L'Année liturgique — Le Carême (t. 5) (page 2)
1. Thren. m, 25.
La Messt
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit . Ainsi soit-il.
Je m'unis, ô mon Dieu, à votre sainte Eglise qui tressaille dans l'espoir de contempler bientôt au sein des splendeurs de sa résurrection Jésus-Christ votre Fils , l'Autel véritable.
Comme elle, je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon salut.
C'est en vous que j'ai mis mon espérance ; et cependant je me sens triste et inquiet, à cause des embûches qui me sont tendues.
Failes-moi donc voir , lorsque mon cœur en sera digne , celui qui est la Lumière et la Vérité : c'est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.
Il est le médiateur, l'Autel vivant; je m'approcherai de lui, et je serai dans la joie.
Quand je l'aurai vu, je chanterai avec allégresse. O mon âme ! ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée.
Espère en lui ; bientôt il se montrera à toi, vainqueur
IN nomine Fatris, et Filii , et Spiritus Sancti. Amen.
'f. Inlroibo ad altare Dei,
^.AdDeum qui iaetificat juventutem meam.
Judica me, Deus, et discerne causam meam de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso erue me.
Quia tu es. Deus, fortitudo mea : quare me repulisti ? et quare tristis incedo. dum afBigit me inimicus ?
Emitte lucem tuam et veritatem tuam ; ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua.
Et introibo ad altare Dei : ad Deum qui laetificat juventutem meam.
Confitebor tibi in cithara , Deus, Deus meus : quare tristis es, anima mea ? et quare conturbas me ?
Spera in Deo, quoniara adhuc confitebor illi :
salutare vultus mei, et Deus meus.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saîcula saEculorum. Amen.
y. Introibo ad altare Dei,
^. Ad Deum qui lastificat juventutem meam.
f. Adjutorium nostrum in nomine Domini,
^. Qui fecit cœlum et terram.
Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur fait naître dans l'âme du Prêtre un vif sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne d'une telle grâce. Ecoutez avec respect cette confession de l'homme de Dieu, et demandez sincèrement au Seigneur qu'il daigne lui faire miséricorde ; car le Prêtre est votre père ; il est responsable de votre salut, pour lequel il expose le sien tous les jours.
Faites ensuite votre confession avec le ministre, disant à votre tour avec contrition :
de cette mort qu'il aura subie en ta plate ; et tu ressusciteras avec lui.
Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit ;
Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Je vais donc m'approcher de l'autel de Dieu, et sentir la présence de Celui qui veut rajeunir mon âme.
Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours toutpuissant de mon Créateur.
ONFITEOR Deo omnipotenti, beatae Mariât semper Virgini , beato Michaeli Archangelo , beato Johanni Baptistae, sanctis Apostolis Petro et Paulo, omnibus Sanctis, et tibi, Pater, quia
JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange , à saint Jean-Baptiste , aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous, mon Père , que j'ai
La Messe.
beaucoup péché en pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge , saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier
Êour moi le Seigneur notre tieu.
peccavi nimis, cogitatione, verbo et opère : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa, Ideo precor beatam Mariam semper Virginem, beatum Michaelem Archangelum , beatum Johannem Baptistam, sanctos Apostolos Petrum et Paulum, omnes Sanctos, et te, Pater, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.
m
Recevez avec reconnaissance le souhait paternel du Prêtre qui vous dit :
UE le Dieu toutpuissant ait pitié de vous, qu'il vous remette vos péchés, et vous conduise à la vie éternelle.
"Bf. Amen.
"fr. Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux nous accorde l'indulgence , l'absolution et la rémission de nos péchés.
tri omnipotens Deus, et dimissis peccatis vestris, perducat vos ad vitam asternam.
f. Indulgentiam, absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum, tribuat nobis omnipotens etmisericors Dominus.
^. Amen.
Relevez maintenant la tête, et appelez le secours divin pour vous approcher de JésusChrist.
seul nous
^ y^ Dieu, d'un '^'\_y regard vous
donnerez la vie; ^. Et votre peuple se ré
jouira en vous.
EUS, tu conversas vivificabis nos;
f^. Et plebs tua laetabitur in te.
So
f. Ostende nobis. Domine, miserico rdiam tuam ;
Rj. Et Salutare tuum da nobis.
j^. Domine, exaudi orationem meam ;
If. Et clamor meus ad te veniat.
j^. Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde ;
Vf. Et donnez-nous de connaître et d'aimer le Sauveur que vous nous avez envoyé.
^. Seigneur, exaucez ma prière ;
Vf. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
Le Prêtre vous salue, en vous quittant, pour monter à l'autel.
^ y\ OMINUS vobis- 1 ^i e Seigneur soit avec ^■JL/ cum.. I ^'L vous.
Répondez-lui avec révérence :
19:. Et cum spiritu tuo. | If. Et avec votre esprit.
11 monte les degrés et arrive au Saint des
Saints. Demandez pour lui et pour vous la délivrance des péchés.
. UFER a nobis, quresuA mus Domine, iniquitates nostras ; ut ad Sancta Sanctorum puris mereamur mentibus introire. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
FAITES disparaître de nos coeurs, ô mon Dieu ! toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentés ; nous vous le demandons par votre divin Fils, notre Seigneur.
Quand le Prêtre baise l'autel par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :
Domine,
per mérita Sanctorum tuorum quorum reliquiœ hic sunt, et omnium Sanctorum, ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen.
,-> ÉNÉREUXSoldats de JésusVjl Christ, qui avez tnclé votre sang au sien, faites instance pour que nos péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu,
La Messe. 8i
Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel avec pompe. Cette fumée qui s'exhale de toutes les parties de l'autel signifie la prière de l'Eglise qui s'adresse à Jésus-Christ, et que ce divin Médiateur fait ensuite monter, avec la sienne propre, vers le trône de la majesté de son Père.
Le Prêtre dit ensuite l'Introït. Cette Antienne solennelle est un chant d'ouverture dans lequel l'Eglise laisse s'échapper tout d'abord les sentiments qui l'animent.
Il est suivi de neuf cris plus expressifs encore, car ils demandent miséricorde. En les proférant, rE2;lise s'unit aux neuf chœurs des Anges réunis autour de l'Autel du ciel, qui est le même que celui de la terre.
Au Père
SEIGNEUR, ayez pitié 1 Seigneur, ayez pitié Seigneur, ayez pitié !
Kvi
A u Fils
TRIE, eleison. ^ Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
Christe. eleison. Christe, eleison. Christe. eleison.
Christ, ayez pitié ! Christ, ayez pitié 1 Christ, ayez pitié I
A u Saint-Esprit :
Seigneur, ayez pitié ! Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié ! Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié ! Kyrie, eleison.
Ainsi que nous l'avons exposé plus haut, l'Eglise s'interdit, en Carême, l'Hymne céleste que les Anges entonnèrent sûr le berceau du Messie. Cependant, si elle doit céléLE carê.me
brcr la fcte d'un Saint, elle reprend, pour ce jour-là, ce beau cantique dont le début semble plutôt convenir au ciel qu'à la terre. La seconde partie est plus en rapport avec les besoins et les craintes de l'homme pécheur. Nous y rappelons au Fils éternel du Père qu'il est aussi VAgyieau., qu'il est descendu pour effacer nos péchés. Nous le supplions d'avoir pitié de nous, d'écouter notre humble prière. Insistons sur ces sentiments qui conviennent si particulièrement au temps où nous sommes.
LORiAin excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis.
Laudamus te : benedicimus te : adoramus te : glorificamus te : gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus, Rex cdlestis, Deus Pater omnipotens.
Domine, Fili unigenite, Jesu Christe.
Domine Deus, Agnus Dei, Filius Palris.
Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.
Qui scdes ad dexteram Patris, miserere nobis.
Qunniam tu soIusSancG LOIRE à Dieu au plus haut des deux, et, sur la terre, ' paix aux hommes de bonne volonté.
Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glor/ifions; nous vous rendons grâces, à cause de votre grande gloire.
Seigneur Dieu, Roi céleste, Dieu Père tout-puissant 1
Seigneur Jésus-Christ, Fils unique 1
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père 1
l oJ<4 qui dte^ les péchés du monde, Jjef pitié de nous.
Vous qui dte^ les péchés du monde, teceve^ notre humble prière.
Vous qui êtes assis à la droite du Père, aye:^ pitié de nous.
Car vousétes le seul Saint,
La Messe.
vous êtes le seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut, ô Jésus-Christ ! avec le SaintEsprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.
tus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus. Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris. Amen.
Le Prêtre salue encore le peuple, comme pour s'assurer de sa persévérance dans l'attention religieuse que réclame l'Action sublime qui se prépare.
Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l'Eglise expose à Dieu, d'une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s'unir à cette prière en récitant avec le Prêtre les Oraisons qui se trouveni ci-après, au Propre du Temps, ou au Propre des Saints, et surtout en répondant Ameyi avec le ministre qui sert la Messe.
On lira ensuite i'Epître, qui est, pour l'ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres, ou quelquefois un passage des livres de l'Ancien Testament; et en faisant cette lecture, on demandera à Dieu de protiter des enseignements qu'elle renferme.
Le "Graduel est un intermède entre la lecture de I'Epître et celle de l'Evangile. Il remet sous nos )eux les sentiments qui ont déjà été exprimes dans l'Introït. On doit le lire avec dévotion, pour s'en bien pénétrer, et s'élever plus avant dans les hauteurs du mystère.
bans les autres temps de l'année, l'Eglise fait ici retentir le divin Alléluia; mais elle a suspendu cette marque suprême de son allégresse, jusqu'à ce que son Epoux ait traversé cette mer d'amertume oii nos péchés
l'ont submergé. En place, elle fait entendre quelques versets des Psaumes en rapport avec l'ensemble des prières de chaque Messe: ce chant s'appelle le Trait; nous en avons parlé ailleurs.
Si c'est une Messe solennelle que l'on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère qui consiste à annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Il prie Dieu de purifier son cœur et ses lèvres; puis il demande à genoux la bénédiction du Prêtre, et l'ayant obtenue, il se rend au lieu d'où il doit chanter l'Evangile.
Pour préparation à le bien entendre, on
Eeut dire en union avec le Prêtre et avec le liacre :
SEIGNEUR , purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle ; afin que j'entende la Parole de la vie éternelle, et que. je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur. Amen.
MUNDA cor meum, ac labia mea, omnipotens Deus, qui labia Isaiaî Prophetae calculo mundasti ignito ; ita me tua grata miseratione dignare mundare, ut sanctum Evangelium tuum digne valeam nuntiare. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Dominus sit in corde meo, et in labiis meis : ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum. In nomine Patris, et Filii,et Spiritus Sancti. Amen.
On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l'Evangile; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les
Donnez à vos ministres la grâce d'être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous à jamais.
La Messe.
paroles du Prêtre ou du Diacre. Que le cœur donc soit prêt, et qu'il se montre docile. L'Epouse au Cantique dit : Mon dme s'est fondue en moi comme la cire, pendant que le Bien- Aimé me parlait. Mais tous n'ont pas cet amour. Disons-lui du moins, avec l'humble soumission de Samuel : Parle:^, Seigneur; votre serviteur écoute.
Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La foi est le don suprême de Dieu : c'est par elle que nous percevons la lumière qui luit au milieu des ténèbres, et que les ténèbres de l'incrédulité yi'ont point comprise. La foi seule nous apprend ce que nous sommes, d'où nous venons, où nous allons. Seule, elle nous enseigne la voie pour retourner à Dieu, quand nous nous sommes écartés de lui. Aimons cette foi par laquelle nous serons sauvés, si nous la fécondons parties œuvres, et disons avec l'Eglise Catholique:
JE crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.
Et en un seul Seigneur Jésus-Christ. Fils unique de Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière. vrai Dieu de vrai Dieu ; qui n'a pas été fait, mais engendré : consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites. Qui est descendu
CREDO in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem cœli et terras, visibilium omnium et invisibilium.
Et in unum Dominum Jesum Christum. Filium Dei unigenitum. Et ex Pâtre na^um ante omnia sœcula. Deum de Deo. lumen de lumine. Deum verum de Deo vero. Genitum. non factum. consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt.
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Qui propter nos homines et propter nostram salutem , descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virginc : et homo FACTUS EST. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus et sepultiis est. Et resurrexit tertia die, s e c ii n d u m Scripturas. Et ascendit in cœlum ; scdet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.
Et in Spiritiim Sanctum, Dominum et vivificanlem : qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur, et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas. Et Unam, Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesiam. Confitcor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi sœculi. A- incn.
des cieux pour nous autres hommes et pour notre salut ; qui a pris chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit ; ET QUI s'est FAIT HOMME. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel ; qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts ; et dont le règne n'aura point de fin.
Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement- avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.
Le cœur du Prêtre et celui du peuple doivent maintenant être prêts: il est temps de préparer l'offrande elle-même. Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation, et qui fait suite à celle qu'on désigne sous le nom de Messe
La Messe.
des Catéchumènes, parce qu'elle était autrefois la seule à laquelle les aspirants au Baptême eussent le droit de prendre part.
\'oici donc que le pain et le vin vont être offerts à Dieu, comme les plus nobles éléments de la création matérielle, puisqu'ils sont destinés à la nourriture de l'homme; mais ce n'est là qu'une figure grossière de leur destination dans le Sacrifice chrétien. Leur substance va bientôt s'évanouir; il n'en demeurera plus que les apparences. Heureuses créatures qui cèdent la place au Créateur! Nous aussi, nous sommes appelés à éprouver une inetfable transformation, lorsque, comme dit l'Apôtre, ce qui est mortel en nous sera absorbé par la vie ^ En attendant, otfrons-nous à Dieu, au moment où le pain et le vin lui vont être présentés; et préparons-nous pour l'arrivée de celui qui, en prenant notre nature humaine, nous a VQnàviS participants de la nature divine -.
Le Prêtre salue encore le peuple pour l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l'Offertoire, et, quand il présente à Dieu l'Hostie, joignons-nous à lui et disons :
TOUT ce que nous avons. Seigneur, vient de vous et est à vous : il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité! Ce pain que nous
SusciPE, sancte Pater, omnipotens aeterne Deus. hanc immaculatam hostiam, quam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibus peccatis et offensioniI. II Cor. v, 4. — 2. II Petr. i. 4.
vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps ; recevez , dans une même oblalion, nos cœurs qui voudraient vivre de vous, et non plus d'eux-mêmes.
bus et negii<!;entiis meis, et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atq^ue defunctis : 'U mihi et lUis proficiat ..d salutem in vitam aeternam. Amen.
Quand le Prêtre met dans le calice le vin, auquel il mêle ensuite un peu d'eau, afin de représenter l'union de la naturedivineà la faible nature humaine de Jésus-Christ, pensez au divin mystère de l'Incarnation, principe de notre salut et de nos espérances, et dites :
DEUS , qui humana; substantiae dignitatem mirabiliter condidisti, et mirabilius reformasti, da nobis per hujus aquaï et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostraï neri dignatus est particeps, Jésus Christus, Filius tuus, Dominus nosler ; qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sœcula sœcuiorum. Amen.
Le Prêtre offre ensuite le mélange de vin et d'eau, priant Dieu d'avoir pour agréable cette oblation dont la figure va bientôt se transformer en réalité ; pendant ce temps, dites en union avec lui :
OFFERIMUS tibi, Do- I A GRÉEZ ces dons, souvemine, calicem salu- J\ rain Créateur de toutes
SEIGNEUR, qui êtes la véritable Vigne, et dont le sang, comme un vin généreux, s'est épanché sous le pressoir de la Croix, vous daignez unir votre nature divine à notre faible humanité, figurée ici par cette goutte d'eau ; venez nous faire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.
La Messe.
8g
choses : qu'ils soient ainsi préparés pour la divine transrorniation qui, de cette simple offrande de créatures, va faire l'instrumeni du salut du monde.
taris, tuatn deprecantes clementiam : ut in conspectu divinas Majestatis tuae, pro nostra et totius mundi salute, cum odore suavitatis ascendat. A- men.
Puis le Prêtre s'incline, après avoir élevé les dons; humilions-nous avec lui et disons ;
nous avons la hardiesse
d'approcher de votre autel. Seigneur, ce n'est pas que nous puissions oublier ce que nous sommes. Faitesnous miséricorde, afin que nous puissions paraître en la présence de votre Fils, qui est notre Hostie salutaire.
Invoquons ensuite l'Esprit-Saint , dont l'opération va bientôt produire sur l'autel la présence du Fils de Dieu, comme elle la produisit au sein de la Vierge Marie, dans le divin mystère de l'Incarnation.
IN spiritu humilitatis, et in animo contrito suscipiamur a te, Domine : et sic fiât sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi, Domine Deus.
VENEZ, Esprit divin, féconder cette offrande qui
est sur l'autel, et produire en nous celui que nos coeurs attendent.
EN I , Sanctificator
Deus, et benedic hoc sacrificium tuo sancto Nomini prœparatum.
Si c'est tme Messe solennelle, le Prêtre, avant de passer outre, prend pour la seconde fois l'encensoir. Il encense le pain et le vin qui viennent d'être offerts, et ensuite l'autel lui-même; afin que la prière des fidèles, signifiée par la fumée de ce parfum, devienne de plus en plus ardente, à mesure que le moment solennel approche davantage.
go
Mais la pensée de son indignité se ranime plus forte au cœur du Prêtre. La confession publique i^u'il a faite au pied de l'autel ne suffit plus a sa componction. A l'autel même, il donne, en présence du peuple, un témoignage solennel du pressant besoin qu'il éprouve de se purifier à Tapprochc de Dieu : il lave ses mains. Or, les mains signifient les œuvres; et le Prêtre, s'il porte en luimême, comme Prêtre, le caractère de JésusChrist, est un homme par les œuvres. Que les fidèles s'humilient en contemplant ainsi l'humilité de leur Père, et disent comme lui :
LAVABO inter innocentes manus meas : et circumdabo altare tuum, Domine.
Ut audiam vocem laiidis : et enarrem universa mirabilia tua.
Domine, dile.xi decorem domus tuae : et locum habitationis gloriae tuas.
Ne perda.s cum impiis, Deus , animam meam : et cum viris sanguinum vitam meam.
In quorum manibus iniquitates sunt : dextera eorum repleta est muncribus.
Ego autcm in innocentia mca ingressus sum : redime me, et miserere mei.
Pcs meus stetit in diLE veux laver mes mains, Seigneur, et me rendre semblable à ceux qui sont dans l'innocence, pour être digne d'approcher de votre autel, d'entendre vos sacrés Cantiques, et de raconter vos merveilles. J'aime la beauté de votre Maison, le lieu dont vous allez faire l'habitation de votre gloire. Ne me laissez pas retourner, ô Dieu ! dans la compagnie de vos ennemis et des miens. Depuis que votre miséricorde m'en a retiré, je suis revenu à l'innocence, en rentrant en grâce avec vous ; mais ayez encore pitié de mes faiblesses, rachetez-moi encore, vous qui avez, par votre bonté, remis mes pas dans le sentier : ce dont je vous rends grâces au milieu de cette assemblée.
La Messe.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
recto : in ecclesiis benedicam te. Domine
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principic, et nunc et semper, et in saecula sasculorum. A- men.
Le Prêtre, rassuré par l'acte d'humilité qu'il vient d'accomplir, reparaît au milieu de l'autel et s'incline respectueusement. Il demande à Dieu de recevoir avec bonté le Sacrifice qui va lui être otfert, et détaille les intentions de ce Sacrifice. Otfronsavec lui.
TRINITE sainte, agréez ce Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, notre Seigneur. Souffrez que votre Eglise y joigne l'intention d'honorer la glorieuse Vierge qui nous a donné le divin fruit de ses entrailles, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous cet autel, les Saints dont aujourd'hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont ils jouissent, et qu'ils daignent eux-mêmes intercéder pour notre salut.
SusciPE, sancta Trinitas, hanc oblationem, quam tibi offerimus ob memoriam Passionis, Resurrectionis. et Ascensionis Jesu Christi Domini nostri, et in honorem beataeMariœ semper Virginis. et beati Johannis Baptistse, et sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli. et istorum, et omnium Sanctorum : ut illis proficiat ad honorera , nobis autem ad salutem : et illi pro nobis intercederedignentur in cœlis. quorum memoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. A- men.
Le Prêtre se retourne une dernière fois vers le peuple. Il sent le besoin de raviver encore
g 2 Le Carême.
l'ardeur des fidèles. La pensée de son indignité ne l'abandonne point. Il veut s'appuyer sur les prières de ses frères, avant d'entrer dans la nuée avec le Seigneur. Il dit donc :
PRIEZ, mes Frères, afin que mon Sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit acceptable auprès de Dieu le Père tout-puissant.
OUE le Seigneur reçoive ce Sacrifice de vos mains,, pour la louange et la gloire de son Nom, pour notre utilité et pour celle de toute sa sainte Eglise.
ORATE , Fratres : ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiât apud Deum Patrem omnipotentem.
Cela dit, il se retourne ; et les fidèles ne verront f)lus sa face, jusqu'à ce que le Seigneur lui-même soit descendu. Rassurez-le, en lui répondant par ce souhait :
SUSCIPIAT Dominus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam Nominis sui , ad utilitatem quoque nostram, totiusque Ecclesice sua; sanctae.
Le Prêtre récite les Oraisons secrètes, dans lesquelles il offre les vœux de toute l'Eglise pour l'acceptation du Sacrifice ; et bientôt il s'apprête à remplir l'un des plus grands devoirs de la Religion, V Action de grâces. Jusqu'ici, il a adoré, il a demandé miséricorde ; il lui reste encore à rendre grâces pour les bienfaits octroyés par la munificence du Père, et dont le principal, en ces jours, est la faveur qu'il nous accorde de pouvoir satisfaire à sa justice par les expiations de ce saint temps ; le Prêtre, au nom de l'Eglise, va ouvrir la bouche et épancher la reconnaissance du monde entier. Afin donc de réveiller la piété des fidèles qui priaient en
La Messe.
silence avec lui, il termine son Oraison à haute voix :
DANS tous les siècles des jD ER omnia ssecula saesiècles. (i culorum.
Réunissez-vous à lui, et répondez : Amen!
Il vous salue en disant : Le Seigneur soit avec vous. | Dominus vobiscum.
Répondez-lui :
Et avec votre esprit. | Et cum spiritu tuo.
Puis il dit : Les cœurs en haut ! j Sur'^um corda !
Répondez avec vérité
Nous les avons vers le Se gneur.
Habemus ad Dominum.
Puis il ajoute
Rendons grâces au Sei gneur notre Dieu.
Gratias agamus Domino Deo nostro.
Protestez du fond de votre âme :
C'est une chose digne et 1 Dignum et justum est. juste. I
Alors, le Prêtre :
OUI, c'est une chose digne et juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux. Seigneur saint, Père toutpuissant, Dieu éternel, qui par
ERE dignum et
' tum est, aequum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte, Pater omnipotens , as terne
Deus ; (jui corporali jc)unio vitia comprimis, mentem élevas, virtutem largiris et prœmia, per Christum Dominum nostrum. Perquem majestatem tuam laudant Angeli , adorant Dominationes, tremunt Potestates. Cœli, cœlorumque Virilités, ac beata Scraphim, socia exsuhatione concélébrant. Cum quibiis et nostras voccs ut admitti jubeas deprecamur, supplie! confessione dicentes :
le jeûne auquel vous assujettissez nos corps, comprimez la source de nos vices, élevez nos âmes, donnez la force et assurez la récompense ; par Jésus-Christ notre Seigneur. C'est par lui que les Anges louent votre Majesté, que les Dominations l'adorent, que les Puissances la révèrent en tremblant, que les Cieux et les Vertus des cieux la célèbrent avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unir à leurs voix, afin que nous puissions dire dans une humble confession : Saint ! Saint ! Saint ! etc.
Unissez-vous au Prêtre, qui lui-même s'unit aux Esprits bienheureux, pour honorer la suprême Majesté, et dites aussi :
SANCTUS, Sanctus, Sanctus Dominus Deus sabaoth 1
Pleni suntcœliet terra gloria tua.
Hosanna inexcelsis !
Benedictus qui venit in Nomine Domini.
Hosanna in excelsis !
le
SAINT, Saint, Saint est Seigneur, le Dieu des armées 1
Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire.
Hosannah au plus haut des cieux 1
Béni soit celui qui vaveair au Nom du Seigneur qui l'envoie.
Hosannah soit à lui au plus
I haut des cieux !
Le Canon s'ouvre après ces paroles, prière mystérieuse, au milieu de laquelle le ciel s'abaisse, et Dieu descend. On n'entendra plus retentir la voix du Prêtre; le silence se fait, môme à l'autel. Qu'un respect profond apaise nos distractions, contienne toutes nos
La Aie s se.
puissances ; suivons d'un œil respectueux les mouvements du Prêtre.
Dans ce colloque mystérieux avec le grand Dieu du ciel et de la terre, la première prière du sacrificateur est pour l'Eglise catholique, sa Mère et la nôtre.
ODiEU ! qui vous manifestez au milieu de nous par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous supplions. au nom de ce divin Sacrifice, de détraire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnezlui la paix et l'unité ; conduisez vous-même notre SaintPère le Pape, votre vicaire sur la terre : dirigez notre Evêque qui est pour nous le lien sacré de l'unité ; sauvez le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille ; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholique-Apostoli que- Romaine.
TE igitur. clementissime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dorainum nostrum supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas, et benedicas haec dona, hïc munera. hsc sancta sacrificia illibata ; in primis quas tibi otferimus pro Êcclesia tua sancta catholica : quam pacificare. custodire. adunare, et regere digneris toto orbe terrarum, una cum famulo tuo Papa nostro N., et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis. atque catholicae et apostolicae fidei cultoribus.
Priez maintenant, avec le Prêtre, pour les personnes qui vous intéressent davantage :
ME.MENTO , Domine famulorum famulade répandre vos bénédictions rumque tuarum .V. et A'., spéciales sur vos serviteurs et omnium circumstanet vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une
Dieu, de v<
tium, quorum tibi fides cognita est, et nota deg6
votio : pro quibus tibi offerimus , vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis pro, se suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum ,
f»ro spe salutis et incoumitatis suœ , tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et vero.
Faisons mémoire des Saints, gui sont la partie déjà glorieuse du Corps de Jesus-Christ.
obligation particulière de
firier... Appliquez-leur les ruits de ce divin Sacrifice, qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.
memoriam vénérantes, in primis gloriosa;, semper Virginis Mariae, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum Pétri et Pauli, Andréas, Jacobi, Johannis, Thomae, Jacobi, Philippi, Bartholomœi, Matthaei, Simonis et Thaddaei, Lini, Cleti, démentis, Xysti, Cornelii, Cvpriani , Laurentii, Cnrysogoni, Joannis et Pauli , Cosmae et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tuae muniamur auxilio. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Aïs non seulement, ô mon Dieu, l'offrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagère de l'épreuve : il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, de laauelle est né notre Sauveur ; es Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, afin qu'ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais comme eux, dans le séjour de votre gloire.
Le Prêtre, qui jusque-là priait les mains
La Messe.
étendues, les unit et les impose sur le pain et le vin. Il imite ainsi le geste du Pontife de l'ancienne loi sur la victime figurative, pour désigner ces dons d'une manière spéciale à l'œil de la Majesté divine, comme l'offrande matérielle qui atteste notre dépendance, et qui va bientôt faire place à l'Hostie vivante sur laquelle ont été placées toutes nos iniquités.
rvAIGNEZ recevoir, ô Dieu !
L' cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange, donnez-nous la paix, sauvez-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par Jésus-Christ notre Seig:neur qui va paraître.
Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage ; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur.
H ANC îgitur oblationem servitutis nostrae, sed et cunctae familiae tuae, quassumus Domine, ut placatus accipias ; diesque nostros in tua pace disponas, atque ab asterna damnatione nos eripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum noslrum. A- men.
Quam oblationem tu Deus in omnibus, quaesumus, benedictam, adscriptam, ratam, rationabilem, acceptabi-lemque facere digneris ; ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui
D o m i n i nostri Jesu
Christi.
Ici le Prêtre cesse d'agir en homme ; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de Jésus-Christ ; elle en a la puissance et l'efficacité. Prosternezvous, car Dieu lui-même va descendre sur l'autel.
yS
OUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre ! Sauveur ! Messie tant désiré ! si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître, de vous offrir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur ? Venez donc, Seigneur Jésus ! venez !
QUI pridie quam pateretur, accepit paiiem in sanctas ac venerabiles manus suas ; et elevatis oculis in cœlum, ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gralias agens, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : AcciEite, et manducate ex oc omnes : Hoc est ENiM Corpus meum.
L'Agneau divin est maintenant au milieu de nous. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé ; c'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice ces paroles sacrées qui opèrent la mort mystique par la séparation du Corps et du Sani^ de la victime. La substance du pain et du vin s'est évanouie, les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, afin que la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux Anges qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
Ci.MiLi modo postquam *^cœnatum est,accipiens et hune pra°clarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens, benedixit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite et bibite ex eo omnes. Hic
SANG divin, prix de mon sa- lut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendez-moi plus blanc que la neige. A- gneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.
La Messe.
IN REMISSIONEM PECCATORUM. Hasc quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis.
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que TOblation qui est devant lui n'est plus une otFrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne tout entière de son divin Fils.
LA voici donc, ô Père saint ! l'Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils ; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache, notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.
tis Hostiam puram, Hostiam culatam : Panem sanctum vitas tis perpetuae.
Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous ofifrait A- bel ; le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante. le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.
UNDE et memores. Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta. ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae Passionis, nec non et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosae Ascensionis : offerimus prœclarae majestati tuas de tuis donis ac dasanct-am, Hostiam immaasterna?, et Calicem saluSupra qua? propitio ac sereno vultu respicere digneris, et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchas nostri Abrahas, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisédech, sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.
Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes.
MAIS, ô Dieu tout-puissant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre; ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.
Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise souffrante. Demandons "que le Libérateur, oui est descendu, daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire par un rayon de sa lumière consolatrice; et que, découlant de cet autel, le sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse "rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont chères.
SUPPLICES te rogamus, omnipotens Deus : jubé hœc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divinas Majestatis tuae : ut quotquot ex hac altaris participatione, sacrosanclum F ilii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gralia repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
[EMENTO etiam, Do, famulorum famularumque tuarum N. et A^.,qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormi-unt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiesccntibus, locum refriXCLUEZ personne de votre visite, ô Jésus 1 Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile ; ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. SoyezLa Messe.
leur un rafraîcliissement dans leurs flammes . une lumière dans leurs ténèbres , une paix dans leurs douloureux transports.
gerii, lucis et pacis. ut indulgeas . deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-mêmes pécheurs, qui protitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous taire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :
Nous sommes pécheurs, ô Père saint ! et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre royaume . par le mérite de ce ' Sacrifice que nous vous offrons, et non à cause de nos oeuvres, qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur. votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification : par lui encore, avec lui et en lui. dans l'unité du Saint-Esprit , soit à vous honneur et gloire à jamais.
OBIS quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus. partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus*: cum Johanne. Stéphane. Mathia. Barnaba. Ignatio. Alexandro, Marcellino. Petro. Felicitate. Perpétua . Agatha . Lucia . Agnete. Caecilia. Anastasia. et omnibus Sanctis tuis : intra quorum nos consortium, non œstimator meriti , sed venias . quassumus. largitor admitte : per Christum Dominum nostrum. Per quem hase omnia, Domine, semper bona créas, sanctificas, vivificas. benedicis et prœstas nobis : per ipsum, et cum ipso et in ipso, est tibi Dec Patri omnipotenti, in unitate Spiritus Sancti. omnis honor et gloria.
a pr il Vi
En disant ces dernières paroles, le Prêtre >ris l'Hostie sainte qui reposait sur l'autel; 'a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine victime, ahn de montrer qu'elle est maintenant immortelle; puis, élevant à la fois le Calice et l'Hostie, il a présenté à Dieu le plus noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la Majesté infinie.
Cet acte sublime et mystérieux met fin au Canon ; le silence des Mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications ; il sollicite pour ses prières l'acquiescement du peuple fidèle, en prononçant à haute voix les dernières paroles :
PER omnia saecula 1 l"x ANS tous les siècles des saECulorum. | L' siècles.
Répondez avec foi et dans un sentiment d'union avec la sainte Eglise :
Amen. Amen ! je crois le mystère
oui s'est opéré, je m'unis à
1 offrande qui a été faite et aux demandes de l'Eglise.
Il est temps de répéter la prière que le Sauveur lui-même nous a apprise. Qu'elle s'élève jusqu'au ciel avec le Sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ, Pourraitelle n'être pas agréée, en ce moment où celuilà même qui nous l'a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les enfants de Dieu, le Prêtre la récite à haute voix, afin que tous puissent s'y unir. Prions, dit-il.
La Messe.
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INSTRUITS par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :
OREMUS. Prœceptis salutaribus monitî et divina institutione formati. audemus dicere :
NOTRE Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien : et pardonnez-nous nos offenses com.me nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
PATER noster. qui es in cœlis : Sanctificetur Xomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua sicut in cœlo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : Et dimitte nobis débita nostra , sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.
Répondons avec l'accent de notre misère : Mais délivrez-nous du mal. ] Sed libéra nos a malo.
Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa prière insiste sur cette dernière demande : Délivre:^ -nous du mal ; et certes avec raison ; car le mal nous déborde ; et c'est pour l'expier et le détruire que nous a été envoyé l'Agneau.
TROIS sortes de maux nous désolent , Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants ; les maux présents, c'est-à-dire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre àme,
LIBERA nos. quœsumus Domine, ab omnibus malis, prœteritis. prjesentibus et futuris : et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Génitrice Maria , cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo , atque
sa faiblesse et les tentations qui l'assiègent ; enfin les maux à venir , c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d'agréer en notre faveur l'entremise de Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. Affranchissez-nous , délivrez-nous , donnez-nous la piaix. Par Jésus-Christ votre Fils, qui vit et règne avec vous.
Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la Paix, et qui l'a obtenue, s'empresse de l'annoncer ; il conclut l'Oraison à haute voix :
Andréa , et omnibus Sanctis , da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordiaï tuae adjuti. et a peccato simus semper liberi, et ab omni perturbatione sccuri. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus.
> ER omniasaeculasœculorum. ^. Amen.
ANS tous les siècles des siècles.
Puis il dit
Pax Domini sit semper vobiscum.
Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous!
Répondez à ce souhait paternel :
lu cum spiritu tuo. | Et avec votre esprit.
Le Mystère touche à sa fin ; Dieu va s'unir à l'homme, et l'homme va s'unir à Dieu par la Communion ; mais auparavant un rite imposant et sublime doit s'accomplir dans le silence de l'autel. Jusau'ici le Prêtre a annoncé l'immolation du Seigneur ; il est temps qu'il annonce sa Résurrection. Il diLa Messe.
vise donc l'Hostie sainte avec révérence, et Payant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le Calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang de l'immortelle Mctime. Adorez et dites :
HjEC commixtio et consecratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi. fiât àccipientibus nobis in vitam asternam. Amen.
GLOIRE à vous. Sauveur du monde, qui avez souffert que, dans votre Passion, votre précieux Sang fût séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !
Priez maintenant l'Agneau divin qui a pris sur lui toutes nos iniquités, atîn de les laver dans son sang, et dites-lui avec la sainte Eglise :
A G.N'EAU de Dieu, qui ôtez •^ les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donneznous la Paix.
A GNUS Dei, qui tollis ^ peccata mundi, miserere nobis.
Agnus Dei. qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agnus Dei. qui tollis peccata mundi. dona nobis pacem.
La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde : il est le Prince de la Paix : le divin Sacrement de l'Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, le lien de l'Unité catholique ; puisque, comme parle l'Apôtre, nous ne sommes tous qu'un seul Pain et un seul Corps, nous tous qui participons au même. Pain. C'est pourquoi le Prêtre, au moment de communier à l'Hostie sainte, demande la conservation de la paix fraternelle, principalement dans cette portion de la sainte
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Eglise qui est là réunie autour de l'autel. Implorez-la avec lui.
OMINE Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuœ : eamque secuDdum voluntatem tuam pacificare et coadunarc digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
SEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : « Je vous laisse ma paix, je « vous donne ma paix », ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.
Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de Paix, si la Messe est solennelle, donne le baiser fraternel au Diacre qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et pardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre :
DOMINE Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum Corpus, et Sanguinem tuum, ab omnibus iniquitatibus meis , et universis malis , et fac me tuis semper inhœrere mandatis, et a te nunluam separari permittas
EIGNEUR Jésus-Christ
par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde ; délivrez-moi par ce saint et sacré Corps, et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablcment à votre loi, et ne
permettez pas que )e me sequam separari permittas. pare jamais de vous. Qui cum eodem Dec Pâtre et Spiritu Sancto vivis et régnas Deus in saecula saeculorum. Amen.
La Messe.
Si vous devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit ; autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle :
PERCEPTio Corporis tui , Domine Jesu Christe, quod ego indignas sumere praesumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis. et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Patte, in unitate Spiritus Sancti Deus. per omnia ssecula saîculorum. Amen.
Quand le Prêtre prend l'Hostie et se dispose à s'en communier, dites :
SEIGNEUR Jésus-Christ . faites que la réception de votre Corps, que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation: mais que. par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu'il me soit un remède salutaire.
Venez, Seigneur Je
Panem cœlestem accipiam, et Nomen Domini invocabo.
Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignité, repétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l'Evangile :
SEIGNEUR, je ne suis pas digne que vous entriez en moi , mais dites seulement une parole, et mon àme sera guérie.
OMINE, non sum dignus ut intres sub tectum meum : sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.
Au moment où il consomme la sainte Hostie, si vous devez vous-même communier,
loS
adorez profondément votre Dieu qui s'apprête à descendre en vous, et dites encore avec l'Epouse : Vene:{ , Seigneur Jésus !
Si vous ne devez pas communier sacramentellement, communiez en ce moment spirituellement, et adorant Jésus-Christ qui visite votre âme par sa grâce, dites :
CORPUS Domini nostri Jcsii Christi custodiat animam meam in vitam nsternam. Amen.
I E me donne à vous, ô mon f Sauveur, pour être votre demeure : faites en mol selon votre bon plaisir.
Puis le Prêtre prend le Calice avec action de grâces, disant :
QUE pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens
qu'il m'a faits? Je prendrai le Calice du salut, j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.
OuiD retribuam Domino pro omnibus C]use retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam, et Nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.
Si vous devez communier, dans le moment où le Prêtre prend le Calice pour s'abreuver du Sang divin, adorez encore le Dieu qui s'approche de vous, et dites toujours : Vene^, Seigneur Jésus !
Si, au contraire, vous faites seulement la Communion spirituelle, adorez de nouveau Jésus-Christ, et dites :
SANGUIS Domini nostri ! Jesu Christi custodiat (J animam meam in vitam aeternam. Amen.
m unis a vous, o mon Sauveur ! unissez-vous à moi; que nous ne nous séparions jamais !
C'est à ce moment, si vous devez commuLa Messe.
I oq nier, que le Prêtre vous donnera le Corps de Jésus-Christ. Les sentiments que l'on doit apporter à la sainte Communion, au Temps du Carême, sont développés ci-après, Chapitre VI.
La Communion étant faite, pendant que le Prêtre puritie le Calice pour la première fois, dites :
avez visité dans le emps, ô mon Dieu ! FaiQUOD ore sumpsimus, Domine. pura mente capiamus : et de munere temporal! fiât nobis remedium sempiternum.
Pendant que le Prêtre puritie le Calice pour la seconde fois, dites :
lÉNi soyez-vous, ô mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.
Wous
tes que )e garde les fruits d cette visite pour l'éternité
LPUS tuum, Domine, quod sumpsi, et Sanguis quem potavi, adhœ- reat visceribus meis : et prœsta ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta. Qui vivis et régnas in saecula sseculorum. A-
Le Prêtre ayant lu l'Antienne dite Communion, qui est le commencement de l'Action de grâces pour le nouveau bienfait que Dieu vient de nous accorder en renouvelant en nous sa présence, se retourne enfin vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion, qui sont le complément de l'Action de grâces. Joignez-vous encore à lui, remerciant Dieu pour le bien inénarrable dont il vous a comLe Carême.
blé, et demandez avec ardeur que l'esprit de componction vous accompagne toujours.
Les Oraisons terminées, le Prêtre se tourne de nouveau vers le peuple, et lui envoie le salut, pour se féliciter avec lui de l'insigne faveur cque Dieu vient d'accorder à l'assistance ; il dit :
r^ OMiNUS vobiscum. 1 T E Seigneur soit avec vous.
Répondez-lui :
Et cum spiritu tuo. | Et avec votre esprit.
Le Diacre ensuite, ou le Prêtre lui-même, si la Messe n'est pas solennelle, dit ces paroles : Denedicamus Domino. 1 Dénissons le Seigneur.
Si la Messe n'est pas du Dimanche, ou d'une Férié du Carême, il dit à l'ordinaire :
ITE, Missa est. I T> etirez-vous : la Messe est
I I\ finie.
Remerciez Dieu de la grâce qu'il vient de vous faire, en répondant':
Deo gratias, 1 Grâces soient rendues à
1 Dieu.
Le Prêtre prie une dernière fois avant de vous bénir; priez avec lui :
PLACE.xT tibi , sancta Trinitas, obsequium servitulis Meas, et prœsta ut sacrificium, quod oculis tu:e majestatis indignus obtuli, tibi sitacceG RACES vous soient rendues, adorable Trinité, pour la miséricorde dont vous avez daigne user envers moi, en me perrriettant d'assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez
La Messe.
la négligence et la froideur avec Tesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.
ptabile. mihique. et omnibus, pro quibus illud obtuli, sit, te miserante, propitiabile. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Le Prêtre étend ses mains et bénit, disant :
en
' potens Deus, Pater, et Filius , et Spiritus Sanctus. Amen.
OUE le Dieu tout-puissant vous bénisse : le Père, le Fils et le Saint-Esprit ! Amen.
Il lit enfin la Leçon de l'Evangile selon saint Jean, qui annonce l'éternité du Verbe et la miséricorde qui l'a porté à prendre notre chair et à habiter en nous, afin de nous arracher à nos ténèbres et de nous rendre Enfants de Dieu.
f. Le Seigneur soit avec vous.
iç. E: avec votre esprit.
f. Dominas vobiscum. ^. Et cum spiritu tuo.
Le commencement du saint Evangile selon saint Jean. Chap. I.
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était av'ec Dieu, et le ^'erbe était Dieu. Il était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien n'a été fait sans lui. Ce qui a été fait érait vie en lui, et la vie était la lumière des hommes : et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne
Initium sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. I.
IN principio arat Verbum. et Verbum erat apud Deum. et Deus erat \'erbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso factum est nihil. Quod factum est, in ipso vita erat. et vita erat lux hominum : et lu.x in tenebris lucet,
et tenebrœ eam non comprchenderunt. Fuithomo missiis a Deo, cui nomen erat Johannes. Hic venit in testiinonium, ut testiitionium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera, quas illuminât omncm hominem venientem in hune mundum. Inmundoerat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui eum non receperunt, Quotquot autem receperunt eum, dédit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in Nomine ejus : qui ncn ex sanguinibus, neque ex voluntatc carnis, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. Et Veret habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Pâtre, plénum gratia; et veritatis.
l'ont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu qui s'appelait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à celui qui était la lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le mrmde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité en nous, et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de grâce et de vérité.
tIIt
E toutes les œuvres par lesquelles le chrétien peut sanctitier le Carême, la plus agréable à Dieu est l'assistance au divin Sacrifice, dans lequel est offerte la victime du Salut. Mais le pécheur devra-t-il, parce qu'il s'en reconnaît plus indigne que jamais, s'abstenir de participer à la chair vivifiante et purifiante de cette Victime universelle ? Telle n'est pas l'intention du Rédempteur qui est descendu du ciel, non pour nous juger, mais pour nous sauver i. Il sait combien est longue et austère la voie qui nous reste à parcourir jusqu'au )our où nous nous reposerons avec lui dans les joies de sa résurrection. // a pitié de nous, il cramt de nous voir défaillir dans la route - ; et, pour cela, il nous offre l'aliment divin
I J4 Le Carême.
qui donne aux âmes lumière et force, et qui les soutient dans le labeur. Nous sentons le besoin de nous puritier davantage ; allons donc, d'un cœur humble et contrit, à Celui qui est venu pour rendre à nos âmes leur beauté première. Souvenons-nous, en tout temps, de cet avertissement solennel qu'il a daigné nous donner : Si vous ne mange^ la chair du Fiîs de r/iomme, vous ii'aure:^ point la vie en vous i.
Si donc le péché ne règne plus en nous, si nous l'avons etfacé par une vraie contrition et une confession sincère, rendues efficaces par l'absolution du prêtre, quelque grandes que nous apparaissent nos inhdélités, ne nous éloignons pas du Pain de Vie - ; c'est pour nous que la table du Seigneur est dressée. Si nous sentons que les Tiens du péché nous captivent encore ; si, en nous considérant nous-mêmes au' tiambeau de la Vérité qui luit maintenant à nos yeux, nous découvrons dans nos âmes des taches que les préjugés mondains et une dangereuse mollesse nous avaient jusqu'ici empêché d'apercevoir, cherchons promptcment la piscine du salut; et quand nous aurons fait notre paix avec le Dieu des miséricordes, hâtons-nous de venir recevoir le gage de notre réconciliation.
Allons donc à la table sainte, en ces jours de la sainte Quarantaine, avec le sentiment profond de notre indignité. Plus d'une fois, peut-être, nous y sommes-nous présentés, dans le passé, avec une familiarité trop grande, raute de comprendre assez notre
I. JoHAN. VI, 54. — 2. Ibid. 35.
La Communion.
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néant, notre misère et la souveraine sainteté de Celui qui s'unit ainsi à l'homme pécheur. Désormais, notre cœur se rendra plus de justice, et, réunissant dans un même sentiment l'humilité et la contiance, il répétera avec une entière sincérité ces paroles que l'Eglise emprunte au Centenier de l'Evangile, et qu'elle nous invite à redire, au moment où elle nous donne le Pain de vie: Seigyieur, je ne suis pas digne que vous eyxtrie^ en moi, mais dites seulement une parole^ et mon âme sera guérie !
Nous formulerons ici, selon notre usage., les Actes pour la préparation à la Communion dans ce saint temps, en faveur des personnes qui sentiraient le besoin d'être aidées en cette manière ; nous ajouterons, pour complément, les Actes de l'Action de grâces.
LA grâce insigne que vous m'avez accordée, ô mon Dieu, de me faire connaître les plaies de mon àme, m'a révélé toute la profondeur de mes maux. J'ai compris que je n'étais que ténèbres, et quel besoin j'avais de votre divine lumière. Mais si le flambeau de la foi a éclairé pour moi les tristes ombres de ma nature, il m'a fait voir aussi tout ce que votre amour pour une créature ingrate vous a fait entreprendre, dans le but de la relever et de la sauver. C'est pour moi que vous avez pris naissance dans une chair mortelle ; c'est pour moi que vous accomplissez en ce moment, dans le désert, un jeune si rigoureux ; c'est pour moi que bientôt vous donnerez votre sang sur l'arbre de la croix : tels sont les prodiges de votre bonté que vous m'ordonnez de croire. Je les
/ / 6 Le Carême.
crois, ô mon Dieu, avec autant de soumission que de reconnaissance. Mais je crois aussi d'une foi non moins vive que dans peu d'instants, par le plus ineffable des mystères, vous allez venir vous unir à moi dans votre sacrement. Votre parole est formelle ; malgré le cri de mon indignité, je m'abaisse devant votre souveraine raison. 11 n'y a rien de commun entre le Dieu de toute sainteté et ma misère coupable ; cependant, vous dites que .c'est vous-même qui venez à moi. Je tremble, mais je crois en vous, ô Vérité éternelle ! Je confesse que votre amour pour moi est infini, et que rien ne saurait l'arrêter, quand il a résolu de se communiquer à une humble et infidèle créature.
ACTE d'humilité.
LORSQUE naguère je vous contemplais, ô mon Dieu ! descendant des splendeurs de votre gloire au sein d'une fille des hommes, unissant à votre divine substance notre faible et mortelle nature, naissant enfin dans la crèche abandonnée d'une pauvre étable, de tels abaissements d'un Dieu, en même temps qu'ils touchaient mon cœur, me révélaient toute la profondeur de mon néant. Je sentais mieux quelle distance infinie sépare la créature de son Créateur, et je confessais avec bonheur ma bassesse, à la vue des miracles de votre amour. Aujourd'hui, ô mon Sauveur, ce n'est plus seulement la faiblesse de ma nature que je reconnais en moi ; le néant n'est pas coupable de n'être que le néant ; mais ce que je considère avec effroi, c'est le mal qui m'a si longtemps dominé, qui règne encore par ses suites, par les tendances qu'il m'a inspirées, par la faiblesse avec laquelle je le combats. Adam, après son péché, alla se cacher, comme pour fuir vos regards ; et vous m'appelez en ce moment, non pour prononcer contre moi une trop juste sentence, mais pour me donner la plus grande marque de votre amour, pour m'unir à vous. Et vous êtes, ô mon Dieu, la sainteté même ! Je me rends à votre appel, car vous êtes mon maître, et nul ne saurait vous résister ; mais je m'humilie et m'anéantis devant votre majesté offensée, la suppliant de considérer que c'est par ses ordres seulement que j'ose approcher d'elle.
La Communion.
MAIS que me servirait de reconnaître, ô mon Sauveur, la grandeur et le nombre de mes fautes, si mon cœur n'était pas dans la résolutioa de s'en détacher pour jamais ? Vous voulez vous réconcilier avec votre ennemi, le presser contre votre cœur : et il se contenterait de reconnaître l'honneur que vous lui faites, sans rompre avec la malheureuse cause qui lui fit encourir votre disgrâce et le mit en hostilité avec vous ! Il n'en peut être ainsi, 6 mon Dieu ! Je ne chercherai pas, comme mon premier père, à fuir inutilement l'œil de votre justice ; comme le Prodigue, je me lève et je vais vers mon Père ; comme Madeleine, j'ose entrer dans la salle du festin : je me rends tout tremblant à l'invitation de votre amour. Mais mon cœur a renoncé sincèrement au péché ; je hais, je déteste cet ennemi de votre gloire et de mon bonheur. Désormais, je veux l'éviter et le poursuivre en moi sans ménagement. Je romps avec cette mollesse qui engourdissait ma volonté, avec cette indifférence calculée qui endormait ma conscience, avec ces habitudes dangereuses qui entraînaient mon âme loin de vous. Ne rejetez pas. ô mon Dieu, un cœur contrit et humilié.
TEL est, ô mon Sauveur, votre amour pour nous en ce monde, que, selon votre consolante promesse, vous n'êtes pas venu pour juger, mais pour sauver. Je ne m'acquitterais donc pas avec vous, en ce moment, si je n"avais à vous offrir que cette crainte si salutaire qui m'a ramené à vous, que cette confusion si légitime qui porte le pécheur à trembler en votre présence. C'est dans votre amour que vous venez me visiter. Le sacrement qui va m'unir à vous est le sacrement de votre amour. "Vous l'avez dit, ô Pasteur plein de tendresse : C'est celui à qui on a remis davantage qui aime le plus son bienfaiteur. Il faut donc que mo'n cœur ose vous aimer, qu'il vous aime avec plénitude, que le souvenir de ses infidélités accroisse de plus en plus en lui le besoin et le sentiment de votre amour. Aidez-le. ô
1 1 s Le Carême.
mon Dieu, rassurez-le ; chassez ses terreurs, et faitesvous sentir à lui. C'est parce qu'il vous a craint , qu'il s'est tourné vers vous ; s'il vous aime, il vous demeurera fidèle. O Marie, refuge du pécheur, aidez mon cœur à aimer celui qui est votre fils et notre frère. Saints Anges, qui vivez éternellement de cet amour qui ne s'est jamais éteint en vous, souvenez-vous qu'il m'a créé, comme vous-mêmes, pour l'aimer. Saints et Saintes, par l'amour dont il vous enivre au ciel, daignez vous souvenir de moi, et préparer mon cœur à s'unir à lui.
ACTE d'adoration.
ous êtes en moi. Majesté de mon Dieu ! Vous résidez en ce moment dans le cœur d' un pécheur : c'est là votre temple, votre trône, le lieu de votre repos. Que ferai-je pour vous adorer dignement, vous qui avez daigné descendre jusque dans l'abîme de ma bassesse et de ma misère ? Les Esprits bienheureux se voilent la face devant vous ; vos Saints déposent à vos pieds leurs couronnes immortelles ; et moi, qui suis encore dans la condition de pécheur, puis-jc m'anéantir assez devant vous, qui êtes infini en puissance, en sagesse, en bonté ? Cette àme. dans laquelle vous résidez en ce moment, osa se mesurer avec vous ; souvent elle eut l'audace de vous désobéir et d'enfreindre vos volontés ; et vous venez en elle, et vous y faites descendre toutes vos grandeurs ! Recevez, ô mon Dieu ! l'hommage qu'elle vous offre en cette heure où elle succombe sous le noids de l'insigne honneur que vous lui faites. Oui, mon Dieu, je vous adore, je vous reconnais pour le souverain Etre, pour l'auteur et le conservateur de toutes choses, pour mon Maître absolu ; je confesse avec bonheur ma dépendance, et j'ose vous offrir mon humble service.
VOUS êtes grand, ô mon Dieu ! mais vous êtes aussi plein de bonté envers votre humble créature. Votre
La Communion.
présence en moi nest pas seulement un trait de cette puissance qui se glorifie de la manière quelle veut ; elle est un nouveau gage de votre amOur pour moi. Vous venez vous unir à mon àme. la rassurer, la régénérer, lui apporter tous les biens. Oh! qui me donnera de sentir un tel bienfait, de vous en remercier dignement ? Je ne le puis faire, ô mon Dieu ! car, dans ma faiblesse, je suis incapable de mesurer toute l'étendue devotie amour, tout le besoin que j'avais de votre présence. Et si je viens à considérer les moyens qui sont à ma disposition pour reconnaître la faveur que vous me faites, je tombe accablé sous mon impuissance. Cependant vous voulez, ô mon Dieu, que ce cœur, tout faible qu'il est, vous rende grâces ; vous prenez plaisir à recevoir l'hommage de sa chétive reconnaissance. Agréez-le donc ; mon âme tout entière vous l'offre, en vous suppliant de lui révéler de plus en plus l'immensité de vos dons, et de prendre pitié de son insuffisance.
MAIS je ne puis m'acquitter avec vous que par l'amour, ô mon souverain bien 1 Vous m'avez aimé, vous m'aimez ; il faut que je vous aime. Vous m'avez supporté, vous m'avez pardonné, vous venez de me combler d'honneur et de richesse : l'amour vous a fait accomplir tous ces prodiges, et c'est mon amour que vous demandez en retour du vôtre. La reconnaissance ne suffit pas ; vous voulez être aimé. Si je jette un regard sur le passé, ces longs jours qui s'écoulèrent loin de vous dans la désobéissance se présentent à ma pensée, et il me semble que je devrais fuir vos bontés. Niais où irai-je, ô mon Dieu, que je ne vous y porte avec moi, maintenant que vous êtes établi au centre de mon àme ? Je resterai donc ; et. comme si jamais je ne vous eusse trahi, je réunirai toutes les forces de mon cœur, pour vous dire que je vous aime, que votre divine charité a rassuré mon àme, que cette àme est à vous, qu'elle vous préfère à tout, qu'elle met désormais toute sa joie, tout son bonheur à vous complaire, à faire vos volontés.
Le Caréi
JE sais, ô mon Dieu, que ce que vous demandez de moi, ce n'est pas l'efFusion passagère d'un cœur touché de vos bontés. Vous m'avez aimé de toute éternité, vous m'avez gardé votre prédilection, alors même que je ne vous servais pas. Tant de lumières que vous m'avez données sur l'état de mon âme, tant de protection contre votre propre justice, tant de miséricorde à me pardonner, tant d'amour à vous incliner vers moi en ce moment ; toutes ces œuvres de votre droite n'avaient qu'un seul but : celui de m'attacher à vous, de m'amener à vivre enfin pour vous. Ce but, vous avez voulu l'atteindre, en me donnant aujourd'hui le précieux gage de votre amour. Vous avez dit, en parlant de ce don ineffable : De même que je vis par mon Père, ainsi celui qui mange ma chair vivra par moi. Vous êtes désormais, 6 Pain vivant descendu du ciel, le principe de ma vie; elle est donc à vous, plus que jamais. Je vous la donne ; je vous dévoue mon àme, mon corps, mes facultés, mon existence tout entière. Dirigezmoi, réglez-moi, je m'abandonne à vous. Je suis aveugle, mais votre lumière me conduira ; je suis faible, mais votre force me soutiendra ; je suis inconstant, mais votre fermeté me maintiendra. Je me repose de tout sur votre miséricorde, qui ne manque jamais a ceux qui espèrent en vous.
O Marie! gardez en moi le fruit de cette visite de votre divin Fils. Anges de Dieu, montrez-vous jaloux de conserver intacte la demeure que votre Maître a daigné habiter. Saints et Saintes de Dieu, priez pour le pécheur auquel il a donné un tel gage de réconciliation.
ES Vêpres, ou Office du soir, se composent d'abord de cinq Psaumes accompagnés d'Antiennes. Nous les donnons ciaprès, en les faisant précéder, selon notre usage, de quelques lignes dans lesquelles nous. nous attachons à relever les expressions de ces divins Cantiques, qui conviennent le mieux au temps de l'Année liturgique que nous parcourons.
L'Office commence par le cri ordinaire de l'Eglise :
Dieu ! venez mon aide !
^. Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
EUS, in adjutoum meum intende.
Rj. Domine , ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, et Filio. et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula sceculorum. Amen.
Laus tibi , Domine , Rex œternae glorias.
Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Louange à vous, Seigneur, Roi de réternelle gloire.
Le premier de ces Psaumes est prophétique sur les grandeurs du Messie. Nous y voyons l'Hornme-Dieu dans son triomphe, après ses humiliations et sa Croix, s'asscyant à la droite de son Père. Mais il reviendra pour juger le monde, pour briser contre terre la tète des pécheurs. En célébrant ses grandeurs, n'oublions pas ses justices.
Dixrr Dominas Domi no meo : * Sede dextris meis.
Donec ponam inimicos tuos : * scabellum pedum tuorum.
Virgam virtuiis tuœ emittet Dominus ex Sion : * dominarc in mcdio inimicorum tuorum.
Tecum principium in die virtutis tuœ in splendoribus Sanctorum ; * ex utero antc lucifcrum gcnui te.
Juravit Dominus , et non pœnitebit eum : * Tu es Sacerdos in aeternum
CELUI qui est le Seigneur a dit à son Fils, mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, et régne^ avec moi :
Jusqu'à ce que, au jour de votre dernier Avènement, je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.
O Christ ! le Seigneur votre Père fera sortir de Sion le sceptre de votre force 1 c'est de là que vous partire:^, pour dominer au milieu de vos ennemis.
La principauté éclatera en vous, au jour de votre force, au milieu des splendeurs des Saints ; car le Père vous a dit : Je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore.
Le Seigneur l'a juré, et sa parole est sans repentir : il a dit en vous parlant : DieuA Vêpres.
Homme, vous êtes Prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisédech.
O Père ! le Seigneur votre Fils est donc à votre droite : c'est lui qui, au jour de sa colère, viendra juger les rois.
Il jugera aussi les nations : il consommera la ruine du monde, et brisera contre terre la tête de plusieurs.
Il s'est abaissé pour boire l'eau du torrent des afflictions ; mais c'est pour celq même qu'un jour il élèvera la tête.
Le Psaume suivant célèbre les bienfaits de Dieu envers son peuple. l'Alliance promise, la Rédemption, la fidélité du Seigneur à ses promesses ; mais il nous apprend aussi que le Nom du Seigneur est terrible, parce qu'il est saint, et il nous avertit que la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.
secupdum ordinem Melchisedech.
Dominus a dextris tuis : * confregit in die iras suae reges.
Judicabit in nationibus , implebit ruinas : * conquassabit capita in terra multorum.
De torrente in via bibet : * propterea exaltabit caput.
î E vous louerai. Seigneur. J de toute la plénitude de mon cœur, dans l'assemblée des justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ; elles ont été concertées dans les desseins de sa sagesse.
Elles sont dignes de louange et magnifiques ; et la justice de Dieu demeure dans les siècles des siècles.
Le Seigneur clément et miséricordieux nous a laissé un
r^ ONFITEBOR tibi. Do^^ mine, in tote corde
meo : * in concilio justorum et congregatione. Magna opéra Domini :
* exquisità in omnes voluntates ejus.
Confessio et magnificentia opus ejus : * et justitia ejus manet in spéculum saeculi.
Memoriam fecit mirabilium suorum, miseriLe Carême.
cors et miserator Dominus : * escatn dédit timentibus se.
Memor erit in saeculum testamenti sui : *virtutem operum suorum annuntiabit populo suo.
Ut det illis haereditatem gentium : * opéra manuum ejus veritas et judiciura.
Fidelia omnia mandata cjus, confirmata in saeculum sœculi : * facta in veritate et aequitate.
Redemptionem misit populo suo : * mandavit m œternum testamentum suum.
Sanctum et terribile Nomen ejus : * initium sapientiae timor Domini.
Intellectus bonus omnibus facientibus eum : * laudatio ejus manet in sa?culum sœculi.
mémorial de ses merveilles ; il a donné une nourriture à ceux qui le craignent.
Il se souviendra à jamais de son alliance avec les hommes ; il fera éclater aux yeux de son peuple la vertu de ses œuvres.
Il donnera à son Eglise l'héritage des nations : tout ce qu'il fait est justice et vérité.
Ses préceptes sont immuables et garantis par la succession des siècles ; ils sont fondés sur la vérité et la juslice.
Il a envoyé à son peuple un Rédempteur •, il rend par là son alliance éternelle.
Son Nom est saint et terri- ■ hle ; le commencement de la . sagesse est de craindre le Seigneur.
La lumière et l'intelligence ; sont pour celui qui agit selon ', cette crainte : gloire et lou- ; ange à Dieu dans les siècles ] des siècles. j
Le troisième Psaume chante la félicité de | rhomme juste et ses espérances au jour où le i Seigneur viendra. II exprime aussi la confu- ] sion et le désespoir du pécheur qui aiira été j sourd à ses propres intérêts et aux invitations de la sainte Eglise. '
EATUS vir qui ' ominum :
EUREUX l'homme qui craint le Seigneur, et
A Vêpres.
qui met tout son zèle à lui obéir ! _ ^
Sa postérité sera puissante sur la terre ; la race du juste sera en bénédiction.
La gloire et la richesse sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.
Une lumière s'est levée sur les justes au milieu des ténèbres : c'est le Seigneur, le Dieu miséricordieux, clément et juste, qui s'est donné aux hommes.
Heureux l'homme qui a fait miséricorde, qui a prêté au pauvre, qui a réglé jusqu'à ses paroles avec justice ; car il ne sera point ébranlé.
La mémoire du juste sera éternelle : s'il entend une nouvelle fâcheuse, elle ne lui donnera point à craindre.
Son cœur est toujours prêt à espérer au Seigneur ; son cœur est en assurance : il ne sera point ému, et méprisera la rage de ses ennemis.
Il a répandu l'aumône avec profusion sur le pauvre : sa justice demeurera à jamais ; sa force sera élevée en gloire.
Le pécheur le verra, et il entrera en fureur ; il grincera des dents et séchera de colère ; mais les désirs du pécheur périront.
Le quatrième Psaume louange au Seigneur qu
mandatis ejus volet nimis.
Potens in terra erit semen ejus : * generalio rectorum benedicetur.
Gloria et divitiae in domo ejus : * et justitia ejus manet in saeculura sseculi.
Exortum est in tenebris lumen rectis : * misericors, et miserator, et justus.
Jucundus homo, qui miseretur et commodat, dispone'' sermones suos in judicio : ' quia in asternum non commovebitur.
In memoria aeterna erit justus: 'abauditione mala non timebit.
Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmatum est cor ejus : non commovebitur donec despiciat inimicos suos,
Dispersit. dédit pauperibus ; justitia ejus manet in saeculum sseculi : * cornu ejus exaltabitur in gloria.
Peccator videbit et irascetur, dentibus suis fremet et tabescet : * desiderium peccatorum peribit.
est un Cantique de i, du haut du ciel, a
pris pitié de la nature humaine, et a daigne aplanir les voies pour nous ramener à lui.
AUDATE, pueri, Domi• num : * laudate Nom
en D
omini.
Sit Nomea Dominl benedictum : * ex hoc nunc et usque in saeculum.
A solis ortu usque ad occasum : * laudabile Nomen Domini.
Excelsus super omnes gentes Dominus : * et super cœlos gloria ejus.
Quis sicut Dominus Deus noster qui in altis habitat : " et humilia respicit in cœlo et in
Suscitons a terra inopem : * et de stercore erigens pauperem.
Ut coUocet eum cum principibus : * cum principibus populi sui.
Qui habitare facit sterilem in domo : * matrem filiorum iretantem.
SERVITEURS du Seigneur , faites entendre ses louanges : célébrez le Nom du Seigneur.
Que le Nom du Seigneur soit béni, aujourd' hui et jusque dans l'éternité.
De l'aurore au couchant, le Nom du Seigneur doit être à jamais célébré.
Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nations ; sa gloire est par delà les cieux.
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, dont la demeure est dans les hauteurs ? C'est de là qu'il abaisse ses regards sur les choses les plus humbles, et dans le ciel et sur la terre.
Par sa vertu divine , il soulève de terre l'indigent, il élève le pauvre de dessus le fumier où il languissait,
Pour le placer avec les Princes , avec les Princes mêmes de son peuple.
C'est lui c^ui fait habiter, pleine de joie, dans sa maison, celle qui auparavant fut stérile, et qui maintenant est mère de nombreux enfants.
Le cinquième Psaume rappelle les prodiges de l'ancienne Alliance, qui se renouvel.4 Vêpres.
leront en nous, si nous voulons retourner au Seigneur notre Dieu : Israël délivré de la servitude de l'Egypte, les Gentils arrachés au culte des idoles, une bénédiction universelle répandue sur quiconque veut craindre et aimer Dieu.
QUAND Israël sortit d'E- gypte, et la maison de Jacob du millieu d'un peuple barbare :
La nation juive fut consacrée à Dieu ; Israël fut son domaine.
La mer le vit et s'enfuit : le Jourdain remonta vers sa source.
Les montagnes sautèrent comme des béliers, et les collines commes des agneaux.
O mer, pourquoi fuyais-tu ? Et toi, Jourdain , pourquoi remontais-tu vers ta source ?
Montagnes, pourquoi sautiez-vous comme des béliers ? Et vous, collines, comme des agneaux ?
A la face du Seigneur, la terre a tremblé : à la face du Dieu de Jacob,
Qui changea la pierre en torrents, et la roche en source d'eaux vives.
Non pas à nous. Seigneur. non pas à nous, mais à votre Nom donnez la gloire ;
A cause de votre miséricorde et de votre vérité : de
IN exitu Israël de -Egypto : * domus Jacob de populo barbare.
Facta est Judaea sanctificatio ejus : * Israël potestas ejus.
Mare vidit, et fugit : * Jordanis conversas est retrorsum.
Montes exsultaverunt ut arietes : * et colles sieur agni ovium.
Quid est tibi . mare .
Îuod fugisti : * et tu . ordanis. quia conversus es retrorsum ?
Montes exsultastis sicut arietes : * et colles sicut agni ovium ?
A facie Domini mota est terra : * a facie Dei Jacob.
Qui convertit petram in stagna aquarum : * et rupem in fontes aquarum.
Non nobis. Domine, non nobis : * sed Nomini tuo da gloriam.
Supermisericordia tua et veritate tua : * ne2 s
Îuando dicant gentcs : fbi est Deus eorum ? Deus autem noster in cœlo : * omnia qiiaecumque Yoluit fecit.
Simulacra gentiumargentum et aurum : opéra manuumhominum.
Os habent, et non loquentur : *oculoshabent, et nonvidebunt.
Aures habent, et non audient : * nares habent, et non odorabunt.
Manus habent, et non palpabunt; pcdes habent, et non ambulabunt : * non clamabunt in gutture suo.
Similes illis fiant qui faciunt ea ; * et omnes qui confidunt in eis.
Domus Israël speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Domus Aaron speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Qui timent Dominum speraverunt in Domino :* adjutor eorum, et protector eorum est.
Dominus memor fuit nostri : * et benedixit nobis.
Benedixit domui Israël: •benedixit domui Aaron.
Benedixit omnibus qui
peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ? . Notre Dieu est au ciel : il a fait tout ce qu'il a voulu.
Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, et l'ouvrage des mains des hommes.
Elles ont une bouche, et ne parlent point ; des yeux, et ne voient pas.
Elles ont des oreilles, et n'entendent point ; des narines, et ne sentent rien.
Elles ont des mains, et ne peuvent rien toucher ; des pieds, et ne marchent point ; un gosier, et ne peuvent se faire entendre.
Que ceux qui les font leur deviennent semblables : avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.
La maison d'Israël a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.
La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.
Ceux qui craignent le Seigneur ont espéré en lui : il est leur appui et leur protecteur.
Le Seigneur s'est souvent: de nous, et il nous a bénisII a béni la maison d'Israël ;
il a béni la maison d'Aaron.
Il a béni tous ceux qui craiA l
epres.
12g
timent Dominum : ' pusillis cum majoribus.
Adjiciat Dominus super vos : ' super vos, et super filios vestros.
Benedicti vos a Domino : * qui fecit coelum et terrain.
Cœlum cœli Domino ■ * terram autem dédit filiis hominum.
Non mortui laudabunt te, Domine : * neque omnes qui descendunt in infernum.
Sed nos qui vivimus benedicimus Domino : * ex hoc nunc et usque in SBïcuIum.
Après les cinq Psaumes, l'Eglise place une petite Leçon des saintes Ecritures, connue sous le nom de Capitule, parce qu'elle est toujours très courte. Elle se trouve placée à chaque Dimanche. On chante ensuite l'Hymne du Carême, composée par saint Grégoire le Grand.
gnent le Seigneur : grands et petits.
Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.
Bénis soyez-vous du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre !
Au Seigneur, les hauteurs du ciel ; la terre est aux hommes par sa largesse.
Ce ne sont pas les morts qui vous loueront, ô Seigneur ! ni tous ceux qui descendent dans le tombeau ;
Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur, aujourd'hui et à jamais.
CRÉATEUR plein de bonté, daignez écouter les prières que nous vous offrons avec larmes, au milieu des jeûnes de cette sainte Quarantaine.
Vous qui scrutez le fond des cœurs, vous connaissez notre faiblesse : nous revenons à vous : donnez-nous la grâce du pardon.
AUDI, bénigne Conditor, Nostras preces cum fletibus, In hoc sacro jejunio Fusas quadragenario.
Scrutator aime cordium. Infirma tu scis virium : Ad te reversis exhibe Remissionis gratiam.
j3o
Multum quidem pcccavimus, Sed parce confitentibus : Ad Nominis laudem tui Confer medelam languidis.
Concède nostrum conter!
Corpus per abstinentiam :
Culpae ut relinquant pabulum
Jejuna corda criminum.
Prassta, beata Trinitas, Concède, simplex Unitas : Ut fructuosa sint tuis Jejuniorum munera. Amen.
f. Angelis suis Deus mandavit de te,
fi|. Ut custodiant te in omnibus viis tuis.
Nous avons beaucoup péché ; pardonnez-nous à cause de notre aveu ; pour la gloire de votre Nom, apportez le remède à nos langueurs.
Faites que la résistance de notre corps soit abattue par l'abstinence, et que notre cœur, soumis à un jeiîne spirituel, ne se repaisse plus du péché.
Trinité bienheureuse, Unité parfaite, rendez profitable à vos fidèles le bienfait du jeûne. Amen.
f. Dieu a commandé à ses Anges
^. De vous garder dans toutes vos voies.
Vient ensuite le Cantique de Marie Mère de Dieu, célébrant sa Maternité divine et tous les biens qui en résultent pour le monde. Ce cantique, si suave dans son ineffable douceur, fait partie essentielle de l'Office des Vêpres. Unissons-nous à toutes les générations, qui ont proclamé bienheureuse la Vierge qui nous a donné le Sauveur ; mais entrons aussi dans les sentiments d'humilité qu'elle nous recommande par ses paroles et par son exemple. C'est elle-même qui nous le dit de sa bouche inspirée : si le grand Dieu dont le triomphe éclatera à nos yeux dans la glorieuse Pàque trouve en nous des cœurs humiliés et soumis, il nous élèvera jusqu'à lui ; si nous confessons devant lui notre indigence, il nous comblera de tous ses biens.
MON âme glorifie le Seigneur, Et mon esprit tressaille en Dieu mon Sauveur.
Car il a regardé la bassesse de sa servante : et. pour cela, toutes les nations m'appelleront Bienheureuse.
Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant, et de qui le Nom est saint ;
Et sa miséricorde s'étend, de génération en génération, sur ceux qui le craignent.
Il a opéré puissamment par son bras, et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur cœur.
Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.
Il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.
Il a reçu en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse
Qu'il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais.
MAGNIFICAT : anima mea Dominum.
Et exsultavit spiritus meus : * in Deo salutari meo.
Quia respexit humilitatem ancillae sus : * ezce enim ex hoc beatara me dicent omnes generationes.
Quia fecit mihi magna qui potens est : ' et sanctum Nomen ejus.
Et misericordia ejus a progenie in progenies : * timentibus eum.
Fecit potentiam in brachio suo : * dispersit superbos mente cordis sui.
Deposuit potentes de sede ' et exaltavit
humiles.
Esurientes implevit bonis : * et divites dimisit inanes.
Suscepit Israël puerura suum : * recordatus misericordia suae.
Sicut locutus est ad patres nostros • ' Abraham et semini ejus in sœcula.
l32
L'Oraison ou Collecte qui, à la fin de l'Office des Vêpres, résume tous les vœux de l'Eglise, se trouve plus loin, en son lieu, aux Vêpres de chacun des Dimanches du Carême.
Les Vêpres se terminent par les Versets suivants :
f. Benedicamus Domino.
^. Deo gratias.
f. Fidelium animoe per misericordiam Dei requiescant ia pace.
^. Amen.
f. Bénissons le Seigneur.
B^. Rendons grâces à Dieu.
f. Que les âmes des fidèles, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix.
^. Amen.
ET Office, qui est la conclusion de tous ceux de la journée, s'ouvre par un avertissement sur les périls de la nuit, lequel est bientôt suivi de la Confession générale des péchés, comme un moyen de se rendre favorable la justice divine, avant d'aller courir les hasards du sommeil, si voisin de la mort.
Le Lecteur s'adresse au Prêtre, et lui dit :
^ A Jl ON Père, veuillez 1 ^ ^' IVl me bénir. '^
1 UBE, Domine, be^ nedicere.
Le Prêtre répond
Que le Dieu tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin heureuse.
% Amen.
No(^em quietam, et finem perfectum concédât nobis Dominus omnipotens.
i34
Le Lecteur lit ensuite ces paroles de la première Epître de saint Pierre :
FRATRES : Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diabolus, tnmquam leo rugiens circuit quaîrens quem devoret : cui resistitc fortes in fide. Tu autem, Domine, miserere nobis.
MES Frères, soyez sobres et vigilants ; car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer ; résistez-lui, étant forts dans la foi. Mais vous, Seigneur, ayez pitié de
Le Chœur repond ; Ri. Deo gratias. | R|. Rendons grâces à Dieu.
Puis le Prêtre :
>>■. Adjutorium nostrum 1 f. Tout notre secours est in Nomine Domini. | dans le Nom du Seigneur.
Le Chœur :
^. Qui fecit cœlum et | R]. C'est lui qui a fait le terram. | ciel et la terre.
On récite ensuite l'Oraison Dominicale en silence, puis le Prêtre dit le Con/îteor, et le Chœur le réptèe après lui :
Le Prêtre, après avoir prononcé la formule générale d'Absolution, s'écrie :
V^^ Deus, Salutaris
noster.
^. Et averte iram tuam a nobis.
j^. Deus, inadjutorium meum intende. *
TS. Domine, ad adjuvanduni me festina.
Gloria Patri, etc.
V^ ô Dieu, notre Sauveur 1
fij . Et détournez votre colère de dessus nous.
f. O Dieu ! venez à mon aide.
Rj. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
Gloire au Père, etc.
A Compiles.
i35
Le premier Psaume célèbre Tespérance avec laquelle le juste s'endort dans la paix ; mais il reprend aussi les tièdes, dont le cce^nappesanti est trop souvent esclave de la vanité et du mensonge. Il les exhorte à examiner avec componction, dans le repos de leur couche., les pensées qu'ils laissent trop souvent dominer dans leurs cœurs.
Au milieu de ma prière, le Dieu de ma justice m'a exaucé ; vous m'avez mis au large, quand j'étais dans l'affliction.
Avez pitié de moi, et exaucez ma prière.
Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti, aimerez-vous la vanité, et chercherez-vous le mensonge ?
Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui est consacré : le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.
Si vous vous irritez, faitesle sans pécher ; repassez avec componction, dans le repos de votre couche, les pensées de vos cœurs.
OlTrez un sacrifice de justice, et espérez dans le Seigneur. Il en est plusieurs qui disent : Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?
La lumière de votre visage. Seigneur, a daigné luire sur
CUM invocarem exaudivit me Deus justitiae meae : * in tribulatione dilatasti mihi.
Miserere mei : ' et exaudi orationem meam.
Filii hominum, usquequo gravi corde ? * ut quid diligitis vanitatem. et quaeritis mendacium ?
Et scitote quoniam mirifîcavit Dominus sanctum suum : ' Dominus exaudiet me , cum clamavero ad eum.
Irascimini , et nolite peccare : * quae dicitis in cordibus vestris, in cubilibus vestris compungimini.
Sacrifîcate sacrificium justitiœ , et sperate in Domino : * multi dicunt : Quis ostendit nobis bona ?
Signatum est super nos lumen vultus tui ,
i36
Domine : * dedisli hetitiam in corde meo.
A fructu frumenti , vini et olei sui : * multiplicati sunt.
nous : c'est vous qui donnez la joie à mon cœur.
Pour eux, la richesse est dans l'abondance du vin, de l'huile et du froment. In pace in idipsum • * Mais moi, je dormirai et me " ' reposerai dans la paix ;
Parce que vous seul, Seigneur, m avez affermi dans l'espérance.
L'Eglise a placé ici les six premiers versets du Psaume trentième, parce qu'ils contiennent la prière du Sauveur mourant : Je remets y Seigneur, mon esprit entre vos mains ! paroles qui viennent si à propos dans l'Office du soir.
dormiam et requiescam. Quoniam tu, Domine, singulariter in spe : * constituisti me.
IN te, Domine, speravi, non confundar in asternum : * in justitia tua libéra me.
Inclina ad me aurem tuam : * accéléra ut eruas me.
Esto mihi in Deum protectorem et in domum refugii : * ut salvum me facias.
Quoniam fortitudo mea, et refugium meum es tu : * et propter Nomen tuum deduces me, et enuiries me.
Educes me de laqueo hoc, quem absconderunt mihi : * quoniam tu es protector meus.
In manus tuas commendo spiritum meum :
FN vous, Seigneur, j'ai mis .^ mon espérance ; que je ne sois pas confondu : sauvezmoi dans votre justice.
Inclinez votre oreille vers moi : hâtez-vous de me délivrer.
Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge pour me sauver.
Car vous êtes ma force et mon refuge, et vous me conduirez, vous me nourrirez, à cause de votre Nom.
Vous me tirerez du piège qu'on m'a tendu en secret ; car vous êtes mon protecteur.
Je remets mon esprit entre vos mains : c'est vous qui
A Compiles.
m'avez racheté , Dieu de vérité !
5eigneur
* redemisti me. Domine, Deus veritatis.
Le troisième Psaume expose d'abord les motifs de la confiance du juste, au milieu même des périls de la nuit. Le tableau de cette paix doit faire désirer au pécheur une prompte réconciliation avec Dieu, afin de )ouir à son tour de ce repos du cœur et de cette protection divine, sans lesquels le séjour d'ici-bas n'offre ni bonheur ni sécurité.
eLUi qui habite dans l'asile du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.
Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge ! il est mon Dieu, j'espérerai en lui.
Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs, et des paroles fâcheuses.
Le Seigneur te couvrira de son ombre ; tu seras dans l'espérance sous ses ailes.
Sa vérité sera ton bouclier : tu ne craindras ni les alarmes de la nuit,
Ni la flèche qui vole au milieu du jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du Midi.
Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite : mais la mort n'approchera pas de toi.
OUI habitat in adjutorio Altissimi : * in protectione Dei cœli commorabitur.
Dicet Domino : Susceptor meus es tu, et refugium meum : * Deus meus, sperabo in eum.
Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium : * et a verbo aspero.
Scapulis suis obumbrabit tibi : * et sub pennis ejus sperabis.
Scuto circumdabit te Veritas ejus : * non timebis a timoré nocturno.
A sagitta volante in die, a negotio perambulante in tenebris : * ab incursu, et daemonio meridiano.
Cadent a laetere tuo mille, et decem millia a dextris tuis : * ad te autem non appropinquabit.
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Verumtamcn oculis tuis considcrabis : * et retributioncm peccatorum videbis.
Quoniam tu es. Domine, spes mea : * Altissimum posuisti refugium
Non accedet ad te maliim : ' et flagellum non appropinquabit taberoaculo tuo.
Quoniam Angclis suis mandavit de le : * ut custodiant te in omnibus viis tuis.
In manibus portabunt te : * ne forte offendas ad lapidem pedem tuum.
Super aspidem et basiliscum ambulabis : * et conculcabis leonem et draconem.
Quoniam in me spcravit, liberaboeum : * protcgam eum, quoniam cognovit Nomen mcum.
Clamabit ad me, et ego exaudiam eum : * cum ipso sum in tribulatione. eripiam eum, et giorificabo eum.
Lonojitudine dierum replebo cum : * et ostendam illi S;ilutare meum.
Cependant tu jetteras les yeux autour de toi, et tu contempleras le sort de l'impie.
Parce que lu as dit : Seigneur, vous êtes mon espérance ! parce que tu as placé ton refuge dans le TrèsHaut,
Le ma! n'approchera pas de toi, et les fléaux s'éloigneront de ta tente ;
Car le Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.
Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
Dieu dira de toi : Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai : je le protégerai, parce qu'il a connu mon Nom.
11 criera vers moi, et je l'exaucerai : je suis avec lui dans la tribulalion ; je l'en retirerai et le glorifierai.
Je le rassasierai de longs jours, et je lui montrerai le Sauveur que je lui ai préparé.
Le quatrième Psaume invite les Serviteurs de Dieu à faire entendre sans relâche la prière nocturne. Les fidèles doivent le réciter dans un sentiment de reconnaissance envers
A Compiles.
i3g
Dieu, qui suscite dans son Eglise des adorateurs de son Nom, dont la noble vocation est de lever les mains le jour et la nuit pour le salut d'Israël, et sur la prière desquels le monde se repose et accomplit ses destinées.
Vous qui êtes dans la maison du Seigneur, sous les on de
BÉNISSEZ maintenant le Se gneur. vous tous qui 1 servez.
LIS qu portiques de la notre Dieu,
Elevez vos mains durant les nuits vers le Sanctuaire, et bénissez le Seigneur,
Dites à Israël : Que le Seigneur te bénisse de Sien, le Seigneur qui a fait le ciel et la terre,
Ant. Ayez pitié de moi. Seigneur, et exaucez ma prière.
ECCE nunc benedicite Dominum : * omnes servi Domini.
Qui statis in domo Domini : * in atriis domus Dei nosiri.
In noctibus extoîlite manus vestras in Sancta : * et benedicite Dominum.
Benedicat te Dominus ex Sion : * qui fecit coelum et terram.
Ant. Miserere mihi Domine, et exaudi orationem meam.
AVANT que la lumière disparaisse, nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d'être, dans votre clémence, notre protecteur et notre gardien.
Que les songes et les fantômes de la nuit s'enfuient loin de nous. Comprimez notre ennemi ; qu'il ne profane point nos corps.
TE lucis ante terminum. Rerum Creator, poscimus. Ut pro tua clementia. Sis praesul et custodia.
Procul recédant somnia. Et noctium phantasmata, Hostemque nostrum comprime. Xe poliuantur corpora.
Praesta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne saeculiim. Amen.
Faites-nous cette grâce, ô Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au Père, qui, avec l'Esprit consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen.
CAPITULE. {Jerem
Tu autem in nobis es. Domine, et Nomen sanctum tuum invocatum est super nos : ne derelinquas nos, Domine Deus noster.
^. br. In manus tuas, Domine : * Commendo spiritum meum. In manus tuas.
j^. Redemisti nos, Domine Deus veritatis. * Commendo.
Gloria. In manus tuas.
Vous êtes en nous, Seigneur, et votre saint Nom a été invoqué sur nous : ne nous abandonnez pas, Seigneur notre Dieu !
^. br. Entre vos mains. Seigneur : * Je remets mon esprit. On répète : Entre vos mains. Seigneur, etc.
f. Vous nous avez rachetés. Seigneur, Dieu de vérité. On répète : * Je remets, etc.
Gloire au Père, etc. Entre vos mains, etc.
f. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil.
^. Protegez-nous à l'ombre de vos ailes.
f, Custodi nos, Domine, ut pupillam oculi.
^. Sub umbra alarum tuarum protège nos.
Le Cantique du vieillard Simcon qui, tenant dans SCS bras l'Enfant divin, leproclama la Lumière des nations, et s'endormit ensuite du sommeil des justes, offre une expression touchante du repos que le fidèle dont le cœur est uni à Dieu goûtera en Jésus-Christ, parce que, comme dit l'Apôtre, soit dans la veille, soit dans le sommeil, nous vivons avec celui qui est mort pour nous (II Thess. v, lo).
UNO dimittis servum 1 /^EST maintenant, Seituum, Domine : * | V^gneur, que vous laisseA Compiles.
rez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ;
Parce que mes yeux ont vu le Sauveur
Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples,
Pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.
Gloire au Père, et au Fils. etc.
Ant. Sauvez-nous, Seigneur, durant la veille : gardez-nous durant le sommeil : afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.
secundura verbum tuum in pace.
Quia viderunt oculi mei : * Salutare tuum,
Quod parasti : ' ante faciem omnium populorum.
Lumen ad revelationem Gentium : * et gloriara plebis tuae Israël,
Gloria Patri, et Filio,
etc.
Ant. Salva nos. Domine, vigilantes ; custodi nos dormientes : ut vigilemup cura Christo, et requiescamus in pace.
SEIGNEUR, ayez pitié ! Christ, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié !
Notre Père, etc.
f. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation ;
^. Mais délivrez-nous da mal.
Je crois en Dieu, etc.
^. La résurrection de la chair,
1^. La vie éternelle. Amen.
f. Vous êtes béni, Seigneur, Dieu de nos pères !
^. Digne de louange et de gloire dans l'éternité. t. Bénissons le Père et le
KYRIE eleison. Christe eleison. Kyrie eleison.
Pater noster, etc.
f. Et ne nos inducas in tentationem ;
^. Sed libéra nos a malo.
Credo in Deum.
f. Garnis resurrectionem,
Vf. Vitara ajternam. Amen.
f. Benedictus es. Domine Deus patrum nostrorum ;
BjJ. Et iaudabilis et gloriosus in saecula.
f. Beneiicamus PaLe Carême.
trem et Filium cum Sancto Spiritu ;
IÇ!. Laudemus, et superexaltemus eum in sascula.
f. Benedictus es, Domine, in firmamento cœli ;
"Bf. Et laudabilis, et gloriosus, et superexaltatus in saecula.
f. Benedicat, et custodiat nos omnipotens et misericors Dominus.
fi|. Amen.
f. Dignare, Domine, nocte ista,
"Bf. Sine peccato nos custodire.
i^. Miserere nostri, Domine.
B?. Miserere nostri.
jl^. Fiat misericordia tua. Domine, super nos,
Rj. Quemadmodum speravimus in te.
f. Domine, exaudi orationem meam ;
Rj. Et clamor meus ad te veniat.
Fils avec le Saint-Esprit ;
RJ. Louons-le, et exaltons-le dans les siècles.
Jf. Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel ;
^. Digne de louange, de gloire et de triomphe dans l'éternité.
f. Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux nous bénisse et nous conserve.
ïçt. Amen.
j^ Daignez, Seigneur, durant cette nuit,
^. Nous garder de tout péché.
^. Ayez pitié de nous. Seigneur !
içf. Ayez pitié de nous !
j^. Que votre miséricorde soit sur nous. Seigneur,
B?. Dans la mesure que nous avons espéré en vous.
f. Seigneur, exaucez ma prière ;
fi). Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
Après ces prières, que l'on omet si le lendemain on célébrait la fête double d'un Saint, le Prêtre dit :
f. Dominus vobiscum ; fij. Et cum spiritu tuo.
f. Que le Seigneur soit avec vous ;
% Et avec votre esprit.
VISITA, quaesumus Do- I t r ISITEZ, s'il vous plaît, Seimine, habitationem | V gneur. cette maison, et
A Compiles.
éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi ; que vos saintsAngesy habitent, qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
f. Que le Seigneur soit avec vous ;
IÇ. Et avec votre esprit. f. Bénissons le Seigneur.
fi. Rendons grâces à Dieu.
Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, nous bénisse et nous conserve.
B^î. Amen. !
istam. etomnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea. qui nos in pace custodiant : et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula sasculorum. Amen. f . Dominusvobiscum ;
^. Et cum spiritu tuo.
f. Benedicamus Domino.
^. Deo gratias.
Benedicat et custodiat nos omnipotens et misericorsDominus,Pater,etFilius. et Spiritus Sanctus.
^. Amen.
SALUT. Reine des cieax ! Salut, Souveraine des Anges ! Salut. Tige féconde ! Salut. Porte du ciel, par laquelle la lumière s'est levée sur le monde ! Jouissez de vos honneurs, ô Vierge glorieuse, qui l'emportez sur toutes en beauté 1 Adieu. 6 toute belle, et implorez le Christ en notre faveur.
j^. Souffrez, ô Vierge sainte, que je célèbre vos louanges.
"Bf. Donnez-moi le courage contre vos ennemis.
AVE Regina cœlorum, Ave Domina Angelorum : Salve Radix, salve Porta. Ex qua mundo lux est
orta : Gaude, Virgo gloriosa. Super omnes speciosa : \^ale, o valde décora. Et pro nobis Christum exora. y. Dignare me laudare te. A'irgo sacrata.
^. Ca mihi virtutem contra hostes tuos.
CONCEDE, misericors Deus, fragilitatinostrœ praesidium : ut, qui sanctœ Dei Genitricis memoriam agimus, intercessionis ejus auxilio, a nostris iniquitatibus resurgamus. Per eumdem Christum Dotninum nostrum. Amen.
f. Divinum auxilium maneat semper nobiscum, ^. Amen.
DAIGNEZ, ô Dieu de miséricorde, venir au secours de notre fragilité, afin que nous, qui célébrons la mémoire de la sainte Mère de Dieu, nous puissions, à l'aide de son intercession, nous affranchir des liens de nos iniquités. Par le même Jésus - Christ, notre Seigneur. Amen.
f.QnQ le secours divin demeure toujours avec nous.
[e Dimanche, le premier de ceux qui se rencontrent dans la sainte Quarantaine, est aussi Tun des plus solennels de l'année. Son privilège, qu'il partage avec le Dunanche de la Passion et celui des Rameaux, est de ne céder à aucune fête, pas même à celle du Patron, du Saint titulaire de l'Eglise, ou de la Dédicace. Sur les anciens Calendriers, il est appelé Invocabit. à cause du premier mot de rintroit de la Messe. Au moyen âge on le nommait le Dimanche des brandons, par suite d'un usage dont le motif ne semble pas avoir été toujours ni partout le même ; en certains lieux, les jeunes gens qui s'étaient trop laissé aller aux dissipations du carnaval devaient se présenter ce jour-là à l'église, une torche à la main, pour faire satisfaction publique de leurs excès.
146 Le Carême.
C'est aujourd'hui que le Carême apparaît dans toute sa solennité. On sait que les quatre jours qui précèdent ont été ajoutés assez tardivement, pour former le nombre de
Quarante jours de jeûne, et que, le Mercredi es Cendres, les tidèles n'ont pas l'obligation d'entendre la Messe. La sainte Eglise, voyant ses enfants rassemblés, leur adresse la parole, à l'Office des Matines, en se servant de l'éloquent et majestueux langage de saint Léon le Grand : « Très chers ttls, leur « dit-elle, ayant à vous annoncer le jeûne «. sacré et solennel du Carême, puis-je mieux « commencer mon discours qu'en emprun\ tant les paroles de l'Apôtre en qui Jésus« Christ parlait, et en répétant ce qu'on « vient de vous lire : Voici maintenant le « temps favorable ; voici maintenant les jours du « salut ? Car encore qu'il "n'y ait point de « temps dans l'année oui ne soient signalés « par les bienfaits de Dieu, et que, par sa « grâce, nous ayons toujours accès auprès de « sa miséricorde ; néanmoins nous devons « en ce saint temps travailler avec plus de « zèle à notre avancement spirituel et nous « animer d'une nouvelle confiance. En effet, « le Carême, nous ramenant le jour sacré « dans lequel nous fûmes rachetés, nous in« vite à pratiquer tous les devoirs de la « piété, ann de nous disposer, par la purifi« cation de nos corps et de nos âmes, a célé« brcrles mystères sublimes de la Passion du « Seigneur.
« iTest vrai qu'un tel mystère mériterait « de notre part un respect et une dévotion « sans bornes, et que nous devrions toujours
Le Premier Dimanche de Carême. 14^
« être devant Dieu tels que nous voulons être « dans la fête de Pâques ; mais comme cette « constance n'est pas le fait du grand nomce bre ; que la faiblesse de la chair nous « oblige à relâcher l'austérité du jeûne, et « que les diverses occupations de cette vie « divisent et partagent nos sollicitudes : il « arrive que les cœurs religieux sont sujets « à contracter quelque peu de la poussière « de ce monde. C'est donc avec une grande « utilité pour nous qu'a été établie cette ins« titution divine qui nous donne quarante « jours pour recouvrer la pureté de nos « âmes, en rachetant par la sainteté de nos « œuvres et par le mérite de nos jeûnes les « fautes des autres temps de l'année.
« A notre entrée, mes très chers hls, en « ces jours mystérieux qui ont été saintement « institués pour la puriùcation de nos âmes « et de nos corps, ayons soin d'obéir au com« mandement de l'Apôtre, en nous affran« chissant de tout ce qui peut souiller la « chair et l'esprit, afin que le jeûne répri« mant cette lutte qui existe entre les deux « parties de nous-mêmes, l'âme recouvre la « dignité de son empire, étant elle-même « soumise à Dieu et se laissant gouverner « par lui. Ne donnons à personne l'occasion « de se plaindre de nous : ne nous exposons « point au juste blâme de ceux qui veulent « trouver à redire. Car les infidèles auraient « sujet de nous condamner, et nous arme« rions nous-mêmes, par notre faute, leurs « langues impies contre la religion, si la « pureté de notre vie ne répondait pas à la « sainteté du jeûne que nous avons embrassé.
14^^' Le Carême.
« Il ne faut donc pas s'imaginer que toute « la perfection de notre jeûne consiste dans « la seule abstinence des mets ; car ce serait « en vain que l'on retrancherait au corps « une partie de sa nourriture, si en même « temps on n'éloignait pas son âme de l'ini« qiaité. »
Chacun des Dimanches du Carême oftre pour objet principal une lecture des saints Evangiles, destinée à initier les lîdèlcs aux sentiments que l'Eglise veut leur inspirer dans la journée. Aujourd'hui, elle nous donne à méditer la tentation de Jésus-Christ au désert. Rien de plus propre à nous éclairer et à nous fortifier que l'important récit qui nous est mis sous les yeux.
Nous confessons que nous sommes pécheurs, nous sommes en voie d'expier les péchés que nous avons commis ; mais comment sommes-nous tombés dans le mal ? Le démon nous a tentés ; nous n'avons pas repoussé la tentation. Bientôt nous avons cédé à la suggestion de notre adversaire, et le mal a été commis. Telle est notre histoire dans le passé, et telle elle serait dans l'avenir, si nous ne profitions pas de la leçon que nous donne aujourd'hui le Rédempteur.
Ce n'est pas sans raison que l'Apôtre, nous exposant l'ineffable miséricorde de ce divin consolateur des hommes, qui a daigné s'assimiler en toutes choses à ses frères, insiste sur les tentations qu'il a daigné souffrir •. Cette marque d'un dévouement sans bornes ne nous a pas manqué ; et nous contemplons
I. Hebr. iv, i5.
Le Premier Dimanche de Carême. 14g
aujourd'hui Tadorable patience du Saint des Saints, qui ne répugne pas à laisser approcher de lui ce hideux ennemi de tout bien, afin de nous apprendre comment il en faut triompher.
Satan a vu avec inquiétude la sainteté incomparable qui brille en Jésus. Les merveilles qui accompagnèrent sa naissance, ces bergers convoqués par des Anges à la crèche"^ ces mages venus de l'Orient «ous la conduite d'une étoile; cette protection qui a soustrait l'enfant à la fureur d'Hérode ; le témoignage qu'a rendu Jean-Baptiste au nouveau "^prophète : tout cet ensemble de faits qui contrastent si étrangement avec l'humilité et l'obscurité qui ont'semblé couvrir d'une apparence vulgaire les trente premières années du Nazaréen, excite les craintes du serpent infernal. L'ineffable mystère de l'incarnation s'est accompli loin de ses regards sacrilèges; il ignore que Marie toujours vierge est celle que la prophétie d'Isaïe annonçait comme devant enfanter l'Emmanuel 1 ; mais il sait que les temps sont venus, que la dernière semaine de Daniel a ouvert son cours, que le monde païen lui-même attend de la Judée un libérateur. Dans son anxiété, il ose aborder Jésus, espérant tirer de sa bouche quelque parole dont il pourra conclure qu'il est ou qu'il n'est pas le Fils de Dieu, ou du moins l'induire à quelque faiblesse qui fera voir que l'objet de tant de terreurs pour lui n'est qu'un homme mortel et pécheur. ■
L'ennemi de Dieu et des hommes devait être déçu dans son attente. Il approche du Rédempteur; mais tousses efforts ne tournent qu'à sa confusion. Avec la simplicité et la majesté du juste, Jésus repousse toutes les attaques de Satan ; mais il ne révèle pas sa céleste origine. L'ange pervers se retire sans avoir pu reconnaître autre chose en Jésus qu'un prophète fidèle au Seigneur. Bientôt, lorsqu il verra les mépris, les calomnies, les persécutions s'accumuler sur la tète du Fils de l'homme, quand ses efforts pour le perdre sembleront réussir si aisément, il s'aveuglera de plus en plus dans son orgueil; et ce n'est qu'au moment où Jésus, rassasié d'opprobres et de souffrances, expirera sur la Croix, qu'il sentira enfin que sa victime n'est pas un homme, mais un Dieu, et que toutes les fureurs qu'il a conjurées contre le Juste n'ont servi qu'à manifester le dernier effort de la miséricorde qui sauve le genre humain, et de la justice qui brise à jamais la puissance de l'enfer.
Tel est le plan de la Providence divine, en permettant que l'esprit du mal ose souiller de sa présence la retraite de l'Homme-Dieu, lui adresser la parole et porter sur lui ses mains impies; mais étudions les circonstances de cette triple tentation que Jésus ne subit que pour nous instruire et nous encourager.
Nous avons trois sortes d'ennemis à combattre, et notre âme est vulnérable par trois cotés; car, comme parle le bien-aimé Disciple : « Tout ce qui est dans le monde est « concupiscence de la chair, c&ncupiscence
Le Premier Dimanche de Carême. 1 5 1
« des yeux et orgueil de la vie i. » Par la concupiscence de la chair, il faut entendre l'amour des sens qui convoite tout ce qui flatte la chair, et entraîne Tàme, s'il n'est pas contenu, dans les voluptés illicites. La concupiscence des yeux signifie l'amour des biens de ce monde, des richesses, de la fortune, qui brillent à nos regards avant de séduire notre cœur. Enfin Vorgueil de la vie est cette confiance en nous-mêmes qui nous rend vains et présomptueux, et nous fait oublier que nous tenons de Dieu la vie et les dons qu'il a daigné répandre sur nous.
Il n'est pas un seul de nos péchés qui ne provienne de l'une de ces trois sources, pas une de nos tentations qui n'ait pour but de nous faire accepter la concupiscence de la chair, ou la concupiscence des yeux, ou Vorgueil de la vie. Le Sauveur, notre modèle en toutes^ choses, devait donc s'assujettir à ces trois épreuves.
Satan le tente d'abord dans la chair, en lui suggérant la pensée d'employer son pouvoir surnaturel à soulager sans 'délai la faim 3ui le presse. Dites que ces pierres deviennent es pains : tel est le conseil que le démon adresse au Fils de Dieu. Il veut voir si l'empressement de Jésus à donner satisfaction à son corps ne dénotera pas un homme faible et sujet à la convoitise. Lorsqu'il s'adresse à nous, tristes héritiers de la concupiscence d'Adam, ses suggestions vont plus avant : il aspire à souiller l'àme par le corps ; mais la souveraine sainteté du Verbe incarné ne
pouvait permettre que Satan osât faire un tel essai du pouvoir qu'il a reçu de tenter l'homme dans ses sens. C'est donc une leçon de tempérance que nous donne le Fils de Dieu ; mais nous savons que pour nous la tempérance est mère de la pureté , et que l'intempérance soulève la révolte des sens.
La seconde tentation est celle de l'orgueil. Jete^-vous en bas; les Anges vous recevront dans leurs mains. L'ennemi veut voir si les faveurs du ciel ont produit dans l'âme de Jésus cet élèvement, cette ingrate confiance qui fait que la créature s'aVtribue à ellemême les dons de Dieu, et oublie son bienfaiteur pour régner en sa place. Il est déçu encore, et l'humilité du Rédempteur épouvante l'orgueil de l'ange rebelle.
11 fait alors un dernier effort. Peut-être, pense-t-il, l'ambition de la richesse séduira celui qui s'est montré si tempérant et si humble. Voici tous les royaumes du monde dans leur éclat et leur gloire ; je puis vous les livrer ; seulement, adore:^-moi. Jésus repousse cette offre méprisable avec dédain, et chasse de sa présence le séducteur maudit, \q prince du monde, nous apprenant par cet exemple à dédaigner les richesses de la terre toutes les fois que, pour les conserver ou les acquérir, il faudrait violer la loi de Dieu et rendre hommage à Satan.
Or, comment le Rédempteur, notre divin chef, repousse-t-il la tentation ? Ecoute-t-il les discours de son ennemi ? Lui laisse-t-il le temps de faire briller à ses yeux tous ses prestiges? C'est ainsi que trop souvent nous
Le Premier Dimanche de Carême. 1 53
avons fait nous-mêmes, et nous avons été vaincus. Jésus se contente d'opposer à l'ennemi le bouclier de l'inflexible Loi de Dieu. // est écrit, lui dit-il : L'homme yie vit pas seulement de pain. Il est écrit : Vous ne tenter^f point le Seigneur votre Dieu. Il est écrit : Vous adorere^ le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul. Suivons désormais cette grande leçon. Eve se perdit, et avec elle le genre humain, pour avoir lié entretien avec'le serpent. Qui ménage la tentation y succombera. Dans ces saints jours, le cœur est plus attentif, les occasions sont éloignées, les habitudes sont interrompues; purifiées par le jeûne, la prière et l'aumône, nos âmes ressusciteront avec Jésus-Christ ; mais conserveront-elles cette nouvelle vie ? Tout dépendra de notre attitude dans les tentations. Dès le début de la sainte Quarantaine, l'Eglise, en mettant sous nos yeux le récit du saint Evangile, veut joindre l'exemple au précepte. Si nous sommes attentifs et fidèles, la leçon fructifiera en nous; et lorsque nous aurons atteint la fête de Pâques, la vigilance, la défiance de nousmêmes, la prière, avec le secours divin qui ne manque jamais, assureront notre persévérance.
L'Eglise grecque célèbre aujourd'hui une de ses^plus grandes solennités. Cette fête est appelée ïOrthodoxie, et a pour but dhonorer le rétablissement des saintes Images à Constantinople et dans l'empire d'Orient, en 842, lorsque l'impératrice Théodora, avec le secours du saint patriarche Méthodius, mit
i54 Le Premier Dimanche de Carême.
fin à l'affreuse persécution des iconoclastes, et fit replacer dans toutes les églises les effigies sacrées que la fureur des hérétiques en avait fait disparaître,-
LA Station, à Rome, est dans la Basilique patriarcale de Saint-Jean-de-Latran. Il était juste qu'un Dimanche aussi solennel fût célébré dans l'Eglise Mère et Maîtresse de toutes les Eglises, non seulement de la ville sainte, mats du monde entier. C'est là que les Pénitents publics étaient réconciliés le Jeudi saint; là aussi, dans le Baptistère de Constantin, que les Catéchumènes recevaient le saint Baptême, dans la nuit de Pâques; nulle autre Basilique ne convenait autant pour la réunion des fidèles, en ce jour où le jeûne quadragésimal fût promulgué tant de fois par la voix des Léon et des Grégoire.
L'Introït est tiré du Psaume xc», oui forme à lui seul la matière de tous les chants de cette Messe. Nous avons parlé déjà de l'appropriation que l'Eglise a faite de ce beau cantique, à la situation du chrétien durant le Carême. Tout nous y entretient de l'espérance que l'âme chrétienne doit concevoir dans le secours divin, en ces jours où elle a résolu de se livrer tout entière à la prière et à la lutte contre les ennemis de Dieu et d'ellemême. Le Seigneur lui promet, dans l'Introït, que sa confiance ne sera pas vaine.
A la Messe.
i55
IL m'invoquera, et je l'exaucerai : je le délivrerai et je le glorifierai : je le rassasierai de longs jours.
Ps. Celui qui habite dans l'asile du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel. Gloire au Père. Il m'invoquera.
Dans la Collecte, l'Eglise recommande à Dieu tous ses enfants, et demande que leur jeûne non seulement les puritie, mais obtienne d'en haut ce secours puissant qui les rendra féconds en bonnes œuvres pour leur salut.
INVOC.A.BIT me. et ego exaudiam eum : eripiam eum et glorificabo eum : longitudine dierum adimplebo eum.
Ps. Qui habitat in adjutorio Altissimi : in protectione Dei cœli commorabitur. Gloria Patri. Invocabit me.
ODlEU ! qui purifiez chaque année votre Eglise Ear la pratique du Carême : îites que vos serviteurs accomplissent par leurs bonnes œuvres le bien qu'ils s'efforcent de mériter par leur abstinence. Par JésusChrist notre Seigneur. A- men.
DEUS, qui Ecclesiam tuam annua quadragesimali observatione purificas ; prœsta familias tuae. ut quod a te obtinere abstinendo nititur. hoc bonis operibus exsequatur. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
L'Eglise ajoute ensuite les d'eux Oraisons suivantes pour les besoins généraux des fidèles et de la société chrétienne.
PRÉSERVEZ-NOUS, s'il VOUS A CUNCTIS nos. quseplaît. Seigneur, de tous ^ sumus Domine , les périls de l'âme et du mentis et corporis de'56 Le Premier Dimanche de Carême.
fende periculis : et intercedeote beata etgloriosa 8empcr virgine Dei Génitrice Maria, cum beato Joseph, bcatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque beato N. et omnibus Sanctis , salutem nobis tribue benignus et pacem ; ut destructis adversitatibus et erronbus universis, Ecclesia tua secura tibi serviat libertate.
corps, et, vous laissant fléchir par l'intercession de la bienheureuse et glorieuse Mère de Dieu Marie toujours vierge, du bienheureux Joseph, de vos bienheureux Apôtres Pierre et Paul, du bienheureux N. (on nomme ici le Patron de l'église), et de tous les Saints, accordez-nous dans votre bonté le salut et la paix, afin que toutes les erreurs et les adversités étant écartées, votre Eglise vous serve dans une liberté tranquille.
OMNIPOTENS sempiterne Deus,qui vivorum dominaris simul et mortuorum, omniumque misereris quos tuos fide et opère futures esse prx-- noscis : te supplices exoramus , ut pro ciuibus effundere preces uccrevimus, quosque vel praesens saeculum adhuc in carne retinet, vel futurum jam exutos corpore suscepit, intercedentibus omnibus Sancfis tuis, pietntis tuae clementia, omnium delictorum suorum veniam consequantur. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
DIEU tout-puissant et éternel, qui régnez sur les vivants et sur les morts, et qui répandez votre miséricorde sur tous ceux que vous savez devoir se donner à vous par la foi et par les œuvres : nous vous supplions d'accorder dans votre bonté et votre clémence, et par l'intercession de tous vos Saints, le pardon des péchés à ceux pour qui nous allons répandre devant vous nos prières, soit que le siècle présent les retienne encore dans la chair, soit que, ayant déposé leurs corps, ils soient déjà entrés dans le siècle futur. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
.-1 la Messe.
Lecture de l'Epitre du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens. II. Chap. vi.
MES Frères, nous vous exhortons de ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu : car il est dit : Je t'ai exaucé au temps favorable, et je t'ai aidé au jour du salut. Voici maintenant ce temps favorable ; voici maintenant les jours du salut. Prenons garde de ne blesser personne, afin que notre ministère ne soit point un sujet de blâme ; mais agissons en toutes choses comme des serviteurs de Dieu, et avec une grande patience dans les tribulations, dans les nécessités, dans les angoisses, sous les coups. dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles , dans les jeûnes ; par la chasïeté, par la science, par la longanimité, par la douceur, par le Saint-Esprit, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la force de Dieu, par les armes de la justice dont nous combattons adroite et à gauche : dans l'honneur et dans l'ignominie, dans la bonne et la mauvaise renommée ; comme des séducteurs, quoique sincères et véritables ; comme des inconnus, quoique très connus ;
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Corinthios. II. Cap. vi.
FRATRES, Exhortamur vos, ne in vacuum gratiam Dei recipiatis. Ait enim : Tempore accepte exaudivi te, et in die salutis adjuvi te. Ecce nunc tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis. Nemini dantes ullam offensionem, ut non vituperetur ministerium nostrum : sed in omnibus exhibeamus
nosmetipsos sicut Dei ministres, in multa patientia, in tribulationibus, in necessitatibus, in angustiis, in plagis, in carceribus, in seditionibus, in laboribus, in vigiliis, in jejuniis, in castitate, in scientia, in longanimitate, in suavitate, in Spiritu Sancto, in charitate non ficta, in verbo veritatis, in virtute Dei, per arma justitiae a dextris et a sinistris, per gloriam et ignobilitatem. per infamiam et bonam famam : ut seductores, et veraces : sicut qui ignoti, et cogniti ; quasi morientes, et ecce vivimus : ut castigati, et non mortificati :
i58 Le Premier Dimanche de Carême.
quasi tristes, semper autem gaudentes : sicut egentes, multos autetn locupletantes : tamqiiam nihil habentes, et omnia possidentes.
comme toujours à la mort, et vivant néanmoins ; comme châtiés, mais non jusqu'à en mourir ; comme tristes, et cependant sans cesse dans la joie ; comme pauvres, et toutefois enrichissant plusieurs; comme n'ayant rien, et possédant tout.
E passage cfe l'Apôtre nous montre la vie chrétienne s<3us un aspect bien différent de celui sous lequel l'envisage ordinairement notre mollesse. Pour en éviter la portée, nous serions aisément disposés à penser que de tels conseils convenaient au premier âge de l'Eglise, où les fidèles, sans cesse exposes à la persécution et à la mort, avaient besoin d'un degré particulier de renoncement et d'héroïsme. Cependant ce serait une grande illusion de croire que tous les combats du chrétien sont finis. Reste toujours la lutte avec les démons, avec le monde, avec la chair et le sang; et c'est pour cela que l'Eglise nous envoie au désert avec JésusChrist pour y apprendre à combattre. C'est là que nous comprendrons que la vie de l'homme sur la terre est une milice ', et que si nous ne luttons pas courageusement et toujours, cette vie que nous voudrions passer dans le repos finira par notre défaite. C'est pour nous faire éviter ce malheur que l'Eglise nous dit aujourd'hui, par l'organe de l'Apotrc : (( Voici maintenant le temps favo« rable; voici maintenant les jours du salut. »
A la Messe.
i5g
Agissons donc en toutes choses (c comme des serviteurs de Dieu » ; et tenons ferme jusqu'à la tin de cette sainte carrière. Dieu veille sur nous, comme il a veillé sur son Fils au désert.
Le Graduel nous assure de la protection des saints Anges, dont la sollicitude ne nous abandonne ni le jour ni la nuit. Durant le Carême, ils redoublent d'efforts contre nos ennemis, et se réjouissent de voir le pécheur accepter entin la pénitence qui doit le sauver.
Le Trait se compose du Psaume xc«, auquel sont empruntés le Graduel, l'Introït et les autres cantiques de cette Messe. Que notre cœur se rassure donc : tout nous parle de la bonté de Dieu et de sa vigilance paternelle sur des enfants ingrats dont il veut faire ses amis tidèles et les cohéritiers de son royaume.
LE Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.
f. Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
ANGELis suis Deus mandavit de te, ut
custodiant te in omnibus viis tuis.
f. In manibus portabunt te , ne unquam offendas ad lapidem pedem tuum.
^ /^ ELUi qui habite dans '* ^ l'asile du TrèsHaut, demeurera sous la protection du Dieu du ciel. "f. Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge ! Il est mon Dieu, j'espérerai en lui.
fQ
ui habitat in adjutorio Altissimi, in protectione Dei cœli commorabitur. "f. Dicet Domino : Susceptor meus es tu, et refugium meum ; Deus meus, sperabo 'in eum.
ifjo Le Premier Dimanche de Carême.
^. Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium, et a verbo aspero.
f. Scapulis suis obumbrabit tibi. et sub pennis ejus sperabis.
j^. Scuto circumdabit te Veritas ejus : non timebis a timoré nocturno.
f. A sagitta volante per diem, a negotio perambulante in tenebris, a ruina et daemonio meridiano.
Hf. Cadent a latere luo mille, et decem millia a dextris tuis : tibi autem non appropinquabit.
j^. Quoniam Angclis suis mandavit de te, ut custodiant te in omnibus viis tuis.
j^. In manibus portabunt te, ne unquam o^ • fendas ad lapidem pedem tuum.
f. Super aspidem et basiliscum ambulabis, et conculcabis leonem et draconem.
f. Quoniam in me speravit, liberabo eum : protegam eum, quoniam cognovit Nomen meum.
t. Invocabitme, et ego exaudiam eum : cum ipso sum in iribulatione.
S' Eripiam eum et glorificaboeum :longitudine dierum adimplebo eum,
f. Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs, et des paroles fâcheuses.
f. Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes.
Ht. Sa vérité sera ton bouclier : tu ne craindras ni les alarmes de la nuit,
j^. Ni la flèche qui vole pendant le jour, m la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démcn du midi.
j^. Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite ; mais la mort n'approchera pas de toi.
j^. Car le Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.
f. Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
f. Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
'p. Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai : je le protégerai parce qu'il a connu mon Nom.
f. Il m'invoquera, et je l'exaucerai : je suis avec lui dans la tribulation.
f. Je l'en retirerai et le glorifierai : je le rassasierai de longs jours, et je lui montreA la Messe.
lôr
rai le Sauveur que je lui ai préparé.
et ostendam illi Salutare meum.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
EN ce temps-là. Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour y être tenté par le diable. Et après avoir jeuné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Et le tentateur, s'approchant. lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, commande que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Alors le diable le transporta dans la ville sainte, et l'ayant posé sur le sommet du temple, lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il a commandé à ses Anges de prendre soin de toi ; ils te soutiendront de leurs mains, de peur que tu ne heurtes du pied contre la pierre. Jésus lui dit : Il est écrit aussi : Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu. Le diable le Transporta encore sur une montagne très élevée, et, lui montrant tous les royaumes du monde avec leur pompe, il lui dit : Je te donnerai tout cela, si tu veux te prosterner devant moi et
Sequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. iv.
IN illo tempore : Ductus est Jésus in desertum a Spiritu. ut tentaretur a diabolo. Et, cumjejunasset quadraginta diebus et quadraginta noctibus, postea esuriit. Et accedens tentator, dixit ei : Si Filius Dei es, die ut lapides isti panes fiant. Qui respondens. dixit : Scriptum est : Non in solo pane vivit home, sed in omni verbo, quod procedit de ore Dei. "Tune assumpsit eum diabolusia sanctam civitatem. et statuit eum super pinnaculum templi. et dixit ei : Si Filius Dei es, mitte te deorsum. Scriptum est enim : Quia Angelis suis mandavit de te, et in manibus toUent te, ne forte offendas ad lapidem pedem tuum.Ait illi Jésus • Rursum scriptum est : Non tentabis Dominum Deum tuum. Iterum assumpsit eum diabolus in montera excelsum valde : et ostenditei omnia regnî. mundi. et gloriam eorum, et dixit ei : Haec omni?
102 Le Premier Dimanche de Carême.
m'adorer. Alors Jésus lui dit : Arrière ! Satan ; car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul. Alors le diable le laissa, et aussitôt les Anges s'approchèrent de lui, et le servaient.
tibi dabo, si cadens adoraveris me. Tune dicit ei Jésus : Vade Satana : scriptum est enim : Dominum Deum tuum adorabis, et illi soli servies. Tune reliquit eum diabolus : et eccc Angeli accesserunt, et ministrabant ei.
ADMIRONS l'ineffable bonté du Fils de Dieu qui. non content d'expier par la croix tous nos péchés, a daigné, pour nous encourager à la pénitence, s'imposer un jeûne de quarante jours et de quarante nuits. Il n'a pas voulu que la justice de son Père pût exiger de nous un sacrifice qu'il n'eût offert luimême le premier en sa personne, et toujours avec des circonstances mille fois plus rigoureuses que celles qui peuvent se rencontrer en nous. Que sont nos œuvres de pénitence, si souvent encore disputées à la justice de Dieu par notre lâcheté, si nous les comparons à la rigueur de ce jeûne du Sauveur sur la montagne ? Chercherons-nous encore à nous dispenser de ces légères satisfactions dont le Seigneur daigne se" contenter, et qui sont si loin de ce qu'ont mérité nos fautes ? Au lieu de plaindre une légère incommodité, une fatigue de quelques jours, compatissons plutôt à ce tourment de la faim qu'éprouve notre Rédempteur innocent, durant ces longs jours et ces longues nuits du désert.
La prière, le dévouement pour nous, la pensée des justices de son Père le soutiennent dans ses défaillances; mais, à l'expiration de la quarantaine, la nature humaine
A 1.1 Messe. i63
est aux abois. C'est alors que la tentation vient l'assaillir ; mais il en triomphe avec un calme et une fermeté qui doivent nous servir d'exemple. Quelle audace chez Satan d'oser approcher du Juste par excellence ! mais aussi quelle patience en Jésus ! Il daigne souffrir que le monstre de l'abîme mette la main sur lui, qu'il le transporte par les airs d'un lieu à un autre. L'âme chrétienne est souvent exposée à de cruelles insultes de la part de son ennemi ; quelquefois même, elle serait tentée de se plaindre à Dieu de l'humiliation qu'elle souffre. Qu'elle songe alors à Jésus, le Saint des Saints, donné, pour ainsi dire, en proie à l'esgrit d\i mal. Il n'en est pas moins le Fils de ieu, le vainqueur de l'enfer ; et Satan n'aura recueilli qu'une honteuse défaite. De même, l'àrne chrétienne, sous l'effort de la tentation, si elle résiste de toute son énergie, n'en reste pas moins l'objet des plus tendres complaisances de Dieu, à la honte et au châtiment éternel de Satan. Unissons-nous aux Anges fidèles qui, après le départ du prince des ténèbres, s'empressent de réparer les forces épuisées du Rédempteur, en lui présentant de la nourriture. Comme ils compatissent à ses divines fatigues ! Comme ils réparent, dans leurs adorations, l'horrible outrage dont Satan vient de se rendre co"upable envers le souverain Maître de toutes choses ! Comme ils admirent cette charité d'un Dieu qui, dans son amour pour les hommes, semble avoir oublié jusqu'à sa dignité, pour ne plus songer qu'aux malheurs et aux besoins des enfants d'Adam !
/ 64 Le Premier Dimanche de Carême.
Dans l'Offertoire, l'Eglise, empruntant toujours les paroles de David, nous montre le Seigneur couvrant d'une protection spéciale le troupeau tidèle, et l'armant contre toute attaque de ce bouclier invincible que nous offre la/o/ '.
obumbraLE Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes : sa vérité sera ton bouclier.
bit tibi Dominus, et subpennis ejus sperabis : scutocircumdabit te Veritas ejus.
Le Carême ne consiste pas seulement dans le jeûne ; il ne sera efficace pour la réforme de notre âme que si nous y joignons la fuite des occasions nuisibles, qui détruiraient en un instant l'œuvre de la grâce divine. C'est pourquoi l'PZglise demande pour nous, dans la Secrète, un secours particulier à cet effet.
SACRIFICIIJM quadrngesimalis initii solcmniter immolamus , te , Domine, deprecantcs : ut cum epularum restriclionc carnalium, a noxiis quoque voluptatibus tempcremus. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
SEIGNEUR, nous immolons solennellement ce Sacrifice, à l'ouverture du Carême, vous suppliant de faire que, restreignant la nourriture de nos corps, nous nous abstenions aussi des plaisirs dangereux. Par Jésus-Christ notre Seigneur, Amen.
EXAUDI nos, Deus salutaris noster : ut pe
AUCEZ-NOUS , ô Dieu notre Sauveur ! et par la
A la Aï esse.
vertu de ce Sacrement, défendez-nous de tous les ennemis de l'àme et du corps , nous accordant votre grâce en cette vie. et votre gloire en l'autre.
hujus Sacramenti virtutem, a cunctis nos mentis et corporis hostibus tuearis, gratiam tribuens in prsesenti, et gloriam in futuro.
ODiEU , qui seul connaissez le nombre des élus à qui vous devez donner place dans la céleste béatitude, accordez, par l'intercession de tous vos Saints, que les noms de tous ceux que nous avons résolu de vous recommander dans notre prière, ainsi que les noms de tous les fidèles, demeurent écrits dans le livre de la bienheureuse prédestination. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
EUS, cui son cognitus est numerus electorum in superna felicitate locandus : tribue quassumus, ut intercedentibus omnibus Sanctis tuis , universorum quos in oratione commendatos suscepimus, et omnium fidelium nomina. beatœ prœJestinationis liber adscripta retineat. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
Afin d'inculquer plus fortement encore la confiance dans nos âmes, la sainte Eglise répète dans l'Antienne de la Communion les paroles d'espérance qu'elle nous a proposées dans rOtfertoire. Le Sacrifice qui vient d'être offert nous est un nouveau gage de la bonté divine.
LE Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes : sa vérité sera ton bouclier.
SCAPULis suis obumbrabit tibi Dominus, et sub pennis ejus sperabis : scuto circumdabit te Veritas ejus.
Dans la Postcommunion, l'Eglise nous apprend à regarder la sainte Eucharistie
comme le grand moyen d'accroître nos forces, en purifiant nos souillures. Que le pécheur se hâte donc de faire sa paix avec Dieu, et qu'il n'attende pas le festin de la Pâquc pour faire l'essai de l'aliment divin qui nous sauve de la divine justice, en nous incorporant l'auteur même du salut.
TUI nos, Domine, Sac r a m e n t i libatio sancta restaurer : et a vetustate purgatos , in mysterii salutaris faciat transite consortium. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
QUE la participation sainte à votre Sacrement, Seigneur, rétablisse nos forces : qu'elle nous purifie du vieil homme, et qu'elle nous établisse dans la communion du mystère de notre salut. Par .Îésus-Christ notre Seigneur. Amen.
UNDExet muniat nos. quaesumus Domine, divini Sacramenti munus oblatum : et intcrcedcnte beata Virgine Dei Génitrice Maria, cum beato Joseph, beatis Apostolis tuis Petroet Paulo, atquc beato A^. et omnibus Sanctis , a cunctis nos reddat et perversitatibus expiâtes, et adversitatibus expeditos.
QUE l'oblation du divin Sacrifice nous purifie et nous protège, Seigneur, nous vous en supplions ; et , par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, du bienheureux Joseph, de vos bienheureux Apôtres Pierre et Paul, du bienheureux A^ {o>i nomme ici le Patron de l'é^lisc)^ et de tous les Saints, qu^elle soit pour nous l'expiation de tous nos péchés et la délivrance de toute adversité.
qusE-
* sumus omnipotens et mibcricors Deus, Sacra;EZ-NOtis , ù Dieu ■puissant et miséricordieux, par les Sacrements
tout.4 Vêpres.
que nous avons reçus , et faites, par l'intercession de tous vos Saints, que votre Sacrement ne soit pas en nous un crime digne de châtiment, mais une intercession puissante pour le pardon : qu'il efface nos péchés, qu'il soit notre force dans notre fragilité , et notre défense contre tous les dangers du monde; qu'il opère dans les fidèles vivants et défunts la rémission de toutes leurs fautes. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amèn.
menta quœ sumpsimus : et intercedentibus omnibus Sanctis tais, praesta ut hoc tuum Sacramentem non sit nobis reatus ad poenam. sed intercessio salutaris ad veniam : sit ablutio scelerum. sit fortitudo fragilium. sit contra omnia mundi pericula tirmamentum : sit vivorum atque mortuor-im fidelium remissio omnium delictorum. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
Les Psaumes se trouvent aux Vefes du Dimanche, ci-dessus, psiges 121 et suivantes.
horions de ne pas recevoir en
FRATRES. hortamur vos ne in vacuum gratiam Dei recipiatis. Ait enim : Tempore accepto exaudivi te, et in die salutis adjuvi te. Rj. Deo gratias.
Dieu, car il dit : Je t'ai exaucé au temps favorable, et je t'ai aidé au jour du salut.
Vf. Rendons grâces à Dieu.
L'Hymne et le Verset ci-dessus, pages 129.
.A.XT1ENNE DE MaffUlflCat.
VOICI maintenant favorable • voici
le temps maintenant les jours de salut : agissons donc en ces jours comme des serviteurs de Dieu, avec
ECCE nunc lempus acceptabile . ecce nunc dies salutis : in his ergo diebus exhibeamus nosmetipsos sicut Dei mit6S
Le Carême
nistros, in tnulta patientia, in jcjuniis, in vigiliis, et in charitate non ficta.
une grande patience dans les jeiàncs, dans les veilles, par une charité sincère.
DEUS, qui Ecclesiam tuam annua quadragesimali observatione purificas : praesta familiae tuae, ut quod a te obtinere abstinendo nititur, hoc bonis operibus exsequatur. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
ODiEU 1 qui purifiez chaque année votre Eglise par la pratique du Carême, faites que vos serviteurs accomplissent par leurs bonnes œuvres le bien qu'ils s'efforcent de mériter par r abstinence. Par JésusChrist ■ notre Seigneur ■ Amen.
Il arrive plus d'une fois, dans le cours du Carême, qu'une fête Double se rencontre le lundi ; dans ce cas, les Vêpres sont de la fête suivante, et l'on ne fait qu'une simple commémoration du Dimanche par l'Antienne de Magnificat et par l'Oraison ci-dessus.
Nous finirons la journée par ces deux belles Préfaces que nous empruntons, la première au Missel Mozarabe, et la seconde au Missel Ambrosien. Elles résument avec autant d'onction que d'éloquence les vérités que l'Eglise nous propose aujourd'hui.
(Illatio. Ftria VI Hebdom. IV QuadraVI Hebdom.
gesimce.)
DIGNUM et justum est : nos tibi gratias agere, a-terne om1L est juste et éauitable que nous vous rendions grâces. Dieu tout-puissant et éternel,
Le Premier Dhnatiche de Carême. i6g
par Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur, qui par le jeûne a obtenu sur le diable un glorieux triomphe, et a enseigné à ses soldats, par son exemple. Tart de combattre. Etant Dieu et le Seigneur de tous, il jeûna quarante jours et quarante nuit? , afin de montrer que , vrai Dieu, il avait pris la véritable nature de Thomme. et de réparer par son abstinence ce qu"Adam avait perdu par sa gourmandise. Le diable vient donc attaquer le fils de la Vierge . il ignare qu'il a affaire au Fils unique de Dieu. Dans sa ruse consommée, il espère séduire le second Adam par les artifices qui lui ont servi à renverser le premier, mais il est impuissant ; pas une de ses séductions ne réussit à tromper un si redoutable adversaire. Jésus jeûne quarante jours et quarante nuits ; et ensuite il éprouve la faim, lui qui durant quarante années nourrit d'un pain céleste une multitude innombrable. C'est lui qui. fort de sa propre puissance, a combattu avec le diable, prince des ténèbres, et qui l'ayant terrassé, a remporté avec honneur le trophée de la victoire jusque dans les cieux.
nipotens Deus. per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum. Qui gloriosum de diabolo triumphum jejunus obtinuit : et certandi formulam militibuspropriis suo exemple monstravit. Quadraginta igitur diebus et quadraginta noc-- tibus Deus et Dominus omnium jejunavit : ut et verum Deum et hominem suscepisse monstraret : et quod Adam per escam perdiderat. suo jejunio repararet. Aggreditur itaque diabolus Virginis filium : Dei quoque nesciens unigenitum. Et licet veternosa calliditate. eisdem machinis quibus Adam primum dejecerat. etiam secundum seducereobtineret: tamen hoc non valuit nec fortissimum bellatorem in ulla potuit omnino fraude subripere. 111e etenim quadraginta diebus vel noctibus jejunavit : et postea esuriit : qui quadraginta dudum annorum temporibus, innumeras pane cœlesti multitudines saginavit. Hic est qui virtute propria fretus, cum diabolo tenebrarura principe dimicavit : et eo prostrato victoriae trophaeum ad cœlosmagnince portavit.
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Le Caverne.
(Praefatio, Dominica I in Qiiadra^
VERE quia dignum et justum est, aequum et salutare, nos tibi semper et ubique gralias ay;ere. Domine sanctc. Pater omnipotens, œterne Deus, per Chri.stum Dominum nostrum, in quo jejunantiiim fides alitur, spes provehitur, caritas roboratLir. Ipsc enim est panis verus et viviis. qui est substantia .-eternitatis, et esca virtutis. Verbum enim tuum per quod facta sunt omnia, non solum humanarum mentium, sed ipsorum quoque panis est Angclorum. Hujus panis alimente .Moyses famulus luus quadraginta diebus, et noctibus, legem suscipiens, jejunavit : et a carnalibus cibis, ut tuœ suavitatis capacior esset, abstinuit. Unde nec famem corporis sensit, et terrenarum cstoblitus escarum : quia illum et gloria; tuœ clarificabat aspectus, et, influente Spiritu , Dei scrmo pascebat. Hune panem etiam nobis ministrare non desinas, quem ut indesincnter esuriamus hortaris.
IL est juste et digne, équitable et salutaire, de vous rendre grâces en tout tempa et en tous lieux, Seigneur saint. Père tout-puissant, Dieu éternel, par Jésus-Ciirist notre Seigneur, qui dans ce saint temps du jeiine nourrit la foi des fidèles, élève leur espérance et fortifie leur charité. C'est lui qui est le pain vivant et véritable, qui est l'aliment de l'éternité et la nourriture de la vertu. Votre Verbe, Seigneur, par qui tout a été Fait, est non seulement l'aliment des âmes humaines, mais le Pain des Anges mêmes. Fortifié de ce Pain, Moïse votre serviteur, lorsqu'il reçut la loi, jeûna quarante jours et quarante nuits : il s'abstint de la nourriture charnelle, afin d'être plus en état de savourer voire douceur. Il ne sentait pas la faim dans son corps, et il oubliait la nourriture terrestre, parce que la vue de votre gloire l'illuminait ; et que, par le souille de l'Esprit, la parole de Dieu le nourrissait. Ne cessez donc pas, Seigneur, de nous donner à nous aussi ce Pain pour lequel vous nous exhortez d'entretenii en nous une faim continuelle.
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HACUNE des fériés du Carême a sa Messe propre, au lieu cque, dans les fériés de TAvent. on répète simplement la Messe du Dimanche précédent. Cette richesse de la Liturgie dans la sainte Quarantaine nous aide puissamment à entrer dans la pensée de l'Eglise, en multipliant l'expression des sentiments qu'elle veut nous inspirer. Nous extrairons de chacune de ces Messes fériales la Collecte, qui est toujours la prière la plus solennelle, l'Epître, l'Evangile et l'Oraison qui se dit sur le peuple à la fin de la Messe. Cet ensemble renferme la plus solide instruction, et nous fait passer en revue tout ce que les saintes Ecritures contiennent de plus substantiel et de plus convenable au temps où nous sommes. A Rome, la Station est aujourd'hui dans l'Eglise de Saint-Pierre-aux-Liens. Bâtie au V* siècle par l'impératrice Eudoxie, femme de \'alentinien IIL elle garde avec honneur les chaînes du princedes Apôtres. Nous aurons occasion de parler encore de cette Basilique au i^r août, lorsque le Cycle nous ramènera la fête de saint Pierre délivré de prison.
CONVERTE nos, Deus salutaris noster : et ut nobis jejunium quadragesimale proficiat , mentes nostras cœlestibus instrue disciplinis. Per Dominum nostrum JesLim Christum. Amen.
ODiEU notre Sauveur, convertissez-nous ; et afin que le jeûne du Carême nous profite , éclairez nos âmes de vos célestes instructions. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Lectio Ezechielis Prophetas. Cap. xx.xiv.
H.EC dicit Dominus Deus : Ecce ego ipse requiram oves meas, et visitabo eas. Sicut visitât pastor gregem suum, in die quando fuerit in meJio oviumsuarumdissipatarum : sic visitabo oves meas, et liberabo eas de omnibus locis in quibus dispersas fuerant in die nubis et caliginis. Et educam eas de populis, et congregabo eas de terris, et inducam eas in terram suam, et pascam eas in montibus Israël, in rivis, et in cunctis sedibus" terrae. In pascuis uberrimis pascam eas, et in montibus excelsis Israël erunt pascua earum : ibi requiescent in herbis virentibus, et in pascuis pinguibus pascentur super mentes Israël. Ego pascam oves
Lecture du Prophète Ezéchiel. Chap. xxxiv.
VOICI ce que dit le Seigneur Dieu : Je rechercherai moi-même mes brebis, et je les visiterai. Comme un pasteur visite son troupeau pendant le jour, quand il est au milieu de ses brebis dispersées, ainsi je visiterai mes brebis, et je les délivrerai de tous les lieux où elles avaient été dispersées au jour plein de nuage et d'obscurité. Et je les retirerai du milieu des peuples, et je les rassemblerai de divers pays, et je les ramènerai dans leur propre terre, et je les ferai paître sur les montagnes d'Israël, au bord des ruisseaux et dans tous les lieux du pays. Je les mènerai paître dans les pâturages les plus fertiles ; les hautes montagnes d'Israël seront le lieu de leur pâture : c'est là qu'elles se reposeront sur l'herbe verdoyante , et elles paîtront les gras pâtuLe Lundi de la Prem. Sem. de Carême. ij3
meas : et ego eas accubare faciam, dicit Dominus Deus. Quod perierat. requiram. et quod abjectum erat, reducam, et quod confractum fuerat,alligabo,et quod infîrmum fuerat.consolidabo, et quod pingue et forte, custodiam : et pascam illas in judicio. dicit Dominus omnipotens.
rages des montagnes d'Israël. Je ferai moi-même paître mes brebis, et je les ferai reposer moi-même . dit le Seigneur Dieu. J'irai à la recherche de ce qui était perdu, je relèverai ce qui était tombé, je banderai tout membre brisé, je fortifierai tout ce qui était faible, je conserverai tout ce qui était resté gras et fort, et je les ferai paitre dans la justice, dit le Seigneur tout-puissant.
LE Seigneur nous apparaît ici sous les traits d'un Pasteur plein de tendresse pour ses brebis : c'est en effet ce qu'il est pour les hommes, en ces jours de miséricorde et de pardon. Une partie de son troupeau s'était égarée et dispersée, au milieu des ténèbres de ce monde ; mais Jésus n'a point oublié ses brebis. Il s'est mis en marche pour les aller chercher et les réunir. Il n'est point de désert si écarté, point de montagne si abrupte, point de hallier si épineux, qu'il ne visite pour les retrouver. Il fait entendre à toutes sa voix par celle de la sainte Eglise qui les convie au retour ; et dans la crainte qu'elles ne se troublent à cause de leurs égarements, et qu'elles ne soient inquiètes de reparaître devant lui. il daigne les rassurer. Qu'elles reviennent seulernent, qu'elles se laissent trouver ; et les plus doux pâturages sont pour elles, au bord des eaux, sur l'îierbe la plus verdoyante, sur des montagnes pleines de délices. Elles sont blessées, le divin Pasteur bandera leurs plaies ; elles sont faibles,
il les rendra fortes. Il les réunira aux brebis fidèles qui ne l'avaient pas quitté, et il demeurera toujours avec elles. Que le pécheur se laisse donc enfin fléchir à la vue de tant de bonté, et qu'il ne craigne plus les efforts qu'il lui faut faire pour se rapprocher du Seigneur son Dieu. Le retour lui semble pénible, l'expiation effraie sa faiblesse ; qu'il se rappelle les jours où il habitait dans la sécurité du bercail, sous l'œil du plus tendre Pasteur ; ces jours peuvent renaître pour lui. La porte de la bergerie est ouverte ; de nombreuses brebis, naguère égarées, s'y précipitent remplies de joie et de confiance ; qu'il les suive et qu'il se rappelle « qvi'il y a plus « de joie dans le ciel pour un seul pécheur « qui fait pénitence, que pour quatre-vingt« dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de péniSequentia sancti Evangelii, sccundum Matthaîum. Cap. xxv.
IN illo tempore : Dixit Jésus discipulis suis : Cum venerit Filius hominis in majestate sua, et omnes Angeli cum eo, tune sedebit super sedem majestatis suae : et congregabuntur ante eum omnes gentes, et separabit eos ab invicem, sicut pastor segregat oves ab hœdis : et statuet oves
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. xxv.
EN ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Quand le Fils de l'homme viendra dans sa majesté, et tous ses Anges avec lui, alors il s'assiéra sur le trône de sa majesté. Et toutes les nations seront rassemblées devant lui , et il séparera les uns d'avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d'avec les boucs. Et il placera
Le Lundi de la Prem. Sem. de Carême, i -5
les brebis à sa droite, les boucs à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père ; possédez le royaume prépare pour vous dès l'origine du monde. Csr j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger : j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire : j'étais sans asile, et vous m'avez recueilli: nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu ayant faim, et que nous vous avons rassasié ; ayant soif, et que nous vous avons donné à boire ? Quand est-ce que nous vous avons vu sans asile, et que nous vous avons recueilli ; nu, et que nous vous avons vêtu ? Et quand est-ce que nous vous avons vu malade, ou en prison, et que nous sommes venus à vous ? Et le Roi leur répondra ; En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait au moindre de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. Il dira ensuite à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, et allez au feu éternel, préparé pour le diable et ses anges ; car j'ai eu faim, et vous ne m'avez point donné à manger ; j'ai eu soi».
quidem a dextris suis, hœdos autem a sinistris. Tune dicet Rex his qui a dextris ejus erunt : \'enite, benedicti Patris mei, possideîe paratum vobis regnum a constitutione mundi. Esurivi enim, et dedistis mihi nianducare : sitivi, et dedistis mihi bibere : hospes eram, et collegisiis me : nudus, et cooperuistis me : infîrmus. et visitastis me : in carcere eram, et venistis ad me. Tune respondebunt ei justi. dicentes : Domine, quando te vidimus esurientem, et pavimus te ? sitientem. et dedimus tibi potum ? Quando autem te vidimus hospitem, et coUegiraus te ? aut nudum, et cooperuimus te ? aut quando te vidimus infirmum. aut in carcere, et venimus ad te ? Et respondens Rex, dicet illis : Amen dico vobis, quamdiu fecistis uni ex his fratribus meis minimis, mihi fecistis. Tune dicet et his. qui a sinistris erunt : Discedite a me, maledicti, in ignem œternum. qui paratus est diabolo et angelis ejus. E- surivi enim, et non dedistis mihi manducare : sitivi, et ncn dcdistii
lyô
mihi potura: hospeseram, et non collegistis me : nudus, et non cooperuistis me : infirmus, et in carceie. et non visitastis me. Tune respondebunt ei et ipsi, dicentes : Domine, quando te vidimus esurientem, aut siticntem, aut hospitem, aut nudum, aut infirmum , aut in carccre, et non m inis t ra vi mus tibi? Tune respondebit illis, dicens : Amen dico vobis, quamdiu non fecistis uni de minoribus his, nec mihi fecistis. Et ibunt hi in supplicium aeternum : justi autem in vitam jeternam.
et vous ne m'avez point donné à boire ; j'étais sans asile, et vous ne m'avez point recueilli ; nu, et vous ne m'avez point vêtu ; malade, en prison, et vous ne m'avez point visité. Alors eux aussi lui diront : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu ayant faim, ou soif, ou sans asile, ou nu, ou malade, ou en prison, et que nous ne vous avons point assisté ? Mais il leur répondra : En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. Et ceux-ci s'en iront au supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle.
TOUT à l'heure, un Prophète de l'Ancien Testament nous invitait de la part de Dieu à répondre aux avances du Pasteur de nos âmes ; le Seigneur épuisait tous les moyens de sa tendresse pour faire naître dans le cœur de ses brebis égarées le désir de se rallier autour de lui ; et voici que la sainte Eglise, le même jour où elle nous a montré ce grand Dieu sous les traits d'un Pasteur si compatissant, nous le découvre sous l'aspect terrible d'un juge que rien ne saurait fléchir. Comment le caractère si débonnaire de notre Sauveur, du charitable médecin de nos âmes, s'est-il ainsi transformé ? « Retirez-vous de « moi, maudits; allez au feu éternel! » et c'est dans l'Fivangile même, dans le code de la loi de l'amour, que l'Eglise a trouvé ce
Le Lundi de la Prem. Sem. de Carême.
formidable récit. Cependant, pécheur, ne vous y trompez pas ; lisez attentivement, et vous reconnaîtrez avec épouvante en celui
âui prononce cet affreux anathème, le même àeu dont le Prophète vous a décrit la miséricorde, la patience, le zèle pour toutes ses brebis. Sur son tribunal, il porte encore les traits d'un Pasteur : voyez, il sépare les brebis des boucs ; il place les unes à sa droite, les autres à sa gauche ; c'est toujours d'un troupeau qu'il s'agit. Le Fils de Dieu veut remplir la charge d"e berger jusqu'au dernier jour. Mais les conditions sont changées ; il n'y a plus de temps, l'éternité ouvre ses profondeurs ; le règne de la justice commence : justice qui accorde aux amis de Dieu la récompense promise ; justice qui précipite le pécheur impénitent dans l'abîme sans fond. Il serait trop tard alors de songer à la pénitence ; elle n'a lieu que dans le temps, et le temps n'est plus. Comment le chrétien cjui sait que nous devons tous nous trouver reunis au pied de ce tribunal, hésite-t-il à se rendre aux invitations de l'Eglise qui le presse de satisfaire pour ses péchés ? Comment dispute-t-il à Dieu la faible expiation dont sa miséricorde veut bien encore se contenter aujourd'hui ? En vérité, l'homme est à lui-même son plus cruel ennemi, lorsqu'il écoute avec insensibilité cette parole de son Sauveur présent, de son Juge à venir : a Si « vous ne faites pénitence, vous périrez « tous 1 ».
HUMILIATE capita vestra Deo.
Dieu.
têtes devant
POÊLIEZ, s'il vous plaît, j_) Seigneur, les liens de nos péchés, et, dans votre miséricorde, détournez les maux que nous méritons à cause d eux. Par .lésus-Christ notre Seigneur. Amen.
ABSOLVE , quassumus Domine, nostrorum vincula peccatorum : et quidquid pro eis meren%ur, propitiatus averte. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Terminons cette journée, en récitant cette belle Hymne composée par saint Grégoire le Grand, et que l'Eglise emploie, dans le Carême, à l'Office des Matines.
Ex more docti mystico, Servemus hoc jejunium, Deno dierum circulo Ducto quater notissimo.
Lex et Prophetae primitus
Hoc prastulerunt, postmodum
Christus sacravit, omnium
Rex atque factor temporum.
Utamur ergo parcius Verbis, cibis et potibus, Somno, jocis, et arctiu? Perstemus in custodia.
Vitemus autem noxia,
FIDÈLES à la tradition mystérieuse, gardons avec soin ce jeune célèbre qui parcourt le cercle de quarante journées.
La Loi et les Prophètes l'inaugurèrent autrefois ; auteur et roi de toutes les choses créées, le Christ daigna lui-même le consacrer.
Il nous faut restreindre l'usage de la parole, du manger, du boire, du sommeil et des délassements ; veillons plus strictement sur la garde de nous-mêmes.
Evitons ces périls où sucLe Lundi de la Prem. Sem. de Carême, ijg
combe l'âme innattentive : gardons-nous de laisser la moindre entrée à notre tyran perfide.
Fléchissons la colère vengeresse ; pleurons aux pieds de notre juge ; poussons des cris suppliants, et, prosternés devant notre juge, disons-lui :
O Dieu ! par nos péchés, nous avons offensé votre clémence, daignez étendre sur nous votre pardon.
Souvenez-vous que, malgré notre fragilité, nous sommes l'œuvre de vos mains : ne cédez pas à un autre l'honneur de votre Nom.
Pardonnez-nous le mal que nous avons fait ; donneznous avec abondance la grâce que nous implorons, afin que nous puissions vous plaire ici-bas et dans l'éternité.
Trinité bienheureuse. Unité parfaite, rendez profitable à vos fidèles le bienfait du jeîine. Amen.
Quœ subruunt mentes
vagas : Nullumque demus callidi Hostis locum tyrannidi.
Flectamus iram vindi'
cem,
Ploremus ante judicem,
Clamemus ore suppliai,
Dicamus omnes cernui ;
Nostris malis offendimus Tuam, Deus, clementiam : Effunde nobis desuper Remissor indulgentiam.
Mémento quod sumus tui, Licet caduci, plasmatis : Ne des honorem Nominis Tui, precamur, alteri.
Laxa malum quod fecimus, Auge bonum quod poscimus : Placere quo tandem tibi Possimus hic et perpePrsesta. beata Trinitas. Concède, simplex Unitas. Ut fructuosa sint tuis Jejuniorum munera. A- men.
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Rome, la Station ' est dajis l'Eglise de Sainte-Anastasie, la même où l'on célébrait, dans l'antiquité, la Messe de l'Aurore, le jour de Noël. C'est sous la protection de cette sainte Martyre, immolée le jour même de la naissance du Sauveur, que nos vœux sont aujourd'hui présentés au Père des miséricordes.
RESPICE^ Domine, familiam tiiam, etpraesta, ut apud te mens nostra tuo desiderio fulgent, quœ se carnis maceratione castigat. Per Dominiim nostrum Jesum Christiim. Amen.
REGARDEZ favorablement votre famille, Seigneur, et faites que notre âme, en se châtiant par la mortification de la chair, sedistingue à vos yeux par l'ardeur de ses désirs. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Lcctio Isaiœ Prophetae. Cap. lv.
IN diebus illis: Locutus est Isaias Propheta. dicens : Quasrite Dominum, dam invcniri polest : invocate eum, dum prope est. Derelinquat impius viam suam et vir i n 1 q u u s cogitationes suas : et revertatur ad Dominum, et miserebiLecture du Prophète Isaïe. Chap. lv.
EN ces jours-là, le prophète Isaïe parla, et dit : Cherchez le Seigneur pendant qu'on peut le trouver ; invoquez-le pendant qu'il est proche. Que l'impie quitte sa voie, et l'homme injuste ses pensées ; qu'il retourne au Seigneur, et il aura pitié de lui : à notre Dieu, car il
Le Mardi de la Prem. Sem. de Carême, i Si
tur ejus. et ai Deum nostrura, quoniam multus est ad ignoscendum. Non enim cogitationes mes?, cogitationes vestrae ; neque viae vestraî, vias meœ. dicit Dominus. Quia sicul exaltantur cœii a terra, sic exaltatas sunt viae meae a viis vestris, et cogitationes meae a cogitationibus vestris. Et quomodo descendit imber, et nix de cœlo, et illuc ultra nonrevertitur, sed inebriat terram. et infundit eam et germinare eam facit, et dat semen serenti. et panem comedenti : sic erit verbum meum quodegredietur de ore meo ; non revertetur ad me vacuum ; sed faciet quaecumque volui. et prosperabitur in his ad quœ misi illud. ait Dominus omnipotens,
LE Prophète nous annonce de la part du Seigneur que si notre retour estsincère, la miséricorde descendra sur nous. En vain l'homme cherchera-t-il à mesurer la distance infinie qui sépare la souveraine sainteté de Dieu de l'état de souillure où est l'âme du pécheur ; rien de tout cela n'ernpèchera la réconciliation de la créature avec son Créateur. La toute-puissante bonté de Dieu créera un cœur pur ^ dans l'homme repentant, et
est empressé de pardonner. Mes pensées ne sont pas vos pensées, ni vos voies mes voies, dit le Seigneur ; mais autant sont élevés les cieux au-dessus de la terre, autant sont élevées mes voies au-dessus des vôtres, et mes pensées au-dessus de vos pensées ; et de même que la pluie et la neige descendent du ciel et n"y retournent plus, mais elles abreuvent la terre. la fécondent et lui font produire le germe, afin qu'elle donne la semence pour semer, et le pain pour s'en nourrir : ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne retournera point à moi sans eiîet ; mais elle fera tout ce que j'aurai voulu, et remplira le but pour lequel je l'ai envoyée, dit le Seigneur tout-puissant.
I. Psalm. L, 12.
iS2 Le Carême.
a la grâce surabondera où le péché avait « abondé ^ ». La parole du pardon descendra du ciel, comme une pluie oienfaisante sur une terre stérile et desséchée, et cette terre donnera une abondante moisson. Que le pécheur néanmoins écoute la prophétie tout entière. L'homme est-il maître d'accepter ou de refuser cette parole qui vient d'en haut ? Peut-il la laisser tomber aujourd'hui, dans la pensée que peut-être il la recueillera plus tard, à la tin de sa vie ? Non ; Dieu nous dit par son Prophète : « Cherchez le Sei« gneur, pendant qu'on peut le trouver : « invoquez-le pendant qu'il est proche. » Nous ne pouvons donc pas toujours à volonté trouver le Seigneur; il n'est donc pas toujours aussi proche de nous. Prenons garde, il a ses moments ; l'heure des miséricordes a sonné; celle des justices la suivra. « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite 2 », criait Jonas dans les rues de cette superbe cité. Ninive ne laissa point passer les quarante jours sans revenir au Seigneur, sans l'apaiser dans le jeûne, sous la cendre et le cilice : et Dieu pardonna à Ninive. Entrons dans les sentiments de cette ville coupable et repentante ; ne défions pas la justice divine en refusant la pénitence, ou en l'accomplissant d'une manière imparfaite. Le (Carême que nous célébrons est peut-être le dernier que la bonté divine nous préparait; s'il ne nous convertissait pas, qui sait si le Seigneur reviendrait ? Méditons ces paroles de l'Apôtre qui se rapportent à celles d'Isaie :
I. Rom. y, 20. — 2. Jonas, m, 4.
Le Mardi de la Prem. Sem. de Carême, i83
« La terre qui se pénètre de la pluie dont « elle est arrosée, et qui produit la verdure « qu'en attend le cultivateur, est une terre « bénie de Dieu ; celle qui ne produit que des « ronces et des épines est réprouvée ; la « malédiction est près d'elle, et sa fin ser?". « d'être dévorée par le feu i. »
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
EN ce temps-là. Jésus étant entré en Jérusalem, toute la ville fut émue, et chacun demandait : Quel est celuici ?Et le peuple qui l'accompagnait disait : C'est Jésus, le prophète de Nazareth, en Galilée. Et Jésus entra dans le temple de Dieu, et il chassa tous ceux qui vendaient et achetaient dans le temple, et il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient des colombes. 11 leur dit : Il est écrit : Ma maison est appelée la maison de la prière ; mais vous en avez fait une caverne de voleurs. Et des aveugles et des boiteux s'approchèrent de lui dffhs le temple, et il les guérit. Or. les princes des prêtres et les scribes, voyant les merveilles qu'il faisait et les enfants qui criaient dans le temple :
Sequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. xxi.
I intrasset Jésus Jerosolymam, commota est univirsa civitas, dicens : Quis est hic ? Populi autem dicebant : Hic est Jésus Propheta a Nazareth Galilasae. Et intravit Jésus in templum Dei, et ejiciebat omnes vendentes et ementes in templo, et mensas nummulariorum . et cathedras vendentium columbas evertit : et dicit eis : Scriptum est : Domus mea. domus orationis vocabitur : vos autem fecistis illam speluncam latronum. Et accesserunt ad eum caeci et claudi in templo : et sanavit eos. Videntes autem principes sacerdotum et scribae mirabilia quas fecit, et pueros clamantes in
I. Hebr. vi. 7, 8.
templo et dicentcs : Hosanna filio David ; indicnati sunt et dixcrunt ei: Àudis quid isti diciint ? Jésus autem dixit eis : Uiique. Nunquam legistis : Quia ex ore iniantium et lactentium perfecisti laudem ? Et reliclis illis, abiit foras extra civitatem in Bethaniam, ibique mansit.
Hosannah au fils de David, s'indignèrent et lui dirent : Entendez-vous ce que disent ceux-ci ? Jésus leur répondit : Oui ; mais n'avez-vous jamais lu cette parole : Vous avez mis la louange dans la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle ? Et les laissant là, il s'en alla hors de la ville, à Béthanic, et il s'y arrêta.
NOTRE pieuse quarantaine est à peine à son début, et avant qu'elle soit terminée nous aurons assisté au supplice du Juste. Voici déjà ses implacables ennemis qui se dressent devant lui. En vain, leurs yeux viennent d'être témoins de ses prodiges : l'envie et l'orgueil qui dessèchent leur cœur n'ont rien voulu comprendre. Ces infidèles gardiens de la maison de Dieu sont demeurés muets quand tout à l'heure ils ont vu Jésus faire acte d'autorité dans le temple ; un étonncment mêlé de terreur les a saisis. Ils n'ont pas même réclamé quand il a appelé le temple sa maison : tant ils éprouvaient l'ascendant de sa vertu, tant ils redoutaient son pouvoir surhumain. Maintenant, ils ont repris leur audace : la voix des enfants qui crient encore Hosannah frappe leur oreiUe, et ils s'indf^ncnt. Ils osent se plaindre de cet innocent liommage rendu au fils de David qui passe en faisant le bien. Ces docteurs de la Loi, aveuglés par la passion, ne savent même plus reconnaître les prophéties, ni en découvrir l'accomplissement. C'est l'application de l'oracle d'isaïc
Le Mardi de la Prem. Sem. de Carême. i85
que nous venons de lire. Pour n'avoir pas cherché le Seigneur quand il était près d'eux, ils ne peuvent plus le reconnaitre, lors même qu'ils lui parlent. Les enfants le sentent et le bénissent; les sages d'Israël ne voient en lui qu'un ennemi de Dieu, un blasphémateur. Nous, du moins, profitons de la visite de Jésus, atin qu'il ne nous quitte pas, comme il quitta ces faux sages. Il se retira d'auprès d'eux, et. laissant la ville, il retourna à Béthanie qui était proche de Jérusalem. C'est là qu'habitait Lazare, avec ses deux sœurs Marthe et Marie-Madeleine ; là aussi, qu'était retirée Marie Mère de Jésus, dans l'attente du terrible événement qui bientôt devait s'accomplir. Saint Jérôme remarque que le mot Béthanie signifie Maison d'obéissance : ce qui nous apprend que le Sauveur s'éloigne des cœurs rebelles à sa grâce, et cju'il aime à se reposer dans les cœurs obéissants'. Acceptons la leçon tout entière, et dans ces jours de salut, montrons, par notre obéissance à l'Eglise et par notre soumission au guide de notre conscience, que nous avons enfin reconnu qu'il n'y a pour nous de salut que dans l'humiliation de l'orgueil et dans la simplicité du cœur.
HUMILIEZ vos têtes devant TJ Dieu. |rl ira De
OUE nos prières. Seigneur, 1 A scendant ad te, Domontent jusqu'à vous, et |/i. mine, precesnostrœ
I. In Malthaeum. Cap. xxi.
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et ab Ecclesia tua cunctam repelle nequitiam. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
daigne^ éloigner de votre Eglise toutes sortes d'embûches. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
L'Eglise gothique d'Espagne, dans son Missel Mozarabe, nous présente ce cantique de pénitence, dont le lecteur chrétien sentira toute la beauté.
Dominica II in Qiiadragesima.
» yl ISERERE et parce, JYl^ clementissime Domine , populo tuo ;
Quia peccavimus tibi.
f. Prostrati omnes lacrymas producimus : pandentes tibi occulta
âuae admisimus, a te, •eus, veniam deposcimus.
19!. Quia peccavimus tibi.
f. Orationes sacerdotum accipe, et quœque postulant affluenter tribue : ne tuae plebi miserere, Domine.
"Bf. Quia peccavimus tibi.
f. Furorem tuum adduxisti super nos : nostra delicta dira curvaveSEIGNEUR plein ricorde,
de miséayez pitié de votre peuple et pardonnezlui ;
Car nous avons péché contre vous.
f. Prosternés, nous versons toutes nos larmes ; nous manifestons les péchés secrets que nous avons commis; nous implorons votre pardon, ô Dieu 1
"Bf. Car nous avons péché contre vous.
f. Acceptez la prière des prêtres ; accordez abondamment tout ce qu'ils demandent ; ayez pitié de votre peuple. Seigneur 1
^. Car nous avons péché contre vous.
f. Vous avez appesanti votre colère sur nous ; nos cruels péchés nous ont accaLe Mardi de la Prem. Sent, de Carême. iSy
blés ; nous sommes tombés en défaillance, privés d'espoir ;
Bf. Car nous avons péché contre vous.
f. Nous avons été livrés à des malheurs que nous ne connaissions pas, tous les maux ont fondu sur nous ; nous vous avons invoqué, et nous n'avons pas reçu de réponse ;
Vf. Car nous avons péché contre vous.
f. A cette heure nous crions tous, nous vous cherchons tous ; nous vous poursuivons avec les larmes de la pénitence, nous avons provoqué la colère de tout le monde ;
^. Car nous avons péché contre vous.
f. Jésus-Christ, nous vous implorons par nos prières et nos gémissements ; prosternés, nous vous supplions ; par votre pouvoir , relevez enfin ces misérables ;
Bpî. Car nous avons péché contre vous.
f. Recevez la confession de votre peuple, nous la répandons devant vous avec des cris ; nous déplorons du fond du cœur nos iniquités ;
^. Car nous avons péché contre vous.
runt nos : et absque uUa spe defecimus.
Vf. Quia peccavimus tibi.
j^. Traditi sumus malis quas nescimus, et omne malum irruit super nos : et invocamus : et non audivimus.
^. Quia peccavimus tibi.
f. Omnes clamamus : omnes te requirimus : te pœnitentes lacrymis prosequimur : cujusque irara ipsi provocavimus.
tibi
a peccavimus
j^. Te deprecantes, te gementes poscimus : te, Jesu Christe. prosternati petimus : tua potestas jam sublevet miseros.
tibi.
Quia peccavimus
f. Confessionem tuoe plebis accipe : quam lamentantes coram te effundimus : et pro admissis corde ingemiscimus.
^. Quia peccavimus tibi.
iS8
Le Cai
f. Paccm ro^amiis, paccm nobis tribue : amove bella et nos omnes crue : humili prece postulamus. Domine.
libi.
Quia peccavimus
j^. Inclina aurem, Deus clcmentissime ; jam abliientur delictorum macula; : et a periculis tu bcnignus exime.
1^. Miserere et parce.
f. Nous demandons la paix ; accordez-nous la paix; écartez la guerre, délivreznous tous : nous vous le demandons d'une humble prière, Seigneur 1
R). Car nous avons péché contre vous.
f. Dieu très clément, inclinez votre oreille ; effacez la tache de nos péchés ; dans votre bonté, sauvez-nous du péril I
^. Ayez pitié et pardon^1. C^ C^ ^l ^«. ^«. f^ ^3t ^l. f^ f^ f^
.u jeûne quadra^ésimal vient se joindre aujourd'hui celui des Quatre-Temps. Vendredi et Samedi, nous aurons pareillement un double motif de pratiquer la pénitence. C'est la saison du printemps qu'il s'agit de consacrera Dieu, lui en offrant les prémices dans le jeûne et la prière; c'est l'ordination des Prêtres et des Ministres sacrés sur laquelle il faut appeler les bénédictions d'en haut. Ayons donc un. souverain respect pour ces trois jours.
Jusqu'au xi^ siècle, le jeûne des QuatreTemps du Printemps fut attaché à la première semaine de mars, et ceux de l'Eté à la seconde semaine de juin. Un décret de saint Grégoire VII les tîxa aux époques où nous les célébrons aujourd'hui : les Quatre-Temps du Printemps à la première semaine de Carême, et ceux de l'Eté à la semaine de la Pentecôte.
La Station est aujourd'hui dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure. Honorons la Mère de Dieu, refuge des pécheurs, et prions-la d'offrir elle-même à notre juge l'humble tribut de nos satisfactions.
REGARDEZ avec bonté. 1 p^ evotionem populi Seigneur, la dévotion de | L/ tui, quaesumus Doiqo
mine, benignus inteiide : ut qui per abstinentiam macerantur in corpore, per fructum boni operis reficiantur in mentft. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
votre peuple, afin que ceux qui mortifient leur corps par l'abstinence soient nourris et fortifiés selon l'esprit par le fruit des bonnes œuvres. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
L'Eglise, qui, dans les Mercredis des Qiiatre-Temps, nous offre toujours deux lectures de la sainte Ecriture, à la place de TEpître de la Messe, réunit aujourd'hui les deux grands types du Carême dans l'Ancien Testament, Moïse et Elie, alin de relever dans nos pensées la dignité du jeûne quadragésimal, auquel Jésus-Christ lui-même est venu donner un caractère plus sacré encore, en réalisant dans sa personne ce que la Loi et les Prophètes n'avaient accompli qu'en figure. •
Lectio libri Exodi.
IN diebus illis : Dixit Dominus ad Moysen : Ascende ad me in montera et esto ibi, daboque tibi tabulas lapideas, et legem ac mandata, quœ scripsi, ut doceas filios Israël. Surrexerunt Moyscs et Josue minister ejus. Ascendensque Moyses in montera Dci, senioribus ait : Exspectate hic donec rcvertamur ad vos. Habctis Aaron et Hurvobiscum. Si quid natum fuerit quaestionis,
Lecture du livre de l'Exode.
EN ces jours-là, le Seigneur dit à Mo'ise : Monte vers moi sur la montagne pour y faire séjour, et je te donnerai les tables de pierre sur lesquelles j'ai écrit la loi et les coramanderaents, afin que tu les enseignes aux enfants d'Israël, ^foïse et Josué son serviteur se levèrent ; et Moïse, en montant sur la montagne de Dieu, dit aux anciens : Attendez ici jusqu'à ce que nous revenions à vous; vous avez Aaron et Hur avec vous ; s'il s'élève quelque
Le Mercr. des Quatre-Temps de Carême.
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difficulté, vous leur en ferez Je rapport. Et Moïse étant monté, une nuée couvrit la montagne , et la gloire du Seigneur habita sur le Sinaï. le couvrant d'un nuage durant six jours. Le septième jour, Dieu appela Moïse du milieu du nuage ; or l'éclat de la gloire du Seigneur paraissait aux enfants d'Israël comme un feu ardent sur le sommet de la montagne. Et Moïse, pénétrant par le milieu du nuage, monta sur la montagne, et il y demeura quarante jours et quarante nuits.
referetis ad eos. Cumque ascendisset Moyses, operuit nubes montem, et habitavit gloria Domini super Sinai, tegens illum nube sex diebus : septimo autem die vocavit eum de medio caliginis. Erat autem species glorias Domini, quasi ignis ardens super verticem montis in consfectu filiorum Israël, ngressusque Moyses médium nebulag, ascendit in montem : et fuit ibi quadraginta diebus-et quadraginta noctibus.
Lecture du livre des Rois.
EN ces jours-là, Elie, étant arrivé à Bersabée de Juda, renvoya son serviteur, et s'avança dans le désert une journée de chemin. Et étant venu sous un genièvre, il s'y assit et souhaita de mourir. Et il dit : C'est assez. Seigneur ; retirez mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. Il s'étendit par terre, et s'endormit à l'ombre du genièvre. Et voici qu'un Ange du Seigneur le toucha et lui dit : Lève-toi et mange. Il regarda derrière lui, et aperçut près de sa tête un pain cuit sous la cendre et un vase d'eau. Il mangea
Lectio libri Regum.
IN diebus illis : Venit Elias in Bersabée Juda, et dimisit ibi puerum suum, et perrexit in desertum. viam unius diei. Cumque venisset, et sederet subter unam juniperum. petivit animas suœ ut moreretur, et ait : Sufficit mihi. Domine : toile animam meam : neque enim melior sum quam patres mei. Projecitque se et obdormivit in umbra juniperi : et ecce Angélus Domini tetigit eum, et dixit illi : Surge, et comede. Respexit, et ecce ad caput
suum subcinericius panis, etvasaquœ : comedit ergo et bibit, et rursuni obdormivit. Pevcrsusque est Angélus Domini secundo, et letigit eum. dixitque illi : Surge, comcde : grandis enim tibi restât via. Qui cum surrexisset, comedit et bibit, et ambulavit in fortitudine cibi iilius quadraginta diebus et quadraginta noctibus usque ad montem Dei Horcb.
donc^ et il but, et il se rendormit. Et l'Ange du Seigneur, revenant une seconde fois, le toucha encore et lui dit : Lève-toi, mange ; car il te reste une longue route. Et s'étant levé, il mangea et but, et étant fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits, jusqu'à Horcb, la montagne de Dieu.
MOÏSE et Elie jeûnent quarante jours et qua. rante nuits, parce qu'ils vont s'approcher de Dieu. Il faut que l'homme s'épure, qu'il se dégage du poids du corps, s il veut se mettre en rapport avec celui qui est l'Esprit. Néanmoins, la vision de Dieu dont furent favorisés ces deux saints hommes fut très imparfaite: ils sentirent que le Seigneur était près d'eux, mais ils ne virent pas sa gloire. Depuis, le Seigneur s'est manifesté dans la chair, et l'homme l'a vu, il Ta entendu, il l'a touché de ses mains i. Nous ne sommes pas du nombre de ces heureux mortels qui conversèrent avec le Verbe de vie; mais, dans la divine Eucharistie, il fait plu-s que de se laisser voir : il entre en nous, il devient notre substance. Le plus huinble fidèle dans l'Eglise possède Dieu plus pleinement que Moïse sur le Sinaï, et Elle sur Horeb. Ne soyons donc pas étonnés si l'E-
Le Mey-cr. des Qiiatre-Temps de Carême. ig3
glise, pour nous préparer à cette faveur, dans la fête de Pâques, veut que nous traversions auparavant une épreuve de quarante jours, mais beaucoup moins rigoureuse que celle qui fut pour Moïse et Elie la condition de la grâce que Jéhovah daigna leur faire.
Sequentia sancti Evangelii secundum Matth^um. Cap. xn. |. N illo tempore : Resi pondérant Jesu quidam de Scribis et Pharisaeis. dicentes . Magister, volumus a te signum videre. Qui respondens, ait illis : Generatio mala et adultéra signum quaerit . et signum non dabitur ei. nisi signum Jonae prophetae. Sicut enim fuit Jonas in ventre ceti tribus diebus et tribus noctibus, sic erit Filius hominis in corde terrae tribus diebus et tribus noctibus. Yiri Ninivitse siirgent in judicio cum generatione ista, et condemnabunt eam : quia pœnitentiam egerunt in prsdicatione Jonae , et ezce plus quam Jonas hic. Regina Austri surget in judicio cum generatione ista, et condemnabit eam : quia venit a finibus terrœ audire sapienLa suite du saint Evangile selon saint Matthieu, Chap.
EN ce temps-là. des Scribes et des Pharisiens s'approchèrent de Jésus, et lui dirent : Maître , nous voudrions voir un signe de vous. Il leur répondit : Cette génération perverse et adultère demande un signe , et il ne lui sera donné d'autre signe
?ue le signe du prophète onas ; car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre. Les hommes de Ninive se lèveront au jugement contre cette génération, et ils la condamneront , parce qu'ils firent pénitence à la prédication de Jonas ; et il y a ici plus que Jonas. La reine du Midi se lèvera au jugement contre cette génération et la condamnera ; car des confins de la terre elle vint écouter la sagesse de Saloraon ; et il y a ici plus que Salomon. Lorsi3
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tiam Salomonis, ' et ecce plus quam Salomon hic. ■ Cum autem immundus spiritus exicrit ab homine, ambulat per loca arida, qii?erens requiem, et non invenit. Tune dicit • Revcrtar in domum meum, unde exivi. Et veniens invenit eam vacantem, scopis mundatam, et ornatam. Tune vadit, et assumit septem alios spiritus secum nequiores se, et intrantes habitant ibi : et fiunt novissima hominis illius pejora prioribus. Sic erit et generationi huic pessima?. Adhuc eo loquente ad turbas, ecce mater ejus et fratrcs stabant foris quaerentes ioqui ei. Dixit a quidam : Ecce tua
stant, quncrentes te. At ipse lespondens dicenti sibi, ait : Quœ est mater mea, et qui sunt fratres mei ? Et exlendens manum in discipulos suos, dixit : Ecce mater mea, et fratres mei : quicumque cnim fccerit voluntatem Patris mei, qui in coelis est, ipsc meus frater, et soror, et mater est.
E Sauveur dénonce à Israël les châtinrients
L qui l'attendent pour son aveuglement yoem ei mater
et fratres tui foris
qu'un esprit immonde est sorti d'un homme, il s'en va errant par des lieux arides, cherchant le repos et ne le trouvant pas. Alors il se dit ■ Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti. Et y revenant, il la trouve libre, nettoyée et parée. Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus méchants que lui , et ils entrent dans la maison, et ils y demeurent. Et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Ainsi en sera-t-il de cette génération perverse. Il parlait encore à la foule, et voici que sa mère et ses frères étaient au dehors et demandaient à lui parler. Quelqu'un lui dit : Voici dehors votre mère et vos frères qui vous demandent. Mais il lui répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Et étendant la main sur ses disciples , il dit : Voici ma mère et mes frères; ciir quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.
Le Mercr. des Qiiatre-Temps de Carême, i q5
lontaire et pour la dureté de son cœur. Israël veut des prodiges pour croire; il en est entouré, et il ne les voit pas. Tels sont les hommes de nos )ours. Pour reconnaître le christianisme comme divin, il leur faudrait des preuves ; et cependant l'histoire est ouverte devant eux. Les événements présents rendent aussi leur témoignage ; mais rien ne les réveille. Ils s'en tiennent "à leurs systèmes toujours déçus, et ils n'arriveront à comprendre que l'Eailise catholique est le fondement de la société, qu'au jour où la société qu'ils ont isolée eux-mêmes de l'Eglise s'écroulera dans l'abîme creusé par leurs mains. « Génération perverse et adultère », dit le Seigneur, contre laquelle s'élèveront les peuples intîdèles qui n'ont point connu les institutions chrétiennes, et qui les eussent peutêtre aimées et conservées. Craignons le sort des Juifs, auxquels le siège de Jérusalem, sa ruine même, ne purent ouvrir les veux, et qui restent encore tîdèles aux illusions de leur orgueil après un esclavage de dix-huit siècles. Au milieu des périls "de la société, que les enfants de l'Eglise comprennent aussi leur responsabilité.'' Qu'ils se demandent pourquoi les sages du monde, les politiques de ce monde." ont cessé de compter avec eux ': Pourquoi, aujourd'hui encore, ces hommes ont tant de peine à apercevoir quelque part l'élément catholique ? C'est que les catholiques avaient délaissé l'Eglise et ses saintes pratiques. Chaque jour, une solitude plus grande se faisait remarquer dans nos Eglises, les sacrements n'étaient plus fréquentés, le Carême n'était plus qu'un mot sur le
iq6 Le Carême.
calendrier. Revenons non seulement à la foi de nos pères, mais à l'observation des lois chrétiennes: c'est alors que le Seigneur aura pitié de son peuple infidèle, à cause des )ustcs qui seront dans son sein. L'apostolat de l'exemple produira ses fruits ; et si un faible faisceau de fidèles fut pour les peuples de l'empire romain ce levain dont parle le Sauveur, qui fait fermenter toute la pâte ^ : au milieu d'une société qui conserve encore plus d'éléments catholiques qu'elle ne le pense, notre zèle à confesser et à pratiquer les devoirs de la milice chrétienne ne demeurera point sans résultat.
HUMILIATE capita ves- Itt umilieî tra Dco. |n Dieu.
têtes devant
MENTES nostras, qiiœ- sumus Domine, lumine tuae claritatis illustra : ut videre possimus quae agenda sunt, et quas recta sunt, agere valcamus. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
SEIGNEUR , éclairez nos âmes de l'éclat de votre splendeur , afin que nous puissions voir ce que nous devons faire, et accomplir ce qui est juste. Par JésusChrist notre Seigneur . Amen.
L'Eglise grecque nous fournira aujourd'hui ces pieuses stances sur le jeûne, que nous empruntons à son Triodion.
(Feria II Hebdotnadce IIx Jejuniorum.)
MiRABiLiAarmaoratio, It e jeûne aidé de la prière et jejunium ; hoc |L. est une armure admiraI. Evangile du VI" Dimanche après l'Epiphanie.
Le Mercr. des. Quatre- Temps de Carême, i qble ; 'c'est lui qui fit de Moïse un législateur, et d'Elie un zélateur, au milieu des sacrifice?. Observons-le avec fermeté, o fidèles ; crions au Sauveur : Nous avons péché contre toi seul, aie pitié de nous.
Jeûnons d'un jeûne spirituel , rompons les filets du tortueuç serpent ; éloignonsnous de la perversité du mauvais exemple ; remettons à nos frères ce qu'ils nous doivent, afin que nos propres péchés nous soient remis ; c'est ainsi que nous pourrons dire : Seigneur, notre prière s'élève vers toi comme l'encens.
Agneau de Dieu, seul bon. source de miséricorde . qui par ton divin pouvoir êtes les péchés du monde, je suis agité des tempêtes du péché, sauvemoi , et conduis-moi dans les sentiers de la pénitence.
Le vrai jeûne, c'est la fuite du péché, la rupture des affections per\-erses, la charité envers Dieu , le zèle de la prière, les larmes Je la componction, le soin des pauvres, comme le Christ l'ordonne dans les Ecritures.
Bienfaisant médecin de nos âmes, guéris la mienne blessée du glaive du péché, mise en lambeaux par mes nombreux crimes : appliqueMoysem legislatorem effecit, et Heliam inter sacrificia zelatorem : huic firmiter insistentes, fidèles , ad Salvatorem clamemus : Peccavimus tibi soli, miserere nostri.
Spirituale jejunium jejunemus , tortuosos laqueos omnes abrumpamus. declinemus pariter malorum exemplorum nequitiam . dimittamusque fratribus débita, ut nobis quoque delicta nostra dimittantur ; ita enirnclamare poterimus : Dirigatur, Domine, oratio nostra, sicut incensum, in conspectu tuo.
Solus bonus, fons misericordiae, Agnus Dei, qui utpote Deus. "tollis peccata mundi, serva me criminum procellis agitatum, et ad pœnitentiae semitas dirige.
Purum jejunium. fuga peccati. pravorum affectuum abscessus, charitas erga Deum , orationis studium . lacryma cum compunctione, et pauperum cura , quemadmodum Christus in Scripturis prœcepit.
Animam peccati gladio transfossam, muhisque criminibus lancinatam sana, o animariim nostrarum medice, utpote
Kl s
benefactor, adhibens mihi sapientium mandatorum tuorum remédia, o clemens !
Compunctioni idoneum nacti praesens jejiinii tempus, magnopere Iiigeamus, atque ingemaniLis, manusquead solum Kedemptorem , ut animas nostras solvat, expandamus.
Utinam mihi quoque detur pravos alTectus omnes exstinguere, et tui amorem, Christe, con;ipere, divinis ditescere, mi bone Jesu . tibiqiie famulatum impcndere.
Vide, attende, anima, ne forte dum jejunas, crapulœ loco tibi sint injurias, inimicitix, contentioaes adversus pro'cimum, atque a Deo propter tuam negligentiam excidas.
Qua ratione, Cliriste meus, iram tuam sustinebo, dum ad judicandum veneris ? quidvc illicrespondebo, cum jussa tua ncque fecerim, ncque pcregerim, Christe ? quare mihi ante exitum ignosce.
K cupiditatum tyrannide vindica , Domine, animam mcam, ut libère voluntatem tuam implens, gaudeam, atque glorificcm potentiam tuam in saeciila.
moi le remède de tes *ages commandements , Sauveur plein de clémence 1
Le temps du jeûne convient à la componction : livrons-nous aux pleurs, gémissons, tendons nos mains vers l'unique Rédempteur , afin qu'il sauve nos âmes.
Qu'il me soit donné d'éteindre tous mes mauvais penchants, de concevoir ton amour, ô Christ ! de m'enrichir de tes dons divins, bon Jésus 1 de me livrer à ton service.
Vois, mon âme, sois attentive, de peur que, tout en jeûnant, tu ne remplaces l'intempérance par les injures, les inimitiés, les rixes contre le prochain, et que tu ne te sépares de Dieu par ta négligence.
O mon Christ 1 comment soutiendrai-je ta colère , quand tu viendras pour juger ? que rcpondrai-je , ô Christ ! moi qui n'ai pas accompli tes préceptes pardonne-moi avant ma sortie de ce monde.
Arrache mon âme , Seigneur, à la tyrannie des passions, afin que, rendu à la liberté, j'accomplisse ta volonté avec joie, et que je glorifie ta, puissance dans les siècles.
Le Mercr. des Qiiatre-Temps de Carême, i gg
Déteste, ô mon âme, l'intempérance d'Esaû. imite les vertus de Jacob , remplace Bélial par l'abstinence, amasse un trésor divin et loue Dieu à jamais.
Accorde-nous , ô Christ miséricordieux ! de traverser sans aucune tempête la mer tranquille du jeûne, afin que nous arrivions au port de la Résurrection pour célébrer à jamais ta gloire.
Oderis, anima mea, Esau intemperantiam, et Jacobi bona Eemuleris. Belial abstinentia supplantes, divina thesaurizés, et laudes Deum in sœcula.
Tranquillum jejunii mare nobis nulla actis tempestate prjetergredi tribue, donec ad portum Resurrectionis tu£e perveniamus, misericors, te in saecula célébrantes.
A Station d'aujourd'hui est dans l'E- glise de Saint-Laurent in Paneperna, l'une de celles que la piété romaine a élevées en l'honneur du plus célèbre Martyr de la ville sainte.
DEVOTIONEM populi tui, cjuœsumus Domine. benie;niis intende, ut qui par abstinentiam macerantur in corpore, per fructum boni operis reficiantur in mente. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
REGARDEZ, Seigneur, d'un œil favorable la dévotion de votre peuple, afin que ceux qui mortifient leur corps par l'abstinence soient nourris selon l'esprit par le fruit des bonnes œuvres. Par JésusChrist notre Seigneur. A- men.
Lectio Ezechielis Prophetjc. Cap. xvhi.
IN diebus illis : Factus est sermo Domini ad me, dicens : Quid est quod inter vos parabolam vertitis in proverbium istud in terra Israël, dicentes : Patres comederunt uvam acerbam, et dentés filiorum obstupescunt ? Vivo ego, dicit Dominus Deus, si erit haec in pro
Lecture du Prophète Ezéchiel. Chap. xvmi.
bis par; verbiur
EN ces jours-là, le Seigneur me parla et me dit : D'où vient que vous vous servez parmi vous de cette parabole, et que vous l'avez tournée en proverbe dans la terre d'Israël, disant : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en sont agacées ? Par ma vie, dit le Seigneur, cette parabole ne passera plus en proverbe parmi vous dans IsLe Jeudi de la Prem. Scm. de Carême. 201
raël •, car toutes les âmes sont à moi : l'àme du fils est à moi comme celle du père. L'àme qui aura péché, mourra elle-même ; et si un homme est juste, s'il fait l'équité et la justice, s'il ne mange point de viandes immolées sur les montagnes, s'il ne lève point les yeux vers les idoles de la maison d'Israël, s'il ne souille point la femme de son prochain, s'il ne s'approche point de sa propre femme lorsqu'elle souffre son incommodité naturelle, s'il ne contriste point son prochain, s'il rend à son débiteur le gage qu'il en avait reçu, s'il ne prend rien par violence, s'il donne de son pain à celui qui a faim, et des vêtements à celui qui est nu, s'il ne prête point à usure et ne reçoit point plus qu'il n'a donné ; s'il détourne sa main de l'iniquité, s'il rend un jugement équitable entre un homme et un homme, s'il marche dans mes préceptes et garde mes commandements, pour agir selon la vérité : celui-là est juste, il vivra de la vie. dit le Seigneur tout-puissant.
CETTE lecture du Prophète nous donne à apprécier la miséricorde de Dieu envers les Gentils, qui vont bientôt passer des ténèbres à la lumière, par la grâce du saint Baptême. En vain le proverbe juif prétend que
Israël. Ecce omnes animae meas sunt ; ut anima patris, ita et anima filii mea est : anima quaî peccaverit, ipsa morietur. Et vir. si fuerit justus. et fecerit judicium et justitiam. in montibus non comederit, et oculos suos non levaverit ad idola domus Israël : et uxorem proximi sui non violaverit. et ad mulierem menstruatam non accesserit : et hominem non contristaverit : pignus debitori reddiderit : per vim nihil rapuerit : panem suum esurienti dederit, et nudum operuerit vestimento : ad usuram non commodaverit, et amplius non acceperit : ab iniquitate averterit manum suam, et judicium verum fecerit inter virum et virum : in prasceptis meis ambulaverit, et judicia mea custodierit. ut faciat veritatem ; hic justus est, vita vivet. ait Dominus omnipotens.
<( les dents des enfants sont agacées, parce « que celles des pères ont broyé les raisins « verts ') : Dieu, dès l'Ancien Testament, déclare que les péchés sont personnels, et que le fils de l'impie, s'il veut suivre la justice, trouvera la miséricorde et la vie. La prédication de l'Evangile par les Apôtres et leurs disciples fut un appel qui retentit dans toute la Gentilité ; et l'on vit bientôt les fils des races idolâtres se presser autour de la piscine du salut, abjurer les mauvaises œuvres de leurs pères, et devenir l'objet des complaisances du Seigneur. La même merveille apparut dans la conversion des barbares de l'Occident ; elle se continue de nos lours chez les peuples infidèles ; et de nomoreux catéchumènes, cette année encore, recevront la régénération à la fête de Pâques. Dans Tordre temporel, Dieu punit souvent dans les fils l'iniquité des pères; cette disposition de sa providence est utile à l'instruction des hommes, qui reçoivent par là d'utiles leçons ; mais, dans l'ordre moral, chacun est traité selon ses mérites ; et de même que Dieu n'impute pas au fils vertueux les iniquités du père, de même la vertu du père ne rachètera pas l'iniquité du fils. Saint Louis fut l'aieul de Philippe le Bel, et Louis XVI était le petit-fils de Louis XV : ces contrastes se rencontrent dans beaucoup de familles. « Dieu a laissé l'homme dans la rt main de son conseil ; l'homme a devant lui « la vie et la mort, le bien et le mal ; on lui « donnera ce qu'il préfère '. » Mais telle est
I. Eccli. XV, 14, li
Le Jeudi de la Prem. Sem. de Carême. 2o3
la miséricorde du Seigneur notre Dieu, que lorsque l'homme a fait un mauvais choix, s'il repousse le mal qu'il avait d'abord préféré, et s'il se tourne vers le bien, lui aussi vivra de la vie, et la pénitence lui rendra ce qu'il avait perdu.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
EN ce temps-là. Jésus se retira du côté de Tyr et de Sidon ; et voilà qu'une femme Chananéenne. sortant de ces contrées, lui dit avec grands cris : Ayez pitié de moi. Seigneur, fils de David ; ma fille est cruellement tourmentée par le démon. Mais il ne lui répondit pas un mot. Et ses disciples s'approchant de lui le priaient, disant : Renvoyez-la. car elle crie après nous. Mais il leur répondit : Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. Elle s'approcha cependant et l'adora, disant : Seigneur, aidez-moi. Il lui répondit : Il n'est pas bon de prendre le pain des enfants et de le donner aux chiens. Mais elle lui dit : Il est vrai. Seigneur ; mais les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus lui répondit : O femme, ta foi est grande :
Sequentia sancti Evangelii secundum Matthasum. Cap. xv.
IN illo tempore :,Egressus Jésus, secessit in partes Tyri et Sidonis. Et ecce mulier Cbananaea a finibus illis egressa clamavit. dicens ei ; Miserere mei, Domine, fili David : filia mea maie a daemonio vexatur. Qui non respondit ei verbum. Et accedentes discipuli ejus rogabant eum, dicentes : Dimitte eam, quia clamât post nos. Ipse autem respondens. ait : Non sum missus nisi ad oves qu3e perierunt domus Israël. At illa venil, et adoravit eum, dicens : Domine, adjuva me. Qui respondens. ait : Non est bonum sumere panem filiorum, et mittere canibus. At illa dixit : E- tiam. Domine : nam et catelli edunt de micis quœ cadunt de mensa dominorum s u o r u m.
i^e Carême.
qu 11 te soit fait comme tu désires. Et sa iille fut guérie à l'heure même.
Tune respondens Jésus, ait illi • O mulier, magna est fides tua : fiât tibi sicut vis. Et sanata est filia ejus ex illa hora.
JÉSUS admire la foi de cette femme ; il la loue, il la recommande à notre imitation. Cette femme cependant était d'une race païenne ; peut-être jusqu'alors avait-elle adoré les idoles ; mais elle vient au Sauveur ; l'amour maternel l'amène aux pieds de.lcsus. Elle y obtient la guérison de sa tille, et sans doute' aussi celle de son âme. C'est une application de la vérité consolante que nous trouvions tout à l'heure dans le Prophète : les élus sortent de toute race, même de la race maudite de Chanaan. Le Seigneur traite cette femme avec une dureté apparente, bien qu'il ait résolu de l'exaucer ; il veut que sa foi s'élève, qu'elle soit digne d'être récompensée. Prions donc avec instance dans ces )Ours de miséricorde. La tille de la Chananéenne était tourmentée par le démon dans son corps ; que d'âmes, dans toute l'Eglise, sont la proie de cet esprit infernal par le péché mortel qui habite en elles ! Sententelles leur mal ? Songent-elles à crier vers le libérateur? et si d'abord il fait attendre la grâce du pardon, savent-elles s'humilier comme la femme de l'Kvan^ile, qui accepte avec tant de simplicité le mépris que le Sauveur semble avoir pour elle ? Brebis perdues de la maison d'Israël , protitez du temps où vous possédez encore le Pasteur. Avant quarante jours, il sera mis à mort, « et le « peuple qui l'aura renié ne sera plus son
Le Jeudi de la Prem. Sem. de Carême. 20D
« peuple K » Avant quarante jours aussi, nous célébrerons l'anniversaire de ce grand Sacriticejettout pécheur qui n'aura pas converti ses voies, qui ne sera pas venu à Jésus avec l'humilité de la Chananéenne, aura mérité d'être rejeté sans retour. Hàtons-nous donc de nous rendre dignes de la réconciliation, La table des enfants de Dieu est déjà dressée ; et telle est la générosité du père de famille, que si nous voulons revenir à lui du fond de notre cœur, ce ne sont point seulement les miettes tombées de cette table qu'il nous permettra de recueillir : c'est Jésus, le Pain de vie, qu'il nous donnera, en signe d'éternelle réconciliation.
VMiLiEz VOS têtes devant Dieu.
|aT- tra D-
TE capita veseo.
DAIGNEZ accorder , Seigneur, aux peuples chrétiens, de reconnaître la dignité de leur profession, et d'aimer le don céleste qu'ils reçoivent si souvent. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
DA, quaesumus Domine, populis christianis, et quae profitentur agnoscere : et cœleste munus diligere, quod fréquentant. Per Christum Dominum nostrura. A- men.
Lisons aujourd'hui cette belle Préface du Missel Mozarabe, où le Sauveur nous est montré comme le Pain de vie qui doit soutenir les tidèles dans le jeûne.
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Missale gothicum. Feria VI post Dominicam II Quadragesimœ.
IL est digne et juste, équitable et salutaire, que nous vous rendions grâces, à vous, Père tout-puissant, et à Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur, en qui, dans le cours de ce jeûne, la foi trouve sa nourriture, l'espérance son avancement, la charité sa force. Il est en effet le Pain vivant et véritable, l'assurance de l'éternité, l'aliment des vertus. 11 est votre 'Verbe, par qui tout a été fait ; il est le pain, non seulement de nos âmes, mais des Anges eux-mêmes. C'est soutenu par ce Pain que Moïse votre serviteur, lorsqu'il reçut la Loi, jeûna quarante jours et quarante nuits, et qu'il s'abstint de la nourriture matérielle, pour pouvoir goûter votre douceur. Vivant de Votre Verbe, et fortifie par lui, son esprit en goûtait la suavité, et son visage en empruntait la lumière. Il n'éprouva pas la faim, il oublia la nourriture terrestre ; car l'aspect de votre gloire le glorifiait lui-même, et par l'influence de l'Esprit-Saint, votre parole le repaissait intérieurement; Ce Pain, vous ne cessez de nous le servir :
DIGNUM et justum est, îequum vere et salutare est : nos tibi gratias agere, omnipotens Pater, et Jesu Christo Filîo tuo Domino nostro ; in quo jejunantium fides alitur : spes provehitur, charitas roboratur. Ipse est enim panis vivus et verus qui est et substantia asternitatis, et esca virtutis. Verbum enim tuum est, per quod facta sunt omnia : quia non solum humanarum mcntium : sed ipsorum quoque panis est Angelorum. Hujus panis aiimento Moyses famulus tuus quadraginta diebus ac noctibus legem suscipiens jejunavit : et a carnalibus cibis, ut tuae suavitatis capacior esset, abstinuit : de Verbo tuo vivens et valens, cujus et dulcedinem bibebat in spiritu, et lucem accipiebat in vultu. Inde nec famcm sensit, et terrenarum est oblitus escarum : quia illum et gloriae tu;e glorificabat aspectus . et influente Spiritu Sancto sermo
Le Jeudi de Li Prem. Son. de Carénic.
mais vous nous exhortez à entretenir pour lui en nous une faim continuelle. Cette chair, quand nous la mangeons, est notre force : ce sang, quand nous le buvons. lave nos souillures.
pascebat interius. Hune panem etiam nobis ministrare non desinis : sed ut eum indeficienter esuriamus hortaris. Cujus carne dum pascimur, roboramur : et sanguineni dum potamus, abluimur.
A Station est dans la Basilique des Douze-Apôtres, l'une des plus augustes de Rome, enrichie des corps cies deux Apôtres saint Philippe et saint Jacques le Mineur.
ESTO, Domine, propitius plebi tuae : et quam tibi facis esse devotam, benigno refove miseratus auxilio. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
SOYEZ, Seigneur, propice à votre peuple ; vous lui inspirez la piété envers vous ; que votre miséricorde le soutienne maintenant de son bienfaisant secours. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Lectio Ezechielis Prophetœ. Cap. xvih.
HjEC dicit Dominus Deus : Anima quœ peccaverit, ipsa morletur ; filius non portabit iniquitatem patris , et pater non portabit iniquitatem hlii : justitia justi super eum erit, et impietas impii erit super eum. Si autem impius egerit pit-nitentiam ab omnibus peccaLecture du Prophète Ezéchiel. Chap. xvni. Y'' oici ce que dit le Sei' gneur Dieu : L'âme qui aura péché mourra elle-même ; mais le fils ne portera point l'iniquité du père, et le père ne portera point l'iniquité du fils. La justice du juste sera sur lui, et l'impiété de l'impie sera sur lui. Mais si l'impie fait pénitence de tous les péchés qu'il avait commis, s il garde tous mes
Le Vendr. des Quatre-Temps de Carême. 20g
préceptes, et s'il agit selon îéquité et la justice, il vivra certainement, et il ne mourra pas. Je ne me souviendrai plus de toutes les iniquités qu'il avait commises, il vivra par les œuvres de justice qu'il aura faites. Est-ce que je veux la mort de l'impie, dit le Seigneur Dieu ; et ne veux-je pas plutôt qu'il se retire de sa mauvaise voie et qu'il vive ? Mais si le juste se détourne de sa justice, et s'il t'ait l'iniquité et toutes les abominations que l'impie commet d'ordinaire, vivrat-il ? Toutes les œuvres de justice qu'il avait faites, on ne s'en souviendra plus. Il mourra dans la prévarication où il est tombé, et dans le péché qu'il a commis. Et cependant vous avez dit : La voie du Seigneur n'est pas juste. Ecoutez donc, ô maison d'I^raël : Est-ce ma voie qui n'est pas juste ; et ne sont-ce pas plutôt vos voies qui sont perverses ? Car lorsque le juste se sera détourné de sa justice, qu'il aura commis l'iniquité, et qu'il sera mort en cet état, il mourra dans l'œuvre injuste qu'il aura commise ; et lorsque l'impie se sera détourné de son impiété qu'il avait commise, et qu'il aura agi selon l'équité et la justice, il rendra ain^i la vie à son âme. Comme il a considéré son
tis suis, quïe operatus est, et custodierit omnia praecepta mea, et fecerit judicium et justitiam : vita vivet, et non morietur. Omnium iniquitatum ejus, quas operatus est, non recordabor : in justitia sua, quam operatus est, vivet. Numquid voluntatis meas est mors impii, dicit Dominus Deus, et non ut convertatur a viis suis, et vivat ? Si autem averterit se justus a justitia sua, et fecerit iniquitatem secundum omnes abominationes quas operari solet impius, numquid vivet ? Omnes justitise ejus, quas fecerat, non recordabuntur : in praevaricatione qua prœ- varicatus est, et in peccato suo quod peccavit, in ipsis morietur. Et dixistis : Non est aequa via Domini. Audite ergo, domus Israël : jNumquid via mea non est squa, et non magis viae vestrje pravîE sunt ? Cum enim averterit se justus a justitia sua, et fecerit iniquitatem, morietur in eis : in injustitia quam operatus est, morietur. Et cum averterit se impius ab impietate sua, quam operatus est, et fecerit jadicium et justitiam :
Le Ca}-éme
ipse animam sunm vivificabit. Considerans enim, et avertens se ab omnibus iniquitatibus suis, quas operaîus est, vita vivet, et non morietur, ait Dominus omnipotens.
état, et qu'il s'est détourné de toutes ses iniquités qu'il avait commises, il vivra de vie et ne mourra pas, dit le Seigneur tout-puissant.
PORTONS nos regards sur les pénitents publics que l'Eglise se préparc à rétablir bientôt dans la'participation des Mystères. Mais auparavant ils ont besoin d'être réconciliés avec Dieu qu'ils ont offensé. Leur âme est morte par le péché ; pourra-t-elle donc revivre ? Oui, le Seigneur nous l'atteste ; et la lecture du Prophète P^zéchiel, que l'Eglise commençait hier pour les Catéchumènes, elle la continue aujourd'hui en faveur des pénitents publics. « Que Timpie, dit le Sei« gneur, fasse pénitence de tous les péchés « qu'il a commis ; qu'il garde désormais mes « préceptes : il vivra certainement, et il ne « mourra pas. » Cependant ses iniquités sont là, qui s'élèvent contre lui ; leur voix est montée jusqu'au ciel et provoque une vengeance éternelle. Assurément, il en est ainsi ; mais voici que le Seigneur qui sait tout, qui n'oublie rien, nous déclare qu'Une se souviendra plus de l'iniquité rachetée par la pénitence. Telle est la tendresse ae son cœur paternel, qu'il veut bien oublier l'outrage qu'il a reçu d'un fils, si ce fils revient sincèrement à son devoir. Ainsi nos pénitents seront réconciliés, et au jour de la Résurrection du Sauveur, ils se mêleront aux justes, parce que Dieu ne gardera plus souvenir de leurs iniquités ; ils seront devenus justes
Le Vendr. des Quaîre-Temps de Carême. 211
eux-mêmes. En remontant par la pensée le cours des âges, nous nous retrouvons ainsi en face de ce grand spectacle de la pénitence publique, dont la Liturgie, qui ne change pas, a seule conservé les traces aujourd'hui. De nos jours, les pécheurs ne sont plus mis à part ; la porte de l'église ne leur est plus fermée ; ils se tiennent souvent tout près des saints autels, mêlés aux justes ; et quand le pardon descend sur eux, l'assemblée des fidèles n'en est point avertie par des rites spéciaux et solennels. Admirons la miséricorde divine, et profitons de l'indulgence de notre mère la sainte Eglise. A tome heure et sans éclat, la brebis égarée peut rentrer au bercail : qu'elle use donc de la condescendance dont elle est l'objet, et qu'elle ne quitte plus désormais le Pasteur qui a daigné l'accueillir encore. Quant au juste, qu'il ne s'élève pas par une vaine complaisance, en se comparant à la pauvre brebis égarée ; qu'il médite ces paroles : « Si le juste se (( détourne de la justice, s'il commet Tini« quité, toutes les œuvres de justice qu'il « avait faites, on ne s'en souviendra plus ». Craignons donc pour nous-mêmes, et ayons pitié des pécheurs. La prière des fidèles pour les pécheurs, durant le Carême, est un des grands moyens sur lesquels compte l'Eglise pour obtenir leur réconciliation.
La suite du saint Evangile 1 Sequentia sancti Evanselon saint Jean. Chap. v. gelii secundum Johannem. Cap. V.
EN ce temps-là, le jour de la T N illo tempore : Erat fête des Juifs étant venu, l* dies festus Judscorum,
et ascendit Jésus Jerosolymam. Est autem Jerosolymis Probatica piscina, qua; cognominatur hebraice Bethsaida, quinque porticus habcns. In his jacebat multitudo magna langLientiiim, c.tcorum, claudorum, aridorum. exspectantiumaquae motum. Angélus autem Domini descendebat secundum tempus in piscinam : et movebatur aqua. Et qui prior descendisset in piscinam post motionera aquae, sanus fiebat a quacumque detinebatur infirmitate. Erat autem quidam homo ibi, triginta et octo annos habensin infirmitatesua. Hune cum vidisset Jésus jacentem, et cognovisset quia jam multum tempus haberet, dicit ci : Vis sanus fieri ? Respondii ei languidus : Domine, hominem non habeo, ut cum turbata fuerit aqua, mittat me in piscinam : dum venio enim ego, alius ante me descendit. Dicit ei Jésus : Surgc, toile grabatum tuum et ambula. Et statim sanus factus est homo ille : et sustulit grabatum suum, et ambulabat. Erat autem Sabbatum in die illn. Dicebant ergo Judaci illi qui sanatus fuerat : SabJésus monta à Jérusalem. Or il y a à Jérusalem la piscine Probatique, appelée en hébreu Bethsaida. Elle a cinq portiques, sous lesquels gisait une grande multitude de malades, daveugles, de boiteux, de gens dont les membres étaient desséchés, attendant le mouvement des eaux. Car l'Ange du Seigneur descendait, en un certain temps, dans la piscine, et l'eau s'agitait. Et celui qui le premier descendait dans la piscine, après le mouvement de l'eau, était guéri de son infirmité, quelle qu'elle fût. Or il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus 1 ayant vu étendu par terre, et sachant qu'il était malade depuis fort longtemps, lui dit : Veux-tu être guéri ? Le malade lui répondit : Seigneur, je n'ai point d'homme pour me jeter dans la piscine, lorsque l'eau est agitée, et pendant le temps que je mets à m'y rendre, un autre descend avant moi. Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton grabat et marche. Et cet homme fut guéri à l'instant, et prenant son grabat il marchait. Et ce jour-là était un jour de Sabbat. Les Juifs donc disaient à celui qui avait été guéri : C'est aujourd'hui le Sabbat : il ne t'est pas permis d'emporter ton grabat. Il leur répondit : Celui qui
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m'a guéri m'a dit : Prends ton grabat, et marche. Ils lui demandèrent : Quel est cet homme qui t'a dit : Prends ton grabat, et marche ? Mais celui qui avait été guéri ne savait pas lui-même qui il était ; car Jésus s'était retiré de la foule qui était en ce lieu. Jésus ensuite le trouva dans le temple et lui dit : Te voilà guéri, ne pèche plus, de peur qu'il ne tarrive quelque chose de pire. Cet homme s'en alla et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.
batum est, non licet tibi tollere grabatum tuum. Respondit eis : Qui me sanum fecit, ille mihi dixit : Toile grabatum tuum et ambula. Interrogaverunt ergo eum : Quis est ille homo qui dixit tibi : Toile grabatum tuum. et ambula ? Is autem qui sanus fuerat effectus, nesciebat quis esset. Jésus enim declinavit a turba constituta in loco. Postea invenit eum Jésus in templo. et dixit illi :Ecce sanus factus es : jam noli peccare, ne deterius tibi aliquid contingat. Abiit ille homo. et nuntiavit Judaeis quia Jésus esset, qui fecit eum sanum.
REVENONS encore sur nos pénitents de l'antiquité; le passage sera facile à ceux d'aujourd'hui et à nous-mêmes. Nous venons de voir par le Prophète la disposition du Seigneur à pardonner au pécheur repentant. Klais comment ce pardon sera-t-il appliqué ? par qui la sentence d'absolution sera-t-elle prononcée ? notre Evangile nous l'apprend. Ce malheureux paralytique de trente-huit ans tigure le pécheur invétéré ; cependant il est guéri, et le voici qui marche. Que s'estil donc passé ? Ecoutons-le d'abord : « Sei« gneur, dit-il, je n'ai point d'homme pour « me jeter dans la piscine ». L'eau de cette piscine l'eût sauvé ; mais il lui fallait un
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homme pour l'y plonger. Le Fils de Dieu sera cet nomme ; c'est parce qu'il s'est fait homme que nous sommes guéris. Comme homme, il a reçu le pouvoir de remettre les péchés, et avant de monter aux cieux, il dit a d'autres hommes : « Ceux à qui vous re« mettrez les péchés, ils leur seront remis ». Nos pénitents seront donc réconciliés avec Dieu, en vertu de ce pouvoir surnaturel; et le paralytique levant avec facilité son grabat, et l'emportant sur ses épaules, comme un trophée de sa gucrison, est la ligure du pécheur auquel ^l'Eglise de Jésus-Christ, en vertu du divin pouvoir des clefs, a remis ses iniquités.
Au III" siècle du christianisme, un hérétique, Novatien, osa enseigner que l'Eglise n'avait pas le pouvoir de remettre les péchés commis depuis le baptême. Cette erreur désespérante fut proscrite par les conciles et les saints docteurs; et, pour exprimer aux yeux des fidèles l'auguste puissance que le Fils de l'homme a reçue pour purifier toute âme pénitente, on peignit, dans les lieux où les chrétiens s'assemblaient, le paralytique de notre Evangile marchant libre et dégagé, son grabat sur les épaules. Cette consolante image se rencontre fréquemment sur les fresques des Catacombes de Rome, contemporaines de l'âge des Martyrs. Nous apprenons sur ces monuments l'intention de cette lecture de l'Evangile que l'Eglise, depuis tant de siècles, a fixée à ce jour.
L'eau de la piscine Probatique était aussi un symbole ; mais il était destiné à l'instruction des Catéchumènes. C'est par l'eau qu'ils
Le Vendr. des Qiiatre-Temps de Carême. 2 1 5
devaient être guéris, et par une eau divinement fécondée d'en haut. Ce miracle, dont Dieu favorisait encore la Synagogue, ne servait chez les Juifs qu'à la guérison du corps, et seulement pour un seul homme, à rares intervalles; mais depuis que l'Ange du grand Conseil est descendu des cieux et qu'il a sanctitié l'eau du Jourdain, la piscine est partout; à chaque heure son eau rend la santé aux âmes, depuis l'enfant naissant jusqu'au vieillard. L'homme est le ministre de cette grâce; mais c'est le Fils de Dieu devenu Fils de l'homme qui opère. Disons aussi un mot des malades que l'Evangile nous représente comme rassemblés dans l'attente de la guérison. C'est l'image de la société chrétienn'e. en ces jours. Il y a des languissants, hommes tièdes qui ne rompent jamais franchement avec le mal ; des aveufles. chez lesquels l'œil de l'àme est éteint ; es boiteux, dont la marche dans la voie du salut est chancelante ; des malheureux dont les membres sont desséchés, impuissants à toute espèce de bien; ils espèrent dans le moment favorable. Jésus va venir à eux; il va leur demander, comme au paralytique : Voulez-vous être guéris? Question remplie d'une charité divine ! Qu'ils y répondent avec amour et contiance, et ils seront guéris.
HUMILIEZ vos tètes devant! t ■» umiliate capitavesDieu. I fi tra Deo.
EXAUCEZ-NOUS, ô Dieu de 1 — ,X-A.UDI nos. misericors miséricorde! et faites voir j £, Deus,etmentibusnos2 il)
tris tTiatiae tuœ lumen ostende. Per Christiun Dominum nostrum. Amen.
à nos âmes la lumière de votre grâce. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Rendons hommage au céleste médecin de nos âmes, en lui exprimant nos vœux par ces strophes de l'Eglise grecque, dans son Triodion.
(FenaVl Hebdomadœ Ix Jejunionim.)
QUI passionibus tuis tradidisti omnibus vacuitatem a passionibus, effice, Domine, ut divina cruce carnis mené affectionibus exstinctis, sanctam pariter Resurrectionem tuam conspiciani.
Puritatis serva nos, jejunii ope,
fons, conmisericors. respice ad
nos ante te procidentes, attende elevationi manuum nostrarum, qui manus tuas in ligno pro mortalibus omnibus crucifixus expandisti, Angclorum unus Dominas.
Inimici t'raudibusobtcnebratum me illumina, Christe meus, qui cruci suspensus solem quondam obscurasti, et vero remissionis lumine fidèles palam irradiasti, quo in mandatorum tuorum luce ambulans, purus ad salutiferœ resurrectionis tuœ splendorem perve''Poi qui par tes souffrances ' as délivré l'homme des mauvaises passions, fais, Seigneur, que ta divine croix éloigne les penchants de ma chaiV, et que je contemple ta sainte Résurrection.
Source de pureté, Seigneur miséricordieux, conserve-nous par le mérite de ce jeiîne ; vois-nous prosternés à tes pieds, vois nos mains élevées vers toi qui as étendu les tiennes sur le bois pour tous les mortels, unique Seigneur des Anges.
Les illusions de l'ennemi m'ont jeté dans les ténèbres ; cclaire-moi, ô mon Christ ! toi qui, suspendu à la croix, as obscurci la lumière du soleil et fait luire sur tes fidèles la lumière du pardon. Que je marche à la lueur de tes préceptes, et que j'arrive purifié aux snlcndeurs salutaires de ta Résurrection.
Le Vendr. des Quaîre-Temps de Carême. 2 i -;
O Sauveur 1 ô Christ I semblable à une vigne attachée au bois, tu as arrosé tout» la terre du vin de l'immortalité. Je m"écrie : Déjà tu m'as versé, à moi aveuglé par m.es péchés, le suc de la douce componction ; maintenant donne-moi la force de jeûner des plaisirs coupables, toi qui es bon et miséricordieux.
O puissance de ta croix ! c'est elle qui a fait fleurir dans l'Eglise le germe de l'abstinence, en arrachant l'ancienne intempérance qui. dans Eden. fît tomber Adam ; celle-ci a été une source de mort pour les hommes ; cellelà est pour le monde un fleuve d'immortalité toujours pur. qui coule comme d'un autre paradis dans ton sang vivifiant uni avec l'eau ; c'est de là que tout a repris la vie : par ce fleuve, fais-nous goûter des délices dans le jeûne. 6 Dieu d'Israël ! toi dont la miséricorde est si grande.
Salvator, vitis instar e ligno pendens. incorruptionis mero fines terrœ irrigasti. o Christe ! Unde exclamo : Mihi temulentia peccatorum miserum in modum semper obcaecato dulcem verœ compunctionis succum largitus, prœbe nunc vires ut jejunare a voluptatibus valeam. utpote bonus, atque misericors.
O crucis tuae potentiam ! hoc abstinentiae germen in Ecclesia efflorescere fecit, prisca in Eden Adami intemperantia radicitus evulsa : ex hac siquidem mors in homines derivavit, ex illa vero incorruptus immortalitatis latex mundo effluit, veluti ex alio paradisi fonte, vivifico sangaine tuo. atque aqua simul effusis. unde universa vitam receperunt : indeque dulces nobis effice iejunii delicias. Deus Israël, qui magnam habes misericordiam.
A Station est dans la Basilique de Saint-Pierre au Vatican, où le peuim pie se réunissait sur le soir pour >^ assister à l'ordination des Prêtres et des ministres sacres. Ce jour était appelé le Samedi aux dou:{e Leçons, parce ou'on lisait d'abord douze passages des saintes Ecritures, comme au Samedi" saint. La Messe à laquelle se conférait l'Ordination avait lieu dans la nuit, déjà sur le Dimanche. Dans la suite, on a anticipé au Samedi cette Messe de l'Ordination ; mais, en mémoire de l'antique usage, on n'a pas assigne d'autre Evangile pour le Dimanche que celui qui se lit maintenant au Samedi ; ce qui amène la répétition de cet Evangile deux jours de suite. Nous avons observé la même particularité au Samedi des Quatre-Temps de l'Avent, parce que la Messe de l'Ordination y a été pareillement avancée d'un jour.
Pori'LUM tuum, quaesurriLis Domine, propitius rcspice : atque ab eo flagella tucc iracundiae clementcr avorte. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
REGARDE?, Seigneur, votre peuple d'un œil favorable, et, dans votre clémence, détournez de lui les fléaux de votre colère. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Le Samedi des Qiiatre-Temps de Carême. 21g
Lecture du livre du Deutéronome. Chap. xxvi.
EN ces jours-là, Moïse parla au peuple et lui dit : Quand tu auras donné la dîme de tous tes fruits, tu diras ceci devant le Seigneur ton Dieu : J'ai ôté de ma maison ce qui vous était consacré, et je l'ai donné au Lévite, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, comme vous me l'avez ordonné. Je n'ai point négligé vos préceptes, ni oublié votre commandement. J'ai obéi à la voix du Seigneur mon Dieu, et j'ai tout fait comme vous me l'aviez prescrit. Regardez donc , Seigneur, de votre sanctuaire, et du haut des cieux où vous habitez , et bénissez votre peuple d'Israël, et la terre que vous nous avez donnée, selon que vous l'aviez juré à nos pères, cette terre où coulent en ruisseaux le lait et le miel. Le Seigneur ton Dieu t'a commandé aujourd'hui d observer ces ordonnances et ces préceptes, de les garder et accomplir de tout ton cœur et de toute ton àme. Tu as aujourd'hui choisi le Seigneur, afin qu'il soit ton Dieu, afin que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses cérémonies, ses préceptes et ses ordonnances, et que tu obéisses à son commandeLectio libri Deuteronomii. Cap. xxvi.
IN diebus illis : Locutus est Moyses ad populum, dicens : Quando compleveris decimam cunctarum frugum tuarum, loqueris in conspectu Domini Dei tui : Abstuli quod sanctificatum est de domo mea. et dedi illudLevitaset advenae. et pupillo ac viduœ, sicut jussisti mihi : non prasterivi mandata tua, nec sum oblitus imperii tui. Obedivi voci Domini Dei mei, et feci omnia sicut praecepisti mihi. Respice de sanctuario tuo, et de excelso cœlorum habitaculo. et benedic populo tuo Israël, et terrae quam dedisti nobis, sicut jurasti patribus nostris . terrse lacté et melle mananti. Hodie Dominus Deus tuus praïcepit tibi ut facias mandata hœc atque judicia ; et custodias et impleas ex toto corde tuo, et ex tota anima tua. Dominumelegisti hodie, ut sit tibi Deus. et ambules in viis ejus, et custodias caeremonias illius, et mandata atque judicia. et obedias ejus imperio. Et Dominus elegit te hodie, ut sis
ci populus peculiaris, sicut locutus est tibi, et custodias omnia praecepta illius : et faciat te excelsiorem cunctis gentibusquascreavit. in laudem, et nomen, et gloriam suam : ut sis popuius sanctus Domini Dei tui. sicut locutus est.
ment ; et le Seigneur t'a choisi aujourd'hui, afin que tu sois son peuple particulier, selon qu'il te l'a déclaré, et que tu gardes tous ses préceptes, et qu'il fasse de toi la plus illustre des nations qu'il a créées, pour sa louange, pour son nom et pour sa gloire, afin que tu sois le peuple saint du Seigneur ton Dieu, selon qu'il te l'a dit.
LE Seigneur nous apprend, dans ce passage de Moïse, qu'une nation tîdèle à garder toutes les prescriptions du service divin sera bénie entre toutes les autres. L'histoire est là pour attester la vérité de cet oracle. De toutes les nations qui ont péri, il n'en est pas une seule qui ne l'ait mérité par son oubli de la loi de Dieu ; et il en doit être ainsi. Quelquefois le Seigneur attend avant de frapper; mais c'est arin que le châtiment soit plus solennel et plus exemplaire. Veut-on se rendre compte de la solidité des destinées d'un peuple ? Que l'on étudie son de^ré de fidélité aux lois de l'Eglise. Si son droit public a pour base les principes et les institutions du christianisme, cette nation peut avoir quelques germes de maladie ; mais son tempérament est robuste ; les révolutions l'agiteront sans la dissoudre. Si la masse des citoyens est fidèle à l'observation des préceptes extérieurs ; si elle garde, par exemple, le jour du Seigneur, les prescriptions du Carême, il y a la un fonds de moralité qiji préservera ce peuple des dangers d'une dissolution. De tristes écononiistes n'y verront
Le Samedi des Quatre- Temp^ de Carême.
qu'une superstition puérile et traditionnelle, qui n'est bonne qu'à retarder le progrès; mais que cette nation, jusqu'alors simple et tidèle, ait le malheur d'écouter ces superbes et niaises théories, un siècle ne se passera pas sans qu'elle ait à s'apercevoir qu'en s'émancipant de la loi rituelle du christianisme, elle a vu baisser chez elle le niveau de la morale publique et privée, et que ses destinées commencent à chanceler. L'homme peut dire et écrire tout ce qu'il voudra ; Dieu veut être servi et honoré par son peuple, et il entend être le maître des formes de ce service et de cette adoration. Tous les coups portés au culte extérieur, qui est le véritable lien social, retomberontde tout leur poids sur l'édihce des intérêts humains. Quand bien même laparole du Seigneur n'y serait pas engagée, il est de toute jus'tice qu'il en soit ainsi.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap.
EN ce temps-là, Jésus prit Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les conduisit à part sur une haute montagne, et il fut transfiguré devant eux. Et sa face resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la neige. Et voici que Moïse et Elie leur apparurent conversant avec lui. Pierre, s'adressant à Jésus, lui dit : Seigneur, il nous est bon d'être ici : si vous le voulez, faisons-}' trois
jN illo temp