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solennité. A une époque où la tradition grégorienne était perdue, il était difficile de produire avec le plain-chant de plus grands effets que Dumont ne l'a fait dans cette composition qu'une popularité de cent cinquante années n'a point usée jusqu'ici.
Nous nous bornerons à ces quelques lignes sur le chant ecclésiastique dans la seconde moitié du XVII° siècle, en ajoutant toutefois qu'en dehors du plain-chant dont nous nous occupons principalement, on fabriqua à cette époque un grand nombre de pièces du genre qu'on appelait chant figuré, ou plain-chant musical, genre bâtard que nous aurons encore occasion de mentionner, et qui forme la plus déplorable musique à laquelle une oreille humaine puisse être condamnée. Le musicien Nivers, entre autres, prit la peine de réduire à cette forme le Graduel et l'Antiphonaire romains, pour l'usage des religieuses bénédictines, et cet essai servit de modèle à une foule d'autres compositions du même genre.
Si de la science du chant ecclésiastique nous passons à l'architecture religieuse, nous remarquons la même déviation que nous avons signalée dans la Liturgie. A l'époque de l'unité liturgique, sous les règnes de Henri IV et de Louis XIII, la Renaissance prolongeait encore son dernier crépuscule ; dans la seconde moitié du XVII° siècle, tout devient dur et froid; si l'on excepte la coupole des Invalides qui appartient tout à fait à l'Italie, on sent la pierre dans toute cette architecture nue et morne. On bâtit des églises qui n'ont plus de nombres sacrés, ni de mystères à garder dans les particularités de leur construction. On modernise sans pitié les vieilles cathédrales; on défonce leurs vitraux séculaires, en même temps qu'on répudie les saintes et gracieuses légendes dont ils étaient dépositaires; d'ailleurs, comme l'observe le noble champion de l'art catholique, M. le comte de Montalembert, il
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fallait bien y voir clair pour lire dans tous ces nouveaux bréviaires remplis de choses inconnues aux siècles précédents.
Qui eût osé élever la voix en faveur de nos antiques églises et défendre leur solennel caractère, les proclamer catholiques dans leur style incompris ? Les hommes croyants de ce temps-là étaient parvenus à se créer une nature contre nature, à force de rechercher le beau là où il n'est pas. Ces mêmes édifices sacrés du moyen âge qui forcent aujourd'hui l'admiration des hommes les plus éloignés de nos croyances, le XVII° siècle les dédaigna comme barbares et vides de toute espèce de beauté. Et non-seulement les hommes de cette époque sentaient ainsi, mais il se trouvait des écrivains pour le dire et l'écrire tout simplement; témoin Fleury, dans son cinquième discours sur l'histoire ecclésiastique, qu'il emploie tout entier à dénigrer les écoles du moyen âge, avec un zèle et une amertume dignes de faire envie à Calvin. Il dit donc, le sage et judicieux écrivain, en parlant d'Albert le Grand, de Scot et des autres docteurs des XII° et XIII° siècles, sans doute pour excuser leur barbarie: « Souvenons-nous que ces théologiens vivaient dans un temps dont tous les autres monuments ne nous paraissent point estimables, du moins par rapport à la bonne antiquité; du temps de ces vieux romans dont nous voyons des extraits dans Franchet ; du temps de ces bâtiments gothiques si chargés de petits ornements, et si peu agréables en effet qu'aucun architecte ne voudrait les imiter. Or, c'est une observation véritable qu'il règne en chaque siècle un certain goût qui se répand sur toutes sortes de choses. Tout ce qui nous reste de l'ancienne Grèce est solide, agréable et d'un goût exquis : les restes de leurs bâtiments, les statues, les médailles, sont du même caractère en leur genre que les écrits d'Homère, de Sophocle, de Démosthène et de Platon :
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partout règne le bon sens de l'imitation de la plus belle a nature. On ne voit rien de semblable dans tout ce qui nous reste depuis la chute de l'Empire romain, jusques au milieu du XVe siècle, où les sciences et les beaux-arts ont commencé à se relever, et où se sont dissipées les ténèbres que les peuples du Nord avaient répandues dans toute l'Europe. »
Voilà, sans doute, quelque chose d'assez clair, et on ne dira plus maintenant que nous exagérons quand nous faisons certains hommes et certaines doctrines responsables de la déviation lamentable dont nous écrivons l'histoire. Ces hommes savaient ce qu'ils faisaient, et c'était après y avoir bien réfléchi qu'ils proclamaient leur propre religion complètement nulle en esthétique durant quinze siècles, après lesquels cette même religion, s'éclairant enfin sur sa propre nudité, s'était avisée d'aller demander à l'art grec qu'il voulût bien la voiler de ses formes. Oui, ceci fut résumé ainsi, écrit ainsi, à la fin du XVII° siècle au moment où l'on commençait à mettre en lambeaux la Liturgie, cette divine esthétique de notre foi, à la veille de ce XVIII° siècle qui jugea qu'il fallait en finir avec l'œuvre envieillie de saint Grégoire qu'avait implantée chez nous cet empereur barbare dont le nom était Charlemagne.
La peinture catholique expira en France avec l'unité liturgique. Le Sueur terminait, en 1648, les fresques immortelles du cloître des Chartreux ; il ne survécut que trois ans à l'achèvement de cette oeuvre bien autrement liturgique que les Sacrements de Poussin, qui donnent si peu ce qu'ils promettent. Quant à la statuaire, elle déclina aussi avec l'antique poésie du culte. Les traditions perdaient du terrain, à la fois, sous tous les points. Le XVII° siècle, en finissant, inaugura tardivement, à Notre-Dame, le fameux Vœu de Louis XIII de Nicolas Coustou, et ce fut pour proclamer le plus énorme contre-sens qu'il fût possible de commettre en pareille matière. Nous ne
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parlons pas de l'ignoble maçonnerie dont on plaqua si indignement les colonnes du sanctuaire; mais est-il une idée plus inintelligente que celle d'avoir établi en permanence, comme le centre des vœux et des hommages des fidèles, dans la basilique de Marie triomphante, la scène du Calvaire qui nous montre la Vierge éplorée, adossée à la croix, soutenant sur ses genoux le corps glacé du Christ; en sorte qu'au jour même de Pâques, il faut que le pontife célébrant les saints mystères de la Résurrection, pendant que l’Alléluia retentit de toutes parts, ait encore sous les yeux, comme une protestation, la scène lugubre du vendredi saint; et que le jour de l'Assomption, tout en exaltant la magnifique entrée de la mère de Dieu dans le royaume de son Fils, il la retrouve encore immobile et abîmée dans cette douleur à laquelle nulle autre ne peut être comparée ? Certes, les siècles précédents, illuminés de pures traditions liturgiques, auraient compris autrement le Vœu de Louis XIII; c'est aux pieds de Marie, reine de l'univers, le front ceint du diadème, ou encore aux pieds de Marie, mère du Sauveur des hommes, et tenant l'Enfant-Dieu, entre ses bras qu'ils auraient placé l'effigie des deux rois qui représentent la nation française offrant son hommage à sa glorieuse souveraine. Nous ne citerons que ce seul trait; mais de pareils faits se produisirent en tous lieux, à l'époque de décadence que nous avons caractérisée dans ce chapitre.
Si, après la France, nous considérons maintenant les autres églises de l'Occident, nous voyons qu'elles continuèrent de garder les traditions antiques sur la Liturgie, par cela seul qu'elles s'en tinrent fidèlement aux livres romains de saint Pie V. Les papes accomplirent durant cette période les différents travaux de correction, d'augmentation et de complément qu'ils jugèrent nécessaires. Pour le bréviaire et le missel, ils se bornèrent à insérer plusieurs offices de saints et de mystères sur lesquels ils
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jugeaient devoir porter l'attention des fidèles. Il est bien entendu que les églises de France qui avaient accompli les innovations dont nous avons fait l'histoire, ne tinrent aucun compte de l'injonction du Pontife romain et s'isolèrent de plus en plus, par ce moyen, du reste de la catholicité : mais elles étaient encore en petit nombre.
Le premier pape que nous rencontrons à l'époque qui fait l'objet de notre récit, est Innocent X, successeur d'Urbain VIII. Voici les offices des saints qu'il ajouta au calendrier: sainte Françoise, dame romaine, du rite double, et saint Ignace de Loyola, du rite semi-double. La fête de sainte Claire fut établie semi-double ad libitum, et celles de sainte Thérèse et de saint Charles Borromée, déclarées semi-doubles, non plus ad libitum, mais d'obligation.
Alexandre VII éleva saint Charles Borromée au rang des doubles, et saint Philippe de Néri au rang des semi-doubles,et introduisit au calendrier saint François de Sales dont il composa lui-même la belle collecte, saint Pierre Nolasque, et saint Bernardin de Sienne, comme semi-doubles d'obligation; saint André Corsini, et saint Thomas de Villeneuve, du même rite, mais seulement ad libitum.
Clément IX établit l'office double de saint Philippe de Néri, de saint Nicolas de Tolentino, et de sainte Thérèse. Il inaugura dans le bréviaire, avec le degré de semi-double, sainte Monique et saint Pierre Célestin, pape, et déclara d'obligation les offices, jusqu'alors semi-doubles ad libitum, de saint Jean Gualbert, de saint Henri II, et des Stigmates de saint François, ayant, en outre, établi, du même rite, mais ad libitum, les fêtes de saint Vincent Ferrier, de saint Raymond Nonnat et de saint Remy.
Clément X, celui de tous les papes de cette époque qui donna le plus grand nombre de nouveaux offices, éleva
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au degré des doubles de seconde classe la fête de saint Joseph, et introduisit comme double mineure celle de sainte Elisabeth de Hongrie. De plus, il fit doubles, de semi-doubles qu'elles étaient, les fêtes de saint François-Xavier, de saint Nicolas, évêque de Myre, de saint Pierre Nolasque, de saint Pierre, martyr, de sainte Catherine de Sienne, de saint Norbert, de saint Antoine de Padoue, de sainte Claire, de sainte Cécile, de saint Eustache et ses compagnons, martyrs, et de saint Bruno. La fête des saints Anges gardiens, qui était du rite double, mais simplement ad libitum, fut déclarée de précepte pour toute l'Église. Les offices de saint Raymond de Pennafort, de saint Venant, martyr, de sainte Marie-Magdeleine de Pazzi, de saint Gaétan de Thienne, de saint Pierre d'Alcantara, et de saint Didace ou Diego,furent introduits comme semi-doubles. Clément X établit du même degré, mais simplement ad libitum, les fêtes de saint Canut, roi de Danemark et martyr, et de saint Wenceslas, duc de Bohême, aussi martyr. Par ces nombreuses additions au calendrier, Clément X peut être considéré comme l'auteur d'une véritable révolution liturgique. Jusqu'à lui, on n'avait admis de nouveaux doubles qu'avec modération, afin de sauver la prérogative du dimanche, et les semi-doubles mêmes n'avaient été créés qu'en petit nombre; ce pape dérogea à cette règle d'une manière si solennelle, qu'après lui la plupart des offices qu'on a établis l'ont été du rite double; ce qui a changé définitivement la face du calendrier romain.
Innocent XI institua la fête du saint Nom de Marie, double majeur, et éleva au degré double les fêtes jusqu'alors semi-doubles de saint Pierre Célestin, saint Jean Gualbert, saint Gaétan de Thienne, saint Raymond Nonnat, et saint Janvier. Il décréta, du rite semi-double, les fêtes de saint Etienne, roi de Hongrie, et de saint Edouard le confesseur, roi d'Angleterre.
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Alexandre VIII, dans son court pontificat, établit semi-double l'office de saint François de Borgia, et, seulement ad libitum, du même degré, celui de saint Laurent Justinien.
Innocent XII institua l'octave de la Conception de la sainte Vierge et la fête de Notre-Dame de la Merci, du rite double mineur. Il éleva au degré double mineur les offices de saint François de Sales et celui de saint Félix de Valois, et inscrivit au calendrier, comme du même rite, les fêtes de saint Jean de Matha et de saint Philippe Benizzi. Enfin, il rendit semi-doubles d'obligation les offices de saint André Corsini, de saint Alexis et de saint Thomas de Villeneuve.
Le calendrier romain reçut, comme l'on voit, de grandes augmentations à l'époque qui nous occupe; mais toutes ces additions n'atteignaient en rien le corps même du bréviaire et du missel. Ces offices nouveaux étaient une richesse pour l'Église, et comme un surcroît de splendeur à la couronne de l'année chrétienne. En cela même, se manifestait énergiquement la différence des principes catholiques sur la Liturgie d'avec les théories humaines des liturgistes français. Ainsi, à Rome, le culte des saints prenait de nouveaux développements, en proportion des restrictions dont il était l'objet en France.
Durant la seconde moitié du XVII° siècle, les pontifes romains n'exécutèrent aucun travail sur le pontifical, ni sur le rituel. Le cérémonial des évêques fut seul l'objet d'une réforme,qui eut lieu par les soins d'Innocent X, et qui fut promulguée dans un Bref du 3o juillet 165o, qui commence par ces mots : Etsi alias. Clément X, en 1672, donna une nouvelle édition du martyrologe, dans laquelle il plaça en leurs jours, avec un éloge convenable, les noms des saints canonisés par lui-même et par ses prédécesseurs immédiats.
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Venons maintenant à l'imposante liste des liturgistes que produisit notre époque : on peut dire qu'aucune autre ne s'est montrée plus féconde. En tête, nous placerons Guillaume Dupeyrat, Trésorier de la sainte chapelle de Vincennes, qui mourut, il est vrai, en 1643, mais laissa un ouvrage qui fut imprimé après sa mort, sous ce titre : Histoire ecclésiastique de la Cour, ou les Antiquités et Recherches de la chapelle et oratoire du Roi de France, depuis Clovis Ier. (Paris, in-folio.)
(165o). Jean-Baptiste Casali, savant antiquaire romain, a donné plusieurs ouvrages très-estimés au point de vue liturgique. Nous citerons son livre intitulé : De Veteribus sacris christianorum ritibus, sive, apud Occidentales, sive Orientales, catholica in Ecclesia probatis. (Rome 1647, in-folio.) Les autres ont pour but de recueillir les différents rites païens, tant des Égyptiens que des Romains, et ont été réunis dans une même publication faite à Francfort, en 1681 et 1684.
(1651.) Théophile Raynaud, jésuite, célèbre par le nombre de ses écrits, qui sont remarquables par une érudition aussi bizarre qu'étendue, est auteur de plusieurs ouvrages sur des matières liturgiques. On trouve, dans la grande et précieuse collection de ses ouvrages, publiée à Lyon, en vingt volumes in-folio, de 1665 à 1669, les traités suivants :
1° Christianorum sacrum Acathistum; judicium de novo usu ingerendi cathedras assistentibus christiano sacrificio;
2° De prima Missa, et prœrogativis christianœ Pentecostes ;
3° O Parascevasticum septiduanis antiphonis majoribus Natale Christi antecurrentibus prœfixum ;
4° Agnus cereus pontificia benedictione consecratus ;
5° Rosa mediana Romani pontificis benedictione consecrata :
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Ritus sacer dominicœ quartœ Quadragesimœ enucleatus ;
6° Natale Domini pontificia gladii et pilei initiatione solemne;
7° Tractatus de pileo, cœterisque capitis tegminibus, tam sacris quam profanis.
(1651). Jean Morin, prêtre de l'Oratoire de France, travailla durant trente années à l'ouvrage intitulé : Commentarius historicus de disciplina in administratione sacramenti Pœnitentiœ, tredecim primis sœculis in Ecclesia occidentali et huc usque in orientait observata. (Paris, 1651.) Il le fit suivre, quatre ans après, d'un autre livre non moins savant et tout aussi hardi que le précédent, sous ce titre : Commentarius de sacris Ecclesiœ ordinationibus, secundumrantiquos et recentiores Latinos, Grœcos, Syros, et Babylonicos, in quo demonstratur Orientalium ordinationes conciliis generalibus et summis Pontificibus, ab initio schismatis in hune usque diem fuisse probatas. (Paris, 1655, in-folio.) Le père Morin avait composé un grand traité de Sacramento Matrimonii qui est resté manuscrit, et dans lequel l'érudition était répandue avec profusion comme dans les précédents ; mais on y remarquait le même penchant pour les opinions suspectes. On imprima après sa mort l'ouvrage suivant : J. Morini opera posthuma de catechumenorum expiatione, de sacramento Confirmationis, etc. (Paris, 1708, in-4°.) De savants opuscules du P. Morin sur les matières liturgiques ont été publiés à diverses reprises, et notamment dans le premier tome des Mémoires de littérature du P. Desmolets, les lettres latines du savant oratorien à Allatius sur les basiliques chrétiennes. Richard Simon fit imprimer à Londres, en 1682, sous le titre de Antiquitates Ecclesiœ orientalis, la correspondance du P. Morin avec divers savants, sur plusieurs points importants d'antiquité ecclésiastique.
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(1651). Jacques Sirmond, l'un des plus savants hommes dont puissent s'honorer la France et la Société des jésuites, a laissé une histoire de la Pénitence publique, imprimée à Paris en 1651, in-8, et reproduite dans ses œuvres complètes qui ont été recueillies en cinq volumes in-folio. (Paris, 1696.)
(1651). François de Harlay, archevêque de Rouen, oncle de l'archevêque de Paris de même nom, mort en 1653, a laissé un volume in-8° intitulé : La Manière de bien entendre la messe de paroisse. Ce livre, rempli d'édification, fut réimprimé par ordre de l'archevêquede Paris,en 1685, avec une instruction pastorale pour exhorter les fidèles à y puiser leurs lectures.
(1651). Paul Aringhi, prêtre de l'Oratoire de Rome, est principalement connu par son ouvrage non moins précieux pour la science liturgique que pour l'étude des origines chrétiennes,et intitulé : Roma subterranea novissima, in qua post Antonium Bosium, Johannem Severanum et alios antiqua Christianorum et prœcipue Martyrum Cœmeteria illustrantur. (Rome, 1651,2 vol. in-folio.) Nous avons attendu l'article d'Aringhi pour parler d'Antoine Bosio, procureur de l'ordre de Malte en cour de Rome, à qui appartient la gloire d'avoir fondé la science des origines souterraines du christianisme à Rome, par son ouvrage, en langue italienne, intitulé : Roma sotterranea, qui fut publié après la mort de Bosio, avec des additions du P. Jean Severano de l'Oratoire de Rome, à qui nous devons aussi un ouvrage curieux et devenu rare qui porte ce titre : Memorie sacre delle sette chiese di Roma. (A Rome, 163o, in-8°.)
(1652). Jean Fronteau, chanoine régulier de Sainte-Geneviève, mérite une place parmi les écrivains liturgistes, par deux excellentes dissertations, l'une de Diebus festivis cum nativitatis, tum mortis gentilium, hebrœorum, christianorum, deque ritibus eorum; et l'autre, de Cultu
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sanctorum, et imaginum et reliquiarum, et de adoratione veterum, deque ritibus et speciebus ejus. Elles sont placées à la fin du fameux Kalendarium Romanum nongentis annis antiquis, qu'il publia sur un manuscrit de l'abbaye de Sainte-Geneviève, en 1652. (Paris, in-8°.)
(1654). Barthélemi Corsetti,cérémoniaire italien, a donné un ouvrage sous ce titre : Novissima ac compendiosa praxis sacrorum rituum ac cœremoniarum quce in missis solemnibus, aliisque ecclesiasticis fonctionibus servari soient, ad instar Cœremonialis Episcoporum. (Venise, 1654, in-12.)
(1655). Paul-Marie Quarti,clerc régulier théatin, a laissé sur la Liturgie les ouvrages suivants: 1° Rubricœ missalis Romani commentariis illustratae. ( Rome, 1655, in-folio.) 2° De Sanctis Benedictionibus. (Naples, 1655, in-folio.) 3° Biga œtherea, hoc est tractatus duplex de Processionibus ecclesiasticis, et Litaniis sanctorum. (Venise, 1655, in-folio.)
(1655).Thomas Hurtado deMendoza, célèbre théologien de Tolède, est auteur d'un écrit intitulé ; De Coronis et tonsuris gentilitatis, synagogœ et christianismi, qui se trouve parmi ses œuvres imprimées de son vivant, à Cologne, en 1655, in-folio.
(1656). Joseph-Marie Suarès, évêque de Vaison, prélat rempli d'érudition, publia à Rome, en 1656, un travail liturgique sous ce titre : Corollaria ad Panvinium de Baptismate paschali, origine et ritu consecrandi Agnos Dei. (In-8°.) Il a donné aussi une dissertation de Crocea veste cardinalium in conclavi. (Rome, 1670, in-4°.) Zacca-ria mentionne plusieurs autres ouvrages, comme de Psalterio Basilicœ sancti Petri; de Ritu annuœ ablutionis arœ majoris Basilicœ sancti Petri, etc.
(1656). Jean-Jacques Olier, fondateur et premier supérieur de la communauté des prêtres et du séminaire de
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Saint-Sulpice, à Paris, mérite une place distinguée dans la bibliographie liturgique de l'époque que nous traitons, par son admirable Traité des saints ordres (Paris, 1676, in-12), et par son Explication des cérémonies de la grand'messe de Paroisse.(1656, in-12.) Ce saint prêtre,l'un des derniers écrivains mystiques de la France, avait reçu d'en haut l'intelligence des mystères de la Liturgie , à un degré rare avant lui, nous dirions presque inconnu depuis. Il fut en cela le digne contemporain du cardinal Bona; mais Olier était déjà mort en 1667.
(1656). Thomas Tamburini,jésuite sicilien,a laissé,entre autres ouvrages, le suivant : De Sacrificio missœ expedite celebrando libri tres. (1656, in-18.)
(1657). Charles Guyet, savant jésuite français, est un des hommes qui ont le mieux mérité de la science liturgique, par l'admirable traité qu'il a donné sous ce titre : Heortologia, sive de festis propriis locorum et Ecclesiarum. (Lyon, 1657,in-folio, réimprimé à Urbinen 1728.) Guyet, à la fin de son livre, a inséré un grand nombre d'hymnes dont les unes sont de sa composition et les autres simplement retouchées par lui, à l'usage de plusieurs églises de France. Quelques-unes de ces hymnes ont été admises dans les nouveaux bréviaires, où elles contrastent grandement avec celles de Santeul, pour le style et le genre d'inspiration. Le P. Guyet avait composé aussi un Ordo perpetuus divini officii. (Paris, 1622,in-8°.)
(1657). Simon Wagnereck, jésuite bavarois, a extrait des livres d'offices des Grecs, un choix d'hymnes et autres prières en l'honneur de la sainte Vierge, et l'a publié sous ce titre : Pietas Mariana Grœcorum, ex XII tomis Menœorum, et VII reliquis Grœcœ ecclesiœ voluminibus deprompta.
(1658). Jean-Baptiste Mari, chanoine d'une collégiale de
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Rome, a composé l'ouvrage suivant : Diatriba de mystica rerutn significatione quœ in sanctorum canonizatione ad missarum solemnia summo Pontifici offerri solent. (Rome, 1658, in-8°.)
(1662). Jean du Tour ne nous est connu que par Zaccaria qui lui attribue un traité de Amictu, veste sacerdotali, de origine, antiquitate, et sanctitate vestium sacer-dotalium legis naturœ, mosaicœ et evangelicœ, et de prœcepto hominibus dato orandi in Ecclesia nudo capite. (Parisiis, 1662, in-4.)
(1664). François Van der Veken, théologien de la Pénitencerie romaine, mort en 1664, avait publié l'ouvrage suivant, qui a été depuis traduit en italien : In Canonem sacrificii expositio brevis. (Cologne, 1644, in-12.)
(1664). Dom Hugues Vaillant, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, nous semble le premier homme de son siècle pour la composition liturgique. Nous citerons, en preuve de notre assertion, l'admirable office de sainte Gertrude, qui a été adopté successivement par l'ordre de Saint-Benoît tout entier. Il a composé pareillement l'office de saint Maur, qui est aussi d'une grande beauté, mais en usage seulement chez les bénédictins français. Dom Vaillant était tellement célèbre par le rare talent que Dieu avait mis en lui, qu'ayant composé, en 1666, un office de saint François de Sales, non-seulement l'évêque d'Auxerre l'adopta pour son diocèse, mais l'archevêque de Narbonne lui-même l'établit dans les onze évêchés de sa province.
(1666). Gilbert Grimaud, chanoine de la métropole de Bordeaux, est auteur d'un ouvrage excellent, sous ce titre: La Liturgie sacrée, où l'antiquité, les mystères et les cérémonies de la sainte Messe sont expliqués. Ensemble, diverses résolutions au sujet de la mémoire des trépassés, avec un traité de l’eau bénite, du pain bénit, des processions
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et des cloches. (Lyon, 1666, in-4°, et Paris, 1678, 3 volumes in-18.)
(1667). Du Molin, primicier de l'église métropolitaine d'Arles, est auteur d'un ouvrage de Liturgie pratique, presque oublié aujourd'hui, mais fort remarquable en son genre. Il est intitulé : Pratique des cérémonies de l'Eglise, selon l’usage romain, dressée par ordre de l'Assemblée générale du Clergé de France. Nous n'avons entre les mains que la seconde édition qui est de Paris, 1667, in-4°.
(1667). Arnaud Peyronnet, théologal de la cathédrale de Montauban, a composé un excellent livre, intitulé : Manuel du bréviaire romain, où sont exposées clairement et méthodiquement les raisons historiques et mystiques des heures canoniales. (Toulouse, 1667, 4 vol. in-8°.)
(1668). François Macedo de Saint-Augustin, franciscain , portuguais, a laissé : 1° Concentus euchologicus sanctce MatrisEcclesiœ in breviaria, et sancti Augustini in libris. (Venise 1668, in folio.) 2° Azymus Eucharisticus sive Joannis Bona doctrina de usu fermentati in sacrificio Missœ per mille et amplius annosa Latina ecclesia observato, examinata, expensa, refutata. (Vérone, 1673, in-8°.) 3° De Diis tutelaribus orbis Christiani. (Lisbonne, 1687, in-folio.) Cet auteur bizarre aurait eu besoin d'une érudition plus nourrie et d'un jugement plus sain.
(1668). Jean-Baptiste Thiers, curé de Vibraye au diocèse du Mans, homme hardi dans ses jugements et célèbre par l'originalité de ses productions, s'exerça principalement sur les matières liturgiques. Nous citerons de lui: 1° De Festorum dierum immunitione liberpro defensione Constitutionum Urbani VIII, et Gallicanœ ecclesiœ Pontificum. (Lyon, 1668, in-12.)
2° Dissertatio de retinenda in ecclesiasticis libris voce Paraclitus. (Lyon, 1669, in-12.)
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3° DeStola in archidiaconorum visitationibus gestanda a Parochis. (Paris, 1674, in-12.)
4° Traité de l'Exposition du Saint Sacrement de l'autel. (Paris, 1679, 2 vol. in-12.)
5° Dissertation sur les porches des églises. (Orléans, 1679, in-12.)
6° Traité des superstitions. (Paris, 1704, 4 vol. in-12.)
7° Dissertations ecclésiastiques sur les principaux autels, la clôture du chœur, et les jubés des églises. (Paris, 1688, in-12.)
8° Histoire des perruques. (Paris, 1690, in-12.)
9° Observations sur le nouveau Bréviaire de Cluny. (Bruxelles, 1702, 2 vol. in-12.)
10° Traité des cloches, et de la sainteté de l'offrande du pain et du vin, aux messes des morts. (Paris, 1721, in-12.)