L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 166)
Gabriel vous désigna comme l'arbre de vie qui devait produire, par la rosée de î'Esprit-Saint, l'amandier à la divine fleur.
C'est vous qui avez conduit l'Agneau-Roi, le Dominateur de la terre, de la pierre du désert de Moab à la montagne de la fille de Sion.
Vous avez écrasé Léviathan, malgré ses fureu rs, et brisé les anneaux de ce tortueux serpent, en délivrant le monde du crime qui causa sa damnation.
Nous donc, restes des nations, pour honorer votre mémoire, nous appelons sur l'autel, pour l'immoler mystérieusement, l'Agneau de propitiation. Roi éternel des cieux, le fruit de votre enfantement merveilleux.
Les voiles étant abaissés, il nous est donné à nous, vrais Israélites, heureux fils du véL'Epiphanie de Notre-Seigneur,
la manne véritable que figurait le type mosaïque • priez, ô Vierge, que nous soyons rendus dignes du Pain du ciel.
Donnez-nous de nous désaltérer, avec une foi sincère, à cette douce fontaine représentée par celle qui sortit de la pierre du désert ; que nos reins soient ceints de la ceinture mystérieuse ; que nous traversions heureusement la mer, et qu'il nous soit donné de contempler sur la croix le serpent d'airain.
Les pieds mystérieusement dégages de leurs chaussures, . les lèvres pures, le cœur sanctifié, donnez-nous d'approcher du feu saint, le Verbe du Père, que vous avez porté, comme le buisson porta la flamme, ô Vierge devenue mère !
Ecoutez-nous ; car votre Fils aime à vous honorer en vous exauçant toujours.
Sauvez-nous, ô Jésus 1 nous pour qui la Vierge-mère vous supplie.
Donnez-nous de contempler la source de tout bien, d'arrêter sur vous les yeux purifiés de notre âme.
Que notre âme, désaltérée aux sources de la Sagesse, puisse aussi percevoir la saveur de la vraie Vie.
qnondam Moysi quod typus figurabat,jam nunc abducto vélo datur perspici. Ora, Virgo, nos illo pane cœli dignos effici.
Fac fontem dulcem, quem in deserto petra pra£monstravit,degustare cum sincera fide, renesque constringi lotos in mari, anguem aeneum ia cruce speculari.
Fac igni sancto,Patrisque Verbo, quod, rubus ut flammam, tu portasti, Virgo mater facta, pecualipelle discinctos pede, mundos labiis cordeque propinquare.
Da fontem boni visere, da purae mentis oculos in te defigere.
Quo haustu Sapientiae saporem Vitée valeat mens intelligere,
peribus redimire, beatoque fine ex hujus incolatu. saeculi auctor, ad te transire. Amen.
la foi chrétienne qui habite en elle, et que, par une heureuse fin, elle passe de cet exil vers vous, Auteur du monde. Amen.
ous venons à notre tour vous adorer, ô Christ, dans cette royale Epiphanie qui rassemble aujourd'hui à vos pieds toutes les nations. Nous nous pressons sur les pas des Mages ; car, nous aussi, nous avons vu rétoile, et nous sommes accourus. Gloire à vous, notre Roi ! à vous qui dites dans le Cantique de votre aïeul David : « C'est moi « qui ai été établi Roi sur Sion, sur la mon« tagne sainte, pour annoncer la loi du Sei« gneur. Le Seigneur m'a dit qu'il me don« nerait les nations pour héritage, et l'em(( pire jusqu'aux confins de la terre, Mainte« nant donc, 6 rois, comprenez ; instruisez« vous, arbitres du monde ! » (Psalm. ii.)
Bientôt vous direz, ô Emmanuel, de votre propre bouche • « Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre » (Matth. xxviii); et, quelques années plus tard, l'univers entier sera sous vos lois. Déjà Jérusalem s'émeut ; Hérode tremble sur son trône ; mais l'heure approche où les hérauts de votre avènement iront annoncer à la terre entière que celui qui était l'attente des nations est arrivé. La parole qui doit vous soumettre le monde partira ; elle s'étendra au loin comme un vaste incendie. En vain les puissants de la terre tenteront de l'arrêter dans son cours. Un Empereur, pour en finir, proposera au Sénat de vous inscrire solennellement au rang de ces dieux que vous
venez renverser ; d'autres croiront qu'il est possible de refouler votre domination par le carnage de vos soldats. Vains efforts! le jour viendra où le signe de votre puissance ornera les enseignes prétoriennes, où les Empereurs vaincus déposeront leur diadème à vos pieds, où cette Rome si hère cessera d'être la capitale de l'empire de la force, pour devenir à jamais le centre de votre empire pacifique et universel.
Ce jour merveilleux, nous en voyons poindre l'aurore ; vos conquêtes commencent aujourd'hui, ô Roi des siècles ! Du fond de l'Orient infidèle, vous appelez les prémices de cette gentilité que vous aviez délaissée, et qui va désormais former votre héritage. Plus de distinction de Juif ni de Grec, de Scythe ni de barbare. Vous avez aimé l'homme plus que l'Ange, puisque vous relevez l'un, et laissez l'autre dans sa chute. Mais si, durant de longs siècles, votre prédilection fut accordée à la race d'Abraham, désormais votre préférence est pour nous Gentils. Israël ne fut qu'un peuple, et nous sommes nombreux comme les sables de la mer, comme les étoiles du firmament. Israël fut placé sous la loi de crainte ; vous avez réservé pour nous la loi d'amour.
Dès aujourd'hui vous commencez, ô divin Roi, à éloigner de vous la Synagogue qui dédaigne votre amour ; aujourd'hui vous acceptez pour Epouse la Gentilité, dans la personne des Mages. Bientôt votre union avec elle sera proclamée sur la croix, du haut de laquelle, tournant le dos à l'ingrate Jérusalem, vous étendrez les bras vers la multitude
des. peuples. O joie ineffable de votre Naissance ! mais joie plus ineffable encore de votre Epiphanie, dans lacquelle il nous est donné à nous, déshérités jusqu'ici, d'approcher de vous, de vous offrir nos dons, et de les voir agréés par votre miséricorde, 6 Emmanuel !
Grâces vous soient donc rendues, Enfant tout-puissant, « pour l'inénarrable don de la foi )) (II Cor. ix, i5) c^ui nous transfère de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière ! Mais donnez-nous de comprendre toujours toute rétendue d'un si magnifique présent, et la sainteté de ce grand jour ou vous formez alliance avec la race humaine tout entière, pour arriver avec elle à ce mariage sublime dont parle votre éloquent Vicaire, Innocent III : « mariage, dit-il, qui fut promis au « patriarche Abraham, juré au roi David, « accompli en Marie devenue Mère, et au« jourd'hui consommé, confirmé et déclaré : « consommé dans l'adoration des Mages, « confirmé dans le baptême du Jourdain, « déclaré dans le miracle de l'eau changée « en vin ». Dans cette fête nuptiale où l'Eglise votre Epouse, née à peine, reçoit déjà les honneurs de Reine, nous chanterons, ô Christ, dans tout l'enthousiasme de nos cœurs, cette sublime Ancienne des Laudes, où les trois mystères se fondent si merveilleusement en un- seul, celui de votre Alliance avec nous :
Amt a ujourd hui, ANT. /\ l'Eglise s'unit au céleste Epoux : ses péchés sont laves par le Christ
dans le Jourdain ; les Mages accourent aux Noces royales, apportant des présents ; l'eau est changée en vin, et les convives du festin sont dans la joie. Alléluia.
Christus ejus crimina - currunt cum muneribus Magi ad regales nuptias, et ex aqua facto vino laetantur convivae. Alléluia.
{Si l'Epiphanie tombe le Samedi, le lendemain Dimanche on célèbre la Messe et les Vêpres en la forme ci-après. Autrement, cet Office est remis au jour dans l'Octave qui se trouvera être un Dimanche.)