Institutions liturgiques (page 17)
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sous le titre de : Liturgia Alemannica, dans lequel il décrit en détail la manière dont on gardait dans les -diverses églises de la Germanie la Liturgie romaine. On voit que les usages particuliers de ce pays ne dérogeaient en rien à l'unité liturgique qui, du moins, chez les catholiques, n'a jamais été brisée en Allemagne.
Avant de donner la liste des auteurs liturgistes de l'époque qui nous occupe, nous dirons ici quelques mots d'un précieux monument de l'antiquité ecclésiastique dont l'étude est nécessaire à quiconque veut posséder en leur entier les sources de la science liturgique. Ce livre est connu sous le nom de Liber diurnus Romanorum Pontificum. L'histoire de sa publication tentée plusieurs fois et enfin accomplie en 1680, par le P. Garnier, jésuite, est longue et curieuse ; mais elle nous entraînerait trop loin de notre sujet. Nous dirons donc seulement que le Liber diurnus est un recueil des formules dont les Papes se servaient durant les sixième, septième et huitième siècles, et dans lequel on trouve les rites de leur ordination, et de celles des évêques d'Italie qui étaient obligés de venir recevoir à Rome la consécration épiscopale, les professions de foi, les privilèges, les mandats, les concessions et autres actes semblables. Le recueil est divisé en sept chapitres, subdivisés eux-mêmes en plusieurs articles. Le premier chapitre contient des formules de lettres aux princes et autres personnes séculières ; aux patriarches, archevêques, évêques, prêtres, diacres, primiciers, secondiciers. On trouve, dans le second, les formules de toutes les lettres et de tous les actes qui précédaient et suivaient l'élection du Pape. Le troisième chapitre comprend les formules des lettres, des rites et des actes qui étaient d'usage dans l'ordination des évêques consacrés à Rome. Entre autres promesses que faisait avec serment le nouvel évêque, on remarque celle de célébrer toujours
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les divins offices suivant le rite romain (1). Dom Mabillon attribue cette injonction à saint Grégoire le Grand (2). Le quatrième chapitre regarde l'usage du Pallium, et en conséquence, il a un rapport direct avec la Liturgie, ainsi que le cinquième qui contient les formules de rescrits, ou mandats pour l'ordination d'un prêtre, la dédicace d'un oratoire, la consécration d'une église, d'un baptistère, d'un autel; pour la concession des reliques des saints, pour les lever de terre et les renfermer dans des châsses, etc. Le sixième chapitre renferme principalement les formules de lettres et de commissions pour ceux qui étaient chargés de la régie du patrimoine des Églises, ou des affaires qui regardaient le Siège apostolique. Le septième enfin contient le formulaire des privilèges accordés aux monastères, aux diaconies et aux hospices.
En tête des écrits et compositions des septième et huitième siècles sur la matière de la Liturgie, nous plaçons tout d'abord ceux des Ordres romains qui se rapportent à cette période. On sait, sans doute, que les Ordres romains sont des écrits plus ou moins étendus renfermant le détail des cérémonies de la messe papale, de l'administration des sacrements, etc. Mais comme nous devons faire ailleurs l'énumération raisonnée de tous les monuments de ce genre, nous n'en dirons rien dans cet endroit, et nous passerons incontinent à la liste des liturgistes de l'époque que nous décrivons.
(604). Nous avons encore un mot à dire sur les travaux liturgiques de saint Grégoire : il nous reste à parler de ses Hymnes. D. Denys de Sainte-Marthe lui donne les suivantes qui sont presque toutes au Bréviaire romain : Primo dierum omnium. Nocte surgentes, vigilemus omnes. Ecce jam noctis tenuatur umbra. Lucis
(1) Liber diurnus, cap. III, tit. VII.
(2) Musaeum Italicum, tom. I, p. 106.
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creator optime. Clarum decus jejunii. Audi, benigne conditor. Magno salutis gaudio. Rex, Christe, factor omnium.
(608). Cyriaque, évêque de Nisibe, hérétique nestorien, écrivit une Exposition des Mystères, et un traité de la Nativité et de l'Epiphanie.
(609). Conantius, évêque de Palentia, composa de nouvelles hymnes pour l'office gothique, et y adapta des modulations musicales. Il rédigea pareillement des oraisons sur tous les psaumes.
(615). Jean, d'abord moine, ensuite évêque de Saragosse, composa aussi, pour la Liturgie gothique, plusieurs prières remarquables par le style et l'harmonie.
(617). Jean, évêque de Bostres, en Arabie, hérétique monophysite, est auteur d'une Anaphore, traduite en latin par Renaudot.
(620). Jean Mosch, moine de Palestine, dans son fameux livre intitulé le Pré Spirituel, présente une foule de particularités curieuses qui ont trait à la Liturgie de son temps, et en particulier l'histoire des enfants d'Apamée.
(620). Saint Protadius, évêque de Besançon, n'est f connu, sous le rapport de ses travaux liturgiques, que par ce que nous en apprend l'auteur anonyme de sa vie. Il dit que les clercs des églises de Besançon étant souvent en difficulté au sujet des cérémonies qu'ils devaient observer, saint Protadius fit un livre en forme de rituel, dans lequel il prescrivit de quelle manière on devait se comporter dans l'assemblée des Frères; ce que l'église devait pratiquer ou éviter; combien il devait y avoir de ministres à l'autel, dans les fêtes solennelles; quel temps on devait prendre pour les processions publiques, et les lieux où elles devaient se diriger; quel jour les Congrégations de la ville devaient se rendre à la mère église; enfin, ce qu'il fallait pratiquer dans l'église, chaque jour de l'année.
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(626). Saint Donat, évêque de Besançon, a composé une règle célèbre, pour des religieuses, dans laquelle on trouve de nombreuses et importantes particularités sur l'office divin.
(645). Saint Maxime, abbé de Chrysopolis, le vengeur de l'orthodoxie contre les monothélites, mérite aussi d'être compté parmi les liturgistes, pour son excellente Mystagogie ou Exposition de la Liturgie, et encore pour son précieux commentaire de la Hiérarchie ecclésiastique de saint Denys l'Aréopagite.
(646). Eugène II, évêque de Tolède, suivant ce que dit saint Ildephonse, corrigea les livres de l'Église gothique, sous le rapport du chant. Le B. Tommasi lui donne, d'accord avec Alcuin, l'hymne : Rex Deus immensi quo constat machina mundi.
(651). Jacques dit le Commentateur, de la nature de ses travaux, fut évêque d'Edesse. Il est honoré comme saint et docteur orthodoxe par les Maronites. Entre autres compositions liturgiques, il est auteur d'une Anaphore en l'honneur de saint Jacques, apôtre, et d'une autre insérée au recueil de Renaudot. Il a donné aussi un Ordre du saint Baptême, qui se trouve dans plusieurs des rituels orientaux; une Lettre à Thomas, prêtre, dans laquelle est décrite la messe des Syriens; une autre lettre à Jean le Stylite, sur la bénédiction de l'eau; une autre à Adée, prêtre, sur divers rites ecclésiastiques ; dix hymnes pour la fête des Palmes; une autre en l'honneur de la sainte Vierge Marie, etc.
(651). Jésuiab d'Adiabène, patriarche des nestoriens, mit en ordre l'office pour le cercle de l’année, dit Amro, cité par Zaccaria. Il régla aussi l'ordre du baptême, de la pénitence, des ordinations, et de la Dédicace de l'Église. Il composa en outre des hymnes nombreuses.
(657). Saint Ildephonse, moine et ensuite évêque de Tolède, l'une des plus brillantes lumières de l'Église
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gothique d'Espagne, a laissé un opuscule excellent sur les cérémonies du Baptême. Il composa en outre deux Messes d'un chant merveilleux, en l'honneur de saint Côme et de saint Damien.
(661). George, appelé aussi Grégoire, évêque de Syracuse, a composé des Tropes en l'honneur de la Nativité de Notre-Seigneur et de son Epiphanie.
(668). Théodore, moine, et plus tard archevêque de Cantorbéry, est connu par son fameux Livre pénitentiel, qui donne une idée de l'administration du sacrement de Pénitence au VIIe siècle, dans l'Église latine.
(675). Saint Julien, successeur de saint Ildephonse sur le siège de Tolède, outre les hymnes qu'il a composées, rédigea un livre des Messes pour toute l'année, corrigeant les anciennes et en ajoutant de nouvelles.
(682). Saint Léon II, pape, est appelé, dans le Liber pontificalis, vir eloquentissimus, cantilena ac psalmodia prœcipuus, et in earum sensibus subtilissima exercitatione elimatus. Platine vante aussi l'habileté de ce Pape dans la musique, et dit qu'il régla la psalmodie et réforma le chant des hymnes. L'abbé Lebeuf ne fait pas de difficulté de lui attribuer une certaine part au Livre Responsorial, dont le fond appartient à saint Grégoire.
(685). Jean Maron, premier patriarche des Maronites, qui tirent de lui leur nom, est auteur d'une Anaphore et d'un livre du Sacerdoce.
(691). Johannicius de Ravenne, mit en ordre les Livres sacrés, les Antiennes et tous les rites de l'Église de Ravenne; c'est ce que rapporte Zaccaria, d'après de Rubeis et Ginanni.
(700). Ecbert, Suédois, moine de Lindisfarne, écrivit un livre de Ritibus catholicorum.
(700). Saint Adelme, abbé de Malmesbury, et ensuite évêque de Schirburn, se distingua, dit l'abbé Lebeuf, par son aptitude à composer le chant ecclésiastique.
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(701). Le vénérable Bède, moine anglais, est auteur du Martyrologe qui porte son nom, et de plusieurs hymnes. Le B. Tommasi lui attribue les suivantes : Hymnum canentes Martyrum, pour la fête des Saints Innocents ; Hymnum canamus gloriœ, pour l'Ascension ; Emitte, Christe, Spiritus, pour la Pentecôte ; Prœcursor altus luminis, pour la Nativité de saint Jean-Baptiste; et Proecessor almus gratiae, pour sa Décollation ; Apostolorum gloriam, pour la fête des saints Apôtres Pierre et Paul; Adesto, Christe, vocibus, pour la Nativité de la sainte Vierge, Nunc Andreae solemnia, pour la fête de saint André ; Hymnum dicat turbafratrum, pour l'Office de la Nuit ; Primo Deus cœli globum, sur l'œuvre des six jours.
(705). Acca, moine anglais, ami du vénérable Bède, écrivit un livre des Offices ecclésiastiques.
(710). Saint André, archevêque de Crète, est auteur d'un grand nombre d'hymnes sur diverses fêtes de l'année, sur la sainte Vierge Marie et sur plusieurs autres saints.
(720). Babaeus, hérétique nestorien, érigea des écoles de musique sacrée dans la province d'Adiabène, et composa diverses bénédictions et des hymnes.
(73o). Cosme, d'abord moine, puis évêque de Maiuma en Palestine, fut le maître de saint Jean Damascène. Il est auteur de plusieurs hymnes qui se chantent dans les offices de l'Église grecque.
(730). Saint Jean Damascène a composé aussi diverses hymnes sacrées que l'on trouve dans ses œuvres, et dont plusieurs font partie de la Liturgie grecque.
742). Saint Chrodegang, évêque de Metz, dans sa règle pour les Chanoines, a renfermé un grand nombre de particularités précieuses pour la connaissance de la Liturgie de son temps.
(75o). Zaccaria place vers cette année l'Anonyme auquel
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nous devons l'Exposition de la Messe romaine, insérée par Dom Martène, au tome premier de son grand ouvrage de Antiquis Ecclesiœ ritibus.
(760). Théodose, évêque de Syracuse, composa des hymnes destinées à être chantées à l'office des Vêpres, les jours de jeûne.
(760). Florus, moine de Saint-Tron, fit des additions importantes au Martyrologe de Bède.
(768). Charlemagne fut zélé pour la Liturgie. Nous verrons bientôt les mesures qu'il prit à l'effet de procurer l'unité des formes du culte dans toute l'étendue de son vaste empire. Il est auteur de l'hymne Veni, Creator Spiritus (1); d'un livre à Alcuin, de Sacrificio Missœ et ratione Rituum Ecclesiœ; d'une lettre circulaire, de Baptismo ejusque ritibus, adressée à Odilbert, archevêque de Milan.
(770). Saint Sturmius, premier abbé de Fulde, publia un opuscule sous ce titre : Ordo Officii in domo, seu Ecclesia Frisingensi, ante Pascha.
(770). Grégoire de Systre, hérétique nestorien, écrivit sur les raisons des fêtes, et un cantique qui commence ainsi : Estote parati.
(773). Cyprien, métropolitain de Nisibe, composa un Ordre de l'imposition des mains.
(774). Paul, diacre d'Aquilée, moine du Mont-Cassin, historien remarquable, est auteur de l'hymne de Saint Jean : Ut queant laxis. Il rédigea aussi un Homiliaire, ou recueil d'Homélies des Saints Pères, pour être lues dans les Offices de l'Église. Vers le même temps, on trouve un autre Homiliaire composé par Alain, moine de Farfa.
(776). Saint Paulin, patriarche d'Aquilée, a composé sept hymnes en grands ïambiques, parmi lesquels le
(1) Acta SS Aprilis. Tom. I. In Vita B. Notkeri Balbuli.
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B. Tommasi et Madrisius, éditeur de saint Paulin, comptent celle de la fête de saint Pierre et saint Paul, l'une des deux attribuées à Elpis, femme de Boëce : Felix per omnes festum mundi cardines.
(780). Alcuin, moine anglais, a été très-célèbre parmi les liturgistes de son temps. On lui a longtemps attribué un Sacramentaire, un Homiliaire, et surtout le livre de Divinis Officiis, qui est une exposition de l'Ordre romain, composée après l'an 1000 ; mais il est certainement auteur des ouvrages suivants : Liber Sacramentorum ; Officia per ferias; de Ratione Septuagesimœ, Sexagesimœ et Quinquagesimœ, Epistola ad Ethelardum ; de Psalmorum usu; à quoi il faut ajouter une autre Epître au prêtre Oduin, de Baptismi cœremoniis.
(793). Cyriaque, patriarche d'Antioche, semble avoir composé une Liturgie chaldaïque, bien que cette question ne soit pas sans difficulté entre les savants dont Zaccaria rapporte les avis.
(794). Théodulphe, évêque d'Orléans, outre un livre de Ordine et Oratione rituum Baptismi, composa, pendant sa détention à Angers, la fameuse hymne du Dimanche des Rameaux : Gloria, laus et honor.
(798). Leidrade, archevêque de Lyon, adressa à Charlemagne un livre sur le Sacrement du Baptême, et une Epître au même, sur le même sujet.
(799). Jessé, évêque d'Amiens, écrivit une lettre à son clergé et à son peuple, sur l'explication des rites observés par l'Église, dans le Baptême. Enfin, vers l'an 800, Magnus, archevêque de Sens, composa, par ordre de Charlemagne, un opuscule, de Mysterio Baptismatis, inséré, par Dom Martène, dans le premier volume de ses Rites ecclésiastiques.
Nous conclurons ce chapitre par les observations suivantes :
Durant les VIIe et VIIIe siècles, la Liturgie suivit le
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même mouvement de perfectionnement qui lui avait été imprimé dès le IVe et le Ve ;
Tous les grands docteurs, les grands évêques, les grands abbés, furent liturgistes ; les hérétiques continuèrent, en Orient, à souiller de leurs mains impures les livres des prières sacrées;
Le Siège apostolique, sans déclarer encore l'intention d'unir tout le patriarcat d'Occident sous la loi d'une même Liturgie, exigea des évêques d'Italie le serment de garder les usages de l'Église romaine, et n'en permit pas d'autres aux nouvelles églises que ses apôtres établissaient dans une partie de l'Europe ;
Enfin, les travaux de saint Grégoire sur les divins Offices, la correction de l'Antiphonaire ; en un mot, tous les perfectionnements que ce grand Pape et ses successeurs introduisirent dans la Liturgie romaine, la rendirent de plus en plus digne du respect et de l'admiration des Églises d'Occident, qui la vénèrent et la pratiquent encore, excepté l'Église de Milan, qu'une possession non interrompue autorise à conserver une Liturgie vénérable par son origine pure, et quelques autres qui dans des jours mauvais se sont séparées de l'harmonieux concert établi dans tout le monde latin par l'unité liturgique.
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NOTES DU CHAPITRE VII
NOTE A
Veniens quidam de Sicilia mihi dixit, quod aliqui amici ejus, vel Graeci vel Latini, nescio, quasi sub zelo sanctae Romanae Ecclesia; de meis dispositionibus murmurarent, dicentes: Quoniam Ecclesiam Constantinopolitanam disponit comprimere, qui ejus consuetudines per omnia sequitur. Qui cum dicerem : Quas consuetudines sequimur ? respondit : Quia alleluia dici ad missas extra Pentecostes tempora fecistis; quia subdiaconos spoliatos procedere; quia Kyrie eleison dici; quia orationem Dominicain mox post canonem dici statuistis. Cui ego respondi: Quia in nullo eorum aliam Ecclesiam secuti sumus. Nam ut alleluia hic diceretur, de Hierosolymorum Ecclesia, ex beati Hieronymi traditione, ; tempore beatas memoriæ Damasi Papae, traditur tractum: et ideo magis in hac sede illam consuetudinem amputavimus, quae hic a Graecis fuerat tradita. Subdiaconos autem ut spoliatos procedere facerem, antiqua consuetudo Ecclesiae fuit. Sed quia placuit cuidam nostro Pontifici, nescio cui, qui eos vestitos procedere praecepit. Nam vestrae Ecclesia; numquid traditionem a Graecis acceperunt? Unde habent ergo hodie, ut subdiaconi lineis in tunicis procedant, nisi quia hoc a matre sua Romana Ecclesia perceperunt? Kyrie eleison autem nos neque diximus neque dicimus, sicut a Graecis dicitur : quia in Graecis simul omnes dicunt; apud nos autem a clericis dicitur, et a populo respondetur, et totidem vicibus etiam Christe eleison dicitur, quod apud Graecos nullo modo dicitur. In quotidianis autem Missis alia quas dici solent tacemus, tantummodo Kyrie eleison et Christe eleison dicimus, ut in his deprecationis vocibus paulo diutius occupemur. Orationem vero Dominicam idcirco mox post precem dicimus, quia mos apostolorum fuit, ut ad ipsam solummodo orationem oblationis hostiam consecrarent: et valde mihi inconveniens visum est, ut precem quam Scholasticus composuerat, super oblationem diceremus, et ipsam traditionem quam Redemptor noster composuit, super ejus corpus et sanguinem tace-remus. Sed et Dominica oratio apud Graecos ab omni populo dicitur, apud nos vero a solo sacerdote. In quo ergo Graecorum consuetudines secuti sumus, qui aut veteres nostras reparavimus, aut novas et utiles constituimus, in quibus tamen alios comprobamur imitari ? Ergo vestra charitas, cum occasio dederit, ut ad Catanensem civitatem pergat, vel in Syracusana Ecclesia, eos quos credit aut intelligit, quia hac de re murmurare potuerunt, facta collatione doceat, et quasi alia ex occasione eos instruere non désistât. Nam de Constantinopolitana Ecclesia quod dicunt, quis eam
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dubitet Sedi Apostolicas esse subjectam? Quod et piissimus domnus Imperator, et frater ejusdem civitatis Episcopus assidue proritentur. Tamen si quid boni vel ipsa vel altera Ecclesia habet, ego et minores meos quos ab illicitis prohibeo, in bono imitari paratus sum. Stultus est enim qui in eo se primum existimat, ut bona quae viderit, discere contemnat.
(S. Gregorii Epist. ad Joannem Syracus., lib. IX, epist. XII.)
I - CHAPITRE VIII
CHAPITRE VIII : DIGRESSION SUR L'HISTOIRE DES AUTRES LITURGIES D'OCCIDENT : AMBROSIENNE, AFRICAINE, GALLICANE, GOTHIQUE OU MOZARABE, BRITANNIQUE ET MONASTIQUE.
NOTES DU CHAPITRE VIII
NOTE A
NOTE B
NOTE C
Les nécessités de l'histoire que nous écrivons nous obligent à suspendre notre récit pour placer ici quelques notions sur diverses Liturgies qui ont déjà été nommées plusieurs fois, et dont quelques-unes existent encore. Nous consacrerons le présent chapitre aux Liturgies de l'Occident, et le suivant à celles de l'Orient.
La plus ancienne Liturgie de l'Occident, après celle de Rome, est la Liturgie de Milan,connue sous le nom d'Ambrosienne. S'il fallait en croire Jean Visconti (1), saint Barnabe, que les Milanais, depuis plusieurs siècles, vénèrent comme leur apôtre, aurait disposé l'ordre de la messe; saint Miroclès, évêque de la même Église, aurait réglé la psalmodie, et enfin saint Ambroise aurait complété et perfectionné cet ensemble. Malheureusement les preuves manquent totalement à ces assertions, et il est bien plus simple de convenir que l'origine des formes du culte divin, dans l'Église de Milan, se confond avec l'origine même du christianisme. Si les circonstances avaient permis à d'autres églises d'aussi haute antiquité de garder leurs usages primitifs, on retrouverait chez elles la même incertitude. Toutefois, le nom d'Ambrosienne attribué de tout temps à la Liturgie de Milan, prouve très-certainement qu'un aussi grand docteur que saint
(1) De Ritibus Missae, Iib. II, cap. XII.
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Ambroise a dû, ainsi que tous les plus illustres évêques de l'antiquité, travailler à la correction de la Liturgie de son église. On peut donc lui attribuer un travail analogue à celui de saint Gélase et de saint Grégoire sur le Sacramentaire romain: mais c'est sans aucune espèce de preuve que Pamélius (1) attribue, d'une manière précise, à saint Ambroise, la composition du plus grand nombre des messes, oraisons, et préfaces du Missel ambrosien actuel. Lorsque le saint docteur monta sur le siège de Milan, ayant reçu dans l'espace de quelques jours le baptême et l'épiscopat, il trouva sans doute une Liturgie toute faite, et dut mettre son application à l'exécuter, avant de songer à y faire des changements et des améliorations (2). Dom Mabillon, au tome second du Musæum Italicum, énumère les allusions que présentent les divers écrits de saint Ambroise aux usages liturgiques de son temps, et s'en sert pour fixer jusqu'à un certain point la forme du service divin dans l'Église de Milan, au vie siècle (3). Il dit ailleurs que les fameux livres des Sacrements semblent être le fondement de la plupart des rites ambrosiens (4); mais ce savant homme n'a pas jugé à propos de discerner ceux de ces usages qui ont pour instituteur saint Ambroise, d'avec ceux qui lui sont antérieurs. Cette tâche eût été, en effet, bien difficile, pour ne pas dire impossible, à remplir : toutefois, on peut donner avec certitude à saint Ambroise, outre l'institution du chant alternatif dans l'Occident, un grand nombre d'hymnes qui furent accueillies avec enthousiasme par beaucoup d'églises; jusque-là qu'au rapport de Walafride Strabon (5), en certains lieux, on les chantait même à la messe ; de plus,
(1) Liturgia, tom. I, pag. 451.
(2) Lebrun, Explication de la Messe, tom. II, pag. 176.
(3) Musœum Italicum, tom. I, pag. 101.
(4) De Liturgia Gallicana, lib. I, cap. 2, n° 7, pag. 8.
(5) De Rebus ecclesiasticis, cap. XXV.
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les messes des martyrs, dont le saint évêque découvrit les corps, savoir les saints Nazaire et Celse, Gervais et Protais, Vital et Agricole ; un certain nombre de préfaces, que Walafride Strabon nomme Tractatus, en l'endroit déjà cité ; les prières pour la Dédicace de l'église, pour la consécration des saintes Huiles, pour la bénédiction du Cierge pascal, qui toutes portent en tête le nom de saint Ambroise, dans les plus anciens Sacramentaires, etc. Quant aux prières de préparation à la Messe, Summe Sacerdos et Ad mensam dulcissimi, qui sont insérées dans les Missels et les Bréviaires, sous le nom de saint Ambroise, on ne voit rien qui puisse justifier cette assertion. Les Bénédictins, éditeurs de notre saint docteur, n'ont trouvé la première dans aucun manuscrit, et n'ont rencontré la seconde que dans un seul qui ne datait pas d'au-delà de sept cents ans.
Un fait digne de remarque dans la Liturgie ambrosienne, c'est la fréquente conformité avec la romaine. Non-seulement le Canon est presque entièrement semblable, mais un grand nombre d'introït, d'oraisons, d'épîtres, d'évangiles, sont identiquement les mêmes dans les Missels des deux Eglises. Le Bréviaire offre aussi plusieurs ressemblances du même genre. Il semble même que les livres romains aient été imités à Milan, avec une intention toute particulière ; car on trouve au Missel ambrosien la mémoire de sainte Anastasie, dans la seconde messe de Noël, mémoire qui ne convient qu'à la Station qu'on fait à Rome dans l'église de cette sainte, ainsi que nous le dirons ailleurs (1). On trouve en outre au Canon, l'addition de saint Grégoire : Diesque nostros in tua pace disponas. Faut-il attribuer cette conformité à
(1) On ne trouve plus cette mémoire dans le Missel du Cardinal Qaysruk, imprimé en 1800; mais outre les manuscrits, nous avons, en faveur de ce fait caractéristique, le Missel gothique, in-quarto,imprimé à Milan, en 15oo, et plusieurs de ceux qui l'ont suivi.
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une exigence du Siège apostolique, qui aurait voulu que l'Église de Milan, qui était de sa Primatie, comme toutes celles d'Italie, eût au moins dans ses usages quelque chose de commun avec l'Eglise de Rome, et principalement le Canon ? ou faut-il expliquer cette communauté de rites et de prières par des emprunts volontaires, et peut-être réciproques ? car l'Église romaine a, de tout temps, été dans l'usage d'adopter ce qui lui paraissait louable dans les autres, et l'on voit au Sacramentaire de saint Grégoire plusieurs prières qui portent en titre le nom de saint Ambroise. Il est probable que ces deux hypothèses renferment quelque chose de véritable. Comme nous devons donner en temps et lieu la description de la messe et de l'office du rite ambrosien, nous nous contenterons ici de faire l'histoire abrégée des vicissitudes par lesquelles ce rite a passé.
L'Église de Milan s'est montrée, dans tous les temps, fort jalouse de l'intégrité de ses usages. Charlemagne, ainsi que nous le raconterons bientôt, ayant conçu le dessein d'établir le rite romain dans toutes les Églises de l'Occident, voulut étendre jusqu'à l'Église même de Milan cette mesure vigoureuse. Il fut contraint de reculer dans son entreprise, tant était profonde la vénération qui s'attachait à l'œuvre réputée de saint Ambroise. L'oppo-. sition du clergé et du peuple fut même confirmée par un prodige, si nous en croyons Landulphe, historien de l'Église de Milan, qui écrivait en 1080, et qui a été copié par Beroldus et Durand de Mende. D'après ce récit, un évêque des Gaules, nommé Eugène, père spirituel de Charlemagne, aurait intercédé auprès de ce prince, à Rome même, pour la conservation du rite ambrosien, qu'il nommait le Mystère des Mystères. Les avis étant partagés, on indique un jeûne, des prières, pour obtenir de Dieu qu'il veuille décider sur la préférence qu'on doit donner à l'un des deux Sacramentaires,
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grégorien ou ambrosien. Les deux livres, liés et scellés, sont déposés sur l'autel de saint Pierre ; celui des deux qui s'ouvrira sans qu'on y touche, sera préféré. Les portes de l'église demeurent fermées durant trois jours ; après cet intervalle, on revient consulter le Seigneur : tout à coup, les portes de la basilique s'ouvrent d'elles-mêmes. On avance vers l'autel; les livres y sont encore immobiles et fermés. On gémit, on prie de nouveau. Soudain, les deux Sacramentaires s'ouvrent à la fois avec un grand bruit. Alors, ce cri se fait entendre dans l'assemblée : « Que l'Église universelle loue, conserve, garde dans leur intégrité le mystère grégorien et le mystère ambrosien ! »