L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 15)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

audeNotre Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien, et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation :

r>VTER noster. qui es in i cœlis : Sancîificetur Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua, sicut in cœlo, et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : Et dimitte nobis débita nostra. sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.

Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa prière insiste sur cette dernière demande : Délivrez-nous du mal ; et certes, avec raison : car le mal nous déborde, et c'est pour l'expier et le détruire que nous a été envoyé l'Agneau.

Trois sortes de maux nous désolent, Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants; les maux présents, c'est-àdire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme, sa faiblesse et les tentations qui l'assiègent ; enfin les maux à venir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d'agréer en notre faveur l'entremise de Marie. Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. Affranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par JésusChrist votre Fils, qui vit et règne avec vous.

Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la Paix, et qui l'a obtenue , s'empresse de l'annoncer : il conclut l'Oraison à haute voix :

Libéra nos, qua?sumus Domine, ab omnibus malis, praeteritis, praesertibus et futuris : et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Génitrice Maria , cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo , atque Andréa , et omnibus Sanctis, da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordiae tuas adjuti. et a peccato simus semper liberi. et ab omni perturbatione securi. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus.

Le Mystère touche à sa fin ; Dieu va s'unir à l'homme, et l'homme va s'unir à Dieu par la Communion ; mais auparavant un rite imposant et sublime doit s'accomplir dans le silence de l'autel. Jusqu'ici le Prêtre a annoncé l'immolation du Seigneur ; il est temps qu'il annonce sa Résurrection. Il divise donc l'Hostie sainte avec révérence, et l'ayant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le Calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang de l'immortelle Victime. Adorez et dites :

Gloire à vous, Sauveur du monde, qui avez souffert que, dans votre Passion, votre précieux Sang fût séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !

Priez maintenant l'Agneau toujours vivant que saint Jean a vu sur l'Autel du ciel, debout, quoique immolé, et dites à ce souverain Roi :

HJEC commixtio et consecratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi. fiât accipientibus nobis in vitam aetemam. Amen.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde , ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donneznous la Paix.

La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde ; il est le Prince de la Paix. Le divin Sacrement de l'Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, le lien de l'Unité Catholique j puisque, comme parle

l'Apôtre, nous ne sommes tous qu'un seul Pain et un seul Corps, nous tous qui participons au même Pain. C'est pourquoi le Prêtre, au moment de communier à l'Hostie sainte, demande la conservation de la paix fraternelle, principalement dans cette portion delà sainte Eglise qui est là réunie autour de Tautel. Implorez-la avec lui :

Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit a vos Apôtres : « Je vous laisse ma paix, je « vous donne ma paix », ne regardez pas mes péchés , mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.

Domine Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem rclinquo vobis, pacem meam do vobis : ne respicias peccata mea , sed fidem Ecclesia? tuae : eamque secundum voluntatem tuam pacificare et coadunare digneris. Qui vivis et régnas, Deus, per omnia saecuia sa?culorum. Amen.

Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de Paix, si la Messe est solennelle, donne le baiser fraternel au Diacre qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et pardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre :

Domine Jesu Christe. Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosaactum Corpus , et Sanguinem

Seigneur Jésus-Christ , Fils du Dieu vivant, qui par la volonté du Père, et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde : délivrez-moi par ce saint et sacré Corps, et par votre Sang, de tous

mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi. et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.

mandatis, et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sanctu. vivis et regnaslj)eus in saecula saeculorum Amen.

Si vous devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit ; autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle.

Christe, quod ego indignus sumere praesumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis, et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre, in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.

Quand le Prêtre prend l'Hostie et se dispose à s'en communier, dites :

Seigneur Jésus-Christ, faites que la réception de votre Corps que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que , par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu'il me soit un remède sal itaire.

Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignité, répétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l'Evangile :

Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum ; sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.

Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi; mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie.

Au moment où il consomme la sainte Hostie, si vous devez vous-même communier, adorez profondément votre Dieu qui s'apprête à descendre en vous, et dites encore avec l'Epouse : Veneç, Seigneur Jésus ! {Apoc.

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