L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 14)
Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, qusesumus, benedictam, adscriptam, ratam, rationabilem, acceptabilemque facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi.
Ici, le Prêtre cesse d'agir en homme ; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de Jesus-Christ ; elle en a la puissance et l'efficacité. Prosternezvous; car l'Emmanuel, le Dieu avec nous, va paraître.
Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage ; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur.
Oue ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre ! Sauveur ! Messie tant désira 1 si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître . de vous offrir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur! Venez donc. Seigneur Jésus ! venez.
OUI pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas : et elevatis oculis in cœlum. ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias agens, benedixit, fregit, deditqae discipulis suis, dicens : Accipite . et manducateex hoc omnes.
L'Agneau divin, Fils de la Vierge, repose maintenant sur l'autel. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé. En contemplant la grandeur de cet Enfant qui nous est né, Isaïe a vu qu'il porte déjà sur son épaule la royauté de la Croix ; c'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice ces paroles sacrées qui opèrent la mort mystique par la séparation du Corps et du Sang de la victime. La substance du pain et du vin s'est évanouie ; les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, arin que la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos coeurs. Unissons-nous aux Anges, qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
S.mili modo postquam cœnatum est . accipiens et hun^ praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens, benedixit , deditque disS.NG divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendezmoi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés
cipulis suis, dicens : Accipite et bibite ex eo omnes. Hic est enim
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu ; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que l'Oblation qui est devant lui n'est plus une offrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne entière de son divin Fils.
LA voici donc, ô Père saint, l'Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils ; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.
Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abei ; le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours viL"NDE et memores. DoJ mine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta. ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatas Passionis, nec non et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosas Ascensionis : offerimus praeclarae majestati tuae de tuis donis ac datis. Hostiam param . Hostiam, sanctam, r ostiam immaculatam : Panem sanctum vitae aeternae. et Calicem salutis perpétuas. Supra qu.ae propitio ac sereno vultu respicere digneris: et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, e' sacrificium Patriarchas nostri Abrahae, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisédech , sanctum sacrifiLe Temps de Noël.
vante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.
Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes. Saluez-le comme la crèche en laquelle est couché, enveloppé des langes eucharistiques, le Verbe qui a dit aux hommes : Je suis le Pain de vie.
Mais, ô Dieu tout-puissant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux ..utels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut: daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.
Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise souffrante. Demandons que le libérateur qui est descendu daigne visitre les sombres demeures du Purgatoire par un rayon de sa lumière consolatrice, et que, découlant de cet autel, le sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont chères.
Supplices te rogamus, omnipotens Deus.jube ha?c perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divina? Majestatis tuas : ut quotquor _-x hac altaris participatione. sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
N'excluez personne de votre visite, ô Jésus ! Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyez-leur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.
Mémento etiam. Domine, famulorum famularumque tuarum N. et JV., qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas , deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-mêmes pécheurs, qui profitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :
Nous sommes pécheurs, ô Père saint ! et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre Royaume, par le mérite de ce Sacrifice que nous vous offrons, et non à cause de nos œuvres qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctiNobis quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine mrserationum tuarum sperantibus, partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Joanne. Stéphane Mathia. Barnaba. Ignatio, Alexandro , Marcellino, Petro, Felicitate, Perpétua , Agatha , Lucia , Agnete, Cascilia, Anastasia. et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non aestimator meriti , sed venia? , quaesumus, largitor admitte : per Christum Dominum nostrum. Per
fication ; par lui encore, avec lui et en lui. dans l'unité du Saint-Esprit . soit à vous honneur et gloire à jamais !
quem haec omnia. Domine, semper bona créas, sanctificas. vivificas, benedicis, et praestas nobis; per ipsum, et cum ipso et in ipso, est tibi Deo Patri omnipotenti , in , unitate Spiritus Sancti. omnis honor et gloria.
En disant ces dernières paroles, le Prêtre a pris PHostie sainte qui reposait sur l'autel ; il Ta placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine Victime, arin de montrer qu'elle est maintenant immortelle ; puis, élevant à la fois le Calice et ]'Hostie, il a présenté à Dieu le plus noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la Majesté infinie.
Cet acte sublime et mystérieux met rin au Canon; le silence des Mystères est suspendu. Le Brétre a terminé ses longues supplications ; il sollicite pour ses prières l'acquiescement du peuple fidèle, en prononçant è haute voix les dernières paroles :
Répondez avec foi et dans un sentiment d'union avec la sainte Eglise :
qui s'est opéré, je màinis à l'offrande qui a été faite et auN demandes de l'Eglise.
Il est temps de répéter la prière que le Sauveur lui-même nous a apprise. Qu'elle s'élève jusqu'au ciel avec le sacrifice du Corps
et du Sang de Jésus-Christ ! Pourrait-elle ne pas être agréée, en ce moment où celui-là même qui nous l'a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les enfants de Dieu, le Prêtre la récite à haute voix, afin que tous puissent s'y unir. Prions, dit-il :
Instruits par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de -l'instruction kdivine qui nous a été donnée, nous osons dire :
PRjECEPTis salutaribuï moniti, et divina institutione formati, mus dicere :