L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 70)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 10-15, éd. 1911 (OCR) · 70 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

I Domine, pati, et contemni pro te. Imperio in da?mones, quos e corporibus scepe fugabat , discretionc spirituum. prophétise dono , miraculorum gloria celebratissimus, ea semper fuit humiiitate, ut sa?r>ius a Domino flagitaverit eo loco mori, ubi omnibus esset ignotus. Voti compos factus , Ubcdre diro morbo , et in crure quinque plagis s a n i e manantibus, ad împlendum patiendi d e s i d erium con^tantissime toleratis, Ecclesiae sacramcntis pie sancteque susceptis, in Christi crucifixi amplexu , quem semper in corde atque ore habuerat, post illa verba : In manus tuas |

lli lui

tendaient d : \ m jugement du •

que, éclaire par Dieu comme sainte! plication des secrets divins, il écrivit sur la th tique des livres remplis d'un gesse du ciel. Un jour, iné par Jésus-C h r i - t quelle récompense il demandait pour tant de travaux, il répondit: Seigneur, souffrir, et être méprisé pour vous. Célèbre par son empir-- les démons qu'il chassait fréquemment des corps, doué du discernement des esprit-;, du don de prophétie, de la gloire des miracles, telle fut toujours son humilité que souvent il implorait du Seigneur la faveur de mourir en un lieu où il fût inconnu de tous. Son vœu fut exaucé. En proie à une cruelle maladie, où cinq plaies suppurantes à la jambe donnèrent satisfaction au désir qu'il avait de souffrir et firent voit son inaltérable patience, il s'endormit dans le Seigneur à Ubeda, pieusement et saintement muni des sacrements de l'Eglise, tenant embrassée l'image de Jésus crucifié qu'il avait toujours eu dans le cœur et sur les lèvres, disant : Entre vos mains je remets

Saint Jean de la Croix, Confesseur. 48 y

mon esprit. C'était au jour et à l'heure qu'il avait annoncés, l'an du salut mil cinq cent quatre-vingt-onze, de son âge le quarante-neuvième. Un globe de feu resplendissant" reçut son àme ; uri parfum très suave se répandit de son corps , que l'on garde toujours sans corruption à Ségovie en grand honneur. Les éclatants et nombreux prodiges qu'il accomplit après sa mort comme de son vivant, portèrent le Souverain Pontife Benoît

XIII à le mettre au nombre des Saints.

commendo spiritum meum, obdormivit in* Domino, die et hora a se praedictis , anno salutis millesimo quingentesimo nonagesimo primo, œtatis quadragesimo nono. Migrantem ejus animam splendidissim u s ignis globus excepit : corpus vero suavissimum odorem spiravit, quod etiamnum incorruptum Segoviae honorifice colitur. Eum plurimis ante et post obitum fulgentem signis Benedictus decimus tertius, Pontifex Maximus, in sanctorum numerum retulit.

Duissent au Carmel et sur les monts, comme dans la plaine et les vallées, se multiplier les âmes qui concilient le ciel à la terre, attirent les bénédictions, écartent la foudre ! Saints que nous sommes par vocation *, puissions-nous à votre exemple et par votre prière, ô Jean de la Croix , laisser la divine grâce agir en nous selon toute la mesure de sa vertu purifiante et déifiante ; car alors aussi nous pourrons dire an jour avec vous : « O vie divine qui ne donnez la mort que pour rendre la vie, vous m'avez blessée pour me guérir, vous avez détruit en moi ce qui me retenait dans la mort. Sagesse divine, ô touche délicate, Verbe qui pénétrez si subtilement la substance de mon âme, et la plon488 Le Temps âpre* la P<

gez en des douceurs qu'on ne connaît dans la terre de Chanaan ni dans celle de Théman l : vous renverse/ les montagnes,

vous brisez les rochers d*Horeb par la seule ombre de votre puissance, et au prophète vous vous révélez par le murmure d'une brise légère 2. O souffle divin, si terrible et si doux,' le monde ne connaît pas votre suavité.

« Ceux-là seuls vous sentent, ô mon Dieu et ma vie! ceux-là seuls vous reconnaissent à votre délicatesse infinie, qui, s'éloignant du monde, se sont spiritualisés tout entiers. Vous qui n'avez en vous rien de matériel, vous touchez l'âme d'une manière d'autant plus intime et profonde, que votre être divin, affranchi de tout mode, figure ou forme, l'a rendue elle-même plus simple et pure. You^ cachant en elle, désormais séparée de tout souvenir de créatures, vous la cachez à votre tour dans le secret de votre face divine, l'y mettant à couvert de tous les troubles de ce inonde. Vous l'étant réservée, tout autre objet, qu'il soit d'en haut ou d'en bas. la fatigue ; et c'est pour elle une peine et un tourment que d'avoir à s'en occuper -K »

ome honore aujourd'hui l'un de ses illustres fils, Chrvsogone , qui donna sa vie pour le Christ à "Aqùilée, sous l'empire de

3. La vive flamme d'amour, strophe II, vers ni, résumé.

Mémoire de saint Chvysogone, Martyr. 48g

Diocléticr La splcndidc église qui porte son nom, au Transtévère, garde le chef vénéré du Martyr, et elle remonte, quant à sa première origine, au temps même du triomphe de la foi sur l'idolâtrie. Chrysogonc instruisit dans cette foi sainte la bienheureuse Anastasie, comme lui Martyre, et dont la mémoire se relie d'une façon si touchante au jour même de la naissance du Sauveur ; on sait comment, de temps immémorial, la deuxième Messe de Noël, celle de l'Aurore, se célèbre en l'église de Sainte-Anastasie, Chrysogone et sa fille spirituelle ont leurs noms prononcés tous les jours aux diptyques sacrés.

Soyez propice, Seigneur, à nos supplications , afin que nous, qui connaissons le poids de notre iniquité, soyons délivrés par l'intercession du bienheureux Chrysogonc, votre Martyr. Pat Jésus-Christ.

ADESTO Domine supplicationibus n o stris : ut qui ex iniquitate nostra reos nos esse cognoscimus,beati Chrysogoni Martyris tui intercessione liberemur. Per Dominum.

IfBRE.

ertrude la Grande avait eu dès l'enfance un attrait spécial pour la glorieuse vierge Catherine; un jour qu'elle désirait connaître ses mérites, le Seigneur la lui montra sur un trône si haut et si magnifique, que, n'y eût-i.l pas eu de plus grande reine dans le ciel, la gloire de celle-ci aurait semblé suffire à le remplir : de sa couronne rejaillissait sur ceux qui l'honoraient une merveilleuse splendeur *. On sait comment la Pucelle d'Orléans, placée par Michel Archange sous la conduite des saintes Catherine et Marguerite, reçut d'elles conseil et assistance durant sept années , comment Sainte-Catherine-de-Fierbois fournit l'épée de la libératrice de la France.

Les croisés d'Occident avaient, dans les xne et xme siècles, éprouvé l'aide puissante de la Martyre d'Alexandrie ; ils rapportèrent d'Orient son culte en nos contrées, où lui fut vite acquise une popularité sans pareille. Un Ordre de chevalerie était fondé pour protéger les pèlerins qui allaient vénérer son saint corps au Mont Sinaï. Sa fête, élevée à la dignité de la première classe, comportait

I. Legatus divinae pietatis, IV, lvii.

Sainte Catherine, Vierge et Martyre. 491

l'abstention des œuvres serviles en beaucoup d'églises. Les philosophes chrétiens, les écoliers, les orateurs et procureurs l'honoraient comme patronne ; le doyen des avocats fut appelé bâtonnier en raison du privilège qui lui appartenait de porter sa bannière ; tandis que les jeunes filles, organisées en confréries de Sainte-Catherine, estimaient à grand honneur le soin d'orner l'image de leur Sainte vénérée. Comptée parmi tes Saints auxiliatears à titre de sage conseillère, elle voyait beaucoup d'autres corporations se réclamer d'elle, sans autre motif plausible que l'expérience faite par tous de son crédit universel auprès du Seigneur. Ses fiançailles avec le divin Enfant, d'autres traits de sa Légende, fournirent à l'art chrétien d'admirables inspirations.

Cependant le sage et pieux Baronius regrettait déjà de son temps que, sur quelques points, les Actes de la grande Martyre d'O- rient donnassent prise aux doutes dont devait s'emparer la critique outrée des siècles suivants pour amoindrir la confiance des peuples l. Au grand honneur de la virginité chrétienne, il n'en reste pas moins qu'acclamée par élèves et maîtres en la personne de Catherine, elle présida dans la vénération et l'amour au développement de l'esprit humain et de la pensée, durant ces siècles où resplendirent comme des soleils les Albert le Grand, les Thomas d'Aquin, les Bonaventure. Heureux les purs de cœur! car ils verront Dieu 2. « Il faut, disait Méthodius, l'évê1. Baron. Annal, ad ann. 3o7.— 2. Matth. v, 8.

4g 2 Le Temps après la P

que martyr du m • siècle, en i i i

des vierges, il faut que la vierge aime d'amour les saines doctrines, et qu'elle tienne une place honorable parmi ceux que distingue leur sagesse '. »

Lisons la Légende abrégée tic Catherine

dans le livre de la sainte Église.

CATHAHINA , Qobîlis virgo Alexandrina, a prima aetate étudia liberalium artium c u m fidei ardore conjungens. brevi ad cam sanctitatis et doctrinae perfectionem pervenit , ut deeem et octo annos nata eruditissimum quemque superaret. Qua? cum Maximini jussu multos pfopter christianne religionis professionem varie tormentis cruciatos, ad supplicium rapi videret, non dubîtanter ipsum adiit Maximinum, eique ncfariam immanitatem objiciens . sapientissimis rationibus Christi (idem ad salutem necessariàm esse ailirmavit.

Cu j u s p r udentiam Maximinus admira - tus, retineri eam jubet,

accersitis undique doctissimis hominibus, magnisque propositis prrcd'Alexandrie, unit des le premier âge l'étude de» arts libéraux et l'ardeur de la foi. Telle fut bientôt la perfection de sa science comme de ^a sainteté . qua dix-huit ans elle l'emportait sur lec. plus instruits. Or , en ce temps, beaucoup de chrétiens étaient par ordre de Maximin soumis pour leur religion à divers tourments et conduits à la mort ; ce que voyant, la vierge alla trouver sans hésiter Maximin luimême . lui reprocha ses cruautés impies, et démontra par de très sages raisons que la foi dans le Christ était nécessaire au salut.

MAXIMIN, admirant sa prudence, la fit retenir ; et mandant de tous côt . plus savants personnages, il

promit de grandes récompenses à quiconque par raiMethod Conviv Oratio I, i.

Sainte Catherine, Vierge et Martyre. 4g 3

sonnement détournerait Catherine de la foi au Christ et l'amènerait au culte des idoles. Mais ce fut le contraire qui arriva. Car beaucoup de philosophes , qui s'étaient rassemblés dans le but de la convaincre, lurent par la force et l'habileté de son argumentation embrasés d'un si grand amour de JésusChrist, qu ils n'hésitèrent pas à mourir pour lui. Maximi n donc, ayant essayé des flatteries et des promesses près de Catherine, et comprenant qu'il perdait sa peine, la fit battre et meurtrir avec des fouets garnis de plomb, puis enfermer onze jours en prison sans nourriture ni rien pour apaiser sa soif.

LA femme de Maximin et Porphyre, chef de la milice, étant alors venus voir la vierge en sa prison, furent convertis par ses paroles à Jésus-Christ, et ensuite couronnés du martyre. Cependant Catherine est tirée du cachot : on produit une roue garnie de glaives nombreux et acérés qui doit mettre en pièces cruellement le corps de la vierge ; mais bientôt, Catherine priant, la roue se brise, et le prodige amène à la foi beaucoup de monde. Pour Maximin, plus obstiné toujours dans l'impiété et

miis, qui convictam Catharinam a Christi fide ad idolorum cultum perduxissent. Quod contra accidit. Nam plures philosopha,qui ad eam coarguendam convenerani , vi ac subtilitate ejus disputationis tanto Jesu Christi amore sunt incensi, ut pro illo mori non dubitaverint. Quamobrem M a x i m i n i. s blanditiis ac promissis Catharinam de sententia deducere aggreditur : verum id frustra fieri intelligens , verberibus affectam , plumbatisque contusam, dies undecim sine cibo ac potu inclusam tenet in carcere.

Quo tempore Maximini uxor, et Porphyrius belli dux , visenda* virginis causa carcerem ingressi, et ejusdem praedicatione in J e s u m

C h r i s t u m credentes, postea martyrio coronati sunt. Intérim Catharina educitur e custodia, et rota expeditur, crebris et acutis prœfixa gladiis, ut virginis corpus crudelissime dilaceraretur. Qure machina brevi, Catharin ae oratione , confracla est : coque miraculo multi Christi fidem sus404 Le 1 èmps aprèi la P

nus in impiei :i\c et cntdelitate Catharinam CUti imper -it Qu titer dato capite , ad duplicatum virginitatis et martyrii premiua vit, scptimo calen ce m bris : eu jus corpus ab &.ngelis in Sina Arabie monte mirabiliter collocatum est.

rinc de la

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blc récompense de la nité et du m;n: : I

culeusement son

Arabie et le déposèrent au

M"nt Sinaï.

Nombreuses furent les compositions liturgiques inspirées à l'Occident par la fête de ce jour. Nous nous bornons à emprunter celle-ci au Graduel de Saint-Victor, en la faisant suivre d'un beau et touchant Réç conservé par les Frères Prêchcu:

\jox sonora nostri chori

* Nostro sonct Conditori,

Qui disponit omnia,

Per quem dimicat imbellis, Per quem datur et puellis De viris Victoria ;

Per quem plebs Alexandrina Feminne non feminina

Stupuit ingénia, Quum beata Catharina

Qvk notre chœur harmonieusement chante le Créateur, par qui ; choses sont disp iui combat celui qui ignorait la guerre, par lui sur l'homme à des jeunes filles la vies t donnée.

Par lui les habitant* d'A- lexandrie sont stupéfaits de voir en une femme des qualités qui semblaient n'-:repas de la femme, lorsque CatheI. Troisième Répons du IIe Nocturne de la fête.

Sainte Catherine, Vierge et Martyre. 4g 5

rine la bienheureuse triomphe des docteuis par sa science, du fer par son courage à souffrir.

A la gloire de sa race sa vertu sans pareille ajoute un éclat nouveau ; illustre par ceux qui la mirent au monde, illustre elle est plus encore

Ear les mœurs saintes dont

1 grâce l'a favorisée.

Tendre est la fleur de sn beauté ; point cependant elle ne lui épargne étude et labeur : de toutes sciences, qu'elles aient le monde ou Dieu pour objet, sa jeunesse s'est rendue maîtresse.

Vase de choix, vase des vertus, les biens qui passent ne sont pour elle que de la boue ; elle méprise la fortune de son père et les grands patrimoines que lui vaut sa naissance.

Vierge prudente et sage, elle se fait sa réserve d'huile pour aller au-devant de l'E- poux : elle veut, toute prête à l'heure qu'il arrivera, entrer sans retard au festin.

Pour le Christ elle désire mourir ; devant l'empereur à qui elle est présentée, l'éloquence de la vierge réduit

Doctos vinceret doctrina, Ferrum patientia.

Haec ad gloriam parentum Pulchrum dédit ornamentum Morum privilégia, Clara per progenitores, Claruit per sacros mores Ampliori gratia.

Fiorem teneri decoris, Lectionis et laboris

Attrivere studia : Nam perlegit disciplinas Sœculares et divinas

In adolescentia.

Vas electum, vas virtutum, Reputavit sicut lutum )

Bona transitoria, Et reduxit in contemp- ]

tu m Patris opes et parentum ! Larga patrimonia.

Vasis oleum includens, j Virgo sapiens et prudens |

Sponso pergit obvia, Ut, adventus ejus hora, • Praeparata, sine mora

Intret ad convivia.

Sistitur imperatori, Cupiens pro Christo raori ; Cujus in praesentia

4f)r> Le Temps aprèi la Pentecôte,

Quinquagin • Mutoa reddit el silentea Virginia facundia.

Carceris hoi i endi clausl i uni, El rotarum u iste plans

1 1 uni,

Famem et jejunia, Et quaecunque fiunt < i, Su-tinrt amore Dei,

Eadem ad omnia.

Torta superat tortorem, Superat imperatorcm

Fcminœ constantia : Cruciatur imperator Quia cedit cruciator,

Nec valent supplicia.

Tandem capite punitur. Et, dum morte mors finitur,

Vitaî subit gaudia. Angelis mox fuit cura? Dare corpus sépulture

Terra procul alia.

Oleum ex ipsa manat Quod infîrmos multos sanat Evidenti gratia. Bonum nobis dat u nguentum , Si per suum interventum Nostra sanet vilia.

cinquante philosophai au

I.'li n ou

on l'enferme, et 1 épi eu\e , 1 i faim, les privai ions, i qu'elle doit -ul ir. ell • I • suppoi te pour 1 amoui l)ieu, toujours la même en toute rencontre.

: :urée , elle triomphe du bourreau ; la constance d'une femme a triomphé d'un empereur : c'est lui qui est dans les tourments, parce que le bourreau s'avoue vaincu avec ses supplices impuissants.

Elle est enfin décapitée : la mort pour elle au ti a pris fin ; elle fait joyeuse son entrée dans la vie : ce pendant que les Anges prennent soin d'ensevelir son corps en une terre lointaine.

Une huile en découle qui, par grâce évidente, guérit beaucoup de malades ; bonne pour nous sera l'essence, si son intervention guérit nos vices.

Gaudens ipsa videat PrésenKe à nous, qu'elle

De se prœsens gaudia, se réjouisse en voyant les

Sainte Catherine, Vierge et Martyre. 4qy

joies qu*elle nous cause ; que nous donnant les présentes joies, elle nous procure aussi les futures ; qu'elle se réjouisse avec nous ici-bas , et nous avec elle dans la gloire. Amen.

Et futura prœbeat,

guae dédit prœsentia, t hic nobis gaudeat, Illi nos in gloria.

Amen.

LA vierge est flagellée, chargée de liens elle est soumise au tourment de la /aim , elle demeure emprisonnée , une lumière céleste emplit la prison de splendeur : * Un doux parfum se fait sentir , on entend les cantiques des phalanges des cieux.

jfr. L'Epoux aime l'Epouse, elle reçoit la visite du Sauveur.

* Un doux parfum. Gloire au Père, et au Fils,

et au Saint-Esprit.

* Un doux parfum.

^/irgo flagellatur, cru* cianda famé religatur, carcere clausa manet, lux ccelica fusa refulget : * Fragrat odor dulcis, cantant cœli agmina laudes.

f. Sponsus amat sponsam, Salvator visitât illam.

* Fragrat. Gloria Patri, et Filio,

et Spiritui Sancto.

* Fragrat.

Oienheureuse Catherine , recevez-nous à votre école. Par vous la philosophie, justifiant son beau nom, conduit à la Sagesse éternelle, le vrai au bien, toute science au Christ, qui est la voie, la vérité, la vie *. « Curieux qui vous repaissez d'une spéculation stérile et oisive, s'écrie le plus éloquent de vos panégyristes, sachez que cette vive lumière qui vous charme dans la science, ne

4g 8 Le 7 V mps aprèi la Pi

lui est pas donnée seulement pour réjouir votre vue , mais pour conduire et régler vos volontés. Esprits vains, faites trophée de votre doctrine avec tant de pompe, pour attirer des louange-, sachez que ce talent glorieux ne vo . été

confié pour vous faire valoir vous mêmes, mais pour faire triompher la vérité. Ames lâches et intéressées, qui n'employez la science que pour gagner les biens de la terre, méditez sérieusement qu'un trésor si divin n'est pas fait pour cet indigne trafic; et que s'il entre dans le commerce, c'est d'une manière plus haute, et pour une fin plus sublime, c'est-à-dire, pour négocier le salut des âmes '. »

Ainsi, ô Catherine, n'employez-vous votre science que pour la vérité. Vous faites « paraître Jésus-Christ avec tant d'éclat que les erreurs que soutenait la philosophie sont dissipées par sa présence ; et les vérités qu'elle avait enlevées viennent se rendre à lui comme à leur maître , ou plutôt se réunir en lui comme en leur centre. Apprenons d'un si saint exemple à rendre témoignage à la vérité, à la raire triompher du monde, à faire servir toutes nos lumières à un si juste devoir, qu'elle nous impose. O sainte vérité ! je vous dois le témoignage de ma parole ; je vous dois le témoignage de ma vie ; je vous dois le témoignage de mon sang : car la vérité, c'est Dieu même 2. a

L'Eglise, ô vierge magnanime, n'a pas

I. Bossuet, Panégyrique de sainte Catherine. —

Sainte Catherine, Vierge et Martyre. 4g g

d'autre pensée quand aujourd'hui elle formule ainsi pour nous sa prière : « O Dieu qui donnâtes la loi à Moïse sur le sommet du Mont Sinaï, et au même lieu par les saints Anges avez miraculeusement placé le corps de votre bienheureuse Vierge et Martyre Catherine ; exaucez nos supplications : faites que par ses mérites et son intercession nous parvenions à la montagne qui est le Christ, vivant et régnant avec vous dans les siècles des siècles '. »

I . Collecte du jour.

^7T feu, souvent, amène le monde à ceux ISJV* qui le fuient; Silvestre Gozzolini , après bien d'autres, en fait aujourd'hui l'expérience. C'est l'he la terre, émerveillée par la sainteté, Vé quenec des Ordres nouveaux, semble, au xinte siècle, oublier les moines et le chemin du désert ; Dieu, qui n'oublie pas, conduit silencieusement son élu dans la solitude , et derechef la solitude tressaille et fleurit comme le lis '. Mains languissantes, genoux débiles des fils du cloître, la forée vous est rendue -. L'austérité des vieux âges, la ferveur des oraisons prolongées "revivent à Mortte-FariOf et se propagent en soixante autres monastères ; une nouvelle famille religieuse, celle des Silvestrins 3, reconnaissable au vêtement bleu qui la distingue de ses aînées, acclame après sept siècles écoulés Benoit , le patriarche du Cassin, comme législateur et comme père.

Lisons la vie de Silvestre, insérée par le Souverain Pontife Léon XIII au livre de la sainte Eglise.

1. Is vi. xxxv, 1, 2. — 2. Ibid. 3. — .3. Approuvée par Innocent IV, en 12 |7-

Saint Silvestrûj Abbé.

5oi

Silvestre naquit de race noble à Osimo, dans la Marche d'Ancône. La science des lettres et les bonnes mœurs avaient, dès l'enfance , merveilleusement brillé en lui. Son père l'envoya à Bologne, quand il fut plus grand, pour y étudier la jurisprudence. Mais, sur un avertissement divin, il s'adonna aux lettres sacrées et, de ce chef, encourut l'indignation paternelle qu'il supporta patiemment durant dix années. Son éminente vertu détermina les chanoines de l'église cathédrale d'Osimo à lui faire partager l'honneur de leur titre; il fut dans cet office le secours du peuple par ses oraisons, son. exemple et ses prédications.

Un jour qu'il assistait aux funérailles d'un de ses proches, noble personnage remarquable par sa beauté, il vit dans le cercueil ouvert l'affreux état du cadavre et dit : Je suis ce qu'il fut; ce qu'il est, je le serai. Puis la parole du Seigneur lui vint en pensée : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Sans tarder, la cérémonie funèbre achevée, il se retira dans la solitude pour y travailler à sa perSilvester, Auximi in Piceno nobili génère ortus, statim puerilem retatem litteris ac bonis moribus mirifice exornavit. Adolescens Bononiam ad studia jurisprudentiae missus a pâtre, cum sacris litteris a Deo monitus dedisset operam , parentis incurrit indignationem , quam aequo animo toto decennio pertulit. Ob egregiam ejus virtutem a canonicis cathedralis Auximanas ecclesiœ socius honoris electus est; m quo munere populo orationibus, exemplo et concionibus opem tulit.

« nter funus nobilis cu* jusdam defuncti, in aperto tumulo formosi viri suique propinqui déforme cadaver conspiciens : Ego, inquit , sum, quod hic fuit : quod hic est, ego ero. Et mox, peracto funere, illa sibi Domini occurrente sententia : Qui vult venire post me, àbneget semetipsum, et tollat crucem suam, et sequatur me, in solitudinem majoris perfeciionis studio secessit , ibique vigiliis ,

Le Temps après ta Pentecôte.

orationibus iejuniisquc

d îdil ii- . ci udas tantum

in ci hum ardhibuit. Ut autem magis Intérêt nom i ne iins mutavii demumpervenit ad montem l'anum , locum , q un m vis prope Fabrianum, eo tamcn temporc desertum, ibique in honorem sanctissimi Patris Benedicti templum « erexit, congre gationis» que Silvestrinorum fun(lamenta jccit, sub régula et habitu in visione sibi ab codem Sancto ostensis.

AT invidcns satanas variis terroribus illius monachos turbare nitebatur, noctu monasterii januas hostiliter invadens. Sed vir Dei hostis impetum ita rcpressit , ut monachi in sancto institutomagis confirmarentur. ac patris sanctitatem agnoscerent. Spiriiu prophétise aliisque donis enituit. Qune ut semper profunda humilitate conservavit, ita contra se daemonis invidiam concitavit, a quo praeceps actus per scalas oratorii, et prope interimendus, pnesentissimo Virginis benefîcio incolumitati redditus est.

aux prières, aux jeûnes, n'usant le plus souvent c nourriture que

ché aux hommes, il changea plusieurs fois .1 agi arriva enfin au mont Inno.

• alors, bien qu: che de Fabriano, un 11

1 1 y bâtit en l'honneur du très saint Père Benoit une église, et y jeta les fondements de la congrégation des Silvcstrin<. sou^ la règle et l'habit que, dans une vision, Benoit lui avait monCependant la jalousie de Satan s'efforçait de troubler ses moines, cherchant h les effrayer en diverses manières, donnant de nuit l'assaut aux portes du monastère Mais l'homme de Dieu repoussa si bien l'attaque de l'ennemi, que les moines, connaissant la sainteté de leur père, s'en trouvèrent plus affermis encore en leur saint institut. L'esprit de prophétie et d'autres dons brillaient en lui. L'humilité toujours si profonde 3u'il leur donnait pour gare excita à ce point l'envie du démon que , le précipitant par l'escalier de l'oratoire, il l'eût tué sans la très secourable assistance de la

Saint Sihestre, Abbé.

5o3

bienheureuse Vierge qui le releva sain et sauf. Il voua jusqu'au dernier soupir à sa bienfaitrice une piété singulière. Agé d'environ quatrevingt-dix ans, illustre par sa sainteté et ses miracles, il rendit son âme à Dieu l'an du salut mil deux cent soixante-sept, le six des calendes.de décembre Léon XIII Souverain Pontife, a étendu son Office et sa Messe à toute l'Eglise.

Quod benefîcium perpétua et singulari in illam pietate commendavit ad ultimum usque vitae spiritum, quem fere nonagenarius, sanctitate et miraculis clarus , Deo reddidit anno salutis millesimo ducentesimo sexagesimo septimo, sexto calendas decembris. Ejus Oiïicium ac Missam Léo Decimus tertius Pontifex Maximus ad universam extendit Ecclesiam.

Combien sont vaines noblesse et beauté, la mort, en vous le révélant, ouvrit devant vous les sentiers de la vie. La futilité d'un monde qu'abuse le mirage de plaisirs trompeurs, ne saurait comprendre l'Evangile qui remet au delà du temps la béatitude, et fait du renoncement, de l'abaissement, de la croix, le chemin pour y parvenir. Avec l'Eglise l, nous demandons au Dieu très clément qu'il veuille, en considération de vos mérites , nous donner de mépriser comme vous les félicités sitôt dissipées de la terre , pour jouir un jour en votre compagnie de l'éternel et vrai bonheur. Daignez appuyer nos supplications de votre prière.

Nous attendons de Celui qui vous a glorifié qu'il bénisse et multiplie vos fils, qu'il soutienne avec eux tout l'Ordre monastique, toute famille religieuse , dans les angoisses

I. Collecte du jour.

5o4 Le Temps après ht /'

du temps présent. Saint Abbé, reconnai

par des bienfaits nouveaux La Confiance du Pontife suprême étendant votre cul1 : l'Eglise entière en ces tristes jôi

Dierre , évoque d'Alexandrie après saint * Théonas, fut par sa science et sa sainteté la gloire de l'Egypte et la lumière de toute l'Eglise de Dieu. Son courage fut tel dans l'atroce persécution excitée par Maximien Galère , que le spectacle d'une si admirable patience fortifia la vertu d'un grand nombre de chrétiens. Ce fut lui qui sépara le premier de la communion des fidèles Arius, diacre d'Alexandrie, à cause de l'appui qu'il donnait au schisme des Mélétiens. Les prêtres Achillas et Alexandre étant venus intercéder pour Arius dans la prison où l'évèque attendait la mort, il leur répondit que, pendant la nuit, Jésus s'était montré à lui la robe déchirée, et que comme il en demandait la cause, le Seigneur avait dit : « Arius a déchiré ma robe, qui est l'Eglise. » Et leur prédisant qu'ils lui succéderaient dans l'épiscopat, il leur défendit de jamais recevoir Arius à la communion , parce qu'il le savait mort à Dieu. La preuve de la vérité de cette prophétie ne devait pas se faire attendre longtemps. Pour Pierre, il eut la tète tranchée, cueillant ainsi la couronne du martyre , en la douzième année de son épiscopat,îe vi des calendes de décembre l.

I. Légende de saint Pierre d'Alexandrie au Bréviaire romain.

Mém. de S. Pierre d'Alex., Év. et Mart. 5o5

Honorons et prions le grand évoque dont l'Eglise fait mémoire en ce jour. On le nomma longtemps , comme par excellence, Pierre le Martyr ; jusqu'à ce qu'au xme siècle, un autre Pierre Martyr, illustre lui-même entre tous, fit qu'on appela désormais son glorieux homonyme Saint Pierre d'Alexandrie.

Ant.C1

Saint a combattu jusqu'à la mort pour la loi de son Dieu, et n'a point craint les menaces des impies; car il était fondé sur la pierre ferme.

f. Vous l'avez couronné d'honneur et de gloire, ô Seigneur.

ï$. Et vous l'avez établi sur les œuvres de vos mains.

\nt 1 STE sanctus

1 pro lege Dei s u i ccrtavit usque ad mortem, et a verbis impiorum non timuit : fundatus cnim erat supra firmam petram.

f. Gloria et honore coronasti eum Domine.

if. Et constituisti eum super opéra manuum tuaDlEU tout-puissant, regardez notre infirmité ; et parce que n<:>us sommes accablés sous le poids de nos péchés , faites que nous soyons fortifiés par la glorieuse intercession du bienheureux Pierre, votre Martyr et Pontife. Par Jésus-Christ.

Infirmitatem nostram respice , omnipotens Deus : et cjuia pondus p'ropriae actionis gravât, beati Pétri Martyris tui atquc Pontificis, intercessio gloriosa nos protegat. Per Dominum.

yyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy

[oel apparaît à l'horizon. Le dernier Dimanche après la Pentecôte a

clos pour nous les enseignements du Cycle mobile. Depuis déjà le de ce mois, les jours appartiennent les années au Cycle naissant ou à qui expire. La dernière Leçon de l'Ecriture du Temps ' se termine par la déclaration solennelle du dernier des Prophètes, annonçant les temps nouveaux : Du lever du soleil à son couchant mon Nom est grand chc\ les nations, dit le Seigneur des armées, et en tout lieu s'offre à mon Nom le sacrifice d'une oblation pu

Faisant écho à Malachie, et rejoignant les temps aux temps, Jean-Baptiste s'écrie dans FEvangile du jour : Voici l'Agneau de Dieu ! Et il nous montre tout près de nous déjà le Messie 3.

A la demande qu'André, frère de Pierre, et un autre disciple de Jean lui adressent : Maître, ou habitez-vous ? Jésus répond : Vene^ et voyez. Et ils vinrent, poursuit en son Evangile le disciple bien-aimé, et ils demeurèrent chez lui ce jour-là 4.

I. Au Samedi procédant l'Avcnt. — 2.MALACH. 1,1 I.

— 3. Evangile de la Vigile de saint André, Johan. i , 36.

— 4. Ibid. 38, 3y.

La Vigile de saint André. 5oy

Sur quoi saint Augustin nous dit en cette Vigile, au nom de notre Mère l'Eglise : « Elevons-lui une demeure dans nos cœurs, pour qu'il y vienne, et qu'il nous enseigne, et qu'il vive avec nous l. » C'est tout l'Avcnt qui se dessine.

Mettons-en la saison bénie sous la protection de l'Apôtre de la Croix, et du saint Martyr que l'Eglise honore de temps immémorial en ce jour.

Dieu tout-puissant, nous vous en supplions : puisse le bienheureux Apôtre André, dont nous prévenons la fête , implorer pour nous votre secours; afin qu'absous de nos péchés, nous soyons aussi délivrés de toute crainte. Par Jésus-Christ.

/~\UjESUi\ius omnipoV * tens Deus : ut beatus Andréas Apostolus, cujus prœvenimus festivitatem, tuum pro nobis imploret auxilium ; ut a nostris reatibus absoluti, a cunctis etiam periculis eruamur. Per Dominum.

Dieu qui nous donnez de jouir du jour natal du bienheureux Saturnin, votre Martyr : accordez-nous d'éprouver-l'aide de ses mérites. Par Jésus-Christ.

DEUS, qui nobis beati Saturnini Martyris t u i concedis nalalitio perfrui : ejus nos tribue meritis adjuvari. Per Dominum.

i. Homilia Vigiliae, ex Auo. Tract. VII in Johan.

[btte fête est destinée, chaque année, à clore majestueusement le Cycle catholique qui s'éteint, ou à briller en tête du nouveau qui vient de s'ouvrir. Certes, il était juste que. dans l'Année Chrétienne, tout commençât et finit par la Croix, qui nous a mérité chacune des années qu'il plaît à la miséricorde divine de nous octroyer, et qui doit paraître au dernier jour sur les nuées du ciel, comme un sceau mis sur les temps.

Nous disons ceci, parce que tout fidèle doit savoir que saint André est l'Apôtre de la Croix. A Pierre, Jésus-Christ a donné la solidité de la Foi ; à Jean, la tendresse de l'Amour; André a reçu la mission de représenter la Croix du divin Maître. Or c'est à l'aide de ces trois choses, Foi, Amour et Croix, que l'Eglise se rend digne de son Epoux : tout en elle retrace ce triple caractère. C'est donc pour cela qu'après les deux Apôtres que nous venons de nommer, saint André est l'objet d'une religion toute particulière dans la Liturgie universelle.

Mais lisons les gestes de l'héroïque pécheur du lac de Génézareth, appelé à devenir plus tard le successeur du Christ lui-même, et le compagnon de Pierre sur l'arbre de la Croix. L'Eglise les a puisés dans les anciens Actes

Saint André y Apôtre.

5og

du Martyre du saint Apôtre, dressés par les prêtres de l'Eglise de Patras, qu'il avait fondée. L'authenticité de ce monument vénérable a été contestée par les Protestants, qui y trouvent plusieurs choses qui les contrarient ; en quoi ils ont été imités par plusieurs critiques des xviie et xvme siècles, tant en France qu'à l'étranger. Néanmoins, ces Actes ont pour eux un bien plus grand nombre d'érudits catholiques, parmi lesquels nous nous plaisons à citer, à côté du grand Baronius, Labbe, Noël Alexandre, Galland, Lumper, Morcelli, etc. Toutes les Eglises de l'Orient et de l'Occident, qui ont inséré ces Actes dans leurs divers Offices de saint André, sont bien aussi de quelque poids, ainsi que saint Bernard, qui a bâti sur eux ses trois beaux Sermons sur saint André.

André, Apôtre, né à Bethsaï'Je, bourg de Galilée, était frère de Pierre et disciple de suint Jean. Ayant entendu celui-ci dire du Christ : Voici l'Agneau de Dieu ! il suivit Jésus, et lui amena son frère. Plus tard, comme -il péchait avec son frère dans la mer de Galilée, tous deux furent appelés , avant tous les autres Apôtres, par le Seigneur, qui, passant près d'eux, leur dit : Suivez-moi : je vous ferai pêcheurs d'hommes. Eux aussitôt, quittant leurs filets, le suivirent. Après ia passion et la résurrection, André alla prêcher la foi chrétienne

Andréas Apostolus , **• Bethsaidre natus , qui est Galilcere viens, frater Pétri , discipulus J oh an ni s B a p t i s t ce , cum eum de Christo dicentem audisset : Ecce Agnus Dei ; secutus Jesum, fratrem quoque suum ad eumdem perduxit. Cum postea una cum fratre piscaretur in mari Galilaere, ambo a prretereunte Christo Domino ante alios Apostolos vocati illis verbis : Venite post me, faciam vos fieri piscatores hominum ; n u 1 1 a m interponentes moram, et relictis reti- / o Le Temps aprèi la PenU

;uti *unt e u ni. nem et Resui

cum in Scvihiain I pa?, v|ux ri provin Christ* fidem di nandam obti

set, deinde Epirura ac Thraciam peragrasset . docti ina et miraculis innumerabiles homines ad Christum convertit, l'o-t Pat ras Achaix profectus , et in ea urbe plurimis ad veritatem Evangelicam perductis, /Egeam Proconsulem , p raed i cationi Evan gelica.- resistentem , liberrime increpavit quod qui judex hominum haberi vellet, Christum Deum omnium Judiccm :i dxmonibus elusus non agnosccret.

•-pUNC iËgeas iratus :

1 D e s i n e , inquit ,

Christum jactare , cui similia verba nihil profuerunt, quominus a Judœis crucifigeretur. Andream vero de Christo nihilominus libère pra?- dicantem.quod pro salute humani generis se crucifigendumi obtulisset , impia oratione interpellât, ac demum hortatur, ut sibi consulens, diis velit immolare. Cui Andréas : Ego omnipotenti

vinec qui lu . la Se) thic ; :! parcoui ut I Epire et

la '11. Jication el

tit ;i J <

innoo

iras, \ il le d'Achaî il \ fit

embrasser à beaucoup de monde la vérité de 11 vile, et ne craignit prendre généreusement 1 e proconsul Egée, qui résistait à la prédication évangélique, lui reprochant de vouloir être le juge des hommes, pendant que les déni' i jouaient jusqu'à lui fait connaître le Christ bieu, Juge de tous les hommes.

EGÉE irrité lui dit : Cesse de vanter toa Christ que

de tels propos n'ont point empêché d'être crucifié par les Juifs. Et comme André néanmoins continuait de prêcher intrépidement que Jésus-Christ s'était lui-même olfert à la Croix pour le salut du genre h u m a i n, Egée l'interrompt par u n discours impie, et le prévient de pourvoir à son salut, en sacrifiant aux dieux. André lui dit : Pour moi, il est un Dieu tout-puissant, seul et

Saint André, Apôtre.

5n

vrai Dieu, auquel je sacrifie tous les jours, non point les chairs des taureaux, ni le sang- des boucs, mais l'A- gneau sans tache immolé sur l'autel ; et tout le peuple participe à sa chair, et l'A- gneau qui est sacrifié demeure entier et plein de vie. C'est pourquoi Egée, outré de colère, le l'ait jeter en prison. Le peuple en eût aisément retiré son Apôtre, si celui-ci n'eût apaisé la multitude, en la suppliant très ardemment de ne pas l'empêcher d'arriver à la couronne du martyre.

PEU après, étant amené devant le tribunal, comme il exaltait le mystère de la Croix, et reprochait encore au Proconsul son impiété, Egée exaspéré commanda qu'on le mît en croix, pour lui faire imiter la mort du Christ. .C'est alors qu'arrivé au lieu de son martyre, et voyant la croix, André s'écria de loin: O bonne Croix, qui as tiré ta gloire des membres du Seigneur, Croix longtemps désirée, ardemment aimée, cherchée sans relâche, et enfin préparée à mes ardents désirs, retire-moi d'entre les hommes, et rends-moi à mon maître,

Deo, qui unus et verus est , immolo quotidie, non taurorum carnes, nec hircorum sanguinem, sed immaculatum Agnum in altari, cujus carnem posteaquam omnis populus credentium manducaverit, Agnus qui sacriticatus est, integer persévérât et vivus. Quamobrem ira accensus yEgeas jubet cura in. carcerem detrudi : unde populus Andream facile libérasse!, nisi ipse sedasset multitudinem ; v e h cmentius rogans, ne se ad optatissimam martyrii coronam properantem impedirent.

: gitur paulo post in

1 tribunal productum, cum JEgeas Crucis extollentem mysteria, sibique suam impietatem exprobrantem diutius ferre non posset, in cruc e m tolli , et Christi mortem imitari jussit. Adductus Andréas ad

1 o c u m. martyrii , cum crucem vidisset, longe exclamare cœpit : O bona Crux, quœ decor e m ex membris Domini suscepisti, diu desiderata, sollicite amata, sine intermissioue quaesita, et aliquando cupienti animo praeparata :

5i 2 Le Tempà après la Penh

accipc me ab hominibus, et redde me nu

•it per te m ■

piat, qui p ;

démit, [taque cruci .vli

XU9 est : in qua biJuum vivus pende ns, et Christi fidem praedicare nunquam intermittens, ad

eum mi gravit , c u j u s m or t i s BÎmilitudinem

concupierat. Quae omnia Presbyteri et iiiaconi

Achaiœ qui ejus 1 ' nem scripserunt, se ita ut commemorata sunt , audisse et vidisse testantur. Kjus ossa primum Gonstantino imperatore Constantinop'»- lim , deinde Amalphim translata sunt. Caput , Pio Secundo Pontifice, Romam allatum, in Basilica sancti Pétri collocatum est.

Entendons maintenant la voix des diverses Eglises qui sont sous le ciel, célébrer tour à tour un si grand triomphe. La sainte Eglise Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les autres, ne trouve rien de plus expressif à la louange de l'Apôtre de la Croix, que défaire retentir en son honneur, tantôt les paroles du saint Evangile sur la vocation du glorieux André, tantôt les passages les plus touchants des Actes rédigés par les Prêtres de Patras, en les entremêlant aux éloges que le sujet lui inspire. Nous citerons d'abord quelquesuns des Répons de Matines.

afin que p : Celui qui in ;i '

;'.-ich'i à l.'i laquelle il d< nx jouis.

vivre ni de prêchei la f< i de Jésus-Christ, ainsi à Celui dont il avait souhaité d'imiter la : Les Prêtre^ et les Diacres d'Achale, qui onl Passion, attestent qu'ils ont vu et entendu toute! choses ainsi qu'ils les ont racontées. Ses ossements furent transportés d'abord à Constantinople. au temps de l'empereur Constance , e t ensuite à A mal fi. Son chei, apporté à P

tilicat de Pie II, fut place dans la Basilique de SaintPierre.

Saint André, Apôtre.

5i3

.•-nomme- le Seigneur *r"V-* marchait le long de 2a mer de Galilée, il vit Pierre et André qui jetaient leurs filets dans la mer, et il les appela, disant : * Venez après moi ; je vous ferai pêcheurs d'hommes, f. Car ils étaient pêcheurs. Et il leur dit : * Venez après moi; je vous ferai pêcheurs d'hommes.

rç\ Dès que le bienheureux André eut entendu la voix du Seigneur qui l'appelait, ayant quitté les filets dont l'usage le faisait vivre, * Il suivit Celui qui donne les récompenses de la vie éternelle, f. C'est cet homme qui pour l'amour du Christ fat attache à la croix, et qui pour sa loi endura la passion. * Et il suivit Celui qui donne les récompenses de la vie éternelle.

iç. Docteur plein de bonté et ami de Dieu, André fut miné à la croix. La voyant de loin, il dit : Salut, ô Croix ! * Reçois le'disciple de Celui qui à toi fut attachi , le Christ, mon maître, f, O Croix, salut 1 toi qui as été consacrée par le corps de Jésus-Christ, et ornée de ses membres comme d'autant de perles précieuses. * Reçois le disciple de Celui qui à toi fut attaché, le Christ, mon maître,

C~» UM perambularet » Dominus juxta mare Galilaea? , v i d i t Pctrum et Andream retia mittenles in mare : et vocavit eos , dicens : * Venite post me, faciam vos fieri piscatores hominum. f. Erant eniiu piscatores ; et ait illis : * Venite post me, faciam vos fieri piscatores hominum.

tf. Mox ut vocem Domini praedicantis audivit beatus Andréas, relictis retibus, quorum usu actuque vivebat, * ^Eternae vitae secutus est praemia largientem. f. Hic est qui pro amore Christi pependit in cruce,et pro îege ejus sustinuit passionem. * yEternae viia secutus est praemia largientem.

F}1. Doctor bonus, et amicus Dei Andréas ducitur ad crucem ; quam a longe aspiciens dixit : Salve, Crux ! * Suscipe discipulum ejus qui pependit in te, magister meus Christus. f. Salve. Crux, qune in corpore Christi dedicata es; et ex membris ejus tamquam margaritis ornata. * Suscipe discipulum ejus qui pependit in te, magister meus Christus.

C ru X desiderabilis ! o

Cru*, qute per t << t u m mundum rutilas : * Suecipe discipulum Christi, ac per te me recipiat, qui per te moriena me redemit. y. O bona Crux, quae decorem et pulchritudinem de membris Domini suscepisti. * Suscipe discipulum Christi, ac pci te me recipiat, qui per le moriens me redemit.

i\. Oravit sanctus Andréas, dum respiceret in cci'lum, et voce magna clamavit et dixit : Tu es Deus meus, quem vidi : ne me patiaris ab impio judice deponi : * Quia virtutem sancta: Crucis agnovi. ^r. Tu es magister meus Christus, quem dilexi, quem cognovi, quem confessus sum : tantummodo tn ista voce, exaudi me. * Quia virtutem sancta? Crucis

x désirahl I

qui brilles par tout l'unidu Christ,

reçoive Celui qi .

cheté en mourant sur toi.

y. O bonne Croix , qui as

reçu par les mendies du l 0 e U r l'éclat

du Christ, et que pai t<>i me reçoive Celui qui m'a racheté en mourant toi.

if. Saint André pria, en regardant le ciel, et décria

à haute v is qui

êtes mon Dieu, vous que )'ai vu de m e s yeux; ne souffrez pas. que je sois détaché d'ici par un juge impie : * Car j'ai ressenti la vertu de la sainte Croix, y. Vous êtes le Christ mon maître, que j'ai aimé, que j'ai connu, que j'ai confessé : exaucez seulement cette prière que je vous fais. * Car j'ai ressenti la vertu d ; la sainte Croix

agnovi.

Les Antiennes des Vêpres forment un ensemble lyrique plein de grâce et d'onction.

Salve, Crux pretiosa l suscipe discipulum ejus qui pependit in te, magister meus Christus.

Salut, 6 Croix précieuse ! reçois le disciple de Celui qui à toi fut attaché, le Christ mon maître.

Saint André, Apôtre.

5i5

Le bienheureux André priait, et disait : Seigneur, Roi d'éternelle gloire, recevez-moi qui suis suspendu à ce gibet.

André , le serviteur du Christ, le digne Apôtre do Dieu, le frère de Pierre et le compagnon de son supplice.

Maximille, femme aimée du Christ, enleva le corps de l'Apôtre, et l'ensevelit avec des parfums en un lieu honorable.

Ceux qui persécutaient le juste, vous les avez précipités, Seigneur, dans les enfers, et vous êtes l'appui du juste sur la Croix.

Beatus Andréas orabat, dicens : Domine, Rex œternae gloria?, suscipe me pendentem in patibulo.

Andréas Christi famulus, dignus Dei Apostolus, germanus Pétri, et in passione socius.

Maximilla, C h r i s t o amabilis , tulit corpus Apostoli , optimo loco cum aromatibus sepelivit.

Q u i persequebantur justum, demersisti eos, Domine, in inferno, et in ligno Crucis dux justi fuisti.

L'hymne suivante a été composée, à la louange du saint Apôtre, par le Pape saint Damase, l'ami de saint Jérôme ; il y est fait allusion au nom d'André qui, entre plu- I sieurs significations, a aussi celle de Beauté.

Vous dont le nom glorieux et sacré présageait la vie, votre nom exprime aussi la Beauté dont la Croix bienheureuse vous a noblement couronné.

André, Apôtre du Christ, votre nom seul est un signe qui vous distingue, un mystique emblème de votre beauté.

DEC^S sacrati nominis, Vitamque n om e n exprimens, Hoc te Décorum praedicât Crucis beatae gloria.

Andréa , Christi Apostole , Hoc ipso jam vocabulo Signaris isto nomine, Decorus idem mystice.

S/d Le Temps apr$s la Petite^

Qll 03 Cl nx ;ul alt;i

pi ovebii ,

I i 1 i g i t ,

Cui Crus amara ;

rat Lucis futurs gaudia.

Jn te Crucis ;

rium Cluit gemello stigmate, Hum probra vin ci. s per

Crucem, Crucisque pandis sangumem.

Jam nos foveto languidos, Curamque nostri suscipe, Quo per Crucis victoriam Cœli petamus patriam. Amen.

Oi

Cr<-i\ ;,imc a\ e ten h

qui l'amertume Je la prépare les joies Je 1 1 lumière future,

En vous le nn -•

brille doublement imprimé : vous ti iompb l'opprobre par la Croix , et

vous prêchez le Sang divin qui arrosa la Croix.

désormais donc rechauffez nos langueurs, daignez veiller ?ur

par la victoire Je la Cr i\\ nous entrions dans la patrie du ciel.

Amen.

Le moyen âge consacra les deux Séquences que nous donnons ci-après à la gloire de l'Apôtre de la Croix. La première est du xie siècle. Elle est sans mesure régulière, comme toutes les Séquences de cette époque.

SACROSANCTA hodiernae festivitatis proeconia

Digna laude universa j categ-orizet Ecclesia.

Mitissimi sanctissima mérita,

sanctorum extollenda

li.i: est sainte et sacrée, la gloire de la fête qu'on célèbre en ce jour.

Que toute l'Eglise fasse entendre un chant digne du sujet.

Qu'elle exalte le^ mérites très saints du Saint le plus débonnaire,

Saint André, Apôtre.

5i7

De l'Apôtre André, en qui reluit une merveilleuse grâce.

Tl apprend de Jean-Baptiste que celui-là était venu qui enlevait les péchés.

Bientôt il entra dans la demeure du Messie , et écouta ses paroles.

Et rencontrant son frère Barjona : Nous avons trouvé le Messie, dit-il plein de joie ;

Et il le mena à la très douce présence du Sauveur.

André parcourait les mers, quand l'appela la clémence du Christ :

Pour échanger l'art de pêcheur contre la dignité de l'Apostolat.

Son âme, après les joyeuses jubilations de la Pâque,

Fut illuminée par la puissance glorieuse de l'EspritSaint ;

Pour prêcher aux peuples la pénitence et la clémence du Père, manifestée par le

Réjouis-toi d'un si noble Père, ô Achaïc !

Eclairée par sa doctrine salutaire,

Illustrée par l'abondance variée de ses prodiges.

Et toi, gémis et pleure, Egée, cruel bourreau !

A toi, l'infection infernale et l'éternelle mort.

Pour André, la Croix lui

Apostoli Andrew, adm i randa prasfulgentis gratia.

Hic accepto a Johanne Baptista quod venisset qui tolleret peccata ;

Mox ejus intrans habitacula, audiebat eloquia.

Jnventoque fritre suo Barjona : Invenimus, ait ovans, Messiam.

Et duxit eum ad dulciiluam Salvatoris prœ- sentiam.

Hune perscrutar.tcm maria , Christi vocavit clementia,

Artem piscandi commutans dignitate apostolica.

Hujus animam post clarafesti Paschalis oaudia, _ b

Sancti Spiritus pra?- clara perlustravit potentia ;

Ad pra?dicandum populis pcenitentiam,et Dei Patris per Filium clementiam.

Gratuîare ergo tanto pâtre, Achaia ;

Illustrata ejus salutari doctrina ;

Honorata multimoda signorum l'requentia.

Et tu gemens plora, trux carnifex iEgea.

Te lues iuferna et mors tenet a?terna.

Sed Andream felicia

5i8 Le Temps après la Pentd

. ' ucem tnanenl gaudia.

,Iam Regem t nu m spe* ctas, jam in ejui

., An.lie.i. StaS.

Odorem suavitatis jam adspiras , quem diviai amoris aroma dat.

Sis ergo tiobia inclyta dulcedo, spirans intima cœléstis vitrc balsama.

Amen.

prépai bonne ui .

i tu conte n

:.<>ut devant lui.

parfums qn exhale 1 du divin amour.

Sois Jonc aus-,i pour n"i^ une merveilleuse suavii.' , qui répande au fond les senteurs h;iNami j la céleste vie.

Amen.

La seconde Séquence, dont la rime est régulière et le mètre exact, est du pieux Adam de Saint-Victor, le plus grand poète lyrique du moyen âge.

EXSULTEMUS et laetemur : Et Andreae delectemur Laudibus Apostoli.

Hujus fidem, dogma, mores, Et pro Christo tôt labores, Digne decet recoli.

Hic ad fidem Petrum duxit, Cui primum lux illuxit, johannis indicio.

Secus mare Galilceoe, Pétri simul et Andréa? Sequitur electio.

-t^ RE s s aillons et rejouis1 sons-nous, et savourons les louanges de l'Apôtre André.

Sa foi, sa doctrine, ses mœurs, ses longs labeurs pour le Christ, il sied de les célébrer.

C'est lui qui mena Pierre à la foi, lui qui le premier vit briller la lumière, montrée par Jean-Baptiste.

Aux rives de la mer de Galilée, Pierre et André sont choisis à la fois.

Saint André, Apôtre.

Tous deux d'abord pêcheurs, deviennent les hérauts du Verbe et les modèles de la justice.

Ils jettent le filet sur le monde, et leurs soins vigilants s'étendent sur toute l'E- glise naissante.

Séparé de son frère, André est envoyé aux parages de l'Achaïe.

Dans les filets d'André tombe, par la grâce divine, la province presque tout entière.

Sa foi, sa vie, sa parole, ses miracles, tout en fait un Docteur de piété, un Docteur illustre pour former le cœur du peuple.

Egée apprend les œuvres d'André, et déjà s'agite sa fureur.

Ame sereine, âme virile, dédaignant la vie présente, André s'arme de la patience.

Ni les caresses ni les tortures qu'emploie le juge insensé, n'amollissent son Ame vigoureuse.

Il voit préparer la croix, il tressaille, impatient d'être

Ambo prius piscatores, Verbi fiunt assertores, Et forma justitiœ.

Rete laxant in capturam ; Vigilemque gerunt curam Nascentis Ecclesias.

A fratre dividitur, Et in partes mittitur Andréas Achaia?.

In Andréas retia Currit, Dei gratia, Magna pars provincise.

Fide, vita, verbo, siDoctor pius et insignis

Cor informat populi.

Ut JEgeas comperit Quid Andréas egerit , Ira; surgunt stimuli

Mens secura, mens virilis, Cui prresens vita vilis, Viget patientia.

Blandimentis aut tormentis Non énervât robur mentis Judicis insania,

Crucem videns praeparari,

$20 Le Temps après la Peut*

Suo gestil conformari

Magistro discipulus.

Mors pro morte solvitur Et Crucis appetitur Triumphalis titulus.

In cruce vixit biduum, Victurus in perpctuum : Nec vult volentc populo Deponi de patibulo.

Hora fere dimidia, Luce perfusus nimia.

Cum luce, cum loetitia. Pergit ad lucis atria.

un disciple semblabh

' 1 paie au Christ mort pour mort ; par lui la I

nquise comme un trophée triomphal.

Deux jours il vit sur la

croix, pour vivre à jamais.

ste au vœu du peuple,

et ne veut point être détaché

de son gibet.

Pendant une moitié d'heure, il est inondé de clarté : et dans cette auréole et cette allégresse, il monte au palais de la lumière.

O glorieux André, dont précieuse est la prière, la mort lumineuse, et suave la souvenance ;

Du fond de ce val des larmes, tendre Pasteur des âmes, élevez-nous par votre faveur jusqu'à cette éciatante lumière.

Amen.

O Andréa gloriose, Cujus preces prct'osae, Cujus mortis luminosse Dulcis et memoria,

Ab hac valle lacrymarum, Nos ad illud lumen clarum, Pie Pastor animarum, Tua transfer gratia. Amen.

Les pièces que nous avons rapportées jus qu'ici appartiennent à la Liturgie Romaine, étant tirées des livres de cette Mère des Eglises, ou de ceux des diverses Eglises de l'Occident qui gardent la forme' de ses Offices. Nous allons maintenant, à la louange de notre saint Apôtre, produire ici quelques-unes des formules c-ue les autres LiturSaint André, Apôtre.

gics anciennes lui ont consacrées ; nous commencerons parle rite Ambrosien, auquel nous empruntons la belle Préface qui suit.

{Lest vraiment digne et juste, équitable et salutaire, que nous vous rendions Grâces en tout temps et en tous lieux , Seigneur saint , Père tout-puissant, Dieu éternel ; car voici le jour consacre à la mémoire d'un mystère auguste, le jour où le bienheureux André se fit reconnaître pour le frère de l'A- pôtre Pierre, tantpar son zèle à prêcher votre Christ que par son courage à le confesser, jour dans lequel il compléta l'honneur de la dignité apostolique par les souffrances unies à la gloire ; ne voulant pas taire" sur la croix même ce qu'il avait prêché sur la terre d'une voix intrépide ; heureux de suivre l'auteur de la vie éternelle pendant les jours de cette vie, et de l'imiter ensuite dans le genre de sa mort. Fidèle au précepte du Sauveur, il avait crucifié en lui-même les désirs terrestres : h son exemple il fut attaché à la croix. Donc , les deux frères pêcheurs sont tous deux élevés au ciel par la Croix, en sorte que ceux que votre grâce, Seigneur, avait e nchaînés de tant de liens d'amour, une

Vere dignum et juslum est, œquum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere, Domine sancte , Pater omnipotens , ne t e r n e Deus. Adest enim nobis dies sacri votiva mysterii : qua beatus Andréas germanum se Pétri Apostoli tam praedicatione Christi tui, quamconfess io n e monstravit ; et apostolicre numerum dignitatis simul passione supplevit et gloria ; ut id, quod libéra prœdicaverat voce, nec pendens taceret in cruce : auctor e m q u e vitae perennis tam in hac vita sequi , quam in mortis génère meruit imitari : ut cujus praecepto terrena in semetipso crucifixerat desideria, ejusexemplo ipse patibulo figeretur. Utrique igitur germani piscatores, ambo cruce elev a n t u r ad cœlum ; ut, quos in hujus vitoe cursu tua gratia tôt vinculis pietatis constrinxerat , nos similis in rerno cœ- lorum necteret et corona: et quibus erat una causa

certaminis, una retribu- même coui

tio cssct et praemii. DOUl eux et lei réunit dans

;ux, et .ju'aîuI et

même combat, une seule et

même récompense demeurât

leur pal

La Liturgie Gallicane célébra aussi les grandeurs de saint André. Dans le petit nombre de fragments qui nous sont restés des monuments qui la composaient, aucune pièce métrique ne nous est parvenue; mais du moins la Préface que nous donnons ici sous son titre gallican de Contestation, montre que l'Eglise des Gaules , du ive au vnie siècle, partageait l'enthousiasme des Eglises Romaine "et Ambrosienne pour le glorieux Apôtre de la Croix.

pviGNUM et justum est ;

u

aecjuum et justum

est : pietati tuœ méfiabiles gralias referre , omnipotens sempiterne Deus : et inaeslimabili gaudio passionem tuorum praedicare Sanctorum, per Christum l)ominum nostrum. Q u i beato Andreae in prima vocatione dédit fidem ; et in passione donavit victoriam . Acceperat ha?c utraque beatus Andréas ; ideo habebat et in pra?dicatione constantiam, et in passione tole1L est digne et juste, équitable et raisonnable que nous rendions d'ineffables actions de grâces à votre bonté, Dieu tout-puissant et é t e r n e 1. et que nous célébrions avec une joie sans égale la passion de vos Saints, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui donna au bienheureux André la foi , dès le moment de sa vocation, et plus tard lui octroya la victoire dans les souffrances. Le bienheureux André avait donc reçu ces deux faveurs: et c'est pour cela qu'il montrait la constance dans la préSaint André, Apôtre.

dication, la patience dans les supplices. Après des verges injustes, après l'étroite prison, enchaîné au gibet , il s'offrit à vous, ô Dieu ! comme une oblation pure. Plein de douceur, il étend ses bras vers le ciel, il embrasse l'étendard de la Croix, il y colle ses lèvres, il y pénètre les secrets de l'Agneau. Enfin, comme on le conduisait au supplice, comme on le suspendait à la croix, il souffrait dans la chair, mais l'Esprit parlait par sa bouche. Il oublie les douleurs de la croix , en prêchant JésusChrist du haut de cette croix. Plus son corps était étendu sur le bois, plus sa langue exaltait le Christ ; car, suspendu au bois, il se félicitait d'être associé au Christ. Il ne souffre pas qu'on le descende de la croix, dans la crainte que l'ardeur du combat qu'il soutient ne s'attiédisse. La foule le considère et se lamente ; elle veut qu'on délie les liens de celui qu'elle sait être le médecin des âmes ; elle demande qu'on dégage le juste, dans la crainte que le peuple luimême ne périsse pour un si grand forfait. Cependant, le martyr rend l'âme, et est admis en possession du royaume de l'éternel juge. Par ses mérites , accordez-nous, Dieu tout-puissant, d'être délivrés

rantiam. Qui post iniqua verbera, post carceris septa , alligatus suspendio se purum sacrificium tibi obtulit Deo. Extendit mitissimus brachia ad cœlos ; amplectitur crucis vexillum ; defigit in osculisora; Agni cognoscit arcana. Denique dum ad patibulum duceretur, in cruce suspenderetur, carne patiebatur, et Spiritu loquebatur.Obliviscitur crucis tormenta ; dum de cruce Christum praeconat. Quantum enim corpus ejus in ligno extendebatur ; tantum in lingua ejus Christus exaltabatur ; quia pendens in ligno, sociari se ei gratulabatur. Absolvi se non patitur a cruce, ne tepescat certamen in tempore. Turba circumspicit, et lamentât : demitti a vinculo petit , quem reparatorem mentis intelligit. Laxari postulat justum, ne pereat populus hoc delicto. Interea fundit Martyr spiritum, possessurus sempiterni Judicis regnum. Pro cujus meritis concède nobis, omnipotens Deus : ut a malis omnibus tuti atque defensi, tibi Domino nostro Deo Martyrum et Principi Aposto$24 Le Temps après la Pentecôte.

Lorum, laud gratias referamus.

et pi

maux • • d'clions d notre

et Prince d

La Liturgie Mozarabe est très abondante sur les louanges de saint André, tant au Missel qu'au Bréviaire : nous nous bornons

à lui emprunter la belle Oraison qui suit :

/■""• hriste, Dominus no^— ster,qui beatissimum

Andream,et Apostolatus gratia, et Martyrii decorasti corona . hoc i 1 1 i specialiter in munerc pr.TStans, ut Crucis praedicando mysterium, ad Crucis mercretur pervenire patibulum : da nobis, ut sanetne Crucis tua? verïssîmi amatores effeeti, abnegantes nosmetipsos tollamus crucem nostram. et sequamur te : ut passionibus tuis in hac vita communicantes, ad a?ternam vitam pervenire mereamur felices.

O Christ, notre Seigneur, cjui avez décore le très heureux André de la ^râce de l'Apostolat et de la couronne du Martyre, lui ayant fait l'honneur d'arriver luimême au supplice de la Croix, après avoir prêche le mystère de cette même Croix : accordez - nous de devenir de très véritables amateurs de votre sainte Croix, et, nous renonçant nous-mêmes, de prendre notre croix e« de vous suivre ; afin que. participant en cette vie à vos souffrances, nous méritions de parvenir h la félicité oc l'éternelle v i e .

L'Eglise Grecque ne le cède à aucune de celles' de l'Occident pour le zèle à célébrer les prérogatives et les mérites de saint André. Il lui est même d'autant plus cher, que Constantinople le regarde comme son Apôtre tutélaire. Il serait difficile, peut-être.

Saint André, Apôtre.

de justifier par . des arguments sérieux la prétention des Grecs, qui attribuent à saint André la fondation de l'Eglise de Ryzance; mais il est certain que Constantinople fut, pendant plusieurs siècles, enrichie du précieux dépôt de ses reliques. Elles y furent transportées en 3by, par les soins de l'Empereur Constance, qui les déposa dans la Basilique des Apôtres bâtie par Constantin. Plus tard, vers le milieu du vie siècle, Justinien en fit une nouvelle translation, toujours dans la même Eglise. Nous empruntons aux Menées des Grecs les belles Hymnes qui suivent ; la première se chante à l'Office du soir, et la seconde à l'Office du matin.

QUAND Celui que l'on compare à l'astre avantcoureur du'jour, et que nous appelons la splendeur hypostatique de la gloire du Père, voulut, par sa grande miséricorde, sauver le genre humain, tu vins le premier, ô glorieux André, te présenter à lui, illuminé dans ton âme par la pure clarté de sa très- parfaite Divinité ; c'est pourquoi tu es appelé et le héraut et l'Apôtre de notre Dieu, lequel daigne prier de sauver nos âmes.

Quand Celui qu'avait proclamé la voix du Précurseur, le Verbe très saint, se fit chair et nous donna la vie; quand il apporta la bonne nouvelle du salut à la

Luci antelucanae assimilatus, quem splendorcm hypostaticum Paternae gloria? dicimus, h o m i n u m genus per suam magnam misericordiam salvare cum voluisset, tune primus, gloriose, illi occurristi, illustratus interius perfectissima ejusDeitatis claritate : unde et praeco et Apostolus vocaris Christi Dei nostri ; quem deprecare salvare et illuminare animas nostras .

Praecurrenti voce insonans, quando omnisanctum Verbum caro factum est, quando nobis vitam donavit, salutçmque in terris evangeLe Temps après la Pentecôte.

me, istud secutui teipsum primitiaa cri ne i un quasi prima m ipsi oblationem constituai : quem cognoscere f c c i s t i, fratrique tuo monstrasti Deum nostriim ; hune deprecare salvare animas nostras, Qui carnem a sterili ;nti induit, quando Virginalis 1 ilius apparuit, praeceptor pietat 1 s puritatem démonstrans, tune tu, ardentissime virtutis amator, Andréa, beatus efiFectus es ; ascensiones in tuo corde disponens, a gloria in gloriam sublimatus es inauditam Domini Dei nostri : quem deprecare salvare et illuminais animas nostras.

Piscium piscationem derelinquens , homines carpis calamo prœdicationis , mittens hamum pietatis, et extrahens e profundo erroris omnes Gentes, Andréa Apostole, Coryphasi frater, et terra; duxceieberrime, excellens elnon deficiens; tenebrosos homines illustra tua veneranda memoria.

Primovocatus discipulus et imitator passionis tua?, assimilatus tibi,

suite en t'offrani toi-méme

ition

à Celui que tu h^ ensuite connaître, et que i à ton frère comi

prier de

Quand Celui q: tit de notre chair dans un SL-in infécond, et pourtant florissant ; quand le Fils de la Vierge apparut, le maître de la piété, Fauteur pureté ; alors, très ardent amateur de la vertu, 6 dré [ tu fus au combl i ton bonheur; disposant dans ton cœur de sublimes élans, tu t'élevas de la gloire à la gloire ineffable du Seigneur notre Dieu, lequel dai prier de sauver et d'éclairer nos âmes.

Tu abandonnes la pêche des poissons, ô grand Apôtre, pour pêcher" les hommes avec la ligne de la prédication, leur jetant l'appât de la piété, et retirant tous les peuples de l'abîme de l'erreur, o André, Apôtre, frère du Coryphée, glorieux, excellent et puissant Prince de la terre ; viens illuminer par ta douce mémoire ceux qui sont dans les téne

Le premier appelé à l'A- postolat , l'imitateur de votre Passion , celui qui se

Saint André, Apôtre.

rendit semblable à vous, Seigneur, c'est André, Apôtre,"lequel se servant de votre Croix comme d'une ligne salutaire, retira de l'abîme de l'ignorance ceux qui y vivaient errants autrefois, et vous les amena ; c'est pourquoi, nous, fidèles qui avons été sauvés, nous crions vers vous, 6 Seigneur de bonté : Pacifiez notre vie et sauvez nos âmes par son intercession !

L'Apôtre disciple du Christ est un feu qui illumine les intelligences, consume les péchés et pénètre jusqu'au fond des cœurs.

11 brille par les mystiques rayons de ses préceptes dans les cœurs ténébreux des Gentils. Il consume les vains rejetons des discours fabuleux des impies ; tant a d'énergie le feu de l'EspritSaint ! O étonnante merveille 1 une langue de limon, une nature d'argile, un corps de poussière a montré à tous l'intellectuelle, l'immatérielle Gnose. Et toi, ô initié des mystères ineffables ! ô contemplateur des choses célestes ! daigne prier le Seigneur d'illuminer nos âmes. Réjouis-toi, ô Ciel éloquent! qui racontes partout la gloire de notre Dieu. Le premier tu te soumis à l'obéissance du Seigneur, tu t'attachas immédiatement à lui ; et nourri

Domine, Andréas Apostolus in abysso degentes ignorantias olimque errantes, hamo tuae Crucis cum abstraxisset, tibimetipsi adduxit ; et ideo salvati fidèles ad te clamamus : Precibus illius, optime Domine, vitam nostram pacifica, et salva animas nostras.

Ignis illuminans mentes et comburens peccata, in corde interius arripiens, Apostolus Christi discipulusfulget mysticis radiis instructionum in Gentium tenebrosis cordibus. Urit autem iterum surculosas impiorum fabulas ; ignis enim Spiritus tantamhabet energiam ! O mirabiliier terribile 1 Cœ- nosa lingua, fictilis natura, corpus pulverinum, intellectualem el imraaterialem prœbuit Gnosim. Sed tu, o initiale rerum ineffabilium , et contemplator cœlestium, deprecare illuminari animas nostras.

Gaudeas , disertum cœlum, gloriam Dei passim enarrans. Primus Domino obediens ardenter elTectus, ipsi immédiate adhaerens , ab ipso

ma , lumen apparuisti alterum, el tes in tenebi is, tuis illuminasti ra lits . hanc

I ) o m i n i benignitai ;m imitatus : unde tuatn omnisanctam perficimus laudem, et Reliquiarum thecara cum gaudio magno deoseufamur, ex qua scaturil salua petentibus et magna misericordia.

G ente S nescienîes Deum quasi ex abysso ignorant Ue vivas carpsisti sagena tuorum oraculorum, salsaque commoves œquora sapienter, equus optimus visus Dominatoris nuris, celebrande ; qui siccasti putredinem tmpietatis , sal honorandum , spargens sapientiam tuam : quain stupentes admirati sunt, Apostole gloriose, qui malesanam sapientiam inflati amplexi erant , ignorantes Dominum donantem mundo magnam misericordiam.

comme i • lumière

pour c • s rayons

tarons par

et noua baisoti

grande joie la ch de tes Reliques, de laquelle découlent la santé et une grande miséricorde poui qui t'invoquent.

Par les tilets de tes oracles, tu as retiré de l'abime de l'ignorance les peuples qui ne connaissaient point Dieu. Tu as agité les ondes comme le coursier généreux du dominateur de la m digne de toute louange ! tu as desséché l'ordure de l'impiété, 6 se! vénérable, en y semant ta sagesse, laquelle. > glorieux Apôtre, remplit de stupeur et d'étonnement ceux qu'enflait une vaine et nuisible sagesse, et qui ignoraient le Seigneur qui donne au monde sa grande miséricorde.

Accurristi siti non vocatus, Andréa, sed voluntarié, sicut cervus ad fontem vitae. Fide innixus, de incorruptionis fontibus siti fatigaTU es accouru, a

André ! appelé non par la soif, mais de toi-même, comme le cerf, à la fontaine de vie. Appuyé sur la foi, tu as abreuvé aux sources incorruptibles

Saint André, Apôtre.

les régions les plus éloignées, exténuées par la soif.

Tu as reconnu les lois de la nature , ô André l'Admirable 1 et tu as admis ton frère en partage avec toi, en lui criant : Nous avons trouvé le Désiré ; et à celui qui marchait selon la voie de la chair, tu as procuré la connaissance de l'Esprit.

Quand le Verbe eut dit : Suivez-moi . Céphas aussi suivit le Christ avec André ; tous deux disant adieu à leur père, à leur barque , à leurs filets, pour être les citadelles de la foi.

La déifique et inépuisable vertu du puissant auteur de toutes choses et de l'Esprit sans cesse enflammé , habitant en toi, 6 divin André 1 sous la forme d'une langue de feu, te fit connaître comme le héraut des ineffables vérités.

André, digne à jamais de tout honneur, n'apporta point des armes de chair pour sa défense et pour la destruction des remparts terribles de son ennemi ; mais, couvert de la cuirasse, il amena soumises au Christ les nations que le Christ avait déjà rachetées de la captivité.

André, voyant le premier votre ineffable beauté, ô Jésus 1 appela son frère à

tas extremas usque regiones potasti.

Cognovisti naturse leges, Andréa admirande, et comparticipem accepisti fratrem, damans : Invenimus Desideratum; atque ei qui iter fecerat secundum carnis generationem, accersisti Spiritus cognitionem.

Verbum cum dixisset : Hic rétro mei, Christum alacer secutus est cum Andréa et Cepbas genitori valedicentes, et naviculœ, et retibus, tamquam fidei propugnacula.

Deifîca inexhaustaque potentis omnifactoris atque flammantis Spiritus virtus in te , Andréa divine , inhabitans i n igneae linguae forma, ineffabilium te indicavit prœ- conem.

Non arma ad defensionem attulit carnea, et ad destructionem terribilium inimici propugnaculorum, Andréas honoratissimus ; sed ad Christum loricatus, quas captivitate redegerat Gentes, adduxit submissas.

Tuam inelTabilem pulchritudinem Andréas vi« dens primus, Jesu, fratrem rocavit :

Petre ardenter :

siam, qui in I Prophetia proclamai us est ; vent, verae V

gîutincmur.

H une pro mcrceJe recuperasti quem d . Andréa A: ligatis cura eo laborum manipulis, tuisque diijne cum eo collectis : unde te hymnia glorificamus.

Magistrum desiderasti, et illum insecutus es, qui illius vestigiis ad vitam ambulasti, et illius passiones, vere honorande Andréa, usque ad mortem imitatus.

Spiritualem vitœ tranquille aavigatus abys^um, Apostole, perambulasti eum vélo Spiritus, fide Christi : ideoque ad vitoc portum pervenisti gaudens in cuncta sascula.

Spiritali Sole in cruce occidente voluntate propria, solis jubar cum illo qu-erens dissolvi et occidere in Cliristum , in ligno suspensus est Andréas, fax magna et fulgida Ecclesiae.

Velut discipulus omnium optimus illius qui

homme brûlant

ri

Tu .r ta

récoin ii que tu

désirais, ■> A.p3tr Celui

ix et

sées ; c'est pourquoi te chantons un hymne gloire. Tu as désiré le M aire et

tu las suivi, marchant à la vie sur ses traces, imitant ses souffrances jusqu'à la mort, ô André! dign. tout honneur.

Tu as navigué tranquillement sur la mer spirituelle de la vie, ô Apôtre 1 tu l'as parcourue avec la voile l'E>prit, et la foi au Christ ; c'est pourquoi tu es parvenu joyeux au port de vie pour les siècles des siècles.

Le Soleil spirituel s'etant couché par sa volonté sur la Croix, André, le grand et brillant flambeau de l'Eglise, le glorieux r de ce divin soleil, voulant disparaître aussi et s'éteindre dans le Christ, a été suspendu au bois.

Comme un disciple , le plus généreux de tous, de

Saint André, Apôtre.

Celui qui volontairement fut

attaché à la Croix, lu as suivi ton Maître jusqu'à la mort, tu es monté avec joie sur les sommets de la Croix, nous traçant, ô bienheureux Apôtre, la route qui mène aux cieux.

Réjouis-toi présentement. Bethsaïda : en toi, en ton sein maternel ont fleuri les deux lis odorants , Pierre et André, qui ont répandu dans tout l'univers comme une suave odeur la prédication de la foi, par la grâce du Christ dont ils ont partagé la Passion.

La cité des Pères te possède comme son pasteur et son divin gouverneur, comme son libérateur dans tous les dangers et sa sentinelle vigilante, ô André, plein de Sagesse ! Elle t'offre des hommages reconnaissants ; et toi, prie sans cesse pour elle, afin qu'elle soit préservée de toute calamité.

voluntarie affixus est Cruci, magistrum tuum usque ad mortem secutus, cum gaudio in altitudincm ascendisti Cru? cis, viam instruens ad cœlos, béate Apostole,

Gaude nunc, Bethsaida ; in te enim floruerunt c materno fonte nimis odorifera lilia, Petrus et Andréas, universo mundo fidei praedicationis odorem ferentes gratia Christi, cujus passionibus communicaverunt.

Te Patrum civitas pastorcm possidet, et divinum praesidem, et periculorum omnium liberatorem , et custodem te, Andréa sapiens ; gratanter honoravit te : sed tu deprecare incessanter pro ea, ut servetur ab omni perditione.

L'Eglise de Cons«.antinople, si jalouse de la gloire de saint André, ne garda pas toujours le précieux dépôt de sa dépouille mortelle. Elle fut privée de ce trésor en 12 10, lors de la prise de cette ville par les Croisés. Le Cardinal Pierre de Capoue , Légat Apostolique, transporta le corps du saint Apôtre dans la Cathédrale d'Amalfi , au royaume de Naples , où il repose encore,

Le Temps après la Pentei

illustré par des miracles sans nombre et environné des témoignages tic la vénération des peuples. On sait qu'à la même les plus précieuses reliques de grecque passèrent, par un visible j de Dieu, entre les mains des Latins. Hyxance méconnut ces redoutables avertisseme: et persista dans l'orgueil de son schisme. Elle avait néanmoins conservé le Chef du saint Apôtre, sans doute parce que, dans les diverses Translations qui avaient eu lieu, il avait été réservé dans un reliquaire à part. Lors de la destruction de l'Empire Byzantin par les Turcs, la Providence disposa les événements de manière à enrichir l'Eglise de Rome d'une si précieuse relique. En 1462, le Chef de saint André fut donc apporté de Grèce par le célèbre Cardinal Bessarion, et le douze avril de cette même année, dimanche des Rameaux , l'héroïque Pape Pie II l'alla chercher en grande pompe jusqu'au Pont Milvius (Ponte Molle) et le déposa dans la Basilique de Saint-Pierre au Vatican, où il est encore aujourd'hui, près de la Confession du Prince des Apôtres. A l'aspect de ce Chef vénérable, Pie II se sentit transporté d'un enthousiasme religieux, et avant de lever un si glorieux fardeau pour l'introduire dans Rome, il prononça le magnifique discours que nous allons rapporter ici, comme un complément des éloges liturgiques que les diverses Eglises ont prodigués à saint André :

ous voici donc arrivé, ô très saint et très vénérable Chef du saint Apôtre ! La

Saint André, Apôtre. 533

« fureur des Turcs vous a chassé de votre « asile, et vous venez demander un refuge « à votre frère le Prince des Apôtres. Non, ce « frère ne vous fera point défaut; et par la « volonté du Seigneur, on pourra dire un jour <( à votre gloire : O heureux exil qui trouve « un pareil secours ! Cependant, vous demeu« rerez avec votre frère, et vous partagerez « ses honneurs.

« Cette ville que vous voyez, c'est l'auguste « Rome consacrée par le sang précieux de « votre frère. Ce peuple qui vous entoure, « c'est celui que le bienheureux Apôtre, « votre frère plein de tendresse, aidé par saint « Pauh, le Vase d'élection, a régénéré en Jésus« Christ. Fils de votre frère, ces Romains « sont vos neveux. Tous reconnaissent en « vous le frère d'un père, un second père ; « tous vous vénèrent, vous honorent, vous <« rendent hommage et s'appuient sur votre « patronage en la présence du grand Dieu.

« O très fortuné Apôtre André ! prédica« teur de la vérité, défenseur de l'auguste « Trinité, de quelle joie vous nous remplissez « en ce moment où nous contemplons de « nos yeux votre tête sacrée et vénérable, qui « mérita qu'au jour de la Pentecôte , le « saint Paraclet se reposât visiblement sur « elle, sous l'apparence du feu !

« O vous, Chrétiens, qui allez à Jérusalem « pour honorer le Sauveur au lieu même où « ses pieds se sont posés, voici le Trône de « l'Esprït-Saint ! Ici s'arrêta l'Esprit du Sei« gneur ; ici a été vue la troisième personne « de la Trinité ; ici ont été des yeux qui « souvent ont contemplé le Seigneur dans la

v./, Le Temps après la Pentea

chair. Cette bouche a fréquemment adresse la parole au Christ ; cc^ joues, il douteux qu'elles n'aient plus d'une reçu les baisers de Jésus. « () Sanctuaire ineffable ! ô charité piété ! ô douceur de l'âme ! ô consolation de l'esprit ! qui ne sentirait, en une telle présence, ses entrailles s'émouvoir? Quci cœurne s'embraserait ? Qui ne répandrait des larmes de joie, à l'aspect des tant vénérables et précieuses reliques de l'Apôtre du Christ ? Oui, nous nous réjouissons, nous tressaillons, nous jubilons de votre arrivée, ô très divin xVpôtre André ! car nous ne doutons pas que vous ne ..oyez ici accompagnant votre Chef mortel, et que vous ne fassiez avec lui votre entrée dans Rome. « Sans doute, nous haïssons les Turcs, ennemis de la Religion chrétienne ; mais nous ne les haïssons pas de ce qu'ils ont été la cause de votre venue parmi nous. En effet, que pouvait-il nous arriver de plus fortuné que de contempler votre très honorable Chef, et d'être embaumés de son très suave parfum ? Une seule chose nous attriste ; c'est de ne pouvoir, à votre arrivée , vous rendre les honneurs dont vous êtes digne, ni vous recevoir comme le mérite votre excellente sainteté. Mais accueillez notre désir, comprenez la sincérité de notre cœur, et souffrez avec bonté que nos mains indignes touchent vos ossements , et que nous, pécheurs , vous fassions cortège dans l'enceinte de la ville. « Pénétrez clone dans cette sainte Cité, et soyez propice au peuple Romain. Qu'à

Saint André, Apôtre. 535

« tout le monde chrétien votre arrivée soit « salutaire , votre entrée pacifique ; votre « séjour, au milieu de nous, heureux et « fortuné. Soyez notre Avocat au ciel, et <( ensemble avec les bienheureux Apôtres « Pierre et Paul, veillez paternellement sur « tout le peuple chrétien, afin que, par votre « intercession, les miséricordes de Dieu vien* nent sur nous ; et si nos péchés , qui sont « nombreux, ont provoqué son indignation, « qu'elle retombe sur les Turcs impies et « sur les nations barbares qui déshonorent « le Seigneur Jésus-Christ. Amen. »

C'est ainsi que la gloire de saint André est venue se confondre, dans Rome, avec celle de saint Pierre. Mais l'Apôtre de la Croix, dont la fête était autrefois décorée d'une Octave dans beaucoup d'Eglises, compte aussi parmi ses titres d'honneur celui d'avoir été choisi pour Patron de l'un des Royaumes de l'Occident : l'Ecosse , aux jours de l'unité catholique, s'était placée sous sa protection. Puisse-t-il s'en souvenir du haut du ciel, et préparer le retour de cette contrée à la véritable foi !

Prions maintenant, en union avec l'Eglise, ce saint Apôtre dont le nom et la mémoire font la gloire de ce jour ; rendons-lui honneur, et demandons-lui le secours dont nous avons besoin.

'est vous, ô bienheureux André ! que nous rencontrons le premier aux abords de ce chemin mystique de l'Avent où nous marcherons bientôt, cherchant notre divin Sauveur Jésus-Christ ; et nous remercions

536 Le Temps après la P

Dieu de ce c]u '1 a bien voulu nous ménager une telle rencontre. Quand Jésus, notre M

se révéla au monde, vous aviez déjà prêté une oreille docile au saint Précurseur qui

annonçait son approche, et vous fûtes premiers parmi les mortels à confesser, dans le fils de Marie, le Messie promis dans la Loi et les Prophètes. Mais vous ne voulûtes pas rester seul confident d'un si merveilleux secret, et bientôt vous fîtes part de la Bonne Nouvelle à Pierre votre frère, et vous ramenâtes à Jésus.

Saint Apôtre, nous aussi nous desirons le Messie, le Sauveur de nos âmes ; puisque vous l'avez trouvé, daignez donc aussi nous amener à lui. Nous mettons sous votre protection cette sainte carrière d'attente et de préparation qu'il nous reste à traverser, jusqu'au jour où ce Sauveur si attendu paraîtra dans le mystère de sa merveilleuse Naissance. Aidez nous à nous rendre dignes de le voir au milieu de cette nuit radieuse où il apparaîtra. Le baptême de la pénitence vous prépara à recevoir la grâce insigne de connaître le Verbe de vie ; obtenez-nous d'être vraiment pénitents et de purifier nos cœurs, durant ce saint temps, afin que nous puissions contempler de nos veux Celui qui a dit : Heureux ceux qui ont le cœur pur , parce qu'ils verront Dieu.

Vous êtes puissant pour introduire les âmes auprès du Seigneur Jésus, ô glorieux André ! puisque celui-là même que le Seigneur devait établir Chef de tout le troupeau, fut présenté par vous à ce divin Messie. Nous ne doutons pas que le Seigneur n'ait

Saint André, Apôtre. 53y

voulu, en vous appelant à lui en ce jour, assurer votre suffrage aux chrétiens qui cherchant de nouveau, chaque année, Celui en lequel vous vivez à jamais, viennent vous demander la voie qui conduit à lui.

Cette voie, vous nous l'enseignez, est la voie de la fidélité, de la fidélité jusqu'à la Croix. Vous y avez marché avec courage ; et parce que la Croix conduit à Jésus-Christ, vous avez aimé la Croix avec passion. Priez, ô saint Apôtre ! afin que nous comprenions cet amour de la Croix ; afin que, l'ayant compris, nous le mettions en pratique. Votre frère nous dit dans son Epître : Puisque Je Clirist a souffert dans la chair, arme\-vous, mes frères, de cette pensée. (I Petr. iv, i.) Vous, ô bienheureux André ! vous nous présentez aujourd'hui le commentaire vivant de cette maxime. Parce que votre Maître a été crucifié, vous avez voulu l'être aussi. Du haut de ce trône où vous vous êtes élevé par la Croix, priez donc, afin que la Croix soit pour nous l'expiation des. péchés qui nous couvrent , l'extinction des flammes mondaines qui nous brûlent, enfin, le moyen de nous unir par l'amour à Celui que son amour -seul y a attaché.

Mais, quelque importantes et précieuses que soient pour nous les leçons de la Croix, souvenez-vous, ô grand Apôtre ! que la Croix est la consommation, et non le principe. C'est le Dieu enfant, c'est le Dieu de la crèche qu'il nous faut d'abord connaître et goûter ; c'est l'Agneau de Dieu que vous désigna saint Jean, c'est cet Agneau que nous avons soif de contempler. Le temps qui va

I après la Petit s'ouvrir est celui de l'Avcnt, et non celui de la dure Passion du Rédempteur. Fortifiez donc

notre cœur pour le jour du combat ; mais ouvrez-le en ce moment a la Componction

et à la tendresse. Nous plaçons sous votre patronage le grand œuvre de notre préparation à l'Avènement du Christ en nos cœurs.

Souvenez-vous aussi, bienheureux André, de la sainte Eglise dont vous êtes une des colonnes, et que vous avez arrosée de votre sang ; levez vos mains puissantes pour elle, en présence de Celui pour lequel elle milite sans cesse. Demandez que la Croix qu'elle porte en traversant ce monde soit allégée, et priez aussi afin qu'elle aime cette Croix, et qu'elle y puise sa force et véritable honneur. Souvenez-vous en particulier de la sainte Eglise Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les autres, et lui obtenez la victoire et la paix par la Croix, à cause du tendre amour qu'elle vous porte. Visitez de nouveau, dans votre Apostolat, l'Eglise de Constantinople, qui a perdu la vraie lumière avec l'unité, parce qu'elle n'a pas voulu rendre hommage à Pierre , votre frère, que vous avez honoré comme votre Chef, pour l'amour de votre commun Maître. Enfin, priez pour le royaume d'Ecosse, qui depuis trois siècles a oublié votre douce tutelle ; obtenez que les jours de l'erreur soient abrégés, et que cette moitié de l'Ile des Saints rentre bientôt, avec l'autre, sous la houlette de l'unique Pasteur.

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