Virgo prudentissima.
Virgo veneranda.
Virgo praedicanda.
Virgo poten-". Virgo clemens. Virgo fidelis. Spéculum justitiae, Sedes Sapientiae. Causa nostraî laetiti^T. Vas spirituale. Vas honorabile. Vas insigne devotionis. Rosa mystica. Turris Davidica. Turris eburnea. Domus aurea.
Dieu Fils, Rédempteur du
monde, ayez pitié de
nous. Dieu Saint-Esprit , ayez
pitié de nous. Trinité sainte, un seul Dieu,
ayez pitié de nous.
Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez, etc.
Sainte Vierge des vierges.
Mère du Christ.
Mère de la divine grâce.
Mère très pure.
Mère très chaste.
Mère inviolable.
Mère sans tache.
Mère aimable.
Mère admirable.
.Mère du bon conseil.
Mère du Créateur.
Mère du Sauveur.
Vierge très prudente.
Vierge digne de tout honneur.
Vierge digne de toute louange.
Vierge puissante.
Vierge clémente.
Vierge fidèle.
Miroir de justice.
Siège de la Sagesse.
Cause de notre )oie.
Vase spirituel.
Vase honorable.
Vase insigne de dévotion.
Rose mystique.
Tour de David.
Tour d'ivoire.
Maison d'or.
Prière du Soir.
Arche d'alliance. Porte du ciel. Etoile du matin. Salut des infirmes. Refuge des pécheurs. Consolatrice des affligés. Secours des Chrétiens.
Reine des Anges. Reine des Patriarches. Reine des Prophètes Reine des Apôtres. Reine des Martyrs. Reine des Confesseurs. Reine des Vierges. Reine de tous les Saints.
Reine conçue sans la tache
originelle. Reine du très saint Rosaire.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
f. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu ;
^. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.
Fœderis arca.
Janua cœli.
Stella matutina.
Salus infirmorum.
Refugium peccatorum.
Consolatrix afflictorum.
Auxilium Chrisiianorum.
Regina Angelorum.
Regina Patriarcharum.
Regina Prophetarum.
Regina Apostolorum.
Regina Martyrum.
Regina Confessorum.
Regina Virginum.
Regina Sanctorum omnium.
Regina sine labe originali concepta.
Regina sacratissimi Rosarii.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis. Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos, Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
f. Ora pro nobis , sancta Dei Genitrix ;
l^. Ut digni efficiam u r promissionibus Christi.
accorder à nous,
daignez
vos serONCEDE nos famulos tuos, quaesumus Do3o Le Temps après la Pentecôte.
viteurs , la grâce de jouir constamment de la santé de l'àme et du corps; et. par la glorieuse intercession de la Bienheureuse Marie toujours vierge , délivrez-nous de la tristesse du temps présent, et faites-nous jouir de l'éternelle félicité. Par JésusChrist notreSeigneur. Amen.
On s'adressera ensuite aux saints Anges, dont la protection nous est si nécessaire à toute heure, et surtout au milieu des ténèbres de la nuit, en disant avec l'Eglise ;
mine Deus, perpétua mentis et corporis sanitate gaudere : et gloriosa beatae Mariae semper virginis intercessione, a presenti liberari tristitia, et «terna perfrui laetitia. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
SANCTI Angelî, custodes nostri, defendite nos in praîlio, ut non pereamus in tremendo judicio.
f. Angelis suis Deus mandavit de te,
"Bf. Ut custodiant te in omnibus viis tuis.
SAINTS Anges , nos gard i e n s , défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au jour du jugement redoutable.
j^. Dieu a commandé à ses Anges.
^. De vous garder dans toutes vos voies.
DEUS, qui ineffabili providentia sanctos Angelos tuos ad nostram custodiam mittere dignaris : largire supplicibus tuis, et eorum seraper protectione defendi, et a?terna societate gaudere. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
ODiEU qui, par une providence ineffable, daignez commettre vos saints Anges à notre garde, accordez à vos humbles serviteurs d'être sans cesse défendus par leur protection et de jouir éternellement de leur société. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Puis on implorera, toujours avec l'Eglise, le suffrage des Saints par la prière suivante :
Prière du Soir
3i
Ant.
SAINTS de Dieu, daignez tous intercéder pour notre salut et celui de tous.
omnes
inAnt.
tercedere dignemini pro nostra omniumque salute.
On pourra faire ici une mention spéciale des Saints auxquels on aurait une dévotion particulière, comme des saints Patrons et autres, et aussi de ceux dont l'Eglise fait l'Office ou la xMémoire ce jour-là.
Après quoi on s'occupera des besoins de l'Eglise souffrante, demandant à Dieu pour les âmes du Purgatoire un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix, et récitant à cet effet les prières accoutumées :
PSAUME cxxix.
Du fond de l'abîme , j'ai crié vers vous, Seigneur : Seigneur, écoutez ma voix.
Que vos oreilles soient attentives aux accents de ma supplication.
Si vous recherchez les iniquités, Seigneur : Seigneur, qui pourra subsister ?
Mais, parce que la miséricorde est avec vous, et à cause de votre loi, je vous ai attendu, Seigneur.
Mon âme a attendu avec confiance la parole du Seigneur : mon âme a espéré en lui.
Du point du jour à l'arrivée de la nuit, Israël doit espérer dans le Seigneur.
Car dans le Seigneur est la
DE profundis clamavi ad te. Domine : Domine , exaudi vocem meam.
Fiant aures tuœ intendentes : in vocem deprecationis meas.
Si iniquitates observaveris, Domine : Domine, quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est : et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Sustinuit anima mea in verbo ejus : speravit anima mea in Domino.
A custodia matutina usque ad noetem : speret Israël in Domino.
Quia apud Dominum
misericordia : et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israël : ex omnibus iniquitatibus ejus.
Requiem asternam dona eis, Domine : et lux perpétua luceat eis.
f. A porta inferi,
^. Erue, Domine, animas eorum.
j^. Requiescant in pace.
^. Amen.
f. Domine , cxaudi orationem meam ;
^. Et clamor meus ad te veniat.
miséricorde , et en lui abondante rédemption.
Et lui-même rachètera Israël de toutes ses iniquités.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; et que la lumière qui ne s'éteint pas luise sur eux.
>■*. Des portes de l'enfer,
^. Arrachez leurs âmes, Seigneur.
f. Qu'ils reposent en paix.
^. Amen.
^. Seigneur, exaucez ma prière ;
H|. Et que mon cri parveinne jusqu'à vous.
FIDELIUM Deas omnium Conditor et Redemptor, animabus famulorum famularumque luarum, remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut indulgentiam, quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et régnas in sxcula sseculorum. Amen.
Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de tos servantes la rémission de tous leurs péchés ; afin que, par la prière de votre Eglise, elles obtiennent le pardon qu'elles désirèrent toujours. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.
C'est ici le lieu de prier en particulier pour les âmes des défunts qui nous intéressent spécialement ; après quoi l'on demandera à Dieu son secours pour traverser sans danger les périls de la nuit. On dira donc encore avec l'Eglise :
Ant.
^ Domine,
Ant.
O Seigneur, duPrière du Soir.
rant la veille ; gardez -nous durant le sommeil : afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.
j^. Daignez, Seigneur, durant cette nuit,
^. Nous garder de tout péché.
f. Ayez pitié de nous, Seigneur,
^. Ayez pitié de nous.
f. Que votre miséricorde soit sur nous. Seigneur,
lEf. Dans la mesure que nous avons espéré en vous.
f. Seigneur, exaucez ma prière ;
r). Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
vigilantes ; custodi nos dormientes :utvigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.
t- Dignare, Domine, nocte ista,
'Ef. Sine peccato nos custodire.
f. Miserere nostri, Domine,
Ri. Miserere nostri.
j^. Fiat misericordia tua, Domine, super nos,
Rj. Quemadmodum speravimus in te.
f. Domine , exaudi orationem meam ;
Rj. Et clamor meus ad te veniat.
VISITEZ, s'il vous plaît, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi ; que vos saints Anges v habitent, qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du SaintEsprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
VISITA, quaesumus Domine, habitationem istam, et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea, qui nos in pace custodiant , et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jesum Christum, Filium tuum, qui tecura vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saîculorum. Amen.
Enfin, pour terminer la Journée, on prononcera avec confiance ces paroles qui furent les dernières du Sauveur sur la croix. L'E-
1 N manus tuas, Domine, l commendo spiritum meum.
ENTRE vos mains. Seigneur, je remets mon âme.
E toutes les œuvres pieuses dont peut être occupée la journée d'un chrétien, la plus excellente est sans contredit l'assistance à la sainte Messe. C'est dans l'auguste Sacrifice , acte suprême de la religion, que se concentrent tous les hommages dus par la créature humaine à son Créateur, et que Dieu, en retour, verse sur elle toute la plénitude de ses grâces. Le propre Fils de Dieu y est réellement présent ; il y est otfert en victime toujours agréée, et tous ceux qui assistent avec foi et amour à cette immolation sublime en reçoivent dans leurs âmes des effets qui dépassent tout ce que la grâce divine opère par les moyens ordinaires.
L'assistance au saint Sacrifice, si elle est complétée par la participation réelle à la divine Victime, unit l'homme à Dieu d'une
36 Le Temps après la Pentecôte.
façon ineffable, en renouvelant son être tout entier par le rapport intime qu'elle établit entre lui et le Veroe incarné. Mais si le fidèle
aui est venu assister au Sacrifice se contente e conformer ses dispositions à celles de la Victime immolée, s'unissant à elle seulement par ses aspirations, la présence religieuse à un si ^rand acte renferme déjà une participation véritable à l'hommage souverain que la terre rend à la Majesté divine dans le Christ et par le Christ, et consacre à Dieu d'une façon supérieure la journée qui s'ouvre pour le chrétien par une œuvre si sainte.
Dans l'Octave de la fête du Saint-Sacrement, nous nous sommes efforcé de donner à nos lecteurs l'intelligence du Sacrifice chrétien ; quant aux dispositions avec lesquelles on doit y assister, elles ont été tracées avec tout le soin dont nous étions capable dans le présent chapitre, où nous exposons avec le plus grand détail, quoique sans longueurs, toute la marche de ce drame divin. "En essayant ainsi d'initier les fidèles à de si sublimes mystères, nous n'avons cependant pas placé sous leurs yeux une stérile et téméraire traduction des formules sacrées; il nous a semblé préférable de proposer une suite d'Actes destinés à mettre les assistants en rapport direct avec les actions et les sentiments de l'Eglise et du Prêtre durant toute la série de la sainte Messe. On en tirera cette conclusion qui est de la première importance : que pour profiter sérieusement de l'assistance au divin Sacrifice, il est nécessaire de suivre attentivement ce qui se passe à l'autel, et de ne pas s'en isoler par des
La Messe.
lectures privées et des actes de dévotion intempestifs.
Le Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'Eau bénite, et en beaucoup d'églises la Procession, devront d'abord intéresser la piété.
Pendant l'Aspersion, on s'unira aux intentions de la sainte Eglise dans ce rite antique, et on demandera la pureté de cœur nécessaire pour assister dignement à un mystère dans lequel Dieu lui-même va se rendre présent et mettre en rapport intime le ciel et la terre.
\ ri
V gneur, avec l'hysope, et je serai purifié; vous me laTcrez, et je deviendrai plus blanc que la neige.
Ps. O Dieu, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde. Gloire au Père. Vous m'arroserez.
f. Montrez-nous , Seigneur, votre miséricorde;
B?. Et donnez-nous le Salut que vous nous avez préparé.
f. Seigneur, exaucez ma prière ;
f\. Et que mon cri monte jusqu'à vous.
f. Le Seigneur soit avec vous ;
^. Et avec votre esprit.
ASPERGES me, Domine, hyssopo, et mundabor : lavabis me, et super nivem dealbabor.
Ps. Miserere mei , Deus, secundum magnam misericordiam tuam. Gloria Patri. Asperges me.
f. Ostende nobis. Domine , misericordiam tuam;
Rj. Et Salutare tuum da nobis.
f. Domine, exaudiorationem meam ;
^. Et clamor meus ad te veniât.
j^. Dominusvobiscum ;
lî). Etcumspiritu tuo.
38 Le Temps après la Pentecôte.
EXAUCEZ-NOUS , Seigneur saint. Père tout-puissant, Dieu éternel; et daignez envoyer du ciel votre saint Ange qui garde, protège, visite et défende tous ceux qui sont rassemblés en ce heu. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
EXAUDI nos, Domine sancte, Pater oranipotens, aeterne Deus : et mittere digneris sanctum Angelum tuura de cœlis, qui custodiat , foveat, protegat, visitet, atque defendat omnes habitantes in hoc habitaculo. Per Christum Dorainum nostrum. Amen.
La Procession qui précède la Messe est un prélude solennel au grand Acte qui va avoir lieu. Son origine est" venue des monastères, où l'on parcourait ainsi le cloître chaque Dimanche, en chantant des Répons, tandis que l'hebdomadier allait bénissant les Lieux Réguliers.
Enfin, le moment du Sacrifice est arrivé. Le Prêtre est au pied de l'autel, Dieu est attentif, les Anges adorent, toute l'Eglise est unie au Prêtre qui n'a qu'un même sacerdoce, une même action avec Jésus-Christ, le souverain Prêtre. Faisons avec lui le signe de la Croix.
IN nomine Patris, et A Filii et Spiritus Sancti. Amen.
f. Introibo ad altare Dei,
^. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il !
Je m'unis, ô mon Dieu! à votre sainte Eglise, qui tressaille de joie à l'approche de Jésus-Christ votre Fils , notre Autel véritable.
Ordinaire de la Messe,
3g
COMME elle, je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon salut.
C'est en vous que j'ai mis | mon espérance; et cependant je me sens triste et inquiet à cause des embûches qui me sont tendues.
Faites-moi donc voir celui qui est la lumière et la vérité : c'est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.
Il est le médiateur, l'autel vivant ; je m'approcherai de lui, et je serai dans la joie.
Quand je l'aurai vu, je chanterai avec allégresse. O mon âme ! ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée.
Espère en lui ; bientôt il va paraître, celui qui est ton Sauveur et ton Dieu.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit;
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il 1
Je vais donc m'approcher de l'autel de Dieu, et sentir la présence de celui dont la venue rajeunit mon âme.
Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours tout-puissant de mon Créateur.
JUDICA me, Deus, et discerne causam meam de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso crue me.
Quia tu es, Deus, fortitudo mea : quare me repulisti ? et quare tristis incedo, dum affligit me inimicus ?
Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctura tuum, et in tabernacula tua.
Et introibo ad altare Dei : ad Deum qui laetificat juventutem meam.
Confitebor tibi in cithara, Deus, Deus meus : quare tristis es, anima mea ? et quare conturbas me ?
Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : salutare vultus mei, et Deus meus.
Gloria Patri. et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in sascula saïculorum. Amen.
t. Introibo ad altare Dei,
ysf. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.
f. Adjutorium nostrum in nomine Domini,
Vf. Qui fecit cœlum et terram.
40 Le Temps après la Pentecôte.
Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur fait naître dans l'âme du Prêtre un vif sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne d'une telle grâce. Ecoutez avec respect cette confession de l'homme de Dieu, et demandez sincèrement au Seigneur qu'il daigne lui faire miséricorde : car le Prêtre est votre père; il est responsable de votre salut, pour lequel il expose le sien tous les jours.
Faites ensuite votre confession avec le ministre qui vous représente auprès de lui, disant à votre tour avec contrition :
CONFiTEOR Deo omnipotenti, beatse Marias semper Virgini, beato Michaeli Archangelo, beato Johanni Baptistae, sanctis Apostolis Petro et Paulo, omnibus Sanctis, et tibi, Pater, quia peccavi nimis cogitatione, verbo et opère : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Ideo precor beatam Mariam semper Virginem, beatum Michaelem Archangelum, beatum Johannem Baptistam, sanctos Apostolos Petrum et Paulum, omnes Sanctos, et te, Pater, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.
Recevez avec reconnaissance paternel du Prêtre qui vous dit :
JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste , aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché en pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
le souhait
Ordinaire de la Messe. 41
/^UE le Dieu tout-puissant V/ ait pitié de vous, qu'il
WisEREATUR vestri - IVl omnipotens Deus,
vous remette vos péchés et
et dimissis peccatis vesvous conduise à la vie étertris, perducat vos ad vinelle.
tam asternam.
Que le Seigneur tout-puisIndulgentiam, absolusant et miséricordieux nous
tionem, et remissionem
accorde l'indulgence, l'absopeccatorum nostrorum
lution et la rémission de nos
tribuat nobis omnipotens
péchés.
et misericors Dominus.
Relevez maintenant la tête, et appelez le
secours divin pour vous approcher de JésusChrist.
j^ y^ Dieu, d'un seul KJ regard vous nous
V Pi ^"®' ^" converL,' sus vivificabis donnerez la vie ;
nos ;
^. Et votre peuple se réB?. Et plebs tua lœtajouira en vous.
bitur in te.
f. Montrez-nous , Seif. Ostende nobis, Dogneur, votre miséricorde;
mine, misericordiam tuam :
^. Et donnez-nous le SauW. Et Salutare tuum
veur que vous nous avez préda nobis.
paré
y. Seigneur, exaucez ma
i^. Domine , exaudi
prière ;
orationem meam ;
S. Et que mon cri parr!. Et clamor meus ad
vienne jusqu'à vous.
te veniat.
Le Prêtre vous salue, en vous quittant,
pour monter à l'autel :
■f. Le Seigneur soit avec >. Dominus vobisvous, cum.
Répondez-lui avec révérence :
^. Et avec votre esprit. | % Et cum spiritu tuo.
42 Le Temps après la Pentecôte.
• Il monte les degrés, et arrive au Saint des Saints. Demandez pour lui et pour vous la délivrance des péchés.
\UFER a nobis, quaesumus Domine, iniquitates nosiras, ut ad Sancta Sanctorum puris mereamur mentibus introire. Per Christutn Dominum nostrum. A- men.
FAITES disparaître de nos cœurs, ô mon Dieu 1 toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentés ; nous vous le demandons par votre divin Fils, notre Seigneur.
Quand le Prêtre baise l'autel par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :
RAMUS te. Domine, per mérita Sanctorum tuorum quorum reliquiae hic sunt et omnium Sanctorum, ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen.
GiÎNÉREUX soldats de Jésus-Christ, qui avez mêlé votre sang au sien, faites instance pour que nos péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous,
1 approcher de Dieu.
Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel avec pompe ; et cette fumée qui s'exhale de toutes les parties de l'autel signifie la prière de l'Eglise qui s'adresse à Jésus-Christ et que ce divin Médiateur fait ensuite monter, avec la sienne propre, vers le trône de la majesté de son Père.
Le Prêtre dit ensuite l'Introït. Cette Antienne solennelle est un chant d'ouverture dans lequel l'Eglise laisse s'échapper tout d'abord les sentiments qui l'animent.
Il est suivi de neuf cris plus expressifs encore, car ils demandent miséricorde. En
Ordinaire de la Messe.
les proférant, l'Eglise s'unit aux neuf chœurs des Anges réunis autour de l'Autel du ciel, qui est le même que celui de la terre.
Au Père
SEIGNEUR, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié !
KrsiE, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
A u Fils
Christ, ayez pitié 1 Christ, ayez pitié 1 Christ, ayez pitié !
Christe, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison.
Au Saini- Esprit :
Seigneur, ayez pitié Seigneur, ayez pitié Seigneur, ayez pitié
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
Puis, mêlant sa voix à celle de la milice céleste, le Prêtre entonne le sublime Cantique de Bethléhem qui annonce à Dieu la gloire, et à V homme la paix. Instruite des divins secrets, l'Eglise continue de son propre fonds l'Hymne des Anges.
l'hymne ANGÉLIQUE.
GLOIRE à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.
Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions, nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire.
Seigneur Dieu, Roi célesGLORIA in excelsîs Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis.
Laudamus te : benedicimus te : adoramus te : glorificamus te : gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus , Rex
44' ^^ Temps après la Pentecôte.
cœleslis.
De
Pater
omnipotens.
Domine, Fili unigenite, Jesu Christe.
Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris.
Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.
Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.
Quoniam tu solus Sanctus, tu solus Dominas, tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris. Amen.
te, Dieu Père tout-puissant !
Seigneur Jésus-Christ , Fils unique !
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père !
Vous qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
^'■ous qui ôtez les péchés du monde, recevez notre humble prière.
Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.
Car vous êtes le seul Saint, vous êtes le seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut, à Jésus-Christ ! avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.
Le Prêtre salue encore le peuple, comme pour s'assurer de sa persévérance dans l'attention religieuse que réclame l'Action sublime qui se prépare.
Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l'Eglise expose à Dieu, d'une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s'unir à cette prière en récitant avec le Prêtre les Oraisons qui se trouvent ci-après, au Propre du Temps, ou au Propre des Saints, et surtout en répondant Amen avec le ministre qui sert la Messe.
On lira ensuite l'Epître, qui est, pour l'ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres, ou quelquefois un passage des livres de l'Ancien Testament; et en "faisant cette lecOrdinaire de la Messe. 45
ture, on demandera à Dieu la grâce de profiter des enseignements qu'elle renferme.
Le Graduel est un intermède entre la lecture de l'Epître et celle de l'Evangile. Le plus souvent il remet sous nos }^eux les sentiments qui ont déjà été exprimés dans l'Introït. On doit le lire avec dévotion, pour s'en bien pénétrer, et s'élever plus avant dans les hauteurs du mystère.
Le cri de louange, le divin Alléluia, ne tarde pas à se faire entendre : unissons-nous aux saints Anges, qui font retentir dans l'éternité ce chant du ciel, qu'il nous est permis d'essayer sur la terre.
Le moment où le saint Evangile va être lu est enfin arrivé. L'Evangile est le Verbe écrit; sa lecture nous prépare à l'arrivée du Verbe, notre Hostie et notre nourriture.
Si c'est une Messe solennelle que l'on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère, qui consiste à annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Il prie Dieu de purifier son cœur et ses lèvres ; puis il demande à genoux la bénédiction du Prêtre, et, l'ayant obtenue, il se rend au lieu d'où il doit chanter l'Evangile.
Pour préparation à le bien entendre, on peut dire en union avec le Prêtre et avec le Diacre :
SEIGNEUR, purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle et que je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ
MTTNDA cor meum, ac labia mea, omnipotens Oeus, qui labia Isaiae Prophetae calculo mundasti ignito : ita me tua grata miseratione dignare mundare, ut
46 Le Temps après la Pentecôte.
votre Fils notre Seigneur. Amen.
Donnez à vos ministres la grâce d'être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous, à jamais.
sanctum Evangelium tuum digne valeam nuntiare. Per Christum Dominum nostrum. Amen. Dominus sit in corde meo, et in labiis mois. ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.
On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l'Evangile ; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prêtre, ou du Diacre. Que le cœur donc soit prêt, et qu'il se montre docile. L'Epouse du Cantique dit : Mon dnie s'est fondue en moi comme la cire, pendant que le bien-aimé me parlait. Mais tous n'ont pas cet amour. Disons-lui du moins, avec l'humble soumission de Samuel : Parle:^, Seigneur : votre serviteur écoute.
Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La Foi est le don suprême de Dieu. C'est f)ar elle que nous percevons la lumière qui luit au milieu des ténèbres, et que les ténèbres de l'incrédulité n'ont point comprise^. Disons donc avec l'Eglise Catholique :
CREDO in unum Deum Patrem omnipotentem, factorem cœli et 1 fait le ciel et la terre, et
terrae, visibilium omnium toutes les choses visibles et
et invisibilium, invisibles.
Et in unum Dorainum Et en un seul Seigneur
JE crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, qui a
Ordinaire de la Messe.
Jésus-Christ, Fils unique de Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; qui n'a pas été fait, mais engendré : consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites. Qui est descendu des cieux pour nous autres hommes et pour notre salut ; qui a pris chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit ; et qui^ s'est FAIT HOMME. Qui a été aussi crucifié pour nous sous PoncePilate ; qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscite le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel ; qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts, et dont le règne n'aura point de fin.
Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.
Jesum Christum, Filium Dei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia ssecuîa. Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum, non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines et propter nostram salutem. descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine : et homo factus EST. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus et sepultus est. Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, et ascendit in cœlum, sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.
Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem : qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur, et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas. Et Unam, Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi s«culi. Amen.
4^ Le Temps après la Pentecôte.
Le cœur du Prêtre et celui du peuple doivent maintenant être prêts; il est temps de préparer l'offrande elle-même. Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation, et qui fait suite à celle qu'on désigne sous le nom de Messe des Catéchumènes, parce qu'elle était autrefois la seule à laquelle les aspirants au Baptême eussent le droit de prendre part.
Voici donc que le pain et le vin vont être offerts à Dieu, comme les plus nobles éléments de la création matérielle, puisqu'ils sont destinés à la nourriture de l'homme ; mais ce n'est là qu'une figure grossière de leur destination dans le Sacrifice chrétien.
Leur substance va bientôt s'évanouir; il n'en demeurera plus que les apparences. Heureuses créatures qui cèdent la place au Créateur ! Nous aussi, nous sommes appelés à éprouver une ineff'able transformation, lorsque, comme dit l'Apôtre, ce qui est mortel en jioiis sera absorbé par la vie ^. En attendant, offrons-nous à Dieu au moment où le pain et le vin lui vont être présentés, et rendons gloire à Celui qui, en prenant notre nature^humaine, nous a TQndus participants de la nature divine -.
Le Prêtre salue encore le peuple, pour l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l'Off'ertoire, et quand il présente à Dieu l'Hostie, '
USCIPE, sancte Pater, omnipotens, aeterne | 1 Seigneur, vient de vous
I. II Cor. V, 4. — 2. II Petr. 1, 4.
Ordinaire de la Messe.
et est à vous ; il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité ! Ce pain que nous vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps ; recevez, dans une même oblation, nos cœurs qui voudraient vivre de vous et non plus d'euxmêmes.
Deus, hanc immaculatam hostiam, quam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meovivoet vero, pro innumerabilibus peccatis et offensionibus et negligentiis meis, et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis : ut mihi et illis proficiat ad saluI tem in vitam aeternam.
I Amen.
Quand le Prêtre met dans le calice le vin, auquel il mêle ensuite un peu d'eau, afin de représenter l'union de la nature divine à la faible nature humaine en Jésus-Christ, honorez le mystère de l'Incarnation, et dites :
SEIGNEUR, qui êtes la véritable Vigne, et dont le sang, comme un vin généreux, s'est épanché sous le pressoir de la Croix, vous daignez unir votre nature divine à notre faible humanité figurée ici par cette goutte d'eau ; venez nous faire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.
mirabiliter condidisti, et mirabilius reformasti : da nobis per hujus aquae et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostraî fieri dignatus est particeps, Jésus Christus, Filius tuus Dominus noster. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Le Prêtre offre ensuite le mélange de vin et d'eau, priant Dieu d'avoir pour agréable cette oblation dont la figure va bientôt se transformer en réalité; pendant ce temps, dites en union avec lui :
EUS, qui humanœ sub5o Le Temps après la Pentecôte.
A GRÉEZ ces dons, souvei*^ rain Créateur de toutes choses; qu'ils soient ainsi préparés pour la divine transformation qui, de cette simple offrande de créatures, va faire l'instrument du salut du monde.
Ç\ FFERIMUS tibi, Do^-^ mine, calicem salutaris, tuam deprecantes clementiam : ut in conspectu divinae Majestatis tuae, pro nostra et totius mundi salute, cum odore suavitatis ascendat. A- men.
Puis le Prêtre s'incline, après avoir élevé ies dons; humilions-nous avec lui, et disons:
SI nous avons la hardiesse d'approcher de votre autel, Seigneur, ce n'est pas que nous puissions oublier ce que nous sommes. Faitesnous miséricorde, afin que nous puissions paraître en la présence de votre Fils, qui est notre Hostie salutaire.
IN spiritu humilitatis, et inanimo contrito suscipiamur a te. Domine : et sic fiât sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi. Domine Deus.
Invoquons ensuite l'Esprit-Saint, dont l'opération va bientôt produire sur l'autel la présence du Fils de Dieu, comme elle la produisit au sein de la Vierge Marie, dans le divin mystère de l'Incarnation.
VENI, Sanctificator om- X r enez , Esprit divin, fénipotens , œterne V conder cette offrande qui
Deus, et benedic hoc sa- est sur l'autel, et produire en
crificium tuo sancto No- nos cœurs Celui que nos
mini praepararum. cœurs attendent.
Si c'est une Messe solennelle, le Prêtre, avant de passer outre, prend pour la seconde fois l'encensoir. 11 encense le pain et le vin qui viennent d'être offerts, et ensuite l'autel lui-même, afin que la prière des fidèles, signifiée par la fumée de ce parfum, devienne
Ordinaire de la Messe.
5i
de plus en plus ardente, à mesure que le moment solennel approche davantage. Saint Jean nous dit que l'encens qui brûle sur l'Autel du ciel est formé par les prières des Saints; joignons-nous-y de toute l'ardeur de nos désirs.
Mais la pensée de son indignité se ranime plus vive au cœur du Prêtre. La confession publique qu'il a faite au pied de l'autel ne suffit plus à sa componction. A l'autel même, il donne, à la vue du peuple, un témoignage solennel du pressant besoin qu'il éprouve de se purifier à l'approche de Dieu: il lave ses mains. Or, les mains signifient les œuvres; et le Prêtre, s'il porte en lui-même, comme Prêtre, le caractère de Jésus-Christ, est un homme par les œuvres. Que les fidèles s'humilient en contemplant ainsi l'humilité de leur Père, et disent comme lui :
JE veux laver mes mains, Seigneur , et me rendre semblable à ceux qui sont dans l'innocence, pour être digne d'approcher de votre autel, d'entendre vos sacrés Cantiques, et de raconter vos merveilles. J'aime la beauté de votre Maison, le lieu dont vous allez faire l'habitation de votre gloire. Ne me laissez pas retourner, ô Dieu, dans la compagnie de vos ennemis et des miens. Depuis que votre miséricorde m'en a retiré, je suis revenu à l'innocence, en rentrant en^ràce
LAVABO inter innocentes manus meas : et circuradabo altare tuum, Domine.
Ut audiam vocem laudis : et enarrem universa mirabilia tua.
Domine , dilexi décorera domus tuae : et locum habitationis glorias tuse.
Ne perdas cum impiis, Deus, animam meam : et cum viris sanguinum vitam meam.
In quorum manibus iniquitates sunt : dextera
52 Le Temps après la Pentecôte.
eorum repleta est muneribus.
Ego autem in innocentia mea ingressus sum : redime me, et miserere mei.
Pes meus stetit in directe: in ecclesiis benedicam te, Domine.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen.
avec vous ; mais ayez encore pitié de mes faiblesses, rachetez-moi encore , vous qui avez, par votre bonté, remis mes pas dans le sentier: ce dont je vous rends grâces au milieu de cette assemblée. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit; comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Le Prêtre, rassuré par l'acte d'humilité qu'il vient d'accomplir, reparaît au milieu de l'autel et s'incline respectueusement. Il demande à Dieu de recevoir avec bonté le Sacrifice qui va lui être offert, et détaille les intentions de ce Sacrifice. Offrons avec lui.
SusciPE, sancta Trinitas, hanc oblationem, quam tibi offerimus ob memoriam Passionis, Resurrectionis, et Ascensionis Jesu Christi Domini nostri; et in honorem beatae Mariae semper Virginis, et beati Johannis Baptists, et sanctorum Aposiolorum Pétri et Pauli, et istorum, et omnium Sanctorum, ut illis proficiat ad honorem, nobis autem ad salutem: et illi pro nobis intercedere dignentur in cœlis, quorum memoriam
TRINITE sainte, agréez ce Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, delà Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ notre Seigneur. Souffrez que votre Eglise y joigne l'intention d'honorer la glorieuse Vierge qui nous a donné le divin fruit de ses entrailles, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous cet autel, et les Saints dont aujourd'hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont ils jouissent, et qu'ils daignent
eux-mêmes intercéder pour 1 agimus in terris. Per
notre salut. eumdem Christum DoI minum nostrum. Amen.
Le Prêtre se tourne une dernière fois vers le peuple. Il sent le besoin de raviver encore l'ardeur des fidèles; mais la pensée de son indignité ne l'abandonne pas. Il veut s'appuyer sur les prières de ses frères, avant d'entrer dans la nuée avec le Seigneur. Il dit donc:
ORATE , Fratres : ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiât apud Deum Patrem omnipotentem.
PRIEZ, mes Frères, afin que mon Sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit acceptable auprès de Dieu le Père toutpuissant.
Après les premières paroles, il se retourne, et les fidèles ne verront plus sa face, jusqu'à ce que le Seigneur lui-même soit descendu. Rassurez-le, en lui répondant par ce souhait:
le Seigneur reçoive ce Sacrifice de vos mains, pour la louange et la gloire de son Nom, pour notre utilité et pour celle de toute sa sainte Eglise.
Suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam Nominis sui , ad utilitatem quoque nostram, totiusque Ecclesiae suae sanctas.
Le Prêtre récite les Oraisons secrètes, dans lesquelles il offre les vœux de toute l'Eglise pour l'acceptation du Sacrifice, et bientôt il s'apprête à remplir l'un des plus grands devoirs de la Religion, V Action de grâces. Jusqu'ici, il a adoré, il a demandé miséricorde ; il lui reste encore à rendre grâces pour les \ bienfaits octroyés par la munificence du i Père, et dont le principal est l'envoi de son j
54 ^e Temps après la Pentecôte.
Fils. Dans l'attente du bienfait de ia nouvelle visite de ce Verbe divin, le Prêtre, au nom de l'Eglise, va ouvrir la bouche et épancher la reconnaissance du monde entier. Pour exciter l'enthousiasme des fidèles qui priaient en silence avec lui, il termine tout à coup son Oraison mystérieuse à haute voix :
PFR omnia saecula sae- 1 P\^NS tous les siècles des culorum. | L' siècles.
Réunissez-vous à lui, et répondez: Amen!
Il vous salue en disant:
Dominus vobiscum. | Le Seigneur soit avec vous.
Répondez-lui :
Et cum spiritu tuo. | Et avec votre esprit.
Puis il dit: Sursum corda ! | Les cœurs en haut !
Répondez avec vérité :
Habemus ad Domi- 1 Nous les avons vers le num. I Seigneur.
Puis il ajoute:
Gratias agamus Do- 1 Rendons grâces au Seimino Deo nostro. | gneur notre Dieu.
Protestez du fond de votre âme:
Dignum et justum est. I C'est une chose digne et ! juste.
Alors le Prêtre :
VERE dignum et justum j y"v ui , c'est une chose digne est, aequum et salu- i v_y et juste, équitable et
Ordinaire de la Messe.
salutaire , de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint. Père tout-puissant, Dieu éternel qui , avec votre Fils unique et le Saint-Esprit, êtes un seul Dieu, un seul Seigneur : non en ne faisant qu'une seule personne, mais trois en une seule substance. Car, ce que nous croyons , sur ce que vous avez révélé, au sujet de votre gloire, nous le croyons russi, sans aucune différence, de votre Fils et du SaintEsprit : en sorte que confessant une véritable et éternelle Divinité, nous adorons la propriété dans les personnes, l'unité dans l'essence et l'égalité dans la majesté. C'est le sujet de la louange éternelle des Anges et des Archanges, des Chérubins et des Séraphins, qui ne cessent de crier d'une voix unanime : Saint ! Saint ! Saint ! etc.
tare, nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte , Pater omnipotens, aeterne Deus ; qui cum unigenito Filio tuo et Spiritu Sancto, unus es Deus, unus es Dominus. Non in unius singularitate personse, sed in unius Trinitate substantiae. Quod enim de tua gloria, révélante te, credimus, hoc de Filio tuo, hoc de Spiritu Sancto, sine differentia discretionis sentimus. Ut in confessione verae sempiternaeque Deitatis, et in personis proprietas, et in essentia unitas, et in majestate adoretur aequalitas. Quam laudant Angeli atque Archangeli, Cherubim quoque ac Seraphim, qui non cessant clamare quotidie, una voce dicentes : Sanctus! Sanctus ! Sanctus ! etc.
Cette Préface est celle des Dimanches dans Vannée. Nous plaçons ici la Préface commune., que Von emploie., pendant la semaine, à toutes les Messes qui n'en ont pas de propre à une Fête ou au Temps.
OUI, c'est une chose digne et juste , équitable et salutaire , de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux. Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éterV tui
E dignum et jusm est, asquum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte , Pater omnipotens , ae t e r ne
56 Le Temps après la Pentecôte.
Deus ; per Christum Dominum nostrum. Per quem majestatem tuam laudant Angeli, adorant Dominationes , tremunt Potestates ; Coeli cœlorumque Virtutesac beata Seraphim, socia exsultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces, ut admitti jubeas deprecamur, supplici confessione dicentes :
nel ; par Jésus-Christ notre Seigneur : par qui les Anges louent votre Majesté , les Dominations l'adorent, les Puissances la révèrent en tremblant, les Cieux et les Vertus des cieux, et les heureux Séraphins la célèbrent avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unir à leurs voix, afin que nous puissions tous dire dans une humble confession :
Unissez-vous au Prêtre, qui lui-même s'unit aux Esprits bienheureux, pour rendre grâces du Don inestimable, et dites aussi :
J Sanctas Dominus Deus sabaoth!
Pleni sunt cœli et terra gloria tua.
Hosanna in excelsis !
Benedictus qui venit in nomine Domini.
Hosanna in excelsis !
SAINT, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées !
Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire.
Hosannah au plus haut des cieux !
Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosannah soit à lui au plus haut des cieux !
Le Canon s'ouvre après ces paroles : prière mystérieuse, au milieu de laquelle le ciel s'abaisse et Dieu descend. On n'entendra plus retentir la voix du Prêtre; le silence se fait, même à l'autel. Ce fut aussi, dit le livre de (a Sagesse, au milieu du silence et au sein des ombres d' une nuit mystérieuse, que le Verbe tout-puissant s'élança de sa royale demeure. Qu'un silence semblable apaise nos distractions, contienne toutes nos puissances : suiOrdinaire de la Messe.
vons d'un œil respectueux les mouvements du Prêtre.
ANS ce colloque mystérieux avec le grand Dieu du ciel et de la terre, la première prière du sacrificateur est pour l'Eglise Catholique, sa Mère et la nôtre :
ODiEU, qui vous manifestez au milieu de nous par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nou» vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnez-lui la paix et l'unité ; conduisez vous-même notre Saint-Père le Pape, votre Vicaire sur la terre ; dirigez notre Evêque qui est pour nous le lien sacré de l'unité ; sauvez le prince qui nous gouverne , afin que nous menions une vie tranquille; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholique-Apostolique-Romaine.
Priez maintenant, avec le Prêtre, pour les personnes qui vous intéressent davantage :
TE igitur, clementissime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas, et benedicas haec dona, hœc munera, haec sancta sacrificia illibata; in primis quae tibi ofFerimus pro Ecclesia tua sancta Catholica : quam pacificare, custodire, adunare, et regere digneris toto orbe terrarum, una cum famulo tuo Papa nostro N. et Antistite nostro A''., et omnibus orthodoxis, atque catholicae et apostolicae fidei cultoribus.
Dieu, de vous demander de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes,
famulori
Domine , rum famularumque tuarum A'^. et A'., et omnium circumstantium, quorum tibi fides
5 s Le Temps après la Pentecôte.
cognita est, et nota devotio : pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis, pro se suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suae ; tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et vero.
pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier... Appliquez-leur les fruits de ce divin Sacrifice qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.
Faisons mémoire des Saints qui sont la partie déjà glorieuse du Corps de JésusChrist:
M AÏS non seulement, ô mon
Dieu, l'ofFrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagère de l'épreuve . il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, de laquelle est né notre Sauveur ; des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, afin qu'ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais comme eux, dans le séjour de votre gloire.
memoriam vénérantes, in prirais gloriosae semper Virginis Maria?, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum. Pétri et Pauli, Andréa;, Jacobi, Johannis, Thomœ, Jacobi, Philippi, Bartholomjei, Matthîei, Simonis et Thaddaei : Lini, Cleti, démentis, Xysti. Cornelii, Cypriani , Laurentii , Chrysogoni, Joannis et Pauii, Cosmae et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tuas muniamur auxilio. Pereumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Ordinaire de la Messe.
Le Prêtre, qui jusque-là priait les mains étendues, les unit et les impose sur le pain et le vin. Il imite ainsi le geste du Pontife de l'ancienne loi sur la victime figurative, pour désigner ces dons d'une manière spéciale à l'œil de la Majesté divine, comme l'offrande matérielle qui atteste notre dépendance, et qui va bientôt faire place à l'Hostie vivante sur laquelle ont été placées toutes nos iniquités.
H ANC igitur oblationem servitutis nostrœ, sed et cunctaï familiœ tu£e, quassumus Domine, ut placatus accipias : diesque nostros in tua pace disponas, atque ab aeterna damnatione nos eripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. A- men.
Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, quassumus, benedictam, adscriptam, ratam, rationabilem , acceptabilemque facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi.
DAIGNEZ recevoir, ô Dieu, cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange, donnez-nous la paix, sauvez- nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus; par Jésus-Christ notre Seigneur qui va paraître.
Car il est temps que ce pairï devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur.
Ici, le Prêtre cesse d'agir en homme; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de Jésus-Christ; elle en a la puissance et l'efficacité. Prosternezvous; car l'Emmanuel, le Dieu avec nous, va paraître.
6o Le Temps après la Pentecôte.
QUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre! Sauveur! Messie tant désiré! si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître, de vous offrir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur ! \'enez donc, Seigneur Jésus ! venez l
OUI pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas : et elevatis oculis in ccelum. ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias aeens , benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite, et manducate ex hoc omnes. Hoc est enim Corpus meum.
L'Agneau divin, fils de la Vierge, repose maintenant sur l'autel. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé. C'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice ces paroles sacrées qui opèrent la mort mystique par la séparation du Corps et du Sang de la victime. La substance du pain et du vin s'est évanouie; les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, afin que la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux Anges, qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
SIMILI modo postquam cœnatum est, accipiens et hune praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens. benedixit, deditque discipulis suis dicens : Accipite et bibite ex eo omnes. Hic est enim
SANG divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendezmoi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.
Ordinaire de la Messe.
6i
Calix Sanguinis mei, novi et .cterni testamenti : mysterium fidei : qui pro vobis et pro multis effundetur in remissionem peccatorum. hac quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis. ■
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que l'Oblation gui est devant lui n'est plus une offrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne tout entière de son divin Fils.
LA voici donc, ô Père saint, l'Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. 11 est votre Fils ; mais il est aussi notre Hostie. Hostie pure et sans tache ; notre rain et notre Breuvage d'immortalité.
Hostiam puram , Hostiam culatam : Panem sanctum salutis perpétuas.
Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel ; le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuTage pour nous et une libation à votre gloire.
UNDE et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tara beatae Passionis, nec non et ab inferis Resurrectionis . sed et in cœlos gloriosae Ascensionis : offeriraus prasclarse Majestati tuae de tuis donis ac datis, sanctam, Hostiam immavitaî œterna; , et Calicem
Supra quas propitio ac sereno vultu respicere digneris : et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchaî nostri Abrahs. et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisédech, sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.
Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes. Saluez-le comme la crèche en laquelle est couché de nouveau, enveloppé des langes eucharistiques, le Verbe qui a dit aux hommes : Je suis le Pain de vie
SUPPLICES te rogamus, oranipotens Deus , jubé haec perferri per manus sancti Angeli tiii in sublime Altare tuum, in conspectu divinas Majestatis tuœ : ut quotqaot ex hac altaris participatione, sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem suinpserimus, omni benedictione cœlesti et gratia repleamur. Per euindem Christum Dominumnostrum. Amen.
MAIS, ô Dieu tout-puissant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.
Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise souffrante. Demandons que le libérateur qui est descendu daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire par un rayon de sa lumière consolatrice, et que, découlant de cet autel, le sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes Prions particulièrement pour celles qui nous sont chères,
MEMENTO etiam, Domine, famulorum famularumque tuarum JV. et N., qui nos prœcesserunt cum signe fidei, et
N'excluez personne de votre visite, ô Jésus ! Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous conOrdinaire de la Messe.
templent, quoique sous un voile : ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyez-leur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.
Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-mêmes pécheurs, qui profitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous Faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :
dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem Ghristum Dominum nostrum. Amen.
NOUS sommes pécheurs, ô Père saint 1 cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre Royaume, par le mérite de ce Sacrifice que nous vous offrons, et non à cause de nos œuvres qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous , par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification ; par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais 1
OBIS quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus, partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Johanne, Stephano, Mathia, Barnaba, Ignatio, Alexandre, Marcellino, Petro, Felicitate, Perpétua, Agatha, Lucia, Agnete, Caecilia , Anastasia , et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non asstimator meriti, sed veniae, quaesumus, largitor admitte : per Ghristum Dominum nostrum. Per quem haec omnia, Domine, semper bona créas, sanctificas, vivificas, benedicis, et praestas