L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 104)
Mais que vos saintes prières, purifiant en nous la souillure du péché,
Ne nos pro nostro vitio, In flebili judicio, Subjiciat supplicio.
(Si le Dimanche arrive le jour de Noël, ou quelqu'un des autres jours de l'Octave . différent du 3o Décembre, on fait aujourd'hui l'Office du sixième jour dans l'Octave.)
e tous les jours de l'Octave de Noël, celui-ci est le seul qui ne soit pas occupé régulièrement par une fête. Dans "les Octaves de l'Epiphanie, de Pâques et de la Pentecôte, l'Eglise est tellement absorbée de la grandeur du mystère, qu'elle écarte tous souvenirs qui l'en pourraient distraire ; dans celle de Noël, aicontraire, les fêtes abondent, et l'Emmanuel ne nous est montré qu'environné du cortège
de ses serviteurs. Ainsi l'Eglise, ou plutôt Dieu même, le premier auteur du Cycle, nous a voulu faire voir combien , dans sa Naissance , l'Enfant divin, Verbe fait chair, se montre accessible à l'humanité qu'il vient sauver.
Nous avons démontré plus haut que la Nativité du Sauveur s'est opérée le jour du Dimanche, qui est celui où Dieu créa la lumière. Ce sera aussi le Dimanche que nous verrons le Christ ressusciter. Ce premier jour de la création, qui est, en même temps, le premier jour de la semaine, était consacré au Soleil chez les peuples anciens ; il est devenu sacré à jamais par le double lever du Soleil de justice : Noël et Pâques le réclament tour à tour. Mais, pour des raisons particulières que nous avons exposées, si Pâques est toujours célébré le Dimanche, Noël doit sanctifier successivement tous les jours de la semaine. Toutefois, le mystère de la divine Naissance est mieux exprimé dans les années où son glorieux anniversaire tombe le Dimanche ; dans les autres où cette coïncidence n'a pas lieu, les fidèles doivent du moins un nonneur particulier à celui des jours de l'Octave qui se trouve dévolu à la célébration expresse du Dimanche. La sainte Eglise a décoré celui-ci d'une Messe et d'un Office particuliers, que nous allons reproduire ici, pour l'usage des fidèles.
Ce fut au milieu de la nuit que le Seigneur délivra son peuple de la captivité, par le Passage de son Ange, armé du glaive, sur la terre "des Egyptiens ; c'est pareillement au sein du silence nocturne que l'Ange du grand Conseil est descendu de son trône royal, pour apporter la miséricorde sur la terre. Il est juste que l'Eglise, célébrant ce dernier Passage, chante l'Emmanuel, revêtu de force et de'beauté, qui vient prendre possession de son Empire.
DUM médium silentium tenerent omnia. et nox in suo cursu médium iter haberet, omnipotens Sermo tuus, Domine, de cœlis. a regalibus sedibus venit.
Ps. Dominusregnavit. decorem indutus est : indutus est Dominus fortitudinem, et praecinxit se. Gloria. Dum médium.
Tandis que le monde entier était enseveli dans le silence, et que la nuit était au milieu de sa course , votre Verbe tout-puissant. Seigneur, est descendu de son trône royal du ciel.
Ps. Le Seigneur règne, il s'est revêtu de gloire : le Seigneur s'est revêtu de force, et il s'est armé. Gloire au Père. Tandis que le monde.
La sainte Eglise demande, dans la Collecte, d'être dirigée'par la règle souveraine qui a apparu dans notre divin Soleil de justice, afin d'éclairer et de conduire tous nos pas dans la voie des bonnes œuvres.
,mnipotens, sempiterne Deus, dirige actus nostros in beneplaDieu tout-puissant et éternel, dirigez nos actions selon la règle de votre bon
plaisir ; afin que nous méritions de produire les bonnes oeuvres avec abondance, par le nom de votre Fils bienaimé, qui vit et règne avec vous.
Les Mémoires des Octaves de Noël, de saint Etienne, de saint Jean et des saints Innocents, ci-dessus à la Messe des saints Innocents, page 3gi .
cito tuo ■ ut in nomme dilecti Filii tui mereamur bonis operibus abundare : qui tecum vivit.
Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Galates. Chap. iv. j\j4 es Frères, tant que l'hé■*■'* ritier est encore enfant, il n'est pas différent du serviteur, quoiqu'il soit le maître de tout ; mais il est sous la puissance des tuteurs et des curateurs . jusqu'au temps marqué par son père. Ainsi, lorsque nous étions encore enfants, nous étions assujettis aux premiers éléments de ce monde ; mais lorsque la plénitude du temps a été venue. Dieu a envoyé son Fils formé de la femme, et assujetti à la Loi, pour racheter ceux qui étaient sous la Loi, et pour nous rendre enfants d'adoption. Or, parce que vous êtes enfants de Dieu, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils, qui crie : « Père ! Père ! » Chacun de vous n'est donc plus serviteur, mais fils. Que s'il est fils, il est aussi héritier par la bonté de Dieu.
Lectio Epistola? beati Pauli Apostoli ad Galatas. Cap. iv. P" ratres, quanto tem' pore haeres parvulus est. nihil differt a servo, cum sit dominus omnium • sed sub tutoribus et actoribus est usque ad praefinitum tempus a pâtre : ita et nos, cum essemus parvuli , sub elementis mundi eramus servientes. At ubi venit plenitudo temporis, misit Deus Filium suum factum ex muliere, factum sub lege, ut eos, qui sub lege erant, redimeret, ut adoptionem filiorum reciperemus. Quoniam autem estis filii. misit Deus bpiritum Filii sui in corda vestra, clamantem : Abba, Pater. Itaque, jam non est servus, sed filius. Quod si filius : et haeres per Deum.
L'Enfant, né de Marie, couché dans la crèche de Bethléhem, élève sa faible voix vers le Père des siècles, et il l'appelle mon Père! Il se tourne vers nous, et il nous appelle mes Frères ! Nous pouvons donc aussi, en nous adressant à son Père éternel, le nommer notre Père. Tel est le mystère de l'adoption divine, déclarée en ces jours. Toutes choses sont changées au ciel et sur la terre . Dieu n'a plus seulement un Fils, mais plusieurs rîls ; nous ne sommes plus désormais, en sa présence, des créatures qu'il a tirées du néant, mais des enfants de sa tendresse. Le ciel n'est plus seulement le trône de sa gloire ; il est devenu notre héritage ; et une part nous y est assurée à coté de celle de notre frère Jésus, fils de Marie, ùis d'Eve, rîls d'Adam selon l'humanité, comme il est, dans l'unité de personne, Fils de Dieu selon la divinité. Considérons tour à tour l'Enfant béni qui nous a valu tous ces biens, et l'héritage auquel nous avons droit par lui. Que notre esprit s'étonne d'une si haute destinée pour des créatures ; que notre cœur rende grâces pour un bienfait si incompréhensible.
Speciosus forma prae filiis hominum : diffusa est gratia in labiis tuis.
f. Eructavit cormeum verbum bonum ; dico ego opéra mea Régi : lingua mea calamus scribae velociter scribentis.
\7 ous surpassez en beauté tous les enfants des hommes, 0 Emmanuel ! la grâce est répandue sur vos lèvres. f. Mon cœur éclate en un cantique excellent ; c'est à la gloire du Christ Roi que je dédie mes chants. Que ma langue soit semblable à la plume de l'écrivain d<nt La main est rapide.
?. Le Seigneur règne, il s'est revêtu de gloire: le Seigneur s'est revêtu de force, et il s'est armé.
f. Dominus regnavit, decorem induit : induit Dominus fortitudinem . et praecinxit se virtute. Alléluia.
EN ce temps-là, Joseph et Marie , mère de Jésus, étaient dans l'admiration de ce qu'on disait de lui. Et Sirnéon les bénit, et il dit à Marie sa mère : Cet enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël. Et il sera un signe decontradiction : et un glaive transpercera votre âme, afin que les pensées de plusieurs, qui sont cachées au fond de leur cœur, soient découvertes. Il y avait aussi une Prophétesse nommée Anne, fille de Phanuel. de la tribu d'A- ser ; elle était fort avancée en âge, et après avoir vécu sept ans avec son mari , qu'elle avait épousé etan: vierge, elle était demeurée veuve jusqu'à l'âge de quatre-vingtquatre ans. Elle ne sortait pas du temple, servant Dieu nuit et jour, dans les jeûnes et les prières. Etant donc survenue à la même heure, elle se mit à louer le Seigneur et à parler de lui à
IN illo tempore : Erat Joseph et Maria, mater Jesu, mirantes super his quse dicebantur de illo. Et benedixit illis Simeon. et dixit ad Mariam matrem ejus : Ecce positus est hic in ruinam et in resurrectionemmultorum in Israël, ?x in signum cui contradicetur : et tuam ipsius animam pertransibit gladius, ut revelentur ex multis cordibus cogitationes. Et erat Anna Prophetissa, filia Phanuel. de tribu Aser. Ha?c processerat in diebus multis, et vixerat cum viro suo annis septem a virginitate sua. Et haec vidua usque ad annos octoginta quatuor : qua? non discedebat de temple, jejuniis et obsecrationibus serviens nocte ac die. Et haec, ipsa hora superveniens, confitebatur Domino, et loquebatur de illo omnibus,
tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. Et après qu'ils eurent accompli toutes choses selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en
qui cxpectabant redemptionem Israël. Et ut perfecerunt omnia secundum îegem Domini, reversi suht in Galilaeam. in civitatem suam Naza- I Galilée, dans leur cité de
reth. Puer autem crescebat, et confortabatur, plenus sapientia : et gratia Dei erat in illo.
Nazareth. Or, l'enfant croissait et se fortifiait , étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui.