L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 167)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

EST encore la Royauté du divin Entant que l'Eglise proclame en tète des Cantiques qui doivent accompagner la célébration du saint'Sacrifice, en ce Dimanche dans l'Octave de Elle chante le Trône de l'Ems'unit aux concerts des Anges qui célèbrent son empire éternel. Adorons aussi avec les Esprits bienheureux le Roi des siècles, dans son Epiphanie.

SUR un trône élevé, j'ai vu assis un homme : la mulA la Messe.

titude des Anges l'adorent, répétant en chœur : C'est lui dont l'Empire est éternel.

Ps. Jubilez à Dieu, habitants de la terre ; servez . le Seigneur dans l'allégresse. Gloire au Père. Sur un trône élevé.

adorât multitude Angelorum psallentes in unum : Eccecujus imperii nomen est in aîternum.

Ps. Jubilate Deo, omnis terra ; servite Domino in laetitia. Gloria. In excelso.

Les vœux que la sainte Eglise exprime au Père céleste dans la Collecte, sont d'avoir part à la lumière de notre divin Soleil, qui seul peut nous révéler la voie où nous devons marcner, et par sa chaleur vivifiante nous donner les forces pour arriver jusqu'à lui.

RECEVEZ, Seigneur, dans . votre céleste bonté, les vœux et les supplications de votre peuple ; et faites que vos ndèles connaissent ce qu'ils doivent faire, et deviennent forts pour accomplir ce qu'ils auront connu. Far notre Seigneur JésusChrist.

VOTA, quaîsumus Domine, supplicantis populi cœlesti pietate prosequere : ut et quae agenda sunt, videant ; et ad implenda quas viderint, convalescant.

O Dieu, qui avez manifesté aujourd'hui, par une étoile, votre Fils unique aux Gentils : faites, dans votre bonté, que nous qui vous connaissons déjà par la foi, nous arrivions un jour à contempler l'éclat de votre gloire. Par

Deus, qui hodierna die Unigenitum tuum Gentibus, Stella duce, revelasti : concède propitius, ut qui jam te ex fîde cognovimus, usque ad contemplandam speciem tuàe celsitudinis perducamur.

FRATRES, Obsecro vos per misericordiam Del, ut exhibeatis corporavestra hostiam viventem, sanctam, Deo placentem, rationabile obsequium vestrum. Et nolite conformari huic sœculo, sed reformamini in novitatesensusvestri : ut probetis quae sit voluntas Dei bona, et beneplacens, et perfecta. Dico enim per gratiam quse data est mihi, omnibus qui sunt inter vos : Non plus sapere quam oportet sapere, sed sapere ad sobrietatem : et unicuique sicut Deus divisit mensuram fîdei. Sicut enim in uno corpore multa membra habemus, omnia autem membra non eumdem actum habent : ita multi unum corpus sumus in Christo, singuli autem alter alterius membra: in Christo Jesu Domino nostro.

Lecture de l'Epître du bienheureux Apôtre Paul aux Romains. Chap. xii.

MES Frères je vous conjure, par la miséricorde de Dieu, de lui offrir vos corps comme une hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, capable d un culte spirituel. Ne vous conformez point au siècle présent ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre esprit, pour reconnaître la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable à ses yeux et parmit. Je vous exhorte donc vous tous, par la grâce qui ma été donnée, de ne point être sages plus qu'il ne faut être sage; mais d'être sages avec sobriété, chacun selon la mesure du don de la foi qua Dieu vous a départie. Car, comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres, et que tous ces mem-: bres n'ont pas la même fonction : ainsi, quoique nous soyons plusieurs, nous ne sommes néanmoins qu'un seul corps en Jésus-Christ, étant réciproquement les membres les uns des autres, en Jésus-Christ ntore Seigneur.

L'Apôtre nous invite à faire notre offrande au Dieu nouveau-né, à l'exemple des Mages; mais l'offrande que désire ce Seigneur de toutes choses n'est pas une offrande inerte et sans vie. lise donne tout entier, lui qui est la Vie ; en retour, présentons-lui, dans notre cœur, une hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, dont Vobéissance à la ^râce divine soit raisonnable, c'est-à-dire fondée sur l'intention formelle de s'offrir. Comme les Mages encore qui revinrent dans leur patrie par un autre chemin, évitons tout rapport avec les idées de ce siècle, c'est-à-dire du monde, ennemi secret de notre aimable Roi. Réformons notre vaine prudence sur la divine sagesse de celui qui, étant la Sagesse éternelle du Père, peut bien, sans doute, être aussi la nôtre. Comprenons que nul ne fut jamais sage sans la foi, qui nous révèle que l'amour doit nous unir tous pour ne former qu'un même corps en Jésus-Christ, participant de sa vie, de sa sagesse, de sa lumière et de sa royauté.

Dans les chants qui suivent, l'Eglise continue d'exalter l'ineffable merveille du Dieu avec nous, la paix et \2i justice descendues du ciel sur nos humbles collines.

'Déni notre Seigneur , le *-' Dieu d'Israël , qui seul opère de telles merveilles à jamais.

'f. Que les montagnes de votre peuple soient visitées par la paix ; que les collines reçoivent la justice.

D ENEDICTUS Dominus ■*-' Deus Israël, qui facit mirabilia magna solus a sseculo.

f. Suscipiant montes pacem populo tuo , et colles justitiam.

Alléluia, aHeluia. y . Jubilez à Dieu, habitants de la terre ; servez le Sei*

CUM factus esset Jésus annorum duodecim, ascendentibus illis Jerosolymam secundum consuetudinem diei festi, consummatisque diebus. cum redirent, remansit puer Jésus in Jérusalem, et non cognoverunt parentes ejus. Existimantes autem illum esse in comitatu, venerunt iter diei, et requirebant eum inter cognatos et notes Et non invenientes, regressi sunt in Jérusalem, requirentes eum. Et factum est, post triduum invenerunt illum in templo,sedentem in medio doctorum, audientem illos, et interrogantem eos. Stupebant autem omnes, qui eum audiebant, super prudentia et responsis ejus. Et videntes admirati sunt. Et dixit mater ejus ad illum : Fili, quid fecisti Bobis sic ? ecce pater tuus et ego dolentes quaerebamus te. Et ait ad illos :

JÉSUS étant âgé de douze ans, Marie et Joseph montèrent à Jérusalem, selon qu'ils avaient accoutumé ' à cette fête. Comme ils s'en retournaient, les jours de la fête étant passés, l'enfant Jésus demeura dans Jérusalem ; et ses parents ne s'en aperçurent pas. Mais, pensant qu'il serait avec ceux de leur compagnie, ils marchèrent durant un jour, et ils le cherchaient parmi leurs parents et ceux de leur connaissance. Et ne l'ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour Yj chercher. Et il arriva que, après trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Or, ceux qui l'entendaient étaient dans la surprise de sa sagesse et de ses réponses. Lors donc qu'ils le virent, ils furent dans l'étonnement, et sa mère lui dit : Mon Filsj pourquoi avez-vous agi ainsi envers nous ? Voilà votre père et moi qui vous cherchions

tout affligés. Et il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois vaquer à ce qui regarde le service de mon Père ? Et ils ne comprirent pas cette parole qu'il leur disait. Et il descendit avec eux et vint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère conservait dans son cœur toutes ces paroles. Et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

Quid est quod me quaerebatis?Nesciebatis quia in his quae Patris mei sunt, oportet me esse ? Et ipsi non intellexerunt verbum, quod locutus est ad eos. Et descendit cum eis, et venit Nazareth : et erat subditus illis. Et mater ejus conservabat omnia verba haec in corde suo. Et Jésus proficiebat sapientia, etaetate, et gratia, apud Deum et homines.

C'est ainsi, ô Jésus, que vous êtes venu du ciel pour nous enseigner. La faiblesse de l'enfance, sous les traits de laquelle vous vous montrez à nous, n'arrête point votre ardeur à nous faire connaître le seul Dieu qui a fait toutes choses, et vous, son Fils, qu'il a envoyé. Etendu dans la crèche, d'un seul regard vous avez instruit les bergers ; sous vos humbles langes, dans votre silence volontaire, vous avez révélé aux Mages la lumière qu'ils cherchaient en suivant l'étoile. A douze ans, vous expliquiez aux docteurs d'Israël les Ecritures qui rendent témoignage de vous ; peu à peu vous dissipez les ombres de la Loi par votre présence et par vos paroles. Pour accomplir les ordres de votre Père céleste, vous ne craignez pas d'inquiéter le .cœur de votre Mère, en cherchant ainsi des âmes à éclairer. Votre amour pour les hommes transpercera bien plus durement encore ce tendre cœur, au jour où, pour le salut de ces mêmes hommes, Marie vous verra susi36 Le Dimanche dans VOct. de V Epiphanie.

pendu au bois de la croix, expirant dans toutes les douleurs. Soyez béni, ô Emmanuel, dans ces premiers mystères de votre enfance, où vous apparaissez déjà uniquement occupé de nous, et préférant à la société même de votre Mère ces hommes pécheurs qui doivent un jour conspirer votre mort.

Pendant l'Offrande, l'Eglise continue de faire entendre les cantiques de joie que lui inspire la présence de l'Enfant divin.

JUBILATE Deo, omnis terra : servite Domino in laetitia : intrate in conspectu ejus in exsultatione : quia Dominus ipse est Deus.

JUBILEZ à Dieu, habitants de la terre : servez le Seigneur dans l'allégresserentrez en sa présence avec des transports de joie ; car ce Seigneur Enfant c'est Dieu luimême.

Tous les livres