L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 11)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l'Eglise expose à Dieu, d'une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s'unir a cette prière en récitant avec le Prêtre les Orpîsons qui se trouvent ci-après, au Propre du Temps ou au Propre des Saints, et surtout en repondant Amen, avec le ministre qui sert la Messe.

On lira ensuite l'Epître, qui est, pour l'ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres, ou quelquefois un passage des livres de l'Ancien Testament ; et en faisant cette lecture, on remerciera celui qui, non content de nous avoir entretenus maintes fois par ses envoyés, a daigné enfin nous parler par ce Fils bienaimé, en qui il a mis toutes ses complaisances. (Hebr. i. 2.

Le Graduel est un intermède entre la lecture de l'Epître et celle de l'Evangile. Il remet sous nos yeux les sentiments qui ont déjà été exprimés dans l'Introït. On doit le lire avec dévotion, pour s'en bien pénétrer, et s'élever plus avant dans les hauteurs du mystère.

Le cri de louange, le divin Alléluia ne tarde pas à se faire entendre : unissons-nous aux saints Anges qui, au moment de la naissance de l'Agneau, prêtent aux hommes le secours de leur musique céleste.

Un des princes de cette sainte milice, s'adressant aux bergers, leur dit : Voici que je vous évangélise une grande joie : c'est qu'il vous est né un Sauveur en Bethléhem. Les Apôtres sont venus ensuite, et ils ont évangélise cette joie au monde entier ; et le livre qui contient le récit de la félicité des hommes s'appelle YEvangile. Or, voici le moment où un passage de ce livre divin va être proclamé solennellement dans l'assemblée ; nous allons donc entendre le récit inspiré qui nous révèle celui qui s'est fait petit pour converser avec les petits.

Si c'est une Messe solennelle que l'on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère, qui consiste à annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Tl prie Dieu de purifier son cœur et ses lèvres ; puis il demande à genoux la bénédiction du Prêtre, et, l'ayant obtenue, il se rend au lieu d'où il doit chanter l'Evangile.

Pour préparation à le bien entendre, on peut dire en union avec le Prêtre et avec le Diacre :

Seigneur purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle et que je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur. Amen.

Donnez à vos ministres la grâce d'être les fidèles inMUNDA cor meum, ac labia mea, omnipotens Deus, qui labia Isaiae Prophetas calculo mundusti ignito : ita me tua grata miseratione dignare mundare, ut sanctum Evangelium tuum digne valeam auntiare. Per Christum Dominum nostrum. Amen. Dominus sit in corde meo. et in labiis meis :

terprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions touen vous, à jamais.

ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum. le nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l'Evangile; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paj roïes du Prêtre, ou du Diacre. Que le cœui donc soit pret, et qu'il se montre docile. L'Epouse du Cantique dit : Mon dme s'es'i fondue en moi comme la cire, pendant que h bien-aimé me parlait. Mais tous n'ont pas cet amour. Disons-lui du moins, avec l'Humble soumission de Samuel : Parle^, Seigneur; votre serviteur écoute.

Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La foi est le don suprême de Dieu. C'est par elle que nous percevons la lumière qui luit au milieu des ténèbres, et que les ténèbres de l'incrédulité n'ont point comprise. La foi nous montre celui qu'il faut aimer : elle nous fait redevenir entants, comme il convient d'être pour avoir accès au berceau de celui que le grand Clément d'Alexandrie, dans son Hymne sublime, appelle le Roi des enfants, le Christ. Oisons donc avec l'Eglise Catholique :

Credo in unum ueum Patrem omnipoten tem. factorem coeli et terra?, visibilium omnium et invisibilium.

JE crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.

Dieu -.qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu : qui n'a pas été fait, mais engendré : consubstantiel au Père : par qui toutes choses ont été faites. Qui est descendu de» cieux pour nous autres hommes, et pour notre salut ; qui a pris chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit : et qui s'est fait homme. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce-Pilate ;qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscité le troisième Jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel, qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts, et dont le règne n'aura point de fin.

Et au Saint-Esprit. Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte. Catholique et Apostolique.' Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

Dei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia sa;cula. Deunl de Deo. lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum. non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines et propter nostram salutem, descendit de ccelis. Et incarnants

ta Vir„ factus est. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus et sepultus est. Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, et ascendit in cœlum : sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.

Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem : qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur. et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas. Et unam Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum. et vitam venturi sseculi. Amen.

Le cœur du Prêtre et celui du peuple doivent maintenant être prêts; il est temps de préparer l'offrandj elle-même. Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation, et qui fait suite à celle qu'on désigne sous le nom de Messe des Catéchumènes, parce qu'elle était autrefois la seule à laquelle les aspirants au Baptême eussent le droit de prendre part.

Voici donc que le pain et le vin vont être offerts à Dieu, comme les plus nobles éléments de la création matérielle, puisqu'ils sont destinés à la nourriture de l'homme ; mais ce n'est là qu'une figure grossière de leur destination dans le sacrilïce'chrétien.

Leur substance va bientôt s'évanouir ; il n'en demeurera plus que les apparences. Heureuses créatures qui cèdent la place au Créateur! Nous aussi, nous sommes appelés à éprouver une ineffable transformation, lorsque, comme dit l'Apôtre, ce qui est mortel en nous sera absorbé par la vie •. En attendant, offrons-nous à Dieu au moment où le pain et le vin lui vont être présentés ; et rendons gloire à celui qui, en prenant notre nature humaine, nous a rendus participants de la nature divine -.

Le Prêtre salue encore le peuple, pour l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l'Offertoire, et quanu il présente à Pieu l'Hostie, joignons-nous à lui et disons :

Suscipe. sancte Pater, I -y out ce que nous avons, omnipotens aeterne I l Seigneur, vient de vous

et est à vous : il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité 1 Ce pain que nous vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps ; recevez, dans une même ©blation. nos cœurs qui voudraient vivre de vous, et non plus d'eux-mêmes.

Deus. hanc immaculatam bostiam, quam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meo vivo et vero. pro innumerabilibus peccatis et offensionibus et negligentiis meis. et pro omnibus circumstantibus. sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis : ut mihi et illis proficiat ad salutem in vitam aeternam. Amen.

Quand le Prêtre met dans le calice le vin. auquel il mêle ensuite un peu d'eau, afin de représenter l'union de la nature divine à la faible nature humaine en Jésus-Christ, honorez le mystère de l'Incarnation manifesté dans ces saints jours, et dites :

SEIGNEUR, qui êtes la véritable Vigne, et dont le sang, comme un vin généreux, s'est épanché sous le pressoir de la Croix, vous daignez unir votre nature divine à notre faible humanité -îgurée ici par cette goutte d'eau : venez nous faire participants de votre divinité , en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.

Deus qui humanae substantif diçnitatem mirabiliter condidisti» et mirabilius reformasti: da nobis per hujus aqua? et vini mysterium. ejus divinitatis esse consortes. qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps. Jésus Christus. Filius tuus Dominus noster ; Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus. per omnia saecula saeculorum. Amen.

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