Institutions liturgiques (page 178)
Les Réserves du Siège apostolique sur la juridiction des Ordinaires font partie de la discipline générale, et leur violation entraîne la nullité des règlements contraires ; la conscience des inférieurs n'est donc en sécurité que
(1) Examen, page 484.
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lorsqu'elle a satisfait au devoir de la soumission à l'égard de la plus haute puissance.
Mais il peut arriver que la plus haute puissance disciplinaire, qui doit être pleine de mansuétude et de charité, suspende la loi afin de compatir à une situation affligeante, et pour donner le temps à l'ordre de se rétablir ; dans ce cas, elle ne confirme pas les abus, elle en facilite le remède.
Or, la Liturgie dans l'Église latine est l'objet d'une Réserve apostolique ; cette Réserve a eu pour motif et pour résultat l'unité dans la Liturgie. L'unité liturgique, au moyen de cette Réserve, règne avec tous ses avantages dans l'immense majorité de l’Église ; les églises de France qui s'y étaient soustraites doivent donc y rentrer tôt ou tard.
En attendant cette heureuse et pacifique révolution, dont la réalisation est laissée au zèle et à la prudence des Evêques, le clergé et les fidèles doivent profiter, sans trouble et sans inquiétude, de la condescendance du Siège apostolique qui suspend, pour un temps, la loi générale de l'Église dans un nombre considérable des diocèses de France. En même temps, les enfants de l'Église doivent employer avec persévérance et discrétion les moyens qui sont à leur portée pour hâter le retour de l'unité liturgique dont ils connaissent le prix, et dont jouissaient leurs pères. Dieu daigne nous réunir tous bientôt dans une même prière, et resserrer en même temps les liens de la charité dont l'unité liturgique est le signe visible !
Tels sont, Monseigneur, les principes que j'ai établis dans cette dissertation, en même temps que j'ai essayé de répondre aux reproches si graves que vous avez adressés aux Institutions liturgiques. L'importance et l'étendue de cette belle question de l'unité dans la Liturgie, m'a contraint de lui consacrer cette longue Lettre tout entière, et j'arrive à la fin sans avoir pu encore aborder la question
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de l'hérésie antiliturgique que j'espérais y traiter avec ses développements. Je réserve donc cette question pour la Lettre suivante, où elle nous fournira de nouveaux points de vue sur une matière déjà si riche et si abondante.
Veuillez agréer, Monseigneur, le profond respect avec lequel je suis,
de Votre Grandeur,
Le très humble et très obéissant serviteur,
Fr. Prosper GUÉRANGER,
Abbé de Solesmes.
FIN DU QUATRIÈME VOLUME.