Institutions liturgiques (page 80)
semi-double, et institua celle de saint Jean de Kenty du rite semi-double.
Pie VI, Pontife zélé plus qu'aucun autre pour les pompes de la Liturgie, trouva moyen d'enrichir encore le calendrier romain. Sans compter les décrets par lesquels il éleva au rang des doubles majeurs la Décollation de saint Jean-Baptiste, et au degré double mineur les fêtes de saint Pie V et de saint Jean de Kenty, il en rendit encore deux autres, savoir, pour établir les fêtes de saint Guillaume, abbé du Mont-Vierge, et de saint Paschal Baylon, du rite double mineur.
Nous avons parlé ci-dessus du projet de Benoît XIV pour la réforme du Bréviaire romain, projet qui n'eut point d'exécution, parce que, dit un pieux évêque, telles et si grandes furent les raisons du contraire, si graves et si justes en furent les motifs, que le Souverain Pontife estima un bien de suspendre le travail qu'on avait préparé (1). Pie VI, à son tour, revint sur ce projet; le plan de la réforme du bréviaire fut rédigé et présenté à la sacrée congrégation des Rites ; mais, quelle que fût en cela l'intention de la divine providence, de nouveaux obstacles se présentèrent. Ce fut, dit l'auteur que nous venons de citer, ce fut un principe de prudence, tout à fait compatible avec l'étendue du génie, qui porta Pie VI à se rendre aux considérations qui avaient fait impression à son grand prédécesseur et mmtre Benoît XIV, et l'engagea à suspendre toute réforme (2). Pie VI se borna donc, pour tout progrès liturgique, à étendre le culte des saints par
(1) Tali e tante furono le ragioni in contrario e cause si gravi, e giuste, che il sommo Pontefice stimo bene di sospendere il meditato lavoro. (Albergotti. La divina Salmodia secondo l'antica e nuova disciplina della Chiesa, page 231.)
(2) Ma siccome nella vastità del genio nel présente S. Pontefice, corris-ponde perfettamente la prudenza, inerendo aile massime del suo gran Predecessore e Maestro Benedetto XIV, ha creduto anch'esse per ora di sospendere qualunque riforma. (Albergotti. Ibidem.)
566
de nouveaux offices, à l'époque même où ce culte était l'objet de si violentes restrictions de la part des antiliturgistes.
Quelque portée que pussent avoir ces nouveaux décrets du Siège apostolique en faveur du culte des saints, surtout après le pontificat de Benoît XIV, dont la réserve avait été si grande au sujet du calendrier, un acte solennel de la puissance pontificale vint attester bien plus fortement encore la doctrine de l'Église romaine, à propos des controverses que les XVII° et XVIII° siècles avaient soulevées sur les matières liturgiques. Nous voulons parler de la bulle Auctorem fidei, par laquelle Pie VI, le cinq des Calendes de septembre de l'année 1794, condamna à jamais le synode de Pistoie, ses actes et sa doctrine. Il serait grandement à désirer que la connaissance explicite de cette bulle, incontestable jugement de foi, fût plus répandue qu'elle ne l'est : on entendrait moins souvent des personnes, bien intentionnées d'ailleurs, répéter et soutenir avec une incroyable bonne foi plusieurs des propositions condamnées d'une manière irréfragable par cette constitution, dont on peut dire qu'elle a véritablement tranché l'erreur dans le vif.
Sur les doctrines et prétentions des antiliturgistes de Pistoie, Pie VI condamne explicitement la proposition XXVIIIe, qui donne à entendre que les messes auxquelles personne ne communie manquent d'une partie essentielle au sacrifice; la XXXe, qui qualifie d'erreur la croyance au pouvoir du prêtre d'appliquer le fruit spécial du sacrifice à une personne en particulier; la XXXIe, qui déclare convenable et désirable l'usage de n'avoir qu'un seul autel dans chaque église ; la XXXIIe, qui défend de placer sur les autels les reliques des saints, ou des fleurs ; la XXXIIIe, qui émet le désir de voir la Liturgie ramenée à une plus grande simplicité, et de la voir aussi traduite en langue vulgaire et proférée à haute voix ; la LXI°, qui affirme
567
que l'adoration qui s'adresse à l'humanité de Jésus-Christ, et plus encore à quelque partie de cette humanité, est toujours un honneur divin rendu à la créature; la LXII°, qui place la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus parmi les dévotions nouvelles, erronées, ou au moins dangereuses ; la LXIII°, qui prétend que le culte du Sacré-Cœur de Jésus ne peut être exercé qu'autant que l'on sépare la très sainte chair du Christ, ou une de ses parties, ou même son humanité tout entière, de la divinité; la LXIV°, qui note de superstition l'efficacité que l’on mettrait dans un nombre déterminé de prières et de pieuses salutations; la LXVI°, qui affirme qu'il est contraire à la pratique des apôtres et aux desseins de Dieu, de ne pas fournir au peuple le moyen le plus facile de joindre sa voix à la voix de toute l'Église; la LXIX°, qui place les images de la Très Sainte Trinité au rang de celles qu'on doit faire disparaître des églises; la LXX°, qui réprouve le culte spécial que les fidèles ont coutume de rendre à certaines images; la LXXI°, qui défend de distinguer les images de la Sainte Vierge par d'autres titres que ceux qui font allusion aux mystères rapportés dans l’Ecriture sainte; la LXXII°, qui ordonne d'extirper comme un abus la coutume de couvrir d'un voile certaines images; enfin la LXXXIV°, qui prétend qu'on ne doit pas élever les réguliers aux ordres sacrés, si ce n'est un ou deux au plus par chaque monastère, et qu'on ne doit célébrer, par jour, dans leurs églises, qu'une ou deux messes, tout au plus, les autres prêtres se bornant à concélébrer.
Nous nous contenterons de cet aperçu de la bulle Auctorem fidei, considérée sous le point de vue de la doctrine liturgique, omettant un grand nombre d'autres traits dirigés contre l'ensemble du damnable système dont la révolution liturgique du XVIII° siècle n'a été qu'un des résultats. Toutefois, il est de notre sujet de rapporter ici les paroles générales qui viennent à la suite de la
568
censure : « Au reste, dit le Pontife, par cette expresse réprobation des susdites propositions et doctrines, nous n'entendons nullement approuver les autres choses contenues dans le livre, d'autant plus qu'on y découvre un grand nombre d'autres propositions et doctrines, les unes approchantes de celles qui sont condamnées ci-dessus, les autres inspirées par un mépris téméraire de la doctrine communément reçue et de la discipline en vigueur, et principalement par une haine violente contre les Pontifes romains et le Siège apostolique (1).»
Il est temps enfin de clore cette histoire liturgique du XVIII° siècle, et de donner le catalogue des écrivains que les cinquante dernières années ont produits sur la matière du culte divin.
(1751). Alexandre Politi, clerc régulier des Écoles pies, a laissé un grand travail sous ce titre : Martyrologium Romanum castigatum ac commentariis illustratum. Florence, 1751, in-folio. Nous doutons que cet ouvrage ait été achevé, n'ayant eu entre les mains que le premier tome, qui ne contient que le mois de janvier.
(1752). Benoît Monaldini, moine basilien de Grotta-Ferrata, prêta un concours éclairé à Joseph-Aloyse Assemani, dans la rédaction de son Codex liturgicus, et nous a laissé une lettre érudite adressée à ce savant homme, sur un manuscrit important de la Liturgie jacobite.
(1753). Le comte Frédéric Salvaroli a laissé l'ouvrage suivant : De Kalendariis in genere et speciatim de Kalendario ecclesiastico. Venise, 1753, in-8°. Ce volume
(1) Caeterum per hanc expressam prœfatarum propositionum et doctrinarum reprobationem, alia in eodem libro contenta nullatenus approbare intendimus, cum praesertim in eo complures deprehensae fuerint propositiones et doctrinae, sive illis quœ supra damnatae sunt affines, sive quae communis ac probatas cum doctrinas et disciplinae temerarium contemptum, tum maxime infensum in Romanos Pontifices, et Apostolicam sedem animum prae se ferunt.
569
renferme plusieurs monuments hagiologiques inédits, et trois opuscules intitulés : 1° Iter liturgicum Forojuliense; 2° Baptismale hieroglyphicum epistolica dissertatione explanatum; 3° In quoddam altare portatile epistolaris dissertatio.
(1753). Sébastien Donati, recteur de l'église de Saint-Alexis, à Lucques, est célèbre par son savant travail : De' dittici degli Antichi profani e sacri, coll’appendice di alcuni Necrologj, e Calendarj finora non publicati. Lucques, 1753, in-4°.
(1753). Jean Vignoli, gardien de la bibliothèque vaticane, a donné la dernière édition du Liber pontificalis. Inférieure à celle de Bianchini, elle a du moins sur celle-ci l'avantage d'être achevée. Elle est en trois volumes in-4°, Rome, 1724, 1753, 1755.
(1754). Alban Butler, savant et zélé prêtre catholique i anglais, s'est fait un nom par ses fameuses Vies des Saints, r ouvrage véritablement érudit, et qui a été traduit en français par l'abbé Godescard. Elles parurent en Angleterre, de 1754 à 1760, et furent suivies de onze traités sur les Fêtes mobiles, qui furent imprimés après la mort de l'auteur, et ont été traduits en français par l'abbé Nagot, supérieur du séminaire de Baltimore.
(1754). Fortuna de Brescia, mineur observantin, a laissé une dissertation de Oratoriis domesticis, qui a été réimprimée à la fin du traité de Ecclesiis, de Joseph-Aloyse Assemani.
(1755). Alexandre Lesley, jésuite écossais, fidèle compagnon des travaux de son illustre confrère Azevedo, a rendu un des plus importants services à la science liturgique, en publiant le fameux Missale mixtum secundum Regulam beau Isidori, dictum Mozarabes, prœfatione, notis et appendice ornatum. Rome, 1755, in-4° en deux parties. Lesley se proposait de publier aussi le Bréviaire mozarabe, avec un travail analogue à celui du missel. Il
570
préparait aussi une réponse à la fameuse lettre de l'Anglais Middleton, dans laquelle cet auteur prétend prouver que l'Eglise romaine a emprunté ses cérémonies au paganisme.
(1755). Antoine Zanolini, orientaliste distingué, a laissé une dissertation de Eucharistiae sacramento cum christianorum orientalium ritibus in eo conficiendo et administrando. Padoue, 1755, in-8°.
(1756). Dom Herman Scholliner, bénédictin allemand, a laissé un savant traité : De Disciplina arcani suœ antiquitati restituta, et ab heterodoxorum impugnationibus vindicata. Typis Monasterii Tegernseensis.
(1756). Joseph Allegranza, dominicain, a publié des Spiegazioni e riflessioni sopra alcuni sacri monumenti antichi di Milano. Milan, 1756, in-4°.
(1756). Joseph Garampi, chanoine de Saint-Pierre au Vatican, archéologue célèbre, est auteur du livre suivant : Notizie, regolee orazioni in onore de’ SS. Martiri della Basilica vaticana, per l'esercizio divoto solito praticarsi in tempo che sta ivi esposta la loro sacra Coltre. Rome, 1756,in-12.
(1756). Gaëtan-Marie Capece, théatin, a donné un savant ouvrage intitulé : De vetusto altaris pallio Ecclesiœ Grœcce Christianorum ex Cimeliarchio Clericorum Regularium domus SS. Apostolorum Neapolitanœ. Naples, 1757, in-4°.
(1756). François-Antoine Vitale est auteur de trois Dissertations Liturgiques, publiées à Rome, 1756, in-4°. Elles traitent des matières suivantes: 1° Dell' antichita, origine, ed ufizio de' Padrini nella Confermazione. — 2° Dell’antico costume di ritenersi da Fedeli l’Eucaristia nelle private case, e di trasmetterla agli Assenti. — 3° Della Communione cristiana, cosa stata fosse, e di quante maniere.
(1758). Pierre Pompilius Rodota, professeur de langue
571
grecque à la bibliothèque vaticane, est auteur du grand traité : Dell' origine, progresso, e stato presente del rito greco in Italia osservato da’ Greci, monaci Basiliani e Albanesi. Rome, 1758, trois volumes in-4°.
(1758). Dom Pierre-Louis Galetti, bénédictin de la congrégation du Mont-Cassin, archéologue fameux, appartient à notre bibliothèque par son savant traité del Vestarario della santa Romana Chiesa. Rome, 1758.
(1759). Dom Martin Gerbert, illustre abbé bénédictin de Saint-Blaise, dans la Forêt-Noire, a excellé dans les matières liturgiques, comme dans toutes les branches de la science ecclésiastique. Nous avons de lui : 1° Principia theologiae liturgicœ, quoad divinum Officium, Dei cultum et Sanctorum. Saint-Blaise, 1759, in-12. — 2° Un Appendix de arcanis Ecclesiœ traditionibus, à la fin du volume intitulé : Principia Theologiœ exegeticae. Saint-Blaise, 1757, in-12. — 3°De Festorum dierum numero minuendo, celebritate amplianda. Saint-Blaise, 1765, in-8°. — 4° De cantu et musica sacra a prima Ecclesiœ œtate usque ad prœsens tempus. Saint-Blaise, 1774, deux volumes in-4°. — 5° Vêtus Liturgia Alemannica disquisitionibusprœviis, notis et obserpationibus illustrata. Saint-Blaise, 1776, deux parties in-4°. — 6° Monumenta veteris Liturgiœ Alemannicœ, ex antiquis manuscriptis codicibus. Saint-Blaise et Ulm, 1777-1779, deux parties in-4°. — 7° Scriptores Ecclesiastici de Musica sacra, potissimum ex variis Italiœ, Galliœ et Germaniœ codicibus collecti. Saint-Blaise et Ulm, 1784, trois volumes in-4°. Nous nous restreignons à ce simple catalogue, tant parce que les bornes que nous nous sommes tracées dans cette bibliothèque nous interdisent les longs détails, que parce que la réputation de Dom Gerbert est suffisamment établie, comme celle du plus savant liturgiste que l'Allemagne ait jamais possédé, et qui ait illustré l'Ordre de Saint-Benoît, au dix-huitième siècle.
572
(1760). Joseph-Antoine-Toussaint Dinouart, chanoine de Saint-Benoît de Paris, écrivain attaché aux doctrines du jansénisme, est principalement connu par le Journal ecclésiastique, qui parut sous sa direction, de 1760 à 1786, et dans lequel on trouve un grand nombre de questions singulières sur la Liturgie. Le trop fameux Rondet, en particulier, a inséré dans ce journal un grand nombre d'articles. A l'époque où ce recueil paraissait, le Journal des Savants et le Mercure de France avaient cessé de servir d'organes aux sciences ecclésiastiques.
(1761). Joseph de Bonis, barnabite, a donné l'ouvrage suivant: De Oratoriis publias tractatus historico-canonicus. Milan, 1761.
(1761). Pierre Gallade, auteur dont l'existence et les travaux nous sont révélés par Zaccaria, est auteur de trois dissertations savantes qui parurent à Heidelberg en 1761 et 1762. 1° Templorum Catholicorum antiquitas et consecratio. — 2° Sanctitas Templi ritibus Catholicis consecrali. — 3° Sanctitas Templorum Catholicorum dotat a ac ornata.
(1763). Dom Grégoire Zallwein, bénédictin allemand, l'un des premiers canonistes de son siècle, dans ses Principia juris ecclesiastici universalis et particularis Germaniœ (Augsbourg, 1763, quatre volumes in-4°), au tome second, traite avec érudition de Liturgiis, libris liturgicis, et studio liturgico.
(1766). C'est l'année où mourut Jean-Laurent Berti, célèbre augustin, assez connu d'ailleurs. Il a laissé deux dissertations en langue italienne sur des matières liturgiques. La première traite des Titres que saint Évariste distribua aux prêtres de Rome, et la seconde du Pallium. Elles ont paru dans un recueil spécial des Opuscules de Berti, à Florence, en 1759, et ont été depuis recueillies dans l'édition complète de ses œuvres, publiée à Venise.
573
(1766). Pascal Copeti, chanoine, a donné huit dissertations sous ce titre : Discorsi di Liturgia recitati alla presenza di Benedetto XIV Pontefice Massimo, nella sala Apostolica dell' Quirinale. Rome, 1766, in-4°.
(1766). André-Jérôme Andreucci, jésuite, dans son ouvrage intitulé : Hierarchia ecclesiastica in varias suas partes distributa et canonico-theologice exposita (Rome, 1766, in-4°), a donné un traité spécial : De observandis ab Episcopo in authenticandis Reliquiis. Il a laissé aussi un traité de Ritu Ambrosiano, dans le second volume du même ouvrage.
(1769). Alexis-Aurèle Pellicia, savant prêtre napolitain, publia d'abord une dissertation célèbre, qui fut traduite par ordre de l'Impératrice Marie-Thérèse, en allemand et en latin, et qui est intitulée : Della disciplina della Chiesa, e dell' obligo de' sudditi intorno allapreghiera del proprio Sovrano, dissertazione istorico-liturgica. Naples, 1769, in-4°. Mds le plus important ouvrage de Pellicia est son savant traité : De Christianœ Ecclesiœ primœ, medice et novissimœ œtatis Politia, qui parut à Naples en 1777, et a acquis une si grande réputation dans le monde liturgique. (1769). Joseph Novaès, Portugais, est auteur du livre intitulé : Il sacro rito antico e moderno della elezione, coronazione, e solenne possesso del Sommo Pontefice. Rome, 1769, in-8°.
(1769). Vincent Fassini, dominicain, a publié, sous le pseudonyme de Dominique Sandelli, deux ouvrages remplis d'érudition. Le premier est intitulé : De Singularibus Eucharistiœ usibus apud veteres Grœcos. Brescia, 1769. Le second : De Priscorum Christianorum synaxibus extra œdes sacras. Venise, 1770.
(1770). Jean-Pérégrin Pianacci publia l'ouvrage suivant : Dell' Officio dipino, trattato istorico-critico-morale. (1771). Thomas Declo, pénitencier d'Ancône, est auteur de ce livre : Dichiarazioni di tutto cio che pi ha, o
574
difficile da intendersi, o interessante in ogni parte nel ' Breviario Romano dal principio sino al fine. Ancône, 1771-1772, deux volumes in-4°.
(1771). Camille Blasi, avocat romain, a publié l'ouvrage suivant: De Festo Cordis Jesu Dissertatio commonitoria, cum notis et monumentis selectis: Rome, 1771, in-4°. Cette dissertation, dont l'auteur est contraire au culte du Sacré-: Cœur de Jésus,fut attaquée par un écrivain de Florence dont nous n'avons pu découvrir le nom, et qui publia deux Lettres en réponse. Elles furent suivies d'une réplique par le P. Giorgi, augustin, sous ce titre : Christotimi Ameristae, adversus epistolas duas ab anonymo censore in Dissertationem commonitoriam Camilli Blasii de Festo Cordis Jesu vulgatas, Antirrheticus : accedit mantissa contra epistolium tertium nuperrime cognitum. Rome, 1772, in-4°). Giorgi paraît aussi être auteur de Lettres italiennes qui font suite à l’Antirrheticus, sous le titre d'Antropisco Teriomaco (in-4°). On peut voir dans l'Ami de la Religion, à qui nous empruntons ces détails bibliographiques, la notice de divers autres écrits dans le même sens, qui furent publiés de 1773 à 1783, à Naples, Gênes et Bergame (1). Le même recueil donne aussi la notice des écrits qu'on opposa aux ennemis de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Nous remarquons en particulier une dissertation latine sur cette dévotion, publiée à Venise, 1775, par un jésuite nommé Pubrana. Quant aux pamphlets des Jansénistes français, nous ne fatiguerons pas le lecteur de leur insipide énumération.
(1772). Jules-Laurent Selvaggi, prêtre napolitain, mort en cette année, avait donné un ouvrage classique très-important sous ce titre : Antiquitatum Christianarum institutions nova methodo in quatuor libros distributœ, ad usum Seminarii Neapolitani. Naples, 6 vol. in-12 souvent
(1) Tome XXII, pages 385-389.
575
réimprimés : notre exemplaire est de 1794. On a quelques reproches à faire à cet ouvrage; il porte en plusieurs en- * droits la trace trop visible des préjugés qui dominaient à Naples à cette époque.
(1772). Jean-Baptiste Gallicioli, savant prêtre vénitien, dans son excellente réimpression du saint Grégoire le F Grand de Dom Denis de Sainte-Marthe, a placé, au tome IX, un important travail liturgique qu'il a intitulé : Isagoge institutionum liturgicarum. On doit toutefois regretter que cet illustre éditeur ait cru devoir retrancher le Sacramentaire de Dom Hugues Ménard, et le Responsorial de Dom Denis de Sainte-Marthe, ainsi que les notes de ces deux illustres bénédictins. La préférence donnée aux originaux publiés par le B. Tommasi n'est pas équitable dans une édition de saint Grégoire, où l'on désirerait voir rassemblé tout ce qui peut contribuer à compléter ses œuvres.
(1773). Laurent-Etienne Rondet, laïque, l'un des plus zélés réformateurs de la Liturgie, a laissé, outre de nombreux articles dans le journal de Dinouart, un livre intitulé : Ordinaire de la Messe avec la manière de l'entendre, quand on la dit sans chant, et quand on la chante. Paris, 1773, in-12. Il a laissé aussi un Avis sur les bréviaires, et particulièrement sur une nouvelle édition du Bréviaire romain, Paris, 1775, in-12.
(1773). Philippe-Laurent Dionigi, bénéficier de la basilique vaticane, a publié le précieux ouvrage intitulé : Sacrarum Vaticanœ Basilicœ Cryptarum monumenta œreis tabulis incisa et commentariis illusirata. Rome, 1773, in-folio. Il a donné aussi : Antiquissimi Vesperarum Paschalium Ritus expositio; de sacro inferioris œtatis Processu, Dominica Resurrectionis Christi, ante Vesperas, in Vaticana Basilica usitato conjectura, Rome. 1780, in-8°.
(1773). Joseph Heyrenbach, jésuite, est auteur d'une dissertation de Salutatione angelica, ejusque in sancta Eeclesia usu. Vienne, 1773, in-8°.
576
(1774). Pierre Lazeri, savant professeur romain, a donné trois dissertations: 1° De sacra Veterum Christianorum Romana Peregrinatione. Rome, 1774, in-4°. — 2° De Liminibus Apostolorum disquisitio historica. Rome, 1775, in-4°. — 3° De falsa veterum Christianorum Rituum a ritibus Ethnicorum origine Diatriba. Rome, 1777, in-4°;
(1775). Etienne Borgia, cardinal, préfet de la Propagande, antiquaire fameux, s'est exercé sur plusieurs matières liturgiques. Il fut d'abord l'éditeur d'un opuscule du cardinal Augustin Valeri : De Benedictione Agnorum Dei. Il donna ensuite, sous son propre nom, les deux ouvrages suivants : 1° De Cruce Vaticana, ex dono Justini Augusti, in Parasceve majoris hebdomadœ publicae venerationi exhiberi solita. Rome, 1779, in-4°. — 2° De Cruce Veliterna commentarius. Rome, 1780, in-4°.
(1775). Nicolas Collin, prémontré, a laissé : 1° Traité du Signe de la Croix, fait de la main, ou la Religion catholique justifiée sur l'usage de ce signe. Paris, 1775, in-12. — Traité de l’Eau bénite, ou l'Église catholique justifiée sur l'usage de l'Eau bénite. Paris, 1776, in-12. — Traité du Pain bénit, ou l'Église catholique justifiée sur l'usage du Pain bénit. Paris, 1777, in-12.
(1775). François-Antoine de Lorenzana, cardinal, archevêque de Tolède, prélat illustre par sa charité envers le clergé français déporté, mérite ici une place distinguée pour la magnifique édition qu'il a donnée des livres de la Liturgie gothique. Il en a accompagné l'édition de savantes lettres pastorales, qui sont de véritables Traités. Le bréviaire parut en 1775, sous ce titre : Breviarium Gothicum, secundum regulam Beatissimi Isidori, Archiepiscopi Hispalensis,jussu Cardinalis Francisci Ximenii de Cisneros prius editum; nunc opera Exe. D. Franscisci Antonii Lorenzana sanctœ Ecclesiœ Toletanœ Hispaniarum Primatis Archiepiscopi recognitum. Madrid, in-folio.
577
Le missel, qui porte un titre analogue à celui du bréviaire, parut à Rome, 1804, in-folio.
(1776). François-Antoine Zaccaria, jésuite, est sans contredit l'homme le plus versé dans toutes les branches de la science ecclésiastique qu'ait vu la période que nous e décrivons dans ce chapitre. Ses ouvrages imprimés s'élèvent au nombre de cent six. Celui qui occupe le premier rang parmi les travaux liturgiques du savant religieux, est la Bibliotheca ritualis, publiée à Rome (1776, 1778, 1781), en trois volumes in-4°. Zaccaria voulut compléter la série des collections bibliographiques des Lelong, des Mayer, des Fabricius, des Banduri, etc., par la publication d'un ouvrage du même genre sur la science liturgique. Corneille Schulting, dont-nous avons parlé ailleurs (1), avait ébauché ce grand travail dans sa Bibliotheca ecclesiastica; mais les omissions et les erreurs étaient sans nombre dans cet ouvrage déjà vieux de près de deux siècles, au moment où Zaccaria entreprenait sa Bibliotheca ritualis. Le travail du jésuite n'a d'autre défaut que ceux qui sont inséparables des ouvrages de ce genre, dont le meilleur sera toujours celui qu'on trouvera le moins inexact et le moins incomplet. Nous confessons volontiers ici que nous sommes grandement redevable à Zaccaria, pour la partie bibliographique de cette histoire, bien que nous ayons eu souvent l'occasion de suppléer ses omissions et de rectifier ses méprises. Un autre nous rendra le même service.
En 1787, Zaccaria publia à Faënza (deux tomes in-4°) son Onomasticon Rituale selectum, ouvrage d'une haute portée scientifique, et accessible à un plus grand nombre de personnes que la Bibliotheca ritualis, bien qu'il soit encore moins connu en France. On a encore de lui, sur les matières liturgiques, la célèbre dissertation de
(1) Tome I, page 479.
578
Usu librorum liturgicorum in rebus theologicis, réimprimée souvent; le traité Dell’ anno Santo (Rome, 1775, deux volumes in-8°); les annotations au livre des Mœurs des Chrétiens, de l'abbé Fleury, traduit en latin et publié à Venise (1761, deux volumes in-4°); de nombreux et savants articles dans plusieurs journaux scientifiques d'Italie.
(1777). Annibal Olivieri de Abbatibus, gentilhomme de Pesaro, est célèbre par son beau livre : Dell' antici Battistero della S. chiesa Pesarese. Pesaro, 1777, in-4°.
(1778). François-Michel Fleury, curé dans le diocèse du Mans, ayant été suspendu de ses fonctions par l'évêque Louis-André de Grimaldi, pour son obstination à vouloir se faire répondre et servir la messe par la sœur de son vicaire, publia, dans le Journal ecclésiastique de Dinouart (juin 1774), une dissertation sur cette question : Si une femme, au défaut d'homme,peut répondre la Messe? Une critique manuscrite ayant couru le pays du Maine, Fleury fit imprimer la brochure intitulée : Réponse de la Messe par les femmes, en réponse à une lettre anonyme. 1778, in-8°.